Afrique / Actualité régionale Archives - Journal du Niger

Bamako et Kayes : deux marchés ravagés par les flammes en 24h

Bamako, Kayes 21 mai 2026 — Deux marchés emblématiques sont partis en fumée en moins de 24 heures : ce mercredi 20 mai, un violent incendie a ravagé le Grand Marché de Soukouba à Bamako aux environs de 19 heures. Dans la foulée, les flammes se sont également déclarées au Grand Marché de Kayes. Partout, sapeurs-pompiers et Forces de défense et de sécurité (FDS) se mobilisent pour contenir le désastre. Mais au-delà des images de cendres et des files d’habitants médusés, une lourde question demeure : assistons-nous à une série d’attaques visant, volontairement, à déstabiliser les approvisionnements et à fragiliser les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ?

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Témoignages choqués

« J’ai tout perdu : la boutique, les vivres, l’espoir », sanglote Aïssata, vendeuse de légumes installée depuis quinze ans à Soukouba. À Kayes, des commerçants racontent la même stupeur : des entrepôts qui brûlent, des factures non honorées et des familles désormais sans ressources. En effet, les marchés ne sont pas de simples lieux d’échange ; ils constituent le poumon alimentaire et social des villes. Leur destruction crée ainsi une onde de choc qui frappe d’abord les plus précaires : femmes marchandes, transporteurs et petits producteurs.

Indices troublants

Les circonstances des deux incendies soulèvent plusieurs zones d’ombre. Selon diverses sources locales, les départs de feu ont été rapides et multipoints, compliquant considérablement l’intervention des secours. Certains sapeurs-pompiers évoquent même des départs « d’origine suspecte ». D’autres signalent un manque criant de moyens : camions insuffisants, hydrants inopérants et délais d’intervention prolongés. Or, lorsque des marchés stratégiques s’embrasent successivement dans des régions différentes, la thèse de la simple coïncidence paraît de moins en moins crédible.

Un schéma inquiétant ?

Depuis plusieurs mois, incidents, blocages logistiques et violences ciblées perturbent les chaînes d’approvisionnement dans plusieurs pays de l’AES. Au Niger, des marchés ont déjà été la cible d’attaques ; au Mali, les autorités doivent désormais protéger les principales artères commerciales sous peine de subir une implosion économique de l’intérieur. Dès lors, certains acteurs politiques et observateurs évoquent une stratégie d’asphyxie visant à fragiliser l’accès à la nourriture afin de provoquer des tensions sociales et d’en tirer des gains politiques. Si ces accusations restent particulièrement graves, elles imposent néanmoins l’ouverture d’enquêtes rigoureuses.

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Appel à l’enquête et à la protection

Il est donc urgent que les autorités nationales et régionales n’écartent aucune piste : incendie accidentel, défaillance des infrastructures, négligence ou sabotage organisé. Des expertises techniques indépendantes doivent être mandatées immédiatement afin d’analyser l’origine des feux, l’état des dispositifs de sécurité ainsi que les éventuelles responsabilités.

Parallèlement, un plan d’urgence destiné à sécuriser les marchés encore opérationnels, à approvisionner les populations vulnérables et à soutenir les commerçants sinistrés apparaît indispensable.

La voix des citoyens

Derrière les bilans matériels, il y a surtout des vies brisées. Les comptoirs calcinés, les carnets de commandes partis en fumée et les larmes des vendeuses doivent désormais résonner dans les bureaux des décideurs. En effet, la réponse des États aujourd’hui déterminera si ces drames resteront de tragiques accidents ou s’ils constitueront les premiers signes d’une stratégie délibérée visant à affaiblir des nations entières.

La vigilance s’impose donc plus que jamais : des enquêtes approfondies, des sanctions en cas de culpabilité avérée et des mesures durables de protection des marchés doivent être engagées sans délai. Les habitants du Mali et des pays de l’AES méritent des réponses claires — ainsi que la garantie que personne ne joue avec leur assiette.

AFRICA FORWARD 2026 : MACRON tente de réinventer la présence française en AFRIQUE à NAIROBI

Après la débâcle sahélienne, Paris tente de réinventer sa présence sur le continent. Depuis hier, le président français Emmanuel Macron est au Kenya pour le sommet Africa Forward 2026. Entre pragmatisme commercial, signatures d’accords à coups de milliards et opérations de séduction auprès de la jeunesse, récit d’un voyage charnière aux allures de baroud d’honneur.

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C’est une image que l’Élysée a soigneusement scénarisée, mais qui n’en demeure pas moins un séisme géopolitique. Le dimanche 10 mai 2026, sous le soleil de Nairobi, Emmanuel Macron s’est affiché tout sourire aux côtés du président kényan William Ruto. Pour la première fois depuis sa création en 1973, le sommet Afrique-France — rebaptisé Africa Forward — a quitté les terres francophones pour s’installer en territoire anglophone.

Officiellement, il s’agit de bâtir un partenariat « d’égal à égal », axé sur l’innovation et le climat. Officieusement, pour Emmanuel Macron, ce déplacement constitue la dernière grande séquence africaine d’un quinquennat marqué par d’immenses turbulences. Après le départ forcé des troupes françaises du Mali, du Burkina Faso, du Niger et, plus récemment, du Tchad, la France n’a plus le choix : elle doit pivoter. Le logiciel historique du « pré carré » ouest-africain étant désormais hors service, Paris jette ses dernières forces diplomatiques et économiques dans le cœur battant de l’Afrique de l’Est.

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Le réalisme de la State House et le divorce assumé avec le Sahel

Le ton de cette offensive de charme a été donné dès dimanche 10 mai, lors d’un tête-à-tête très attendu à la State House, la présidence kényane. Face aux journalistes, Emmanuel Macron a immédiatement pris les devants afin d’évacuer les fantômes du passé colonial et les revers sécuritaires subis en Afrique de l’Ouest.

« Notre politique de pré carré en Afrique francophone est terminée depuis 2017 », a martelé le chef de l’État français, tentant de transformer un repli subi en stratégie assumée.

Faisant preuve d’un réalisme assumé face aux juntes militaires de l’Alliance des États du Sahel (AES), il a ajouté : « Nous pouvons être en désaccord avec certains de ces gouvernements… mais nous ne serons jamais en désaccord avec les peuples. » Une formule soigneusement calibrée pour rappeler que, malgré les ruptures diplomatiques, Paris refuse de s’isoler totalement du continent.

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L’offensive des milliards : les 11 accords clés

Pour séduire l’Afrique anglophone, la France a compris qu’elle ne devait plus seulement parler politique, mais également économie. Dimanche soir, Paris et Nairobi ont ainsi officialisé la signature de 11 accords bilatéraux majeurs destinés à moderniser le Kenya.

  • La révolution portuaire de Mombasa: Le géant maritime français CMA CGM va injecter la somme colossale de 104 milliards de shillings kényans — soit environ 700 millions d’euros — afin de développer et moderniser les infrastructures logistiques ainsi que le terminal du port de Mombasa, véritable poumon commercial de l’Afrique de l’Est.

 

  • Le rail contre les embouteillages: Un financement de 12,5 milliards de shillings kényans a été validé pour réhabiliter le train de banlieue de Nairobi (Nairobi Commuter Rail), dans le but d’offrir une respiration à une capitale asphyxiée par les embouteillages.

 

  • Le pari de l’énergie verte: Les accords prévoient également le financement de la rénovation du barrage hydroélectrique de Masinga ainsi que la création d’un Centre national de contrôle de l’électricité destiné à sécuriser le réseau énergétique kényan.

 

  • L’autoroute numérique: Le partenariat comprend enfin un vaste programme de déploiement de la fibre optique sur l’ensemble du territoire, accompagné d’accords de coopération dans le domaine de la santé connectée.

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Le grand oral face aux cerveaux de demain

Ce lundi matin, l’ambiance a changé. Exit les salons feutrés de la présidence : c’est devant une assemblée de plus de 1 500 jeunes, étudiants et entrepreneurs réunis à l’Université de Nairobi qu’Emmanuel Macron et William Ruto ont officiellement lancé le forum d’affaires d’Africa Forward.

Micro en main, le président français s’est prêté à un exercice de questions-réponses sans filtre, largement axé sur l’avenir technologique du continent. Il a notamment lancé un plaidoyer appuyé en faveur de la souveraineté numérique de l’axe Afrique-Europe, regrettant que la majorité des solutions technologiques actuelles soient « fabriquées aux États-Unis ou en Chine ».

Afin de joindre les actes à la parole, Emmanuel Macron a annoncé un objectif ambitieux : former un million de jeunes Africains aux métiers du numérique d’ici à 2030, notamment grâce au réseau en pleine expansion des Orange Digital Centers.

 

 

« L’Europe n’est pas le prédateur de ce siècle »

Interpellé sur l’influence grandissante de la Russie et de la Chine, qui multiplient les projets d’infrastructures à travers le continent, le président français a défendu avec vigueur la posture européenne :

« L’Europe n’est pas le prédateur de ce siècle. Nous proposons une stratégie d’autonomie, pas de dépendance. »

Aux côtés de William Ruto — devenu l’un des principaux porte-voix de la diplomatie climatique africaine — Emmanuel Macron a plaidé pour une refonte profonde de l’architecture financière mondiale afin de faciliter l’accès des pays africains aux capitaux privés indispensables à leur transition écologique.

 

Le regard tourné vers 2027 : succès historique ou simple sursis ?

Alors que les tables rondes réunissant investisseurs et chefs d’État — plus de 30 délégations africaines sont présentes — se poursuivent cet après-midi, ce grand rendez-vous de Nairobi révèle une réalité plus complexe qu’il n’y paraît.

La France n’a pas abandonné l’Afrique ; elle tente de redéfinir sa relation avec le continent. En s’alliant au Kenya, champion régional de l’innovation et de l’intégration à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Paris cherche à s’offrir un second souffle diplomatique et économique. Toutefois, ce pivot vers l’Afrique anglophone suffira-t-il à faire oublier l’effondrement de l’influence française dans ses bastions historiques de l’Ouest ?

Le pari kényan d’Emmanuel Macron est désormais en cours. Une véritable course contre la montre s’engage jusqu’en 2027 : convaincre que la France, débarrassée de son image de « gendarme de l’Afrique », peut encore devenir un partenaire économique crédible, agile et respectueux des nouvelles dynamiques du développement africain.

Burkina Faso : Ibrahim Traoré muscle l’Agence Faso Mêbo

Le chef de l’État burkinabè a remis, ce lundi 4 mai, un impressionnant lot de matériel lourd à l’Agence Faso Mêbo. Un geste qui illustre la volonté de la transition de bâtir une autonomie logistique face aux défis de développement et d’insécurité.

 

Sous le soleil de plomb de Ouagadougou, l’image se veut le reflet d’une nation en mouvement. Ce lundi matin, le capitaine Ibrahim Traoré a présidé une cérémonie de remise d’équipements d’envergure au profit de l’Agence Faso Mêbo. Camions, engins de chantier et véhicules de liaison : ce nouvel arsenal ne servira pas le front militaire, mais celui, tout aussi crucial aux yeux du régime, des infrastructures nationales.

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Le génie civil comme arme de souveraineté

Par ailleurs, la présidence burkinabè entend court-circuiter les lourdeurs administratives et les dépendances extérieures en renforçant les capacités opérationnelles de Faso Mêbo. L’objectif affiché est de permettre le déploiement immédiat de nouvelles brigades sur l’ensemble du territoire. Dans un contexte où l’accès à certaines régions reste complexe, le gouvernement mise sur cette agence « maison » pour assurer la continuité de l’État par le béton et le bitume.

Cette dotation s’inscrit dans la vision globale du « camarade » Traoré, pour qui la construction de routes, de ponts et de barrages constitue le corollaire indispensable de la reconquête territoriale. En dotant l’agence de moyens propres, le Burkina Faso tente de prouver qu’il peut bâtir son avenir en s’appuyant sur ses propres leviers.

 

Accélérer le temps des chantiers

Jusqu’ici limitée par des ressources parfois disparates, l’Agence Faso Mêbo change aujourd’hui de dimension. Ce matériel lourd doit permettre d’accélérer la mise en œuvre de projets souvent freinés par l’insécurité ou le manque de prestataires privés disposés à intervenir dans les zones sous tension.

