mai 2026 - Page 2 sur 8 - Journal du Niger

Maroc – Sénégal : Grâce royale pour les supporters de la CAN 2025

Rabat/Dakar, le 24 mai 2026 – À l’occasion de la célébration sacrée de l’Aïd al-Adha, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a une nouvelle fois illustré la grandeur de la diplomatie humanitaire marocaine. Par un geste empreint de clémence et de haute bienveillance, le Souverain a accordé la grâce royale aux seize supporters sénégalais encore détenus au Maroc,  à la suite d’incidents survenus lors de la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025).

Ainsi, cette décision, annoncée officiellement ce samedi par le Cabinet royal, vient clore un épisode malheureux de manière profondément fraternelle, rappelant la solidité de l’axe historique Rabat-Dakar.

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Des « considérations humaines » au cœur de l’esprit de l’Aïd

Les autorités marocaines ont condamné seize ressortissants sénégalais à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme pour des infractions – notamment des jets de projectiles et des tentatives d’invasion de terrain – commises en marge de la finale disputée le 18 janvier dernier à Rabat. Par ailleurs, sur les dix-huit supporters initialement incarcérés, deux avaient déjà purgé leur peine et regagné le Sénégal.

Invoquant des « considérations humaines » et la sacralité de la fête de l’Aïd al-Adha, le Cabinet royal a souligné que cette mesure d’apaisement traduit l’excellence :

« des relations fraternelles séculaires et multidimensionnelles qui lient le Royaume du Maroc et la République du Sénégal. »

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L’accueil républicain du Président Bassirou Diomaye Faye à Dakar

À Dakar, l’annonce a été accueillie avec un immense soulagement et une profonde gratitude. Preuve de l’importance majeure accordée à ce dossier par les plus hautes autorités sénégalaises, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est personnellement rendu au pavillon spécial de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mai 2026, aux environs de 1 heure du matin, pour accueillir à leur descente d’avion les quinze compatriotes libérés.

Le chef de l’État sénégalais, qui arborait pour l’occasion le maillot des Lions de la Téranga, a tenu à saluer publiquement l’issue heureuse de cette situation :

« Nos compatriotes retenus au Maroc à la suite des incidents survenus en marge de la CAN sont libres. Nous saluons ce geste de haute portée du Royaume chérifien. »

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La gratitude de la CAF envers Sa Majesté le Roi

Ce dénouement a également fait réagir les instances dirigeantes du football africain. Dans un communiqué officiel, le président de la Confédération Africaine de Football (CAF) a exprimé sa profonde gratitude et ses remerciements les plus sincères à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour l’octroi de cette grâce royale. La CAF a salué l’esprit de dépassement et le leadership du Souverain, qui a su privilégier les valeurs d’unité et de fraternité africaines au-delà des dérives disciplinaires sportives.

Alors que le Sénégal et le Maroc continuent de fortifier leur partenariat stratégique dans un contexte de recomposition politique régionale, cet acte de clémence royale vient rappeler que l’amitié entre les deux peuples dépasse largement le cadre strict de la rivalité sportive. Elle s’inscrit aussi dans une histoire commune que le temps et les épreuves ne font que consolider.

Dakar sous tension après le limogeage d’Ousmane Sonko

À Dakar, les visages sont fermés et les états-majors politiques sous tension. Deux jours après le limogeage spectaculaire du Premier ministre Ousmane Sonko par le président Bassirou Diomaye Faye, le Sénégal entre dans une zone d’incertitude politique inédite depuis l’alternance de 2024.

Ce qui apparaissait encore récemment comme le tandem le plus solide de la scène politique ouest-africaine s’est brutalement transformé en un duel à haut risque, avec, en toile de fond, la menace d’une paralysie institutionnelle et d’une guerre ouverte au sein même de la majorité issue du Pastef.

Une rupture qui secoue l’appareil d’État

Depuis l’annonce officielle du départ d’Ousmane Sonko, plusieurs figures proches de l’ancien chef du gouvernement ont commencé à quitter leurs fonctions administratives et stratégiques.

Parmi les personnalités citées figurent notamment Kadidja Diouf, présidente de l’Agence de surveillance du développement local, El Hadj Diagne, directeur de la SONACOS, ainsi que Mouhamed Abdallah Ly.

Dans les couloirs des institutions publiques, l’ambiance est décrite comme électrique. Plusieurs cadres du pouvoir considèrent désormais que la rupture entre les deux hommes est devenue irréversible.

Une base militante toujours fidèle à Ousmane Sonko

Au siège du Pastef comme dans les rassemblements spontanés organisés dans certains quartiers de Dakar, la colère des militants reste palpable.

Une partie importante de la base du mouvement estime que Bassirou Diomaye Faye s’est éloigné du projet de « rupture » qui avait porté la coalition au pouvoir lors de l’élection présidentielle de 2024.

Le Bureau politique national du Pastef a d’ailleurs salué le bilan politique d’Ousmane Sonko tout en réaffirmant son attachement au projet initial du parti et à son leader historique.

