Niamey, 2 octobre 2026 — Pendant trois jours, des jeunes venus du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont débattu d’une question centrale pour l’avenir de leur alliance : comment transformer l’engagement citoyen en un instrument durable de construction des États du Sahel ?
La réponse avancée à l’issue de la troisième Université d’été des volontaires de la Confédération des États du Sahel (AES) tient en neuf recommandations. Réunis à Niamey du 28 au 30 septembre, les participants ont notamment proposé la création d’une agence confédérale du volontariat, la reconnaissance officielle des compétences acquises sur le terrain et la mise en place d’un dispositif de protection sociale.
La cérémonie de clôture s’est tenue mercredi sous la présidence du secrétaire général du ministère nigérien de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire.
Les organisateurs avaient placé cette édition sous le thème : « Le volontariat, une force pour la construction des États de la Confédération AES ». Derrière cette formule se dessine une ambition plus large : faire du volontariat un mécanisme permanent de mobilisation des compétences et de rapprochement entre les trois pays.
Les participants ont appelé à instaurer un volontariat de réciprocité, qui permettrait aux jeunes d’effectuer des missions dans chacun des États membres. Ils ont également recommandé la digitalisation du secteur et la certification des aptitudes développées au cours des missions.
Ces mesures visent à répondre à une difficulté fréquente : de nombreux volontaires acquièrent une expérience utile sans disposer, à la fin de leur engagement, d’un document ou d’un accompagnement leur permettant de la faire reconnaître sur le marché du travail.
Les échanges ont pris la forme de conférences, de panels, de travaux thématiques et de master class. Les discussions ont porté sur la place des jeunes dans les politiques publiques, mais aussi sur les moyens de mieux organiser leur contribution aux actions sociales et au développement local.
Les volontaires ont ensuite quitté les salles de réunion pour participer à une opération de peinture des bordures de chaussée et du boulevard des Armées à Niamey. Cette activité citoyenne a offert une illustration concrète du message défendu pendant la rencontre : le volontariat doit produire des résultats visibles pour les populations.
L’idée d’un dispositif confédéral se heurte toutefois à plusieurs défis. Il faudra définir les compétences d’une éventuelle agence commune, financer les programmes, harmoniser les règles nationales et garantir un suivi des volontaires après la fin de leurs missions.
La protection sociale figure également parmi les sujets sensibles. Sans couverture adaptée, les volontaires restent exposés aux risques liés à leurs activités et peuvent rencontrer des difficultés lors de leur retour à la vie professionnelle.
Les recommandations adoptées à Niamey constituent donc une feuille de route, mais leur portée dépendra des décisions que prendront les dirigeants de l’AES.
Cette troisième édition a surtout servi de cadre à un rapprochement entre les jeunesses des trois pays. Les participants ont partagé leurs expériences et défendu une vision commune d’un engagement au service des communautés.
Pour la Confédération AES, le défi consiste désormais à convertir cette dynamique en institutions, en programmes et en résultats mesurables. À Niamey, les volontaires ont posé les bases d’un modèle qui ne les considérerait plus seulement comme des exécutants de projets, mais comme des acteurs à part entière de la construction régionale.
Niamey, 30 septembre 2026 — La mémoire des générations qui ont contribué à façonner le Niger occupe une place importante dans la vie publique du pays. Au Centre international de conférences Mahatma Gandhi de Niamey, une cérémonie organisée ce mercredi 30 septembre rend hommage à plusieurs pionniers nigériens pour leur contribution à l’action sociale et au renforcement de la solidarité nationale.
En réunissant des personnalités engagées dans ces domaines, la cérémonie entend rappeler le rôle des initiatives individuelles et collectives dans la construction du lien social. Elle met également en avant la nécessité de transmettre cet héritage aux générations futures et de préserver la mémoire de celles et ceux qui ont contribué, parfois dans la discrétion, à l’évolution de la société nigérienne.
Par ailleurs, cet hommage pose la question de la transmission. Pendant des décennies, des hommes et des femmes visionnaires ont posé, souvent dans la discrétion et face à des défis complexes, les fondations de l’entraide communautaire au Niger. En distinguant ces pionniers, les organisateurs rappellent que les progrès sociaux ne reposent pas uniquement sur les institutions en place, mais aussi sur l’engagement de générations qui ont contribué à établir et à consolider des pratiques de soutien aux communautés.
