Bavure policière à Maradi : Un commerçant tué pour une dette - Journal du Niger

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Bavure policière à Maradi : Un commerçant tué pour une dette

Une tentative d'interpellation de routine a viré au drame mortel le dimanche 6 septembre 2026 à Maradi. Un agent de…

Une tentative d’interpellation de routine a viré au drame mortel le dimanche 6 septembre 2026 à Maradi. Un agent de police a abattu Mijitapha, un gérant d’entrepôt de 26 ans, de trois balles à bout portant sur son lieu de travail. Alors que les autorités ont placé deux fonctionnaires en garde à vue, cette tragédie soulève de vives interrogations sur la proportionnalité de la force employée par les forces de l’ordre pour résoudre un simple différend civil.

Un usage de la force létale contesté

L’incident s’est déroulé vers 14 h 30 dans un dépôt de bois jouxtant la gare Azawad, face au marché central. Deux agents, porteurs d’une convocation officielle, se sont présentés pour appréhender le jeune commerçant. Pris de panique, ce dernier a tenté d’échapper à l’arrestation en s’enfuyant à travers l’entrepôt familial.

Une altercation physique a alors éclaté lorsque l’un des agents a tenté de le maîtriser. Bien que des proches présents sur les lieux soient parvenus à séparer les deux hommes, la situation a tragiquement dégénéré. En effet, le policier impliqué dans la lutte a arraché l’arme de service de son coéquipier avant de faire feu à bout portant. Atteint par trois projectiles, dont un dans l’abdomen, Mijitapha a succombé à ses blessures peu après son transfert à l’hôpital de référence de la ville.

De la dette commerciale à l’intervention armée

L’origine de cette expédition punitive interroge directement les protocoles d’intervention du commissariat du marché central. Selon les premiers éléments recueillis, le drame trouve sa source dans une violente dispute survenue la veille. En effet, le commerçant réclamait une créance supérieure à 100 000 francs CFA à l’un de ses clients habituels.

Suite à cette querelle, le débiteur a déposé plainte. Dès lors, l’institution policière doit expliquer pourquoi une banale affaire de recouvrement de dettes a justifié le déploiement immédiat de deux agents sur le lieu de travail du créancier, menant à une exécution extrajudiciaire présumée.

L’exigence de redevabilité

Face à ce qu’elle qualifie de meurtre, la famille de la victime exige une transparence totale. Au sortir d’une déposition, l’un des frères du défunt a fermement rappelé qu’un État de droit ne saurait tolérer des homicides commis en toute impunité par ceux censés appliquer la loi.

Par ailleurs, la hiérarchie policière a confirmé l’arrestation des deux agents présents lors des faits. Ainsi, l’enquête interne fraîchement ouverte devra déterminer les responsabilités exactes de chaque fonctionnaire et éclaircir les dysfonctionnements qui ont transformé une simple convocation administrative en une fusillade mortelle.

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