Helene Sourou, Author at Journal du Niger

SAMAO 2026 : Niger promeut son rôle pétrolier au Sahel

Le ministre Hamadou Tini et une délégation d’experts ont défendu la place de Niamey dans l’approvisionnement énergétique des pays sahéliens sans accès à la mer.

 

OUAGADOUGOU, 19 septembre 2026 — Le Niger a profité de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest pour promouvoir son rôle dans l’approvisionnement pétrolier de l’espace sahélien. En effet, le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, a participé, du 14 au 19 septembre, à la 8ᵉ édition de la SAMAO, organisée dans la capitale burkinabè.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole

Un rendez-vous minier doublé d’un lancement régional

L’événement accueillait cette année la 1ʳᵉ édition de la SEMH-AES. Ce nouveau rendez-vous, propre à l’Alliance des États du Sahel, s’est tenu en parallèle du forum ouest-africain et a donné une dimension confédérale à la semaine.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole
Des signatures pour structurer la SEMH-AES

Ainsi , les ministres présents ont parcouru les stands des exposants, puis signé des documents-cadres. Le premier fixe l’identité visuelle de la SEMH-AES; le second lance un concours d’innovation destiné à la jeunesse sahélienne. Par ailleurs, ces textes donnent à la manifestation ses premiers repères durables et offrent aux jeunes un espace pour proposer leurs idées.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole
Les experts nigériens au cœur des débats

La délégation technique du ministère nigérien du Pétrole a animé plusieurs conférences sur les défis du secteur des hydrocarbures. L’une d’elles portait sur la sécurisation de l’approvisionnement des pays enclavés. Les intervenants y ont examiné trois leviers : les corridors de transport, les accords-cadres préférentiels entre États et le rôle que Niamey peut jouer en tant que centre pétrolier de l’AES.

Ainsi, les accords signés à Ouagadougou ouvrent une nouvelle étape de coopération régionale; il reste désormais à transformer ces intentions en projets concrets et durables pour garantir, à moyen terme, une sécurité d’approvisionnement réelle au bénéfice des populations sahéliennes.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole

Niamey : 134 familles déguerpies de l’aéroport relogées à Sorey

Le relogement des habitants délogés par l’aménagement de l’aéroport a franchi une étape décisive ce samedi matin à la Cité de la Refondation, à Sorey.

 

NIAMEY, 19 septembre 2026 —Les autorités nigériennes ont remis samedi les clés de 134 logements aux familles déguerpies de la zone aéroportuaire de la capitale. La cérémonie s’est déroulée à la Cité de la Refondation, à Sorey.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

Dix bénéficiaires pour représenter les 134 familles

Des membres du gouvernement, des responsables administratifs, des chefs coutumiers et des dignitaires religieux ont assisté à l’événement. Les organisateurs ont appelé dix bénéficiaires à l’avant pour incarner l’ensemble des familles. Chacun d’eux a reçu sa clé des mains des officiels. Chacune des 134 familles se voit attribuer un logement dans la cité.

Une promesse pour toutes les familles retenues

Les responsables ont profité de la tribune pour lancer un engagement : toutes les familles touchées par le déguerpissement et retenues dans le programme obtiendront leur habitation. L’opération se poursuit donc au-delà de cette première remise.

L’Administratrice déléguée de la commune rurale de Liboré a remercié les autorités d’avoir mené le relogement à son terme. Elle a insisté sur ce que représentent ces maisons pour leurs occupants : un nouveau cadre de vie après le départ forcé de leur ancien quartier.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

La sécurité et l’intérêt général invoqués

Les intervenants ont rappelé les raisons de l’opération. Selon eux, le réaménagement de la zone aéroportuaire répond à des exigences de sécurité et à l’intérêt général. Ils l’ont replacé dans le cadre plus large de l’expansion urbaine de Niamey et de la modernisation de ses infrastructures.

Une visite des lieux pour clore la matinée

La remise des clés terminée, officiels, bénéficiaires et invités ont parcouru les logements. Ils ont pu observer les habitations attribuées aux familles ainsi que les aménagements de la cité.
Pour les 134 familles, l’installation dans ces logements ouvre un nouveau chapitre après le déguerpissement.

