Niger :  Abdoulaye Seydou défend son bilan et assume une ligne de rupture - Journal du Niger



Niger :  Abdoulaye Seydou défend son bilan et assume une ligne de rupture

Invité de l'émission « Grand Entretien », le ministre du Commerce et de l'Industrie a défendu les réformes engagées depuis…

Invité de l’émission « Grand Entretien », le ministre du Commerce et de l’Industrie a défendu les réformes engagées depuis son arrivée au gouvernement. Un exercice qui met en lumière la trajectoire singulière d’un ancien leader de la société civile devenu l’un des principaux artisans de la politique économique de la transition.

Niamey, 1ᵉʳ juillet 2026 – Il y a encore quelques années, Abdoulaye Seydou occupait les tribunes des mouvements citoyens. Aujourd’hui, c’est depuis les bancs du gouvernement qu’il expose sa vision des réformes économiques. Invité, mardi 30 juin, de l’émission Grand Entretien, le ministre du Commerce et de l’Industrie a présenté les principales mesures mises en œuvre depuis sa nomination, dans un contexte où les autorités de transition font de la souveraineté économique l’un des piliers de leur action.

L’exercice revêt une portée particulière tant le parcours de l’intéressé tranche avec celui de nombreux responsables gouvernementaux. Figure du militantisme estudiantin à l’Université Abdou Moumouni, Abdoulaye Seydou s’est ensuite imposé comme un acteur de la contestation politique avant de fonder, en août 2022, le Mouvement M62, devenu l’une des principales plateformes de mobilisation contre la présence militaire étrangère au Niger et contre la gouvernance du régime précédent.

Son engagement lui avait notamment valu une condamnation à neuf mois d’emprisonnement prononcée en avril 2023 par le Tribunal de grande instance hors classe de Niamey, une décision que ses soutiens avaient alors dénoncée comme politiquement motivée.

Une feuille de route axée sur la souveraineté économique

Depuis son entrée au gouvernement, Abdoulaye Seydou s’est vu confier un portefeuille stratégique au cœur des priorités affichées par les autorités de transition. Lors de son intervention télévisée, il a défendu un ensemble de réformes qu’il présente comme les fondements d’une transformation durable du secteur commercial et industriel.

Parmi les mesures mises en avant figurent l’adoption de plusieurs textes législatifs destinés à réorganiser le secteur, les restrictions sur certaines importations de produits alimentaires disponibles localement, la suspension temporaire des exportations de bétail à l’approche de la Tabaski afin de préserver l’approvisionnement du marché national, ainsi que des actions visant à mieux encadrer les prix de produits de grande consommation tels que le ciment ou le gaz domestique.

Le ministre a également évoqué les efforts engagés pour améliorer la qualité de la production boulangère et soutenir le développement industriel, autant de chantiers que le gouvernement présente comme des leviers de souveraineté économique.

D’un discours militant à l’exercice du pouvoir

Au-delà du contenu des réformes, cette intervention marque une évolution dans le parcours d’Abdoulaye Seydou. Ancien acteur de la contestation, il est désormais confronté à l’épreuve de la gestion publique, où les résultats attendus se mesurent moins aux discours qu’à leur impact sur le quotidien des populations.

Cette transition illustre plus largement la mutation d’une partie des figures issues de la société civile nigérienne, passées de la dénonciation des politiques publiques à leur mise en œuvre.

À travers cette prise de parole, le ministre a cherché à démontrer que les ambitions affichées par les autorités de transition peuvent se traduire par des réformes concrètes. Reste désormais à savoir si ces mesures produiront, à moyen terme, les effets attendus sur le pouvoir d’achat, la compétitivité de l’économie et le développement du tissu industriel nigérien.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP