Tahoua, le 7 octobre 2026 — Derrière les murs de la Maison d’arrêt de Tahoua, une autre vision de la justice s’esquisse. Ce mercredi, loin des discours protocolaires, détenus et autorités ont engagé un dialogue rare sur la santé mentale, la résilience et les conditions d’un retour réussi dans la société.
Briser le silence, reconstruire l’estime de soi
La scène peut surprendre : dans une cour de prison, des hommes en détention provisoire ou condamnés échangent, sans filtre, sur leur anxiété, leurs conflits intérieurs, leurs espoirs brisés. À leurs côtés, des magistrats, des psychologues et des responsables pénitentiaires écoutent. « La privation de liberté ne doit pas signifier la fin de toute dignité », a martelé Mme Amina Abdourahamane, secrétaire générale du ministère de la Justice, en ouvrant les travaux.
Cette rencontre, organisée en marge de la Journée internationale Nelson Mandela, ne vise pas la commémoration, mais l’action. Elle s’inscrit dans une logique de transformation profonde du système carcéral nigérien, où la punition cède progressivement la place à la réhabilitation.
Le cadre, c’est le PRESPEN, ce programme de réforme pénitentiaire financé par les Pays-Bas et piloté par le PNUD depuis 2022. Son ambition : aligner le Niger sur les standards internationaux, en commençant par l’humain. Construire des cellules, oui, mais aussi former, accompagner, écouter.
À Tahoua, les ateliers ont porté sur des sujets concrets : comment gérer sa colère ? Comment communiquer sans violence ? Comment préparer sa sortie quand on a tout perdu ? Des questions que peu de systèmes pénitentiaires africains osent affronter frontalement.
L’après-midi, les débats ont laissé place à la lutte traditionnelle. Dans un ring improvisé, des détenus se sont affrontés sous les yeux de leurs pairs et des autorités. Loin du folklore, ces combats visent à retisser du lien social, à canaliser les tensions, à redonner un statut par le mérite et non par le statut carcéral.
Les organisateurs le répètent : la réinsertion ne se prépare pas à la sortie, mais dès l’incarcération. Elle exige une coordination entre administration, familles, services sociaux et partenaires techniques. Elle demande aussi du temps — celui de la confiance, de la reconstruction, de la patience.
Un modèle à étendre ?
Avec 3 millions d’euros injectés dans le PRESPEN, le Niger teste une approche intégrée : infrastructures, santé, formation, suivi psychosocial. Tahoua n’est qu’une étape. Si les résultats se confirment, d’autres prisons suivront.
Ici, on ne cache plus la réalité carcérale. On la transforme. Et si la vraie justice commençait par rendre aux détenus leur humanité ?
Niamey, le 7 octobre 2026 — Le fleuve Niger a franchi, le mardi 6 octobre, le seuil d’alerte jaune à Niamey, déclenchant un dispositif de vigilance renforcée dans la capitale. Les autorités régionales appellent les populations, en particulier les riverains, à respecter scrupuleusement les consignes de sécurité pour se prémunir contre d’éventuels débordements.
Un niveau d’eau préoccupant
Dès 7 heures, le mardi 6 octobre, les services hydrologiques ont mesuré une hauteur d’eau de 538 cm à la station de Niamey, dépassant ainsi la cote d’alerte jaune fixée à 530 cm. En termes de volume, ce niveau correspond à un débit de 1 444 m³/s, selon l’échelle standard de classification des crues utilisée par l’Autorité du bassin du Niger (ABN).
Bien que ce seuil reste inférieur à la cote de débordement des digues de Saga, Lamordé et Kirkissoye (établie à 700 cm), il signale néanmoins un risque accru de montée rapide des eaux. Les autorités rappellent d’ailleurs que la situation pourrait évoluer vers une alerte orange à partir de 580 cm, puis rouge au-delà de 620 cm, avec des conséquences majeures pour les personnes et les biens approximés.
Des mesures de précaution immédiates
Face à cette situation, et sur avis du Centre de coordination des opérations (CCO) conformément au plan ORSEC régional, le gouverneur de Niamey a édicté plusieurs mesures de précaution à l’endroit des populations. Pour commencer, les riverains doivent privilégier l’usage d’embarcations fiables, pilotées par des personnes expérimentées, tout en évitant les traversées nocturnes ou la surcharge des bateaux.