Niger : Le SAIIT 2026 à Niamey pour booster l’innovation locale

Le Niger accueillera, du 5 au 7 octobre 2026, la 10ᵉ édition du Salon africain de l’invention et de l’entreprise innovante (SAIIT). Les préparatifs de cette rencontre, prévue au Centre international Mahatma-Gandhi de Niamey, ont été lancés lors d’une conférence de presse réunissant des responsables gouvernementaux, des représentants de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), des chercheurs et des acteurs du secteur privé.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie
Un salon placé sous le signe de la souveraineté

Le ministre  du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a présenté les grandes orientations de cette édition en sa qualité d’administrateur du Niger auprès de l’OAPI. À ses côtés figuraient notamment le ministre de l’Enseignement professionnel et de la Formation technique, Farmo Moumouni, ainsi que le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, de l’Innovation et de la Recherche technologique, Moussa Talibi.

Pour les autorités nigériennes, le SAIIT dépasse le cadre d’un simple événement consacré aux inventions. Elles veulent en faire un instrument au service de la souveraineté économique et du développement industriel. Le gouvernement entend ainsi accorder une place centrale à la recherche, à la protection des créations et à la transformation des innovations en activités génératrices d’emplois.

Le salon s’inscrit également dans les priorités affichées par les États membres de la Confédération des États du Sahel (AES), notamment la mutualisation des compétences, la coopération régionale et la recherche d’une plus grande autonomie économique.

Relier l’invention au financement

Abdoulaye Seydou a appelé les acteurs financiers à soutenir davantage les jeunes porteurs de projets. Selon lui, le potentiel créatif de la jeunesse nigérienne et africaine ne pourra produire pleinement ses effets sans un accès accru au financement et à des mécanismes d’accompagnement adaptés.

Le ministre a invité les banques, les investisseurs et les partenaires techniques à dépasser la prudence excessive qui freine souvent le passage de l’idée à l’entreprise. Il a également exhorté les différents participants à s’approprier le programme du salon et à contribuer à sa réussite.

L’OAPI veut rapprocher les créateurs du marché

Le directeur général de l’OAPI, Denis Loukou Bohoussou, a rappelé le rôle historique du Niger dans la création de l’organisation. Il a également salué la capacité du peuple nigérien à maintenir ses activités d’innovation et d’entrepreneuriat malgré les difficultés auxquelles le pays est confronté.

Pour l’OAPI, l’enjeu de cette édition consiste à mieux accompagner les inventeurs après la reconnaissance de leurs créations. L’organisation souhaite favoriser l’émergence d’un environnement dans lequel une invention protégée par la propriété intellectuelle peut bénéficier d’un financement, accéder au marché et contribuer à la création d’emplois.

Cette approche marque une volonté de dépasser la logique des récompenses symboliques. Les promoteurs du SAIIT veulent désormais établir un lien plus direct entre la recherche, la propriété intellectuelle, l’investissement et la production.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie
Chercheurs et entreprises attendus à Niamey

Les représentants des ministères chargés de la formation technique et de l’enseignement supérieur ont, pour leur part, mis en avant les capacités africaines dans les domaines de l’invention et de l’innovation. Ils ont également rappelé les efforts engagés par le Niger pour encourager les solutions technologiques destinées à répondre aux besoins des populations.

Pendant trois jours, le SAIIT réunira des inventeurs, des créateurs, des chercheurs, des entreprises et des investisseurs. Le programme prévoit notamment la mise en valeur des inventions africaines, la présentation de technologies émergentes et la création de contacts entre porteurs de projets, industriels et bailleurs de fonds.

Les médias appelés à accompagner l’événement

Les organisateurs ont demandé aux médias nationaux et internationaux de jouer un rôle actif dans la promotion du salon. Ils estiment que la visibilité accordée aux innovations locales peut favoriser leur adoption, attirer des partenaires et renforcer la confiance des investisseurs.

Le ministère du Commerce et de l’Industrie et l’OAPI invitent également les entreprises, les jeunes créateurs et les partenaires économiques à se mobiliser. À leurs yeux, la 10ᵉ édition du SAIIT doit contribuer à faire de Niamey un espace de rencontres, de formation et de coopération autour de l’innovation africaine.