Cette dimension intergénérationnelle met en lumière la valeur de l’expérience accumulée et rappelle que la responsabilité envers la collectivité se construit dans la durée. Elle replace également dans l’espace public le rôle de celles et ceux qui ont contribué à renforcer la solidarité communautaire, parfois sans reconnaissance particulière.
L’hommage s’inscrit ainsi dans le travail de mémoire que la Ville de Niamey mène autour de son histoire. En 2025, les autorités municipales ont notamment présenté le centenaire de la capitale comme une occasion de rendre hommage aux pionniers, aux bâtisseurs et à des figures parfois demeurées dans l’anonymat.
L’action sociale constitue l’un des domaines dans lesquels la notion de transmission prend tout son sens. Les initiatives menées au fil des années ont contribué à rapprocher les institutions des réalités vécues par les populations et à consolider les liens de solidarité au sein de la société.
L’hommage rendu ce mercredi inscrit donc la reconnaissance dans une perspective plus large : celle d’un héritage collectif qui ne se limite pas au souvenir des personnes honorées. Il souligne aussi la nécessité de préserver les valeurs qui ont accompagné leur engagement, notamment la solidarité, le sens du devoir et l’attention portée au bien-être des populations.
La participation de la Ville de Niamey traduit, dans ce contexte, son attachement aux initiatives qui associent mémoire, reconnaissance et transmission. Pour la capitale, célébrer celles et ceux qui ont œuvré au service de la collectivité revient également à rappeler que chaque génération reçoit un héritage et porte, à son tour, une part de responsabilité dans son devenir.
Cette cérémonie établit ainsi un lien entre deux temps : celui de la mémoire, qui conserve la trace des engagements passés, et celui de l’action présente, appelée à prolonger cet héritage au profit des générations futures. À travers cet hommage, la contribution des pionniers du Niger est replacée dans une continuité nationale où la solidarité ne relève pas seulement du passé. Elle demeure une valeur à transmettre, à préserver et à inscrire dans les réalités quotidiennes de la société.
En érigeant ces pionnières en modèles d’engagement et de civisme, la communauté nationale transmet à la nouvelle génération des repères pour l’avenir. Ce rendez-vous mémoriel rappelle que la construction d’une société plus équitable repose sur la continuité de l’engagement collectif et sur l’exemplarité de celles qui ont contribué, avec courage et abnégation, à faire progresser le Niger.
Dosso, 30 Septembre 2026 – À Dosso, dans le sud-ouest du Niger, le sultanat engage une réforme des pratiques matrimoniales. La mesure fixe de nouveaux plafonds pour la dot, limite les contributions coutumières et supprime plusieurs dépenses traditionnellement associées aux cérémonies de mariage. L’objectif affiché consiste à réduire la pression financière qui pèse sur les familles.
La nouvelle réglementation établit une grille selon le statut de la future épouse et son lieu de résidence. À Dosso-ville, la dot d’une jeune femme jamais mariée s’élève à 500 000 francs CFA. Dans les villages, le montant est fixé à 350 000 francs CFA.
Le barème prévoit également :
200 000 francs CFA pour une femme divorcée sans enfant ;
150 000 francs CFA pour une femme divorcée ayant des enfants.
Cette différenciation entend tenir compte des réalités sociales et familiales propres à chaque situation.
Les dépenses coutumières plafonnées
Le sultanat fixe par ailleurs à 20 000 francs CFA, toutes taxes comprises, le montant des exigences liées aux traditions, désignées localement sous le terme « Al’ada ».
La décision vise à contenir les demandes additionnelles qui peuvent alourdir le budget des familles au-delà de la dot elle-même. Dans certaines cérémonies, ces contributions coutumières s’accompagnent de dépenses en nature ou de prestations imposées aux proches des futurs époux.
Le nouveau dispositif met aussi fin à certaines obligations associées aux mariages. Les familles ne devront plus prendre en charge l’uniforme, le rôti, la valise du jeune marié ou encore le « patin kaouyawa ». D’autres dépenses similaires sont également concernées par cette suppression.
À travers ces restrictions, les autorités coutumières souhaitent recentrer le mariage sur son caractère familial et social, tout en évitant que la cérémonie ne se transforme en une charge difficilement supportable pour les ménages.
Mariages à Dosso : vers la fin de la surenchère financière et des dépenses excessives
Cette réforme vise à alléger le coût des mariages et à protéger les familles contre les dépenses excessives. En plafonnant la dot, en limitant les exigences coutumières et en supprimant certaines charges traditionnelles, le sultanat de Dosso cherche à réduire la pression financière qui accompagne souvent les unions. La mesure devrait également limiter la surenchère, harmoniser les pratiques et faciliter l’accès au mariage, notamment pour les ménages les plus modestes.
