Niger : 474,52 km de routes réceptionnés et de grands chantiers en cours - Journal du Niger



Niger : 474,52 km de routes réceptionnés et de grands chantiers en cours

Le gouvernement nigérien veut accélérer la transformation du réseau national de transport. À Niamey, lundi 7 septembre 2026, le ministre…

Le gouvernement nigérien veut accélérer la transformation du réseau national de transport. À Niamey, lundi 7 septembre 2026, le ministre de l’Équipement et des Infrastructures, le Colonel-Major Salissou Mahamane Salissou, a présenté l’état d’avancement des principaux projets de son département et les priorités retenues pour les prochains mois. Au centre de son intervention : le désenclavement du territoire, la modernisation du réseau routier et ferroviaire et une plus grande maîtrise nationale des infrastructures.

Un bilan routier marqué par plusieurs réalisations

Le ministre a d’abord dressé le bilan des ouvrages déjà achevés ou réceptionnés. Selon les données présentées lors du point de presse, environ 474,52 kilomètres de routes rurales ont été réceptionnés. À ces réalisations s’ajoutent plusieurs ouvrages d’art, notamment un pont à poutres de 45 mètres linéaires et un dalot-cadre implanté sur la RN1W, l’axe reliant Niamey à Tillabéri.

Pour le ministère, ces investissements répondent à un objectif central : améliorer la circulation des personnes et des marchandises tout en rapprochant les zones rurales des principaux centres économiques du pays.

Des chantiers routiers à plusieurs centaines de kilomètres

Le gouvernement mise parallèlement sur la poursuite des grands travaux routiers. Parmi les opérations citées figure la réhabilitation et le bitumage de la RN4 entre Farié et Téra, sur 112 kilomètres. Les travaux se poursuivent actuellement sur deux fronts. Autre chantier stratégique : la route Arlit-Assamaka, lot 2, longue de 100 kilomètres. Le ministère prévoit son achèvement en décembre 2026.

Le corridor transsaharien Agadez-Zinder, qui s’étend sur 425 kilomètres, figure également parmi les priorités. Le ministre a indiqué que 174 kilomètres sur les 225 kilomètres prévus dans la phase concernée ont déjà été livrés. D’autres projets de bitumage et de réhabilitation restent engagés dans plusieurs régions, avec l’ambition affichée de renforcer progressivement la continuité du réseau national.

Péages : le Niger veut mieux sécuriser ses recettes

La modernisation ne concerne pas uniquement les routes. Le ministère entend également améliorer la gestion financière du patrimoine routier à travers la transformation des postes de péage et de pesage.

Le programme du Fonds d’Entretien Routier concerne 79 postes à l’échelle nationale. Deux sites servent actuellement de pilotes : Sorey et Konni. Leur niveau d’exécution atteint 57 %, selon les chiffres communiqués par le ministre.

La digitalisation doit permettre de mieux contrôler les flux financiers issus du péage et de limiter les déperditions de recettes. Le gouvernement associe cette réforme à un objectif plus large : renforcer les ressources disponibles pour assurer l’entretien régulier du réseau routier.

Le ferroviaire revient au cœur des ambitions nationales

Le Niger entend également développer ses infrastructures ferroviaires. Plusieurs projets figurent ainsi dans la feuille de route présentée à Niamey. Le ministre a notamment cité la liaison ferroviaire avec le Nigeria, le projet In Guezzam-Agadez, long de 450 kilomètres, ainsi que la ligne Niamey-Dosso-Konni-Maradi, dont le tracé atteint 656,22 kilomètres.

La coopération avec le Nigeria occupe une place particulière dans ce dispositif. La première phase du projet, entièrement financée par le pays voisin, affiche 80 % d’avancement. Toutefois, les travaux n’ont pas encore commencé sur la partie située en territoire nigérien. Cette liaison doit, à terme, renforcer les échanges entre les deux pays et améliorer l’intégration des réseaux de transport régionaux.

Les États généraux des Travaux publics comme feuille de route

Au-delà des infrastructures déjà livrées ou en chantier, le ministre a replacé ces actions dans le cadre des recommandations issues des États généraux des Travaux publics, organisés à Niamey en mai 2026.

Le gouvernement veut notamment utiliser ces orientations pour accroître la capacité du Niger à concevoir, réaliser, contrôler et entretenir lui-même ses infrastructures.

Cette ambition s’inscrit dans l’Axe 3 du Programme de Refondation de la République (PRR), consacré au développement des bases de production nécessaires à la souveraineté économique. Les transports, l’énergie et les technologies de l’information et de la communication constituent les principaux secteurs ciblés par cette orientation.

Avec l’Algérie, la coopération technique se poursuit

Le Niger compte également sur ses partenariats techniques pour renforcer ses capacités dans le secteur des travaux publics. Le ministre a ainsi évoqué la coopération avec l’Algérie, notamment à travers les mémorandums signés le 24 mars 2026 entre les institutions techniques des deux pays.

Pour Niamey, ces accords doivent contribuer au transfert de compétences et au développement d’une expertise nationale capable d’accompagner durablement les grands projets d’infrastructures.

Désenclavement et souveraineté comme lignes directrices

À travers les chantiers routiers, la modernisation des péages, les projets ferroviaires et les partenariats techniques, le gouvernement présente les infrastructures comme un levier de développement économique et d’intégration régionale.

L’objectif affiché par le ministère de l’Équipement et des Infrastructures est désormais de transformer les investissements engagés en un réseau plus performant, mieux entretenu et davantage maîtrisé par le Niger. Le calendrier d’exécution des chantiers en cours sera donc déterminant pour mesurer la capacité du gouvernement à traduire cette ambition en résultats concrets.

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