Niger : Seize hauts gradés écroués dans une scabreuse affaire de mœurs - Journal du Niger

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Niger : Seize hauts gradés écroués dans une scabreuse affaire de mœurs

Niamey, 23 juin 2026 — C’est un séisme institutionnel sans précédent qui ébranle la capitale nigérienne. L'onde de choc s'est…

Niamey, 23 juin 2026 — C’est un séisme institutionnel sans précédent qui ébranle la capitale nigérienne. L’onde de choc s’est propagée ce mardi jusqu’aux plus hauts sommets des forces de sécurité et des administrations financières du pays. Dans l’affaire dite « des mœurs », qui défraie la chronique à Niamey, la justice a tranché avec une rare sévérité : seize prévenus, parmi lesquels figurent de très hauts gradés de la douane et de la police, ont été placés sous mandat de dépôt.

Signe de la sensibilité extrême du dossier et d’une volonté manifeste d’éviter toute collusion ou concertation entre les mis en cause, les autorités judiciaires ont fait le choix de la dispersion. Dans cette logique, elles ont réparti les seize détenus dans cinq maisons d’arrêt distinctes à travers le pays.

Les douanes et la police décapitées à Kollo, Say et Birni Ngaouré

Le catalogue des incarcérations se lit comme un annuaire des cercles d’influence de Niamey. À la prison civile de Kollo, le premier nom à figurer sur les registres d’écrou est celui du commissaire Ibrahim Adamou Harouna. Il y est détenu aux côtés de quatre autres civils : Ibrahim Moussa, Habiboulaye Mahamadou Boni, Mahamadou Salim et Izdine Ben Yusuf.

À quelques dizaines de kilomètres de là, la prison de Say accueille un autre gros poisson du dossier : le colonel des douanes Saguirou Mindaoudou, écroué avec Habibou Nouhou, Ousmane Yayé Moussa ainsi que  Mahamadou Moutari Hassan.

Plus encore, c’est sans doute le quartier de haute sécurité de la prison de Birni Ngaouré qui symbolise le mieux la violence de la purge judiciaire. La justice y a incarcéré un véritable trio de hauts responsables de l’administration douanière :

  • le colonel des douanes Ali Hamani ;

  • le colonel des douanes Abdoul Kader ;

  • le colonel des douanes Moumouni Abdou Boha.

Dispersion stratégique

Le dispositif judiciaire s’étend également à la maison d’arrêt de Ouallam, qui accueille Moussa Zaidu, Ibrahim Dioffo et Hassan Amadou Adamou. Enfin, les autorités judiciaires ont transféré seul le dernier haut fonctionnaire impliqué dans ce dossier, le commissaire Abdoul Razak Mahamadou Mossi, vers la prison civile de Filingué.

Un test pour le nouveau Code pénal nigérien ?

Si les détails précis des faits qualifiés d’« affaire de mœurs » restent, pour l’heure, couverts par le secret de l’instruction, plusieurs rumeurs évoquent avec insistance des pratiques liées à l’homosexualité. Si ces informations s’avéraient exactes, ces hauts fonctionnaires pourraient être les premiers à se voir appliquer les nouvelles dispositions particulièrement répressives du Code pénal nigérien visant les relations entre personnes de même sexe.

Quoi qu’il en soit, l’ampleur des mandats de dépôt montre que la justice nigérienne a décidé de frapper fort et rapidement. Dans une capitale où les spéculations allaient bon train ces derniers jours, l’incarcération simultanée de quatre colonels des douanes et de deux commissaires de police envoie un message unique : aucun uniforme, aussi prestigieux soit-il, ne saurait constituer un bouclier dans ce scandale d’État.

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