Le Niger et le PNUD transforment le site de Bossadje en forteresse alimentaire - Journal du Niger



Le Niger et le PNUD transforment le site de Bossadje en forteresse alimentaire

IRNI N’GAOURÉ, 14 août 2026 — Dans la région de Dosso, la bataille pour la souveraineté nationale ne se joue…

IRNI N’GAOURÉ, 14 août 2026 — Dans la région de Dosso, la bataille pour la souveraineté nationale ne se joue pas uniquement sur le front sécuritaire, mais elle se gagne désormais dans les sillons de la terre. C’est le message stratégique envoyé cette semaine par les autorités nigériennes et les Nations Unies, lors de la réception provisoire du site hydro‑agricole de Bossadje.

Avec une injection de plus de 1,5 milliard de francs CFA (environ 2,5 millions de dollars), ce projet d’aménagement de 100 hectares (25 hectares réhabilités et 75 en extension) dépasse le simple cadre agronomique. En effet, il incarne la nouvelle doctrine de l’État : faire de l’autosuffisance alimentaire le socle de la résilience économique et un rempart contre l’instabilité.

Gouvernorat de Dosso
© Gouvernorat de Dosso
Le « dividende de la paix » à l’épreuve du terrain

Dans un Sahel où l’insécurité a longtemps dicté l’agenda public, le projet de Bossadje illustre une transition vers ce que les experts nomment le développement post‑crise.

Le Représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Niger, Mamadou Ndaw, a qualifié cette infrastructure de véritable « dividende de la paix ». L’équation est simple, mais redoutablement efficace : une fois que l’État, appuyé par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), parvient à sécuriser un périmètre, les investissements massifs prennent le relais pour fixer les populations.

En offrant des terres irrigables et des équipements modernes, le projet coupe l’herbe sous le pied de la pauvreté, principal terreau de l’insécurité, tout en redonnant des perspectives économiques viables aux jeunes et aux femmes de la région de Boboye.

Gouvernorat de Dosso
© Gouvernorat de Dosso
Une victoire de l’ingénierie sur une nature hostile

Si la volonté politique est présente, le défi technique était colossal. La transformation de Bossadje n’a rien d’un miracle ; elle est le fruit d’une ingénierie acharnée pilotée par l’Office national des aménagements hydro‑agricoles (ONAHA).

Le Directeur général de l’institution, le Colonel Bilaly Elhadj Gambobo, n’a pas caché les obstacles surmontés par ses équipes. Entre des actes de vandalisme initiaux ayant détruit le matériel, une grave pénurie d’eau et une forte acidité des sols rendant la terre quasi stérile, le projet a frôlé l’impasse. Cependant, la réponse technique a exigé le doublement des capacités de pompage en eau et l’application de traitements correctifs lourds pour fertiliser le sol.

Aujourd’hui, un réseau complexe de caniveaux d’irrigation et des réservoirs d’eau modernes équipent le site. Pour l’ONAHA, Bossadje incarne désormais bien plus qu’un projet achevé : il devient un prototype de résilience agronomique, prêt à être dupliqué dans les autres régions arides du pays.

Gouvernorat de Dosso
© Gouvernorat de Dosso
La sécurité alimentaire, pilier de la « Refondation »

En se rendant personnellement sur le site, le Gouverneur de la région de Dosso, le Colonel‑Major Bana Alhassane, est venu valider l’alignement de cette infrastructure avec la vision géopolitique du Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahmane Tiani.

Dans le narratif de la transition nigérienne, l’importation massive de denrées de première nécessité est perçue comme une vulnérabilité stratégique. Ainsi, en appelant les populations locales à s’investir pleinement dans l’exploitation de ces parcelles, le Gouverneur fait de chaque agriculteur de Bossadje un acteur direct de la sécurité nationale.

La signature des documents de réception provisoire des infrastructures dans les locaux de la mairie de Birni N’Gaouré, à l’issue de la visite, scelle ainsi un nouveau pacte : celui d’un État qui assume la sécurité physique de ses citoyens, adossé à des partenaires internationaux qui financent la sécurité de leurs assiettes.

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