Helene Sourou, Author at Journal du Niger

Niger : Jusqu’à 10 ans de prison pour LGBTQIA+ dans le nouveau Code pénal

Le Niger franchit une nouvelle étape dans la refonte de son arsenal juridique. Réunis le 11 juin, les membres du Conseil consultatif de la Refondation (CCR) ont adopté un nouveau Code pénal qui introduit plusieurs dispositions répressives, notamment à l’encontre des actes qualifiés d’impudiques ou contre nature. Le texte prévoit des peines d’emprisonnement pouvant aller de cinq à moins de dix ans ainsi que des amendes susceptibles d’atteindre 100 millions de francs CFA.

Cette réforme s’inscrit dans un vaste processus de révision du cadre législatif engagé par les autorités nigériennes dans le cadre de la refondation institutionnelle du pays.

Un durcissement des dispositions pénales

Le nouveau Code pénal renforce les sanctions applicables aux personnes reconnues coupables d’actes considérés comme contraires aux bonnes mœurs ou relevant de comportements qualifiés « d’impudiques ou contre nature ». Les peines prévues s’échelonnent entre cinq et moins de dix années de prison, assorties d’amendes pouvant atteindre 100 millions de francs CFA.

Ces dispositions concernent notamment les actes associés aux personnes LGBTQIA+, une orientation qui marque une évolution notable dans le dispositif répressif nigérien. Les autorités présentent cette réforme comme une mesure destinée à préserver les valeurs sociétales et culturelles du pays.

Une réforme inscrite dans la dynamique de la refondation

L’adoption de ce texte intervient dans un contexte plus large de restructuration des institutions et de modernisation du corpus juridique national. Depuis leur arrivée au pouvoir, les autorités de transition ont engagé plusieurs réformes touchant aussi bien à l’organisation administrative qu’au système judiciaire.

Le nouveau Code pénal vise ainsi à actualiser certaines dispositions héritées des précédentes législations et à adapter les sanctions aux nouvelles orientations définies dans le cadre du processus de refondation.

Un texte susceptible d’alimenter les débats

Cette réforme pourrait susciter des réactions parmi les organisations de défense des droits humains, qui la qualifient de restrictive. Cependant, une partie de la population se déclare satisfaite de cette décision et félicite les dirigeants pour leur initiative. Les questions relatives aux libertés individuelles et aux droits des minorités sexuelles figurent régulièrement parmi les sujets sensibles dans plusieurs pays africains, où elles se heurtent souvent aux considérations culturelles, religieuses et sociétales.

Avec l’adoption de ce nouveau Code pénal, le Niger ajoute ainsi un nouveau chapitre à son chantier de réformes institutionnelles, dans un contexte marqué par la volonté des autorités de redéfinir les fondements juridiques et politiques de l’État.

Niger : Le président Tiani dissout 9 organismes d’État par décret

Le Niger poursuit son chantier de réforme de l’appareil d’État. Dans le cadre d’une politique de rationalisation des dépenses publiques et de réorganisation des services administratifs, les autorités ont décidé de dissoudre plusieurs organismes placés sous la tutelle de la Présidence de la République, du Cabinet du Premier ministre et du Secrétariat général du Gouvernement.

La mesure a été entérinée par le décret nᵒ 2026-310/PRN/PM du 8 juin 2026, signé par le président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani. Elle s’inscrit dans une volonté affichée de réduire les charges de fonctionnement de l’État tout en réaffectant les compétences des structures supprimées aux administrations sectorielles compétentes.

Neuf organismes concernés par la réforme

La réorganisation concerne le Centre national d’études stratégiques et de sécurité (CNESS), le Fonds d’investissement pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (FISAN), l’Agence de modernisation des villes du Niger (AMV-Niger), la Haute Autorité du Waqf, l’Inspection générale de la gouvernance administrative (IGGA), le Haut-Commissariat à la modernisation de l’État (HCME), l’Autorité de régulation du secteur de l’eau (ARSEau), l’Autorité de régulation du secteur des transports (ARST) ainsi que la Haute Autorité de protection des données à caractère personnel (HAPDP).