« C’est une réponse concrète à l’urgence de développement », glisse un proche du dossier à la présidence. « Chaque engin livré est une promesse de désenclavement pour nos populations. »

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La révolution par les infrastructures

Au-delà de la logistique, l’événement de ce 4 mai est éminemment politique. D’ailleurs, Ibrahim Traoré consolide son image de bâtisseur et de gestionnaire rigoureux des ressources nationales en s’affichant au cœur de cette distribution d’équipements. Pour les autorités de la transition, il s’agit de démontrer que, malgré le blocus de certains partenaires internationaux et la pression des groupes armés, l’État burkinabè garde la main haute sur son agenda de modernisation.

Alors que les nouvelles brigades s’apprêtent à rejoindre leurs zones d’affectation, ce coup d’accélérateur opérationnel marque une étape supplémentaire dans l’institutionnalisation de la « révolution » par les travaux majeurs.

Mali : Assimi Goïta renforce la défense après les attaques du 25 avril

Réuni en Conseil supérieur de la Défense ce mercredi 29 avril, le général d’armée Assimi Goïta a tracé une nouvelle feuille de route sécuritaire. Entre hommage aux gradés tombés au front et riposte stratégique, le Mali tente de reprendre l’initiative.

Le palais de Koulouba s’est mué, ce mercredi 29 avril, en une citadelle de crise. Quatre jours après les assauts simultanés qui ont secoué plusieurs positions stratégiques du pays, le 25 avril, le sommet de l’appareil sécuritaire malien s’est réuni sous la présidence du chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta. L’enjeu de ce Conseil supérieur de la Défense nationale (CSDN) dépassait le simple bilan comptable : il s’agissait de réaffirmer l’autorité de l’État face à une menace dont l’ampleur et la synchronisation ont frappé les esprits.

Dans l’atmosphère pesante de la salle de délibérations, le silence s’est fait à l’évocation d’une perte majeure. La Nation a rendu un hommage solennel au général de corps d’armée Sadio Camara, figure centrale de l’architecture de défense malienne, tombé au service de la patrie lors des récents affrontements. Cette disparition, qui touche le cœur du commandement, n’a cependant pas entamé le discours de fermeté porté par le gouvernement de transition.

 

Seize orientations pour un nouveau rempart

À l’issue de la séance, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général de division Daoud Aly Mohammedine, s’est fait le porte-voix d’une armée qui se veut résiliente. Si les attaques du 25 avril témoignent d’une préparation minutieuse des groupes assaillants, le ministre a insisté sur le professionnalisme des Forces armées maliennes (FAMa), affirmant que la réactivité des troupes avait permis d’infliger des « pertes massives » à l’ennemi.

Pour ne plus être surpris, le Conseil a arrêté seize orientations stratégiques tenues secrètes, mais dont l’objectif est clair : combler les failles du dispositif sécuritaire et intensifier la surveillance du territoire. Cette restructuration intervient dans un contexte de mutation profonde pour le Mali, qui a fait le choix de la souveraineté militaire intégrale, en s’appuyant de plus en plus sur ses propres forces et sur de nouveaux partenariats stratégiques.

 

La bataille de l’information et du renseignement

Au-delà des blindés et des troupes, c’est sur le terrain de la cohésion nationale que le pouvoir joue sa survie. Le général Mohammedine a salué la « mobilisation patriotique » des citoyens, dont les remontées d’informations seraient devenues le nouveau nerf de cette guerre asymétrique. Mais cette confiance s’accompagne d’une mise en garde sévère : Bamako fustige les « campagnes de désinformation » qui fleurissent sur les réseaux sociaux au lendemain de chaque crise.

L’appel au calme et à la vigilance lancé depuis Koulouba sonne comme un rappel à l’ordre. Alors que les autorités assurent que la situation est « sous contrôle », le pays retient son souffle. Entre la douleur des pertes et la promesse d’un renforcement de la défense, le Mali cherche, dans ce nouveau cap stratégique, le souffle nécessaire pour stabiliser un territoire où chaque grain de sable semble devenu un enjeu de souveraineté.

Mali : le Premier ministre s’exprime sur les attaques du 25 avril

        Au premier jour d’un deuil national de deux jours marqué par la disparition du général Sadio Camara, le Premier Ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga a pris la parole pour dénoncer des attaques coordonnées d’une ampleur inédite. Entre hommages funèbres et rhétorique de combat, Bamako pointe du doigt des « sponsors » étrangers et réaffirme sa marche vers le « Mali Kura ».

C’est un exercice de haute voltige politique auquel s’est livré, ce lundi, le chef du gouvernement malien. Dans une atmosphère lourde, alors que les drapeaux sont en berne sur les bâtiments publics, le Premier ministre a rompu le silence après les événements tragiques du 25 avril. Si le pays est meurtri par la perte du général Sadio Camara, figure centrale de l’appareil sécuritaire, le message de la Primature se veut sans ambiguïté : la Transition ne vacillera pas.

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Une tentative de déstabilisation systémique

Au-delà de l’émotion légitime, l’analyse livrée par Bamako dessine les contours d’une menace qui dépasse le simple harcèlement djihadiste. Selonle Général de Division Abdoulaye Maïga, les assauts simultanés ayant visé plusieurs localités du territoire ne visaient rien de moins qu’un basculement de régime. « Le but de l’ennemi était de conquérir le pouvoir en démantelant les institutions », a-t-il affirmé, transformant ces incidents en une tentative de coup de force avortée.

Trois objectifs étaient recherchés : semer la peur, briser la cohésion nationale et affaiblir la détermination collective. Trois réponses ont été données : confiance, unité et engagement renforcé. Pour Bamako, l’ampleur du mode opératoire trahit une logistique qui ne peut être le seul fait de groupes isolés.

En évoquant explicitement des « sponsors » et des « États parias », le gouvernement déplace le curseur du conflit vers une dimension géopolitique, accusant des puissances extérieures — sans toutefois les nommer — d’instrumentaliser la terreur pour entraver le processus de Refondation.

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L’adaptation, impératif de la guerre asymétrique

Néanmoins, les autorités conservent tout leur réalisme militaire. Reconnaissant la nature asymétrique du combat, le Premier ministre a admis l’obligation de tirer les leçons du 25 avril. Si le bilan officiel fait état de « centaines de terroristes neutralisés », la porosité des menaces impose une remise en question permanente des dispositifs de sécurité.

Le gouvernement présente cette capacité d’ajustement comme le rempart indispensable contre l’objectif psychologique des assaillants : semer le doute au sein de la cohésion nationale. À cet égard, l’hommage au général Camara, décrit comme ayant choisi de « mourir les armes à la main », sert de catalyseur à une mystique du sacrifice que Bamako souhaite infuser dans toute la population. Le Premier ministre a également salué la résilience des Maliens, qui continuent de croire en leur armée et en la Refondation.

 

L’horizon non négociable du « Mali Kura »

Malgré la rudesse des temps, le ton est resté empreint d’une fermeté souverainiste. En citant le troisième couplet de l’hymne national — « La voie est dure, très dure » —, le chef du gouvernement a préparé les esprits à une guerre de longue haleine.

Pour le pouvoir en place, la lutte contre le terrorisme est désormais indissociable de l’édification du Mali Kura (le Mali nouveau). Au lieu de freiner le projet de refondation, les récentes attaques lui donnent au contraire la force de durcir sa posture. En s’adressant directement à ceux qui se laissent « manipuler », le Premier ministre a lancé un ultime appel au ralliement patriotique, rappelant que pour la Transition, la dignité nationale ne fera l’objet d’aucune concession, même sous la pression des balles.

En conclusion, le Général de Division Abdoulaye Maïga a invoqué une référence spirituelle tirée du Coran : « Toute âme goûtera la mort », rappelant que le sacrifice des militaires et des civils tombés est un choix de dignité et de patriotisme. Ensemble, a-t-il martelé, « nous ferons le Mali Kura ».

 

Mali : les FAMa mettent en échec une offensive terroriste coordonnée

Le Mali a connu, ce samedi 25 avril 2026, l’une des journées sécuritaires les plus critiques de ces derniers mois. Des attaques coordonnées attribuées à des groupes armés terroristes ont visé simultanément plusieurs localités stratégiques, provoquant une réaction immédiate des autorités et un resserrement sécuritaire à l’échelle nationale.

 

Une offensive d’envergure sur plusieurs fronts

Selon nos informations, les attaques ont ciblé plusieurs villes clés du pays, notamment Bamako, Kati, Sévaré, Gao et Kidal.

Les autorités évoquent des attaques complexes et coordonnées, visant des positions militaires et des points sensibles, confirmant une montée en puissance tactique des groupes jihadistes opérant sur le territoire.

Le bilan officiel fait état d’au moins 16 blessés, civils et militaires confondus, tandis que des dégâts matériels sont signalés, bien que qualifiés de limités.
À Bamako comme dans les villes ciblées, ces événements ont provoqué un climat de tension palpable, poussant de nombreux habitants à limiter leurs déplacements et à suivre avec inquiétude l’évolution de la situation.

 

Les Forces armées maliennes (FAMa) ont engagé une riposte immédiate face à cette offensive.

Face à cette offensive, les Forces armées maliennes (FAMa) ont engagé une riposte rapide.

L’État-major affirme que :

  • les attaques ont été contenues puis repoussées
  • plusieurs assaillants ont été neutralisés
  • des opérations de ratissage sont toujours en cours dans plusieurs zones

L’armée a fait preuve de professionnalisme et de réactivité. Selon ses communications, elle évoque la neutralisation de “plusieurs centaines de terroristes” – un bilan avancé par les autorités militaires et qui ne peut, à ce stade, faire l’objet d’une confirmation indépendante.

 

Un pays sous tension sécuritaire maximale

Dans la foulée des attaques, les autorités ont pris des mesures exceptionnelles.

À Bamako, un couvre-feu de 72 heures a été instauré, de 21 h à 6 h du matin, reconductible si nécessaire. La décision, signée par le gouverneur du district, vise à faciliter les opérations militaires et à prévenir toute infiltration.

Dans le nord, la région de Gao a également vu son couvre-feu réaménagé, désormais fixé de 19 h 30 à 6 h 00, signe d’une vigilance accrue dans une zone historiquement instable.

Les autorités appellent par ailleurs la population :

  • au calme et à la vigilance
  • à éviter la diffusion d’informations non vérifiées
  • à se référer uniquement aux canaux officiels

Dans ce contexte, les autorités rappellent les numéros d’urgence à contacter en cas de situation suspecte ou de danger :

  • Police : 101
  • Gendarmerie Nationale : 111
  • Protection civile : 122

Les populations sont appelées à faire preuve de vigilance et à signaler tout comportement suspect via ces canaux officiels.

 

Communication politique et démonstration d’autorité

Le gouvernement a pris la parole dans un communiqué dans la soirée pour :

  • condamner fermement les attaques
  • saluer l’engagement des forces de défense
  • rassurer la population sur un retour au contrôle total de la situation

Dans un ton résolument martial, les autorités promettent de traquer et de traduire en justice les auteurs, complices et commanditaires.

Cette communication s’inscrit dans une stratégie désormais bien rodée : afficher fermeté, maîtrise et souveraineté face à une menace persistante.

 

Entre contrôle affiché et incertitudes persistantes

Malgré les assurances officielles, plusieurs éléments invitent à la prudence.

Si les autorités affirment que la situation est désormais sous contrôle, la simultanéité des attaques sur plusieurs villes révèle une capacité de coordination élevée des groupes armés et soulève des interrogations sur leur aptitude à frapper en profondeur.

Par ailleurs :

  • certaines zones du territoire restent difficilement contrôlables
  • les bilans militaires avancés ne peuvent être confirmés de manière indépendante
  • la question du renseignement demeure centrale : comment une telle offensive a-t-elle pu être préparée et menée sans être détectée ? Les Maliens attendent des explications sur les failles de leurs services de renseignement, censés prévenir ce type de scénario.

Ces événements rappellent que, malgré les offensives répétées des FAMa, la menace jihadiste demeure profondément enracinée.

Un tournant sécuritaire ?

Cette journée du 25 avril pourrait marquer un tournant dans la crise malienne :

  • soit comme une démonstration de résilience de l’État, capable de contenir une attaque d’ampleur
  • soit comme le signe d’une nouvelle phase d’intensification du conflit

Dans un contexte régional déjà fragilisé, le Mali demeure plus que jamais au cœur des enjeux sécuritaires du Sahel. Au-delà des bilans et des communiqués, c’est désormais la capacité du Mali à anticiper plutôt qu’à subir qui sera scrutée.

Léon XIV à Alger : Une visite historique

C’est en ce lundi 13 avril 2026 que l’histoire s’écrit à Alger. Pour la toute première fois, un souverain pontife a foulé le sol algérien. Dès son atterrissage à l’aéroport international Houari Boumediene, le pape Léon XIV a reçu un accueil solennel du président Abdelmadjid Tebboune. Bien que l’Algérie soit un pays de tradition musulmane, cette visite symbolise une volonté commune de renforcer le dialogue interreligieux et la fraternité humaine.

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Sur les traces de saint Augustin

Au-delà de la diplomatie, ce voyage revêt une dimension spirituelle profonde. Le pape a exprimé son souhait de se rendre à Annaba (l’ancienne Hippone) pour honorer la mémoire de saint Augustin, figure majeure de la chrétienté née sur le sol algérien.

Son séjour à Alger, prévu du 13 au 15 avril, s’inscrit dans cette volonté avec un programme dense : visite de la Grande Mosquée d’Alger, rencontre avec les habitants du quartier populaire de Bab El Oued, prière à la basilique Notre-Dame d’Afrique et hommage au Mémorial des martyrs (Maqam Echahid). À chaque étape, Léon XIV le pèlerin de la paix insistera comme à son habitude sur le pardon et la réconciliation.

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Un marathon africain de onze jours

Par ailleurs, ce déplacement marque le début de la première grande tournée internationale du pape depuis son élection l’an dernier. Après l’Algérie, son agenda prévoit également des étapes cruciales dans trois autres nations :

  • Le Cameroun : pour aborder les enjeux de paix et de solidarité.
  • L’Angola : où les communautés catholiques attendent un message de soutien.
  • La Guinée équatoriale : pour clôturer ce voyage de plus de 11 000 km.

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Un message contre la guerre

En conclusion, Léon XIV profite de cette tribune africaine pour s’élever contre les conflits mondiaux. En choisissant l’Algérie comme porte d’entrée du continent, il envoie un signal fort : celui d’une réconciliation possible entre les cultures, loin des tensions géopolitiques actuelles.

À Alger, ce n’est pas seulement une visite historique qui se joue, mais une tentative de réécrire le dialogue entre les peuples. Dans un monde fragmenté, Léon XIV parie sur l’Afrique pour aussi rappeler une évidence souvent oubliée : la paix ne se décrète pas, elle se construit — patiemment, entre foi, mémoire et espérance.

Nigeria : tragédie à la frontière de l’État de Borno

Les faits se déroulent le samedi 11 avril sur la route de Jilli, un marché informel situé dans la commune de Guibio, dans l’État de Borno, à la frontière avec Yobe. Une opération de l’armée de l’air nigériane (NAF) a causé la mort de nombreuses personnes.

Si le lieu du drame ne fait plus débat, le bilan humain quant à lui demeure incertain, pris dans un enchevêtrement de versions contradictoires. Selon des sources non officielles, entre 100 et 200 victimes auraient péri dans cette frappe.

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Deux versions pour un même événement

D’un côté, des sources locales et certaines organisations non gouvernementales (ONG) évoquent un bilan lourd, oscillant entre 100 et 200 victimes. Ces témoins parlent ouvertement d’une bavure militaire ayant touché des civils présents sur le marché.

D’un autre côté, les autorités militaires et le gouvernement défendent une position radicalement différente. En effet, selon les communiqués officiels, la frappe visait exclusivement une base logistique stratégique appartenant aux groupes terroristes ISWAP et Boko Haram. Pour l’armée, cette opération s’inscrit dans la nécessaire neutralisation des foyers d’insécurité dans la région.

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Un contexte sécuritaire sous haute tension

Par ailleurs, cet incident souligne la complexité des opérations aériennes dans les zones de conflit du nord-est du Nigeria. Certes, la lutte contre l’insécurité est une priorité nationale, mais la récurrence des rapports faisant état de dommages collatéraux soulève des questions sur la protection des populations civiles lors des raids.

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En attente d’une enquête officielle

Alors que la polémique enfle, la nécessité d’une enquête indépendante devient pressante pour faire la lumière sur les événements de Jilli. Finalement, seul un audit précis permettra de déterminer si cette opération était une victoire tactique contre le terrorisme ou un drame humanitaire évitable.

À ce stade, une seule certitude s’impose : entre impératif sécuritaire et protection des civils, la ligne reste dangereusement fragile. À Jilli, la vérité ne pourra être établie qu’au prix d’une transparence totale — faute de quoi, le doute continuera d’alimenter la défiance.

Burkina Faso : la police démantèle quatre réseaux criminels à Ouagadougou

Ouagadougou, 31 mars 2026 – Derrière les incendies criminels, les cambriolages nocturnes et la circulation de faux billets, se cachait en réalité une organisation criminelle structurée. Au Burkina Faso, la police a annoncé le démantèlement de quatre réseaux de malfaiteurs opérant dans la capitale, révélant l’ampleur d’une économie illégale mêlant fraude, contrefaçon et blanchiment d’argent.

Cette opération menée par le Service régional de la police judiciaire du Kadiogo marque une nouvelle étape dans la lutte contre la criminalité urbaine à Ouagadougou, où les autorités tentent de freiner la montée des réseaux organisés.

 

Des réseaux criminels aux activités multiples

Selon les enquêteurs de la Police nationale du Burkina Faso, les groupes démantelés ne se limitaient pas à un seul type de crime. Leur organisation reposait sur plusieurs activités illégales, allant des cambriolages aux incendies volontaires, en passant par la fraude commerciale et le faux monnayage.

Les suspects ciblaient principalement des habitations, des commerces, des établissements financiers ou encore des parcs automobiles. Ensuite, ils menaient leurs opérations tard dans la nuit, lorsque la vigilance faiblit et que les interventions deviennent plus difficiles.

Mais au-delà des vols, les enquêteurs ont découvert un système frauduleux plus vaste, notamment autour de la commercialisation d’huile moteur contrefaite. Pour éviter les contrôles, les produits étaient dissimulés dans des cartons d’articles anti-rouille, une méthode destinée à tromper les services de contrôle.

 

Faux billets et blanchiment d’argent

L’enquête a également révélé un réseau de faux monnayage bien structuré. Les billets contrefaits étaient introduits depuis un pays voisin avant d’être écoulés sur les marchés, notamment auprès de vendeurs ambulants. L’objectif était simple : récupérer de la monnaie authentique en échange de faux billets, puis réinjecter l’argent dans le circuit économique.

Ce système permettait ensuite de blanchir les fonds issus des différentes activités criminelles, montrant que ces réseaux fonctionnaient comme de véritables entreprises illégales, avec leurs circuits d’approvisionnement, de distribution et de recyclage de l’argent.

 

Un préjudice financier important

Selon les premières estimations, les activités de ces réseaux auraient causé un préjudice financier de plus de 300 millions de francs CFA. Une somme qui illustre l’ampleur de la criminalité économique dans certaines grandes villes de la sous-région.

Pour les autorités sécuritaires, cette opération vise non seulement à démanteler des réseaux criminels, mais aussi à envoyer un signal fort aux organisations illégales qui prospèrent dans l’économie parallèle.

 

La criminalité urbaine, un défi régional

Au-delà du Burkina Faso, cette affaire met en lumière un phénomène plus large en Afrique de l’Ouest : la professionnalisation de certains réseaux criminels, capables d’opérer dans plusieurs secteurs à la fois, de la contrefaçon au blanchiment d’argent.

Face à cette évolution, les services de sécurité de la région renforcent progressivement la coopération policière et les enquêtes financières afin de mieux lutter contre ces organisations criminelles de plus en plus structurées.

gaz naturel : l’axe maputo-luanda redessine la carte énergétique africaine

Alors que la demande mondiale de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) prévoit une explosion de 54 % d’ici 2040, le Mozambique accélère la cadence. En effet, en dépêchant une délégation de haut vol à Luanda pour le sommet « Angola Oil & Gas » (AOG) 2026, le ministre Estevão Pale ne cherche pas seulement des investisseurs : il valide également une alliance de revers pour propulser l’Afrique au rang de géant énergétique.

Le rendez-vous est pris pour les 9 et 10 septembre prochains.  Estevão Pale, figure de proue des Ressources minérales et de l’Énergie au Mozambique, confirme sa présence sur la scène de l’AOG 2026. Ce déplacement stratégique intervient dans un contexte de relance massive des projets extractifs mozambicains, après une période de stabilisation sécuritaire cruciale.

 

Le réveil du géant d’Afrique de l’Est

Le Mozambique ne se contente plus de promesses géologiques.  Le pays entre désormais dans une phase d’exécution concrète. En tête de pont, le projet Mozambique LNG, piloté par TotalEnergies, mobilise 20 milliards de dollars pour un démarrage des exportations fixé à 2029. Parallèlement, le projet Rovuma LNG d’ExxonMobil attend son feu vert financier définitif cette année, visant une production colossale de 18 millions de tonnes par an dès 2030.

Grâce à ces chantiers d’envergure, Maputo transforme son sous-sol en levier de croissance nationale. L’objectif est clair : bâtir une infrastructure d’exportation capable de répondre à la soif énergétique de l’Europe et de l’Asie, tout en sécurisant son propre mix énergétique domestique.

 

L’expertise angolaise comme boussole

Pourquoi choisir Luanda comme rampe de lancement ? Parce que l’Angola possède une avance opérationnelle que le Mozambique compte bien exploiter. En effet, avec une production de 4,2 millions de barils de pétrole équivalent enregistrée en février 2026, l’Angola maîtrise déjà les rouages de la valorisation gazière.

Au-delà de la technique, c’est le modèle réglementaire angolais qui séduit. Ainsi, le Mozambique observe de près les réformes fiscales et les stratégies d’octroi de licences mises en place par son voisin depuis 2019. Cette coopération bilatérale vise donc à créer un environnement politique stable, capable de rassurer les capitaux étrangers sur le long terme.

 

Un enjeu de souveraineté régionale

Cette convergence entre l’Afrique australe et l’Afrique centrale marque un tournant. En unissant leurs forces, les deux nations ne se présentent plus comme des vendeurs isolés, mais comme un bloc stratégique face aux majors pétrolières. Ainsi, l’AOG 2026 servira donc de laboratoire pour harmoniser les cadres d’investissement et mutualiser les coûts logistiques.

À l’heure où le gaz africain devient un pilier de la sécurité énergétique mondiale, l’entente Maputo-Luanda envoie un message fort : l’Afrique prend les commandes de ses propres ressources pour dicter les règles du marché de demain.

 

Un moteur de croissance pour les PME régionales

Au-delà des chiffres vertigineux, l’AOG 2026 se veut un catalyseur pour le contenu local. Avec des dépenses terrestres dans le secteur qui devraient atteindre 22 milliards de dollars en Afrique d’ici la fin de l’année, l’enjeu est de taille pour les petites et moyennes entreprises (PME). Le sommet mettra l’accent sur le transfert de technologies et l’intégration des prestataires de services locaux dans la chaîne de valeur du gaz.

Ainsi, pour les entrepreneurs de la région, cette synergie entre Maputo et Luanda ouvre des opportunités inédites : de la maintenance industrielle à la logistique spécialisée, en passant par la formation d’une nouvelle génération de techniciens qualifiés, l’objectif est de transformer la rente gazière en emplois durables et en expertise 100 % africaine.

Énergie : l’Afrique du Nord, nouveau partenaire stratégique de l’Europe

À mesure que l’Europe accélère sa transition énergétique, une nouvelle carte se dessine de l’autre côté de la Méditerranée. De Paris à Tripoli, investisseurs et décideurs scrutent désormais un espace longtemps cantonné aux hydrocarbures : l’Afrique du Nord.

