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Niamey accueille la troisième réunion ministérielle de l’AES

Niamey, 16 décembre 2025 – La capitale nigérienne a été le théâtre, lundi, d’un événement majeur pour l’intégration régionale sahélienne : l’ouverture de la troisième réunion des ministres chargés du Commerce, de l’Industrie et du secteur privé de la Confédération des États du Sahel (AES). Sous la présidence du Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, cette rencontre réunit le Burkina Faso, le Mali et le Niger pour dessiner l’avenir économique de l’espace confédéral.

À Niamey, l'AES lance sa 3e réunion ministérielle et sa 1ère foire commerciale. Objectif : booster le « Made in AES » et consolider la souveraineté économique du Burkina, du Mali et du Niger.
© À Niamey, l'AES lance sa 3e réunion ministérielle et sa 1ère foire commerciale. Objectif : booster le « Made in AES » et consolider la souveraineté économique du Burkina, du Mali et du Niger.

De la stratégie à l’action : les chantiers de 2026 de l’AES

 

Cette troisième session, qui fait suite aux sommets de Bamako et Ouagadougou, vise à définir un programme d’actions prioritaires pour 2026. À cet effet, les travaux d’experts menés en amont ont balisé le terrain sur des sujets cruciaux : l’harmonisation des politiques industrielles, le développement de chaînes de valeur complémentaires et la lutte contre la fraude.

Dans son discours inaugural, le Premier ministre Zeine a plaidé pour un véritable changement de mentalités. En effet, selon lui, la résilience de l’AES repose sur le slogan « Consommons Made in AES ». Cet appel a trouvé un écho favorable auprès des ministres Moussa Alassane Diallo (Mali) et Serge Gnaniodem Poda (Burkina Faso), qui voient aussi  dans cette dynamique le moteur d’une souveraineté retrouvée.

À Niamey, l'AES lance sa 3e réunion ministérielle et sa 1ère foire commerciale. Objectif : booster le « Made in AES » et consolider la souveraineté économique du Burkina, du Mali et du Niger.
© À Niamey, l'AES lance sa 3e réunion ministérielle et sa 1ère foire commerciale. Objectif : booster le « Made in AES » et consolider la souveraineté économique du Burkina, du Mali et du Niger.

Un arsenal financier et commercial pour la souveraineté

 

Cette réunion s’inscrit dans un contexte de consolidation globale. D’une part, elle intervient peu après le lancement à Bamako de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), bras financier de l’alliance. D’autre part, elle coïncide avec la toute première Foire commerciale de l’AES, prévue du 16 au 20 décembre au Palais du 29 Juillet.

Placée sous le thème de la production et de la transformation locale, cette foire accueillera plus de 500 stands. Ainsi, Niamey ne se contente pas de discuter de politiques ; elle offre une vitrine concrète aux potentiels industriels, agricoles et artisanaux des trois pays.

En articulant diplomatie ministérielle, outils financiers souverains et promotion commerciale directe, l’AES franchit une étape décisive. Il ne s’agit plus seulement de sécuriser des frontières, mais de bâtir un marché intérieur capable de nourrir et d’enrichir plus de 80 millions de citoyens. Si le défi de la mise en œuvre reste immense, la volonté affichée à Niamey suggère que le Sahel réécrit les règles de sa propre intégration, loin des schémas hérités du passé.

Sommet AES : les Ministres précisent la feuille de route

Ouagadougou, 26 novembre 2025 – À moins de deux mois du deuxième Sommet des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont tenu ce mercredi une réunion stratégique dans la capitale burkinabè. L’objectif était clair : affiner les dossiers que les Ministres présenteront aux présidents Ibrahim Traoré, Assimi Goïta et Abdourahamane Tiani.

Pendant plus de cinq heures, Karamoko Jean Marie Traoré (Burkina Faso), Abdoulaye Diop (Mali) et Bakary Yaou Sangaré (Niger) ont examiné les rapports remis la veille par les groupes d’experts. en effet, ces documents, qui couvrent la sécurité, l’économie, les infrastructures et la communication, constituent la feuille de route concrète de l’AES, dix-sept mois après le sommet fondateur de juillet 2024.