Niamey : ateliers de l’AES sur le travail et la protection sociale

NIAMEY, 17 septembre 2026 — La construction de l’espace AES entre dans une nouvelle phase avec l’ouverture, à Niamey, de deux ateliers consacrés au travail et à la protection sociale. Du 17 au 24 septembre, des experts du Burkina Faso, du Mali et du Niger travaillent à l’élaboration de règles communes pour encadrer l’embauche des travailleurs migrants. En parallèle, du 17 au 21 septembre, une autre équipe prépare un projet de convention destiné à faciliter la continuité des prestations sociales pour les travailleurs qui passent d’un pays à l’autre.

Derrière ces deux chantiers se trouve une question très concrète : que devient un travailleur lorsqu’il change de pays tout en restant dans le même espace régional ? Les discussions de Niamey cherchent précisément à apporter une réponse commune à cette mobilité croissante.

Transformer la mobilité en droits effectifs

La circulation de la main-d’œuvre entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso ne relève plus seulement des échanges économiques. Elle pose aussi des questions administratives et sociales : conditions d’embauche, accès aux droits, prestations acquises et protection des familles.

L’un des ateliers doit donc aboutir à un guide commun sur les bonnes pratiques en matière de recrutement des travailleurs migrants. Les participants doivent également préparer un guide pratique du travailleur migrant, destiné à mieux informer les personnes qui exercent une activité professionnelle dans un autre pays de l’espace AES. L’objectif consiste à rendre les règles plus lisibles et à limiter les difficultés qu’un travailleur peut rencontrer lorsqu’il franchit une frontière pour chercher un emploi.

Ministère de la Fonction Publique du Travail et de l'Emploi
© Ministère de la Fonction Publique du Travail et de l'Emploi
La portabilité des prestations au cœur des discussions

Le second atelier s’attaque à une question encore plus sensible : la portabilité des prestations sociales. Concrètement, les experts examinent les conditions nécessaires pour permettre à un travailleur de conserver ses droits sociaux lorsqu’il exerce successivement dans plusieurs pays membres. Une telle approche pourrait notamment faciliter la prise en compte des périodes de travail effectuées dans différents systèmes nationaux, sous réserve des mécanismes qui seront retenus dans la future convention.

Cette question dépasse le seul intérêt des salariés. Elle concerne aussi leurs familles et, plus largement, la capacité des États à assurer une protection sociale cohérente dans un espace où les parcours professionnels peuvent devenir plus transfrontaliers.

Une intégration qui se construit aussi par le droit du travail

La cérémonie d’ouverture s’est tenue sous la présidence du secrétaire général du ministère nigérien de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi, représentant la ministre Aïssatou Abdoulaye Tondi.

Les délégations réunissent des responsables des structures nationales chargées de l’AES, des cadres des administrations du travail, des dirigeants d’organismes sous tutelle, ainsi que des représentants d’organisations internationales et des organisations d’employeurs et de travailleurs.

Cette diversité des participants traduit l’ampleur du chantier. Harmoniser les pratiques ne dépend pas uniquement des administrations centrales : la mise en œuvre concernera également les entreprises, les organismes sociaux et les travailleurs eux-mêmes.

Ministère de la Fonction Publique du Travail et de l'Emploi
© Ministère de la Fonction Publique du Travail et de l'Emploi
Passer des principes aux mécanismes

Depuis la création de l’Alliance des États du Sahel le 16 septembre 2023, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont progressivement élargi leur coopération à différents secteurs. La signature du traité instituant la Confédération des États du Sahel, à Niamey le 6 juillet 2024, a ensuite donné un cadre institutionnel supplémentaire à cette dynamique.

Le volet social constitue désormais l’un des tests pratiques de cette intégration. Une coopération régionale peut en effet produire des effets tangibles pour les populations seulement lorsque les engagements politiques débouchent sur des procédures utilisables au quotidien.

Le chantier ouvert cette semaine à Niamey vise précisément cette étape : définir des outils suffisamment clairs pour accompagner les travailleurs et suffisamment compatibles pour rapprocher les systèmes des trois pays.

Les recommandations attendues en fin de travaux

À l’issue des ateliers, les participants doivent formuler des recommandations sur l’embauche des travailleurs migrants et finaliser les bases du projet de convention sur la portabilité des prestations sociales.