Aujourd’hui, ce n’est plus seulement le gaz ou le pétrole qui attire l’attention. C’est l’électricité. Et derrière elle, un potentiel encore largement inexploité.

Un virage stratégique pour l’Europe

Face à des marchés énergétiques instables et à des impératifs climatiques de plus en plus pressants, l’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement. Dans cette équation, l’Afrique du Nord apparaît comme une solution naturelle : proche géographiquement, riche en ressources et en pleine transformation énergétique.

Historiquement, les relations reposaient sur les flux de gaz en provenance d’Algérie ou de pétrole issu de Libye. Mais une nouvelle dynamique émerge, portée par les énergies renouvelables et les interconnexions électriques.

Des câbles sous-marins pour transporter l’énergie du futur

Au cœur de cette mutation, des projets d’infrastructures ambitieux. L’interconnexion ELMED, par exemple, vise à relier la Tunisie à la Sicile via un câble sous-marin de 220 kilomètres.

À terme, cette liaison pourrait transporter jusqu’à 600 mégawatts d’électricité, permettant des échanges dans les deux sens. Une avancée majeure qui ouvrirait la voie à un véritable marché énergétique transméditerranéen.

La Libye, pièce maîtresse d’un futur corridor électrique

Dans ce nouveau paysage, la Libye se positionne comme un acteur clé. Dotée d’importantes ressources gazières et d’une capacité de production électrique significative, elle pourrait devenir bien plus qu’un simple fournisseur d’hydrocarbures.

Des discussions sont déjà engagées entre la Libye, l’Algérie et la Tunisie pour créer un corridor électrique régional. L’objectif : connecter leurs réseaux, puis les relier à l’Europe.

Si ces projets aboutissent, l’électricité produite – qu’elle soit issue du gaz ou du solaire – pourrait traverser les frontières et alimenter directement les marchés européens.

Gaz et électricité : un duo stratégique

Contrairement aux idées reçues, cette évolution ne signe pas la fin du gaz. Elle marque plutôt une complémentarité.

À travers le continent, des pays comme le Nigeria ou le Mozambique renforcent leur position dans le gaz naturel liquéfié (GNL). Pendant ce temps, l’Afrique du Nord développe une offre électrique capable de répondre aux exigences environnementales européennes.

Résultat : un modèle hybride où gaz et électricité coexistent, offrant plus de flexibilité et de sécurité d’approvisionnement.

Une ruée des investisseurs en préparation

Ces transformations seront au cœur des discussions du Forum « Investir dans l’énergie en Afrique », organisé à Paris. Gouvernements, entreprises et investisseurs y voient une opportunité majeure. Car au-delà de la production, ce sont les infrastructures qui attirent les capitaux : câbles sous-marins, réseaux à haute tension, systèmes de stockage et modernisation des réseaux. Autant de projets indispensables pour faire circuler cette énergie du sud vers le nord.

 

La Méditerranée, nouvelle autoroute énergétique ?

Si les projets en cours se concrétisent, la Méditerranée pourrait devenir bien plus qu’un espace de transit pour les hydrocarbures.

Elle pourrait se transformer en véritable corridor électrique, transportant une énergie plus propre et plus diversifiée.

Pour l’Europe, c’est une opportunité stratégique. Pour l’Afrique du Nord, un levier de développement économique. Et pour le reste du continent, un signal fort : l’énergie africaine pourrait bien redéfinir les équilibres mondiaux.

Macky Sall candidat à l’ONU : Le lobbying commence à Paris

C’est une partie d’échecs qui se joue entre les bords de la Seine et les couloirs du palais de verre de New York. Officiellement désigné par l’Union africaine pour briguer le poste de Secrétaire général des Nations Unies, l’ex-président sénégalais Macky Sall a posé ses valises à Paris le 4 mars 2026. Entre quête de soutiens occidentaux et vents contraires à Dakar, le chemin vers la succession d’António Guterres s’annonce semé d’embûches.

 

Le « parrainage » discret d’Emmanuel Macron

Pour Macky Sall, Paris n’est pas qu’une escale, c’est un pivot. Sa rencontre prévue ce 5 mars avec Emmanuel Macron revêt une importance capitale. En plus, le président français, qui avait déjà encouragé le Sénégalais à quitter le pouvoir en 2024 plutôt que de s’obstiner vers un troisième mandat, voit d’un bon œil cette ambition internationale.

Cependant, la France joue la prudence. Si l’Élysée apprécie le profil de l’ancien chef d’État, aucune position officielle ne sera prise avant avril, date de la clôture des candidatures. Néanmoins, l’amitié entre les deux hommes est un secret de polichinelle, forgé lors de multiples dîners privés où le destin mondial de l’enfant de Fatick était déjà au menu.

 

Une équipe de choc et un obstacle « latino »

Dans l’ombre, Macky Sall ne chôme pas. Il s’appuie sur son fidèle sherpa, Oumar Demba Ba, diplomate chevronné qui a décliné les avances du nouveau pouvoir sénégalais pour rester fidèle à son ancien patron. Ensemble, ils tentent de briser la règle (informelle mais tenace) de la rotation régionale.

En effet, le tour devrait logiquement revenir à l’Amérique latine. Face au candidat africain, des poids lourds se préparent également :

  • Michelle Bachelet, l’ancienne présidente chilienne à la stature internationale incontestée.
  • Rafael Grossi, l’Argentin à la tête de l’AIEA, qui sera lui aussi à Paris le 10 mars prochain.

 

Le paradoxe de Dakar : l’ombre de Sonko

Mais le défi le plus complexe pour Macky Sall ne se trouve peut-être pas à New York, mais bien chez lui, au Sénégal. Pour réussir son pari, un candidat à l’ONU doit normalement bénéficier du portage diplomatique de son pays d’origine. Ou, à Dakar, le climat est glacial.

Si le président Bassirou Diomaye Faye hésite, le Premier ministre Ousmane Sonko ne cache pas son hostilité. Entre le scandale de la « dette cachée » et les blessures du passé, l’actuel exécutif rechigne à offrir ce tapis rouge à celui qu’ils ont combattu pendant une décennie. D’ailleurs, plusieurs dirigeants africains, dont le Burundais Évariste Ndayishimiye, tentent actuellement une médiation de la dernière chance pour convaincre Dakar de ne pas saborder la candidature du continent.

Décès de Boncana Maïga : l’Afrique pleure une icône de la salsa mandingue

À Bamako, le silence a remplacé la salsa, le rideau est tombé sur une vie consacrée à la musique. Le 28 février 2026, Boncana Maïga s’est éteint à l’âge de 76 ans, des suites d’une longue maladie, selon des sources familiales. Avec lui disparaît une mémoire vivante de la fusion afro-cubaine, une voix discrète mais décisive dans l’écriture musicale du continent.

Dans les rues de la capitale malienne, l’émotion est palpable. Car au-delà de la perte d’un artiste, c’est un pan entier de l’histoire culturelle africaine qui s’efface.

L’enfant de Gao devenu architecte sonore

Né en 1949 à Gao, Boncana Maïga s’impose très tôt comme un prodige. Il fait ses premières armes au sein du mythique Négro Band de Gao, symbole du Mali indépendant en quête d’identité artistique.

Mais c’est à La Havane, où il obtient une bourse d’études musicales dans les années 1960, que son destin bascule. L’immersion cubaine façonne son oreille et élargit son horizon. Il y découvre les architectures rythmiques de la salsa et les tisse, avec une rare élégance, aux sonorités mandingues.

De cette alchimie naît une signature unique, immédiatement reconnaissable.

L’âme de Las Maravillas et l’ombre bienveillante d’Africando

De retour en Afrique, Boncana Maïga fonde Las Maravillas de Mali, formation emblématique qui incarne la rencontre entre Bamako et La Havane. Plus tard, il contribuera à l’essor du collectif Africando, donnant à la salsa africaine une portée internationale.

Compositeur, arrangeur, producteur, il collabore avec de grandes voix du continent, façonnant des carrières sans jamais chercher la lumière pour lui-même. Son génie se glissait dans les orchestrations, dans ces cuivres vibrants et ces percussions qui racontaient l’Afrique en mouvement. Ainsi, son œuvre dépasse les frontières nationales pour devenir patrimoine commun.

Abidjan, seconde patrie musicale

Installé à Abidjan dès 1973, il y enseigne, produit et transmet. La Côte d’Ivoire devient son port d’attache artistique. À travers l’émission télévisée Stars Parade, il révèle de jeunes talents et offre une vitrine continentale à la création africaine.

Boncana Maïga n’était pas seulement un musicien. Il était un passeur. Un homme convaincu que la musique devait relier les peuples, abolir les distances et réconcilier les mémoires.

Une perte qui résonne jusqu’au Sahel

Au Niger, où la musique mandingue et les influences afro-cubaines ont nourri des générations d’artistes, la disparition de Boncana Maïga trouve un écho particulier. Son parcours rappelle que la culture ouest-africaine a toujours dialogué avec le monde.

En effet, son héritage témoigne d’une Afrique capable d’absorber, de transformer et de sublimer les influences extérieures sans renoncer à son âme.

L’écho d’un maestro

Aujourd’hui, les hommages affluent de Bamako à Dakar, d’Abidjan à Paris. Pourtant, derrière les mots, une même émotion : celle d’avoir perdu un maître discret, un bâtisseur d’harmonies.

Boncana Maïga laisse derrière lui une œuvre dense, lumineuse et profondément humaine. Ses arrangements continueront de vibrer dans les salles de concert, ses mélodies d’accompagner les fêtes familiales et les souvenirs d’enfance. Car certaines musiques ne meurent jamais. Elles deviennent mémoire.

À Dieu l’artiste.

Burkina Faso : un ex-employé de l’ambassade américaine condamné à vie pour abus sur mineures

Le verdict est tombé à Washington, mais l’affaire trouve son origine à Ouagadougou. Un ressortissant américain de 41 ans, ancien employé de l’ambassade des États-Unis au Burkina Faso, a été condamné le 26 février 2026 à la réclusion criminelle à perpétuité par un tribunal fédéral du Maryland pour abus sur  des adolescentes burkinabè.

Au terme d’un procès de deux semaines tenu en octobre 2025, le jury a reconnu Fode Sitafa Mara coupable de multiples chefs d’accusation liés à des agressions sexuelles sur mineures commises entre 2022 et 2023 dans la capitale burkinabè.

Des faits commis dans une résidence diplomatique

Selon les éléments présentés à l’audience, les faits se sont déroulés dans une habitation louée par l’ambassade américaine à Ouagadougou. Ce détail est déterminant : les résidences réservées au personnel diplomatique relèvent de la juridiction des États-Unis, permettant ainsi aux autorités américaines d’engager des poursuites.

Les enquêteurs ont établi que l’accusé aurait abusé à plusieurs reprises de deux adolescentes burkinabè âgées de 13 et 15 ans au moment des faits. Les victimes vivaient dans une grande précarité, dans un quartier proche de la résidence diplomatique.

D’après les documents judiciaires, l’homme aurait profité de la vulnérabilité de la famille, notamment de la maladie grave de la mère, pour exercer une pression sur les jeunes filles. Il leur aurait également fourni des téléphones afin de maintenir le contact à l’insu de son entourage.

Le jury fédéral du district du Maryland l’a reconnu coupable de quatre chefs d’abus sexuels aggravés sur mineure, ainsi que de tentative de coercition, d’incitation à un mineur et d’entrave à la justice.

Une affaire sensible pour la diplomatie américaine

Au-delà du drame humain, cette affaire met directement en cause la responsabilité des personnels affectés à l’étranger.

Dans un communiqué, des responsables du département américain de la Justice ont affirmé que le verdict « envoie un message clair » : les autorités américaines poursuivront tout citoyen impliqué dans des crimes sexuels contre des enfants, y compris lorsque ces faits se produisent hors du territoire national.

Les enquêteurs du Service de sécurité diplomatique (DSS), de l’Inspection générale de l’USAID et de la Homeland Security Investigations (HSI) ont mené conjointement les investigations, avec le soutien actif des autorités burkinabè. À Washington, les responsables ont salué cette coopération judiciaire transnationale.

