Helene Sourou, Author at Journal du Niger

Niger-Algérie : Ahmed Attaf porte un message de Tebboune à Niamey

NIAMEY, 4 novembre 2026 — Le président de la Transition du Niger, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a reçu mercredi soir à Niamey le ministre d’État algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf. Envoyé spécial du président Abdelmadjid Tebboune, M. Attaf lui a remis un message écrit du chef de l’État algérien.

Cette rencontre survient alors que l’Algérie déploie une diplomatie particulièrement active dans la région. La veille, Ahmed Attaf s’était rendu à N’Djamena pour remettre au président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, un message similaire de M. Tebboune. Ce déplacement prend un relief stratégique majeur dans un contexte de vives tensions entre Niamey et N’Djamena, le Niger accusant le Tchad d’avoir mené des frappes de drones mortelles sur son territoire. Partenaire historique des deux nations, Alger s’emploie ainsi à apaiser les frictions et à maintenir un canal de dialogue transfrontalier indispensable.

Un message présidentiel à forte portée politique

La remise de cette lettre confère à la visite une dimension directement présidentielle. Elle traduit la volonté d’Alger de préserver une relation privilégiée avec Niamey, au moment même où les équilibres diplomatiques du Sahel se recomposent en profondeur.

En relayant le message de M. Tebboune adressé à « son frère » le général Tiani, le chef de la diplomatie algérienne souligne la tonalité personnelle, fraternelle et politique de cette démarche. Les deux parties ont également mis à profit cette audience pour faire le point sur la coopération bilatérale et consolider la coordination stratégique entre leurs pays.

Cette audience s’inscrit, par ailleurs, dans le prolongement de l’appui opérationnel fourni par l’Algérie, marqué par le déploiement de forces algériennes et la livraison récente d’un important ravitaillement en carburant au Niger. Le général Tiani avait salué l’assistance apportée par Alger tout en insistant sur la nécessité d’une réponse concertée pour garantir la stabilité sahélo-saharienne.

Sécurité, énergie et grands projets d’infrastructure

Le partenariat bilatéral s’appuie sur des intérêts matériels et sécuritaires concrets. Le 21 octobre, les deux États ont signé un protocole de coopération militaire portant sur la formation, le partage de renseignements, l’industrie de défense et la lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière ainsi que les réseaux de trafic.

Dans la foulée, le Conseil de la Nation algérien a approuvé le principe d’un déploiement de l’armée algérienne au Niger. Le président Tebboune a présenté cette initiative comme un levier direct pour sécuriser les infrastructures énergétiques et concrétiser les engagements pris avec Niamey.

Le volet économique constitue, quant à lui, l’autre pilier central de cet axe. Alger et Niamey réaffirment leur engagement dans le projet stratégique du gazoduc transsaharien (TSGP), conçu pour acheminer le gaz nigérian vers l’Europe via le Niger et l’Algérie, couplant ainsi sécurité régionale et intégration énergétique.

Une diplomatie d’équilibre sous pression

Pour Niamey, le rapprochement avec Alger offre une opportunité précieuse de diversification stratégique face à un environnement régional instable. Pour Alger, cette présence active permet de préserver son magistère d’influence au Sahel, de sécuriser son flanc méridional et de défendre ses intérêts énergétiques majeurs.

En agissant simultanément comme médiateur discret entre Niamey et N’Djamena et comme partenaire stratégique de premier plan du pouvoir nigérien, l’Algérie confirme son ambition d’être le pivot incontournable de la sécurité au Sahel. Alors que la région cherche de nouveaux repères face aux mutations géopolitiques actuelles, la réussite de cette diplomatie d’équilibre, couplant défense des frontières, projets industriels et apaisement des querelles voisines, déterminera la capacité des États de la région à reprendre en main leur propre destin sécuritaire.

Algérie–Niger : Ahmed Attaf accueilli par le ministre des Affaires étrangères 

NIAMEY, 04 novembre  2026 — Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, est arrivé mercredi à Niamey pour une visite officielle destinée à consolider la coopération entre Alger et le Niger. Envoyé spécial du président Abdelmadjid Tebboune, il a été accueilli par son homologue nigérien, Bakary Yaou Sangaré.