Pour les pays de l’AES, l’enjeu sera ensuite de transformer ces propositions en dispositifs applicables. La réussite de cette démarche dépendra notamment de l’adoption des textes, de leur coordination entre administrations et de leur capacité à protéger effectivement les droits acquis.

À Niamey, l’intégration régionale se joue donc aussi sur un terrain moins visible que la coopération politique ou sécuritaire : celui du contrat de travail, de la couverture sociale et des droits des personnes qui vivent et travaillent de part et d’autre des frontières.

Ministère de la Fonction Publique du Travail et de l'Emploi
© Ministère de la Fonction Publique du Travail et de l'Emploi

Niger : Le FSSP remet une nouvelle dotation de motos à l’Armée de terre

NIAMEY, 17 septembre 2026 — Le Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP) poursuit son appui aux Forces de défense et de sécurité (FDS) nigériennes. Une nouvelle dotation de motos a été remise à l’Armée de terre, jeudi matin, dans le cadre des actions destinées à améliorer les capacités de mobilité des unités engagées sur le terrain.

La cérémonie de remise s’est déroulée en présence du chef d’État-major de l’Armée de terre, le général de brigade Abdourahamane Abou Zataka. Étaient également présents le secrétaire permanent du CNSP et ordonnateur du FSSP, le colonel Sahabi Sani, ainsi que des membres du comité de gestion du Fonds. Lors de cette rencontre, le colonel Sahabi Sani a officiellement transmis les clés des engins au chef d’État-major de l’Armée de terre. Ce geste matérialise une nouvelle contribution du FSSP aux besoins logistiques des forces nigériennes.

Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie - FSSP
© Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie - FSSP
Un appui destiné aux besoins du terrain

La mobilité constitue un élément capital pour les unités appelées à intervenir dans des environnements vastes et difficiles d’accès. La mise à disposition de ces motos doit ainsi renforcer les moyens de déplacement des personnels engagés dans les opérations.

Par ailleurs, pour le FSSP, cette opération s’inscrit dans la continuité des contributions financées grâce aux dons et aux mobilisations en faveur des FDS. Le Fonds entend dès lors convertir les contributions des citoyens en équipements destinés à répondre aux besoins exprimés par les forces chargées de la sécurité du territoire.

Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie - FSSP
© Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie - FSSP
Le soutien aux FDS au cœur de l’action du FSSP

Créé dans le cadre de la mobilisation nationale autour de la sauvegarde de la Patrie, le FSSP accompagne les forces nigériennes à travers différents appuis matériels. Dès lors, la remise des motos intervient dans un contexte marqué par l’engagement quotidien des militaires et autres forces de sécurité dans les opérations de lutte contre les groupes terroristes et de protection du territoire national.

À travers cette nouvelle dotation, les responsables du Fonds mettent en avant la dimension concrète de la contribution des citoyens aux efforts consentis par les FDS.

Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie - FSSP
© Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie - FSSP
Transformer la mobilisation citoyenne en moyens opérationnels

L’opération traduit également la volonté du FSSP de maintenir un lien direct entre les contributions recueillies auprès des populations et leur utilisation en faveur des forces. La remise officielle des clés constitue en outre un acte symbolique autant qu’une opération logistique. Elle illustre la chaîne qui relie les contributions des donateurs aux équipements destinés aux unités sur le terrain.

Pour les responsables du Fonds, ce soutien doit permettre aux forces de disposer de moyens supplémentaires pour leurs missions, notamment dans les zones où la mobilité reste un enjeu opérationnel prépondérant.

Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie - FSSP
© Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie - FSSP
Une nouvelle contribution à l’effort sécuritaire

Avec cette dotation, le FSSP réaffirme son engagement aux côtés des Forces de défense et de sécurité. L’objectif affiché demeure de soutenir leurs capacités matérielles et d’accompagner les personnels mobilisés pour la défense de l’intégrité du territoire.

En somme, la cérémonie de Niamey marque une nouvelle étape dans la politique de soutien aux FDS portée par le Fonds, consacrant la mobilisation citoyenne comme l’un des principaux ressorts de cet accompagnement.

AES 2026 : accord sur la coopération transfrontalière à Ouaga

OUAGADOUGOU, 17 septembre 2026  — Les autorités du Burkina Faso, du Mali et du Niger veulent donner un cadre plus structuré à leur coopération dans les territoires frontaliers. Réunis à Ouagadougou les 15 et 16 septembre 2026, les responsables de l’administration territoriale des trois pays ont validé plusieurs instruments destinés à améliorer la coordination sur les questions de sécurité, d’action humanitaire et de développement local.

