mai 2026 - Journal du Niger

Sénégal : Abdoulaye Wade, les 100 ans du Pape du Sopi

Ce vendredi 29 mai 2026, l’histoire politique africaine s’écrit au présent. Me Abdoulaye Wade, troisième président de la République du Sénégal (2000-2012), célèbre ses 100 ans. Un cap mythique qui fait de lui le doyen incontesté des anciens chefs d’État du continent. Avocat brillant, opposant historique acharné puis bâtisseur controversé, retour sur le destin hors norme de celui qui a enseigné au Sénégal le goût de l’alternance.

C’est un événement d’une rareté absolue. Si, dans le monde, quelques anciens dirigeants ont déjà franchi le cap du centenaire — à l’image de l’Américain Jimmy Carter, du Mexicain Luis Echeverría ou encore du Japonais Yasuhiro Nakasone —, Abdoulaye Wade réalise un exploit inédit en Afrique. Il surclasse les records de longévité de figures historiques telles que le Béninois Émile Derlin Zinsou (98 ans), le Zambien Kenneth Kaunda (97 ans) ou encore son illustre prédécesseur Léopold Sédar Senghor (95 ans). Ce centenaire officiellement célébré ancre définitivement le « Gorgui » (« le vieux » en wolof) dans la légende.

 

L’intellectuel devenu figure de l’opposition sénégalaise

Né le 29 mai 1926 à Saint-Louis, bien que ses racines soient profondément ancrées à Kébémer, Abdoulaye Wade est d’abord un homme de lettres et de chiffres. Titulaire d’un doctorat en droit et en économie obtenu en France, notamment à Besançon et à Paris, il s’illustre d’abord dans les prétoires et les amphithéâtres.

Mais, son véritable destin se dessine en 1974. Alors que l’Afrique post-coloniale est dominée par les partis uniques, il fonde le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) et ose défier le poète-président Léopold Sédar Senghor. Commence alors une longue traversée du désert de 26 ans. Arrestations, emprisonnements, exils… Rien n’arrête celui qui sillonne les routes poussiéreuses du pays pour prêcher un mot d’ordre devenu culte : « Sopi » (« le changement »). Infatigable, il forge une conscience politique chez les jeunes et les classes populaires, devenant ainsi l’incarnation même de la résilience démocratique.

 

2000 : l’alternance historique et le temps des vastes chantiers

L’histoire bascule en mars 2000. Le Sénégal retient son souffle et, dans une passation de pouvoir exemplaire saluée par le monde entier, Abdou Diouf reconnaît sa défaite. À 74 ans, Abdoulaye Wade devient président de la République.

Dès son arrivée au Palais de l’Avenue Roume, il adopte une posture de bâtisseur pressé. Convaincu que l’Afrique devait accélérer sa modernisation par les infrastructures, il transforme le pays en un vaste chantier.

Parmi les réalisations emblématiques de son magistère figurent l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, qui désenclave la capitale, le lancement de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD), pensé comme un hub régional majeur, ainsi que le Monument de la Renaissance africaine qui, malgré les polémiques, s’impose durablement dans le paysage dakarois.

Sa diplomatie se veut tout aussi offensive. Il participe notamment à l’initiative du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique) et se positionne comme l’un des avocats d’une Afrique décomplexée face aux puissances occidentales.

 

De la contestation politique à l’héritage du patriarche

Mais le pouvoir use. Ses tentatives de modification constitutionnelle ainsi que les soupçons de dévolution monarchique au profit de son fils Karim provoquent de vastes mouvements de contestation, notamment le célèbre M23 en juin 2011. En mars 2012, les urnes tranchent finalement : il est battu par son ancien Premier ministre, Macky Sall.

Grand seigneur, il concède immédiatement sa défaite. Un geste qui préserve l’exception démocratique sénégalaise et évite au pays une crise majeure. Retiré des affaires courantes, Me Wade n’a pourtant jamais vraiment quitté le cœur des Sénégalais. Depuis sa résidence de Fann, il continue de recevoir les acteurs politiques de tous bords, devenant peu à peu le patriarche silencieux, la mémoire vivante et la boussole politique d’une nation.

« On n’écrit pas l’histoire du Sénégal démocratique sans consacrer ses plus grands chapitres à Abdoulaye Wade. Il n’a pas seulement dirigé un pays, il a façonné une mentalité. »

 

Repères pour comprendre l’héritage politique de Wade

Au-delà de son parcours présidentiel, Abdoulaye Wade a également laissé une importante production intellectuelle et politique qui continue d’alimenter les analyses sur l’évolution démocratique du Sénégal et du continent africain. Dans Un destin pour l’Afrique (1989, Michel Lafon), l’ancien chef de l’État développe sa vision économique et politique pour une Afrique plus indépendante et tournée vers le développement. Bien avant son accession au pouvoir, il s’était déjà illustré dans le milieu universitaire avec Mathématiques économiques (1964), reflet de son profil d’économiste et d’enseignant.

