NIAMEY, 17 août 2026 — Le Niger et l’Algérie veulent donner une nouvelle impulsion à leur partenariat stratégique. Le président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a reçu lundi au Palais de la Présidence l’ambassadeur d’Algérie au Niger, Saadi Ahmed, pour examiner les principaux axes de la coopération entre les deux pays.
Dr Soumana Boubacar, ministre, directeur de cabinet du président de la République et porte‑parole du gouvernement, a assisté à la rencontre.
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par la montée en puissance des projets énergétiques régionaux et par le renforcement des relations entre Niamey et Alger. Les deux responsables ont notamment évalué les perspectives ouvertes par les grands projets d’infrastructures reliant les pays de la région.
Le pétrole d’Agadem‑Kafra ouvre une nouvelle séquence
Les échanges ont pris une dimension particulière au lendemain du lancement du bloc pétrolier d’Agadem‑Kafra. Le chef de l’État nigérien et le diplomate algérien ont relevé le bon déroulement de la cérémonie consacrée à cette nouvelle étape du développement du secteur énergétique nigérien.
Par ailleurs, les discussions traduisent la volonté des deux capitales de consolider une coopération qui dépasse le seul secteur pétrolier. L’énergie, les infrastructures et les grands projets transfrontaliers constituent désormais des leviers majeurs de ce rapprochement.
L’un des dossiers évoqués concerne le projet de gazoduc devant relier le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger. Ce projet régional pourrait renforcer le rôle du Niger dans les échanges énergétiques entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord.
Pour Niamey comme pour Alger, la réalisation d’une telle infrastructure représente un enjeu économique et stratégique. Elle pourrait favoriser la circulation des ressources énergétiques, soutenir l’intégration régionale et créer de nouvelles opportunités de coopération entre les États concernés.
L’ambassadeur Saadi Ahmed a, par ailleurs, salué la maîtrise des dossiers affichée par le président Tiani et mis en avant les perspectives de développement des relations bilatérales.
Niamey mise sur des partenariats à portée régionale
Cette audience illustre également la place croissante des partenariats énergétiques dans la diplomatie nigérienne. Le pays cherche à valoriser ses ressources tout en développant des infrastructures susceptibles d’accroître son rôle dans les échanges régionaux.
La coopération avec l’Algérie s’inscrit ainsi dans une logique plus large : transformer les projets énergétiques en instruments de développement, de connectivité et d’intégration africaine.
En somme, au‑delà des accords bilatéraux, cette rencontre marque une étape décisive : Niamey et Alger entendent transformer leurs ressources énergétiques en un véritable levier d’intégration régionale et de puissance africaine
Le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine s’est entretenu, ce mardi 11 août 2026, avec une délégation du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) menée par son administrateur associé, Haoliang Xu.
Si l’audience s’inscrit dans le cadre du suivi des projets de développement, de sécurité et d’économie, Niamey en a profité pour fixer ses conditions : l’accompagnement des partenaires internationaux devra désormais s’aligner strictement sur les priorités nationales définies par le gouvernement nigérien.
Le Niger veut garder la main sur son agenda de développement
Les discussions ont porté sur les progrès enregistrés, les résultats obtenus et les défis persistants dans les domaines économique, social et sécuritaire. Mais au-delà du bilan, c’est la question de l’orientation des appuis extérieurs qui donne à cette rencontre sa dimension stratégique.
Pour Niamey, les partenaires doivent désormais aligner leurs interventions sur les priorités nationales définies par le Programme de la Refondation de la République. Autrement dit, la coopération doit répondre directement aux besoins identifiés par le pays, plutôt que de suivre des logiques parallèles. Une exigence qui reconfigure d’ores et déjà les perspectives de financement, d’investissement et d’accompagnement technique.
Le message adressé au PNUD s’inscrit également dans une conception particulière de la coopération internationale. Le Premier ministre a salué la disponibilité renouvelée du système des Nations unies à accompagner le Niger, tout en insistant sur le respect de la souveraineté, des choix et des priorités nationales.
Le principe posé est celui d’un partenariat qui accompagne sans se substituer. Cette approche place l’autonomie au centre du dialogue avec les institutions internationales. Pour Niamey, l’enjeu n’est donc pas de réduire la coopération, mais de lui donner une orientation davantage compatible avec les objectifs fixés par les autorités nationales.
L’autre enseignement de cette rencontre concerne la manière d’évaluer les futurs partenariats. Les deux parties ont convenu de poursuivre leur collaboration afin de transformer les engagements en actions concrètes et en résultats durables au bénéfice des populations. Cette exigence introduit une logique de résultat dans la relation entre le Niger et ses partenaires.
Les annonces devront désormais trouver leur traduction dans des projets, des investissements et des réalisations mesurables. Pour un pays confronté simultanément à des défis économiques, sociaux et sécuritaires, cette recherche d’efficacité est un enjeu central.
La rencontre entre Ali Mahamane Lamine Zeine et Haoliang Xu intervient à un moment clé où le Niger cherche à consolider sa trajectoire de développement tout en redéfinissant les règles de ses partenariats extérieurs. Si le PNUD demeure un interlocuteur stratégique, le message de Niamey est limpide : l’efficacité de l’aide se mesurera désormais à sa capacité à soutenir concrètement les priorités nationales sur les terrains économique, social et sécuritaire.
La rencontre de cette journée aura ainsi posé un principe fondamental. La coopération internationale reste un levier précieux, à condition qu’elle s’inscrive dans la vision définie par le Niger et qu’elle produise des effets tangibles pour les populations. À Niamey, le dialogue se poursuit, mais l’équation est désormais posée : accompagner le Niger, oui ; définir son cap à sa place, non.
Le Dr Mamoudou Harouna Djingarey et la mission de l’OIM harmonisent leurs visions pour la souveraineté et le développement national.
NIAMEY, 29 juillet 2026 — C’est sous le signe de l’alignement stratégique et de la dignité retrouvée que se sont ouverts, dans les salons d’honneur du Conseil Consultatif de la Refondation, des pourparlers de haute volée diplomatique. En mission de prospection dans notre capitale, la haute diplomatie de l’Organisation internationale pour les migrations a été reçue avec tous les égards dus à son rang par le Président de l’institution citoyenne.
Aux côtés du Dr Mamoudou Harouna Djingarey, une impressionnante délégation de hauts responsables de la nation — au premier rang desquels figurent les universitaires et experts présidant les commissions chargées du développement durable et de la justice — a pris part à ces échanges d’orientation. Les débats ont permis de repenser globalement la trajectoire de la dynamique migratoire régionale.
« Aucune assistance extérieure ne saurait s’écarter des lignes directrices tracées souverainement par le peuple nigérien pour sa propre refondation. »
Une coopération réorientée vers les priorités de la Nation
Loin des habituelles rencontres protocolaires, la séance s’est focalisée sur des axes névralgiques : l’ancrage des mécanismes de soutien à l’essor national, la consolidation des structures d’accueil et le rôle déterminant que doivent jouer les compétences de l’extérieur au profit de la Patrie.
À cet égard, les participants ont placé le grand rendez-vous des forces vives de la diaspora et les orientations stratégiques du Programme de Résilience au centre des priorités d’action. L’émissaire internationale a formellement acté le respect des décisions patriotiques nigériennes, promettant une synergie d’action recentrée sur l’intérêt exclusif de nos populations.
En réaffirmant la primauté du respect mutuel dans toute démarche partenariale, le Conseil Consultatif démontre une fois de plus que la Refondation en marche sait allier ouverture diplomatique et défense inflexible de l’intérêt national.
Niamey, 27 juillet 2026 – Les consultations entre les responsables des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) se poursuivent en marge des manifestations marquant le troisième anniversaire de l’accession du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) au pouvoir. Ce lundi, le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, le Général de division Mohamed Toumba, a accordé une audience à Bassolma Bazié, président de la Commission nationale burkinabè de la Confédération AES.
En séjour au Niger pour prendre part aux activités commémoratives organisées à cette occasion, le responsable burkinabè s’est rendu au ministère de l’Intérieur pour une visite de courtoisie. Cette rencontre a offert aux deux personnalités l’occasion d’échanger sur les enjeux qui mobilisent actuellement les États membres de la Confédération de l’AES.
Renforcement de la coopération et des initiatives de sécurité au sein de la Confédération
Lors des entretiens, Bassolma Bazié a salué les initiatives entreprises par les autorités nigériennes dans le domaine de la sécurité. Il a notamment exprimé son appréciation pour les actions engagées afin d’assurer la protection des populations et de renforcer la stabilité, aussi bien sur le territoire nigérien qu’à l’échelle de l’espace confédéral.
Les échanges ont également mis en lumière la volonté des États membres de poursuivre leurs efforts de coopération face aux défis communs. Les questions liées à la sécurité demeurent en effet au cœur des priorités de la Confédération, qui entend développer une approche concertée pour répondre aux menaces affectant la région.
Consolider le dialogue institutionnel entre les États membres de l’AES
Cette audience intervient dans un contexte de multiplication des rencontres entre responsables politiques et institutionnels des pays de l’AES, à l’occasion des célébrations organisées à Niamey. Ces rendez-vous traduisent la volonté des autorités de consolider les liens entre les trois États membres et de renforcer les mécanismes de coordination mis en place depuis la création de la Confédération.
En recevant le président de la Commission nationale burkinabè de la Confédération AES, le ministre d’État Mohamed Toumba a ainsi réaffirmé l’importance du dialogue entre les institutions des pays membres, considéré comme un levier essentiel pour soutenir les ambitions communes en matière de sécurité, de stabilité et d’intégration régionale.
Ce jour, le Ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire a accordé une audience de haut niveau à une importante délégation sud-africaine. Au menu des échanges : l’élargissement d’une coopération bilatérale prometteuse.
Niamey, 22 juillet 2026 —La diplomatie sécuritaire bat son plein dans la capitale nigérienne. Le ministre d’État a reçu une délégation venue du pays de Nelson Mandela, conduite par un poids lourd de l’appareil sécuritaire sud‑africain : Kubyane Jeffrey Thokoane, patron de l’Agence de la sécurité d’État.
Si la présence de cette délégation à Niamey s’inscrivait d’abord dans le cadre d’une visite de travail et de la présentation des civilités d’usage au Ministre d’État, les discussions ont rapidement pris une dimension hautement stratégique. Loin d’être une simple rencontre protocolaire, ce tête-à-tête a ainsi servi de tremplin pour explorer de nouvelles perspectives de partenariat.
Les deux parties ont, en effet, mis à profit cette audience pour étudier les voies et moyens d’élargir la coopération entre le Niger et l’Afrique du Sud. Dans un contexte sous-régional et continental où les défis sécuritaires exigent des réponses mutualisées, ce rapprochement entre Niamey et Pretoria résonne comme une volonté d’affirmer un axe de coopération Sud-Sud solide et décomplexé.
L’arrivée du premier responsable du renseignement sud-africain dans les locaux du ministère de l’Intérieur nigérien n’a rien d’anodin. Elle illustre la dynamique d’ouverture du Niger vers des partenaires africains influents, capables d’accompagner le pays dans la consolidation de sa souveraineté sécuritaire et institutionnelle.