Coopération judiciaire et protection des mineurs

L’affaire a été instruite dans le cadre du Project Safe Childhood, un programme lancé en 2006 par le département de la Justice des États-Unis pour lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants.

Pour les autorités américaines, cette condamnation à perpétuité vise à rappeler que le statut diplomatique ou la fonction exercée à l’étranger ne sauraient constituer un bouclier contre les poursuites.

Les autorités burkinabè ont participé activement à l’enquête, et Washington juge leur implication déterminante malgré une procédure menée aux États-Unis.

Un signal fort dans la lutte contre l’impunité

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte mondial de vigilance accrue face aux abus sexuels impliquant des personnels expatriés ou des travailleurs humanitaires.

En condamnant à la prison à vie un employé de mission diplomatique, la justice américaine entend démontrer que les crimes commis à l’étranger peuvent faire l’objet de poursuites sévères.

Si aucune peine ne peut effacer les traumatismes subis par les victimes, ce verdict marque néanmoins une étape importante dans la lutte contre les abus sur des mineurs et dans l’affirmation du principe de responsabilité, y compris au-delà des frontières.

Mali : NDC rachète la filiale de TotalEnergies

Le groupe français TotalEnergies cède sa filiale à l’entreprise malienne NDC. Un tournant stratégique dans le secteur des hydrocarbures

Au Mali, le paysage énergétique connaît une évolution majeure. La filiale locale du groupe français TotalEnergies passe désormais sous le contrôle de NDC, entreprise dirigée par le jeune entrepreneur malien Mamadou Niangadou.

L’opération marque une étape importante dans la recomposition du secteur des hydrocarbures au Mali, où les acteurs nationaux prennent progressivement davantage de place dans la distribution pétrolière.

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© NDC
PDG de NDC Mamadou Niangadou

Un réseau stratégique de 80 stations-service

La filiale concernée exploite environ 80 stations-service à travers le territoire malien et représente plus de 1 000 emplois directs et indirects. Autrement dit, il s’agit d’un maillon essentiel de l’approvisionnement en carburant du pays.

Initialement, la cession devait bénéficier à un autre opérateur, Coly Energy. Toutefois, à l’issue du processus, c’est finalement NDC qui reprend l’ensemble des activités. Les modalités financières de la transaction n’ont pas été rendues publiques.

 

L’ascension d’un acteur local

Peu connue du grand public il y a quelques années, NDC s’est imposée comme un acteur majeur de la logistique pétrolière au Mali. L’entreprise dispose d’une flotte de plus de 200 camions-citernes, assurant le transport et la distribution de carburants sur l’ensemble du territoire, y compris dans des zones parfois difficiles d’accès.

En prenant le contrôle d’un réseau aussi structurant, NDC franchit un cap décisif. Cette acquisition ne se limite pas à un simple changement d’actionnaire : elle symbolise une montée en puissance des capitaux nationaux dans un secteur longtemps dominé par les multinationales.

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Une tendance régionale

Cette opération s’inscrit dans un mouvement plus large observé en Afrique de l’Ouest. Au Burkina Faso, des investisseurs locaux ont récemment renforcé leur présence dans le secteur bancaire et énergétique.

Ainsi, au Mali, la reprise de la filiale de TotalEnergies par une entreprise nationale traduit une volonté croissante de souveraineté économique. Elle intervient dans un contexte où les États sahéliens cherchent à consolider leurs capacités internes, notamment dans les secteurs stratégiques.

 

Quels enjeux pour le Mali ?

Pour les autorités maliennes, l’enjeu est double. D’une part, assurer la continuité de l’approvisionnement en carburant dans un pays enclavé. D’autre part, préserver les emplois et maintenir la qualité des services dans les stations-service concernées.

Du côté des consommateurs, la question des prix et de la stabilité des stocks reste centrale. La transition devra donc être suivie de près afin d’éviter toute perturbation.

 

Une nouvelle étape dans la recomposition énergétique

En définitive, cette cession illustre l’évolution du paysage économique malien. La prise de contrôle par NDC pourrait renforcer l’ancrage local de la distribution pétrolière, tout en posant des défis en matière de gouvernance et de compétitivité.

Pour Bamako comme pour l’ensemble du Sahel, cette opération constitue un signal fort : les entreprises africaines ambitionnent désormais de jouer un rôle de premier plan dans des secteurs stratégiques autrefois dominés par les groupes internationaux.

Cyclone Gezani : la Russie livre 60 tonnes d’aide humanitaire à Madagascar

Au lendemain du passage du cyclone tropical Gezani à Madagascar, la Russie déploie une aide humanitaire d’envergure à Antananarivo, avec près de 60 tonnes de vivres et plusieurs hélicoptères mobilisés. Ce 27 février, une cérémonie officielle s’est tenue à l’aéroport international d’Antananarivo pour marquer la remise de cette assistance destinée aux populations sinistrées.

 

Plusieurs hauts responsables civils et militaires ont assisté à l’événement, dont le Président de la République, le Premier ministre et des membres du gouvernement. Cette forte représentation souligne l’importance politique accordée à ce geste de solidarité internationale.

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Une aide alimentaire et logistique structurée

L’assistance transmise par le biais du ministère russe des Situations d’urgence comprend près de 60 tonnes de denrées alimentaires. Dans le détail, 30 tonnes de riz, 16 tonnes de haricots rouges et 13 tonnes d’huile végétale ont été remises aux autorités malgaches.

Par ailleurs, via le ministère russe de la Défense, six camions ont été livrés pour faciliter la distribution. À cela s’ajoutent 600 kilogrammes de sucre, 600 kilogrammes de pâtes alimentaires et 600 kilogrammes d’huile de tournesol.

Autre élément notable : la mobilisation de deux hélicoptères Mi-8, des appareils polyvalents capables d’atteindre des zones enclavées. Par ailleurs, leur mission consiste à acheminer les vivres vers les régions difficilement accessibles, fortement touchées par les intempéries.

 

Une catastrophe aux lourdes conséquences

Le cyclone Gezani a provoqué d’importants dégâts matériels dans plusieurs localités malgaches, avec des habitations détruites, des routes coupées et des cultures endommagées. Dans un pays régulièrement exposé aux aléas climatiques, la question de la résilience demeure centrale.

L’intervention russe intervient donc dans un contexte d’urgence humanitaire où la rapidité d’action est déterminante pour limiter les pénuries alimentaires et les risques sanitaires.

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Une dimension diplomatique assumée

Au-delà de l’aspect humanitaire, cette opération traduit également un positionnement diplomatique. Le chargé d’affaires russe à Antananarivo, Alexeï Buriak, a évoqué une « solidarité sincère » envers le peuple malgache, insistant sur la tradition de coopération entre Moscou et Antananarivo.

Cette aide illustre, plus largement, la volonté de la Russie de consolider ses partenariats sur le continent africain à travers des actions concrètes, notamment dans les domaines humanitaire et sécuritaire.

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Madagascar : la distribution de l’aide russe, un test de coordination

En somme, l’initiative malgache souligne l’importance de mettre en place des mécanismes d’assistance rapide face aux catastrophes naturelles et met en lumière l’évolution des alliances internationales sur le continent. À Antananarivo, les autorités locales et leurs partenaires internationaux doivent désormais coordonner leurs efforts pour distribuer efficacement l’aide aux communautés sinistrées. Dans les prochains jours, ils veilleront également à ce que les vivres atteignent les zones les plus isolées et les plus touchées par le cyclone Gezani.

Seychelles : premier laboratoire africain de reproduction corallienne opérationnel

C’est une première en Afrique et dans l’océan Indien occidental. Aux Seychelles, un laboratoire terrestre dédié à la reproduction des coraux vient de réussir sa toute première ponte contrôlée. Une avancée scientifique majeure dans la lutte contre le blanchissement et la disparition des récifs, ces écosystèmes marins essentiels à la biodiversité et aux économies côtières.

 

Une naissance scientifique sur l’île de Praslin

Implanté sur l’île de Praslin, Canon EMEA a développé le centre en collaboration avec Coral Spawning International et l’ONG environnementale Nature Seychelles.

Depuis l’ouverture du laboratoire en novembre 2025, les équipes ont déjà franchi une étape symbolique en réussissant la reproduction d’une espèce clé, Acropora tenuis. En quelques semaines, les chercheurs ont généré environ 800 000 embryons à partir de 14 colonies de coraux. Ils ont ensuite permis à plus de 65 000 jeunes coraux de se fixer sur des supports, lançant ainsi leur phase de croissance.

Pour les scientifiques impliqués dans le projet, ces résultats se révèlent particulièrement prometteurs.

Aller au-delà des méthodes classiques

Jusqu’ici, la restauration des récifs reposait surtout sur la « fragmentation » : on replante des morceaux de coraux existants. Une technique efficace à court terme, mais qui produit des clones génétiquement identiques, donc plus vulnérables aux maladies et aux hausses de température.

Le nouveau laboratoire mise au contraire sur la reproduction sexuée contrôlée, qui favorise une diversité génétique accrue. En clair : des coraux plus résistants au stress thermique et mieux armés face au changement climatique.

Le recours à des technologies d’imagerie avancées fournies par Canon permet ainsi aux scientifiques d’observer avec une précision inédite les différentes étapes de la reproduction, du frai jusqu’à la fixation des larves.

Une réponse concrète à l’urgence climatique

Les récifs coralliens sont souvent qualifiés de « forêts tropicales des océans ». Ils abritent près de 25 % de la biodiversité marine et protègent les côtes contre l’érosion. Mais ils sont en danger : la hausse des températures provoque des épisodes massifs de blanchissement.

Aux Seychelles, pays dont l’économie dépend fortement du tourisme et de la pêche, la survie des récifs est une question stratégique.

Le Dr Nirmal Shah, dirigeant de Nature Seychelles, parle d’« un tournant décisif » pour la restauration corallienne locale. L’objectif désormais est clair : passer du stade expérimental à une production à grande échelle et commencer la transplantation des jeunes coraux sur les récifs naturels.

Énergie Capital & Puissance
© Énergie Capital & Puissance

Technologie et écologie : un partenariat inédit

Pour Canon, ce projet illustre la manière dont la technologie peut soutenir la recherche scientifique et la préservation de l’environnement.

Les équipements d’imagerie permettent non seulement de documenter les pontes, mais aussi de constituer une base de données essentielle pour mieux comprendre le cycle de vie des coraux aux Seychelles.

À terme, le centre ambitionne de devenir un pôle régional de formation, ouvert aux étudiants, aux scientifiques et aux gestionnaires de récifs venus d’Afrique et d’ailleurs.

Une dynamique qui peut inspirer l’Afrique de l’Ouest

Pour les pays du golfe de Guinée, où l’érosion côtière et la pression climatique deviennent préoccupantes, l’initiative seychelloise démontre qu’innovation technologique et savoir scientifique africain peuvent se conjuguer pour répondre aux défis environnementaux.

La restauration des récifs ne relève plus de la science-fiction. Elle devient une stratégie concrète, structurée et soutenue par des partenariats public-privé.

Restaurer aujourd’hui pour protéger demain

Ce laboratoire pionnier marque le début d’un programme de long terme. D’autres pontes sont prévues dans les mois et années à venir. Les chercheurs suivront attentivement la survie des coraux transplantés en milieu naturel afin de mesurer leur résistance face aux vagues de chaleur marine.

Dans un monde confronté à une crise climatique sans précédent, cette réussite envoie un signal fort : l’Afrique peut être à l’avant-garde des solutions environnementales.

Tchad : les salaires de février 2026 annulés après une erreur de calcul

À N’Djamena, l’annonce a pris de court des milliers de fonctionnaires. Le versement des salaires du mois de février 2026 a été annulé à la suite d’une erreur de calcul détectée par les services financiers de l’État. Une décision inhabituelle, officialisée par la Trésorerie Paierie Générale, qui soulève des interrogations sur la fiabilité des mécanismes de gestion salariale au Tchad.