Pour de nombreux observateurs, les tensions actuelles étaient perceptibles depuis plusieurs mois. La nomination d’Aminata Touré à la tête de la coalition « Diomaye Président » avait déjà provoqué des crispations internes et alimenté les divergences stratégiques entre les deux camps.

Le spectre d’une motion de censure

Mais le véritable danger pour le chef de l’État se situe désormais au niveau parlementaire. Malgré ses prérogatives constitutionnelles, Bassirou Diomaye Faye ne maîtrise pas totalement les équilibres politiques de la majorité.

Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, demeure considéré comme un proche fidèle d’Ousmane Sonko. Dans ce contexte, plusieurs analystes envisagent désormais une motion de censure contre le futur gouvernement que la présidence nommera.

Une telle hypothèse pourrait plonger le pays dans une crise institutionnelle durable, d’autant plus que le président ne peut pas dissoudre immédiatement l’Assemblée nationale.

Même dans l’éventualité d’élections législatives anticipées en 2027, rien ne garantit qu’une nouvelle coalition présidentielle parviendrait à battre le Pastef, dont l’implantation populaire demeure très forte.

Les « caisses noires », nouveau point de rupture

Autre sujet explosif : la question des fonds spéciaux présidentiels, communément appelés « caisses noires ». Selon plusieurs informations relayées dans les milieux politiques sénégalais, ce dossier serait devenu l’un des principaux motifs de tension entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Durant la campagne présidentielle, le Pastef avait promis une rupture radicale avec ces mécanismes financiers opaques. Le maintien présumé de cette pratique aurait profondément irrité l’ancien Premier ministre et son entourage politique.

Dans les prochains mois, la bataille pourrait donc également se déplacer sur le terrain budgétaire et parlementaire, avec la volonté affichée par certains cadres du parti de réduire, voire supprimer, les fonds spéciaux alloués à la présidence.

À Dakar, une certitude s’impose désormais : le limogeage d’Ousmane Sonko ne marque probablement pas la fin d’une crise politique, mais plutôt le début d’un affrontement susceptible de redessiner durablement l’avenir du pouvoir sénégalais jusqu’à l’élection présidentielle de 2029.

Du « Gatsa-Gatsa » au caviar de l’Élysée : Bassirou Diomaye Faye ou le vertige des sommets

Dakar, 24 mai 2026 –Il n’aura fallu que deux petites années. Deux ans à peine pour que le vent frais de la rupture, qui devait balayer les vieilles pratiques coloniales et le confort feutré du « Système », ne se transforme en une brise tiède, parfumée aux dorures des palais occidentaux. Le couperet est tombé le vendredi 22 mai 2026 : Ousmane Sonko est limogé, le gouvernement dissous. Le « tandem » légendaire né en 2024 a vécu. Circulez, il n’y a plus rien à voir. Enfin si, regardez plutôt vers les sommets.

Pour les nostalgiques des meetings enflammés et des promesses de souverainisme pur et dur, le réveil est brutal. Mais pour les observateurs du virage à 180 degrés de la diplomatie sénégalaise, ce parricide politique apparaît comme la suite logique d’une métamorphose présidentielle.

Le « Système » ? Quel système ?

On s’en souvient comme si c’était hier : les diatribes contre la Françafrique, les appels à briser les chaînes de la dépendance et les promesses de table rase. C’était l’époque des t-shirts de campagne et de la ferveur populaire. Mais ça, c’était avant. Avant que le tapis rouge de l’Élysée Palace ne déroule ses charmes sous les pas de Bassirou Diomaye Faye.

À force d’enchaîner les allers-retours à Paris et de multiplier les sourires complices devant les photographes avec Emmanuel Macron, le président sénégalais semble avoir découvert les délices de la realpolitik. On nous promettait la rupture, on a surtout droit à la continuité, version grand luxe. Les contrats d’armement, les accords économiques et les audiences feutrées ont visiblement eu raison des idéaux de table rase. Après tout, pourquoi combattre un système quand on peut si confortablement s’y installer ?

Le syndrome de la broderie de la CEDEAO

Mais le véritable coup de foudre — ou plutôt le coup de folie des grandeurs — est venu d’Abuja. Bombardier présidentiel, cortèges officiels et cette consécration suprême : la désignation, dès juillet 2024, comme médiateur en chef de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest auprès des pays de l’Alliance des États du Sahel. Une stature internationale consolidée fin 2025 lorsque le Sénégal a officiellement obtenu la présidence de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest pour un mandat s’étalant de 2026 à 2030.

Qu’il est doux, le parfum des sommets régionaux ! Qu’il est grisant d’être salué par ses « pairs », ces mêmes dirigeants que le parti au pouvoir qualifiait hier de marionnettes syndicales à la solde de l’Occident. Enfilant le costume de garant des institutions régionales, Bassirou Diomaye Faye a visiblement pris goût aux honneurs de la bureaucratie supranationale.