Le déplacement intervient alors que les deux voisins cherchent à approfondir une relation qui dépasse désormais le cadre diplomatique classique. Sécurité aux frontières, hydrocarbures, énergie, commerce et infrastructures figurent parmi les domaines où Niamey et Alger souhaitent intensifier leur collaboration.

Un message du président Tebboune

Au cours de son séjour, M. Attaf  rencontrera  le président, le général d’armée Abdourahamane Tiani, à qui il remettra une lettre du chef de l’État algérien. Ce geste souligne le niveau politique accordé à la visite et la volonté d’Alger d’entretenir un dialogue direct avec Niamey.

Les deux capitales présentent ce rapprochement comme la poursuite d’une coopération fondée sur la solidarité régionale et des intérêts mutuels. Elles veulent également renforcer leur concertation sur les dossiers africains et sahéliens, dans un contexte marqué par l’instabilité, les déplacements de populations et la menace terroriste.

La rencontre de Niamey s’inscrit dans une séquence diplomatique plus large. M. Attaf s’est rendu la veille à N’Djamena, où il a rencontré le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, avant de poursuivre vers le Niger.

Ministère des Affaires étrangères
© Ministère des Affaires étrangères
Sécurité et énergie au cœur du partenariat

La coopération algéro-nigérienne s’appuie sur des enjeux concrets. L’Algérie possède une expérience reconnue dans la lutte contre le terrorisme et dispose de capacités économiques et logistiques qui intéressent Niamey, notamment pour sécuriser ses vastes espaces frontaliers.

Le volet énergétique occupe également une place centrale. Les deux pays ont relancé des projets communs dans les hydrocarbures et l’énergie, tandis que la raffinerie de Zinder tournait, selon les autorités nigériennes, à 15 000 barils par jour le 13 octobre, soit 75% de sa capacité nominale.

Alger a par ailleurs approuvé, fin octobre, le principe d’un déploiement de son armée au Niger. Cette décision, présentée comme une réponse à une demande de Niamey et destinée à protéger des intérêts communs, marque une inflexion dans la posture sécuritaire algérienne au Sahel.

Un équilibre régional en mutation

Pour Alger, le renforcement des liens avec Niamey permet de préserver son influence dans une région où les alliances se recomposent rapidement. Pour Niamey, le partenariat offre une voie de diversification diplomatique, économique et sécuritaire, alors que le pays fait face à des pressions multiples.

Les observateurs soulignent toutefois que cette coopération soulève des questions de souveraineté et d’équilibres régionaux, notamment en raison de la présence militaire algérienne et des ambitions de Niamey à diversifier ses partenaires.

Reste à savoir si la visite de M. Attaf produira des engagements précis. Les deux gouvernements affichent une volonté commune de faire de leur relation un instrument de stabilité régionale ; la suite dépendra de leur capacité à traduire cette ambition en projets financés, coordonnés et visibles sur le terrain.

Niger : Formation de 100 jeunes aux métiers du rail (Kano-Maradi)

Le gouvernement a franchi une étape charnière dans sa stratégie de développement logistique. En effet, ce mercredi 4 novembre 2026, le ministre de l’Équipement et des Infrastructures, le colonel-major Salissou Mahaman Salissou, a officiellement lancé la formation d’une première cohorte de 100 jeunes Nigériens au Centre de Perfectionnement des Travaux Publics (CPTP) de Niamey. Cette initiative prépare l’exécution sur le terrain du grand projet ferroviaire reliant Kano, Katsina et Maradi.

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
Une expertise nationale au service du corridor régional

Loin d’un banal ajustement technique, cette session marque le démarrage d’un programme d’apprentissage ambitieux qui qualifiera 466 jeunes Nigériens aux métiers du rail. L’exécutif structure ce parcours autour de trois domaines d’intervention prioritaires : la pose et l’aménagement des infrastructures ferroviaires, la gestion de la circulation des trains ainsi que la maintenance préventive et corrective du réseau.

Présent lors de la cérémonie inaugurale, le gouverneur de la région de Niamey, le général de division Assoumane Abdou Harouna, a souligné la portée historique de cette démarche. Selon lui, le développement de la dynamique ferroviaire réduira de manière drastique les coûts du transport de marchandises et fluidifiera les circuits commerciaux régionaux.

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
L’amorce imminente du tronçon Dan Issa-Maradi

Parallèlement, cette montée en compétences locale coïncide avec le démarrage imminent du chantier sur l’axe Dan Issa-Maradi, une section stratégique de 50 kilomètres. L’État garantit une exécution rapide des travaux tout en maximisant les retombées économiques directes pour la jeunesse, en formant ses propres techniciens avant le déploiement des engins de chantier. À cette occasion, le directeur général du CPTP, Soli Housseini, et le ministre Salissou Mahaman Salissou ont conjointement exhorté les apprenants à faire preuve d’une rigueur absolue et d’une discipline constante afin de contribuer à la modernisation des transports nationaux.

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
La jeunesse au cœur de l’autosuffisance technique

Inscrit dans les orientations du Programme de Refondation de la République, ce cycle de qualification transforme la jeunesse en acteur direct de la croissance nationale. Ainsi, Niamey consolide son autonomie opérationnelle tout en favorisant l’insertion professionnelle durable de ses citoyens, en substituant l’expertise locale aux prestations extérieures. Cette stratégie proactive pose les jalons d’un réseau de transport ferré robuste, pérenne et capable de soutenir l’expansion économique du Niger pour les décennies à venir.

Niger : 13 000 tenues de combat remises à la Police Nationale

Niamey accélère la transformation de ses forces de sécurité intérieure pour répondre aux exigences opérationnelles sur l’ensemble du territoire national. En effet, le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire a franchi une étape majeure dans le réarmement logistique de ses troupes en remettant officiellement un lot de 13 000 tenues de combat à la Police nationale. Financé intégralement par le Trésor public nigérien, cet équipement concrétise les orientations prioritaires définies par le chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur
Une montée en puissance opérationnelle pour la police de terrain

L’attribution de ces équipements tactiques répond à un impératif d’efficacité sur le théâtre des opérations. En dotant les fonctionnaires de police de treillis adaptés aux contraintes environnementales et logistiques actuelles, l’exécutif renforce la capacité d’intervention et la présence dissuasive des unités de première ligne. Cette livraison d’envergure fait, en effet, suite à la réception récente d’un parc de matériel roulant destiné conjointement à la Garde nationale et à la Police nationale. Le gouvernement perçoit cette modernisation matérielle comme le préalable indispensable à la protection efficace des populations et des infrastructures critiques.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur
Le choix de l’autonomie financière pour affirmer la souveraineté

Par ailleurs, cette dotation illustre la volonté ferme de Niamey d’adosser sa politique de défense à des ressources exclusivement nationales. S’exprimant lors de la cérémonie officielle, le commandant Hamidou Soumana, directeur général des ressources du ministère, a souligné la portée politique de cet investissement direct de l’État. En finançant l’équipement individuel de ses forces sans recourir à un soutien extérieur, le ministre d’État, le général de division Mohamed Toumba, applique ainsi la feuille de route gouvernementale. Cette démarche d’autonomie budgétaire garantit, par ailleurs, une indépendance décisionnelle totale dans la conduite des missions de sécurité publique.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur
Un pipeline d’investissements stratégiques en consolidation

Cette remise de tenues de combat constitue le maillon d’un programme d’équipement plus vaste, planifié sur le long terme par les autorités de la Refondation. D’ailleurs, le ministère de l’Intérieur prépare déjà de nouvelles vagues d’acquisitions logistiques et techniques destinées aux différentes composantes des Forces de sécurité intérieure (FSI). En maintenant cet effort budgétaire soutenu au cours des prochains mois, l’État nigérien entend pérenniser les capacités d’action de ses forces et consolider durablement l’ordre public sur l’ensemble du territoire national.

Algérie-Tchad : Attaf porte un message de Tebboune à Déby

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a été reçu mardi 3 novembre 2026 à N’Djamena par le président tchadien, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Envoyé par le président Abdelmadjid Tebboune, il lui a remis un message écrit portant sur les relations bilatérales et les défis sécuritaires du Sahel.

Cette visite intervient alors que les tensions entre le Niger et le Tchad ont fortement augmenté depuis septembre. Niamey accuse notamment N’Djamena et des forces spéciales françaises d’avoir soutenu une tentative de mutinerie, accusations que les deux capitales échangent depuis plusieurs semaines.

Présidence du Tchad
© Présidence du Tchad
Une mission présidentielle

Ahmed Attaf est arrivé à N’Djamena pour une visite officielle conduite sur instruction du président Tebboune. Son homologue tchadien, Ahmed Kogri, l’a accueilli. Le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno l’a ensuite reçu au palais Toumaï.

Le ministre algérien a remis au président tchadien une lettre fermée de son homologue algérien. Alger n’a pas rendu public son contenu, mais a présenté la mission comme une étape destinée à consolider une relation bilatérale qualifiée de fraternelle et à coordonner les positions face aux crises régionales.

L’audience a également permis d’évoquer la situation au Sahel, une région confrontée à l’expansion des groupes armés, aux crises politiques et aux tensions entre États voisins. Les deux parties ont insisté sur la nécessité de renforcer la concertation afin de préserver la stabilité régionale.

Présidence du Tchad
© Présidence du Tchad
Alger cherche à apaiser.

La présence d’Attaf à N’Djamena prend une dimension particulière dans le contexte des frictions entre Niamey et N’Djamena. Alger apparaît comme un interlocuteur susceptible de maintenir le dialogue entre des pays voisins dont la coopération demeure essentielle à la sécurité du Sahel.

Le Tchad joue un rôle central dans les dispositifs régionaux de lutte contre le terrorisme et l’insécurité transfrontalière. Sa coopération avec le Niger conditionne notamment la surveillance des frontières, la circulation des personnes et la réponse aux groupes armés actifs dans la zone.

En choisissant d’envoyer son ministre des Affaires étrangères, Alger affiche une diplomatie de proximité. Le message présidentiel vise probablement à encourager l’apaisement, sans que les autorités algériennes aient confirmé publiquement une médiation formelle entre Niamey et N’Djamena.

Présidence du Tchad
© Présidence du Tchad
Un enjeu régional majeur

Pour le Tchad, la visite confirme l’importance accordée à ses relations avec Alger, partenaire influent dans les dossiers africains et sahéliens. Pour l’Algérie, elle permet de défendre une approche fondée sur la concertation, la prévention des conflits et le renforcement des capacités régionales.

Ahmed Kogri, ministre tchadien des Affaires étrangères depuis septembre, a pris part aux échanges avec son homologue algérien. Sa présence souligne la dimension diplomatique de la rencontre, au moment où N’Djamena cherche à stabiliser ses relations régionales tout en faisant face aux menaces sécuritaires qui pèsent sur le Sahel.

Les résultats concrets de cette mission restent encore à préciser. Mais la remise d’un message présidentiel au maréchal Déby confirme qu’Alger entend peser sur les équilibres du Sahel et prévenir toute aggravation des tensions entre Niamey et N’Djamena.

Sénégal : l’Assemblée rejette le budget rectificatif 2026

Coup de tonnerre au Sénégal Ce mardi 3 novembre 2026, l’Assemblée nationale sénégalaise a rejeté le projet de Loi de finances rectificative 2026. Ce vote constitue un revers majeur pour le gouvernement, contraint de retrouver rapidement une solution pour financer l’État alors que l’année touche à sa fin.

Les députés ont refusé le texte après son double rejet en Commission des finances, présidée par Alphonse Mané Sambou. Cette décision marque une première sous la XVᵉ législature : la majorité Pastef-Les Patriotes a elle-même refusé d’adopter un budget présenté par le ministre des Finances, Cheikh Diba.

Une majorité en rupture

Le rejet révèle une fracture profonde au sein de la majorité parlementaire. Les députés ont justifié leur position par un manque de sincérité budgétaire, notamment concernant l’évaluation du déficit public et de la dette.

En refusant le texte, les élus ont adressé un signal politique fort au pouvoir exécutif. Ils exigent une présentation plus transparente des comptes publics et une stratégie budgétaire capable de rassurer autant les parlementaires que les partenaires financiers du pays.

Le ministre Cheikh Diba devra désormais revenir vers l’Assemblée avec un document amendé, mieux argumenté et davantage aligné sur les attentes de la majorité. Sans cela, le gouvernement risque de voir son autorité budgétaire affaiblie à un moment décisif de l’exercice 2026.

Deux mois pour agir

Le calendrier rend la situation particulièrement sensible. À moins de deux mois de la fin de l’année, le Sénégal ne dispose toujours pas d’un budget rectifié, alors que l’État doit poursuivre ses dépenses publiques, honorer ses engagements et financer les services essentiels.

Le gouvernement dispose théoriquement de deux options. Il peut retravailler le projet de loi et le soumettre à nouveau aux députés, ou activer l’article 86 afin d’assurer la continuité de l’État en l’absence d’adoption du texte.

La première solution permettrait de préserver le dialogue institutionnel et de restaurer la confiance au sein de la majorité. La seconde offrirait une réponse immédiate à l’urgence financière, mais elle pourrait être perçue comme un contournement du débat parlementaire.

Un test pour l’exécutif

Ce vote place le gouvernement devant un défi politique autant que budgétaire. Il devra convaincre ses propres troupes que les chiffres présentés reflètent fidèlement la réalité des finances publiques et que les choix proposés protègent la stabilité économique du pays.

L’épisode illustre également l’exigence croissante des parlementaires en matière de transparence. La majorité ne se contente plus d’accompagner l’exécutif : elle entend contrôler la qualité des informations budgétaires et peser sur les arbitrages financiers.

Dans les prochaines semaines, la capacité du gouvernement à renégocier son texte déterminera l’équilibre institutionnel du pays. Le Sénégal attend désormais une réponse rapide, claire et crédible à une impasse budgétaire qui ne peut durablement perdurer.

Niger : Le ministre de l’Équipement inspecte les chantiers de Niamey

Dans une dynamique de désenclavement territorial, le gouvernement intensifie le contrôle de ses grands chantiers publics. Ce mardi 3 novembre 2026, le ministre de l’Équipement et des Infrastructures, le colonel-major Salissou Mahaman Salissou, a entrepris une tournée d’inspection approfondie sur les axes routiers majeurs desservant la capitale et ses zones adjacentes. Ce déplacement concrétise ainsi sur le terrain les orientations prioritaires fixées par le chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani, et coordonnées par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine.

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
Un axe logistique vital pour la continuité des approvisionnements

La première séquence de cette inspection a conduit la délégation gouvernementale sur la Route nationale n° 4 (RN4), plus précisément sur le tronçon de 60 kilomètres reliant Niamey à Farié en passant par Namaro. Sur place, les équipes techniques appliquent un revêtement en béton bitumineux à haute résistance, spécialement calibré pour supporter le passage des poids lourds et accroître la longévité de l’infrastructure. Ce projet s’inscrit, par ailleurs, dans la continuité directe de la réhabilitation du segment Farié-Téra, long de 112 kilomètres.

En connectant ces deux tronçons, l’exécutif sécurise un corridor commercial névralgique pour l’approvisionnement du marché national. L’État finance ce chantier à 100 % sur ses ressources propres, tout en déléguant la maîtrise d’ouvrage à l’Agence de Maîtrise d’Ouvrage Déléguée de l’Entretien Routier (AMODER), avec un délai de livraison fixé à neuf mois.

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
Une desserte urbaine optimisée pour la capitale

Quittant le réseau interurbain, le ministre Salissou Mahaman Salissou s’est ensuite rendu sur la route de Ouallam pour vérifier le lancement des travaux de la voie d’accès au nouveau cimetière de Niamey. Cette nouvelle artère de 3,2 kilomètres raccordera directement le complexe funéraire à la Route nationale n° 24 (RN24). Prévu pour s’achever dans un délai contractuel de cinq mois, cet aménagement fluidifiera la circulation dans le secteur septentrional de la capitale tout en offrant aux usagers des conditions d’accès décentes et sécurisées.

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
Une exigence de rigueur opérationnelle dans la conduite des chantiers

À chaque étape de son parcours, le ministre de l’Équipement a contrôlé la conformité des interventions aux normes techniques exigées et rappelé aux entreprises adjudicataires l’impératif du respect des échéances. Cette supervision rapprochée reflète, en effet, la méthode de gouvernance instaurée par les autorités nigériennes, fondée sur l’obligation de résultats et le suivi rigoureux des investissements publics. En combinant le renforcement des grands réseaux de transport et le maillage routier urbain, Niamey transforme progressivement son outil logistique afin de soutenir la croissance économique et de faciliter la mobilité des citoyens.

Zinder : lancement de la 2ᵉ phase du riz subventionné au Niger

Face aux défis de la sécurité alimentaire, le gouvernement intensifie ses mécanismes d’aide directe aux populations. Le lundi 2 novembre 2026, la région de Zinder a donné le coup d’envoi officiel de la deuxième phase du programme national de vente de riz local à prix subventionné. Fruit d’un partenariat stratégique entre l’Office national des aménagements hydro-agricoles (ONAHA) et le Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP), cette initiative déploie un levier économique d’envergure pour consolider l’autonomie agricole tout en préservant le pouvoir d’achat des foyers.

Gouvernorat de Zinder
© Gouvernorat de Zinder
Un bouclier financier contre la cherté des denrées de base

Pour répondre aux besoins immédiats des consommateurs locaux, l’administration régionale a acheminé 125 tonnes de riz vers les points de vente de Zinder, matérialisées par 5 000 sacs de 25 kilogrammes. Les autorités appliquent des tarifs très inférieurs aux cours ordinaires du marché afin de garantir l’accessibilité financière de cette céréale de base. L’État a fixé ainsi le sac de riz « Bondourey L1 » à 10 500 francs CFA, tandis que les variétés « Brabous-ko L3 » et « Dambou » sont proposées au prix de 8 000 francs CFA pour la même quantité. Cette réfaction tarifaire substantielle permet aux familles vulnérables de sécuriser leur approvisionnement quotidien sans grever leur budget domestique.

Gouvernorat de Zinder
© Gouvernorat de Zinder
De la rizière à la table : le financement de l’indépendance céréalière

Loin de constituer un banal secours d’urgence, le projet s’appuie sur une stratégie d’autosuffisance à fort impact économique. Le FSSP a injecté une enveloppe globale de 300 millions de francs CFA destinée à racheter directement le riz paddy auprès des agriculteurs nationaux. Ce circuit court finance ensuite l’usinage, la transformation et la logistique de la céréale avant sa mise sur le marché à prix subventionné. En réduisant la dépendance aux importations étrangères, le gouvernement stimule les revenus ruraux et renforce la résilience du secteur agricole nigérien. Désormais étendu aux huit régions du pays, ce dispositif vise à couvrir les besoins d’au moins 100 000 ménages.

Gouvernorat de Zinder
© Gouvernorat de Zinder
Une exigence de rigueur dans la chaîne de distribution

Le gouverneur de la région de Zinder, le colonel Massalatchi Mahaman Sani, a qualifié cette opération d’acte concret de patriotisme économique et de souveraineté nationale. Lors du lancement des opérations, le chef de l’exécutif régional a exhorté les citoyens à privilégier la consommation des céréales cultivées sur le sol national. Afin de prévenir toute spéculation illicite ou tout détournement de stock, le gouverneur a fermement enjoint aux distributeurs agréés et aux gestionnaires de veiller à une transparence absolue, ainsi qu’au respect de l’équité et de l’intégrité dans la distribution. L’ONAHA et ses partenaires entendent ainsi ancrer durablement la sécurité alimentaire au cœur de l’action publique.

Niger-Libye : Ali Lamine Zeine a achevé sa mission à Benghazi

Le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, a clôturé, le lundi 2 novembre 2026, sa tournée stratégique à Benghazi, marquant une étape majeure dans le réalignement géopolitique du Sahel. À son départ du sol libyen, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Dr Abdulhadi Al-Huweij, représentant le chef du gouvernement de l’Est, le Dr Oussama Hammad, lui a rendu les honneurs protocolaires. Ce départ solennel consacre ainsi la réussite d’un déploiement diplomatique et militaire d’envergure mené par la haute direction de Niamey.

La consolidation d’un axe diplomatique et sécuritaire saharien

Ce déplacement officiel scelle le rapprochement structurant entre les autorités nigériennes et le commandement opérationnel de la Cyrénaïque. Au cours de son séjour, le chef du gouvernement nigérien a multiplié les rencontres au sommet, s’entretenant longuement avec le maréchal Khalifa Haftar, commandant en chef des Forces armées libyennes, ainsi qu’avec le général Saddam Haftar. Les deux parties ont ensuite concrétisé leurs engagements mutuels par la signature d’un accord-cadre de coopération stratégique. Ce partenariat bilatéral vise en priorité la stabilisation des zones frontalières partagées, la neutralisation des groupes armés transnationaux ainsi que la fluidification des échanges économiques interrégionaux.