À cet effet, le Trésorier Payeur Général, Abakar Djeroua Sirinou, a signé un communiqué invitant les banques à suspendre immédiatement les virements en cours et à reverser les montants concernés sur le compte du Trésor public logé à la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC).

 

Une erreur technique aux conséquences sociales

Les autorités locales, en coordination avec la direction nationale de la BEAC, ont constaté l’anomalie après des vérifications. Elles n’ont pas précisé la nature exacte de l’erreur : mauvais paramétrage informatique, problème de fichier ou décalage comptable.

Si l’incident se veut technique, ses répercussions sont bien réelles. Dans un contexte économique marqué par la hausse du coût de la vie et une dépendance forte au salaire mensuel, tout retard de paiement pèse directement sur les ménages. D’ailleurs, L’attente prolongée d’une régularisation peut fragiliser des familles déjà exposées à des charges fixes incompressibles : loyers, scolarité, alimentation.

Les agents publics surveillent désormais leurs comptes en attendant que les autorités communiquent un nouveau calendrier de paiement.

 

Une question de gouvernance budgétaire

Au-delà de l’incident ponctuel, cette suspension met en lumière les défis persistants de modernisation de la chaîne de dépense publique. Dans de nombreux pays de la zone CEMAC, la gestion des salaires de la fonction publique représente une part importante du budget de l’État. Ainsi, la fiabilité des systèmes de traitement informatique et la coordination entre Trésor, banques commerciales et banque centrale sont essentielles.

Un dysfonctionnement de cette nature interroge donc la robustesse des dispositifs de contrôle interne et la capacité d’anticipation des autorités financières.

 

La BEAC au cœur du dispositif

La Banque des États de l’Afrique Centrale, institution commune aux pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), joue un rôle central dans la gestion des flux financiers publics. En tant que dépositaire des comptes du Trésor, elle constitue un maillon clé dans la sécurisation des paiements de l’État.

Par ailleurs, La collaboration entre la Trésorerie tchadienne et la BEAC a permis de détecter l’erreur avant que les montants concernés ne soient définitivement consommés. Un point que les autorités pourraient mettre en avant pour rassurer l’opinion.

 

Un test de confiance

Au Tchad comme ailleurs, le versement régulier des salaires publics est un indicateur de stabilité administrative. Cependant, L’incident de février 2026 intervient dans un contexte où les États de la région cherchent à renforcer la transparence budgétaire et la digitalisation des procédures financières.

La priorité, pour les autorités tchadiennes, sera désormais double : corriger rapidement l’erreur et restaurer la confiance des agents publics. En ce sens, une communication claire sur l’origine du problème et les mesures prises pour éviter sa répétition pourrait contribuer à apaiser les inquiétudes.

En attendant, les fonctionnaires restent suspendus à une nouvelle échéance, dans l’espoir que la régularisation annoncée intervienne dans les meilleurs délais.

Bamako : le marché de Soukounicoura ravagé par un incendie

Dans la nuit du 15 au 16 février 2026, peu avant minuit, un violent incendie a éclaté au marché de Soukounicoura, situé dans le quartier de Médina Coura, en plein cœur du district de Bamako.

Selon plusieurs témoins présents sur les lieux, les premières flammes auraient rapidement gagné les étals, attisées par la densité des installations et la proximité des commerces. Alertés dans l’urgence, les sapeurs-pompiers sont intervenus pour tenter de maîtriser le sinistre, évitant une propagation encore plus dramatique aux habitations voisines.

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Des pertes matérielles considérables

Malgré la promptitude des secours, au petit matin, le constat était lourd. Les flammes ont entièrement consumé plusieurs boutiques et stands, laissant derrière elles des amas de cendres et de tôles tordues. En plus, des marchandises, parfois acquises à crédit, ont disparu en quelques heures.

Pour de nombreux commerçants, il s’agit d’un nouveau revers économique difficile à absorber. Dans ces marchés populaires, véritables poumons commerciaux de la capitale malienne, l’activité quotidienne assure la subsistance de milliers de familles.

À ce stade, les causes de l’incendie demeurent indéterminées. Les autorités compétentes n’ont encore avancé aucune piste officielle. Par ailleurs, les enquêtes devront établir s’il s’agit d’un accident d’origine électrique, d’une négligence ou d’un autre facteur.

 

Une vulnérabilité structurelle des marchés urbains

Ce drame remet également en lumière la fragilité persistante des infrastructures marchandes dans plusieurs capitales de l’espace sahélien. Souvent caractérisés par des installations électriques précaires, un enchevêtrement de constructions légères et une absence de dispositifs anti-incendie efficaces, ces marchés restent particulièrement exposés aux sinistres nocturnes.

Au-delà des pertes immédiates, cette situation menace l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement locale : hausse des prix, raréfaction de certains produits, ralentissement de l’activité commerciale.

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Une répétition qui interroge

Ces incendies à répétition dans l’espace de la Confédération interrogent. Après les marchés touchés au Niger, voilà que Bamako est à son tour frappée. Simple succession de drames urbains liés à la vétusté des installations et aux défaillances électriques, ou signal d’alerte plus profond sur la vulnérabilité économique des pays de l’AES ?

Dans des économies où les marchés constituent le cœur battant de l’approvisionnement et du commerce populaire, chaque sinistre fragilise davantage les populations déjà éprouvées par la conjoncture. D’ailleurs, une chose est certaine : la multiplication de ces drames impose une vigilance accrue des autorités, un renforcement des dispositifs de prévention et un contrôle plus rigoureux des infrastructures.

Car au-delà des flammes, c’est la stabilité sociale et alimentaire qui se joue. Et face aux braises encore fumantes, une question demeure : qui sera le prochain à payer le prix de ces incendies si rien n’est fait pour en prévenir la répétition ?

Burkina Faso – Russie : Création d’une commission économique mixte

À Moscou, le Burkina Faso et la Russie ont signé l’acte de naissance d’une commission intergouvernementale, marquant une coopération qui dépasse désormais le cadre militaire. Mines, énergie et agriculture forment le nouveau triptyque de cette alliance en pleine mutation.

Ce rapprochement franchit un palier institutionnel majeur. Ce vendredi 13 février 2026, les deux capitales ont scellé la création d’une commission intergouvernementale mixte, un organe de pilotage dédié à la coopération commerciale, économique et scientifique. L’accord, paraphé par Maxime Rechetnikov, ministre russe du Développement économique, et son homologue burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, pose les jalons d’un partenariat désormais multidimensionnel.

 

Diversifier les échanges

Jusqu’à présent, la balance commerciale entre les deux nations se limitait à des échanges de survie ou de première nécessité. La Russie inonde le marché burkinabè de céréales et de matières premières agricoles, tout en exportant des produits chimiques et des équipements mécaniques. Les deux partenaires aspirent désormais à une diversification profonde de leurs flux. Objectif : transformer une relation d’opportunité en un système économique intégré. Moscou ne cache plus son ambition de devenir un acteur incontournable du sous-sol et de l’industrie burkinabè.

 

Mines, énergie, agriculture : les nouveaux piliers

Moscou et Ouagadougou ont identifié quatre axes prioritaires pour muscler leurs échanges :

  • Prospection géologique : l’expertise russe sera mobilisée pour cartographier plus finement les richesses du sous-sol burkinabè.
  • Exploitation minière : au-delà de l’or, les deux pays lorgnent vers d’autres ressources stratégiques.
  • Énergie : un secteur névralgique pour le développement industriel du Burkina Faso, où la Russie compte déployer ses solutions technologiques.
  • Agriculture : passer de la simple importation à une coopération technique pour booster la productivité locale.

 

Un signal fort aux investisseurs

Pour Karamoko Jean-Marie Traoré, cette initiative représente une « étape charnière ». En institutionnalisant le dialogue économique, les autorités de la transition espèrent rassurer et attirer les capitaux russes pour financer des projets d’envergure.

Cette diplomatie du concret permet à la Russie de consolider son ancrage au Sahel en s’appuyant sur des leviers de développement durable, au-delà de la coopération sécuritaire qui dominait jusqu’ici l’agenda. Pour le Burkina Faso, il s’agit de diversifier ses partenaires stratégiques tout en cherchant les moyens de sa souveraineté économique.

Tchad : la mort d’un Français ravive les inquiétudes sécuritaires

La nouvelle a rapidement franchi les frontières. Le corps sans vie de Paul Ferreri, ressortissant français enlevé la veille, a été retrouvé ce vendredi aux environs du campement touristique de Bachikele. Le gouvernement tchadien a annoncé la découverte dans un communiqué publié par le ministère du Tourisme, de la Culture et de l’Artisanat.

Les forces de défense et les services de renseignement, soutenus par des moyens aériens, ont retrouvé la dépouille vers 11 heures, selon les autorités.

 

Une mobilisation sécuritaire d’envergure

Dès que les autorités ont signalé l’enlèvement, elles ont immédiatement déployé un dispositif conjoint sur le terrain. L’intervention coordonnée des forces de sécurité tchadiennes, renforcée par des appuis techniques, témoigne de la sensibilité de l’affaire.

Le Tchad, acteur central des équilibres sécuritaires au Sahel, fait face à des défis persistants liés aux groupes armés et aux trafics transfrontaliers. Par ailleurs, les autorités n’ont pas encore précisé les circonstances exactes du rapt et du décès, mais cet épisode rappelle la vulnérabilité de certaines zones, y compris celles à vocation touristique.

 

Un enjeu diplomatique

La mort d’un ressortissant français sur le sol tchadien aura des répercussions diplomatiques. Dans ce contexte, les relations entre N’Djamena et Paris, qui reposent sur une coopération historique notamment en matière de défense et de sécurité, apparaissent particulièrement exposées.

Les autorités scruteront avec attention la gestion de l’enquête et la communication autour des circonstances du drame. Au-delà de l’émotion, l’affaire pose la question de la sécurisation des sites touristiques et de la protection des expatriés dans une région en tension.

 

Tourisme et sécurité, un équilibre fragile

Le Tchad cherche depuis plusieurs années à valoriser son potentiel touristique, entre désert, massifs montagneux et parcs naturels. Mais la sécurité demeure un préalable incontournable au développement de ce secteur.

La découverte du corps de Paul Ferreri intervient dans un environnement régional où les enlèvements, bien que moins fréquents qu’au plus fort des crises sahéliennes, restent une menace réelle.

Alors que les autorités promettent de faire toute la lumière sur cette affaire, ce drame souligne une réalité persistante : dans certaines parties du Sahel, la stabilité demeure un chantier inachevé.

Burkina Faso : 5 milliards CFA pour l’autonomie du CONASUR

Au Burkina Faso, le chef du gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a acté jeudi le renforcement sans précédent de la flotte du CONASUR. Un investissement de 5 milliards de francs CFA qui vise à libérer l’aide d’urgence de la dépendance aux transporteurs privés.

 

Au Burkina Faso, la réponse aux crises ne dépendra plus seulement de la volonté des prestataires extérieurs. En remettant officiellement les clés de 64 camions au ministère de la Famille et de la Solidarité, le mercredi 11 février 2026, le Burkina Faso a franchi une étape majeure dans la gestion des urgences nationales.

Primature Burkina Faso
© Primature Burkina Faso

Une logistique de fer pour des interventions rapides

Ce convoi flambant neuf, composé de divers types de porteurs adaptés aux terrains difficiles, est destiné au Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR). L’enjeu est stratégique : permettre au bras humanitaire de l’État d’agir en toute autonomie.

Jusqu’à présent, le ravitaillement des populations en détresse et le déploiement de l’aide lors de catastrophes dépendaient souvent de contrats avec des entreprises de transport privées. Désormais, avec une capacité d’intervention propre, le gouvernement entend réduire les délais de réaction et optimiser les coûts opérationnels.

Primature Burkina Faso
© Primature Burkina Faso

Le « Made in Burkina » à l’honneur

Au-delà de l’investissement colossal dépassant les 5 milliards de francs CFA issus du budget national, le gouvernement célèbre avant tout l’expertise locale. Le Premier ministre a tenu à souligner que l’aménagement technique de ces véhicules a mobilisé le savoir-faire des artisans et ingénieurs nationaux. Une manière de démontrer que la résilience du pays passe aussi par la valorisation de ses propres compétences industrielles.