Le mentor devenu encombrant

Dans ce nouveau monde fait de champagne diplomatique, de déclarations conjointes et de prestigieuses casquettes internationales, un Premier ministre adepte du souverainisme canal historique commençait sérieusement à faire désordre. Comment continuer à plaire à l’Élysée Palace et à faire bonne figure dans les dîners de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest avec, à ses côtés, un Ousmane Sonko qui s’entête à jouer les prolongations de la révolution nationale ?

Pour sauver les privilèges fraîchement acquis et consolider sa propre stature d’homme d’État fréquentable, le choix était vite fait. Le mentor est devenu le gêneur. En liquidant politiquement son ancien Premier ministre d’une signature de décret le 22 mai 2026, Bassirou Diomaye Faye n’a pas seulement dissous un gouvernement : il a définitivement acté son entrée dans le club très fermé de ceux qui oublient leurs promesses dès que les ors de la République leur montent à la tête.

Le « Projet » a changé de propriétaire, et le pouvoir a définitivement troqué le costume de la rupture contre une veste réversible, taillée sur mesure pour les salons parisiens.

L’histoire des sélections africaines au Championnat du monde : du rêve aux grandes victoires

Les équipes africaines ont longtemps dû se battre pour être reconnues sur la scène mondiale. Au départ, elles devaient prouver qu’elles méritaient leur place dans le plus grand tournoi de football. Ensuite, elles ont montré qu’elles pouvaient faire bien plus que participer : elles étaient capables de signer de grands résultats.

 

Aujourd’hui, l’Afrique au Championnat du monde n’est plus seulement une histoire de quelques exploits isolés. C’est un parcours marqué par des échecs douloureux, mais aussi par des victoires qui ont changé le regard porté sur tout un continent. 1xBet vous propose de revenir sur les performances les plus marquantes des sélections africaines dans le grand tournoi de football.

 

La lutte pour la reconnaissance

 

En 1934, l’Égypte est devenue la première sélection africaine à participer au Championnat du monde. Son joueur Abdelrahman Fawzi est aussi entré dans l’histoire en inscrivant les premiers buts africains dans la compétition. Les Pharaons se sont inclinés face à la Hongrie 2-4 et ont été éliminés (à l’époque, les équipes jouaient selon un système olympique, sans phase de groupes). Mais cette participation a représenté une étape importante pour le football africain.

 

Par la suite, se qualifier pour le grand rendez-vous mondial du football est resté très difficile. Par exemple, pour accéder au tournoi de 1966, le vainqueur des qualifications africaines devait encore battre le meilleur représentant de l’Asie ou de l’Océanie. Les fédérations africaines ont considéré cette situation comme injuste et ont boycotté les qualifications. Cette décision a porté ses fruits : à partir de 1970, l’Afrique a obtenu une place garantie dans le tournoi.

 

De la participation aux premières victoires

 

En 1974, le Zaïre, aujourd’hui la RD Congo, est devenu la première sélection d’Afrique subsaharienne à participer au Championnat du monde. Sur le plan sportif, le tournoi n’a pas été réussi : l’équipe a perdu ses 3 matchs sans inscrire le moindre but. Mais sa présence a marqué un tournant important pour le football africain.

 

Le véritable déclic est arrivé en 1978, lorsque la Tunisie a battu le Mexique 3-1 et signé la première victoire d’une sélection africaine dans le plus grand tournoi de la planète. À partir de ce moment-là, l’Afrique n’a plus été perçue comme une simple curiosité du football mondial.

 

Comment les sélections africaines ont changé le regard sur l’Afrique

 

En 1986, le Maroc est devenu la première équipe africaine à atteindre la phase à élimination directe du tournoi. Dans son groupe, les Lions de l’Atlas ont devancé l’Angleterre, le Portugal et la Pologne, avant de s’incliner 0-1 en huitième de finale contre l’Allemagne, future finaliste.

 

Le regard du monde sur le football africain a définitivement changé grâce au parcours du Cameroun au Championnat du monde 1990. La victoire contre l’Argentine de Diego Maradona, les succès face à la Roumanie et à la Colombie, ainsi que les buts et les danses de Roger Milla, ont fait de cette équipe l’un des grands symboles du tournoi. Les Lions indomptables n’étaient qu’à sept minutes d’une demi-finale et n’ont cédé contre l’Angleterre qu’après deux penalties.

 

Le sommet des réussites au XXIe siècle

 

En 2002, le Sénégal a montré qu’un débutant pouvait rêver grand. Les Lions de la Teranga ont battu la France, championne du monde et d’Europe en titre, avant d’atteindre les quarts de finale, où ils se sont inclinés contre la Turquie en prolongation.

En 2010, le tournoi s’est déroulé en Afrique du Sud, et le Ghana a atteint les quarts de finale. Son parcours est resté dans les mémoires non seulement pour le résultat, mais aussi pour le drame du match contre l’Uruguay. Le Ghana avait une immense occasion de devenir la première équipe africaine en demi-finale, mais son leader a manqué un penalty dans les dernières secondes du temps additionnel. Les Black Stars ont ensuite perdu lors de la séance de tirs au but. Cet épisode reste encore aujourd’hui l’un des plus douloureux de l’histoire du football africain.