En outre, les autorités interdisent formellement tous travaux susceptibles d’affecter la structure des digues le long du fleuve. Par ailleurs, il est fortement recommandé d’évacuer le lit mineur du fleuve et de retirer tous les biens vulnérables situés dans les zones inondables.
Un appel à la vigilance collective
Le gouverneur, qui assure la direction des opérations de secours, invite par conséquent les populations à redoubler de vigilance et à suivre les informations diffusées par le CCO. En cas de problème, les citoyens peuvent composer gratuitement le 18 ou informer les autorités locales.
Avant d’entreprendre toute activité agricole ou pastorale dans les zones riveraines, il est conseillé de consulter les services techniques de l’agriculture, de l’élevage et de l’Office national des actions humanitaires (ONAHA). Cette démarche vise précisément à anticiper les risques et à adapter les pratiques aux conditions hydrologiques actuelles.
Pourquoi cette alerte concerne-t-elle directement les populations ?
La montée des eaux du fleuve Niger représente un enjeu vital pour Niamey, où des milliers d’habitants vivent à proximité immédiate des berges.En effet, un dépassement du seuil jaune indique une crue active, susceptible de s’amplifier rapidement en cas de nouvelles précipitations en amont.
Les inondations passées ont déjà montré que même une hausse modérée du niveau du fleuve peut provoquer des dégâts matériels importants, perturber les déplacements et menacer les activités économiques riveraines. La vigilance collective et le respect des consignes constituent ainsi les premiers remparts contre une aggravation de la situation.
En définitive, alors que la saison des pluies touche à sa fin, la prudence reste de mise : à Niamey, chaque centimètre compte quand le fleuve dicte son rythme.
Niamey, le 7 octobre 2026 — Le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine a présidé, le mardi 6 octobre à Karey Gorou, le lancement officiel des travaux de construction de la troisième usine de traitement d’eau potable de Niamey. Cette infrastructure, d’une capacité de 100 000 m³ par jour, vise à sécuriser l’approvisionnement de la capitale nigérienne et à répondre à une demande croissante, fortement portée par l’expansion démographique et urbaine.
Une réponse d’envergure face à l’urgence démographique
Implanté sur la rive droite du fleuve Niger, ce chantier constitue la première tranche d’un schéma directeur prévoyant, à terme, une capacité totale de 250 000 m³/jour. En effet, deux phases ultérieures de 75 000 m³/jour chacune devront compléter le dispositif pour couvrir l’ensemble des besoins de la ville jusqu’à l’horizon 2030.
Outre l’usine de traitement proprement dite, le projet inclut la construction de réservoirs de stockage, la pose de conduites de transmission ainsi que le renforcement du réseau de distribution dans plusieurs quartiers stratégiques de Niamey. De surcroît, ces ouvrages connexes permettront de réduire significativement les pertes techniques et d’améliorer la pression d’eau dans les zones jusqu’ici mal desservies.
Un partenariat financier international d’un poids décisif
Le coût de cette première tranche est pris en charge par un consortium de partenaires techniques et financiers, parmi lesquels figurent la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement (BEI), l’Agence française de développement (AFD) et les autorités néerlandaises. À cet égard, la Banque mondiale joue un rôle central dans le pilotage et le suivi opérationnel de la mise en œuvre.
Selon les documents officiels du projet, les lots relatifs à l’adduction principale et au réseau de distribution (lots 6 et 7) enregistrent déjà des taux d’exécution physique dépassant les 40 %. En revanche, les travaux portant sur les lots de l’usine de traitement elle-même ont été engagés plus récemment.
L’exécutif au complet pour acter le tournant social
Placée sous le haut patronage du président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani, la cérémonie a réuni plusieurs membres du Conseil national pour la sauvegarde de la Patrie (CNSP), des ministres, des responsables institutionnels, ainsi que des chefs traditionnels et religieux. Ainsi, le ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le colonel Maizama Abdoulaye, a procédé au lancement symbolique des travaux, en présence du ministre de la Refondation et de la Promotion des valeurs sociales, Abdourahamane Oumarou.
Au cours des interventions, les autorités ont particulièrement insisté sur la dimension sociale de l’ouvrage, présenté comme un levier majeur d’amélioration des conditions de vie des populations et un vecteur de consolidation de la paix sociale grâce à un accès équitable à l’eau potable.