Le sultanat confie le suivi de ces dispositions aux chefs de secteurs, de quartiers et de villages. Ces autorités locales devront veiller au respect des montants arrêtés et empêcher l’imposition de dépenses désormais interdites.
Des sanctions sont prévues contre les personnes qui ne respecteront pas la réglementation. Le communiqué ne précise toutefois pas la nature de ces sanctions ni les modalités de leur application.
Une réforme contre la surenchère matrimoniale
À Dosso, le coût des mariages fait depuis plusieurs années l’objet de discussions au sein des familles et des communautés. En encadrant la dot et les contributions traditionnelles, le sultanat entend limiter la surenchère et faciliter l’accès au mariage.
La portée de la réforme dépendra désormais de son application effective sur le terrain. Les responsables coutumiers devront notamment assurer une information claire des familles afin d’éviter les interprétations divergentes et les demandes non prévues par la nouvelle réglementation.
NIAMEY, 28 septembre 2026 — La troisième édition de l’Université d’été des volontaires de la Confédération des États du Sahel s’est ouverte lundi au Palais des Congrès de Niamey. Pendant trois jours, les participants réfléchiront au rôle du volontariat dans la construction institutionnelle, la cohésion sociale et la mobilisation citoyenne au sein de l’espace AES.
La rencontre se tient sous le haut patronage du général d’armée Abdourahamane Tiani, président de la République du Niger. Le général d’armée Salifou Mody, ministre d’État chargé de la Défense nationale, a présidé la cérémonie d’ouverture en qualité de représentant du ministre d’État chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, le général de division Mohamed Toumba.
Le président du Conseil consultatif pour la refondation, Mamoudou Harouna Djingarey, a assisté à l’ouverture aux côtés de plusieurs membres de l’institution. Des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, des représentants du gouvernement et les présidents des institutions de la République figuraient également parmi les participants.
Le corps diplomatique, les autorités militaires et administratives ainsi que des représentants des chefferies traditionnelles et des communautés religieuses ont aussi pris part à la cérémonie.
Cette présence institutionnelle confère à l’événement une portée qui va au-delà du rassemblement de jeunes volontaires. Elle inscrit le volontariat dans les priorités affichées par les autorités nigériennes en matière de participation citoyenne et de consolidation de la Confédération.
Une plateforme pour les expériences sahéliennes
Les travaux portent sur le thème : « Volontariat, une force pour la construction des États de la Confédération AES ». En effet , les autorités veulent créer un espace d’échange entre les volontaires des pays membres et faire émerger des initiatives adaptées aux réalités sociales ainsi que sécuritaires du Sahel.
Les discussions doivent notamment aborder :
la contribution des volontaires au développement local ;
le renforcement de la cohésion sociale ;
la participation des jeunes à la vie publique ;
le partage d’expériences entre les pays de l’AES ;
la promotion de valeurs communes au sein de la Confédération.
D’ailleurs, le ministère nigérien de l’Intérieur avait présenté cette édition comme un cadre de rassemblement autour de l’engagement patriotique, de la participation citoyenne et des valeurs communes aux États de l’AES.
Dans un espace confronté à de fortes pressions sécuritaires, économiques et sociales, les autorités veulent faire du volontariat un levier de mobilisation collective. Les participants peuvent ainsi être appelés à soutenir des actions de développement, de sensibilisation et de solidarité dans les communautés.
Cette orientation pose toutefois un défi : transformer les déclarations de principe en programmes concrets, dotés de moyens, d’objectifs mesurables et d’un accompagnement durable. Le volontariat ne peut produire des résultats solides que s’il repose sur la formation, la coordination des acteurs et la reconnaissance du travail accompli.
Niamey, centre des échanges confédéraux
Le choix de Niamey pour accueillir cette troisième édition confirme la place du Niger dans les initiatives de rapprochement entre les pays de l’AES. À travers cette université d’été, les autorités veulent donner un contenu social et citoyen au projet confédéral. Ainsi, les échanges de Niamey devront surtout déterminer comment les volontaires pourront participer concrètement aux politiques de développement, renforcer les liens entre les populations et accompagner la construction des institutions de l’AES.
