Le ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information vient de publier un texte réglementaire majeur pour encadrer l’activité des points de connexion internet partagés, communément appelés « Wi-Fi Zone ».Entre interdiction des pylônes, obligation de déclaration et mise en place de redevances annuelles, le gouvernement nigérien dote enfin ce secteur en pleine expansion d’un cadre réglementaire destiné à mieux encadrer son développement et à renforcer la sécurité des communications électroniques.
Depuis plusieurs années, les bornes « Wi-Fi Zone » privées se multiplient dans les quartiers nigériens, où elles se sont imposées comme une alternative économique pour l’accès à Internet. Mais cette prolifération s’effectuait jusqu’ici dans un flou juridique total. Par l’arrêté n° 000034, signé le 30 juin 2026 par le ministre Adji Ali Salatou, le gouvernement nigérien met en place un cadre strict pour réguler l’exploitation de ces services sur l’ensemble du territoire national.
Obligation de déclaration et traçabilité des utilisateurs
Désormais, l’activité des « Wi-Fi Zone » quitte la zone grise de l’informel. Bien qu’elle reste classée dans la catégorie des activités d’entrée libre, elle est désormais soumise à une déclaration préalable auprès de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP).
Le texte impose également une plus grande transparence technique. Afin d’éviter que ces points d’accès ne deviennent des zones d’anonymat sur le réseau, les fournisseurs de services devront s’assurer que chaque point d’accès mis à la disposition du public offre un accès individuel à chaque utilisateur. De plus, le nombre maximal de points de vente autorisés par fournisseur ne peut désormais excéder cinq.
Les pylônes et amplificateurs de signal strictement interdits
C’est l’une des mesures phares de cette nouvelle réglementation, qui risque de bousculer les habitudes de nombreux gestionnaires de réseaux de quartier : l’implantation de pylônes et l’utilisation d’amplificateurs de signal en vue de fournir des services « Wi-Fi Zone » sont désormais formellement interdites.
Selon les autorités, cette décision vise à prévenir le piratage des fréquences, à limiter les interférences avec les opérateurs de télécommunications et à garantir que l’extension de la couverture Internet s’effectue dans le respect des normes techniques et d’urbanisme.
Le barème des redevances annuelles
Pour régulariser leur activité, les exploitants devront s’acquitter de frais d’étude de dossier non remboursables de 50 000 francs CFA hors taxes, ainsi que d’une redevance annuelle hors taxes, dont le montant varie selon la localisation géographique de l’activité :
| Localité |
Redevance annuelle (HT) |
| Niamey |
200 000 FCFA |
|
Chefs-lieux de région |
150 000 FCFA |
| Chefs-lieux de département |
100 000 FCFA |
|
Autres localités |
50 000 FCFA |
Trois mois pour se mettre en règle
Conscient de l’impact de cette mesure sur les petits entrepreneurs, le ministère a prévu une période de transition. Les fournisseurs qui exerçaient déjà cette activité avant la signature de l’arrêté disposent d’un délai de trois mois pour se conformer aux nouvelles exigences et déposer leur dossier, sous peine de sanctions. Par ailleurs, l’ARCEP effectuera des contrôles réguliers afin de veiller au respect des dispositions prévues par le texte.
Cette réglementation marque une nouvelle étape dans la structuration du marché de l’Internet de proximité au Niger. En encadrant une activité jusqu’ici peu réglementée, les autorités cherchent à concilier développement du numérique, respect des normes techniques et protection des usagers.
Pour de nombreux jeunes entrepreneurs qui vivent de cette activité, ces nouvelles obligations représenteront un coût supplémentaire. Elles devraient toutefois contribuer à professionnaliser un secteur devenu incontournable dans l’accès à Internet dans plusieurs villes du pays.