Un modèle de résilience hydrique pour l’ensemble du territoire
Plus largement, ce chantier s’inscrit dans une stratégie nationale de sécurité hydrique, élaborée pour faire face aux défis majeurs accentués par la variabilité climatique et la pression accrue sur les ressources en eau. Dès lors, la réussite de ce projet phare pourrait servir de modèle de référence pour d’autres villes secondaires du pays, confrontées à des tensions similaires sur leur approvisionnement en eau potable.
En somme, l’ouverture de ce chantier majeur concrétise une étape clé pour l’approvisionnement de la capitale. Alors que les ménages attendent vivement la mise en service de cette première tranche, le respect du calendrier d’exécution et le lancement effectif des phases suivantes détermineront si la région métropolitaine pourra éradiquer définitivement le stress hydrique d’ici 2030.
Face au défi historique de l’isolement médical en milieu rural, le gouvernement et ses partenaires déploient une offensive d’envergure dans le centre-est du pays. La mise en service de vingt Centres de Santé Intégrés au sein de la région de Zinder concrétise une volonté politique axée sur la résorption des inégalités d’accès aux soins.
L’achèvement d’une tournée d’inspection menée du 3 au 6 octobre 2026 par le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, le Médecin Colonel-Major Garba Hakimi, marque une étape décisive dans la cartographie sanitaire régionale. Accompagné du gouverneur de Zinder, le Colonel Massalatchi Mahaman Sani, et de la représentante de l’UNICEF au Niger, Mme Djanabou Mahonde, le membre du gouvernement a arpenté les départements de Tesker, Magaria, Gouré, Mirriah et Damagaram Takaya pour officialiser la réception de nouvelles infrastructures de santé.
Dans ces contrées austères, l’implantation de ces formations sanitaires met un terme à une attente communautaire de plus de trois décennies, notamment à Aborak et Blakao. La démarche ministérielle vise à substituer à la précarité médicale traditionnelle un réseau permanent capable d’absorber la demande de soins primaires des populations pastorales et agricoles.
S’inscrivant dans le cadre du projet Lafia Iyali — le fruit d’un cofinancement entre l’État du Niger et l’UNICEF —, ces Centres de Santé Intégrés de type 2 dépassent la simple structure de soins. Leur conception intègre des unités préventives et curatives, des maternités équipées, ainsi que des logements fonctionnels destinés à fixer le personnel médical sur place.
Afin de garantir une autonomie opérationnelle en milieu aride, chaque complexe dispose d’un système de pompage solaire relié à un forage d’eau potable. Cette infrastructure hydraulique irrigue non seulement le centre de santé, mais alimente également les zones résidentielles environnantes, matérialisant ainsi l’imbrication étroite entre hygiène publique, accès à l’eau et santé communautaire.
L’effort d’équipement engagé par les autorités centrales se doublerait d’une exigence de durabilité. Lors des étapes successives de Géré, Aremari ou Koudouma, la délégation ministérielle a rappelé aux comités locaux la nécessité absolue de préserver ces installations contre toute dégradation prématurée.
En promettant un réapprovisionnement complémentaire en matériel biomédical spécialisé, le gouvernement entend ainsi transformer ces structures en véritables biens patrimoniaux gérés conjointement par l’Administration et les usagers. Cette stratégie de responsabilisation vise à pérenniser les investissements consentis et à consolider, sur le long terme, la résilience sanitaire des populations les plus vulnérables du territoire national.
Par ce choix de placer la santé de proximité au rang de priorité souveraine, le Niger démontre que l’éloignement géographique ne saurait condamner des populations marginalisées à l’abandon médical. La concrétisation de ce maillage sanitaire dans la région de Zinder pose ainsi les jalons d’une action publique rénovée, où l’accès aux soins fondamentaux cesse d’être un privilège citadin pour devenir une réalité tangible jusqu’aux confins du territoire national.
Agadez, le 7 octobre 2026 — Le ministre de l’Énergie, le lieutenant-colonel Alzouma Seyni, et son homologue de l’Agriculture et de l’Élevage, le colonel Bilaly ElHadj Gombobo, ont entamé, ce mercredi, une mission de travail conjointe dans la région d’Agadez. Leur déplacement vise à inspecter des infrastructures stratégiques et à évaluer l’avancement des projets dans deux secteurs jugés prioritaires pour le développement du Niger.