 

L’itinéraire du « Pape du Sopi » a également inspiré de nombreux auteurs et analystes politiques. Dans Abdoulaye Wade, l’alternance et le Sopi, Fadel Dia revient sur la longue marche de l’opposant vers le pouvoir, tandis que l’ouvrage collectif dirigé par Momar-Coumba Diop, Le Sénégal sous Abdoulaye Wade. Le Sopi à l’épreuve du pouvoir (2013, Karthala) dresse une lecture critique de ses douze années à la tête du Sénégal. Plusieurs documentaires et archives audiovisuelles produits par la RTS, RFI, France 24 ou encore TV5 Monde ont également retracé les grandes étapes de son ascension politique, de l’alternance historique de 2000 à son départ du pouvoir en 2012.

 

Avec ses 100 ans officiellement célébrés ce 29 mai 2026, Abdoulaye Wade devient ainsi le premier ancien chef d’État africain à atteindre un âge aussi symbolique de manière formellement documentée. Une longévité exceptionnelle qui renforce davantage son statut de figure historique majeure du continent. Si plusieurs anciens dirigeants dans le monde ont déjà franchi le cap du centenaire, à l’image de Jimmy Carter aux États-Unis ou encore de Yasuhiro Nakasone au Japon, le « Gorgui » s’impose désormais comme le doyen incontesté des anciens chefs d’État africains.

Sécurité mondiale : Le Niger au forum ISF 2026 à Moscou

La capitale russe est devenue cette semaine l’épicentre des réflexions sur la stabilité mondiale. Depuis le mardi 26 mai 2026, le Général de Division Mohamed Toumba, Ministre d’État nigérien de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du Territoire, participe activement à l’International Security Forum (ISF 2026). Un déplacement stratégique destiné à faire entendre la voix de Niamey dans la redéfinition des équilibres sécuritaires planétaires.

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En effet, l’ordre mondial mute, et le Niger entend bien peser dans la balance. Ainsi, en marge des grandes plénières de l’ISF 2026, le Général Mohamed Toumba a pris part aux travaux très fermés de la 14ᵉ réunion internationale des hauts responsables en charge des questions de sécurité.

Convoqué par le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, ce conclave rassemble les premiers décideurs sécuritaires du globe autour d’une thématique qui résonne particulièrement avec l’actualité géopolitique : « Défis et menaces pour la sécurité internationale dans le contexte de l’émergence d’un monde multipolaire ».

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Bâtir une nouvelle architecture mondiale

Loin des simples visites de courtoisie, cette rencontre vise une efficacité redoutable. Face à la complexité des crises actuelles, les hauts responsables présents à Moscou ont pour mission de consolider une nouvelle architecture de sécurité internationale.

A cet effet, les délégations croisent leurs analyses sur les menaces globales contemporaines afin de concevoir des parades coordonnées. L’objectif partagé consiste ainsi à adapter les réponses sécuritaires à une réalité incontournable : l’avènement d’un monde multipolaire où la gestion des conflits exige de nouveaux cadres de coopération.

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L’expérience nigérienne sur la scène internationale

Au milieu de ses homologues venus des quatre coins du monde, le Général de Division Mohamed Toumba ne fait pas de la figuration.  Bien au contraire, le Ministre d’État porte la voix du Niger à cette tribune d’envergure.

Au cœur d’une région sahélienne confrontée à des défis sécuritaires asymétriques majeurs, Niamey dispose d’une expertise de terrain cruciale. Dès lors, en participant à ces échanges de haut niveau, le Niger réaffirme sa volonté de contribuer activement à la recherche de solutions globales pour endiguer l’insécurité et apaiser les tensions mondiales. Une diplomatie sécuritaire assumée, en phase avec la dynamique de diversification des partenariats stratégiques visant à consolider la protection de l’État et de ses citoyens.

Assemblées de la BAD : l’AFSA critique le financement de l’agrobusiness

Le gratin financier et politique du continent se réunit cette semaine au Centre de conférences Kintélé de Brazzaville pour les Assemblées annuelles 2026 de la Banque africaine de développement (BAD). Mais derrière les discours officiels et les promesses de financement massif, une voix discordante s’élève : l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) dénonce une stratégie qui, sous couvert de moderniser l’agriculture, marginalise les petits exploitants au profit des géants de l’agro‑industrie. Une critique qui interroge sur le véritable bénéficiaire des milliards investis dans le sol africain.

Le thème officiel, affiché en lettres d’or à Brazzaville, se veut rassembleur : « Mobiliser à grande échelle le financement du développement de l’Afrique ». Mais derrière les sourires de façade et les annonces de portefeuilles d’investissements colossaux, la véritable inquiétude dans la salle de conférence prend la forme d’une question vertigineuse posée par la société civile : ces milliards nourrissent‑ils l’Afrique ou engraissent‑ils les multinationales de l’agroalimentaire ?

À la lumière de trois études récentes et exhaustives, l’AFSA dresse un réquisitoire sans appel contre l’orientation stratégique de l’institution financière panafricaine. Le constat est amer : la BAD, devenue le premier bailleur de fonds du secteur agricole sur le continent, semble avoir choisi son camp.

Le mirage des « terres inexploitées » : un écho au passé colonial

L’attaque la plus forte vient de la remise en cause du narratif justifiant le méga‑programme Dakar 2 « Nourrir l’Afrique ». Pour légitimer l’implantation de vastes zones agro‑industrielles, l’argumentaire institutionnel s’appuie fréquemment sur l’idée que le continent regorgerait de terres « disponibles » ou « sous‑utilisées ».

C’est une hérésie scientifique et historique, rétorque l’Institut d’études sur la pauvreté, la terre et l’agriculture (PLAAS) de l’Université du Cap‑Occidental. Dans une étude d’une précision chirurgicale, les chercheurs qualifient ce postulat de résurgence idéologique des mythes de la « terre vide » jadis brandis par les colons.

La réalité de terrain est tout autre. Les espaces prétendument vacants sont le théâtre d’une activité humaine, écologique et économique intense : pâturage nomade, cueillette, agriculture sur brûlis, sans oublier leur rôle crucial dans l’équilibre des écosystèmes. Ainsi, ignorer cette complexité — et les droits fonciers coutumiers qui l’encadrent — ouvre la voie à un accaparement des terres qui menace directement les petits paysans. Or, ces derniers gèrent près de 80 % des surfaces agricoles et assurent la production de 80 % des denrées consommées en Afrique subsaharienne.

Le « greenwashing » de la monoculture

L’analyse du portefeuille de la BAD sur la période 2019‑2025 révèle une autre dichotomie inquiétante. L’institution dirige l’essentiel de ses financements vers des chaînes de valeur mondialisées et de grandes entreprises. En face, les systèmes agricoles diversifiés, résilients et pilotés par les populations locales ne récoltent que des miettes.

Plus alarmant encore, l’AFSA pointe du doigt une dérive sémantique dangereuse : la finance prétendument « climato‑intelligente ». Sous ce vernis écologique, les fonds continuent de perfuser un modèle industriel intensif, gourmand en intrants chimiques et fondé sur la monoculture. Une stratégie qui, non seulement détruit la biodiversité, mais rend les sols et les agriculteurs plus vulnérables aux chocs climatiques, à l’exact opposé de la résilience recherchée.

AFSA donne un ultimatum pour un changement de paradigme

Face à ce rouleau compresseur agro‑industriel et au manque de transparence entourant les bénéficiaires réels des sous‑prêts, l’Alliance ne se contente pas de critiquer. Elle a posé sur la table des gouverneurs de la BAD, réunis à Brazzaville, une feuille de route en quatre axes pour rectifier le tir :

  • Financer la transition agroécologique : créer un fonds spécifique au sein du programme Feed Africa dédié aux systèmes agricoles à faibles intrants, à la régénération des sols et à la valorisation des semences traditionnelles.
  • Sortir de l’illusion climatique : arrêter immédiatement le financement des monocultures intensives sous le label « climato‑intelligent », au profit d’indicateurs de performance écologique stricts et prouvés.
  • Imposer une transparence totale : publier les bénéficiaires finaux, garantir le respect des droits fonciers coutumiers et appliquer le consentement libre, préalable et éclairé des communautés locales avant tout décaissement.
  • Sanctuariser les marchés locaux : protéger les systèmes semenciers paysans, garants de l’autonomie alimentaire africaine, face à la privatisation du vivant.

Alors que les travaux se poursuivent au Centre Kintélé, la pression est à son comble. La Banque africaine de développement se trouve à la croisée des chemins : s’entêter dans un modèle importé qui risque de déposséder les Africains de leur propre terre, ou écouter la voix de ceux qui nourrissent véritablement le continent au quotidien. Les conclusions de ces Assemblées annuelles 2026 diront si le « développement à grande échelle » inclut enfin les paysans, ou s’il se fera définitivement sans eux.

Le Niger et la BAD signent un accord pour stimuler l’entrepreneuriat agricole des jeunes

Brazzaville (Congo), 28 mai 2026 — Le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Dr Sidi Ould Tah, et le ministre nigérien de l’Économie et des Finances, Dr Maman Laouali Abdou Rafa, ont signé mardi à Brazzaville un accord‑cadre visant à mettre en œuvre un programme national d’appui à l’entrepreneuriat agricole des jeunes. La cérémonie, qui s’est tenue en marge d’une réunion régionale de la BAD, marque une nouvelle étape dans le renforcement du partenariat stratégique entre Niamey et l’institution financière panafricaine.

Baptisé « Programme intégré de développement de l’agri‑entrepreneuriat des jeunes et d’innovation technologique et financière », ce dispositif bénéficiera d’un financement de 172 millions de dollars accordé par le Groupe de la BAD. Ainsi, le programme entend favoriser la création d’entreprises agricoles dirigées par des jeunes, améliorer l’accès aux intrants et aux technologies, et développer des solutions de financement adaptées aux spécificités du secteur rural nigérien.

Les objectifs du programme

Concrètement, le programme vise à renforcer les capacités des jeunes agripreneurs à travers une formation technique et entrepreneuriale, un accompagnement à la gestion d’entreprises et au montage de projets. Il prévoit également de faciliter l’accès aux technologies adaptées, telles que l’irrigation économe, les semences améliorées ou la mécanisation légère, tout en soutenant l’adoption de pratiques climato‑intelligentes.

Par ailleurs, l’inclusion financière constitue un axe majeur, avec la mise en place de mécanismes d’épargne et de crédit dédiés, de solutions d’assurance agricole et d’innovations numériques. Enfin, le programme entend appuyer les chaînes de valeur locales, en favorisant la transformation, le stockage et la commercialisation afin d’augmenter la valeur ajoutée des productions.

Un partenariat stratégique consolidé

Le financement de 172 millions de dollars s’inscrit dans la continuité d’un partenariat soutenu entre le Niger et la BAD. En effet, selon les responsables nigériens, le Groupe de la BAD est aujourd’hui un partenaire stratégique qui soutient 21 projets au Niger représentant plus d’un milliard de dollars d’engagements. Cet appui multiforme couvre des secteurs prioritaires tels que les infrastructures, l’énergie, l’agriculture et la gouvernance économique.

Réactions et enjeux

Pour le ministre Maman Laouali Abdou Rafa, le programme répond à un double défi : lutter contre le chômage des jeunes et renforcer la sécurité alimentaire dans un contexte de vulnérabilité climatique croissante. « Investir dans l’agri‑entrepreneuriat des jeunes, c’est à la fois créer des emplois durables et assurer des chaînes alimentaires résilientes », a‑t‑il déclaré lors de la signature.

De son côté, Dr Sidi Ould Tah a souligné l’importance d’aligner l’investissement sur les priorités nationales et de promouvoir l’innovation technologique et financière comme levier de transformation rurale. Il a également appelé à une mise en œuvre rigoureuse et à un suivi régulier des résultats pour garantir l’impact à long terme.

Cependant, les défis restent nombreux : sécurisation foncière, accès à l’eau, infrastructures de transport insuffisantes et risques climatiques accentués. Ainsi, la réussite du programme dépendra de la capacité des autorités nigériennes et des partenaires à coordonner les actions, à mobiliser les acteurs privés et à assurer un accompagnement adapté aux jeunes entrepreneurs.

Perspectives pour le Niger et la sous‑région

Le lancement officiel des premières composantes opérationnelles est attendu dans les prochains mois. À cet effet, les autorités nigériennes ont annoncé la tenue de consultations nationales pour affiner les modalités d’éligibilité et d’intervention, en impliquant les collectivités locales, les organisations de jeunes et le secteur privé.

Enfin, si le programme atteint ses objectifs, il pourrait servir de modèle pour d’autres pays sahéliens confrontés aux mêmes défis : promouvoir l’emploi des jeunes, renforcer la résilience agricole et encourager l’innovation financière au service du développement rural.

Hawan Kawo 2026, Maradi vibre au rythme de sa tauromachie ancestrale

La capitale économique a renoué avec ses traditions séculaires. Ce mardi 26 mai 2026, l’esplanade située à la devanture du Sultanat s’est transformée en une arène à ciel ouvert pour la célébration du « Hawan Kawo ». Sous les regards croisés des plus hautes autorités de la région, la ville a ravivé cette spectaculaire coutume centenaire, un prélude incontournable aux grandes fêtes musulmanes.

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Un parterre de dignitaires pour une tradition immuable

Ainsi, l’événement a mobilisé l’ensemble de la chaîne de commandement locale. Autour du maître des lieux, l’Honorable Ahmed Ali Zaki, Sultan du Katsina Maradi, a pris place le gouverneur de la région, le Contrôleur général de police Issoufou Mamane. De plus, l’autorité régionale était entourée pour l’occasion d’une imposante délégation comprenant les secrétaires généraux du gouvernorat, les administrateurs délégués de la ville, ainsi que les plus hauts responsables des Forces de défense et de sécurité (FDS).

Ensemble, aux côtés des dignitaires du palais et d’une population rassemblée en très grand nombre, ils ont assisté à ce rituel historique qui se répète fidèlement à chaque veille des fêtes de la Tabaski et du Ramadan.

 

L’éloge des griots et le sacre du Chef des bouchers

Avant l’entrée en lice des bêtes, le protocole a d’abord fait la part belle à la transmission orale. Les chefs griots du palais se sont avancés pour déclamer avec ferveur les mérites du Sultan, retraçant avec précision sa glorieuse généalogie devant l’assistance.

Cette fresque historique a ensuite ouvert la voie à un moment central de la cérémonie : la présentation au monarque de M. Idi Kalélé, le Chef des bouchers de la ville. Comme l’exige la tradition, ce dernier a vu son autorité réaffirmée par une intronisation qui se renouvelle à chaque édition. En signe de prestige, le Sultan du Katsina lui a offert des présents solennels : un cheval de parade, accompagné d’un grand boubou et d’un turban.

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Le défi de l’arène : le face-à-face avec le taureau

Par la suite, le clou du spectacle est resté la confrontation d’une audace folle qui donne son nom à l’événement. Désignés sur le tas, les bouchers traditionnels de la ville se sont jetés dans l’arène pour défier un taureau vigoureusement préparé pour la circonstance.

À travers des gestes et des rituels transmis méticuleusement de génération en génération depuis des centaines d’années, ces hommes ont affronté l’animal à mains nues et selon des codes stricts, offrant à la foule un condensé de courage et de maîtrise.

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Des prières pour la nation

L’effervescence de la tauromachie s’est finalement muée en un profond recueillement. Le rassemblement s’est refermé sur une note spirituelle, à travers des prières collectives élevées vers le Tout-Puissant. Face aux défis climatiques et sécuritaires du moment, les officiels et la population ont uni leurs voix pour implorer la clémence divine, demandant la descente d’une saison des pluies abondante, ainsi que la paix et une prospérité durable pour l’ensemble du pays.

Ainsi, au‑delà du faste des parades et de la ferveur des prières, le Hawan Kawo continue de s’imposer comme un miroir vivant des traditions séculaires de Maradi. Mais dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et climatiques, cette célébration interroge aussi sur la place que ces héritages culturels peuvent occuper demain, entre préservation identitaire et adaptation aux réalités contemporaines…

Arafat 2026 : le plus grand rassemblement spirituel du Hajj

En ce jour sacré de Arafat, la plaine d’Arafat, située à une vingtaine de kilomètres de La Mecque, s’est transformée en un océan blanc de ferveur. Des millions de pèlerins, venus des quatre coins du globe, y accomplissent le rituel le plus crucial du Hajj : la station debout (Wuquf). Un rassemblement millénaire qui suspend le temps et unit la communauté musulmane dans une quête absolue de pardon et de spiritualité.

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La station debout : une répétition générale du Jugement dernier

Considéré par les savants de l’Islam comme le plus grand jour de l’année, le jour de Arafat est l’essence même du grand pèlerinage. Le Prophète Mahomet avait résumé cette importance en une sentence célèbre : « Le Hajj, c’est Arafat ». Sans cette étape, le pèlerinage n’est pas valide.

Dès l’aube, vêtus du ihram — deux pièces de tissu blanc sans couture pour les hommes, effaçant toute distinction sociale ou de richesse —, les fidèles convergent vers la plaine et le mont de la Miséricorde (Jabal al-Rahmah). Là, sous un soleil de plomb, commence la station debout. Tout au long de la journée, les pèlerins restent debout ou assis, les mains tendues vers le ciel, pour prier, invoquer et méditer.

Cette convergence humaine gigantesque revêt une portée eschatologique profonde. Pour le croyant, cette multitude unie dans le même habit et la même supplication préfigure l’attente solennelle du Jugement dernier.

 

Un jour d’expiation et une communion universelle

La théologie islamique consacre le jour d’Arafa comme celui de l’expiation des péchés et de l’acceptation des vœux. C’est le moment où la miséricorde divine descend sur Terre.

Cette ferveur ne se limite pas aux frontières de la plaine sacrée. Elle crée aussi un pont spirituel universel : au même moment, des millions de musulmans restés dans leurs pays respectifs participent à cette journée sainte par le jeûne, un acte méritoire censé effacer les péchés de l’année écoulée et de l’année à venir.

Partout, les croyants sont invités à multiplier les prières pour eux-mêmes, leurs proches et pour la paix dans le monde, en répétant inlassablement la formule prophétique majeure de ce jour :

« Lâ ilaha illallâhou wahdahou lâ charîkalahou, lahou-l-moulkou wa lahou-l-hamdou wa houwa ‘alâ koulli chay’in qadîr. » (Il n’y a d’autre divinité qu’Allah, Unique, sans associé. À Lui la royauté, à Lui la louange, et Il est Capable de toute chose).

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L’envers logistique du miracle d’Arafat

Le rassemblement d’Arafat constitue une prouesse humaine et organisationnelle unique au monde, avec ses immenses réussites mais aussi ses contraintes physiques extrêmes pour les pèlerins.

Cette journée d’Arafa offre aux fidèles une transcendance collective exceptionnelle. Elle représente l’apogée des mérites spirituels, avec la possibilité d’un effacement total des péchés passés et une proximité divine inégalée, marquant souvent le sommet d’une vie de pratique religieuse.

Elle incarne également un symbole d’égalité absolue, puisque cette immense marée humaine matérialise l’unité de la Oumma : riches et pauvres, rois et citoyens partagent le même espace et les mêmes vêtements, abolissant toutes les barrières raciales, sociales et économiques.

Cette expérience hors norme est rendue possible grâce à une logistique d’accueil de pointe, fruit d’investissements massifs du pays hôte. Des technologies cruciales sont déployées, notamment des systèmes géants de brumisation pour rafraîchir l’atmosphère, des cliniques mobiles de campagne, une distribution gratuite et abondante d’eau potable, ainsi que des réseaux de transport interconnectés comme le métro d’Al Mashaaer.

Les défis humains d’un pèlerinage hors norme

Mais les limites physiques du pèlerinage demeurent un défi permanent. La station debout sous des températures estivales extrêmes, frôlant souvent les 45 à 50 °C, expose les fidèles à des risques constants d’insolation, de déshydratation sévère et de coups de chaleur, particulièrement les plus âgés et les plus vulnérables.

La promiscuité de millions de personnes concentrées sur une plaine délimitée engendre également une fatigue intense, accentuée par les bousculades et la gestion permanente de la foule lors des déplacements.

Enfin, l’engorgement des transports au coucher du soleil, lorsque tous les pèlerins quittent simultanément les lieux vers Mouzdalifa pour la Nafra, provoque d’immenses goulets d’étranglement logistiques, transformant parfois un court trajet en plusieurs heures de marche ou d’attente dans les bus.

Finalement, au coucher du soleil, la plaine d’Arafat commencera progressivement à se vider. Dans un calme impressionnant, la marée humaine se dirigera vers Mouzdalifa. Les pèlerins y passeront la nuit à la belle étoile afin d’y ramasser les petits cailloux du rituel suivant, poursuivant ainsi, pas à pas, la marche spirituelle de ce voyage d’une vie.

Mali : La HAC retire la chaîne Al Arabiya des bouquets audiovisuels

Nouvelle fracture dans le paysage médiatique malien. La Haute Autorité de la Communication (HAC) a ordonné le retrait immédiat, et jusqu’à nouvel ordre, de la chaîne de télévision saoudienne Al Arabiya, ainsi que de sa succursale Al Hadath, des bouquets de tous les distributeurs audiovisuels autorisés à diffuser sur le territoire national.

Cette sanction administrative fait suite à la diffusion d’un reportage axé sur la situation sécuritaire à Kidal, dans le nord du pays. Les autorités de régulation maliennes reprochent au média international un traitement journalistique jugé « mensonger, biaisé et profondément déséquilibré ».

 

Les griefs retenus par le régulateur

Dans les motivations de sa décision officielle, la HAC s’appuie sur plusieurs manquements graves aux règles d’éthique et de déontologie. Elle accuse notamment le média saoudien d’avoir :

  • relayé la propagande de groupes armés terroristes sans procéder aux recoupements d’usage ni intégrer la version officielle des autorités maliennes ;
  • diffusé des informations sans sources crédibles, portant directement atteinte à l’honneur et à la considération des Forces armées maliennes (FAMa) ;
  • valorisé implicitement des mouvements terroristes à travers sa ligne éditoriale ;
  • violé le droit international humanitaire et les règles déontologiques en exposant publiquement des images de prisonniers de guerre.

Une ligne rouge sur la couverture sécuritaire

« Le traitement de l’information en zone de conflit impose une responsabilité sociale stricte. L’exposition médiatique de prisonniers et l’absence de contradiction face aux thèses terroristes constituent des manquements que le régulateur ne pouvait laisser passer », commente un analyste des médias basé à Bamako.

Cette suspension marque une nouvelle étape dans le contrôle rigoureux du narratif sécuritaire au Mali, où le respect de l’image des FAMa et le traitement de la crise dans le Nord restent des lignes rouges absolues pour le régulateur. Pour l’heure, la direction de la chaîne saoudienne n’a pas encore officiellement réagi à cette mesure de retrait.

Zinder : saisie record de 268 kg de cocaïne par l’OCRTIS

Zinder, 25 mai 2026 — Dans une opération de grande envergure menée le 19 mai, l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) a réalisé une saisie sans précédent au Niger : ses agents ont extrait 233 briques de cocaïne, d’un poids total de 268,045 kg, d’un camion en provenance d’Accra (Ghana). Il s’agit d’un record national, résultat d’un travail d’enquête et d’interception fondé sur des renseignements opérationnels précis.

Sur la foi d’informations faisant état de la circulation d’un poids lourd suspect, les services compétents ont immédiatement déployé un dispositif de surveillance à l’entrée de la ville de Zinder. Ainsi, l’antenne régionale de l’OCRTIS a intercepté le véhicule et l’a conduit vers des locaux sécurisés pour des contrôles approfondis. La fouille minutieuse a permis la découverte d’un compartiment aménagé sous la remorque contenant les 233 briques de poudre blanche, soigneusement dissimulées.

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Un réseau transfrontalier démantelé

Huit individus de nationalité nigérienne ont été appréhendés lors de l’opération. Les perquisitions menées dans des garages et domiciles liés aux mis en cause ont  aussi permis la découverte de plusieurs plaques d’immatriculation étrangères, corroborant le caractère organisé et transfrontalier du réseau démantelé. Les enquêteurs poursuivent des recherches actives pour interpeller d’autres présumés complices, tant sur le sol national qu’à l’étranger, notamment au Ghana, au Mali et au Togo.

Les premières investigations dévoilent un réseau structuré opérant à l’échelle sous‑régionale, exploitant plusieurs corridors de transit en Afrique de l’Ouest. Selon les éléments de l’enquête, la cargaison aurait quitté Accra, transité par Lomé (Togo), Kandi (Bénin) et Sokoto (Nigeria), avant d’entrer au Niger par Konni, Maradi puis Zinder. La destination finale présumée de la marchandise était la Libye, via la bande sahélo‑saharienne.

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Des ramifications sous‑régionales

 

Par ailleurs, l’enquête a établi un lien direct entre ce groupe et une précédente affaire : le chef présumé du réseau serait le même individu impliqué dans l’introduction de 51,7 kg de cocaïne saisis à Gaya le 29 septembre 2025. Ce constat renforce l’hypothèse d’un opérateur central orchestrant plusieurs tentatives de trafic à grande échelle.

Au regard de la gravité des faits, le Pôle Judiciaire Spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée reçoit le dossier pour assurer la poursuite des investigations et engager les poursuites judiciaires. Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey, M. Ousmane Beido, a indiqué qu’un mandat d’arrêt international vise déjà le chef présumé du réseau.

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Détermination de l’État et appel à la coopération citoyenne

 

Le Procureur a salué le professionnalisme des agents de l’OCRTIS et la coordination réussie entre les services engagés dans l’opération. Il a insisté sur la nécessité de poursuivre les investigations afin de neutraliser les principaux soutiens et complices du réseau, soulignant que la lutte contre le trafic de stupéfiants constitue un pilier de la sécurité nationale et régionale.

L’État du Niger, sous la conduite du Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République et Chef Suprême des Armées, réaffirme ainsi sa détermination à combattre fermement le trafic illicite de stupéfiants, présenté comme une menace lourde pour la stabilité régionale et la santé publique. L’OCRTIS a lancé un appel solennel à la population en faveur d’une collaboration accrue avec les Forces de Défense et de Sécurité, invitant les citoyens à transmettre tout renseignement susceptible de faire avancer les enquêtes.

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Pour faciliter cette coopération, des numéros verts ont été mis à disposition : 8383 / 17. « La Police Nationale, c’est votre sécurité et celle de vos biens », a rappelé l’institution, réaffirmant le caractère civique et collectif de la lutte contre le fléau des drogues.

Cette saisie, par son ampleur et par les ramifications transnationales qu’elle met au jour, marque un tournant dans la lutte anti‑stupéfiants au Niger et appelle à un renforcement des mécanismes régionaux de coopération policière et judiciaire pour enrayer durablement ces réseaux organisés.

Agadez : un coupeur de route sur l’axe Arlit-Assamaka arrêté

Nouvelle opération réussie pour les Forces de défense et de sécurité nigériennes. Ce lundi 25 mai 2026, les éléments de la Garde nationale du Niger d’Arlit ont interpellé un individu présenté comme un présumé membre d’un groupe de bandits armés actif sur l’axe stratégique Arlit-Assamaka, un corridor régulièrement emprunté par les transporteurs et voyageurs de la zone sahélienne.

L’homme a été présenté aux autorités administratives en présence du préfet du département d’Arlit, Almoustapha Ousmane. Cette arrestation intervient à la suite de plusieurs renseignements faisant état d’actes de racket et d’agressions visant les usagers de cette route sensible du nord nigérien.

 

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Une opération ciblée menée par la GNN

Conduite sous la supervision du colonel Younous Ahmed, l’opération a mobilisé la patrouille départementale de la Garde nationale d’Arlit. Grâce à une intervention rapide et coordonnée, les forces engagées ont pu neutraliser le suspect et procéder à la saisie de plusieurs équipements.

Parmi les objets récupérés figurent une arme de type AK-47, plusieurs munitions, des téléphones portables ainsi que divers autres matériels susceptibles de servir aux activités criminelles du groupe.

Gouvernorat d'Agadez
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Les autorités saluent l’engagement des FDS

À l’issue de la présentation, le préfet Almoustapha Ousmane a transmis les félicitations et les encouragements du gouvernement aux Forces de défense et de sécurité pour leur mobilisation permanente dans la protection des populations et la sécurisation des axes routiers.

Il a également rendu hommage aux efforts continus des FDS dans la lutte contre le grand banditisme, un défi sécuritaire majeur dans plusieurs zones du pays confrontées aux trafics et aux attaques armées.

Gouvernorat d'Agadez
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Une procédure judiciaire désormais engagée

Après son interpellation, les éléments de la Garde nationale du Niger ont remis le suspect ainsi que l’ensemble du matériel saisi à la Brigade de gendarmerie d’Arlit afin de poursuivre les investigations et d’engager la procédure judiciaire.

À travers cette opération, les autorités nigériennes affichent leur volonté de renforcer la pression sécuritaire sur les groupes criminels opérant dans les régions sensibles du nord du pays, où la sécurisation des corridors routiers reste un enjeu stratégique pour les populations et les activités économiques.

AES présent à l’investiture de Romuald Wadagni à Cotonou

Cotonou, ce dimanche 24 mai 2026 – Au-delà du protocole républicain et du passage de témoin entre Patrice Talon et Romuald Wadagni, la cérémonie d’investiture du nouveau chef de l’État béninois au Palais des Congrès de Cotonou a pris une tournure géopolitique majeure. En effet, l’événement a été marqué par un signal diplomatique fort et particulièrement scruté : la présence hautement symbolique de délégations de haut niveau des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES : Niger, Mali, Burkina Faso).

Alors que les relations entre Cotonou et ses voisins du Sahel traversaient une zone de fortes turbulences institutionnelles et sécuritaires ces dernières années, ce déplacement groupé marque désormais un tournant et le début d’un dégel stratégique amorcé par le nouveau président béninois.

 

Le pragmatisme sahélien au cœur du Palais des Congrès

Ainsi, à 10 h 00, Romuald Wadagni a levé la main droite pour prêter son serment constitutionnel et inaugurer un septennat historique. Les diplomates ont alors tourné leurs regards vers la tribune des dignitaires étrangers, où la présence des émissaires officiels de Niamey, Bamako et Ouagadougou a concrétisé une volonté d’ouverture mutuelle, inimaginable il y a encore quelques mois.

Le Premier ministre du Niger, Ali Lamine Zeine, était présent parmi les figures marquantes de ce bloc sahélien. À ses côtés, le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, et celui du Burkina Faso, Karamoko Jean-Marie Traoré, ont pris part à ce grand rendez-vous régional.

Dans son discours, Romuald Wadagni a affirmé qu’il est prêt à travailler avec ses voisins et qu’aucun pays ne peut affronter seul la menace terroriste. En effet, il a insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée pour garantir la sécurité du Bénin et de la région. Par ailleurs, pour le Bénin, dont la vitrine économique demeure le Port Autonome de Cotonou, la reprise des canaux diplomatiques et commerciaux avec l’hinterland sahélien constitue une urgence absolue. Romuald Wadagni, technocrate aguerri et ancien ministre de l’Économie et des Finances, l’a clairement intégré : la prospérité économique du pays et la sécurité de sa partie septentrionale, proche des frontières nigérienne et burkinabè, passent nécessairement par un dialogue direct et constant avec l’AES.

 

Une main tendue et saluée par les dirigeants de l’AES

De plus, cette convergence vers Cotonou fait écho aux récentes déclarations de campagne de Romuald Wadagni, qui avait surpris les observateurs en plaidant ouvertement pour une approche décomplexée et pragmatique vis-à-vis des transitions sahéliennes. Romuald Wadagni avait alors déclaré :

« Nous devons nous parler, nous devons aborder ces trois défis ensemble de façon obligatoire, nous n’avons pas le choix. Nous allons saisir l’occasion du renouvellement à la tête de l’État pour repartir encore vers nos voisins. »

Ainsi, cette main tendue a visiblement été saisie par les capitales de l’AES. En choisissant d’envoyer ces délégations officielles de premier plan à Cotonou, les présidents de transition Ibrahim Traoré (Burkina Faso), Assimi Goïta (Mali) et Abdourahamane Tiani (Niger) actent le fait que le nouveau président béninois est un interlocuteur crédible, pragmatique et prêt à s’affranchir des postures rigides du passé pour privilégier la coopération bilatérale.

Un déplacement porteur de stabilité et de coopération régionale

Le déplacement des délégations de l’Alliance des États du Sahel (AES) à l’investiture de Romuald Wadagni apparaît comme un signal fort, ouvrant la voie à une possible stabilisation des relations régionales et à de nouvelles perspectives pour les mois à venir.

Désormais, cette présence constitue une première étape vers une gouvernance plus concertée entre Cotonou et ses voisins sahéliens. Dans son discours, le nouveau président béninois a insisté sur la nécessité de bâtir une coopération renforcée, affirmant qu’aucun pays ne peut affronter seul la menace terroriste.

En effet, il a souligné que la sécurité du Bénin et de la région dépend d’un dialogue constant et d’une action collective avec l’AES. Ainsi, ce déplacement ne se limite pas à une dimension protocolaire : il pourrait inaugurer une nouvelle ère de gouvernance régionale, où le Bénin jouerait un rôle pivot dans la stabilisation sécuritaire et l’intégration économique du Sahel.