Si ces entités cessent d’exister sous leur forme actuelle, leurs missions ne disparaissent pas pour autant. Les autorités ont opté pour un transfert de compétences vers les ministères concernés afin d’assurer la continuité des services. Ainsi, les prérogatives de régulation du secteur des transports seront désormais exercées par le ministère des Transports et de l’Aviation civile, tandis que les questions relatives à la protection des données personnelles relèveront des ministères de la Justice et de l’Intérieur.

Redéploiement du personnel et réaffectation des biens

Le décret prévoit également des mesures d’accompagnement. Les autorités réintégreront les fonctionnaires détachés ou mis à disposition au sein des organismes supprimés dans leurs administrations d’origine. Quant aux agents auxiliaires, elles mettront fin à leurs contrats conformément aux dispositions en vigueur du Code du travail.

Par ailleurs, les autorités mettent un terme aux fonctions des présidents, directeurs généraux, membres des conseils d’administration et autres responsables des structures concernées dès l’entrée en vigueur du décret.

S’agissant du patrimoine de ces organismes, les autorités transféreront l’ensemble des biens mobiliers et immobiliers au ministère de l’Économie et des Finances. Ce dernier se chargera ensuite de les réaffecter aux administrations appelées à reprendre les missions précédemment assurées par les structures supprimées.

Une nouvelle étape dans la restructuration de l’État

Cette réforme traduit aussi la volonté des autorités nigériennes d’engager une refonte plus large de l’organisation administrative du pays. En recentrant certaines compétences au sein des ministères sectoriels, le gouvernement entend améliorer l’efficacité de l’action publique, éviter les chevauchements institutionnels et optimiser l’utilisation des ressources de l’État.

Cette réorganisation marque ainsi une nouvelle étape dans la stratégie de modernisation de l’administration engagée par les autorités de transition, dans un contexte où la maîtrise des dépenses publiques et la recherche d’une plus grande efficacité institutionnelle figurent parmi les priorités affichées.

Niger : Déchéance de nationalité pour l’opposante Mayra

Une nouvelle étape vient d’être franchie dans le bras de fer opposant les autorités nigériennes à certaines figures de l’opposition en exil. Le chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a signé un décret portant déchéance provisoire de la nationalité nigérienne de Mariama Djibrine, plus connue sous le nom de Mayra, selon un communiqué officiel rendu public jeudi.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par le durcissement du cadre juridique visant les personnes accusées de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État. Elle s’appuie notamment sur une ordonnance adoptée en 2024, qui prévoit des mesures de retrait de nationalité à l’encontre des individus ou entités considérés comme impliqués dans des activités jugées contraires à la sécurité nationale.

Une figure de l’opposition installée à l’étranger

Mariama Djibrine fait partie des personnalités nigériennes ayant quitté le pays après les bouleversements politiques survenus ces dernières années. Elle préside l’Alliance des démocrates du Sahel (ADS), une plateforme regroupant des responsables politiques et des acteurs de la société civile originaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger vivant en exil.

Cette organisation milite notamment pour un retour à l’ordre constitutionnel dans les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et plaide en faveur du rétablissement de gouvernements civils. Ses prises de position critiques vis-à-vis des autorités de transition lui ont valu une attention particulière de la part des pouvoirs en place.

Des accusations liées à la sûreté de l’État

Selon les autorités nigériennes, Mariama Djibrine fait l’objet de poursuites pour plusieurs chefs d’accusation, parmi lesquels la diffusion de données susceptibles de troubler l’ordre public, l’incitation à la révolte ainsi que l’intelligence avec une puissance étrangère.

Au moment de l’annonce du décret, Mariama Djibrine n’avait encore fait aucune déclaration officielle sur cette décision. Toutefois, cette décision intervient dans un climat de tensions persistantes entre les autorités militaires et les mouvements d’opposition opérant depuis l’étranger.

Une mesure aux implications politiques et juridiques

Au-delà du cas de Mariama Djibrine, cette décision illustre la volonté affichée des autorités nigériennes de recourir aux instruments juridiques instaurés depuis 2024 pour lutter contre ce qu’elles qualifient de menaces à la stabilité et à la souveraineté du pays.