La rencontre s’est achevée mercredi avec la validation d’un protocole additionnel au traité instituant la Confédération des États du Sahel, consacré à la coopération transfrontalière. Les délégations ont également validé une décision portant création d’un cadre de concertation entre les autorités administratives des régions situées aux frontières des trois États.

Cette nouvelle architecture doit rapprocher les administrations des territoires voisins et faciliter la réponse à des problèmes qui dépassent les limites nationales.

DCCR/MATM
© DCCR/MATM
Les gouverneurs au cœur du nouveau dispositif

La principale innovation repose sur l’implication directe des autorités régionales. Le cadre de concertation doit permettre aux gouverneurs des régions frontalières d’échanger régulièrement, de partager leurs expériences et de coordonner leurs réponses face aux difficultés communes.

Selon le ministre d’État burkinabè chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, ces instruments doivent engager les trois États dans une gestion davantage concertée de leurs espaces frontaliers. Il a également appelé les autorités régionales à assurer la mise en œuvre effective de la feuille de route issue des travaux.

La première session du cadre de concertation des gouverneurs a déjà permis de définir des priorités pour les territoires concernés. Selon l’Agence d’information du Burkina, les gouverneurs ont notamment retenu cinq zones transfrontalières opérationnelles, ainsi que des activités prioritaires pour 2026 et 2027.

Sécurité, populations et développement local

Les trois pays veulent notamment renforcer la coordination entre les administrations territoriales, les services techniques, les forces de défense et de sécurité, les collectivités et les acteurs communautaires.

Pour la délégation nigérienne, conduite par le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du Territoire, Ayouba Abdourahmane, l’enjeu se situe désormais dans l’application rapide et coordonnée des instruments adoptés.

Cette orientation vise à mieux prendre en charge les problématiques communes aux populations des zones frontalières, notamment celles liées à la sécurité et aux besoins humanitaires et de développement.

DCCR/MATM
© DCCR/MATM
Bamako veut faire des frontières des espaces de rapprochement

Le ministre malien de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, a insisté sur une autre dimension du projet : rapprocher davantage les populations vivant de part et d’autre des frontières.

Pour les autorités maliennes, les espaces frontaliers doivent également servir de points de solidarité, de développement et de rapprochement entre les communautés. Cette approche élargit donc la coopération au-delà des seuls enjeux sécuritaires. Elle place aussi l’administration locale, la cohésion sociale et le développement territorial au centre du dispositif.

Une feuille de route pour passer aux actions concrètes

La réunion de Ouagadougou ne s’est pas limitée à l’adoption de textes. Les délégations ont également présenté une feuille de route accompagnée d’un plan d’actions pour orienter les interventions du nouveau cadre de concertation.

Le protocole additionnel doit encore franchir les étapes institutionnelles prévues avant son entrée en vigueur. Selon les informations rapportées par l’Agence d’information du Burkina, le texte comporte 27 articles et doit notamment être soumis à la ratification des États confédérés.

Le nouveau mécanisme constitue ainsi une étape supplémentaire dans la construction institutionnelle de l’AES. Pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, l’enjeu des prochaines étapes sera désormais de transformer les orientations arrêtées à Ouagadougou en actions visibles dans les territoires concernés.

N’Djamena : plus de 5 milliards de FCFA de produits illicites détruits par les autorités

Les autorités de N’Djamena ont franchi une nouvelle étape dans la lutte contre la circulation des produits dangereux. Jeudi 17 septembre 2026, la municipalité a procédé à la destruction par incinération d’un important stock de marchandises illicites, évalué à plus de 5 milliards de FCFA. L’opération a réuni les services municipaux et les forces de sécurité.

Dans la capitale tchadienne, les opérations contre les produits considérés comme dangereux pour la population se poursuivent. La Direction de l’Assainissement, de l’Environnement et de la Santé (DAES), relevant de la Commune de la Ville de N’Djamena, a supervisé l’incinération d’un stock constitué à la suite de plusieurs saisies.

La Police nationale et la Gendarmerie nationale ont participé à l’opération aux côtés de la Police municipale. Cette destruction constitue l’aboutissement de différentes interventions de contrôle menées dans la capitale.