Les autorités d’Agadez accueillent la délégation ministérielle
Dès leur atterrissage à l’aéroport international Mano Dayak, vers 11 heures, les deux membres du gouvernement ont été accueillis par l’administrateur délégué de la ville, le chef de bataillon Assarid Almoustapha, entouré des autorités administratives, coutumières et religieuses de la région. Des responsables des forces de défense et de sécurité, ainsi que des cadres des deux ministères, ont également pris part à cette cérémonie d’accueil, soulignant le caractère institutionnel de la visite.
Cette mission s’inscrit dans la continuité des orientations présidentielles du général d’armée Abdourahamane Tiani, qui place la souveraineté énergétique et alimentaire au centre de sa stratégie de refondation nationale. Elle répond également aux directives du Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine, chargé de coordonner la mise en œuvre effective de l’action gouvernementale.
Les deux ministres ont pour mandat d’examiner de près les réalisations concrètes sur le terrain, en particulier dans les domaines de la production électrique et du développement agro-pastoral. Leur présence à Agadez concrétise ainsi leurs engagements à travers un suivi direct des projets en cours.
Le séjour des deux ministres prévoit plusieurs séances de travail avec les équipes techniques locales, ainsi que des visites d’inspection sur des sites clés. L’objectif affiché est d’identifier les goulots d’étranglement, de proposer des solutions immédiates et de s’assurer que les projets répondent effectivement aux besoins des populations de l’Aïr.
Cette approche pragmatique s’aligne sur la méthode adoptée par le ministre de l’Énergie depuis sa prise de fonction en septembre 2026, qui privilégie les déplacements sur site pour assurer un suivi direct des infrastructures. La centrale de Goudel, d’une capacité de 30 MW, avait déjà fait l’objet d’une telle visite de la part du lieutenant-colonel Alzouma Seyni fin septembre, illustrant cette nouvelle dynamique de gouvernance par le terrain.
Des enjeux régionaux majeurs
La région d’Agadez, vaste territoire aux défis logistiques et climatiques marqués, concentre des enjeux cruciaux en matière d’accès à l’énergie et de sécurité alimentaire. Les projets inspectés cette semaine pourraient influencer les politiques publiques dans d’autres zones sahéliennes confrontées à des contraintes similaires.
Les conclusions de cette mission devraient alimenter les prochaines décisions gouvernementales en matière d’investissement et de planification sectorielle.
Le Niger et l’Algérie donnent une nouvelle impulsion à leur coopération dans le secteur des technologies de l’information. Les deux pays ont officiellement lancé, ce mardi 6 octobre 2026, l’exploitation de la liaison transsaharienne en fibre optique qui relie leurs réseaux respectifs.
La cérémonie s’est tenue à Assamaka, localité nigérienne située à proximité de la frontière algérienne. Hamani Kargné, ministre nigérien de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, et son homologue algérien, Sid-Ali Zerrouki, ont coprésidé l’événement.
Plusieurs responsables administratifs et techniciens des deux pays ont assisté à la mise en service. Le gouverneur de la région d’Agadez, le général de division Ibra Boulama Issa, figurait également parmi les participants.
La nouvelle infrastructure relie In Guezzam, côté algérien, à l’axe Arlit-Agadez, au Niger. Elle s’appuie sur une technologie de transmission capable d’atteindre une capacité de 100 gigabits par seconde dès son entrée en exploitation. Par ailleurs, cette performance facilitera l’acheminement des données et améliorer la qualité des échanges numériques entre les deux territoires.
Pour les autorités, la liaison constitue bien davantage qu’un simple équipement technique. Elle doit renforcer la continuité des communications, soutenir les opérateurs de télécommunications et accompagner l’essor des usages numériques dans les zones traversées.
Dans un pays vaste comme le Niger, l’extension des infrastructures de fibre optique représente un enjeu majeur. Car, elle contribuera à réduire les disparités d’accès à Internet, à améliorer les services administratifs et à favoriser l’émergence de nouvelles activités liées au numérique.