La procédure de déchéance provisoire ouvre désormais une nouvelle séquence dont les conséquences pourraient dépasser le seul cadre individuel. Elle intervient alors que le Niger poursuit sa reconfiguration institutionnelle et diplomatique dans un contexte régional marqué par des recompositions politiques majeures et des débats récurrents sur les libertés publiques, la sécurité nationale et le rôle des oppositions en exil.

Coopération Niger – Türkiye : Salifou Mody reçoit l’ambassadeur

Les relations entre le Niger et la Türkiye poursuivent leur dynamique de renforcement. Le ministre d’État, ministre de la Défense nationale, le général d’armée Salifou Mody, a reçu en audience, ce jeudi à Niamey, le nouvel ambassadeur de la République de Türkiye au Niger, Son Excellence Özgür Arslan.

Cette rencontre intervient un mois après la présentation des copies figurées du diplomate turc aux autorités nigériennes. Elle s’inscrit dans le cadre des consultations régulières entre les deux pays, engagés depuis plusieurs années dans un partenariat marqué par une coopération croissante dans plusieurs secteurs stratégiques.

Ministère de la Défense Nationale
© Ministère de la Défense Nationale

La défense, un axe majeur du partenariat bilatéral

Au cours des échanges, les deux personnalités ont passé en revue les perspectives de coopération entre Niamey et Ankara, avec un accent particulier sur le domaine de la défense. Ce secteur occupe une place importante dans les relations bilatérales et fait l’objet d’échanges diversifiés entre les deux États.

L’audience a ainsi permis de réaffirmer la volonté commune des autorités nigériennes et turques de consolider davantage leur partenariat, dans un contexte régional où les questions de sécurité demeurent au centre des préoccupations.

Ministère de la Défense Nationale
© Ministère de la Défense Nationale

Des relations en constante consolidation

Par ailleurs, cette visite traduit également l’intérêt porté par les deux pays au développement de leurs relations diplomatiques et institutionnelles. L’arrivée du nouvel ambassadeur turc ouvre aussi une nouvelle phase dans la coopération entre Niamey et Ankara, avec la perspective d’un approfondissement des échanges dans les domaines d’intérêt commun.

Cette audience confirme ainsi la place qu’occupe la Türkiye parmi les partenaires du Niger et témoigne de la volonté des deux capitales de maintenir un dialogue régulier au service du renforcement de leurs liens de coopération.

Niger : Le projet WURI relancé avec la Banque mondiale

Niamey a accueilli, le mercredi 10 juin 2026, une importante réunion de travail consacrée à la relance des activités du projet WURI-Niger restructuré. Organisée en présence des représentants du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, du ministère des Finances ainsi que d’une mission de la Banque mondiale en séjour au Niger, cette rencontre marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre du programme d’identification unique en Afrique de l’Ouest pour l’intégration et l’inclusion régionale.

Placée sous la conduite des secrétaires généraux des deux ministères concernés, la cérémonie officielle de lancement a permis de réaffirmer l’engagement des différentes parties à accélérer l’exécution de ce projet stratégique, considéré comme un levier essentiel pour la modernisation de l’état civil et le renforcement de l’inclusion administrative.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur

Une mobilisation des acteurs autour du projet restructuré

Dans l’après-midi, une session de briefing a été organisée autour du secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, le général de police Ayouba Abdourahmane. Cette rencontre a réuni l’ensemble des structures impliquées dans la mise en œuvre du projet.

Les échanges ont notamment permis de présenter la vision globale du projet restructuré et de préciser les responsabilités des différentes institutions concernées. La Direction générale de l’État civil, l’Agence nigérienne de la société de l’information (ANSI), l’Agence nigérienne de certification électronique (ANCE), l’Agence nationale d’enregistrement et d’identification des personnes physiques (ANEI) ainsi que la Haute Autorité de protection des données à caractère personnel (HAPDP) figurent parmi les principaux acteurs appelés à contribuer à la réussite du programme.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur

Un horizon fixé à juillet 2027

Cette mission de supervision conduite par la Banque mondiale a également permis d’examiner et d’améliorer le document relatif au cadre juridique et institutionnel du projet. Les différentes parties se sont, par ailleurs, accordées sur une extension de sa mise en œuvre jusqu’en juillet 2027 afin de garantir l’atteinte des objectifs fixés.

À travers cette prorogation, les autorités nigériennes et leurs partenaires entendent renforcer les opérations d’identification des populations en favorisant l’enregistrement du plus grand nombre de citoyens dans les registres d’état civil. Un enjeu majeur pour l’accès aux services publics, l’inclusion sociale et le développement des politiques publiques fondées sur des données fiables.

La relance du projet WURI-Niger intervient ainsi dans un contexte où la maîtrise de l’identité juridique des personnes constitue un outil stratégique pour la gouvernance, la planification du développement et l’intégration régionale au sein de l’espace ouest-africain.

Niamey : les collectivités territoriales de l’AES se dotent d’une instance fédératrice

Pour la première fois, les élus et responsables territoriaux des trois pays de la Confédération se réunissent pour jeter les bases d’une coordination commune au service des populations.

Niamey revêt, ce jeudi, un caractère historique pour l’espace confédéral. En effet, la capitale du Niger accueille l’assemblée générale constitutive de l’Union des Collectivités Territoriales de l’Alliance des États du Sahel (AES), une initiative inédite visant à doter les territoires des trois pays — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — d’un mécanisme commun de concertation et d’action au service de leurs populations.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur

Une faîtière pour coordonner l’action territoriale

C’est le Général de Division Mohamed Toumba, ministre d’État chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, qui a présidé la cérémonie d’ouverture. Dans son allocution, il a rappelé que cette rencontre s’inscrit dans le prolongement direct de la vision commune des trois chefs d’État, déterminés à insuffler une nouvelle dynamique de développement à l’échelle des territoires, au plus près des réalités vécues par les populations.

Agenda de la rencontre :

  • Création officielle de l’Union des Collectivités Territoriales de l’AES ;
  • Mise en place des organes dirigeants de la nouvelle instance ;
  • Définition des perspectives stratégiques de la faîtière ;
  • Harmonisation des politiques territoriales au sein de l’espace confédéral ;
  • Coordination des actions en faveur des populations.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur

Ainsi, la création de cette faîtière répond à un double impératif. D’une part, combler le vide institutionnel qui existait entre les États membres au niveau infranational, où les collectivités agissaient jusqu’ici sans cadre de coordination transfrontalier. D’autre part, ancrer concrètement le projet confédéral dans le quotidien des communautés, en faisant des élus et responsables territoriaux des relais actifs de la politique d’intégration.

« Aujourd’hui, l’AES est une réalité incontournable. Il est plus que nécessaire que les institutions, au sein de notre espace, s’approprient cette réalité et mettent le cap à l’endroit pour une synergie d’actions et un renforcement de la coopération. » —Général de Division Mohamed Toumba. Ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire du Niger

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur

Un nouveau pas dans la consolidation de l’AES

Par ailleurs, cette assemblée constitutive illustre la montée en puissance institutionnelle de la Confédération des États du Sahel, qui cherche à transformer une alliance née dans les turbulences diplomatiques de 2023 en un édifice d’intégration durable. En effet, la mise en place d’une instance dédiée aux collectivités territoriales constitue un maillon essentiel dans cet effort de construction : celui qui relie les décisions prises au sommet aux réalités vécues dans les communes, les cercles et les départements des trois nations.

Par ailleurs, les travaux, qui se poursuivent dans la journée, devraient aboutir à l’adoption des textes fondateurs de l’Union ainsi qu’à la désignation de ses premiers responsables. Les résultats de cette assemblée seront suivis de près par les partenaires institutionnels et les observateurs régionaux, attentifs à la capacité de l’AES à traduire ses ambitions politiques en structures opérationnelles pérennes.

Protection de l’enfance : Alliance entre le MRPVS et l’ONG EDUCO

Le ministre Ali Ben Salah Hamouda a reçu une délégation de l’organisation internationale EDUCO, ouvrant ainsi la voie à une coopération structurée autour des valeurs citoyennes et de la protection des enfants en situation de crise.

Dans le cadre du renforcement des partenariats institutionnels, le ministre de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales (MRPVS), Ali Ben Salah Hamouda, a reçu en audience, ce jeudi 11 juin 2026, une délégation de l’ONG internationale EDUCO. Cette rencontre visait à présenter les domaines d’intervention de l’organisation et à explorer les perspectives d’une collaboration formalisée avec le ministère.

Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales
© Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales

L’enfance et la cohésion sociale au cœur des priorités

Au cours de cette séance de travail, les deux parties ont passé au crible les urgences structurelles du moment. En effet, les échanges ont principalement mis en lumière les dispositifs de protection de l’enfance, l’accès à une éducation de qualité ainsi que les mécanismes de promotion de la cohésion sociale. Une attention toute particulière a, par ailleurs, été accordée à la situation des mineurs vulnérables :

  • Soutien d’urgence : le déploiement d’actions ciblées en faveur des enfants directement touchés par les crises humanitaires et sécuritaires.
  • Dynamique communautaire : le renforcement du rôle des familles et des leaders locaux dans la transmission des valeurs civiques et de la culture de la paix.

Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales
© Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales

Ancrage communautaire et cohésion sociale face aux défis régionaux

Par ailleurs, les échanges ont permis de dresser un panorama des interventions d’EDUCO sur le terrain, notamment en faveur des enfants affectés par les crises et dans le soutien aux mécanismes communautaires de transmission des valeurs. La délégation a mis en avant l’ancrage local de ses programmes, qui associent étroitement les familles et les structures communautaires à chaque étape de leur mise en œuvre.

De plus, le volet relatif au renforcement de la cohésion sociale et à la promotion du vivre-ensemble a particulièrement retenu l’attention des deux parties. Dans un contexte régional marqué par des fragilités persistantes, ces axes constituent des priorités stratégiques pour le ministère, qui cherche à mobiliser l’ensemble des acteurs de la société civile autour d’objectifs partagés.

« La contribution d’EDUCO dans ces domaines prioritaires est précieuse. Le MRPVS réaffirme son engagement à travailler avec les partenaires qui œuvrent pour le bien-être des enfants, la cohésion sociale et la préservation des valeurs qui fondent notre société. »  Ali Ben Salah Hamouda — Ministre de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales

Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales
© Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales

Vers un cadre de partenariat opérationnel et durable

Cette audience marque une étape significative dans l’ouverture du MRPVS aux organisations de la société civile internationale. Elle illustre la volonté du ministère de conjuguer l’action publique avec les ressources opérationnelles et l’expertise de terrain que peuvent apporter des structures spécialisées comme EDUCO, dont les programmes s’articulent autour de l’éducation inclusive et de la protection intégrale de l’enfant.

Les deux parties ont, en outre, convenu de poursuivre les discussions en vue de définir un cadre de partenariat opérationnel, dont les contours précis feront l’objet de concertations techniques dans les prochaines semaines.

Finalement , cette rencontre  pose les fondations d’un cadre d’action conjoint où l’expertise technique d’EDUCO viendra appuyer les programmes de sensibilisation civique et de protection sociale portés par le gouvernement.

Niger : Contrôles stricts sur le prix du gaz domestique à Arlit

À Arlit, l’État siffle la fin de la récréation pour les spéculateurs de l’or bleu. Face à l’envolée illégale des tarifs du gaz butane, le Préfet du département, le Lieutenant-colonel Almoustapha Ousmane, a réuni d’urgence mercredi 10 juin 2026 l’ensemble des acteurs de la filière. Une démarche de fermeté visant à ramener l’ordre dans un secteur devenu critique pour le quotidien des populations de la région d’Agadez.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Tolérance zéro face au dépassement des prix plafonds

Cette table ronde, qui a rassemblé fournisseurs, revendeurs, forces de sécurité et représentants de la société civile, a d’abord servi de tribune pour dénoncer des pratiques commerciales abusives. En effet, les autorités ont pointé du doigt la vente de recharges à des prix déconnectés de la réalité réglementaire. Pour couper court à toute dérive, le Préfet a solennellement rappelé la grille tarifaire nationale inviolable :

  • Bouteille de 12 kg : 3 750 FCFA
  • Bouteille de 6 kg : 1 800 FCFA
  • Bouteille de 3 kg : 900 FCFA

Par ailleurs, l’administration préfectorale s’est montrée catégorique : tout constat de surfacturation ou de rétention de stocks pour faire monter les enchères entraînera désormais des sanctions immédiates et sévères contre les contrevenants.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

La police et la Gendarmerie mobilisées sur le terrain

Pour transformer ces directives en actes concrets, les Forces de défense et de sécurité (FDS) se voient confier un rôle de premier plan. En effet, la police et la Gendarmerie ont reçu des ordres explicites pour intensifier les contrôles inopinés sur les points de vente et les axes de distribution.