DR
© DR
Un stock composé de plusieurs catégories de produits

Les marchandises détruites regroupent plusieurs types de produits interdits ou impropres à la consommation. Les autorités ont notamment recensé des substances psychotropes, de la cocaïne, du cannabis et d’autres stupéfiants.

Le lot comprenait également des boissons frelatées provenant de différentes marques ainsi que des produits pharmaceutiques arrivés à expiration.

La diversité des marchandises saisies témoigne de la multiplicité des risques auxquels les services de contrôle cherchent à répondre, qu’il s’agisse de consommation de substances stupéfiantes, de produits alimentaires non conformes ou encore de médicaments ne répondant plus aux exigences sanitaires.

DR
© DR
La mairie renforce les contrôles dans la capitale

Cette opération intervient alors que les autorités municipales multiplient les contrôles dans différents secteurs de N’Djamena. Ces dernières semaines, les services compétents ont notamment mené des actions contre les boissons frelatées dans plusieurs quartiers et marchés de la capitale.

La découverte récente de deux unités clandestines de fabrication de boissons prohibées dans le 9ᵉ arrondissement avait également conduit les autorités à engager des mesures de fermeture et de contrôle sur ces sites. Dans ce contexte, l’incinération du stock saisi vise à empêcher la réintroduction de ces marchandises dans les circuits de vente ou de consommation.

DR
© DR
Un enjeu de santé publique et de sécurité

En détruisant ces produits, les autorités veulent à la fois retirer définitivement les marchandises du marché et réduire les risques qu’elles représentent pour les populations.

L’opération associe ainsi deux préoccupations : la protection sanitaire et le maintien de l’ordre public. Les produits stupéfiants peuvent alimenter les réseaux de trafic, tandis que les boissons frelatées et certains produits pharmaceutiques non conformes exposent directement les consommateurs à des risques sanitaires. La coordination entre les services municipaux et les forces de défense et de sécurité apparaît dès lors comme un élément central de cette stratégie de contrôle.

DR
© DR
Une pression accrue sur les circuits clandestins

Cette nouvelle destruction intervient dans le prolongement d’actions déjà menées à N’Djamena. En juin 2025, les autorités avaient notamment procédé à l’incinération de 72 tonnes de produits illicites, pour une valeur alors estimée à 12 milliards de FCFA. Le stock comprenait entre autres de l’alcool frelaté, du cannabis, du tramadol et des médicaments contrefaits. L’opération du 17 septembre 2026 confirme ainsi la poursuite des campagnes de saisie et de destruction engagées dans la capitale.

Pour les autorités municipales, l’objectif reste de couper les circuits d’approvisionnement, retirer les produits dangereux de la circulation et renforcer la protection des populations. À travers ces opérations coordonnées, N’Djamena cherche à maintenir la pression sur les filières qui alimentent le marché en substances et marchandises interdites.

Jeux de l’AES 2026 : le Niger domine la lutte traditionnelle

OUAGADOUGOU, 17 septembre 2026 —Le Niger a marqué les esprits dès son entrée en compétition dans l’épreuve de lutte traditionnelle des Jeux de la Confédération des États du Sahel (JAES) 2026. À l’hippodrome de Hamdalaye, à Ouagadougou, les représentants nigériens ont remporté leurs deux premières confrontations et prennent la tête du classement par pays.

Une entrée en matière convaincante

Pour son premier rendez-vous de cette 2e édition des Jeux de l’AES, le Niger n’a laissé que peu de marge à ses adversaires. Face au Mali, les lutteurs nigériens ont livré une prestation particulièrement solide, conclue par une victoire nette de 5 à 0.

Cette démonstration a rapidement placé la délégation nigérienne sous les projecteurs. Elle a ensuite dû composer avec une opposition plus disputée face au Burkina Faso, pays hôte de la compétition. Malgré un duel beaucoup plus équilibré, les Nigériens ont conservé leur maîtrise pour s’imposer sur le score de 3 à 2. Avec ces deux succès, le Niger totalise déjà deux victoires et occupe provisoirement la première place du classement de la lutte traditionnelle.