Succès opérationnels et avancées économiques

 

Au-delà du symbole, les trois pays affichent des résultats tangibles. En effet, la Force conjointe AES, qui a officiellement activé son commandement tournant en septembre, a déjà conduit plusieurs opérations coordonnées contre les groupes djihadistes dans la zone des trois frontières. Des sources militaires évoquent « une nette baisse des incursions » depuis l’été, ce qui démontre l’efficacité de la coopération sécuritaire.

Parallèlement, sur le plan économique, la future Banque de crédit et d’investissement et de développement de l’AES (BCID-AES) vient de finaliser ses statuts. Par ailleurs, son siège  sera à Bamako et annonce désormais son ouverture effective pour le premier trimestre 2026. De même, la plateforme médiatique commune AES TV-Radio, qui émet déjà en test depuis Ouagadougou et Niamey, passera en mode définitif avant la fin de l’année.

Un front uni face aux pressions extérieures

 

Le ministre malien Abdoulaye Diop n’a pas caché son émotion en rappelant le « soutien fraternel et immédiat » du Burkina et du Niger lors de la crise carburant qui a paralysé Bamako en octobre. Des camions-citernes burkinabè et nigériens avaient alors franchi la frontière sans formalités pour ravitailler le Mali, contournant ainsi les restrictions imposées par certains voisins.

« Ce n’est plus de la solidarité, c’est de la souveraineté partagée », a-t-il déclaré.

Le ministre nigérien Bakary Yaou Sangaré a pour sa part insisté sur l’urgence de finaliser les textes juridiques fondateurs : traité de confédération, charte de la force conjointe, statut de la banque ainsi que  protocole douanier commun.

« Nous arrivons au sommet avec des propositions prêtes à être signées par nos présidents », a-t-il assuré.

Prochain rendez-vous : le sommet lui-même

 

À l’issue de la réunion, les trois ministres ont validé l’ordre du jour qu’ils soumettront au futur Conseil des ministres de l’AES, étape préalable au sommet des chefs d’État. Parmi les sujets brûlants : la sortie définitive de la zone franc CFA (calendrier et nom de la future monnaie commune), l’harmonisation des visas et la création d’un passeport AES.

En quittant la salle, un haut fonctionnaire a résumé l’état d’esprit général : « On ne construit plus un rêve, on pose les fondations d’un État confédéral. Et cette fois, personne ne pourra nous dire que c’est du bluff. »

Le compte à rebours est lancé. Ainsi, le deuxième Sommet AES s’annonce comme le moment où l’alliance des trois pays passera définitivement du discours à l’acte irréversible.

Leadership féminin : le Bénin inspire les élues du Sahel

Une délégation d’élues venues du Sénégal et des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) a rejoint le Caucus des femmes parlementaires du Bénin pour une séance de travail stratégique. L’objectif est double : premièrement, partager les avancées béninoises en matière de représentativité féminine et, deuxièmement, poser les bases d’une synergie régionale pour renforcer le pouvoir politique des femmes.

 

Porto-Novo, 2 octobre 2025 – Mardi après-midi, dans la salle polyvalente Antoine Kolawolé Idji du Palais des Gouverneurs, les chaises se sont remplies progressivement d’un cercle de femmes déterminées. Une délégation d’élues venues du Sénégal et des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Niger, Mali, Burkina Faso – a rejoint les membres du Caucus des femmes parlementaires du Bénin pour une séance de travail.

Organisée par le Gorée Institute et l’Institut pour la Gouvernance Démocratique (IGD), cette rencontre s’inscrit ainsi dans un voyage d’études visant à explorer les voies pour une meilleure représentativité féminine dans les instances de décision.

Rencontre Caucus femmes parlementaires Bénin AES : des élues du Sahel saluent les avancées du Bénin et explorent les leviers du leadership féminin en Afrique de l’Ouest.
© Rencontre Caucus femmes parlementaires Bénin AES : des élues du Sahel saluent les avancées du Bénin et explorent les leviers du leadership féminin en Afrique de l’Ouest.