La région de Zinder entre dans la phase de modernisation de l’identification des citoyens. Les autorités ont lancé, ce mardi 22 septembre, l’opération d’enrôlement destinée à établir la carte nationale d’identité biométrique, dans l’enceinte du commissariat central.
Le secrétaire général de la région, Abou Idrissa, a présidé le lancement et a appelé les habitants à participer massivement à l’opération. Car, l’enregistrement doit permettre aux citoyens d’obtenir un document d’identité plus sécurisé et mieux adapté à la numérisation progressive des services publics.
Les commissariats de police mobilisés pour un service de proximité
Cependant, les citoyens peuvent effectuer les démarches dans les commissariats de police. Ce choix facilite l’accès à l’enrôlement et évite aux demandeurs de longs déplacements vers un site unique.
La procédure comprend l’enregistrement des données biométriques et la vérification des pièces fournies par le demandeur. Les autorités invitent les habitants à préparer leur dossier avant de se rendre dans le commissariat de leur choix.
Pour constituer une demande, l’usager doit fournir :
un extrait d’acte de naissance ;
un certificat de nationalité ;
trois photographies d’identité.
Les demandeurs doivent veiller à la conformité et à la lisibilité de leurs documents afin de limiter les retards dans le traitement des dossiers. Dans les dispositifs d’identification biométrique déployés au Niger, les autorités peuvent également exiger, selon les cas, des pièces complémentaires comme un justificatif de résidence ou une preuve de profession.
Le service prévoit deux formules. La procédure normale coûte 4 500 francs CFA. Les citoyens qui souhaitent accélérer la délivrance peuvent choisir la formule express, fixée à 9 000 francs CFA.
Selon les informations communiquées lors du lancement, la procédure express doit permettre d’obtenir la carte dans un délai annoncé de 72 heures. Des modalités comparables ont été communiquées lors du déploiement de la carte biométrique dans d’autres régions du Niger.
Les demandeurs ont intérêt à se renseigner directement auprès du commissariat avant le dépôt de leur dossier afin de connaître les modalités de paiement et les éventuelles exigences propres à leur situation.
Un outil stratégique de lutte contre la fraude et la falsification
La nouvelle carte vise à renforcer la fiabilité de l’identification. L’intégration de données biométriques doit compliquer la falsification des documents, la fraude et l’usurpation d’identité.
L’objectif va toutefois au-delà de la seule sécurisation des pièces administratives. Une identité mieux établie peut faciliter l’accès aux services publics, l’accès au crédit bancaire, les démarches administratives et les dispositifs nécessitant une vérification fiable de l’identité du citoyen.
La carte biométrique s’inscrit ainsi dans un mouvement majeur de numérisation de l’administration. Elle doit aussi contribuer à constituer des données plus fiables et à améliorer le traitement des formalités.
Abou Idrissa a exhorté les populations de Zinder à ne pas attendre les dernières échéances pour se faire enrôler. La réussite de l’opération dépendra notamment de la capacité des citoyens à se présenter avec un dossier complet et des services à organiser un accueil fluide.
Pour les autorités, l’enjeu consiste désormais à maintenir un dispositif accessible dans les commissariats et à informer clairement les usagers sur les pièces, les frais et les délais. De leur côté, les habitants gagneraient à vérifier leur dossier avant de se rendre sur le site d’enrôlement afin d’éviter les pertes de temps inutiles.
Le lancement à Zinder ouvre ainsi une nouvelle étape dans la généralisation de la carte nationale d’identité biométrique au Niger. Déjà lancée dans plusieurs localités, l’opération permettra, d’ici la fin de l’année, à la majorité des Nigériens de disposer de pièces d’identité conformes aux nouvelles normes internationales.
NIAMEY, 16 septembre 2026 — Un projet d’investissement étranger qui devait s’intéresser à la mécanique et au secteur minier au Niger pourrait-il connaître une nouvelle issue ? C’est la question soulevée par Mahamat Ibrahim Souleymane, qui interpelle le président de la République à la suite du récent remaniement gouvernemental.
Dans une lettre ouverte, le jeune Nigérien revient sur les démarches qu’il affirme avoir entreprises pour faciliter l’arrivée au Niger d’un entrepreneur cambodgien disposant, selon lui, de capacités financières substantielles. Il demande surtout de réexaminer le dossier sur la base des documents et des procédures administratives, plutôt qu’à partir de considérations personnelles.