Le Ministère de la jeunesse des sports et de la culture
© Le Ministère de la jeunesse des sports et de la culture
Le Burkina Faso résiste, mais cède sur le fil

La confrontation entre le Niger et le Burkina Faso a offert davantage de suspense aux spectateurs réunis à Hamdalaye. Portés par leur public, les lutteurs burkinabè ont opposé une résistance plus importante que le Mali.

Le Niger a toutefois su gérer les moments décisifs pour décrocher une deuxième victoire. Ce résultat lui permet de confirmer ses ambitions dans une discipline qui occupe une place importante dans les traditions sportives de plusieurs pays sahéliens. La performance des Nigériens intervient ainsi comme un premier signal dans la course au classement général de cette épreuve.

Le Ministère de la jeunesse des sports et de la culture
© Le Ministère de la jeunesse des sports et de la culture
Le sport au cœur des Jeux de l’AES

Au-delà des résultats, les JAES 2026 offrent une nouvelle plateforme de rencontre aux jeunes sportifs des pays membres de la Confédération des États du Sahel. Les différentes disciplines au programme permettent aux délégations du Niger, du Burkina Faso et du Mali de se mesurer dans un cadre sportif, mais aussi de partager leurs expériences et leurs traditions.

La lutte traditionnelle illustre particulièrement cette dimension. Ancrée dans le patrimoine culturel de plusieurs communautés de la région, elle dépasse le simple cadre de la compétition pour devenir un espace de rapprochement entre les jeunesses sahéliennes.

Les épreuves se poursuivent jusqu’au 16 septembre à Ouagadougou. Le Niger devra désormais confirmer sa dynamique pour conserver sa position en tête et défendre ses ambitions dans la suite de la compétition.

Le Ministère de la jeunesse des sports et de la culture
© Le Ministère de la jeunesse des sports et de la culture

Niger : appel au Président pour débloquer un projet d’investissement

NIAMEY, 16 septembre 2026 — Un projet d’investissement étranger qui devait s’intéresser à la mécanique et au secteur minier au Niger pourrait-il connaître une nouvelle issue ? C’est la question soulevée par Mahamat Ibrahim Souleymane, qui interpelle le président de la République à la suite du récent remaniement gouvernemental.

Dans une lettre ouverte, le jeune Nigérien revient sur les démarches qu’il affirme avoir entreprises pour faciliter l’arrivée au Niger d’un entrepreneur cambodgien disposant, selon lui, de capacités financières substantielles. Il demande surtout de réexaminer le dossier sur la base des documents et des procédures administratives, plutôt qu’à partir de considérations personnelles.

Deux secteurs ciblés et des démarches engagées

Selon le récit de l’auteur, le projet a pris forme après une rencontre au Cambodge. L’entrepreneur cambodgien aurait ensuite accepté de se rendre au Niger afin d’évaluer les possibilités d’investissement.

Avec l’appui de Mahamat Ibrahim Souleymane, l’investisseur aurait rencontré plusieurs responsables et échangé avec différents services de l’administration nigérienne. Deux secteurs auraient particulièrement retenu son attention : la mécanique et l’exploitation minière.

Des démarches auraient alors été engagées auprès de l’Agence nigérienne de promotion des investissements et des projets (ANPIPS), du ministère chargé du Commerce et d’autres administrations concernées.

Dans le domaine minier, le dossier aurait franchi plusieurs étapes. L’auteur affirme notamment qu’il a créé deux sociétés et engagé des procédures pour obtenir quatre permis de recherche.

Un projet confronté à des difficultés

La suite du processus aurait toutefois été marquée par des difficultés qui ont empêché le projet de progresser comme prévu.

Dans sa lettre, Mahamat Ibrahim Souleymane affirme que certains responsables ont reçu des réserves et des informations négatives au sujet de l’investisseur, du projet et de sa propre implication. Il prend toutefois soin de ne pas présenter ces éléments comme des faits établis. Il demande plutôt aux autorités de les vérifier et de déterminer précisément ce qui a pu contribuer au blocage du dossier.

L’auteur évoque également des interrogations qui auraient porté sur la crédibilité de l’investisseur ainsi que sur certaines de ses relations personnelles et professionnelles. Il affirme, en outre, que ses relations passées avec la famille de l’ancien président Mohamed Bazoum auraient contribué à alimenter des doutes autour de sa personne et, indirectement, autour du projet.

