Le quartier de Sabalibougou Courani, à Bamako, peine encore à comprendre le drame qui s’y est joué le dimanche matin. Un ouvrier d’une quarantaine d’années a été retrouvé mort dans son domicile. D’abord présentée comme une découverte tragique, l’affaire a rapidement pris une tournure criminelle. Les soupçons des enquêteurs se sont portés sur l’épouse de la victime, qui a finalement reconnu les faits lors de son audition, selon les premiers éléments de l’enquête.
Une matinée qui vire au drame
Dimanche 12 juillet 2026, un terrible drame a brutalement interrompu le calme habituel de Sabalibougou Courani. De 9 h à 10 h, l’épouse et des proches d’Issa Koné, un homme d’une quarantaine d’années, ont découvert son corps sans vie dans sa chambre. Son corps portait de multiples blessures, laissant peu de place au doute sur la nature violente de son décès.
Alertés par la famille, les policiers et les équipes de la Protection civile se sont immédiatement rendus sur les lieux. Les secours n’ont pu que constater le décès avant de transférer le corps à la morgue pour les besoins de l’enquête.
Une attitude qui intrigue les enquêteurs
Dès les premières constatations, certains éléments ont retenu l’attention des enquêteurs. Selon les informations recueillies, le comportement de l’épouse de la victime, Bintou Fomba, surnommée « Batoma », a suscité des interrogations. Les policiers ont alors décidé de l’entendre afin d’éclaircir les circonstances exactes du décès.
Après avoir rejeté toute implication, elle aurait finalement reconnu les faits lors de son interrogatoire, selon les déclarations rapportées par plusieurs sources proches du dossier. Elle aurait expliqué avoir agi dans un contexte de profond conflit conjugal, évoquant les absences répétées de son mari, des difficultés financières au sein du foyer ainsi que le projet de celui-ci de contracter un second mariage.
Dans son témoignage, la suspecte aurait décrit un passage à l’acte d’une grande violence : elle aurait d’abord porté un premier coup à l’aide d’un pilon avant de frapper son mari à plusieurs reprises avec une machette.
Une enquête qui s’intéresse à un précédent épisode violent
Les investigations ne se limitent pas aux circonstances immédiates du meurtre. Les enquêteurs cherchent également à établir un éventuel lien avec une agression survenue quelques jours auparavant. D’après des témoignages recueillis dans le voisinage, Issa Koné aurait été violemment attaqué le 4 juillet alors qu’il accompagnait cette même épouse sur les berges du fleuve Niger. Des individus l’auraient laissé grièvement blessé avant de repartir avec sa moto, sans s’en prendre à la femme qui l’accompagnait.
Les autorités vérifient désormais si cette agression relevait d’un simple acte de banditisme ou si elle pourrait s’inscrire dans une préparation plus ancienne du crime. Quoi qu’il en soit, les enquêteurs devront maintenant confronter ces déclarations aux résultats des expertises médico-légales ainsi qu’aux autres éléments matériels recueillis au cours de l’enquête.
Une affaire qui bouleverse le quartier
À Sabalibougou Courani, la nouvelle continue de provoquer stupeur et incompréhension. Plusieurs habitants affirment n’avoir jamais remarqué de tensions apparentes au sein du couple, ce qui rend ce drame encore plus difficile à comprendre pour le voisinage.
L’enquête judiciaire se poursuit afin de préciser les circonstances exactes des faits, de vérifier l’ensemble des déclarations de la suspecte et de déterminer si d’autres personnes ont pu jouer un rôle dans cette affaire.
En attendant les suites de la procédure, ce dossier rappelle la complexité des violences intrafamiliales, qui peuvent parfois évoluer dans le silence avant de basculer dans l’irréparable. Au-delà du fait divers, cette tragédie soulève également d’importantes interrogations sur la part d’ombre qui peut exister au sein de l’intimité conjugale et sur la difficulté à détecter les signaux d’alerte.




