Viol de mineure à Toussiana : Gaston condamné à 24 mois avec sursis - Journal du Niger



Viol de mineure à Toussiana : Gaston condamné à 24 mois avec sursis

Gaston a 20 ans, la force d'un adulte, mais traîne encore son corps de majeur sur les bancs de la…

Gaston a 20 ans, la force d’un adulte, mais traîne encore son corps de majeur sur les bancs de la classe de 5ᵉ à Toussiana. Face à lui, Kadi n’a que 14 ans. C’est une enfant. Le jeudi, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a tranché le destin de ce duo que tout opposait, sauf le tableau noir : Gaston écope de 24 mois de prison avec sursis pour le viol de sa camarade. Retour sur l’audience.

Dans le village, à force de redoublements, Gaston partageait le quotidien d’élèves bien plus jeunes que lui. Une promiscuité qui nourrit les dérives. Pour s’amuser, les camarades de classe lançaient des plaisanteries douteuses, qualifiant déjà la petite Kadi de « femme de Gaston ». Une familiarité qui, dans l’esprit du jeune homme majeur, a fini par créer une dangereuse confusion entre jeu d’enfants et droit de passage à l’acte.

Quand le piège se referme

Le 5 mai 2026, le piège se referme. Alors que le groupe d’amis se disperse pour aller aux champs, Gaston et Kadi se retrouvent seuls dans une chambre. C’est là que le majeur bascule. À la barre, le prévenu tente une défense qui fait murmurer la salle : « C’est elle qui m’a cherché, c’était une lutte amicale, elle a enlevé ses habits. » Il brandit un prétendu « accord tacite », s’abritant derrière les rumeurs du village pour masquer son acte. Une stratégie qui s’est fracassée contre la rigueur de la loi burkinabè.

La loi face à l’illusion du consentement

L’apport majeur de ce procès réside dans l’application stricte de l’article 533-10 du Code pénal. En matière de mœurs, la justice rappelle un principe fondamental : on ne parle pas de consentement avec une enfant de 14 ans face à un adulte de 20 ans.

La loi présume qu’à cet âge, un mineur ne dispose pas du discernement suffisant pour consentir valablement à un acte sexuel avec un majeur. Qu’il y ait eu « lutte amicale » ou non, l’acte reste, juridiquement, un viol.

Le courage d’une mère face au silence du village

Si l’affaire est arrivée devant les juges, c’est grâce au courage de deux femmes. Kadi, rongée par les remords, brise le silence et se confie à sa mère. Malgré les menaces de représailles et le poids du qu’en-dira-t-on local, cette mère de famille saisit immédiatement les autorités.

À la barre, malgré la pression, la petite Kadi n’a pas tremblé. Elle a maintenu ses accusations, décrivant non seulement la pénétration, mais aussi les coups reçus.

Le parquet, tout en constatant l’absence d’une violence destructrice visible au moment des faits, a requis la culpabilité de l’accusé. Le tribunal a suivi les réquisitions sur le fond : Gaston est coupable de viol. Le verdict tombe : 24 mois de prison et 500 000 F CFA d’amende, le tout assorti du sursis. Gaston dort ce soir chez lui, mais avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. La justice, elle, vient de rappeler aux prédateurs de cours d’école que les enfants ne sont pas des proies.

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