La liaison inaugurée à Assamaka s’inscrit dans un projet régional plus large. La dorsale transsaharienne associe six pays : l’Algérie, le Mali, le Niger, la Mauritanie, le Nigeria et le Tchad. Elle vise à créer des connexions plus solides entre l’Afrique du Nord et plusieurs États d’Afrique subsaharienne.
Cette interconnexion doit également renforcer la circulation des données à l’échelle régionale. Elle peut faciliter les échanges entre les administrations, les entreprises, les établissements d’enseignement et les acteurs des télécommunications.
Le Niger avait déjà achevé plusieurs tronçons de son réseau national et transfrontalier de fibre optique, notamment sur l’axe Arlit-Assamaka-frontière algérienne. Ce maillage constitue une base essentielle pour élargir l’accès au haut débit et soutenir la transformation numérique du pays.
La mise en exploitation de cette liaison illustre la volonté de Niamey et d’Alger de consolider leur partenariat autour d’infrastructures d’avenir. Elle ouvre également des perspectives pour de nouveaux projets dans les télécommunications et les services numériques.
À Assamaka, les deux pays ont ainsi officialisé la mise en service d’un équipement appelé à jouer un rôle central dans leur connectivité. Le corridor numérique transsaharien pourrait désormais servir de levier au développement économique, à l’intégration régionale et à la modernisation des échanges.
Le Fonds d’entretien routier du Niger (FER-Niger) a franchi une nouvelle étape dans la modernisation de ses installations. Son directeur général, le colonel Issa Moussa Ikizi, a procédé, ce mardi 6 octobre 2026, à la mise en service d’un poste de péage semi-moderne à Bangoula, sur l’axe reliant Niamey à Tillabéri.
Cette infrastructure inaugure une nouvelle génération de postes destinés à améliorer la collecte des recettes et les conditions de travail des agents. Le dispositif comprend notamment une barrière automatisée, un système de vidéosurveillance et une caisse enregistreuse. Il fonctionne entièrement grâce à l’énergie solaire, ce qui réduit sa dépendance aux réseaux conventionnels d’électricité.
Le poste dispose également d’un espace de repos réservé au personnel. Cette installation doit contribuer à améliorer la continuité du service et à offrir un environnement de travail plus adapté aux agents chargés des opérations de péage.
Avant de se rendre à Bangoula, le directeur général du FER-Niger a visité le poste de Sorey. Cette étape lui a permis d’évaluer l’état d’avancement des travaux engagés sur ce site, appelé à jouer un rôle pilote dans le programme de modernisation. Les responsables de l’établissement veulent ainsi inscrire la transformation des postes de péage dans une démarche progressive. L’objectif consiste à renforcer la surveillance des opérations, à limiter les risques de perte de recettes et à améliorer la qualité du service fourni aux usagers de la route.
Les équipements retenus doivent également faciliter le suivi des transactions et renforcer la transparence dans la gestion des fonds destinés à l’entretien du réseau routier.
Lors de la cérémonie, le colonel Issa Moussa Ikizi a salué l’implication du comité de pilotage chargé de conduire le projet. Composé d’agents du FER-Niger, ce groupe a accompagné les différentes étapes de la réalisation sans bénéficier de frais de mission ni de traitements particuliers.
La direction générale a présenté cet engagement comme une contribution directe à la modernisation de l’institution. Pour reconnaître les efforts consentis, elle a remis des témoignages de satisfaction aux membres du comité. Cette distinction vise aussi à valoriser une mobilisation interne qui a permis de faire avancer le chantier dans un contexte où les administrations cherchent à optimiser leurs ressources et à renforcer leur efficacité opérationnelle.
La mise en service de Bangoula constitue la première étape d’un programme de plus grande ampleur. Le FER-Niger prévoit l’installation de 20 postes semi-modernes à travers le pays. L’établissement annonce également la construction de dix postes modernes. Konni et Sorey figurent parmi les sites pilotes de cette seconde phase. Les travaux y seraient désormais presque achevés.
À travers ce programme, le Fonds d’entretien routier entend moderniser ses infrastructures, sécuriser ses recettes et améliorer la gestion des postes répartis sur le territoire national. La transformation engagée à Bangoula doit ainsi servir de modèle pour les prochaines implantations.