 

En 2022, le Maroc a repoussé les limites du football africain en atteignant les demi-finales. Ses victoires contre la Belgique, l’Espagne et le Portugal ont transformé ce tournoi en moment historique pour toute l’Afrique. Ce n’était plus seulement un exploit : c’était la preuve qu’une équipe du continent africain pouvait aller là où l’on attendait presque toujours des Européens ou des Sud-Américains.

 

L’histoire des sélections africaines au Championnat du monde n’est plus une simple série de rares exploits. C’est un chemin fait de lutte pour la reconnaissance, de premières victoires, de quarts de finale et, enfin, d’une demi-finale. Le prochain objectif semble évident : après le parcours du Maroc en 2022, une finale ne semble plus impossible pour une sélection africaine.

 

Nos équipes réussiront-elles à écrire une nouvelle page de l’histoire cet été ? Nous le saurons très bientôt. Soutenez les sélections africaines lors du grand tournoi mondial 2026 avec 1xBet !

AES : Niamey clôture le forum sur le DDR

Les rideaux sont tombés à Niamey. Après trois jours d’intenses sessions de partage  sur la prise en charge de la reddition des ex-combattants des groupes armés, le forum de l’Alliance des États du Sahel (AES) dédié au Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) a achevé ses travaux ce jeudi 21 mai 2026.

Cette rencontre de haut niveau s’est conclue par l’adoption d’importantes résolutions stratégiques. L’un des moments forts de la clôture a été l’appel solennel lancé par les chefs traditionnels de la région, exhortant directement les jeunes enrôlés de force ou de gré dans les groupes armés à déposer les armes pour revenir au sein de leurs communautés.

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Unir les forces face à l’expansion terroriste

L’organisation de ce forum répondait à un impératif clair : harmoniser la compréhension des enjeux sécuritaires actuels et concevoir des réponses collectives face à l’expansion des groupes armés terroristes au sein de l’espace confédéral AES. Tout au long des discussions, les délégations ont insisté sur la complexité de la menace et sur la nécessité d’une conjugaison des efforts des trois États de l’Alliance, conformément aux orientations politiques de leurs chefs d’État respectifs.

Les participants se sont accordés sur l’urgence de renforcer la coordination des initiatives transfrontalières. Selon le secrétaire général du ministère nigérien de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, les échanges ont pleinement confirmé l’importance stratégique du DDR, mais aussi des programmes de Poursuite, de Réhabilitation et de Réintégration (PRR).

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Au-delà du militaire : s’attaquer aux causes profondes

Les analyses présentées durant ces trois jours révèlent un constat partagé : l’enrôlement des jeunes par les groupes extrémistes est largement nourri par la fragilité socio-économique, la précarité financière et le déficit en services sociaux de base dans les zones périphériques.

Face à cette réalité, l’unanimité s’est faite sur un point essentiel : si l’action militaire des Forces de défense et de sécurité (FDS) reste indispensable pour préserver l’intégrité territoriale, elle doit impérativement s’accompagner d’approches non cinétiques. Les participants préconisent ainsi des volets humanitaires et communautaires capables de traiter les racines de l’extrémisme violent, tout en offrant des alternatives économiques viables à ceux qui acceptent de quitter le maquis.

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Bilan chiffré et impact du modèle nigérien

Le choix de Niamey pour abriter ce forum ne tenait pas du hasard. Le Niger a exposé sa propre stratégie de DDR, souvent citée en exemple dans la sous-région pour son efficacité concrète.

  • 1 000 jeunes récupérés : c’est le nombre minimum d’ex-combattants qui ont déposé les armes grâce aux programmes nigériens et qui mènent aujourd’hui une vie civile stable.
  • Approche globale : la politique intègre la réhabilitation psychologique et la formation professionnelle.
  • Soutien international : le PNUD et l’UNICEF appuient activement la mise en œuvre technique de ces processus.

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Une feuille de route inclusive validée par les partenaires

Les agences onusiennes partenaires, notamment le PNUD et l’UNICEF qui ont soutenu l’événement, ont salué la qualité des orientations validées. Elles ont particulièrement mis en avant le fait que la politique de DDR présentée intègre rigoureusement la dimension du genre ainsi que la protection spécifique des droits de l’enfant, souvent premières victimes de l’enrôlement forcé.

À l’heure du bilan, les recommandations issues de ce forum jettent les bases d’une doctrine sahélienne commune en matière de gestion des redditions, faisant du modèle de réintégration un pilier de la stabilisation régionale. Les États du Sahel doivent désormais montrer comment ils appliqueront ces résolutions sur le terrain et transformeront leurs engagements politiques en résultats tangibles pour les communautés directement confrontées à l’extrémisme violent…

Agadez : les FDS interceptent un convoyeur de cannabis à Ingall

La lutte contre les réseaux criminels et les trafics transfrontaliers a enregistré un nouveau succès dans la région d’Agadez. Ce vendredi 22 mai 2026, les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) d’Ingall ont intercepté un convoyeur de produits stupéfiants. Menée par les éléments de l’escadron de la Garde nationale du Niger (GNN), l’opération s’est soldée par l’arrestation d’un suspect et la saisie d’une importante quantité de cannabis, mettant en lumière le rôle stratégique de cette zone de transit.

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Une traque fondée sur le renseignement

Tout a commencé en début de journée avec des informations précises recueillies par les services de renseignement sécuritaire d’Agadez. Les agents avaient repéré le déplacement suspect d’un individu circulant sur une moto neuve. L’homme venait de quitter la capitale régionale et progressait à vive allure sur les pistes désertiques en direction de la commune urbaine d’Ingall.

L’information a aussitôt été transmise à l’escadron de la Garde nationale basé à Ingall. Sous la coordination du commandement, les unités se sont déployées rapidement afin de quadriller les axes que le suspect pouvait emprunter pour contourner les postes de contrôle habituels.

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L’interception à la bretelle d’Awalawal

Le dispositif de surveillance a rapidement porté ses fruits. Postés en embuscade, les éléments de la Garde nationale ont repéré le motocycliste alors qu’il approchait de la bretelle d’Awalawal, une jonction située à environ dix kilomètres au sud-est d’Ingall.

Grâce à une intervention rapide, les forces de l’ordre ont immobilisé le conducteur avant qu’il ne tente de prendre la fuite à travers le désert. Lors de la fouille corporelle et des bagages fixés sur la moto, les militaires ont découvert une quantité significative de drogues : une brique compacte de cannabis ainsi que plusieurs cornets de chanvre indien prêts pour la revente au détail. D’autres objets compromettants ont également été saisis.

Après les constatations initiales sur le lieu de l’arrestation, les agents ont transféré le suspect, sa moto et l’ensemble des stupéfiants aux autorités compétentes. Ils ont ensuite remis ces éléments à la Brigade territoriale de la Gendarmerie nationale d’Ingall, qui coordonne désormais l’enquête judiciaire pour identifier d’éventuels complices et démanteler le réseau d’approvisionnement.

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Mobilité et nouvelles stratégies face aux trafiquants

Cette opération illustre l’évolution des tactiques employées par les Forces de Défense et de Sécurité dans le nord du Niger. Face à des réseaux criminels qui délaissent de plus en plus les véhicules tout-terrain, trop visibles, au profit de motos légères et rapides, les unités de la Garde nationale adaptent leurs modes d’action.

L’utilisation des deux-roues par les patrouilles permet désormais aux militaires de gagner en mobilité, en discrétion et en rapidité d’intervention. Ce mode de déplacement s’avère particulièrement efficace dans l’environnement difficile de la région d’Agadez, marqué par des zones sablonneuses, des oueds asséchés et des pistes secondaires escarpées souvent empruntées par les fraudeurs.

Félicitations de la hiérarchie militaire

La réussite de cette saisie a suscité des réactions positives des autorités régionales d’Agadez. Elles ont salué la vigilance et le professionnalisme des éléments engagés sur le terrain, rappelant les risques encourus lors des interceptions dans ces zones isolées.

Au nom des plus hautes autorités de l’État, notamment le Président de la République, Chef suprême des Armées, et de l’ensemble de la hiérarchie militaire, les responsables sécuritaires d’Ingall ont officiellement transmis leurs félicitations et leurs encouragements aux soldats de l’escadron. Cette reconnaissance vise à soutenir le moral des troupes qui assurent, au quotidien, la surveillance des axes routiers et la protection des populations face à la criminalité transfrontalière.

Niamey : Amadou Labo Maraya au chevet des usagers de la route de Saga

Lassé de voir les riverains s’embourber à chaque saison des pluies, le Conseiller spécial du Chef de l’État, Maraya a décidé de passer à l’action. Ainsi, sur fonds propres et grâce à un élan collectif, il vient de lancer un chantier de réhabilitation routière d’urgence entre le ravin de Likita Kassoum Gao et la mosquée de Masalacin Jinguilé. Une réponse concrète au calvaire quotidien des habitants.

 

Niamey, 22 mai 2026 — Quand l’État tarde à intervenir, la solidarité citoyenne prend le relais. C’est le message fort qu’a voulu faire passer Elhadj Amadou Labo Maraya. En effet, face à l’impraticabilité chronique de l’axe routier qui s’étire depuis la dépression de « Likita Kassoum Gao » jusqu’aux abords de la mosquée de Masalacin Jinguilé, ce haut cadre de la présidence a choisi de prendre ses responsabilités en finançant directement des travaux de rechargement en latérite.

Ce tronçon, essentiel pour la mobilité interne du quartier, s’était transformé au fil des ans en un véritable parcours du combattant, pénalisant l’économie locale et mettant en danger la sécurité des usagers, en particulier lors des orages estivaux.

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Un financement participatif étalé sur six mois

L’originalité de l’initiative réside dans son modèle économique. En effet, plutôt que d’attendre une rallonge budgétaire institutionnelle, le Conseiller spécial a su convaincre son premier cercle de collaborateurs de mettre la main à la poche. Ensemble, ils ont structuré un plan de contribution financière échelonné sur une période de six mois afin de couvrir l’intégralité des coûts de terrassement et d’apport de matériaux.

Ce chantier de reprofilage poursuit ainsi un triple objectif :

  • Mettre fin à l’isolement des habitations riveraines pendant l’hivernage ;
  • Fluidifier le trafic sur cet axe de forte affluence ;
  • Sécuriser les déplacements nocturnes en éliminant les crevasses et les zones d’embouteillage forcé.

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Un appel au sursaut collectif des cadres locaux

Au-delà du coup de pioche initial, Elhadj Amadou Labo Maraya souhaite créer un effet d’entraînement. À cet effet, en visitant le chantier, il a profité de l’occasion pour lancer un appel vibrant à la bourgeoisie d’affaires, aux cadres techniques et à l’ensemble des forces vives de la commune :

« Les initiatives de développement ne doivent pas reposer sur les seules épaules des autorités centrales. Chaque fils de cette ville a le devoir d’apporter sa pierre à l’édifice pour améliorer le cadre de vie de nos communautés. »

Sur le terrain, l’accueil est unanime. En effet, les comités de quartier et les usagers de la route saluent une démarche qu’ils qualifient de « patriotique ». Pour ces habitants, l’arrivée des bennes de latérite représente un immense soulagement et surtout la preuve que le pragmatisme politique peut offrir des solutions immédiates là où la bureaucratie s’enlise souvent. Ainsi, cette action de proximité redéfinit le rôle des élites en période de transition.

En initiant cette réhabilitation routière sur fonds propres, Elhadj Amadou Labo Maraya envoie un signal fort : le développement local peut aussi naître de l’engagement citoyen et de la responsabilité collective. À travers ce chantier, c’est toute une vision de la solidarité de proximité et du leadership communautaire qui prend forme au cœur de Niamey.

Niamey : Le pont de Saga Gorou inauguré

Face aux caprices dévastateurs du climat, Niamey muscle ses défenses. Ce jeudi 21 mai 2026, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a officiellement mis en circulation le tout nouveau pont de Saga Gorou. Bien plus qu’une simple infrastructure, cet ouvrage d’art jumelé de 100 mètres symbolise la résilience de la capitale face aux crues et constitue un levier majeur pour l’économie nationale.

Niamey, 21 mai 2026 — Le soulagement est à la hauteur de l’attente. Les usagers de la route ainsi que les opérateurs économiques peuvent enfin souffler. Ce jeudi, sous la présidence du Premier ministre, M. Ali Mahaman Lamine Zeine, entouré des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et du gouvernement, le pont de Saga Gorou a été officiellement ouvert à la circulation.

Ce nœud routier hautement stratégique, longtemps fragilisé par les intempéries, renaît grâce à une prouesse technique moderne financée par l’État du Niger avec l’appui de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures

L’ingénierie nigérienne au défi du changement climatique

Tous les Nigériens gardent en mémoire les inondations de 2024. Des pluies diluviennes d’une rare intensité avaient gravement endommagé le réseau routier national, isolant ainsi plusieurs quartiers et paralysant les échanges commerciaux. Saga Gorou était devenu l’un des symboles les plus marquants de cette vulnérabilité.

Le gouvernement a retenu la leçon. Exit les réparations de fortune : l’infrastructure inaugurée aujourd’hui est un colosse composé de deux ponts juxtaposés de 100 mètres de longueur chacun, conçus pour résister aux fortes crues.

« Les études hydrologiques et hydrauliques ont été entièrement actualisées pour adapter l’ouvrage aux effets des changements climatiques », a martelé le ministre de l’Équipement et des Infrastructures, le Colonel-Major Salissou Mahaman Salissou.

Le message des autorités est sans ambiguïté : ce pont doit empêcher toute interruption majeure du trafic durant les prochaines saisons des pluies. Le Premier ministre a également salué le savoir-faire des techniciens nigériens, principaux artisans de cette réalisation. Car ce chantier a mis en lumière le brio et le savoir-faire des techniciens nigériens, maîtres d’œuvre de cette métamorphose.

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures

Un poumon économique pour Niamey et Tillabéri

L’impact de cette mise en circulation dépasse largement le simple confort des automobilistes. Pour le gouverneur de la région de Tillabéri, le Colonel Maïna Boukar, cet ouvrage représente un véritable moteur de relance économique. En effet, en facilitant la circulation des personnes et des marchandises, le pont de Saga Gorou reconnecte efficacement des bassins de production essentiels pour l’économie nigérienne.

Cette inauguration n’est d’ailleurs que la face visible d’un plan bien plus vaste. Elle s’inscrit dans le programme global d’aménagement et de bitumage des voiries de Niamey soutenu par le Chef de l’État, le Général d’armée Abdourahamane Tiani.

À l’heure où plusieurs chantiers d’envergure se poursuivent dans la capitale, les autorités envoient un signal fort : le développement du Niger passera par des infrastructures durables, connectées et capables de défier le temps. À l’approche de la prochaine saison des pluies, Niamey a désormais un atout de taille dans sa manche.

Niger : une croissance record de 10,4 % malgré le blocus régional

Malgré un blocus régional de huit mois et des chocs climatiques à répétition, le Niger affiche une insolente santé économique avec un taux de croissance à deux chiffres pour l’exercice 2024. Derrière l’annonce officielle du ministre des Finances, le20 mai 2026, décryptage d’une économie de guerre qui a su transformer ses contraintes en leviers de souveraineté.

 

Niamey, 21 mai 2026 – Soumis à un étouffement financier et commercial sans précédent après les événements du 26 juillet 2023, le Niger n’a pas sombré. Bien au contraire. Lors d’une intervention télévisée très attendue, Le mercredi 20 mai 2026, le ministre des Finances, M. Mamane Laouali Abdou Rafa, a jeté un pavé dans la mare des institutions financières internationales : en 2024, le produit intérieur brut (PIB) nigérien a bondi de 10,4 %.

Comment un État sous embargo quasi total pendant près de huit mois a-t-il pu signer l’une des performances économiques les plus spectaculaires du continent ? L’analyse des chiffres révèle une stratégie de résilience offensive, portée par un duopole inattendu : la terre et l’or noir.

 

Le mirage des sanctions face au bouclier agricole

L’histoire retiendra que les sanctions communautaires de la CEDEAO et de l’UEMOA visaient à asphyxier Niamey. Elles ont certes paralysé les circuits financiers traditionnels, mais elles se sont heurtées à une réalité structurelle : l’économie nigérienne est avant tout une économie de la terre.

Représentant près de 38 % du PIB national, le secteur agricole a joué le rôle de stabilisateur d’urgence. À lui seul, il a généré plus de la moitié de la croissance historique de 2024. En sécurisant les campagnes et en dopant les productions vivrières, le plan d’urgence de la transition a non seulement permis d’éviter une crise alimentaire majeure, mais a aussi injecté des liquidités directement dans les poches des producteurs ruraux. Premier enseignement de cette crise : la souveraineté alimentaire demeure la condition sine qua non de la résilience politique.

Le pétrole brut, nouvelle arme budgétaire

Le second moteur de ce miracle nigérien se trouve sous le sable du bassin d’Agadem. L’année 2024 a marqué le lancement officiel des exportations de pétrole brut nigérien via l’oléoduc géant reliant le Niger au Bénin.

« Les ressources mobilisées grâce aux recettes pétrolières ont directement financé les dépenses publiques et soutenu l’économie nationale au plus fort des sanctions », a révélé le ministre des Finances.

En clair, l’or noir a fourni l’oxygène budgétaire nécessaire pour contourner le gel des avoirs de l’État à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Cet afflux de devises a permis au gouvernement de maintenir les fonctions régaliennes de l’État, d’équiper l’armée face aux défis sécuritaires et d’investir dans les infrastructures locales, réduisant ainsi la dépendance aux circuits classiques de l’aide internationale.

L’atterrissage de 2025 : recul ou stabilisation ?

Pour l’année 2025, le ministère des Finances table sur une décélération de la croissance à 6,9 %. Un chiffre qui ferait pâlir d’envie bien des économies occidentales, mais qui suscite néanmoins des interrogations à Niamey.

Indicateur économique Exercice 2024 (record) Prévisions 2025 Tendance
Taux de croissance du PIB 10,4 % 6,9 % Normalisation technique
Moteur principal Boom pétrolier et agriculture Grande irrigation Transition structurelle

Le ministre s’est voulu rassurant et pédagogue : il ne s’agit pas d’un essoufflement, mais d’un simple effet d’échelle. Le pic de 2024 correspondait à l’intégration soudaine des premiers barils de pétrole dans le calcul du PIB. En 2025, la production pétrolière progresse de manière plus graduelle, entraînant une normalisation de la courbe de croissance.

Pour pérenniser cette dynamique, Niamey change désormais de braquet. Le gouvernement mise sur un vaste programme de grande irrigation. L’objectif est clair : désolidariser durablement l’agriculture nigérienne des aléas climatiques en passant d’une agriculture pluviale de subsistance à une production intensive mieux maîtrisée.

Le défi de la redistribution : du chiffre de croissance à l’assiette du citoyen

C’est désormais le grand chantier de la transition. Si les performances macroéconomiques sont indéniables, le principal défi reste la transformation de ce « 10,4 % » en amélioration concrète du quotidien des Nigériens, toujours confrontés à la cherté de la vie.

Le ministre des Finances affirme que la hausse des revenus agricoles a permis d’amortir le choc dans les zones rurales. Mais à Niamey et dans les grands centres urbains, la pression sur les ménages demeure forte. Le gouvernement dispose désormais d’un véritable trésor de guerre : les recettes pétrolières. La manière dont ces ressources seront redistribuées — dans la santé, l’éducation ou encore la réduction du coût des produits de première nécessité — déterminera si le record économique de 2024 restera un simple épisode conjoncturel ou marquera véritablement l’acte de naissance d’un Niger émergent.

Niger : déflation record de -8,5 % selon l’INS

L’Institut national de la statistique (INS) vient de publier l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) pour le mois d’avril 2026. Les chiffres révèlent une trajectoire macroéconomique spectaculaire : le Niger s’enfonce dans une déflation record de -8,5 %. Pourtant, sur les marchés, la réalité à court terme apparaît bien différente. Plongée analytique au cœur d’un grand écart économique.

Niamey, 21 mai 2026 — C’est l’histoire d’un chiffre qui soulage les économistes, mais qui fait froncer les sourcils des ménages. En avril 2026, l’indice général des prix à la consommation s’est établi à 98,8 points. Derrière cette statistique se cache un phénomène rare dans l’espace UEMOA : le Niger traverse une période de déflation structurelle, avec une baisse généralisée des prix de 7,5 % sur un an, tandis que la moyenne annuelle chute à -8,5 %.

À titre de comparaison, la norme de convergence de l’UEMOA fixe un plafond d’inflation à +3 %. Le Niger ne se contente donc pas d’être en dessous : il a littéralement inversé la courbe. Concrètement, un panier de biens qui valait 10 000 FCFA en avril 2025 n’en coûte plus que 9 250 FCFA aujourd’hui. Cette bouffée d’oxygène est principalement portée par deux secteurs clés :

  • L’éducation : un recul massif de -15,5 % des frais de scolarité ;
  • L’alimentation générale : une baisse globale de -15,2 % sur un an.

Cependant, lorsqu’on zoome sur les trente derniers jours, la mécanique semble s’enrayer. Bienvenue dans le paradoxe nigérien.

 

L’illusion déflationniste face au choc des huiles et des céréales

Si la tendance annuelle paraît rassurante, l’analyse mensuelle révèle un signal d’alerte. Entre mars et avril 2026, les prix ont progressé de 0,7 %. Une hausse modérée en apparence, mais particulièrement brutale dans sa composition, car elle touche directement les produits de base du quotidien nigérien.

Ainsi, les huiles végétales ont enregistré une flambée de +10,1 % en seulement un mois, provoquant un choc immédiat sur les dépenses alimentaires des ménages. Dans le même temps, les céréales non transformées ont augmenté de +1,2 %, accentuant davantage la pression sur des aliments essentiels comme le mil ou le sorgho.

Une hausse de plus de 10 % en quatre semaines sur l’huile végétale constitue un véritable micro-séisme pour les budgets familiaux. Pour les foyers les plus vulnérables, dont l’essentiel des revenus est consacré à l’alimentation, cette tension mensuelle efface rapidement le sentiment de soulagement associé aux statistiques annuelles. Car, dans la réalité quotidienne, les consommateurs n’achètent pas des tendances macroéconomiques ; ils achètent de l’huile, des céréales et des produits de première nécessité.

 

Décryptage : pourquoi la déflation reste une arme à double tranchant

D’où vient ce recul global de 7,5 % sur un an ? Il s’explique en grande partie par le contre-coup technique de la réouverture des frontières et par la stabilisation progressive des circuits d’approvisionnement après les perturbations liées aux crises de 2023-2024. À cela s’ajoutent les bonnes performances de la production agricole locale enregistrées l’année précédente. En d’autres termes, l’économie nigérienne absorbe progressivement l’inflation exceptionnelle provoquée par les années de tensions commerciales et logistiques.

Toutefois, en économie, la déflation n’est pas toujours synonyme de bonne santé. Si elle redonne temporairement du pouvoir d’achat aux consommateurs, une baisse prolongée et excessive des prix comporte également plusieurs risques structurels.

Le premier danger concerne les marges des producteurs. Lorsque les prix alimentaires chutent fortement, les agriculteurs et les éleveurs voient leurs revenus diminuer, ce qui peut freiner la production à moyen terme et décourager les investissements agricoles.

Le second risque est celui de l’attentisme économique. Dans un contexte où les prix baissent durablement, les entreprises comme les ménages les plus aisés peuvent être tentés de reporter leurs achats ou leurs investissements dans l’espoir de prix encore plus bas. Cette prudence ralentit alors la circulation de la monnaie et freine l’activité économique.

 

Le verdict des analystes

Le Niger évolue aujourd’hui sur une ligne de crête particulièrement étroite. D’un côté, la baisse des frais de scolarité et le recul annuel des prix alimentaires contribuent à stabiliser les fondations économiques du pays. De l’autre, la flambée soudaine de produits essentiels comme l’huile végétale rappelle que les marchés restent extrêmement sensibles aux perturbations d’approvisionnement, aux variations saisonnières et à la spéculation locale.

Pour les autorités, le défi ne consistera donc pas uniquement à maintenir le Niger sous le plafond inflationniste fixé par l’UEMOA. Il faudra également contenir ces tensions ponctuelles sur les produits de base afin que les performances macroéconomiques publiées par l’INS se traduisent concrètement par une amélioration durable du quotidien des ménages nigériens.