Deux secteurs ciblés et des démarches engagées
Selon le récit de l’auteur, le projet a pris forme après une rencontre au Cambodge. L’entrepreneur cambodgien aurait ensuite accepté de se rendre au Niger afin d’évaluer les possibilités d’investissement.
Avec l’appui de Mahamat Ibrahim Souleymane, l’investisseur aurait rencontré plusieurs responsables et échangé avec différents services de l’administration nigérienne. Deux secteurs auraient particulièrement retenu son attention : la mécanique et l’exploitation minière.
Des démarches auraient alors été engagées auprès de l’Agence nigérienne de promotion des investissements et des projets (ANPIPS), du ministère chargé du Commerce et d’autres administrations concernées.
Dans le domaine minier, le dossier aurait franchi plusieurs étapes. L’auteur affirme notamment qu’il a créé deux sociétés et engagé des procédures pour obtenir quatre permis de recherche.
Un projet confronté à des difficultés
La suite du processus aurait toutefois été marquée par des difficultés qui ont empêché le projet de progresser comme prévu.
Dans sa lettre, Mahamat Ibrahim Souleymane affirme que certains responsables ont reçu des réserves et des informations négatives au sujet de l’investisseur, du projet et de sa propre implication. Il prend toutefois soin de ne pas présenter ces éléments comme des faits établis. Il demande plutôt aux autorités de les vérifier et de déterminer précisément ce qui a pu contribuer au blocage du dossier.
L’auteur évoque également des interrogations qui auraient porté sur la crédibilité de l’investisseur ainsi que sur certaines de ses relations personnelles et professionnelles. Il affirme, en outre, que ses relations passées avec la famille de l’ancien président Mohamed Bazoum auraient contribué à alimenter des doutes autour de sa personne et, indirectement, autour du projet.
Une demande d’examen fondée sur les documents
Plutôt que de réclamer une décision favorable, Mahamat Ibrahim Souleymane demande au chef de l’État de permettre, s’il le juge nécessaire, un nouvel examen du dossier par les structures compétentes. Il précise que les documents administratifs disponibles permettent de vérifier les capacités financières de l’investisseur, la réalité des sociétés créées et les démarches déjà effectuées.
« Si l’investisseur n’était pas crédible, les autorités compétentes pourront naturellement le constater », explique en substance l’auteur, qui ajoute que l’inverse pourrait également être établi par une vérification indépendante.
Il affirme être prêt à remettre aux autorités les échanges, documents et informations dont il dispose afin de retracer les différentes étapes du projet.
L’emploi des jeunes au cœur de la démarche
Au-delà de son différend avec l’ancien responsable gouvernemental qu’il ne nomme pas directement dans sa lettre, l’auteur place la question de l’investissement et de l’emploi au centre de son interpellation.
Il soutient que son initiative visait avant tout à attirer des capitaux étrangers et à favoriser la création d’opportunités pour la jeunesse nigérienne. Selon lui, un éventuel projet capable de mobiliser plusieurs milliards de francs CFA et de générer des emplois mérite au moins d’être évalué sur ses fondements économiques.
Cette démarche intervient alors que les investissements privés et la création d’emplois restent des enjeux cruciaux pour l’économie nigérienne.
Une éventuelle reprise des discussions
Mahamat Ibrahim Souleymane affirme que l’investisseur concerné conserverait un intérêt pour le Niger. Il propose donc, si les autorités le jugent pertinent, de reprendre contact avec lui afin de vérifier à nouveau ses capacités, ses intentions et la faisabilité de son projet. La demande formulée au président ne porte ainsi pas, selon l’auteur, sur l’octroi d’un privilège ou d’une faveur. Elle vise plutôt à obtenir un examen administratif du dossier permettant d’établir les faits.
À travers cette lettre ouverte, le jeune Nigérien souhaite également tirer des enseignements de cette expérience. Il estime que les autorités devraient principalement examiner la viabilité, la conformité aux règles et le potentiel économique des initiatives de citoyens cherchant à attirer des investisseurs étrangers.
Le dossier reste désormais lié aux vérifications que pourraient effectuer les autorités compétentes et aux éléments documentaires que l’auteur dit être en mesure de fournir.
AGADEZ,15 septembre 2026 — L’administration régionale d’Agadez accélère la modernisation de l’état civil. Le secrétaire général de la région, Souleymane Seidou Boulhassan, a inauguré ce mardi 15 septembre 2026 le dispositif d’enregistrement de la Carte nationale d’identité biométrique de l’Alliance des États du Sahel (CNIB AES), lors d’un rassemblement au siège de la Direction régionale de la police nationale.