Cette rencontre pose ainsi les jalons d’une collaboration qui pourrait s’étendre au-delà des échanges d’informations institutionnelles, ouvrant la voie à une nouvelle ère de coopération entre les deux nations.
en somme, ce rapprochement sécuritaire entre le Niger et l’Afrique du Sud envoie un signal fort : l’Afrique choisit de bâtir ses propres réponses face aux menaces régionales.
Le Niger élargit son horizon diplomatique pour servir ses ambitions économiques. Trois ans après la réorientation de sa politique extérieure consécutive aux événements du 26 juillet 2023, Niamey poursuit sa stratégie de diversification de ses partenaires. La visite officielle du ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, au Sultanat d’Oman à ne relève pas seulement de la diplomatie : elle traduit la volonté du Niger d’attirer des investissements, d’ouvrir de nouveaux débouchés et de bâtir des alliances économiques en dehors de ses partenaires traditionnels.
Du 19 au 21 juillet 2026, la capitale omanaise a accueilli une délégation nigérienne composée de cadres du ministère des Affaires étrangères, du directeur général de l’Agence nationale pour la promotion des investissements privés et des projets stratégiques (ANPIPS), ainsi que de représentants des secteurs de l’agriculture, de l’élevage, des mines et du pétrole.
Ce déplacement illustre la mutation de la politique étrangère nigérienne : la diplomatie devient un levier de prospection économique, où les enjeux commerciaux et financiers occupent désormais une place centrale.
Transformer le dialogue politique en partenariats concrets
Face aux autorités omanaises, les discussions ont rapidement dépassé le cadre protocolaire. Les entretiens entre le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, et son homologue, Sayyid Badr Al‑Busaidi, ont été complétés par plusieurs séances de travail avec les dirigeants de l’autorité omanaise chargée de l’investissement et des institutions économiques du Sultanat.
L’objectif est clair : transformer la relation diplomatique en un partenariat économique concret. Pour Niamey, il s’agit de convaincre Oman de regarder vers le Niger comme une terre d’opportunités et de mobiliser des capitaux stratégiques autour de secteurs prioritaires : l’agriculture, l’élevage, l’exploitation minière et pétrolière, ainsi que le commerce.
En présentant ces opportunités d’investissements productifs, le Niger entend valoriser davantage ses ressources naturelles et faire du soutien financier omanais un levier majeur de la transformation de son économie nationale.
L’atout omanais : capitaux, expertise et neutralité
Le Sultanat d’Oman, reconnu pour sa neutralité au Moyen‑Orient, dispose d’importantes capacités financières et d’une solide expertise dans les domaines portuaire, logistique, énergétique, agricole et minier. En se tournant vers Mascate, Niamey cible un acteur discret mais influent du Golfe, capable de diversifier ses investissements et de renforcer sa présence en Afrique.
Pour le Niger, confronté à la nécessité de financer ses infrastructures et de créer des emplois, cette convergence d’intérêts ouvre la perspective de partenariats susceptibles d’accélérer la transformation économique et la valorisation des filières stratégiques.
Cap sur la souveraineté et la diversification des alliances
Cette mission s’inscrit dans la stratégie engagée par les autorités nigériennes après juillet 2023 : multiplier les partenariats internationaux afin de réduire la dépendance à un nombre limité d’alliés économiques et renforcer la capacité du pays à financer ses priorités nationales.
Elle répond également à une logique de souveraineté économique : attirer des investisseurs provenant d’horizons variés permet de diversifier les sources de financement et de limiter les risques liés à une concentration des partenariats.
Les deux pays ont identifié plusieurs domaines susceptibles de structurer leur future coopération : l’agriculture et l’élevage, pour renforcer la sécurité alimentaire ; les mines et le pétrole, pour valoriser les ressources naturelles ; enfin, les investissements privés et le commerce, pour soutenir la transformation économique du Niger.
Cette première visite officielle d’un ministre nigérien au Sultanat d’Oman marque un tournant dans les relations entre Niamey et Mascate. Les deux États affichent désormais leur volonté de bâtir une coopération fondée sur des projets concrets, des investissements ciblés et un suivi institutionnel.
Pour le Niger, cette ouverture vers le Golfe confirme une évolution profonde de sa politique étrangère : la diplomatie n’est plus seulement un instrument de représentation. Elle devient un outil de conquête économique, destiné à attirer les capitaux, les financements, les technologies et les expertises susceptibles d’accélérer son développement dans des secteurs stratégiques. Elle illustre la volonté de Niamey d’élargir son réseau de partenaires économiques à des puissances émergentes disposant de capacités d’investissement importantes.
Si les projets évoqués à Mascate se concrétisent, cette mission pourrait constituer un tournant dans la diplomatie économique nigérienne, en faisant d’Oman un nouveau partenaire de référence pour les investissements et la transformation structurelle de l’économie du pays.
Niamey donne le coup d’envoi d’une vaste consultation diplomatique voulue par les Nations Unies. En recevant, lundi, l’Envoyée du Secrétaire général de l’ONU, Sahle-Work Zewde, le président nigérien, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a placé le Niger au centre d’une mission appelée à redéfinir l’action du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS). Une tournée qui doit conduire l’ancienne présidente éthiopienne dans les pays de la CEDEAO comme dans ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Le Niger est le premier pays visité dans le cadre de la revue du mandat de l’UNOWAS, une mission confiée à Sahle-Work Zewde par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Reçue en audience par le chef de l’État nigérien, l’ancienne présidente de l’Éthiopie est venue présenter les contours d’un exercice qui vise à mesurer l’efficacité de l’action de ce bureau régional dans un contexte marqué par de profondes recompositions politiques et sécuritaires en Afrique de l’Ouest.
L’objectif est d’évaluer la manière dont l’UNOWAS remplit ses missions de prévention des conflits, de médiation, de bons offices et de coopération avec les États de la région.
Une consultation élargie aux États de la CEDEAO et de l’AES
Au-delà des échanges avec les autorités nigériennes, la mission prévoit une série de consultations dans l’ensemble des pays concernés. La mission sollicitera les gouvernements, les partis politiques et les organisations de la société civile afin de recueillir leurs appréciations sur le rôle joué par l’UNOWAS et sur les attentes pour les années à venir.
Ces contributions alimenteront un rapport qui sera présenté au Conseil de sécurité des Nations Unies. Les conclusions de cette évaluation pourraient orienter l’évolution du mandat de l’institution et ses priorités dans une région confrontée à des défis sécuritaires, politiques et humanitaires persistants.
Lors de son entretien avec le président Abdourahamane Tiani, Sahle-Work Zewde a rappelé que ses relations avec le Niger remontent à plus de trois décennies. Elle avait participé en 1993 à une mission d’observation électorale de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) dans le pays.
Elle a également salué les évolutions qu’elle dit avoir constatées depuis cette période, tout en soulignant l’importance d’un dialogue permanent entre les Nations Unies et les États de la région.
Le Niger réaffirme sa disponibilité
À l’issue de la rencontre, le président Abdourahamane Tiani a pris acte des objectifs de la mission et a assuré de la disponibilité des autorités nigériennes à contribuer pleinement au processus de revue du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.
L’audience s’est déroulée en présence de membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), du ministre directeur de cabinet du président et porte-parole du gouvernement, Dr Soumana Boubacar, ainsi que du conseiller chargé des questions stratégiques et diplomatiques.
Une évaluation déterminante pour l’action de l’ONU
Face à une Afrique de l’Ouest traversée par de profonds bouleversements géopolitiques, l’ONU joue la carte de l’inclusivité. En choisissant d’ouvrir cette mission stratégique à Niamey, les Nations Unies envoient un message fort : l’avenir et la réussite de l’UNOWAS passeront inévitablement par une écoute attentive de tous les acteurs, de la CEDEAO jusqu’à l’AES. La délicate refonte diplomatique est désormais lancée.
Quatre-vingt-cinq pays et près de trois cents exposants se pressent cette semaine au Centre international de conférences Bola Ahmed Tinubu à Abuja. Le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini, y multiplie les échanges bilatéraux afin d’esquisser de nouveaux partenariats autour de la société nationale Sonidep.
La vingt-cinquième édition de la NOG Energy Week réunit cette semaine à Abuja des ministres, des dirigeants de compagnies nationales et des investisseurs venus de quatre-vingt-cinq pays. L’événement, organisé au Centre international de conférences Bola Ahmed Tinubu, rassemble près de trois cents exposants autour des enjeux d’investissement, de partenariats et d’innovation qui traversent le secteur énergétique africain.
Devenu, au fil des ans, le principal rendez-vous du Nigeria pour la communauté énergétique internationale, le forum s’est imposé comme un catalyseur stratégique pour les entreprises et les populations d’une région en pleine mutation énergétique. Ainsi, ministres, régulateurs, compagnies pétrolières nationales et internationales, opérateurs locaux et financiers y confrontent leurs stratégies afin d’accélérer la transition vers un avenir énergétique plus sûr et plus durable.
Le ministre du Pétrole du Niger, Hamadou Tini, participe à cette rencontre et a mené plusieurs entretiens avec des homologues chargés des hydrocarbures dans différents pays présents à Abuja. Ces échanges visent notamment à poser les bases de partenariats susceptibles de permettre à la Société nigérienne des produits pétroliers (Sonidep) de gagner en poids parmi les acteurs pétroliers du continent.
Par ailleurs, le ministre du Pétrole a profité de sa présence à Abuja pour engager des discussions bilatérales destinées à ouvrir de nouvelles perspectives de coopération pour la Sonidep.
À la tête du ministère du Pétrole, Hamadou Tini pilote depuis plusieurs mois une série de réformes du secteur, notamment la révision du Code des hydrocarbures et l’élaboration d’un nouveau modèle de contrat de partage de production, avec pour objectif de renforcer la capacité de négociation de l’État face aux partenaires internationaux.
Organisée depuis vingt-cinq ans à Abuja, la NOG Energy Week s’est imposée comme l’un des principaux rendez-vous énergétiques du continent. Cette année, l’édition 2026 se tient sous le thème de la compétitivité et de la résilience économique, et associe une conférence stratégique, un séminaire sur le contenu local, un séminaire technique et une exposition internationale.
À cette occasion, le forum réunit des ministres et responsables énergétiques venus notamment du Nigeria, du Niger, du Zimbabwe, de l’Ouganda et de plusieurs pays partenaires, aux côtés de grandes compagnies pétrolières internationales et nationales.
Visite des stands au Centre international de conférences
Les ministres des Hydrocarbures présents à Abuja pour la NOG Energy Week ont visité, dans l’après-midi, les stands d’exposition installés au Centre international de conférences Bola Ahmed Tinubu, qui accueille pour la vingt-cinquième fois ce grand rendez-vous annuel des professionnels du pétrole et du gaz.
À cette occasion, hôte de marque de son homologue nigérian, le ministre nigérien du Pétrole a suivi avec attention les présentations des exposants consacrées aux solutions et aux technologies innovantes développées par des universitaires et des porteurs de projets du continent. En effet, cette étape de la NOG Energy Week met traditionnellement en avant les savoir-faire africains en matière d’exploration, de production et de valorisation des ressources énergétiques.