Ali Mahamane Lamine ZEINE
© Ali Mahamane Lamine ZEINE
Une réponse concertée aux défis d’aménagement et de stabilité

Outre le volet purement militaire, la mission nigérienne a évalué les dynamiques de reconstruction et de génie civil déployées à Benghazi. Guidée par le Fonds pour le développement et la reconstruction de la Libye, la délégation a inspecté divers chantiers d’infrastructures urbaines et universitaires. Cette immersion technique illustre, par ailleurs, la volonté de Niamey d’associer la gestion des crises sécuritaires à des perspectives concrètes de développement territorial. Le gouvernement nigérien perçoit ainsi la stabilité de l’Est libyen comme un levier direct pour sécuriser ses propres frontières septentrionales et dynamiser le commerce transsaharien.

Un virage pragmatique pour l’architecture du Sahel

En institutionnalisant ce canal de concertation permanente avec l’exécutif de Benghazi, le Niger réaffirme une conduite souveraine et pragmatique de sa politique étrangère. Les deux nations instaurent désormais des mécanismes de suivi régulier afin de garantir l’exécution méthodique de leurs engagements sécuritaires. Dès lors, cette alliance renouvelée entre Niamey et Benghazi redessine les équilibres géopolitiques au cœur de l’espace sahélo-saharien, érigeant la coopération transfrontalière directe en pilier de la stabilité régionale.

Niger-Libye : Rencontre entre Ali Lamine Zeine et le maréchal Haftar

Au lendemain de la signature d’un pacte de coopération stratégique bilatéral, le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, a rencontré ce lundi 2 novembre 2026 le maréchal Khalifa Haftar dans son fief de Benghazi. Cette audience, accordée au siège des Forces armées libyennes (FAL), parachève une offensive diplomatique d’envergure destinée à verrouiller la frontière saharienne et à restructurer l’architecture de sécurité du Sahel.

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Une délégation militaire de haut rang au cœur des négociations

Accompagné d’un état-major stratégique, comprenant notamment le général Amadou Ibro, chef d’état-major particulier du président Abdourahamane Tiani, et le général Abdourahmane Abou Zataka, patron de l’armée de terre, le chef du gouvernement nigérien a affiché la détermination opérationnelle de Niamey. Dès dimanche, la délégation avait acté un protocole d’accord-cadre avec le général Saddam Haftar et le président du gouvernement de l’Est libyen, le Dr Oussama Hammad. L’entretien de ce lundi avec le maréchal Haftar a ainsi formalisé cet engagement au plus haut niveau de la hiérarchie militaire de Cyrénaïque, tout en s’accompagnant d’échanges fraternels adressés directement au chef de l’État nigérien.

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La frontière saharienne au centre des priorités tactiques

Ce rapprochement inédit répond à des impératifs sécuritaires urgents le long d’une frontière désertique commune particulièrement vulnérable. Niamey et Benghazi articulent notamment leur alliance autour de la neutralisation des groupes armés terroristes, du démantèlement des filières de contrebande et du contrôle des mouvements de combattants rebelles. Par ailleurs, le rôle déterminant joué par Benghazi fin octobre dans la libération d’une ressortissante suisse et d’une ressortissante autrichienne, détenues en otage au Sahel depuis plus d’un an, illustre l’influence tactique grandissante du commandement libyen dans la gestion des crises sahariennes.

Un réalignement géopolitique majeur au Sahel

En consolidant ce canal direct avec l’exécutif de Benghazi, le régime nigérien concrétise un virage diplomatique éminemment pragmatique. Cet accord offre ainsi à Niamey la garantie d’un partenaire doté de capacités militaires conséquentes pour stabiliser son flanc septentrional. De son côté, le commandement de Benghazi voit dans cette entente un moyen de renforcer sa stature d’acteur incontournable de la stabilité régionale, en fondant ce partenariat sur des mécanismes permanents de concertation et de suivi sécuritaire.