L’introduction de ce document officiel garantit une protection accrue des données personnelles et renforce la sécurité identitaire. La procédure locale consiste à collecter l’empreinte et les paramètres biométriques de chaque citoyen à Agadez, puis à transmettre numériquement le dossier aux ateliers de fabrication centralisés à Niamey. Une fois imprimée dans la capitale, la carte physique effectue le trajet inverse pour être remise en main propre à son titulaire. Finalement, ce titre d’identité haute sécurité dispose d’une durée de validité de cinq ans.
Par ailleurs, l’accès à ce service requiert la constitution d’un dossier administratif complet comprenant :
Un acte de naissance ou un jugement supplétif ;
Un certificat de nationalité nigérienne ;
Un justificatif de domicile (certificat de résidence) ;
Une attestation de profession et des photographies d’identité biométriques aux normes.
Pour rationaliser l’accueil des usagers, la police nationale propose deux options tarifaires. L’instruction standard coûte 4 500 FCFA, tandis que la formule express s’élève à 9 000 FCFA. Les autorités ont intégré le paiement numérique via les plateformes financières mobiles Airtel Money, Amana et NITA pour fluidifier les transactions.
Encadrée par les représentants civils et militaires de la préfecture, la journée d’inauguration a attiré une affluence nombreuse dès les premières heures. Face à cet engouement, Souleymane Seidou Boulhassan a encouragé l’ensemble des résidents du nord du pays à entreprendre promptement ces démarches, afin de généraliser ce titre d’identité souverain sur tout le territoire.
L’inauguration de la CNIB AES à Agadez constitue une avancée technique notable, mais son succès dépendra désormais de la mise en œuvre concrète : régularité des opérations, maîtrise des délais et accessibilité pour les populations isolées. À défaut d’une logistique fiable et d’une information claire, le dispositif risque de rester une promesse administrative plutôt qu’un outil effectif de reconnaissance citoyenne ; les autorités locales sont donc attendues sur la rapidité du déploiement et la transparence des procédures.
NIAMEY, 3 septembre 2026 — L’Association des Chefs Traditionnels du Niger (ACTN) demande à la population de privilégier la stabilité et la cohésion nationale après les événements survenus dans la nuit du 28 au 29 août au sein de la base 101 de Niamey. Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 3 septembre à son siège, l’organisation a condamné les agitations et appelé les Nigériens à maintenir ce qu’elle qualifie de « résilience patriotique absolue ».
La déclaration, lue par le secrétaire général de l’ACTN, Amirou Mohamed Sidikou, place ces événements dans le contexte plus large de la refondation institutionnelle engagée par le Niger. L’organisation estime que toute déstabilisation intérieure risque de compromettre la trajectoire politique actuellement défendue par les autorités.
L’association des chefs traditionnels a d’abord exprimé sa solidarité avec les victimes et leurs proches. Elle a adressé ses condoléances au peuple nigérien ainsi qu’aux familles endeuillées par les événements des 28 et 29 août.
Au-delà de cette compassion, l’ACTN a adopté une position ferme sur les troubles. Elle considère que ces agitations menacent la cohésion du pays et peuvent créer un environnement favorable à de nouvelles tensions internes. Pour l’organisation, le maintien de l’ordre et de la stabilité constitue désormais un enjeu central dans un pays qui affirme vouloir renforcer son autonomie politique et institutionnelle.
Les chefs traditionnels relient les troubles à la refondation
Dans son analyse, l’ACTN ne présente pas les événements comme un épisode isolé. Elle estime qu’ils traduisent les résistances d’un ancien système face à la volonté de transformation portée par les autorités nigériennes.
Amirou Mohamed Sidikou soutient ainsi que les troubles peuvent être exploités par des acteurs opposés à l’émancipation du pays. L’association dénonce ce qu’elle décrit comme des tentatives visant à maintenir le Niger dans une relation de dépendance politique et institutionnelle. Cette lecture conduit les chefs traditionnels à établir un lien direct entre la stabilité intérieure et le projet de souveraineté nationale.
L’ACTN s’appuie également sur la Charte de la Refondation du 26 mars 2025, dont elle rappelle les orientations. L’association estime que la transformation de l’État doit davantage tenir compte des réalités sociales, culturelles et historiques du Niger.