Enfin, la présence du Niger à ce rendez-vous s’inscrit dans un contexte de repositionnement de la politique pétrolière nationale, marqué depuis 2023 par une volonté affichée des autorités de renforcer la souveraineté du pays sur ses ressources naturelles. Le pétrole, exploité depuis 2012, occupe une place croissante dans l’économie nigérienne, et le développement de la Sonidep figure parmi les priorités affichées par le gouvernement.
Le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, a quitté Niamey cet après-midi pour Abuja, au Nigeria. À la tête d’une importante délégation de hauts cadres de son département ministériel, il prend part à la 25ᵉ édition de la NOG Energy Week, un rendez-vous de premier plan consacré à l’avenir énergétique du continent.
Une présence stratégique à Abuja
L’édition de cette année, qui se déroule du 5 au 9 juillet 2026, s’annonce comme un carrefour décisif pour la coopération et le développement des ressources énergétiques en Afrique. À cette occasion, le ministre Hamadou Tini conduit personnellement une équipe d’experts et de techniciens de haut niveau afin de marquer la présence de son département et de porter la voix de son secteur au cœur des grands débats qui redessinent l’industrie pétrolière et gazière mondiale.
Face aux défis immédiats et futurs du secteur
La NOG Energy Week est bien plus qu’une simple vitrine. En effet, cette grande conférence-exposition réunit le gotha de l’industrie énergétique, des décideurs politiques de premier plan ainsi que les principaux acteurs de la finance internationale.
Durant cinq jours, la délégation ministérielle participera activement aux discussions stratégiques visant à relever les défis les plus urgents du secteur. Les échanges porteront notamment sur plusieurs priorités majeures :
La durabilité : intégrer les nouvelles exigences environnementales au cœur des projets d’extraction et de transformation ;
L’industrialisation et la croissance : transformer l’exploitation des ressources en véritables leviers de développement économique local ;
La sécurité énergétique : définir une feuille de route claire et résiliente afin de garantir un avenir énergétique sûr et souverain.
Par ailleurs, ce séjour à Abuja représente une opportunité majeure pour la délégation de nouer des partenariats stratégiques, d’attirer de nouveaux investissements et d’échanger sur les meilleures pratiques technologiques afin d’optimiser la contribution du secteur pétrolier à l’économie nationale.
Dans un Sahel en pleine reconfiguration géopolitique, les alliances ne se nouent plus uniquement autour des enjeux de sécurité militaire, mais aussi autour des urgences vitales. L’accès à l’eau s’impose désormais comme l’un des principaux défis sécuritaires et de développement de la région.
Ce mardi 30 juin 2026, le Palais de la République à Niamey a été le théâtre d’un ballet diplomatique hautement symbolique. Le Président du Niger, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a accordé une audience à Fatime Aldjineh Garfa, ministre déléguée tchadienne chargée de l’Intégration africaine et envoyée spéciale du Président du Tchad.
Au-delà des civilités d’usage, cette rencontre portait un objectif stratégique lourd de sens : poser les jalons d’un front commun entre le Niger et le Tchad face au stress hydrique qui frappe de plein fouet la bande saharienne.
L’émissaire tchadienne était porteuse d’une invitation officielle du Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno invitant le chef de l’État nigérien à participer à la Conférence internationale sur l’eau, qui se tiendra à N’Djamena les 15 et 16 juillet 2026.
Si la rencontre de Niamey s’est déroulée en présence de l’état-major diplomatique nigérien — notamment le ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré, le Directeur de cabinet et porte-parole du gouvernement Dr Soumana Boubacar, et le conseiller stratégique Illo Adani —, c’est que les enjeux dépassent le simple cadre protocolaire.
Confrontés à l’avancée du désert, à l’assèchement progressif des points d’eau pastoraux et aux tensions communautaires liées à l’accès aux ressources, le Niger et le Tchad ont acté une décision majeure : parler d’une seule et unique voix lors des prochaines échéances internationales.
L’hydropolitique, nouvelle arme de plaidoyer du Sahel
En choisissant de faire cause commune sur la gestion de l’eau, Niamey et N’Djamena changent de paradigme. Longtemps perçus par la communauté internationale à travers le seul prisme des crises sécuritaires, les deux États pivots du Sahel central entendent démontrer que la stabilité de la région passe d’abord par la résilience climatique.
Cette stratégie de l’Union sacrée autour de l’eau poursuit trois objectifs implicites :
Capter les financements climatiques mondiaux : en unissant leurs voix, les deux pays pèsent plus lourd face aux bailleurs de fonds internationaux (Banque mondiale, BAD, fonds verts) pour financer de grands projets d’infrastructures hydrauliques et d’irrigation.
Anticiper les conflits locaux : l’accès à l’eau est le premier déclencheur des conflits intercommunautaires entre éleveurs et agriculteurs au Sahel. Une gestion concertée des bassins partagés (comme le bassin du lac Tchad) est un gage de paix intérieure.
Affirmer une souveraineté environnementale : face aux agendas dictés par l’extérieur, les chefs d’État sahéliens veulent imposer leurs propres priorités et rappeler que la crise de l’eau au Sahel est une urgence humanitaire globale.
Alors que la Conférence de mi-juillet approche, les lignes bougent. En réaffirmant la solidité de leurs liens fraternels à travers le prisme de l’environnement, le Niger et le Tchad rappellent au reste du monde que dans le désert sahélien, la paix se mesurera d’abord à la sécurité de ses sources d’eau.
En marge de la 20ᵉ session de l’UPCI en Azerbaïdjan, le président du Conseil Consultatif de la Refondation (CCR), Dr Mamoudou Harouna Djingarey, multiplie les offensives diplomatiques face aux puissances du Moyen-Orient.
Les couloirs du centre de conférences de Bakou bruissent d’intenses tractations politiques. À l’occasion de la 20ᵉ session de l’Union des Parlements des États membres de l’Organisation de la Coopération Islamique (UPCI), qui se tient actuellement en Azerbaïdjan, la délégation nigérienne ne fait pas de la figuration. Porteur de la voix du Niger de la Refondation, le Dr Mamoudou Harouna Djingarey, président du Conseil Consultatif de la Refondation (CCR), mène une contre-offensive diplomatique discrète mais hautement stratégique.
Alors que son pays redéfinit ses alliances internationales, le président du CCR utilise la tribune de l’UPCI pour consolider l’ancrage de Niamey auprès des acteurs majeurs de la péninsule Arabique.
L’axe Niamey-Doha : consolider les acquis humanitaires et politiques
Le premier temps fort de cette série de rencontres bilatérales s’est joué lors de l’audience accordée à Son Excellence Hassan bin Abdullah Al-Ghanim, président du Conseil de la Choura du Qatar. Accompagné d’une importante délégation, le représentant de l’émirat a longuement échangé avec le Dr Djingarey.
Au-delà du protocole, les discussions ont rapidement convergé vers les défis sécuritaires et de développement qui secouent la bande sahélo-saharienne. À cette occasion, le Dr Mamoudou Harouna Djingarey a profité de ce face-à-face pour saluer l’engagement constant de Doha aux côtés des populations nigériennes, matérialisé sur le terrain par le déploiement des projets de la fondation Qatar Charity. Pour Niamey, maintenir ce pont humanitaire et financier avec le riche émirat du Golfe reste en effet une priorité absolue.
Oman : le choix de la médiation et de la stabilité
Dans la foulée, le salon bilatéral du président du CCR a ouvert ses portes à une autre figure clé de la diplomatie moyen-orientale : Son Excellence Cheikh Khalid Ben Hilal Bin Nasser Al-Maawali, président du Conseil de la Choura du Sultanat d’Oman.
Reconnu sur la scène internationale pour son rôle traditionnel de médiateur et de promoteur de la paix, le Sultanat d’Oman représente un partenaire de choix pour le Niger. Les deux dirigeants ont ainsi exploré les voies d’un renforcement de leur coopération parlementaire, s’accordant sur la nécessité de faire des parlements des vecteurs de solidarité et de stabilisation face aux crises régionales.
« Les institutions parlementaires ne doivent pas seulement voter des lois, elles doivent jeter des ponts de paix là où les exécutifs font face à des vents contraires », résume un conseiller de la délégation nigérienne.
Fidèle aux traditions d’hospitalité et de respect mutuel, cette intense séquence diplomatique s’est conclue par de chaleureux échanges de présents entre le Dr Djingarey et ses homologues du Qatar et d’Oman, sous les yeux de leurs délégations respectives.
À Bakou, le président du CCR démontre que la Refondation nigérienne se décline aussi à l’international. En s’affichant aux côtés des puissances financières et diplomatiques du Golfe, Niamey s’assure ainsi de précieux soutiens pour la suite de sa transition économique et sécuritaire.
Le Premier ministre a réuni ce 24 juin 2026 à Niamey les ministres de l’Économie et des Mines du Mali et du Burkina Faso. Une séance de travail hautement stratégique pour accélérer l’intégration économique et la souveraineté des ressources au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).
L’architecture de la Confédération des États du Sahel (AES) passe à la vitesse supérieure, élargissant son action au-delà du seul terrain militaire pour structurer son poumon économique. Ce mercredi 24 juin 2026, le Premier Ministre , Ali Mahamane Lamine Zeine, a transformé les bureaux de la Primature à Niamey en un véritable centre de commandement géo-économique.
Le chef du gouvernement a reçu une délégation ministérielle de premier plan venue de Ouagadougou et de Bamako. Autour de la table, le cœur financier et minier de la région : le Burkinabè Aboubakar Nacanabo (Économie et Finances), son homologue malien Alousseini Sanou (ministre d’État, Économie et Finances), épaulés par les ministres en charge des Mines, Yacouba Zabré Gouba (Burkina Faso) et le professeur Amadou Keïta (Mali). Pour parfaire ce dispositif, les ministres nigériens des Affaires étrangères et du Pétrole ont également pris part aux discussions.
L’or, le pétrole et le coton : le triptyque de la souveraineté
Si la charte de l’AES, unissant le Niger, le Mali et le Burkina Faso, s’est d’abord forgée dans la lutte commune contre le terrorisme, la consolidation de l’alliance dépend désormais de sa capacité à bâtir un espace de développement intégré. L’enjeu de cette réunion à Niamey est limpide : harmoniser les politiques extractives et financières pour s’affranchir des tutelles économiques extérieures.
Le sous-sol de ces trois États regorge de richesses — de l’or malien et burkinabè à l’uranium et au pétrole nigériens. En réunissant simultanément les gardiens des trésors publics et les maîtres des concessions minières et pétrolières, Ali Mahamane Lamine Zeine pose les jalons d’une stratégie commune. Il s’agit notamment de maximiser la transformation locale des matières premières et de réfléchir à des mécanismes de financement endogènes pour les grands projets d’infrastructures transfrontaliers.
Un front uni face aux défis macroéconomiques
Cette grande messe de Niamey intervient alors que la Confédération cherche à solidifier sa résilience économique face aux pressions internationales et régionales. La présence combinée d’Alousseini Sanou et d’Aboubakar Nacanabo aux côtés de Lamine Zeine — trois technocrates chevronnés — montre que l’AES veut rassurer les marchés tout en imposant ses propres règles du jeu.
En affichant cette parfaite unité de doctrine entre les ministères des Finances, des Mines et du Pétrole, les trois pays de l’AES envoient un message clair aux partenaires internationaux et aux compagnies multinationales : l’accès aux ressources du Sahel se négociera désormais d’une seule et unique voix. Un virage historique pour le développement intégré de cet espace communautaire en pleine mutation.
Bakou, 22 juin 2026 – Le président du Conseil consultatif de la Refondation (CCR) du Niger, le Dr Harouna Djingarey Mamoudou, accélère son offensive diplomatique sur la scène internationale. Après avoir activement pris part au 4ᵉ Forum parlementaire économique de Marrakech au Maroc du 19 au 20 juin, l’autorité nigérienne a immédiatement rallié Bakou, en Azerbaïdjan. Il y conduit une importante délégation pour assister à la 20ᵉ conférence de l’Union parlementaire des États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).
Les délégués nigériens siégeront aux côtés des représentants parlementaires de l’espace islamique du 22 au 25 juin 2026. Cette grande messe multilatérale permettra d’aborder de front les enjeux majeurs de coopération politique, économique et institutionnelle.
De Marrakech à Bakou : le marathon diplomatique du CCR
Le déplacement à Bakou intervient dans le prolongement de la participation du président du CCR au 4ᵉ Forum parlementaire économique de Marrakech. En effet, les autorités de transition nigériennes entendent maintenir une présence active et décomplexée au sein des instances parlementaires mondiales.
Dès sa descente d’avion à l’aéroport international de Bakou le 21 juin, les officiels azerbaïdjanais et le corps diplomatique ont réservé un accueil solennel au Dr Harouna Djingarey Mamoudou. À la suite de ce protocole d’accueil, les deux parties ont tenu un premier entretien bilatéral au salon d’honneur.
Selon les canaux officiels, les discussions ont ciblé l’état des relations économiques entre Niamey et Bakou, tout en traçant de nouvelles perspectives de co-investissement dans des secteurs stratégiques d’intérêt commun.
La diplomatie parlementaire : une arme de positionnement pour le Niger
La participation du président du Conseil consultatif de la Refondation à la 20ᵉ conférence de l’Union parlementaire des États membres de l’OCI s’inscrit dans la stratégie de diplomatie parlementaire engagée par le Niger depuis plusieurs années.
À travers ce sommet, Niamey consolide ses alliances historiques avec les pays de l’Oumma islamique tout en diversifiant ses partenariats en dehors des canaux occidentaux traditionnels.
Par ailleurs, les commissions de travail, qui plancheront jusqu’au 25 juin, examineront des dossiers cruciaux liés au dialogue interparlementaire et aux défis sécuritaires et économiques communs du monde musulman. Ainsi, la délégation du CCR profitera de cette tribune internationale pour faire entendre la voix singulière du Niger et défendre ses intérêts géopolitiques en mutation.
Conduite par le Général de division Mohamed Toumba, Ministre d’État nigérien chargé de l’Intérieur, une délégation de haut rang a conclu dimanche à Cotonou deux jours de travaux techniques avec la partie béninoise. Cette rencontre historique ouvre la voie à la signature prochaine d’accords bilatéraux en vue de la réouverture de la frontière commune, close depuis août 2023.
Cotonou a été, le temps d’un week-end, le théâtre d’une diplomatie discrète mais déterminée. Depuis le vendredi 19 juin 2026, le Général de division Mohamed Toumba — Ministre d’État, Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire du Niger — séjournait dans la capitale économique béninoise à la tête d’une forte délégation. Celle-ci comprenait notamment les membres du comité national d’experts mandatés par les Autorités de la Transition nigériennes pour conduire les négociations relatives à la réouverture de la frontière commune et aux perspectives de relance de la coopération bilatérale.
Le samedi 20 juin dans la matinée, les deux délégations se sont retrouvées en séance plénière. En face du Général Toumba, la partie béninoise était représentée par M. Olushegun Adjadi Bakari, Ministre chargé de l’Intégration africaine, interlocuteur désigné de Cotonou dans ce dossier sensible. Les échanges se sont poursuivis le lendemain et ont pris fin aux alentours de 14 h, le dimanche 21 juin, avant que la délégation nigérienne ne regagne Niamey dans l’après-midi.
Au terme de cette rencontre organisée sur instruction des deux chefs d’État — le président de la République, le Général d’armée Abdourahamane Tiani, et son homologue béninois, Romuald Wadagni —, les deux délégations ont convenu de plusieurs points d’intérêt communs. Si le communiqué conjoint reste mesuré, des sources proches des commissions techniques confirment que la délégation nigérienne a posé ses conditions de manière ferme, fixant les nouvelles modalités non négociables d’une future coopération.
Ce qui est acté, en revanche, c’est la véritable vocation de ces travaux : poser les jalons en vue de la signature d’accords bilatéraux encadrant la réouverture progressive du poste-frontière entre les deux nations. Les deux chefs de délégation ont salué, à l’issue des travaux, la « maturité d’esprit » qui a guidé les échanges. Une formulation qui souligne le souci commun d’inscrire ce rapprochement dans la durée, au-delà des turbulences diplomatiques des trois dernières années.
L’exigence de sécurité : le triptyque non négociable de Niamey
Le Général Mohamed Toumba a articulé les exigences de Niamey autour d’un impératif de sécurité nationale absolu. En premier lieu, le Niger exige du Bénin des garanties formelles concernant l’absence totale de forces militaires françaises à proximité de la frontière commune, un sujet qui alimentait les tensions depuis 2023.
En second lieu, les experts nigériens imposent le déploiement de patrouilles militaires conjointes pour sécuriser le corridor Malanville-Niamey face aux menaces terroristes sahéliennes. Enfin, les deux parties dessinent un cadre juridique strict pour sanctuariser l’exploitation du pipeline pétrolier reliant Agadem au terminal de Sèmè-Kpodji, mettant ainsi l’économie à l’abri des soubresauts politiques extérieurs.
De la rupture de 2023 au virage diplomatique de 2026
Pour saisir la portée de cette séquence, il faut remonter au coup d’État du 26 juillet 2023 à Niamey. Dans son sillage, la fermeture de la frontière nigéro-béninoise, effective depuis août 2023, avait gravement perturbé le corridor commercial Cotonou–Malanville–Niamey — artère vitale d’un millier de kilomètres qui constitue le principal débouché maritime du Niger via le port de Cotonou. Les relations entre les deux capitales s’étaient ensuite dégradées en plusieurs paliers : rappel de l’ambassadeur béninois en février 2025, réaffirmation publique par Niamey du maintien de la fermeture en mai 2025, puis expulsions réciproques de diplomates en début d’année 2026.
C’est l’investiture du nouveau président béninois Romuald Wadagni, le 24 mai 2026, qui a constitué le premier signal tangible d’apaisement. Le Niger y était représenté par son Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine, à la tête d’une délégation officielle de haut rang. Quelques jours plus tard, le 2 juin, M. Wadagni se rendait à Niamey pour rencontrer le Général Tiani. Leurs entretiens, qualifiés de « grande cordialité », aboutissaient à un communiqué conjoint en neuf points actant la volonté des deux États de normaliser leurs relations et instituant un comité conjoint d’experts.
Les travaux de ce comité ont rapidement progressé. Un premier communiqué conjoint, publié le 16 juin, avait déjà consacré la première phase des discussions, transmettant leurs conclusions aux deux chefs d’État. La réunion de Cotonou des 20 et 21 juin constituait, dès lors, le deuxième acte : harmoniser les positions et affiner un rapport commun destiné à servir de base à la prochaine étape contractuelle. La signature d’accords bilatéraux se profile ainsi à brève échéance, sans que les autorités des deux pays n’aient pour l’heure précisé de calendrier.
Au-delà de la dimension strictement frontalière, les deux parties ont réaffirmé leur engagement à relancer la commission mixte de coopération nigéro-béninoise et à renforcer leur coordination sécuritaire face au terrorisme et au banditisme sahélien — enjeu que le président Wadagni avait érigé en priorité dès son discours d’investiture. La remise en service du corridor Cotonou–Niamey et du pipeline pétrolier demeurent, sur le plan économique, les retombées les plus attendues d’une normalisation réussie.
Le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, s’est posé à Tripoli lundi 15 juin 2026 à la tête d’une importante délégation gouvernementale pour une visite officielle destinée à resserrer les liens entre Niamey et Tripoli. Accueilli avec les honneurs par son homologue libyen Abdel Hamid Dbeibah, M. Zeine a été reçu lors d’une cérémonie protocolaire comprenant l’exécution des hymnes nationaux et les honneurs militaires.
Entretien en tête‑à‑tête à Tripoli : Paix et sécurité au centre des discussions
Les deux chefs de gouvernement se sont d’abord retrouvés en tête‑à‑tête pour une discussion centrée sur l’état de la coopération bilatérale et les moyens de la renforcer. Les sujets abordés ont inclus la paix, la sécurité, l’intégration régionale et le développement économique — des enjeux cruciaux pour des pays voisins confrontés à des défis sécuritaires et migratoires.
Par la suite, après cet entretien, les échanges se sont poursuivis en séance élargie avec les délégations des deux pays. Les responsables ont examiné plusieurs dossiers de coopération bilatérale, ainsi que des questions régionales et internationales nécessitant une meilleure coordination entre Niamey et Tripoli. De fait, la visite vise à transformer les intentions politiques en projets concrets sur le terrain.
Une délégation nigérienne de poids : Militaires et diplomates mobilisés
Le Premier ministre nigérien a conduit une délégation importante, parmi laquelle le Général de Brigade Ibro Amadou Bacharou, membre du CNSP, et le ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré. Leur présence illustre l’importance accordée par Niamey à cette visite, tant sur le plan sécuritaire que diplomatique.
Selon les autorités nigériennes et libyennes, cette visite s’inscrit dans la dynamique de consolidation des liens historiques d’amitié et de fraternité entre les deux pays. Elle traduit ainsi la volonté commune de renforcer un partenariat stratégique capable de mieux répondre aux grands défis régionaux, notamment la stabilité des frontières, la lutte contre les groupes armés et la gestion des flux migratoires.
Modernisation administrative : Un volet stratégique pour le ministère des Mines du Niger
En marge des rencontres bilatérales, le ministère des Mines du Niger a initié et financé une formation destinée aux responsables du secteur. Présidée par la secrétaire générale du ministère, Mme Yaou Fatimata Korgom, la session vise à renforcer les compétences administratives et managériales du personnel pour améliorer l’efficacité des services, optimiser la gestion des équipes et promouvoir une culture axée sur les résultats. Ce volet technique, intégré à la visite, montre l’attention portée par Niamey à la gouvernance des secteurs clés de l’économie.
En définitive, pour les citoyens des deux pays, ces entretiens peuvent déboucher sur des actions concrètes : renforcement de la sécurité aux frontières, projets économiques communs, meilleur contrôle des migrations et coopération dans la gestion des ressources. Reste à transformer les annonces en accords opérationnels et à assurer leur mise en œuvre sur le terrain.
