La CPI appelle les pays de l'AES à renoncer à leur retrait du Statut de Rome - Journal du Niger

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La CPI appelle les pays de l’AES à renoncer à leur retrait du Statut de Rome

Face à la volonté affichée du Burkina Faso, du Mali et du Niger de quitter le Statut de Rome, la…

Face à la volonté affichée du Burkina Faso, du Mali et du Niger de quitter le Statut de Rome, la Cour pénale internationale multiplie les appels à la retenue. Dans une déclaration officielle, la présidence de l’Assemblée des États parties invite les trois pays de l’Alliance des États du Sahel à reconsidérer leur décision, tout en rappelant que certaines obligations juridiques subsistent malgré un éventuel retrait.

LA Haye, 1ᵉʳ juillet 2026 – La Cour pénale internationale (CPI) cherche à éviter une nouvelle rupture avec plusieurs États africains. Dans une déclaration rendue publique, la présidence de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome a exhorté le Burkina Faso, le Mali et le Niger à renoncer à leur projet de retrait de la juridiction internationale.

Le texte, signé par la présidente de l’Assemblée, Päivi Kaukoranta, ainsi que par les vice-présidents Margareta Kassangana et Michael Kanu, exprime les inquiétudes de l’organe de gouvernance de la CPI face aux démarches entreprises par les trois membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Selon la présidence, un retrait des trois pays constituerait un revers pour les efforts internationaux visant à lutter contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves et affaiblirait le cadre multilatéral de la justice pénale internationale.

Une invitation à poursuivre le dialogue

Au-delà de cet appel, la présidence de l’Assemblée privilégie une approche diplomatique. Elle encourage les autorités du Burkina Faso, du Mali et du Niger à poursuivre les échanges au sein des instances prévues par le Statut de Rome plutôt qu’à rompre avec le système institué par le traité.

Le communiqué rappelle également un principe juridique essentiel : le retrait du Statut de Rome ne met pas automatiquement fin aux obligations contractées pendant la période où un État était partie au traité. Les engagements liés aux procédures déjà engagées ou aux obligations nées avant l’entrée en vigueur du retrait demeurent applicables conformément aux dispositions du Statut.

Un nouvel épisode des tensions entre l’AES et les institutions internationales

Cette prise de position intervient dans un contexte de redéfinition des relations entre les États de l’AES et plusieurs organisations internationales. Depuis leur rapprochement politique et sécuritaire, le Burkina Faso, le Mali et le Niger revendiquent une autonomie accrue dans la conduite de leurs politiques de défense, de sécurité et de coopération internationale.

Le projet de retrait du Statut de Rome s’inscrit dans cette dynamique plus large de réaffirmation de la souveraineté des trois pays, qui contestent régulièrement le fonctionnement de certaines institutions multilatérales.

Pour la CPI, l’enjeu dépasse désormais le seul cadre juridique. Il s’agit aussi de préserver le dialogue avec trois États confrontés à des défis sécuritaires majeurs, tout en maintenant les mécanismes de coopération indispensables à la lutte contre les crimes internationaux.

L’évolution de ce dossier dépendra désormais de la position définitive que prendront les gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger, ainsi que des échanges qui pourraient encore intervenir entre les parties avant l’échéance prévue par les procédures de retrait.

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