Selon son secrétaire général, compromettre la stabilité du pays à ce stade reviendrait à affaiblir cette dynamique. L’organisation défend ainsi une refondation fondée sur les réalités nationales plutôt que sur la reproduction de modèles institutionnels extérieurs. Dans cette perspective, l’ACTN présente la contestation violente et la surenchère comme des facteurs susceptibles de ralentir les réformes engagées.
Un appel à la retenue et à la cohésion
Face à cette situation, les chefs traditionnels invitent les Nigériens à ne pas céder aux appels au désordre. Ils demandent aux populations de préserver la paix sociale et de soutenir la stabilité des institutions.
L’ACTN considère que cette stabilité doit permettre au Niger de consolider son contrôle sur son territoire et ses ressources, deux éléments qu’elle place au centre de la souveraineté nationale. L’appel de l’organisation intervient ainsi dans un contexte où la question de la cohésion interne devient, selon elle, aussi importante que celle de la défense des intérêts nationaux.
En conclusion de sa déclaration, le chef du canton de Kouré, au nom du bureau de l’ACTN, a appelé à intensifier les prières collectives. L’organisation souhaite notamment un hivernage favorable, mais aussi un Niger stable, pacifique et solidaire. Par cette démarche, les autorités coutumières entendent contribuer, à leur niveau, au maintien de la cohésion sociale après les événements survenus à la base 101.
Pour l’ACTN, la réponse aux tensions passe donc à la fois par la condamnation des agitations, la préservation de la stabilité et la mobilisation de la société autour des enjeux de souveraineté et de refondation.
NIAMEY, 2 septembre 2026 — Quatre jours après les événements sécuritaires qui ont secoué la capitale nigérienne, les Forces vives de la Nation ont réuni mercredi des représentants de la société civile et plusieurs responsables publics à la Place de la Concertation à Niamey. Le rassemblement visait à afficher un soutien au Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et au processus de refondation conduit par le général d’armée Abdourahamane Tiani.
Une mobilisation organisée après les événements du 28 août
Le meeting intervient dans un contexte particulièrement tendu. Dans la nuit du 28 au 29 août, des soldats mutins ont attaqué plusieurs sites stratégiques de Niamey, notamment la base aérienne 101 et des installations liées au pouvoir. Les forces restées loyales aux autorités ont ensuite repris le contrôle des principaux points affectés par les affrontements.
Face à cette crise, les Forces vives avaient appelé dès le 30 août à des mobilisations pacifiques afin de condamner ce qu’elles qualifient de tentative de déstabilisation et de soutenir les Forces de défense et de sécurité. Elles avaient précisément annoncé la tenue d’un meeting à la Place de la Concertation pour le 2 septembre.
Les autorités et la société civile réunies
La rencontre de mercredi a rassemblé des membres du CNSP et du gouvernement, ainsi que le président du Conseil consultatif de la Refondation, Mamoudou Harouna Djingarey. Le gouverneur de la région de Niamey, l’administrateur délégué de la ville et plusieurs responsables de l’administration territoriale figuraient également parmi les participants.
Des représentants de la société civile ont pris part à cette mobilisation, aux côtés de différents acteurs sociaux. La présence de ces composantes devait donner au rassemblement une portée nationale et traduire, selon les organisateurs, un front commun autour de la stabilité du pays.
Le pouvoir cherche à afficher une base de soutien
Au-delà de la condamnation des récents troubles, le rassemblement constitue un signal politique adressé aux responsables du CNSP. Les organisateurs ont réaffirmé leur soutien aux institutions issues de la transition et au processus de refondation engagé depuis l’arrivée au pouvoir des militaires en juillet 2023.
Cette démonstration intervient toutefois dans un environnement marqué par des tensions internes croissantes. Les affrontements du 29 août ont révélé des divisions au sein de l’appareil sécuritaire, alors que le Niger reste confronté à la pression persistante des groupes jihadistes dans plusieurs régions du pays. Reuters rapporte notamment que la mutinerie a mis en évidence le mécontentement d’une partie des militaires engagés sur les fronts contre les groupes armés.
Un message axé sur la cohésion nationale
Les Forces vives ont placé la paix, la cohésion sociale, la souveraineté et la défense des intérêts du Niger au centre de leur démarche. Elles avaient également appelé la population à conserver son calme, à poursuivre normalement ses activités et à rester vigilante face aux rumeurs et à la désinformation.