Abuja a été, dimanche 14 juin 2026, le théâtre d’une cérémonie empreinte de solennité et de convivialité à l’occasion du 84ᵉ anniversaire du Général Abdulsalami Abubakar, ancien Chef de l’État de la République fédérale du Nigéria. À cette célébration, le Président de la République du Niger, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, s’est fait représenter par le Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine.
À la tête d’une importante délégation nigérienne, composée notamment de plusieurs membres du gouvernement et de représentants du Conseil consultatif de la Refondation, le chef du gouvernement a pris part à cette rencontre qui a réuni de nombreuses figures politiques, diplomatiques, administratives ainsi que des autorités traditionnelles nigérianes.
Hommage à Abuja : Une importante délégation nigérienne pour les 84 ans du Général Abubakar
Dans une ambiance marquée par les hommages et les témoignages de reconnaissance, les invités ont célébré le parcours du Général Abdulsalami Abubakar, personnalité respectée au Nigeria et dans la sous-région pour son rôle dans la consolidation de la démocratie et de la stabilité du pays.
La présence de hautes personnalités venues de divers horizons a conféré à cette commémoration une dimension particulière, transformant ainsi l’événement en un cadre privilégié d’échanges et de rapprochement entre dirigeants et responsables institutionnels.
Abdulsalami Abubakar : Une figure historique de la démocratie nigériane honorée
Au-delà de son caractère festif, cette participation du Niger traduit la qualité des relations qu’entretiennent Niamey et Abuja. Elle a permis de réaffirmer les liens historiques d’amitié, de fraternité et de bon voisinage qui unissent les deux pays, liés par une longue frontière commune et des intérêts partagés.
Les autorités nigériennes ont, à travers cette présence, réitéré leur volonté de consolider davantage la coopération bilatérale avec le Nigéria, dans un contexte sous-régional marqué par des défis sécuritaires, économiques et sociaux communs.
Niamey et Abuja réaffirment leur proximité et leurs liens historiques
Cette rencontre a également été l’occasion de rappeler l’importance d’une coopération renforcée au service de la paix, de la stabilité et du développement de l’Afrique de l’Ouest.
À travers sa participation à cette célébration, le Niger a une nouvelle fois témoigné de son attachement au renforcement des relations avec son voisin nigérian, dans la perspective d’une sous-région davantage solidaire et plus résiliente face aux défis actuels.
Du 1ᵉʳ au 12 juin 2026, la 114ᵉ session de la Conférence internationale du Travail (CIT) de l’Organisation internationale du Travail (OIT) s’est tenue à Genève. L’événement a réuni les délégations des 187 États membres — gouvernements, employeurs et travailleurs — venus débattre des grandes questions qui façonnent l’avenir du travail.
Mme Aissatou Abdoulaye Tondi, ministre de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi de la République du Niger, était à la tête de la délégation nigérienne, composée de cadres ministériels, de représentants des employeurs et des centrales syndicales. Elle a ainsi pris part aux commissions techniques et aux séances plénières. En effet, l’objectif était de porter la voix du Niger sur des sujets cruciaux tels que le travail décent, la protection sociale et la justice sociale, dans un monde du travail en pleine mutation.
Économie numérique et égalité : les grands thèmes de la CIT 2026
Les discussions de cette 114ᵉ session ont porté principalement sur :
le travail décent dans l’économie des plateformes numériques ;
l’égalité entre les sexes sur le lieu de travail ;
le renforcement du dialogue social et du tripartisme ;
l’examen de l’application des conventions et recommandations internationales du travail.
Ces sujets reflètent les enjeux posés par les transformations technologiques et économiques, ainsi que les exigences croissantes en matière d’inclusion sociale.
Rapprochements régionaux en marge de la conférence
En marge des travaux pléniers, la ministre a participé à plusieurs réunions de concertation avec des délégations de l’Alliance des États du Sahel (AES), de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (CIPRES) et du Centre régional africain d’administration du travail (CRADAT). Ces rencontres ont dynamisé les échanges sur la coopération régionale, le renforcement des systèmes de protection sociale, la formation des administrations du travail et l’élaboration de politiques adaptées aux réalités africaines.
En outre, le Niger a assumé une responsabilité particulière lors de cette session. Au nom du Groupe africain, Mme Aissatou Abdoulaye Tondi a plaidé pour un traitement équitable des États membres dans le cadre de la promotion de l’instrument d’amendement de 1986 à la Constitution de l’OIT, instrument qui célèbre cette année son 40ᵉ anniversaire. Ce plaidoyer visait à préserver la voix et les intérêts des pays en développement au sein des instances internationales du travail.
Par ailleurs, la participation nigérienne s’inscrit dans un contexte diplomatique favorable. En avril 2026, le Directeur général de l’OIT, Gilbert F. Houngbo, a mené une mission officielle dans les pays de l’AES, dont le Niger, afin de réaffirmer l’engagement de l’organisation en faveur de l’emploi décent dans la région. À Niamey, il s’est entretenu avec le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine et plusieurs membres du gouvernement, témoignant ainsi de la solidité du partenariat entre le Niger et l’OIT.
Justice sociale : Le Niger aligne ses priorités sur la vision du Général Tiani à la 114ᵉ session de la CIT
Enfin, à Genève, Mme Aissatou Abdoulaye Tondi, ministre de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi de la République du Niger, a réitéré l’engagement du Niger en faveur de la justice sociale et du travail décent, conformément à la vision du Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, et à la politique conduite par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine. À travers cette participation, le Niger entend traduire ces grandes orientations politiques en actions concrètes, au bénéfice des travailleurs et des employeurs du pays.
En marge de la signature de plusieurs accords de coopération et d’une déclaration conjointe à Ankara, la présence du général d’armée Abdourahamane Tiani en Türkiye a donné lieu à une démonstration de proximité politique entre Ankara et Niamey. Reçu au Palais présidentiel par son homologue turc, Recep Tayyip Erdoğan, le chef de l’État nigérien a été au cœur d’échanges qui traduisent non seulement la volonté des deux pays de franchir un nouveau cap dans leur coopération, mais aussi la belle amitié affichée entre les deux présidents.
Un message diplomatique fort au Niger
Depuis le balcon du palais présidentiel, dans une séquence hautement symbolique, Recep Tayyip Erdoğan a rappelé la place particulière du Niger dans la politique africaine de la Türkiye. Face à son hôte, le président turc a souligné des relations « profondément enracinées » et revendiqué une amitié durable entre les deux nations.
« Le Niger, avec lequel nous entretenons des relations historiques profondément enracinées, figure parmi nos principaux pays amis et frères en Afrique », a déclaré le dirigeant turc.
Recep Tayyip Erdoğan a également salué la manière dont le général Abdourahamane Tiani conduit les affaires de l’État, soulignant que le Niger entre dans une phase de transformation. Malgré les défis sécuritaires, économiques et sociaux, le président turc estime que Niamey affiche une nouvelle dynamique et trace la voie d’un renforcement de sa souveraineté.
« Nous constatons que, sous la direction de mon cher frère, le Niger connaît une nouvelle dynamique malgré tous les défis auxquels il est confronté », a-t-il affirmé.
Cette prise de position intervient alors que Niamey poursuit la redéfinition de ses partenariats internationaux. En quête de nouveaux relais de coopération, le Niger multiplie les ouvertures vers des partenaires jugés capables d’accompagner ses ambitions de développement et de souveraineté. Dans ce contexte, la Türkiye s’impose progressivement comme un acteur influent, prêt à consolider son rôle auprès des autorités nigériennes.
Vers une alliance durable et multisectorielle
Depuis une quinzaine d’années, Ankara a considérablement renforcé sa présence sur le continent africain. Diplomatie économique, investissements, projets d’infrastructures, coopération éducative, aide humanitaire et partenariats sécuritaires constituent les principaux leviers de cette montée en puissance. Dans ce mouvement, le Niger s’impose désormais comme l’un des pays avec lesquels la Türkiye entend approfondir ses engagements.
Recep Tayyip Erdoğan n’a d’ailleurs laissé planer aucune ambiguïté sur les intentions de son pays. En réaffirmant la disponibilité de la Türkiye à accompagner le développement nigérien, il a assuré que son gouvernement continuerait à soutenir les efforts engagés par les autorités de Niamey.
« En tant qu’ami fidèle des peuples africains dans les moments difficiles, nous soutenons, par tous les moyens dont nous disposons, les efforts de développement du Niger », a-t-il souligné.
Derrière ces déclarations, se dessine la perspective d’un partenariat élargi. Énergie, infrastructures, agriculture, éducation, commerce et sécurité figurent parmi les secteurs susceptibles de bénéficier d’une coopération renforcée dans les mois à venir.
Pour Niamey comme pour Ankara, cette rencontre illustre la convergence croissante de leurs intérêts et confirme la volonté des deux capitales de bâtir une relation stratégique durable. Par ailleurs, dans un contexte international marqué par la recomposition des alliances et l’émergence de nouveaux pôles d’influence, le rapprochement entre le Niger et la Türkiye apparaît particulièrement avantageux, compte tenu du poids grandissant d’Ankara sur la scène africaine.
Accueilli en grande pompe le mercredi 3 juin 2026 par le ministre turc de la Défense, le président de la République a entamé une visite officielle cruciale chez Recep Tayyip Erdoğan. Entre coopération sécuritaire, diplomatie économique et diversification de ses partenariats, Niamey accélère la redéfinition de ses alliances internationales.
C’est un tapis rouge lourd de symboles qui s’est déroulé, dans la soirée du mercredi 3 juin, sur le tarmac de l’aéroport d’Ankara. En posant le pied sur le sol turc pour cette visite de travail et d’amitié, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani sait que chacun de ses mouvements est scruté. Mais au-delà du protocole millimétré, c’est l’identité de son premier comité d’accueil qui donne le ton de ce séjour : c’est le ministre turc de la Défense en personne qui est venu saluer le chef de l’État.
Cette visite, effectuée à l’invitation de Recep Tayyip Erdoğan, ne sera toutefois pas une simple succession de poignées de main polies. Elle marque une nouvelle étape dans les relations entre Niamey et Ankara, en pleine reconfiguration géopolitique de l’espace sahélien.
L’ombre de la défense et du pragmatisme militaire
Pour le Niger, engagé dans une lutte acharnée contre les groupes terroristes et membre pilier de l’Alliance des États du Sahel (AES), la Türkiye est devenue bien plus qu’un simple partenaire commercial. Ankara s’est progressivement imposée comme un partenaire stratégique dans le domaine de la sécurité. Des drones Bayraktar TB2 aux avions d’entraînement et d’attaque légère Hurkuş, l’industrie de défense turque suscite un intérêt croissant auprès de plusieurs pays africains à la recherche de solutions adaptées à leurs besoins sécuritaires.
En dépêchant son ministre de la Défense pour accueillir le général nigérien, Recep Tayyip Erdoğan souligne l’importance accordée à cette relation bilatérale. À Ankara, les discussions de haut niveau qui s’ouvrent ce jeudi devraient notamment porter sur la coopération sécuritaire, la formation, l’équipement militaire, la sécurisation des frontières ainsi que le partage de renseignements. Les questions économiques et techniques devraient également occuper une place importante dans les échanges.
Le front de l’intérieur : l’union sacrée de la diaspora
Si l’agenda officiel est résolument géopolitique, Abdourahamane Tiani s’est offert un premier bain de foule politique dès son arrivée à sa résidence. Une forte délégation de la communauté nigérienne établie en Türkiye l’y attendait, drapeaux au vent et slogans patriotiques aux lèvres.
« Cette ferveur montre que la transition ne se joue pas seulement à Niamey, mais qu’elle résonne partout où bat le cœur de la diaspora », confie un membre de la délégation officielle.
Pour le chef de l’État, ce soutien de la diaspora turque — composée d’étudiants, de commerçants et de cadres — constitue un relais important. Il vient illustrer l’attachement d’une partie des Nigériens de l’extérieur aux orientations engagées par les autorités de transition. Dans une atmosphère électrique, le général a salué une communauté mobilisée, rappelant ainsi le rôle des Nigériens de l’extérieur dans l’effort de refondation nationale.
L’axe Ankara-Niamey, jusqu’où ?
Par ailleurs, cette séquence turque s’inscrit dans la stratégie globale de Niamey : diversifier ses partenariats internationaux et élargir ses marges de manœuvre diplomatiques. Après avoir renforcé ses relations avec plusieurs partenaires internationaux ces dernières années, le Niger trouve en la Türkiye un allié de poids, doté d’une influence grandissante sur le continent africain et d’une expertise reconnue dans plusieurs secteurs stratégiques.
Pour Ankara, le renforcement des relations avec le Niger s’inscrit dans une politique plus large d’expansion de sa présence économique, diplomatique et sécuritaire en Afrique. Infrastructures, énergie, mines, commerce et formation figurent parmi les domaines dans lesquels la coopération pourrait se développer davantage au cours des prochaines années.
Alors que le tête-à-tête entre les deux présidents se profile au complexe présidentiel d’Ankara, les attentes sont majeures de part et d’autre. Reste désormais à savoir quelles retombées concrètes cette visite produira pour le Niger et dans quelle mesure les ambitions affichées par les deux capitales se traduiront par des projets durables, capables de répondre aux attentes des populations en matière de sécurité, de développement et de prospérité.
La coopération entre le Niger et l’Algérie poursuit sa montée en puissance. En effet, quelques heures après l’inauguration à Niamey d’une centrale électrique de 40 mégawatts offerte par Alger, le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, a reçu, mercredi 3 juin, le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, pour une séance de travail consacrée à l’avenir des relations bilatérales entre les deux pays.
Cette audience, tenue au palais présidentiel, intervient dans un contexte marqué par le renforcement des partenariats stratégiques entre les deux voisins sahéliens. Elle a ainsi permis aux responsables nigériens et algériens d’évaluer les progrès réalisés dans plusieurs domaines de coopération et de définir de nouvelles perspectives de collaboration.
Quelques instants auparavant, le chef du gouvernement algérien avait participé, aux côtés de son homologue nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, à la mise en service officielle d’une centrale électrique de 40 mégawatts destinée à renforcer les capacités de production énergétique du Niger. L’Algérie et le Niger ont mené à bien la réalisation de cette infrastructure en un temps record, moins de trois mois après la pose de sa première pierre, le 24 mars dernier, témoignant ainsi de leur volonté commune d’accélérer l’exécution des projets prioritaires.
Une coopération qui s’étend à plusieurs secteurs stratégiques
Au cours des échanges avec le chef de l’État nigérien, les discussions ont porté sur plusieurs secteurs considérés comme essentiels pour le développement économique des deux pays. L’énergie et les hydrocarbures ont naturellement occupé une place centrale. Toutefois, les questions relatives aux infrastructures, à la santé, à la numérisation et aux transports ont également été abordées.
Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de consolider le partenariat impulsé par les présidents Abdourahamane Tiani et Abdelmadjid Tebboune. L’objectif affiché est de porter la coopération nigéro-algérienne à un niveau supérieur, en privilégiant des projets concrets susceptibles de produire des retombées directes sur les économies nationales et les conditions de vie des populations.
Pour Niamey, cette dynamique représente une opportunité de diversifier ses partenariats stratégiques et de renforcer ses capacités dans des secteurs structurants. Quant à Alger, elle s’inscrit dans une politique plus large visant à accroître son influence économique et diplomatique dans l’espace sahélien.
Les deux délégations ont également évoqué la situation sécuritaire et politique de la région. Face aux multiples défis auxquels le Sahel demeure confronté, les responsables nigériens et algériens ont souligné la nécessité de maintenir une concertation étroite en faveur de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du développement. Cette convergence de vues traduit, par ailleurs, le rapprochement progressif entre Niamey et Alger, deux capitales qui cherchent à renforcer leur coordination dans un environnement régional en pleine recomposition.
La rencontre s’est déroulée en présence de plusieurs hauts responsables nigériens, parmi lesquels le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, le ministre de l’Énergie, Pr Amadou Haoua, le directeur de cabinet du président de la République et porte-parole du gouvernement, Dr Soumana Boubacar, ainsi que des responsables du secteur énergétique, dont la directrice générale de la NIGELEC, Fati Abarchi.
En renforçant leur partenariat, Niamey et Alger ne se contentent plus de multiplier les projets bilatéraux : ils cherchent à inscrire leur coopération dans une dynamique régionale, capable d’influencer les équilibres énergétiques et sécuritaires du Sahel. Reste à savoir si cette volonté affichée se traduira, dans les prochains mois, par des avancées tangibles pour les populations et par une voix commune plus audible sur la scène internationale.
En visite officielle au Niger ce mercredi 3 juin 2026, le Premier ministre algérien, Sami Grieb, a inauguré, aux côtés de son homologue nigérien, une centrale électrique de 40 mégawatts offerte par Alger.
Le ballet diplomatique s’accélère entre Alger et Niamey. En effet, pour la deuxième fois en l’espace de quelques mois seulement, le Premier ministre algérien, Sami Grieb, a atterri ce mercredi 3 juin 2026 dans la capitale nigérienne pour une visite de travail. Accueilli au bas de la passerelle par le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, le chef du gouvernement algérien a effectué ce déplacement avec, au cœur de son agenda, l’inauguration d’une centrale électrique de 40 mégawatts offerte par Alger.
Dès son arrivée à Niamey, le Premier ministre algérien a procédé à l’inauguration de cette centrale, d’une capacité de 40 mégawatts (MW). Intégralement offerte par la République algérienne démocratique et populaire au Niger, elle est conçue pour injecter une énergie cruciale dans un réseau électrique nigérien structurellement déficitaire.
La « diplomatie du mégawatt » contre la crise énergétique
Pour le Niger, confronté à d’importants défis d’approvisionnement énergétique et en pleine phase de refondation industrielle, ce don algérien représente bien plus qu’une simple aide au développement. Il s’agit, en effet, d’une bouffée d’oxygène pour l’économie locale et pour le quotidien des populations de la région de Niamey, souvent éprouvées par les délestages.
En choisissant le terrain de l’énergie, l’Algérie déploie ainsi une stratégie pragmatique. Ce partenariat technique direct permet, par ailleurs, d’acter sur le terrain la volonté commune des deux États de consolider leurs relations bilatérales, en dehors des circuits multilatéraux traditionnels de la région.
« Cette infrastructure témoigne de la solidité des liens fraternels et de la volonté de nos deux nations de bâtir un partenariat stratégique fondé sur des réalisations concrètes », a souligné une source proche des délégations lors de la coupure du ruban symbolique.
Alger et l’Alliance des États du Sahel : le choix du bilatéralisme
Par ailleurs, cette seconde visite de Sami Grieb en l’espace de peu de temps illustre le dynamisme retrouvé de l’axe Alger-Niamey. Alors que le Niger a profondément réorganisé ses alliances régionales au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), Alger maintient et approfondit ses canaux de communication directs avec les autorités de transition nigériennes.
De plus, en investissant dans les secteurs clés du développement et des hydrocarbures, l’Algérie réaffirme son ambition de conserver un rôle central dans les équilibres géopolitiques du Sahel. À travers ce partenariat renforcé avec le Niger, Alger démontre sa capacité à préserver ses relais d’influence dans la sous-région malgré les turbulences diplomatiques qui affectent certains de ses voisins.
Pour Niamey, cette coopération diversifiée offre ainsi de nouveaux leviers de souveraineté économique, consolidant ses infrastructures de base au moment où le pays redessine sa carte diplomatique et commerciale en Afrique de l’Ouest.
Au final, cette visite témoigne du rapprochement croissant entre l’Algérie et le Niger, deux pays qui misent sur une coopération pragmatique pour relever ensemble les défis économiques et énergétiques de la région.
Le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, a entamé ce mardi une visite de travail à Alger. Au menu des discussions avec son homologue Mohamed Arkab : la relance du méga-projet TSGP vers l’Europe et le déploiement de la Sonatrach au Sahel.
Alger, 2 juin 2026 – C’est un ballet diplomatique aux forts relents d’or noir et de gaz naturel qui se joue à Alger. Ce mardi 2 juin, le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, a atterri à l’aéroport international Houari-Boumediene à la tête d’une importante délégation composée de cadres de son ministère et de la Société nigérienne du pétrole (Sonidep). Accueilli par le ministre d’État algérien chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, ce déplacement officiel marque une nouvelle étape dans le rapprochement énergétique entre les deux voisins, sous l’impulsion des chefs d’État Abdelmadjid Tebboune et Abdourahamane Tiani.
Le TSGP au cœur des discussions entre Alger et Niamey
Le cœur politique de ce voyage réside dans la participation de la délégation nigérienne à la 5ᵉ réunion ministérielle du Comité de pilotage du projet de gazoduc transsaharien (Trans-Saharan Gas Pipeline, TSGP). Ce serpent de mer de l’intégration énergétique africaine, long de plus de 4 100 kilomètres, ambitionne de relier les gisements du Nigeria à la côte algérienne via le territoire nigérien, avec pour objectif final d’approvisionner le marché européen d’ici à 2027.
Après des années de stagnation et de doutes sécuritaires, les premiers coups de pioche du tronçon nigérien, annoncés en début d’année, trouvent ainsi une accélération protocolaire décisive.Signé une première fois à Alger le 28 juillet 2022, relancé par un accord tripartite en février 2025, puis confirmé en février 2026 par les présidents Abdelmadjid Tebboune et Abdourahamane Tiani, ce projet de 13 milliards de dollars vise à transporter près de 30 milliards de m³ de gaz par an vers l’Europe.
Au-delà de la dimension régionale du gazoduc, les discussions bilatérales entre MM. Tini et Arkab se concentreront sur des intérêts industriels immédiats, au premier rang desquels figurent les activités de la compagnie nationale algérienne Sonatrach au Niger. D’ailleurs, le géant algérien des hydrocarbures, qui avait dû mettre en sommeil certains de ses projets sahéliens en raison de l’instabilité politique, a concrétisé ces derniers mois son retour sur le bloc pétrolier de Kafra, situé dans le nord du Niger, près de la frontière algérienne.