Le Caucus béninois en vitrine régionale

 

À l’invitation de l’honorable Djamilatou Sabi Mohamed, présidente du Caucus, les visiteuses ont découvert l’expérience béninoise en matière de plaidoyer. Tout d’abord, l’honorable a remercié le président de l’Assemblée nationale, Louis Gbèhounou Vlavonou, pour son soutien. Puis, elle a retracé la genèse du Caucus. Depuis sa création en 2023, cette plateforme a mené des actions concrètes : plaidoyers, sensibilisations et lobbyings pour accroître la présence des femmes dans les sphères électives et décisionnelles, avec le soutien de partenaires comme l’IGD.

« L’immense contribution des partenaires, tels que l’IGD, a été essentielle pour atteindre nos objectifs », a-t-elle souligné, en insistant sur le rôle clé de ces soutiens techniques et financiers.

Leadership féminin : une progression saluée par les délégations

 

Or, ce qui retient particulièrement l’attention des déléguées, c’est ce bond qualitatif au Bénin : de la législature précédente à aujourd’hui, où 29 femmes siègent à l’Assemblée. Une progression qui, pour elles, mérite d’être décortiquée et adaptée à leurs contextes respectifs.

Le séjour, prévu pour une semaine, promet un programme dense : panels d’échanges, tables rondes et discussions thématiques sur le leadership et la gouvernance, avec notamment un focus sur le renforcement du pouvoir politique des femmes en zones fragiles. Telle est l’ambition qu’a détaillée le Dr Aziz Chabi Imorou, Directeur de l’IGD, en présentant l’agenda comme un espace pour des retours croisés et concrets.

Rencontre Caucus femmes parlementaires Bénin AES : des élues du Sahel saluent les avancées du Bénin et explorent les leviers du leadership féminin en Afrique de l’Ouest.
© Rencontre Caucus femmes parlementaires Bénin AES : des élues du Sahel saluent les avancées du Bénin et explorent les leviers du leadership féminin en Afrique de l’Ouest.

Leadership féminin : vers une synergie régionale pour la gouvernance

 

Doudou Dia, Directeur du Gorée Institute, a salué l’accueil et la portée de l’initiative : « Que l’expérience béninoise fasse école dans la région, afin de créer une synergie citoyenne des femmes au service de la gouvernance, de la paix et de la stabilité ouest-africaine. »

Mme Diago Ndiaye, au nom de sa délégation, a exprimé sa gratitude pour ces échanges fructueux, insistant :

« L’expérience béninoise doit non seulement être saluée, mais aussi répliquée. »

Rencontre Caucus femmes parlementaires Bénin AES : des élues du Sahel saluent les avancées du Bénin et explorent les leviers du leadership féminin en Afrique de l’Ouest.
© Rencontre Caucus femmes parlementaires Bénin AES : des élues du Sahel saluent les avancées du Bénin et explorent les leviers du leadership féminin en Afrique de l’Ouest.

Semer les graines d’un leadership féminin régional

 

Autour de la table, aux côtés de Djamilatou Sabi Mohamed, figuraient les députées Glawdys Tossou, Natacha Kpotchan, Sofiath Schanou Arouna, Denise Dègbédji et Gniré Fatouma Tony. Ces parlementaires béninoises ont partagé leurs parcours et stratégies. C’est ainsi que ces premiers dialogues posent les bases d’une collaboration régionale, où les avancées locales pourraient inspirer des réformes plus larges. Une semaine d’immersion qui, au fil des discussions, pourrait bien semer les graines d’un leadership féminin plus fort en Afrique de l’Ouest.

 

Un levier collectif pour transformer la gouvernance

 

Cette rencontre entre élues du Bénin, du Sénégal et des pays de l’AES dépasse le cadre d’un simple échange institutionnel. En réalité, elle incarne une dynamique de co-construction, où les expériences locales nourrissent une ambition régionale : celle d’une gouvernance plus inclusive, portée par des femmes engagées et stratèges. Par conséquent, en tissant des liens durables, ce voyage d’études ouvre la voie à une solidarité parlementaire féminine capable d’influencer les réformes, de renforcer la paix et de faire émerger une nouvelle génération de leadership en Afrique de l’Ouest.