Leur mission ne se limitera pas à la vérification des étiquettes. Les agents veilleront également au respect strict des normes de sécurité liées au stockage du gaz, une problématique majeure pour prévenir les risques d’incendie dans la commune. En amont, les autorités municipales devront aussi poursuivre la structuration et l’assainissement du réseau des revendeurs locaux.

Préserver le pouvoir d’achat dans un hub stratégique

Derrière cette offensive réglementaire se joue un arbitrage économique crucial. Dans une ville industrielle et carrefour comme Arlit, le gaz domestique dépasse le simple cadre de la cuisine familiale ; il constitue le moteur de nombreuses micro-activités économiques et artisanales. En garantissant un approvisionnement transparent, fluide et surtout conforme aux prix légaux, les autorités cherchent à sanctuariser le pouvoir d’achat des ménages face aux velléités de marges abusives.

Surpopulation à la prison d’Agadez : Le constat d’Alio Daouda

En visite à la maison d’arrêt d’Agadez ce jeudi 11 juin 2026, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, a dressé un constat sans détour : l’établissement souffre d’une surpopulation aiguë et de plusieurs déficits structurels qui mettent à mal la sécurité et la dignité des détenus.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Plus de 220 % de surpopulation et des failles sécuritaires majeures

Accueilli par un détachement de la Garde Nationale et accompagné du gouverneur de la région, le ministre a parcouru les installations et assisté à une présentation du dispositif pénitentiaire local. La maison d’arrêt, prévue pour 300 places, accueille aujourd’hui 670 détenus — soit plus de 223 % de sa capacité — répartis entre quatre quartiers : mineurs, femmes et filles, vieillards et fonctionnaires, et le quartier principal des adultes de 18 à 55 ans. Les responsables ont également indiqué la présence de 65 détenus étrangers (Soudanais, Tchadiens, Nigérians, Maliens) et de 24 personnes mises en cause pour des faits liés au terrorisme.

Le régisseur, le capitaine Mounkailla Soumana, a détaillé un tableau préoccupant : dortoirs surchargés (45 détenus en moyenne pour une capacité de 25), insuffisance de toilettes et de fosses septiques, approvisionnement en eau potable déficient, coupures d’électricité liées à des travaux sur la ligne militaire sécurisée, et absence de mur de clôture exposant l’établissement aux risques d’agression et d’évasion. Il a également demandé la construction de deux miradors pour renforcer la surveillance des quartiers sensibles, notamment ceux abritant les mineurs et les fonctionnaires.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

La réinsertion par l’effort : le virage des fermes pénitentiaires

S’exprimant devant des détenues lors d’un échange dans leur quartier, M. Alio Daouda a salué les initiatives locales en matière de production agricole et de réinsertion. Il a rappelé que le développement des fermes pénitentiaires s’inscrit désormais dans une orientation nationale destinée à transformer les prisons en centres productifs : « La nouvelle politique pénitentiaire vise à faire de nos établissements de véritables centres de production agricole, artisanale et commerciale. Cela contribuera à l’entretien des détenus et à leur réinsertion sociale et économique après la libération. »

Le ministre a insisté sur la nécessité d’assurer l’autonomie des projets soutenus par des partenaires extérieurs. « Les appuis extérieurs doivent servir de levier pour des initiatives durables portées par l’administration pénitentiaire elle‑même », a‑t‑il déclaré, appelant au développement d’activités génératrices de revenus pour pérenniser ateliers et infrastructures.

Gouvernorat d'Agadez
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Des réponses d’urgence pour adapter un héritage colonial

Sur les points urgents remontés par l’administration pénitentiaire, M. Alio Daouda a promis un examen programmatique prenant en compte les ressources et priorités nationales. Il a souligné que certaines préoccupations — absence de mur de clôture, problèmes d’approvisionnement en eau et manque d’infrastructures administratives — seront traitées en priorité. Il a aussi demandé le renforcement de la séparation entre catégories de détenus, en particulier entre femmes et mineurs, pour prévenir violences et mauvaises influences.