Une demande d’examen fondée sur les documents

Plutôt que de réclamer une décision favorable, Mahamat Ibrahim Souleymane demande au chef de l’État de permettre, s’il le juge nécessaire, un nouvel examen du dossier par les structures compétentes. Il précise que les documents administratifs disponibles permettent de vérifier les capacités financières de l’investisseur, la réalité des sociétés créées et les démarches déjà effectuées.

« Si l’investisseur n’était pas crédible, les autorités compétentes pourront naturellement le constater », explique en substance l’auteur, qui ajoute que l’inverse pourrait également être établi par une vérification indépendante.

Il affirme être prêt à remettre aux autorités les échanges, documents et informations dont il dispose afin de retracer les différentes étapes du projet.

L’emploi des jeunes au cœur de la démarche

Au-delà de son différend avec l’ancien responsable gouvernemental qu’il ne nomme pas directement dans sa lettre, l’auteur place la question de l’investissement et de l’emploi au centre de son interpellation.

Il soutient que son initiative visait avant tout à attirer des capitaux étrangers et à favoriser la création d’opportunités pour la jeunesse nigérienne. Selon lui, un éventuel projet capable de mobiliser plusieurs milliards de francs CFA et de générer des emplois mérite au moins d’être évalué sur ses fondements économiques.

Cette démarche intervient alors que les investissements privés et la création d’emplois restent des enjeux cruciaux pour l’économie nigérienne.

Une éventuelle reprise des discussions

Mahamat Ibrahim Souleymane affirme que l’investisseur concerné conserverait un intérêt pour le Niger. Il propose donc, si les autorités le jugent pertinent, de reprendre contact avec lui afin de vérifier à nouveau ses capacités, ses intentions et la faisabilité de son projet. La demande formulée au président ne porte ainsi pas, selon l’auteur, sur l’octroi d’un privilège ou d’une faveur. Elle vise plutôt à obtenir un examen administratif du dossier permettant d’établir les faits.

À travers cette lettre ouverte, le jeune Nigérien souhaite également tirer des enseignements de cette expérience. Il estime que les autorités devraient principalement examiner la viabilité, la conformité aux règles et le potentiel économique des initiatives de citoyens cherchant à attirer des investisseurs étrangers.

Le dossier reste désormais lié aux vérifications que pourraient effectuer les autorités compétentes et aux éléments documentaires que l’auteur dit être en mesure de fournir.

Niger : Bakary Yaou Sangaré reçoit le Pakistan et le HCR

NIAMEY, 16 septembre 2026 — Le ministère nigérien des Affaires étrangères a accéléré son agenda diplomatique ce mardi 15 septembre 2026. Le chef de la diplomatie, Bakary Yaou Sangaré, a reçu successivement le nouvel ambassadeur du Pakistan et le chef de mission du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), officialisant ainsi deux partenariats clés pour l’action internationale du Niger.

Redynamisation de la coopération bilatérale avec Islamabad

L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République islamique du Pakistan, Muhammad Irfan Tarar, a formellement entamé ses fonctions à Niamey en remettant les copies figurées de ses lettres de créance au ministre Sangaré. Les deux hommes ont aussitôt passé en revue l’état des relations politiques et économiques entre les deux nations. Cet entretien inaugural fixe le cap d’une collaboration renforcée, ciblant notamment le développement des échanges commerciaux, le transfert de compétences et le soutien technique dans des domaines stratégiques d’intérêt mutuel.

Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
© Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
Alignement stratégique face aux défis humanitaires

La diplomatie nigérienne a ensuite braqué ses projecteurs sur le volet humanitaire lors de l’audience accordée à Pierre Atchom. Le nouveau représentant pays du HCR au Niger a présenté ses lettres de représentation au ministre des Affaires étrangères, scellant ainsi le renouvellement de l’engagement onusien dans la région.

Face à la pression sécuritaire et démographique dans le Sahel, les deux décideurs ont réaffirmé la solidité du partenariat opérationnel reliant le gouvernement nigérien et l’agence pour les réfugiés. À cette occasion, les discussions se sont concentrées sur la coordination des secours, l’optimisation des dispositifs d’asile, le financement de la protection des populations vulnérables et la mise en œuvre de solutions durables en faveur des réfugiés et des déplacés internes installés sur le sol nigérien.