À quelques semaines du déploiement des intrants agricoles et des équipements destinés à soutenir la campagne agropastorale, les autorités d’Agadez veulent verrouiller le dispositif. Engrais, tracteurs et créances : chaque maillon de la chaîne est désormais placé sous surveillance afin d’éviter tout détournement et de garantir que les appuis de l’État bénéficient effectivement aux producteurs.
Ce vendredi 3 juillet 2026, le Secrétaire Général Adjoint de la Région d’Agadez, Diallo Saidou Hamidou, a donné le ton lors de la réunion stratégique du comité régional de la CAIMA. Entre la gestion des engrais issus de la coopération russe, le suivi rigoureux des tracteurs et le recouvrement des créances, la région entend sécuriser l’ensemble de sa campagne agricole sous l’œil vigilant du gouverneur, le Général de Division Ibra Boulama Issa.
Dans une région aussi vaste et aride qu’Agadez, l’agriculture et l’élevage ne doivent souffrir d’aucun amateurisme. C’est tout l’enjeu de cette session, qui a réuni les membres du Secrétariat permanent autour d’une feuille de route combinant rigueur financière, gestion des intrants et sécurisation des stocks.
À l’approche de la campagne agricole, les autorités renforcent les contrôles afin de garantir une distribution efficace des intrants et une gestion rigoureuse des équipements agricoles.
Le point le plus brûlant de l’ordre du jour concerne la situation des engrais issus de la coopération avec la Fédération de Russie et du Programme de Renforcement de la Sécurité Alimentaire (PRSA). Alors que le Niger diversifie ses partenariats stratégiques, la gestion transparente de cette aide internationale devient un test de crédibilité pour les autorités locales.
Le comité a exigé un point précis sur l’état des ventes et des stocks disponibles, mais aussi sur un sujet souvent tabou : le suivi des créances. Pour la CAIMA, l’époque des intrants distribués sans traçabilité est révolue ; chaque sac d’engrais doit aller au producteur et chaque franc dû doit être recouvré.
Tracteurs et sécurisation : protéger le matériel public
La reprise en main touche aussi la mécanisation agricole. Les tracteurs mis à la disposition des producteurs et des communes font désormais l’objet d’un inventaire rigoureux. Le comité veut connaître l’emplacement exact des machines, leur mode d’utilisation et les responsables de leur maintenance.
Face aux risques sécuritaires de la zone, le Secrétaire Général Adjoint a également insisté sur la mise en place de mesures drastiques pour renforcer la sécurisation des stocks contre le vol ou le trafic transfrontalier.
Cette réunion de cadrage a aussi servi de baptême du feu pour le tout nouveau Directeur régional de la CAIMA, officiellement présenté aux membres. Il prend ses fonctions sous une forte pression : le comité rend régulièrement compte directement au Gouverneur, le Général de Division Ibra Boulama Issa. À Agadez, la bataille pour l’autosuffisance alimentaire se joue désormais avec la rigueur militaire.
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