Niger - ZIMAR : Une raffinerie de 1,9 milliard $ à Dosso - Journal du Niger



Niger – ZIMAR : Une raffinerie de 1,9 milliard $ à Dosso

NIAMEY, 17 août 2026 — Le Niger franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale du pétrole brut.…

NIAMEY, 17 août 2026 — Le Niger franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale du pétrole brut. L’État a conclu, samedi 15 août à la Primature, une convention avec ZIMAR GROUP pour construire à Dosso une raffinerie de 100 000 barils par jour, adossée à un complexe pétrochimique. Le projet représente un investissement annoncé de 1,9 milliard de dollars, soit environ 1 077 milliards de FCFA.

Derrière cette enveloppe considérable, le gouvernement poursuit un objectif qui dépasse la construction d’une nouvelle infrastructure industrielle : réduire la dépendance aux importations de produits pétroliers, augmenter la valeur créée sur le territoire et renforcer la sécurité énergétique du pays.

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Quatre mois pour passer du projet au financement

La convention prévoit une première échéance particulièrement exigeante. ZIMAR GROUP dispose de quatre mois pour mobiliser le financement du projet et produire l’ingénierie détaillée de l’installation. Le partenaire devra ensuite parvenir au bouclage financier dans un délai de douze mois. Ces échéances constituent un premier test de la crédibilité financière et technique du projet avant son entrée dans une phase opérationnelle.

L’investissement sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé de type BOT — Build, Operate and Transfer. Le partenaire privé prendra en charge le financement, la construction et l’exploitation de l’infrastructure avant son transfert à l’État au terme du contrat. La durée totale de l’accord atteint 16 ans, avec trois années consacrées à la construction et treize années d’exploitation.

Une capacité de raffinage conçue pour changer l’échelle

La future raffinerie affichera une capacité de 100 000 barils par jour, répartie en trois unités : un premier train de 30 000 barils/jour, puis deux autres de 35 000 barils/jour chacun. Le projet prévoit également la construction d’infrastructures complémentaires : pipelines, capacités de stockage, plateforme industrielle et complexe pétrochimique.

Cette configuration pourrait permettre au Niger de ne plus considérer le pétrole uniquement comme une ressource à extraire et à exporter. Le pays chercherait ainsi à développer toute une chaîne industrielle autour du brut, depuis son transport jusqu’à sa transformation en produits destinés au marché.

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Pourquoi le projet compte pour les ménages

L’intérêt du projet se mesure aussi à ses effets potentiels sur la vie quotidienne. Une capacité nationale de raffinage plus importante doit, à terme, permettre au Niger de produire davantage de carburants localement et de limiter son exposition aux approvisionnements extérieurs. Cette évolution pourrait améliorer la sécurité des stocks et réduire certains risques liés aux perturbations des marchés ou des chaînes d’approvisionnement.

Pour les transporteurs, les entreprises, les agriculteurs et les ménages, la disponibilité régulière des produits pétroliers constitue un enjeu économique majeur. Le carburant intervient directement dans le transport des personnes et des marchandises, le fonctionnement des machines agricoles, la logistique des entreprises et de nombreux services essentiels.

La raffinerie pourrait donc avoir un impact indirect sur plusieurs secteurs de l’économie, à condition que la production, la distribution et la commercialisation restent compétitives.

Le complexe pétrochimique élargit l’ambition industrielle

Le choix d’associer une raffinerie à un complexe pétrochimique traduit une volonté d’aller au-delà de la simple production de carburants. La pétrochimie permet de créer de nouvelles chaînes de valeur à partir des dérivés du pétrole et peut alimenter différentes activités industrielles. Pour le Niger, cette orientation ouvre la perspective d’une diversification de son tissu productif et d’une augmentation de la valeur ajoutée générée localement.

Le projet pourrait également renforcer la position du pays sur le marché régional en faisant de Dosso un site industriel susceptible de servir non seulement la demande nationale, mais aussi certains débouchés sahéliens.

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Des emplois, mais surtout des compétences à construire

ZIMAR GROUP annonce des milliers d’emplois directs et indirects autour du projet. L’impact social attendu ne se limitera toutefois pas au nombre de postes créés pendant les travaux. Le groupe prévoit également un transfert de compétences vers les ingénieurs et techniciens nigériens. Cette dimension sera déterminante pour permettre au pays de disposer progressivement d’une main-d’œuvre qualifiée capable d’intervenir dans la maintenance, l’exploitation, l’ingénierie et les métiers spécialisés de l’industrie pétrolière et pétrochimique.

Pour les jeunes diplômés et les travailleurs techniques, la réussite du projet pourrait ainsi créer un nouveau marché de l’emploi industriel, à condition que les mécanismes de formation et de recrutement accompagnent réellement le chantier.

Un projet préparé depuis 2024

La convention du 15 août 2026 prolonge le Mémorandum d’entente signé en octobre 2024 entre l’État nigérien et le consortium composé de ZIMAR GROUP, société de droit nigérien, et de HIGH TECH, société américaine. La signature marque donc une transition entre une phase de préparation et une étape contractuelle plus avancée. Le gouvernement devra désormais suivre de près la mobilisation des fonds, la réalisation des études techniques et le respect des différentes échéances prévues.

Un comité de suivi doit accompagner l’exécution de la convention et contrôler le respect des engagements des parties.

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Le véritable enjeu sera l’exécution

Pour le Niger, le projet de Dosso s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté énergétique et d’industrialisation. Mais l’ampleur financière du chantier impose une exécution rigoureuse. Les prochains mois seront décisifs : mobiliser 1 077 milliards de FCFA, finaliser l’ingénierie et sécuriser le financement constituent les premières conditions pour transformer l’annonce en chantier effectif.

À terme, la réussite de cette raffinerie se mesurera moins à sa capacité théorique de production qu’à ses effets concrets sur l’économie : disponibilité des carburants, création d’emplois, développement des compétences, baisse de la dépendance extérieure et apparition de nouvelles activités industrielles.

Après la signature de la convention, le défi change donc de nature. Le Niger ne doit plus seulement produire du pétrole ; il doit désormais démontrer sa capacité à le transformer localement et à convertir cette ressource en bénéfices durables pour sa population.

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