Le Nigeria est plongé dans le deuil à la suite du crash d’un avion d’observation et de patrouille maritime de l’armée de l’air nigériane (Nigerian Air Force – NAF). Lundi 5 octobre 2026, l’appareil ATR 42-500MP, immatriculé NAF 931, qui effectuait une liaison logistique de routine entre Benin City (État d’Edo) et Lagos, s’est écrasé dans une zone marécageuse de la commune d’Igbokoda, dans l’État d’Ondo.
Les équipes de contrôle ont brutalement perdu le contact radio et radar avec le cockpit à 09 h 13, heure locale. L’avion a terminé sa course à proximité immédiate de la base navale d’Igbokoda, dans la zone du gouvernement local d’Ilaje, s’enfonçant partiellement dans un bras d’eau et la végétation côtière. Les équipes de secours, composées de militaires, de forces de police, de membres des services d’urgence de l’État d’Ondo (SEMA) et de riverains, ont dû mobiliser des pirogues pour atteindre le point d’impact principal, rendu difficile d’accès par de fortes pluies.
Alors que les autorités civiles estimaient d’abord à 32 le nombre d’occupants, le commandement de l’armée de l’air a rapidement publié un état nominatif officiel et fixé le bilan à 25 morts, dont cinq membres d’équipage et 20 passagers. Le commandement a également indiqué que les secours n’avaient retrouvé aucun survivant.
Parmi les victimes figurent le commandant de bord, le Squadron Leader MI Aburime, deux copilotes, des techniciens, plusieurs officiers et sous-officiers, ainsi que des civils membres de familles de militaires.
Face à l’ampleur de la tragédie, le président de la République fédérale du Nigeria, Bola Ahmed Tinubu, a décrété trois jours de deuil national, avec la mise en berne des drapeaux sur tout le territoire et dans les représentations diplomatiques.
Rendue publique par ses services, la déclaration présidentielle salue la mémoire des disparus : « C’est un moment douloureux pour nos forces armées et pour toute la nation. Nos hommes de l’air risquent leur vie chaque jour pour la sécurité du Nigeria. Leur sacrifice restera à jamais dans les mémoires. »
Le chef de l’État a ordonné à l’armée de l’air d’ouvrir immédiatement une enquête approfondie afin de déterminer les causes exactes du crash. De son côté, le gouverneur de l’État d’Ondo, Lucky Aiyedatiwa, a mobilisé les services de santé et les forces régionales pour prêter assistance au commandement militaire et sécuriser le périmètre de l’accident.
Profil de l’aéronef et enjeux capacitaires
L’aéronef accidenté, un ATR 42-500 spécialement aménagé pour la surveillance maritime et les missions ISR (Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance), constituait un maillon clé de la couverture aérienne au-dessus du golfe de Guinée.
Après l’avoir acheté auprès du constructeur italien Alenia Aeronautica (aujourd’hui Leonardo) et réceptionné en 2010, l’armée de l’air nigériane a engagé cet appareil pendant plus de 16 ans dans des opérations contre l’insurrection dans le Nord-Est et la piraterie dans le Delta du Niger.
L’avion avait également bénéficié d’une révision générale majeure en Allemagne, réalisée par Rheinland Air Service (RAS), avant de reprendre le service actif à la fin de l’année 2024. La perte du NAF 931 ampute de moitié la flotte d’ATR-42 de patrouille maritime de l’armée de l’air, posant de nouveaux défis capacitaires pour le suivi des eaux territoriales nigérianes.
Ce crash s’inscrit dans une série d’accidents ayant frappé l’aviation militaire nigériane au cours des dix dernières années. Entre 2016 et 2026, la NAF a enregistré plusieurs pertes matérielles et humaines lors de missions d’entraînement, de combat ou de liaisons logistiques.
Des drames notables, tels que la collision en vol de deux chasseurs F-7Ni à Abuja en 2018 ou le crash d’un Beechcraft King Air 350 à Kaduna en mai 2021, qui avait coûté la vie au chef d’état-major de l’armée de terre, avaient déjà suscité de vifs débats sur les procédures de sécurité et la gestion du MCO (maintien en condition opérationnelle).
Alors que les recherches des enregistreurs de vol se poursuivent sur le site marécageux d’Igbokoda, les enquêteurs devront établir si les conditions météorologiques dégradées lors de l’impact, une défaillance technique ou une combinaison de facteurs sont à l’origine de ce crash.
