DOSSO, 14 août 2026 — L’agriculture nigérienne amorce une rupture technologique majeure. Pour garantir sa sécurité alimentaire, le pays a décidé de ne plus lier son destin agricole aux seuls caprices de la saison des pluies. Ainsi, ce jeudi 13 août, la région de Dosso a réceptionné un arsenal agronomique inédit : les équipements de pompage solaire d’un méga‑projet de 1 000 forages destinés à transformer la vallée du Dallol Bosso en un hub agricole productif douze mois par an.
Stockée provisoirement dans les entrepôts de l’Office des Produits Vivriers du Niger (OPVN), cette livraison marque le passage de la théorie à la pratique dans la doctrine de souveraineté alimentaire impulsée par le Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.
Au cœur de cette transformation se trouve un choix technologique stratégique : l’abandon des motopompes à carburant, coûteuses et polluantes, au profit de pompes solaires de 580 watts.
L’Office national des aménagements hydro‑agricoles (ONAHA), maître d’œuvre du projet, mise sur cette autonomie énergétique pour faire sauter le principal verrou financier des exploitants locaux : le coût d’extraction de l’eau. En effet, en équipant les nappes phréatiques du Dallol Bosso de systèmes photovoltaïques autonomes, l’État garantit aux agriculteurs une irrigation constante, fiable et, surtout, déconnectée des fluctuations des prix des hydrocarbures.
Pour le Lieutenant‑Colonel Bilaly Elhadj Gambobo, Directeur Général de l’ONAHA, cette innovation n’est pas qu’une simple mise à niveau matérielle. Au contraire, elle fait de la région de Dosso un véritable laboratoire agronomique à ciel ouvert, dont le gouvernement prévoit de dupliquer le modèle d’exploitation à l’échelle nationale.
Si la technologie est désormais disponible, le succès de cette politique de refondation agricole repose à présent sur la capacité d’absorption des communautés locales. L’enjeu est de taille : passer d’une agriculture de subsistance pluviale à une agriculture commerciale de contre‑saison intensive.
Lors de l’inspection du matériel, le Gouverneur de la région de Dosso, le Colonel‑Major Bana Alhassane, a fixé un ultimatum clair aux populations rurales. Les équipements étant prêts à être déployés, les terres doivent être préparées immédiatement pour que l’exploitation irriguée démarre dès la fin de l’actuel hivernage.
Ce calendrier serré illustre l’urgence avec laquelle Niamey aborde la question de l’autosuffisance. Dans ce contexte, où l’inflation des denrées importées pèse lourdement sur les finances publiques, transformer le Dallol Bosso en grenier permanent n’est plus une option de développement, mais bien un impératif de sécurité nationale.
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