À Niamey, le meeting du 2 septembre cherche donc à transformer une période de crise sécuritaire en démonstration de solidarité politique autour du CNSP. Reste désormais pour les autorités à consolider ce soutien affiché tout en répondant aux défis sécuritaires et aux tensions internes révélés par les événements de la fin août.
À Niamey, la question n’est plus seulement de contenir les fractures provoquées par les crises, mais de savoir comment les réparer. C’est tout l’enjeu de la table ronde consacrée au renforcement de la cohésion sociale, ouverte ce mardi 11 août 2026 sous l’impulsion du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire.
Pendant longtemps, la réponse aux menaces pesant sur le Niger s’est principalement structurée autour de l’urgence sécuritaire. Mais les crises ont laissé derrière elles d’autres lignes de fracture : déplacements de populations, fragilités économiques, tensions communautaires, accès inégal aux services essentiels et affaiblissement du tissu social. C’est sur ce terrain, moins visible que celui des opérations militaires, que le gouvernement entend désormais agir.
La rencontre de Niamey traduit d’abord une inflexion dans la manière d’aborder la stabilité nationale. L’objectif n’est plus de dissocier sécurité, développement et cohésion sociale, mais de les traiter comme les différentes faces d’un même défi.
Dans cette perspective, les représentants de l’État, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile ainsi que les autorités coutumières et religieuses sont appelés à travailler ensemble. Cette convergence répond à un constat : aucun acteur, pris isolément, ne peut répondre à l’ensemble des conséquences des crises qui affectent les communautés.
La sécurité peut ramener le calme, mais elle ne suffit pas à restaurer la confiance. Le développement peut améliorer les conditions de vie, mais il ne règle pas nécessairement les différends communautaires. Quant au dialogue, il rapproche les positions sans disposer, à lui seul, des moyens de transformer les engagements en réalisations. Le véritable défi consiste donc à faire fonctionner ensemble ces différents leviers.
Derrière les discours sur la paix et le vivre-ensemble se pose une question très concrète : avec quels moyens ? Le gouvernement souhaite franchir un cap en envisageant la création d’un fonds commun multipartenaire consacré à la cohésion sociale, sous l’égide du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
L’idée est de sortir d’une succession d’interventions dispersées pour aller vers un dispositif capable de rassembler les ressources et d’harmoniser les projets. Un tel mécanisme permettrait d’éviter la multiplication de programmes concurrents, trop souvent portés par une pluralité d’acteurs aux méthodes de suivi divergentes.
Mutualiser les ressources suppose toutefois bien plus qu’un compte commun. Cela implique des priorités clairement définies, des mécanismes de contrôle, une répartition transparente des responsabilités et, surtout, la capacité de mesurer les résultats sur le terrain. Car la cohésion sociale ne se décrète pas dans une salle de conférence : elle se mesure dans les villages, les quartiers, les écoles et les marchés, là où les populations apprennent à revivre ensemble.
Le pari porté à Niamey repose sur une conception élargie de la paix. Il ne s’agit pas uniquement de faire taire les armes, mais de permettre aux personnes déplacées de retrouver des conditions de vie dignes, aux communautés fragilisées de renouer le dialogue et aux citoyens de refaire confiance aux institutions.
C’est ici que la cohésion sociale rejoint directement le développement. Une population qui accède de nouveau aux services publics, à des opportunités économiques et à des mécanismes crédibles de règlement des litiges dispose de plus de ressorts pour résister aux divisions. La stratégie évoquée à Niamey entend justement transformer les acquis sécuritaires en « dividendes » sociaux et économiques. La stabilité ne doit plus être une fin en soi, mais le socle de la reconstruction.
Le Niger ne part pas d’une page blanche. La stratégie s’appuie sur des pratiques sociales profondément enracinées : la solidarité, la parenté à plaisanterie et les mécanismes traditionnels de médiation.
Ces outils constituent un capital social précieux que les politiques publiques cherchent à mieux intégrer. L’enjeu sera de trouver le juste équilibre entre institutions modernes et systèmes traditionnels. Les chefs coutumiers et religieux peuvent jouer un rôle déterminant dans la prévention des tensions, à condition que leur action s’inscrive dans un cadre clair et articulé avec l’État.
Cette approche rapproche la politique de cohésion sociale des réalités du terrain. Car les fractures ne naissent pas dans les capitales : elles émergent au sein des communautés, alimentées par des conflits anciens, le manque de ressources ou les déplacements de populations.
La table ronde de Niamey ouvre une nouvelle séquence et fixe une obligation : transformer les intentions en actions mesurables. