Alphabétisation au Niger : 58 % d'apprenants en plus en 2026 - Journal du Niger

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Alphabétisation au Niger : 58 % d’apprenants en plus en 2026

Le Niger veut accélérer l’accès aux savoirs de base. À la veille de la 60ᵉ Journée internationale de l’alphabétisation, prévue…

Le Niger veut accélérer l’accès aux savoirs de base. À la veille de la 60ᵉ Journée internationale de l’alphabétisation, prévue le 8 septembre 2026, la ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues, Dr Élisabeth Shérif, met en avant une progression de 58 % du nombre d’apprenants enregistrés dans les centres d’alphabétisation et d’éducation non formelle. Le nombre de centres ouverts passe également de 1 920 en 2025 à 2 716 en 2026.

Une expansion rapide des dispositifs

Les chiffres communiqués par la ministre témoignent d’une nette montée en puissance de la campagne 2026. 96 085 apprenants sont désormais inscrits dans 2 716 centres, contre 60 702 apprenants répartis dans 1 920 centres un an plus tôt.

Cette évolution représente une progression de 58 % des effectifs, selon le bilan présenté par le ministère. Pour les autorités, cette hausse traduit l’élargissement de l’offre éducative au profit de publics qui restent éloignés du système scolaire classique. L’alphabétisation apparaît ainsi comme un outil de rattrapage, mais aussi comme un moyen d’améliorer durablement l’autonomie des populations.

Plus de 22 000 adultes déclarés alphabétisés

Le programme destiné aux adultes affiche également des résultats mesurables. En 2026, 796 centres ont accueilli 40 650 inscrits. À la fin de la campagne, 36 308 apprenants ont été évalués. Parmi eux, 22 661 ont été déclarés alphabétisés, ce qui correspond à un taux de réussite de 62,41 %.

Ces résultats permettent au ministère de mesurer l’impact concret des actions engagées, tout en faisant apparaître les défis qui restent à relever pour améliorer encore les performances des dispositifs d’apprentissage.

Les enfants hors de l’école ciblés en priorité

Le gouvernement cherche également à réduire le nombre d’enfants et d’adolescents exclus du système scolaire formel. Dans ce cadre, 1 920 centres ont été ouverts, accueillant 55 435 enfants, dont 29 194 filles.

Cette composante vise particulièrement les jeunes qui, pour diverses raisons, ne fréquentent pas ou ne fréquentent plus l’école classique. Elle constitue un élément important de la politique d’éducation non formelle et de lutte contre l’exclusion scolaire.

La progression enregistrée chez les filles constitue également un indicateur significatif de la volonté d’élargir l’accès aux apprentissages à différentes catégories de la population.

Le ministère mise sur la réglementation et le numérique

Élisabeth Shérif attribue une partie de cette dynamique aux réformes engagées dans le secteur. Parmi elles figure la note de cadrage nᵒ 229 du 12 juin 2025, qui encadre l’ouverture des centres d’alphabétisation. Le ministère cherche ainsi à mieux structurer les dispositifs et à renforcer leur suivi.

La transformation numérique occupe également une place croissante dans cette politique. Les contenus pédagogiques font progressivement l’objet d’une numérisation et d’une adaptation aux caractéristiques des différents groupes bénéficiaires. Cette orientation vise à rendre les programmes plus accessibles, mais aussi à mieux répondre aux besoins spécifiques des publics concernés.

Une alphabétisation qui dépasse l’apprentissage de la lecture

Pour le gouvernement, l’alphabétisation ne doit plus se limiter à l’acquisition des compétences fondamentales en lecture et en écriture. Le thème retenu pour l’édition 2026, « L’alphabétisation pour les peuples, la planète et la prospérité », doit justement élargir cette approche.

Les programmes intègrent désormais des compétences liées à la vie quotidienne, notamment l’éducation environnementale, la citoyenneté et la santé. Cette orientation traduit une conception plus large de l’apprentissage : transmettre des connaissances, mais aussi donner aux bénéficiaires les moyens d’agir dans leur communauté et de participer davantage au développement économique et social.

150 foyers d’éducation permanente annoncés

Le ministère veut par ailleurs éviter qu’un apprenant perde les acquis obtenus après la campagne d’alphabétisation. Pour y parvenir, les autorités accélèrent la relance des foyers d’éducation permanente. Après la réactivation de 16 foyers en 2025, le gouvernement prévoit d’en dynamiser 150 supplémentaires en 2026.

Ces structures doivent permettre aux personnes déjà alphabétisées de poursuivre leur apprentissage, de renforcer leurs connaissances et de développer des activités génératrices de revenus ou d’intérêt communautaire. Elles doivent également contribuer à installer un environnement davantage lettré en langues maternelles.

L’alphabétisation intégrée à la refondation éducative

La ministre inscrit l’ensemble de ces initiatives dans le processus de refondation du système éducatif nigérien porté par les autorités nationales. Dans cette perspective, l’alphabétisation devient un enjeu qui dépasse la seule politique scolaire. Elle touche à la souveraineté culturelle, à l’inclusion sociale et au développement des capacités économiques des populations.

Le ministère entend donc poursuivre l’élargissement des centres, améliorer les contenus pédagogiques et renforcer les dispositifs permettant aux bénéficiaires de continuer à apprendre après leur passage dans les programmes d’alphabétisation.

Un défi qui reste national

À l’occasion de cette 60ᵉ Journée internationale de l’alphabétisation, Dr Élisabeth Shérif a salué le travail des encadreurs, animateurs et apprenants ainsi que l’appui des partenaires de l’éducation.

Avec près de 100 000 apprenants enregistrés en 2026, le Niger affiche une progression importante. Mais la véritable mesure de cette politique résidera dans sa capacité à transformer durablement les acquis en autonomie, en compétences professionnelles et en participation citoyenne.

Le gouvernement présente désormais l’alphabétisation comme un investissement de long terme destiné à renforcer les capacités humaines du pays et à faire de l’accès au savoir un levier de développement et de souveraineté.

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