Primature Burkina Faso
© Primature Burkina Faso

Une exigence de pérennité

Toutefois, cette montée en puissance s’accompagne d’une mise en garde ferme. Face à l’état-major du ministère et aux responsables du CONASUR, le chef du gouvernement a insisté sur la « gestion rigoureuse » de ce patrimoine. Dans un contexte de rareté des ressources, la durabilité de ces engins sera le véritable baromètre du succès de cette acquisition historique.

Avec cette flotte de combat contre la précarité, Ouagadougou espère non seulement répondre aux besoins immédiats, mais aussi envoyer un signal de stabilité : celui d’un État qui s’équipe pour protéger les siens, par ses propres moyens.

 

Plus qu’un convoi, un bouclier logistique

Au-delà de l’alignement de châssis et de carrosseries sur le bitume, cette dotation de 64 véhicules dessine les contours d’une nouvelle doctrine de l’État burkinabè : la souveraineté de l’urgence. En investissant massivement sur ses propres forces, le gouvernement ne se contente pas de moderniser un parc automobile ; il cherche à briser les chaînes de l’impuissance logistique.

Dans un pays où la rapidité du secours est souvent une question de survie, ne plus être tributaire des aléas du marché privé est un luxe stratégique devenu nécessité. Le défi, désormais, ne sera plus d’acquérir, mais de maintenir. Car si ces camions sont les nouveaux vaisseaux de la solidarité nationale.

 

Côte d’Ivoire-Mali : Pourquoi Alassane Ouattara a gracié Mamadou Hawa Gassama

Libéré le 10 février après sept mois de détention à la Maca, l’ancien député malien Mamadou Hawa Gassama bénéficie d’une clémence présidentielle signée Alassane Ouattara. Derrière cette mesure de grâce se dessine une subtile partie d’échecs diplomatiques entre Abidjan et Bamako.

 

Le dénouement d’un bras de fer juridico-politique

Le verrou de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) a fini par céder. Condamné le 30 janvier dernier à trois ans de prison ferme pour « offense au chef de l’État », Mamadou Hawa Gassama a recouvré la liberté. En effet, le couperet judiciaire, qui semblait s’être abattu définitivement sur cet homme de 67 ans, s’est effacé devant un décret de grâce présidentielle.

C’est son conseil, l’influent ancien ministre malien de la Justice Me Mamadou Ismaïla Konaté, qui a officialisé la nouvelle sur les réseaux sociaux. L’avocat décrit un client « lucide et profondément soulagé », mettant ainsi fin à une séquence qui menaçait de raviver les tensions entre les deux capitales.

 

De « l’ennemi » à « l’admiration » : la stratégie du repentir

L’affaire remonte au 2 juillet dernier. Alors qu’il s’apprêtait à quitter le sol ivoirien après un séjour familial, ce membre du Conseil national de transition (CNT) malien est cueilli à l’aéroport d’Abidjan par la Direction de la surveillance du territoire (DST).

L’origine de cette arrestation tient à des déclarations incendiaires datant de septembre 2022, en pleine crise des « 49 soldats ivoiriens ». À l’époque, Gassama n’avait pas mâché ses mots, qualifiant Alassane Ouattara d’« ennemi du Mali ».

Pourtant, dans l’ombre des cellules, la rhétorique a changé. Pour obtenir cette clémence, la défense a joué la carte de la diplomatie directe :

  • L’âge du capitaine : les avocats ont mis en avant ses 67 ans pour des raisons humanitaires.
  • Le mea culpa : dans un courrier formulé dès le 10 juillet à Alassane Ouattara, Gassama a opéré un virage à 180 degrés, évoquant aussi son « admiration » pour l’implication du président ivoirien.

« En politique, l’insulte est souvent une monnaie d’échange, mais le regret reste la meilleure clé de sortie », confie un observateur de la sous-région.

 

Un miroir aux 49 soldats : la diplomatie du geste

Cependant, cette grâce présidentielle ne se lit pas sans un regard dans le rétroviseur. Elle fait écho, presque point par point, à celle accordée en janvier 2023 par le colonel Assimi Goïta aux soldats ivoiriens.

Si le geste d’Alassane Ouattara apaise les esprits, il n’efface pas tout. Le « franc-parler » de Gassama lui coûte une interdiction de séjour sur le territoire ivoirien pour une durée de trois ans. C’est aussi une manière pour Abidjan de signifier que si la porte de la prison est ouverte, celle du pays reste, pour l’heure, entrouverte avec méfiance.

 

 La justice est-elle devenue le prolongement de la diplomatie ?

Cette libération pose toutefois une question de fond : la justice nationale est-elle devenue un outil de régulation des crises régionales ?

Alors que l’espace CEDEAO se fragilise, ces « arrestations-négociations » interrogent sur la frontière entre le droit pénal et la raison d’État. En sélectionnant la grâce plutôt que l’appel, les parties privilégient le compromis politique à la vérité judiciaire. Un précédent qui, s’il évite l’escalade, rappelle que les orages ne se dissipent pas pour autant dans le ciel des relations Mali–Côte d’Ivoire.

Libye : Saïf al-Islam Kadhafi tué, zones d’ombre autour de sa mort

TRIPOLI / Niger, 4 février 2026 – Saïf al-Islam Kadhafi, l’un des fils de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi, est mort mardi 3 février dans sa ville natale de Zintan, dans l’ouest du pays, ont rapporté plusieurs sources, dont des proches, son avocat et des médias locaux et internationaux.

Selon le procureur général libyen, relayé par des médias internationaux, Saïf al-Islam, âgé de 53 ans, a été atteint de plusieurs tirs et une enquête criminelle a été ouverte pour identifier et poursuivre les auteurs.

Des déclarations de son équipe politique et de son avocat indiquent que quatre hommes armés ont pris d’assaut sa résidence, désactivant les caméras de surveillance avant de l’exécuter. Son conseiller politique, Abdullah Othman Abdurrahim, a qualifié l’assassinat de « perfide », tandis que son cousin Hamid Kadhafi a indiqué sur les réseaux sociaux que Saïf « est tombé en martyr ».

 

Un acteur controversé de la scène libyenne

Saïf al-Islam a émergé ces dernières années comme une figure politique controversée. Avant la chute du régime en 2011, beaucoup le considéraient comme l’héritier potentiel de son père. Les autorités libyennes l’ont arrêté, puis un tribunal l’a condamné à mort en 2015 pour des crimes liés à la répression de l’insurrection. En 2017, une amnistie l’a libéré. La Cour pénale internationale (CPI) le vise également avec un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité.

Dans une tentative de revenir au premier plan, il avait annoncé sa candidature à la présidentielle libyenne en 2021, un scrutin finalement annulé en raison de l’instabilité politique persistante dans le pays.

 

Une Libye toujours fragmentée

La mort de Saïf al-Islam intervient dans un climat d’instabilité chronique en Libye, où rivalités politiques, milices armées et autorités rivales continuent de fragmenter le paysage politique national. Cette disparition pourrait rebattre les cartes à l’approche d’un nouvel épisode électoral, longtemps espéré mais sans calendrier officiel.

Les circonstances exactes de l’attaque restent encore floues, certains médias évoquant des débats autour de possibles affrontements entre factions armées, tandis que d’autres avancent la piste d’un assassinat ciblé visant à écarter toute figure susceptible de rassembler autour d’un projet politique.

Burkina Faso : 2 000 nouvelles motos pour la police nationale

OUAGADOUGOU, 2 février 2026 (JDN) – Le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a remis officiellement lundi un lot de 2 000 motos à la Police nationale, une dotation destinée à accroître la mobilité des forces de sécurité face à la criminalité et aux défis sécuritaires qui frappent le pays.

Lors d’une cérémonie solennelle à Ouagadougou, le chef de l’État a remis les clés de ces engins au ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire Mahamadou Sana. Cette commande spéciale porte sur des motos de marque « Yento », un nom chargé de sens puisqu’il signifie « sécurité » en langue gulmancema, parlée dans l’est du pays.

Gouvernement du Burkina Faso
© Gouvernement du Burkina Faso

Mobilité et maillage territorial

Selon la présidence, cet investissement — réalisé « sans recours au crédit » — vise à pallier les difficultés d’accès dans certaines zones urbaines et rurales. « Ces engins permettront aux forces de police d’intervenir plus rapidement et d’accéder plus facilement aux zones difficiles ou exposées à la criminalité », précise l’autorité.

Le capitaine Ibrahim Traoré a exhorté la hiérarchie policière à renforcer le « maillage sécuritaire » du territoire afin que les populations « se sentent en sécurité dans les villes comme ailleurs ». Cette dotation s’inscrit dans une stratégie plus large de défense intérieure, alors que le pays reste confronté à une menace terroriste persistante depuis 2015.

Gouvernement du Burkina Faso
© Gouvernement du Burkina Faso

Vers une police « 24/7 »

Pour le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, cette nouvelle logistique est « essentielle » pour l’efficacité opérationnelle des unités de terrain. Il a pris l’engagement d’un usage « responsable » de ce matériel qui viendra également consolider le concept « S 24/7 ». Lancé en 2025, ce programme vise à assurer une présence policière continue et réactive sur l’ensemble du territoire national.

Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2022, le capitaine Traoré a fait de la reconquête du territoire et de la sécurité des populations sa priorité absolue, multipliant les acquisitions d’équipements militaires et de sécurité pour les forces régulières et leurs supplétifs civils (VDP).

Libye : Le plan massif pour relancer le pétrole et le gaz

À Tripoli, le Sommet sur l’énergie et l’économie (LEES) a dévoilé une stratégie agressive pour l’horizon 2026. Entre forage massif, offensive numérique et retour des majors dans l’offshore, la Libye tente de stabiliser son économie par le haut. 

 

Désormais, la Libye ne se contente plus de gérer ses acquis. En effet, à l’occasion de la deuxième journée du Libya Energy & Economic Summit (LEES) 2026 ouvert vendredi 23 janvier, Tripoli a envoyé un signal clair aux marchés internationaux : le pays est prêt pour un nouveau cycle de croissance, soutenu par une technologie de pointe et des ambitions de forage retrouvées.

L’offensive du forage : l’objectif des 100 puits

Le ministère du Pétrole et du Gaz a jeté un pavé dans la mare en annonçant un plan de forage ambitieux pour 2026 : entre 70 et 100 nouveaux puits devraient sortir de terre (ou de mer). Pour soutenir cette cadence, Tripoli prévoit aussi des investissements annuels massifs, estimés entre 3 et 4 milliards de dollars.

Par ailleurs, cette accélération s’accompagne d’un toilettage réglementaire nécessaire. Une nouvelle réglementation unifiée devrait voir le jour pour rassurer des investisseurs échaudés par des années d’instabilité, visant une meilleure coordination entre la National Oil Corporation (NOC) et ses partenaires étrangers.

 

Le retour en force d’Eni et Repsol

Dans le même temps, pour les majors européennes, l’heure est à la concrétisation. L’italien Eni a confirmé que son mégaprojet gazier offshore, « Structures A&E », budgétisé à 8 milliards de dollars, est sur les rails pour une mise en service fin 2027. À la clé ? 750 millions de pieds cubes de gaz par jour pour satisfaire une demande locale pressante et, surtout, sécuriser les exportations vers une Europe toujours en quête d’alternatives au gaz russe.

De son côté, l’Espagnol Repsol mise sur le mythique champ d’El Sharara. Après une année 2025 record, la major vise les 350 000 barils par jour d’ici la fin de l’année. Symbole d’un retour à la normale, Repsol a annoncé relancer ses activités d’exploration pure dès 2026.

 

L’IA au service de l’or noir

L’une des surprises de ce sommet vient du virage technologique amorcé par le secteur des services. Le géant SLB (ex-Schlumberger) a détaillé son plan de déploiement de l’intelligence artificielle dans les champs libyens. Surveillance à distance, optimisation de la production par IA et lutte contre le torchage de gaz : Tripoli veut transformer ses « champs matures » en vitrines technologiques.

« Ce n’est plus seulement une question d’extraction, mais d’efficacité numérique », résume un expert présent au sommet.

 

Le défi du mix énergétique

Si les hydrocarbures restent le poumon du pays, Tripoli lorgne désormais sur le soleil. L’objectif est affiché : 4 GW de capacité renouvelable d’ici 2035. En plus, le projet phare de TotalEnergies, la centrale solaire de Sadada (500 MW), fait figure de test pour le modèle de partenariat public-privé (PPP) que le gouvernement tente d’imposer.

Reste un défi de taille : transformer ces annonces en réalité sur le terrain. Si les acteurs comme NESR se positionnent déjà avec des contrats de plus de 100 millions de dollars, la réussite de ce « big bang » énergétique dépendra aussi de la pérennité du cadre sécuritaire et de la clarté législative, deux piliers encore fragiles de la reconstruction libyenne.

Madagascar : Vers une usine d’armement chinois et rupture avec la France

Antananarivo,16 janvier 2026— Un vent de rupture radicale souffle sur les plateaux de l’Imerina. De retour d’un voyage officiel à Abu Dhabi, le Colonel Michaël Randrianirina, Président de la Refondation de la République, a lâché une annonce qui fait l’effet d’une bombe géopolitique dans l’Océan Indien : Madagascar s’apprête à construire sa propre usine d’armement en partenariat avec la Chine.

Ce projet industriel, dont les contours restent encore confidentiels, marque la fin d’une ère. En sélectionnant Pékin pour bâtir son autonomie militaire, la Grande Île tourne brutalement le dos à sa dépendance historique envers Paris.

 

La fin du « domaine réservé » français

Le virage s’est amorcé discrètement, quelques semaines après le soulèvement populaire d’octobre 2025. Selon des sources concordantes, le nouveau régime a suspendu la coopération militaire avec la France. Les cinq derniers coopérants français affectés à l’état-major et aux écoles militaires ont reçu l’ordre verbal de ne plus se présenter.

Officiellement, les autorités invoquent des « raisons de sécurité ». Officieusement, la décision semble liée à l’exfiltration de l’ancien président Andry Rajoelina par un avion militaire français, un épisode encore mal accepté. Le départ des conseillers français — dont un ancien pilote de Rafale encadrant une flotte composée d’avions légers — marque la fin de ce que le nouveau pouvoir considère comme des « relais d’influence étrangère ».

 

Le coût de la dépendance et l’appel de l’Est

Au‑delà de l’orgueil national, l’enjeu est aussi financier. La coopération avec la France représentait un coût supérieur à un million d’euros par an pour l’État malgache. Désormais, Antananarivo choisit de réorienter ces ressources vers le développement d’une capacité industrielle locale.

Alors que Paris glisse progressivement au rang de partenaire secondaire, d’autres puissances s’imposent dans le paysage. Pékin se positionne comme acteur industriel majeur pour la future usine d’armement, en promettant des transferts de technologie. Moscou, de son côté, renforce son empreinte avec l’arrivée récente d’instructeurs chargés de former les troupes malgaches à l’utilisation de nouveaux équipements. Quant à Washington, il suit attentivement cette recomposition stratégique et manifeste un intérêt croissant pour la place géopolitique de l’île.

 

Une armée pour la « Refondation »

Pour le colonel Randrianirina, la défense nationale constitue le levier central de la souveraineté. L’usine d’armement prévue sur le sol malgache doit permettre au pays de ne plus subir sa sécurité, mais de l’assumer pleinement. Jusqu’ici, l’usine de Moramanga demeurait insuffisante pour garantir une autonomie réelle.

En redéfinissant ses alliances, Madagascar adresse un message clair : la Grande Île refuse désormais d’être considérée comme un terrain réservé. La « Refondation » prônée par le nouveau régime passe par une armée équipée localement, formée par des partenaires diversifiés et affranchie des accords verbaux du passé.

Burkina-Ouahigouya : Panique au secteur 14 après l’intrusion d’un crocodile

La soirée du mercredi 7 janvier 2026 restera longtemps gravée dans la mémoire des habitants du quartier Sigui-Voussé, à Ouahigouya au Burkina Faso. Un invité pour le moins inhabituel et redoutable, un crocodile, a pénétré dans une cour d’habitation, provoquant un vent de panique générale avant que les spécialistes ne le maîtrisent.

Garde Nationale
© Garde Nationale

Une fin d’après-midi sous haute tension

Il est environ 17 heures lorsque l’alerte est donnée au secteur 14 de la cité de Naaba Kango. Dans une concession familiale, la stupeur laisse place à l’effroi : un crocodile, égaré loin de son milieu naturel, a pris ses quartiers au milieu des habitations. Très vite, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre, attirant une foule de curieux tout en installant un climat d’insécurité pour les riverains, notamment pour les enfants qui jouent d’ordinaire dans les cours.

Face au danger potentiel, les habitants ont eu le bon réflexe : ne pas tenter d’intervenir eux-mêmes et alerter immédiatement les autorités compétentes.

 

L’intervention musclée des « soldats de la nature »

La réaction a été immédiate. Une équipe mixte de la Brigade régionale des Eaux et Forêts du Yaadga et du Service départemental de Ouahigouya est intervenue sous la conduite du Lieutenant Rasmané Kiendrebéogo. Les agents ont neutralisé l’animal sans le blesser, tout en assurant la sécurité des riverains.

Avec maîtrise, ils ont réussi à capturer le reptile. Cette opération illustre le rôle essentiel des services des Eaux et Forêts, tant dans la protection de la faune que dans la gestion des conflits homme-animal, de plus en plus fréquents en zone urbaine.

Garde Nationale
© Garde Nationale

Un retour aux sources : le barrage de Kanazoé

Une fois le crocodile maîtrisé et attaché avec précaution, les autorités ont rapidement procédé à son transport vers le barrage de Kanazoé, situé à proximité des zones habitées. L’animal a été réintégré dans son milieu naturel, sous le regard soulagé des agents.

Le barrage de Kanazoé, essentiel aux activités économiques locales, constitue également un habitat pour de nombreux spécimens. La proximité entre ce point d’eau et les extensions du secteur 14 explique sans doute cette incursion nocturne, l’animal ayant probablement cherché humidité ou nourriture en s’aventurant en ville.

 

Vigilance et professionnalisme : les clés d’un dénouement heureux

Le bilan est positif : aucune blessure n’est à déplorer, ni du côté de la population, ni du côté de l’animal. Le lieutenant Kiendrebéogo et ses hommes ont reçu les félicitations des riverains pour leur promptitude et leur sang-froid.

Finalement, cet incident rappelle l’importance de la vigilance pour les habitants vivant à proximité des cours d’eau. Les autorités locales invitent les citoyens à signaler immédiatement toute présence d’animaux sauvages, afin d’éviter des drames susceptibles de troubler la quiétude de la ville.

Côte d’Ivoire : Clap de fin pour le gouvernement Beugré Mambé

Le paysage politique ivoirien entame une mue décisive en ce début d’année 2026. Le mercredi 7 janvier, lors d’un Conseil des ministres solennel, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a présenté sa démission ainsi que celle de l’ensemble de son équipe au président Alassane Ouattara. Un mouvement d’envergure qui marque la fin d’un cycle et prépare l’arrivée d’une nouvelle équipe gouvernementale.

 

Une démission dictée par la tradition républicaine

Cette annonce, bien qu’importante, n’est pas une surprise pour les observateurs avertis. Elle fait suite aux élections législatives du samedi 27 décembre 2025. En effte, lors de ce scrutin, plusieurs ministres en fonction ont été élus députés à l’Assemblée nationale.

Conformément à la tradition constitutionnelle ivoirienne, le gouvernement se retire au lendemain des législatives pour permettre au chef de l’État de recomposer son équipe en tenant compte de la nouvelle configuration parlementaire. Le président Alassane Ouattara a officiellement accepté cette démission par la signature de deux décrets mettant ainsi fin aux fonctions du Premier ministre, des membres du gouvernement et des ministres-gouverneurs des districts autonomes.

 

Un grand ménage institutionnel

Le remaniement en cours semble plus profond qu’une simple formalité. En plus du cabinet ministériel, le chef de l’État a également signé un décret mettant fin aux fonctions des ministres d’État et des ministres-conseillers à la Présidence de la République.

Cette décision suggère une volonté de remettre les compteurs à zéro à tous les niveaux de l’exécutif. Le Président a néanmoins tenu à adresser ses chaleureux remerciements à Robert Beugré Mambé et à l’ensemble des Ministres  sortants pour leur « importante contribution au développement socio-économique » du pays, saluant notamment l’engagement des ministres-gouverneurs au service de la nation.

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L’expédition des affaires courantes : la continuité de l’État

Que se passe-t-il maintenant ? Pour éviter tout vide institutionnel, Robert Beugré Mambé et ses ministres ne quittent pas leurs bureaux immédiatement. Ils sont par ailleurs chargés d’expédier les affaires courantes.

Concrètement, cela signifie qu’ils gèrent la gestion quotidienne des ministères (signatures urgentes, continuité des services publics), mais ne peuvent plus engager de nouvelles réformes structurelles ou prendre des décisions politiques majeures. Cette période de transition durera jusqu’à la nomination du futur Premier ministre et la formation du nouveau gouvernement.

 

Quelles attentes pour le futur gouvernement ?

Le départ de l’équipe Mambé ouvre la porte à toutes les spéculations. Le prochain gouvernement devra répondre aux défis de la vie chère, de l’emploi des jeunes et de la poursuite des grands travaux d’infrastructures. La question qui brûle toutes les lèvres à Abidjan est désormais la suivante : le président Ouattara optera-t-il pour une équipe de technocrates ou pour un gouvernement plus politique afin de consolider sa base après les législatives ?

En somme, la Côte d’Ivoire retient son souffle en attendant l’annonce officielle qui devrait intervenir dans les prochains jours. Une chose est certaine : la rentrée politique 2026 s’annonce sous le signe du renouveau.

Sénégal : 100 000 FCFA de logement pour tous les agents de l’État

Dakar vient de franchir une étape historique dans la modernisation de son administration. En effet , par la signature du décret n° 2026-06, ce mercredi 7 janvier 2026, le président Bassirou Diomaye Faye généralise l’accès à l’indemnité de logement pour l’ensemble des agents de l’État. Cette mesure met fin à des décennies de disparités au sein de la fonction publique

 

La fin d’une « fonction publique à deux vitesses »

Jusqu’à ce jour, une zone d’ombre persistait dans les fiches de paie des travailleurs de l’État. Environ 7 % des agents, qu’ils soient fonctionnaires ou non-fonctionnaires, se découvrent exclus du bénéfice d’une aide au logement, contrairement à leurs collègues bénéficiant de statuts spécifiques. Cette inégalité, jugée persistante et injuste, est désormais de l’histoire ancienne.

Le chef de l’État a tranché : l’équité doit être la règle. Le décret institue une indemnité représentative de logement fixée à 100 000 francs CFA par mois. Ce montant est garanti net d’impôts, assurant ainsi que chaque centime parvienne directement dans le portefeuille des travailleurs concernés.

 

Un coup de pouce majeur pour le pouvoir d’achat

Dans un contexte économique où le coût du loyer, particulièrement à Dakar et dans les grandes agglomérations, pèse lourdement sur les budgets familiaux, cette annonce est accueillie comme une bouffée d’oxygène. Elle concerne :

  • Les agents de l’État non logés par l’administration.
  • Ceux qui ne profitaient d’aucune disposition statutaire prévoyant déjà un avantage similaire.

Pour le ministère des Finances et du Budget, cette décision n’est pas qu’une simple ligne de dépense supplémentaire. Elle s’inscrit dans la vision globale du Pacte national de stabilité sociale. L’objectif est d’améliorer les conditions de vie et de travail pour exiger en retour un service public plus efficace, plus engagé et plus performant.

Une mise en œuvre immédiate

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a reçu des instructions fermes pour veiller à la mise en œuvre effective de ce décret. La publication prochaine au Journal officiel scellera irrévocablement cet acte de justice sociale.

En généralisant cette indemnité, le gouvernement du président Faye envoie un signal fort aux partenaires sociaux : la croissance inclusive et durable ne peut se faire sans une répartition équitable des ressources de l’État entre tous ceux qui le servent au quotidien.