Par ailleurs, le régisseur a rappelé l’ancienneté de la maison d’arrêt, construite dans les années 1940 à partir d’une ancienne écurie coloniale et plusieurs fois rénovée, ce qui explique en partie les limites actuelles des infrastructures. Il a également appelé les autorités à des interventions structurelles afin d’adapter l’établissement à des réalités démographiques et sécuritaires transformées.

La visite officielle s’est clôturée par une marque de courtoisie : le ministre et sa délégation ont rendu visite au Sultan de l’Aïr, Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou, témoignant de l’importance accordée par l’État aux relations locales dans le cadre des politiques pénitentiaires.

Niger : Un réseau de cyberescroquerie démantelé à Madarounfa

Un enseignant d’école primaire le jour, un cyberescroc usurpant l’identité d’un haut gradé de l’armée la nuit. La Gendarmerie nationale du Niger a mis fin, le 2 juin 2026, aux activités d’un réseau de criminalité électronique aux ramifications internationales. En effet, le cerveau de la bande, un instituteur opérant sous le faux profil de l’« Adjudant Laouali », dépouillait des citoyens sur l’ensemble du territoire national depuis le département de Madarounfa.

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De Dosso à Madarounfa, une traque méthodique

L’affaire a débuté à Dosso, où la brigade des recherches locale enquêtait sur une série de plaintes pour escroquerie. En fait, le suspect ciblait ses victimes en se faisant passer pour un membre des Forces de défense et de sécurité (FDS). En traçant les flux financiers d’un compte de transfert d’argent AMANA, les enquêteurs ont localisé le propriétaire initial de la ligne à Gabi, transmettant immédiatement le relais à la brigade territoriale de Madarounfa.

Sur place, les limiers découvrent d’abord que le numéro est enregistré au nom d’un enseignant. Les vérifications approfondies le mettent hors de cause : l’homme est totalement étranger à la fraude. En remontant minutieusement la piste jusqu’aux points de retrait physiques des fonds, la gendarmerie identifie enfin le véritable utilisateur du compte. L’« adjudant Laouali » n’est autre qu’un instituteur exerçant à l’école primaire de Guidan Basso, dans la commune rurale de Dan Issa. Interpellé par surprise dans les bureaux de sa hiérarchie, le suspect a rapidement reconnu les faits avant de dénoncer ses partenaires.

Le coup de filet de Firji : 137 cartes SIM saisies

Loin d’agir seul, l’enseignant s’appuyait sur une base arrière transfrontalière. Ses révélations ont aussi permis aux gendarmes de mener un raid rapide à Firji, une localité située sur la frontière, menant à l’arrestation de deux complices de nationalité nigériane.

La perquisition a mis en lumière l’ampleur de la logistique du réseau. Les forces de l’ordre ont saisi un impressionnant lot de matériel de télécommunication :

  • 137 cartes SIM prêtes à l’emploi.
  • Un accès à l’ensemble des réseaux de la sous-région (Airtel, Moov, Sahelcom, Zamani, GLO, MTN).

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Un mode opératoire basé sur la détresse et l’autorité

L’organisation criminelle exploitait une méthode d’ingénierie sociale particulièrement bien rodée. Le suspect principal avait d’abord récupéré la carte d’identité égarée d’un de ses collègues au niveau d’un guichet automatique bancaire à Maradi pour ouvrir un compte mobile de manière anonyme.

Ensuite, l’équipe contactait des numéros de téléphone au hasard. En s’appuyant sur l’autorité naturelle qu’inspire le statut de militaire en mission, l’escroc simulait une détresse familiale urgente et imprévue. Subissant la pression psychologique, les victimes transféraient l’argent demandé sur le compte frauduleux.

Finalement, ce succès policier, fruit d’une coordination exemplaire entre les unités de Dosso et de Madarounfa, neutralise un réseau d’envergure nationale et rappelle la nécessité absolue de sécuriser ses documents d’identité face aux nouvelles menaces numériques.