Le Niger a ouvert ce lundi 5 octobre 2026 une session extraordinaire de son Conseil consultatif de la Refondation (CCR), consacrée à deux vulnérabilités majeures : la sécurité alimentaire et l’approvisionnement en produits pétroliers. Pendant deux jours, les conseillers doivent examiner la campagne agricole 2026, l’état des réserves céréalières, la disponibilité des intrants et la distribution des hydrocarbures sur le territoire.
La réunion, convoquée par décret du président de la République, général Abdourahamane Tiani, réunit à Niamey , le Premier ministre, des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, des responsables d’institutions, du gouvernement, du corps diplomatique ainsi que des forces de défense et de sécurité.
Dans son discours d’ouverture, le président du CCR, le Dr Mamoudou Harouna Djingarey, a appelé les conseillers à placer l’intérêt national au centre de leurs délibérations. Il est également revenu sur les événements survenus dans la nuit du 28 au 29 août 2026, condamnés par le Conseil, et a demandé aux Nigériens de privilégier la responsabilité, la cohésion et le discernement.
Le président du CCR a ensuite rendu hommage aux forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux personnes ayant perdu la vie dans la lutte contre le terrorisme. Une minute de silence a été observée en leur mémoire, avant un appel lancé aux conseillers : faire preuve d’engagement et de patriotisme dans l’exercice de leur mission consultative.
Ensuite, il est passé à l’examen du premier dossier : la campagne agricole 2026. Les conseillers ont religieusement écouté le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le directeur général de l’Office des produits vivriers du Niger (OPVN) et celui de la Centrale d’approvisionnement en intrants et matériels agricoles (CAIMA). Les échanges ont porté sur les semences, les engrais, les équipements et la capacité des réserves nationales à absorber d’éventuelles tensions sur le marché.
Un point a particulièrement retenu l’attention : le rachat massif de produits vivriers au moment des récoltes par certains commerçants. En stockant les céréales pour les remettre sur le marché lors des périodes de forte demande, ces acteurs peuvent faire monter les prix et fragiliser l’accès des ménages à l’alimentation.
Le paradoxe est connu dans les économies agricoles sahéliennes : les producteurs, pourtant premiers fournisseurs du marché, peuvent se retrouver contraints de racheter leurs propres récoltes quelques mois plus tard à des prix plus élevés. Le CCR examine donc les mécanismes de régulation, de stockage et de commercialisation susceptibles de protéger les paysans tout en maintenant des denrées accessibles.
La seconde partie des travaux s’est concentrée sur les hydrocarbures. Le ministre du Pétrole et le directeur général de la SONIDEP ont présenté la situation de l’approvisionnement, la structure des prix et les défis de distribution des produits pétroliers.
Les conseillers ont également abordé la contrebande et la fraude, favorisées par les écarts de prix entre le Niger et certains pays voisins. Ce phénomène ne se limite pas à une perte de recettes : il affaiblit la disponibilité locale du carburant, fausse la concurrence et complique la gestion d’un secteur stratégique pour les transports, l’agriculture et l’industrie.
La session doit aboutir à des avis et recommandations destinés à renforcer le contrôle du marché, à sécuriser la distribution et à préserver la contribution du secteur pétrolier au développement national.
Après la cérémonie solennelle, les travaux se sont poursuivis en plénière. Les communications des ministères et des entreprises publiques ont permis aux conseillers d’interroger directement les responsables sur les contraintes opérationnelles, les perspectives de production et les mesures envisagées.
Cette méthode d’audition donne à la session une dimension plus technique que protocolaire. Le CCR ne se contente pas d’écouter des discours : il cherche à confronter les priorités politiques aux réalités du terrain, des greniers céréaliers aux stations-service.
Pour Niamey, la session revêt une portée symbolique forte. Elle intervient dans un contexte où le gouvernement place la souveraineté alimentaire et énergétique parmi ses priorités, tout en faisant face à des menaces sécuritaires et à des pressions économiques régionales.
Le président du CCR a conclu son intervention par des prières pour la paix et la protection du Niger, ainsi que pour la stabilité du Burkina Faso et du Mali, ses partenaires au sein de la Confédération des États du Sahel. Les recommandations attendues à l’issue des travaux devront désormais montrer si le Conseil peut transformer ce diagnostic en mesures concrètes pour les producteurs, les consommateurs et les opérateurs économiques.
À Lomé, les douaniers nigériens et togolais travaillent depuis le 28 septembre sur une même question : comment repérer une fraude avant qu’elle ne franchisse la frontière ? Jusqu’au 7 octobre 2026, les deux administrations affinent leurs outils de gestion des risques et renforcent leurs compétences en analyse de données, avec l’appui du Mécanisme de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC (TFAF) et la collaboration de l’Organisation mondiale des douanes (OMD).
La rencontre illustre une coopération Sud-Sud, dans laquelle le Togo partage son expérience opérationnelle avec le Niger, tandis que les deux pays cherchent à moderniser des méthodes de contrôle longtemps fondées sur l’inspection systématique.
Pour la Direction générale des Douanes du Niger, l’enjeu est de faire évoluer son mode de contrôle. Ainsi, l’administration entend abandonner progressivement les vérifications généralisées au profit d’un ciblage fondé sur le renseignement, le profilage des risques et l’exploitation des données disponibles.
Cette bascule répond à une réalité partagée par de nombreuses douanes africaines : les réseaux de fraude s’adaptent vite, utilisent des circuits complexes et exploitent les failles procédurales. En effet, un contrôle aléatoire ou exhaustif mobilise des moyens considérables sans garantir de meilleurs résultats. À l’inverse, une analyse fine des flux permet de concentrer les inspections sur les opérations présentant les signaux les plus préoccupants.
L’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC encourage précisément cette approche. Il vise à accélérer la circulation, la mainlevée et le dédouanement des marchandises, tout en renforçant la coopération entre administrations douanières.
Le Niger a dépêché à Lomé une délégation dirigée par le colonel Rabiou Gouzaye, directeur des Enquêtes douanières, du Renseignement et de l’Analyse des risques (DED/RAR). Ce choix n’a rien d’anodin : la structure qu’il dirige se trouve au cœur de la stratégie nigérienne de lutte contre la fraude et les infractions connexes.
À Lomé, l’équipe nigérienne a échangé avec le Commissariat des Douanes et Droits indirects de l’Office togolais des recettes (OTR). Les discussions ont porté sur les méthodes d’identification des risques, le traitement des alertes, la constitution de profils de fraudeurs ainsi que l’utilisation des données pour orienter les contrôles.
La session se déroule en deux temps. Du 28 septembre au 2 octobre, les cadres des deux administrations ont examiné la finalisation des instruments de gestion des risques. Cette phase visait à donner aux décideurs et aux responsables opérationnels une vision commune des procédures, des indicateurs et des responsabilités.
La seconde phase, en cours jusqu’au 7 octobre, réunit désormais les informaticiens et analystes de données togolais et nigériens. Ce choix traduit une conviction croissante au sein des administrations douanières : la performance ne dépend pas seulement des textes ou des effectifs, mais aussi de la capacité à transformer les données brutes en informations exploitables sur le terrain.
Par ailleurs, le Togo est un partenaire expérimenté dans ce domaine. L’OTR a déjà engagé des travaux pour rationaliser le dédouanement, notamment au port autonome et à l’aéroport international de Lomé, tout en réduisant les inspections physiques grâce à des mécanismes numériques de gestion des risques.
Pour Niamey, l’expérience togolaise offre un modèle directement transposable dans un contexte régional marqué par des flux commerciaux intenses et des défis sécuritaires persistants. En outre, le Niger avait fixé au 31 décembre 2027 l’échéance de mise en œuvre de l’article 7.4 de l’Accord de l’OMC, consacré à la gestion des risques douaniers. Avec cette formation, il sera fin prêt pour l’application de cet accord.
Un enjeu de recettes et de confiance
De plus, la formation engage des intérêts économiques majeurs. Un contrôle mieux ciblé peut réduire les délais et les coûts pour les opérateurs économiques, tout en préservant les recettes publiques et en renforçant la détection des fraudes.
Pour le Niger comme pour le Togo, la réussite se mesurera après la clôture de la session : outils réellement déployés, données régulièrement exploitées et agents capables d’anticiper les schémas de fraude. À Lomé, les deux administrations posent les fondations d’une coopération qui pourrait devenir un exemple régional de modernisation douanière portée par les Africains eux-mêmes.