« Pour Niamey, l’expertise technique d’Alger est une ressource inestimable pour maximiser sa production nationale. Pour Alger, stabiliser sa présence pétrolière au Niger est un impératif géostratégique face à la concurrence internationale », décrypte un expert des flux énergétiques africains.
Alger-Niamey : le pari d’un leadership énergétique africain
Par ailleurs, le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, entend mener à bien ce projet afin de générer des débouchés concrets pour le Niger, avec des emplois et des retombées économiques directement profitables aux Nigériens, dans le strict respect de la souveraineté du pays. Ces revenus sont d’ailleurs jugés vitaux pour financer le programme de refondation nationale du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP).
En consolidant cet axe Alger-Niamey, les deux nations tentent ainsi d’imposer un leadership énergétique endogène au cœur d’une sous-région en pleine reconfiguration politique. De plus, cette coopération renforcée pourrait également contribuer à accélérer l’intégration énergétique régionale tout en consolidant la souveraineté économique des États concernés.
Niamey, le 2 juin 2026 – Après une première étape à Lagos, au Nigeria, ce lundi, le président Romuald Wadagni, fraîchement investi à la tête du Bénin, poursuit sa tournée diplomatique en Afrique de l’Ouest. Ce mardi, il est attendu à Niamey, au Niger, avant de se rendre à Ouagadougou, au Burkina Faso. Cette série de déplacements, qui le mènera également au Togo et en Côte d’Ivoire, marque une volonté manifeste : renouer le dialogue et renforcer les liens régionaux.
Niamey : une visite historique après la crise diplomatique
La visite de Romuald Wadagni au Niger apparaît comme un symbole fort. En effet, depuis juillet 2023 et la crise diplomatique qui a opposé les deux pays, aucun chef d’État béninois n’avait foulé le sol nigérien. La capitale, Niamey, a d’ailleurs mis les petits plats dans les grands pour accueillir son hôte : décorations, protocole renforcé et population en attente de signes concrets.
Au-delà des gestes protocolaires, les citoyens des deux pays espèrent que cette rencontre ouvrira la voie à une détente durable entre Cotonou et Niamey. Parmi les enjeux les plus pressants figurent la réouverture de la frontière, fermée depuis des mois, et la relance des échanges, fortement affectés par cette situation. Cette fermeture pèse, en effet, lourdement sur les échanges commerciaux ainsi que sur les familles séparées par cette décision.
Ouagadougou : un message de stabilité dans un contexte régional tendu
La suite du voyage mènera le président Wadagni à Ouagadougou, où les défis sécuritaires et politiques seront sans doute au cœur des discussions. Le Burkina Faso, comme le Niger, traverse une période de transition politique et de tensions régionales. Dans ce contexte, la présence du nouveau dirigeant béninois pourrait également envoyer un signal d’apaisement et de coopération renforcée dans un Sahel en proie à l’instabilité.
Une tournée aux enjeux économiques et géopolitiques
Cette série de visites n’est pas anodine. Le Bénin, sous la présidence de Patrice Talon, avait parfois adopté une posture plus réservée vis-à-vis de ses voisins. Avec Romuald Wadagni, c’est une nouvelle dynamique qui semble se dessiner, celle d’un pays ouvert au dialogue et soucieux de son ancrage régional.
Par ailleurs, les observateurs soulignent que cette tournée pourrait également relancer des projets économiques communs, notamment dans les domaines du commerce transfrontalier, de l’énergie et des infrastructures. La réouverture des frontières avec le Niger, si elle se concrétise, constituerait un premier pas significatif dans cette dynamique.
Si les étapes de Niamey et de Ouagadougou sont les plus symboliques, les prochaines visites au Togo et en Côte d’Ivoire ne seront pas moins importantes. Ces deux pays, partenaires historiques du Bénin, pourraient aussi bénéficier d’une relance des échanges et d’une coordination accrue sur des dossiers tels que la sécurité régionale ou les grands projets d’intégration économique.
Un nouveau chapitre pour le Bénin en Afrique de l’Ouest ?
À peine une semaine après son investiture, Romuald Wadagni montre déjà sa volonté de placer le Bénin au cœur des dynamiques ouest-africaines. Reste à savoir si ces visites, aussi symboliques soient-elles, se traduiront par des avancées concrètes sur le terrain.
Une chose est sûre : l’Afrique de l’Ouest observe avec attention les premiers pas de ce nouveau dirigeant, dont la diplomatie pourrait, à terme, redessiner les équilibres régionaux.
La capitale russe est devenue cette semaine l’épicentre des réflexions sur la stabilité mondiale. Depuis le mardi 26 mai 2026, le Général de Division Mohamed Toumba, Ministre d’État nigérien de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du Territoire, participe activement à l’International Security Forum (ISF 2026). Un déplacement stratégique destiné à faire entendre la voix de Niamey dans la redéfinition des équilibres sécuritaires planétaires.
En effet, l’ordre mondial mute, et le Niger entend bien peser dans la balance. Ainsi, en marge des grandes plénières de l’ISF 2026, le Général Mohamed Toumba a pris part aux travaux très fermés de la 14ᵉ réunion internationale des hauts responsables en charge des questions de sécurité.
Convoqué par le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, ce conclave rassemble les premiers décideurs sécuritaires du globe autour d’une thématique qui résonne particulièrement avec l’actualité géopolitique : « Défis et menaces pour la sécurité internationale dans le contexte de l’émergence d’un monde multipolaire ».
Loin des simples visites de courtoisie, cette rencontre vise une efficacité redoutable. Face à la complexité des crises actuelles, les hauts responsables présents à Moscou ont pour mission de consolider une nouvelle architecture de sécurité internationale.
A cet effet, les délégations croisent leurs analyses sur les menaces globales contemporaines afin de concevoir des parades coordonnées. L’objectif partagé consiste ainsi à adapter les réponses sécuritaires à une réalité incontournable : l’avènement d’un monde multipolaire où la gestion des conflits exige de nouveaux cadres de coopération.
L’expérience nigérienne sur la scène internationale
Au milieu de ses homologues venus des quatre coins du monde, le Général de Division Mohamed Toumba ne fait pas de la figuration. Bien au contraire, le Ministre d’État porte la voix du Niger à cette tribune d’envergure.
Au cœur d’une région sahélienne confrontée à des défis sécuritaires asymétriques majeurs, Niamey dispose d’une expertise de terrain cruciale. Dès lors, en participant à ces échanges de haut niveau, le Niger réaffirme sa volonté de contribuer activement à la recherche de solutions globales pour endiguer l’insécurité et apaiser les tensions mondiales. Une diplomatie sécuritaire assumée, en phase avec la dynamique de diversification des partenariats stratégiques visant à consolider la protection de l’État et de ses citoyens.
Cotonou, ce dimanche 24 mai 2026 – Au-delà du protocole républicain et du passage de témoin entre Patrice Talon et Romuald Wadagni, la cérémonie d’investiture du nouveau chef de l’État béninois au Palais des Congrès de Cotonou a pris une tournure géopolitique majeure. En effet, l’événement a été marqué par un signal diplomatique fort et particulièrement scruté : la présence hautement symbolique de délégations de haut niveau des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES : Niger, Mali, Burkina Faso).
Alors que les relations entre Cotonou et ses voisins du Sahel traversaient une zone de fortes turbulences institutionnelles et sécuritaires ces dernières années, ce déplacement groupé marque désormais un tournant et le début d’un dégel stratégique amorcé par le nouveau président béninois.
Le pragmatisme sahélien au cœur du Palais des Congrès
Ainsi, à 10 h 00, Romuald Wadagni a levé la main droite pour prêter son serment constitutionnel et inaugurer un septennat historique. Les diplomates ont alors tourné leurs regards vers la tribune des dignitaires étrangers, où la présence des émissaires officiels de Niamey, Bamako et Ouagadougou a concrétisé une volonté d’ouverture mutuelle, inimaginable il y a encore quelques mois.
Le Premier ministre du Niger, Ali Lamine Zeine, était présent parmi les figures marquantes de ce bloc sahélien. À ses côtés, le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, et celui du Burkina Faso, Karamoko Jean-Marie Traoré, ont pris part à ce grand rendez-vous régional.
Dans son discours, Romuald Wadagni a affirmé qu’il est prêt à travailler avec ses voisins et qu’aucun pays ne peut affronter seul la menace terroriste. En effet, il a insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée pour garantir la sécurité du Bénin et de la région. Par ailleurs, pour le Bénin, dont la vitrine économique demeure le Port Autonome de Cotonou, la reprise des canaux diplomatiques et commerciaux avec l’hinterland sahélien constitue une urgence absolue. Romuald Wadagni, technocrate aguerri et ancien ministre de l’Économie et des Finances, l’a clairement intégré : la prospérité économique du pays et la sécurité de sa partie septentrionale, proche des frontières nigérienne et burkinabè, passent nécessairement par un dialogue direct et constant avec l’AES.
Une main tendue et saluée par les dirigeants de l’AES
De plus, cette convergence vers Cotonou fait écho aux récentes déclarations de campagne de Romuald Wadagni, qui avait surpris les observateurs en plaidant ouvertement pour une approche décomplexée et pragmatique vis-à-vis des transitions sahéliennes. Romuald Wadagni avait alors déclaré :
« Nous devons nous parler, nous devons aborder ces trois défis ensemble de façon obligatoire, nous n’avons pas le choix. Nous allons saisir l’occasion du renouvellement à la tête de l’État pour repartir encore vers nos voisins. »
Ainsi, cette main tendue a visiblement été saisie par les capitales de l’AES. En choisissant d’envoyer ces délégations officielles de premier plan à Cotonou, les présidents de transition Ibrahim Traoré (Burkina Faso), Assimi Goïta (Mali) et Abdourahamane Tiani (Niger) actent le fait que le nouveau président béninois est un interlocuteur crédible, pragmatique et prêt à s’affranchir des postures rigides du passé pour privilégier la coopération bilatérale.
Un déplacement porteur de stabilité et de coopération régionale
Le déplacement des délégations de l’Alliance des États du Sahel (AES) à l’investiture de Romuald Wadagni apparaît comme un signal fort, ouvrant la voie à une possible stabilisation des relations régionales et à de nouvelles perspectives pour les mois à venir.
Désormais, cette présence constitue une première étape vers une gouvernance plus concertée entre Cotonou et ses voisins sahéliens. Dans son discours, le nouveau président béninois a insisté sur la nécessité de bâtir une coopération renforcée, affirmant qu’aucun pays ne peut affronter seul la menace terroriste.
En effet, il a souligné que la sécurité du Bénin et de la région dépend d’un dialogue constant et d’une action collective avec l’AES. Ainsi, ce déplacement ne se limite pas à une dimension protocolaire : il pourrait inaugurer une nouvelle ère de gouvernance régionale, où le Bénin jouerait un rôle pivot dans la stabilisation sécuritaire et l’intégration économique du Sahel.
Le mardi 12 mai 2026, le Ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, S.E. Bakary Yaou Sangaré, a reçu dans son cabinet les copies figurées des lettres de créance de Monsieur Özgür Arslan, nouvel Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Türkiye auprès du Niger.
Cette cérémonie protocolaire, empreinte de solennité, marque une étape importante dans le raffermissement des relations bilatérales entre Niamey et Ankara. En effet , les deux pays entendent donner un nouvel élan à leur partenariat, fondé sur le respect mutuel et animé par une volonté commune de renforcer les échanges diplomatiques et économiques.
Au cours de l’audience, le ministre et le diplomate turc ont réaffirmé leur engagement à promouvoir une coopération fructueuse et mutuellement bénéfique. Plusieurs domaines d’intérêt commun ont été évoqués, notamment le commerce, l’investissement, l’éducation, la culture et la sécurité. Ainsi, les deux parties ont souligné l’importance d’une collaboration renforcée pour répondre aux défis régionaux et contribuer à la stabilité du Sahel.
La Türkiye, déjà présente dans divers projets de développement au Niger, ambitionne de consolider son rôle de partenaire stratégique. Pour Niamey, cette coopération s’inscrit dans une vision plus large de diversification des partenariats internationaux et de recherche de solutions durables aux enjeux économiques et sécuritaires.
En accueillant le nouvel ambassadeur, le Niger confirme sa volonté d’approfondir ses relations avec la Türkiye, dans un contexte où la diplomatie économique et la solidarité internationale apparaissent comme des leviers essentiels de développement. Cette rencontre ouvre ainsi une nouvelle phase de dialogue et de coopération, porteuse d’opportunités pour les deux nations et leurs peuples.
À Niamey, le siège de l’Observatoire national de la communication (ONC) a servi, lundi 4 mai, de cadre à une séquence diplomatique. Le président de l’institution, Ibrahim Manzo Diallo, y a reçu l’ambassadeur d’Algérie au Niger, Ahmed Saadi, pour une visite de courtoisie rapidement élargie aux enjeux de coopération sectorielle.
Autour de la table figuraient notamment des représentants de la chancellerie algérienne, dont l’attaché Moualek Nassin, ainsi que les cadres administratifs et techniques de l’ONC. Dans une intervention introductive, M. Diallo a posé les bases de l’échange en rappelant les prérogatives de l’organe de régulation, insistant sur son rôle dans l’encadrement du paysage médiatique national.
Le secrétaire général de l’ONC, Garba Ousmane, a, pour sa part, détaillé les leviers d’action de l’institution : contrôle de l’accès aux médias, délivrance d’autorisations aux organes de presse, mais aussi accompagnement des professionnels. Il a mis en avant les efforts de structuration du secteur, notamment à travers des programmes de formation déployés depuis le début de 2020, dans un contexte de transformation accélérée des pratiques journalistiques.
Au fil des échanges, la discussion a convergé vers les défis contemporains de la régulation, à l’heure où le numérique redéfinit les circuits de production et de diffusion de l’information. Face à ces mutations, la coopération technique apparaît comme un levier stratégique.
L’ambassadeur algérien a salué la qualité des travaux engagés par l’ONC, tout en inscrivant cette rencontre dans une dynamique plus large de rapprochement entre Niamey et Alger. Il a évoqué la continuité des échanges bilatéraux, notamment dans le cadre des mécanismes de coopération axés sur le développement et le renforcement des capacités.
Au‑delà des déclarations d’intention, les deux diplomates ont avancé des perspectives concrètes. Alger affirme sa volonté de soutenir l’ONC, notamment en formant ses ressources humaines et en améliorant ses outils techniques. Les parties ont également évoqué une mission de travail en Algérie pour le président de l’institution nigérienne, afin d’appuyer certains dossiers jugés prioritaires
Le diplomate a enfin indiqué son intention de relayer auprès des autorités algériennes les besoins exprimés par l’ONC, notamment en matière d’équipements adaptés à la régulation des médias numériques — un champ en pleine expansion mais encore peu outillé dans de nombreux pays de la région.
La rencontre s’est conclue par un échange de présents protocolaires, scellant une volonté partagée : inscrire la régulation des médias dans un partenariat bilatéral appelé à se densifier.
L’ambassadeur Özgür Çınar a été élevé au grade de commandeur de l’Ordre du Mérite du Niger, symbole d’une alliance qui dépasse désormais le cadre humanitaire pour toucher aux enjeux de souveraineté.
La scène, par sa solennité, dit tout d’une diplomatie nigérienne en pleine mutation. Mardi 28 avril, dans les salons d’honneur du ministère des Affaires étrangères, le ministre Bakary Yaou Sangaré a agrafé la cravate de commandeur de l’Ordre du Mérite du Niger sur le revers du costume de l’ambassadeur de Turquie, S.E.M. Özgür Çınar. Un geste qui, loin d’être un simple usage protocolaire de fin de mission, vient sceller le renforcement spectaculaire des liens entre Niamey et Ankara.
La présence du gotha de la transition nigérienne à cette cérémonie témoigne de l’importance accordée à ce partenaire « frère ». Au premier rang, le Dr Soumana Boubacar — ministre, directeur de cabinet et porte‑parole du gouvernement — prenait place aux côtés du colonel Ali Chaibou, patron de la SONIDEP. Ce dernier, figure centrale de l’économie pétrolière nationale, rappelle en filigrane que la Turquie n’est plus seulement un fournisseur d’aide humanitaire ou d’éducation, mais un allié industriel et sécuritaire de premier plan.
« Cette distinction n’est pas une simple formalité, elle couronne un engagement total d’Ankara aux côtés du Niger dans sa quête de souveraineté », a glissé un diplomate présent dans l’assistance.
Depuis le retrait de certains partenaires occidentaux, le Niger a trouvé en la Turquie un interlocuteur pragmatique. De la défense — avec les drones Bayraktar — aux infrastructures sanitaires, comme l’hôpital de l’amitié nigéro-turque, la coopération s’est densifiée. En élevant M. Çınar à ce grade prestigieux, les autorités de Niamey envoient un message clair : le Niger privilégie désormais des alliances fondées sur le respect mutuel et une efficacité concrète sur le terrain.
Entouré de ses pairs du corps diplomatique, l’ambassadeur turc voit ainsi son action saluée au plus haut sommet de l’État. Pour Niamey, cette « diplomatie de la reconnaissance » est une pierre de plus posée à l’édifice d’une politique étrangère diversifiée, où l’axe sahélien regarde de plus en plus vers l’Orient pour assurer son avenir sécuritaire et économique.
À Ouagadougou, le Niger déploie sa diplomatie de « refondation » au sein de l’UEMOA. À cet effet, une délégation de haut niveau du Conseil consultatif de la refondation (CCR ) participe à la session extraordinaire du Comité interparlementaire, marquant le retour offensif de Niamey sur la scène communautaire.
Le Niger entend ne plus être le grand absent des cercles de décision ouest-africains. Depuis le lundi 27 avril, la capitale burkinabè, Ouagadougou, accueille la 39ᵉ session extraordinaire du Comité interparlementaire (CIP) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Dans les couloirs feutrés de cette instance, une délégation nigérienne de haut niveau, issue du Conseil consultatif de la refondation (CCR), s’active pour faire entendre la voix de Niamey.
Conduite par Seydou Asman, 6ᵉ vice-président du CCR, cette mission ne se contente pas d’une présence protocolaire. En effet, accompagné de figures aux profils variés — du politique Tahirou Guimba aux experts Dr Dodo Boukari et Dr Hamet Mahamane Mahamadou Bachir, sans oublier la caution sécuritaire du colonel Dan Bouga et la présence de Fidel Bento —, M. Asman mène une offensive diplomatique visant à réinsérer le Niger dans l’architecture législative régionale.
« Cette participation traduit une volonté de réappropriation de notre destin communautaire dans un contexte où les défis sécuritaires imposent une harmonisation urgente de nos cadres légaux », confie une source proche de la délégation.
Au menu des discussions, qui s’étaleront jusqu’au 1ᵉʳ mai : l’harmonisation des réglementations et le suivi des politiques communes. Pour le Niger, l’enjeu est double. Il s’agit, d’une part, de prouver la vitalité de ses nouvelles institutions de transition et, d’autre part, de peser sur les réformes de gouvernance au sein d’un espace UEMOA souvent bousculé par les crises institutionnelles.
Par cette diplomatie parlementaire active, le CCR cherche à démontrer que la « refondation » nigérienne n’est pas un repli identitaire, mais bien un levier pour une intégration régionale repensée. En participant aux réflexions stratégiques sur la cohésion sociale et le développement durable, Niamey espère ainsi transformer cette session extraordinaire en un jalon de sa normalisation diplomatique sous-régionale.
Comparu ce lundi 20 avril devant le tribunal de Pretoria, l’activiste panafricaniste Stellio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kemi Seba, a été placé sous mandat de dépôt. Si Cotonou réclame son extradition, la justice sud-africaine se concentre pour l’heure sur des questions de procédure migratoire.
Le répit aura été de courte durée pour Kemi Seba. Arrêté le 13 avril dernier, celui qui officie désormais comme conseiller spécial du général Abdourahamane Tiani a franchi une nouvelle étape judiciaire ce lundi. Devant le tribunal régional de Pretoria, l’ambiance était lourde, marquant le début d’une bataille qui dépasse largement le cadre d’un simple contrôle de police.
Un box des accusés bien rempli
L’activiste n’était pas seul à la barre. À ses côtés se trouvaient également :
Khonsou Seba Capo Chichi, son fils de 18 ans ;
François van der Merwe, présenté par les autorités comme un « facilitateur » local ;
Les autorités n’ont pas formellement détaillé l’identité de deux autres individus.
À l’issue d’une audience technique, le juge a renvoyé le dossier au 29 avril 2026. D’ici là, le leader de l’organisation Urgences Panafricanistes et ses co-accusés dormiront encore en cellule. Par ailleurs, cette échéance doit permettre d’examiner une demande formelle de mise en liberté sous caution, mais aussi de donner du temps aux enquêteurs sud-africains.
Le flou migratoire avant le débat politique
Même si le Bénin a déjà introduit une demande officielle d’extradition — s’appuyant sur un mandat d’arrêt international pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État » lié au putsch manqué de décembre 2025 —, la justice sud-africaine semble vouloir avancer avec prudence.
Lors de cette première comparution, la justice a évité de prononcer le mot “extradition”. Elle a concentré les débats sur deux points précis :
Le statut migratoire : après vérification, la police s’attarde désormais sur la validité des visas et les conditions d’entrée des ressortissants béninois impliqués.
La domiciliation : les enquêteurs passent au crible les adresses fournies par les accusés sur le sol sud-africain.
Le silence de Pretoria, l’attente de Cotonou
Pour le gouvernement de Patrice Talon, ce renvoi constitue une étape nécessaire avant d’entrer dans le vif du sujet. À Niamey, on observe la situation : le ministre Bakary Yaou Sangaré, ayant déjà certifié l’authenticité du passeport diplomatique nigérien de Kemi Seba, attend désormais la décision de la justice sud-africaine. En tant qu’ambassadeur itinérant du Niger, Kemi bénéficie d’une protection légale.
Finalement, l’audience du 29 avril sera cruciale : elle dira si l’Afrique du Sud traite Kemi Seba comme un simple justiciable en infraction de séjour, ou comme un prisonnier politique dont le sort dépendra des équilibres diplomatiques entre Pretoria, Cotonou et Niamey.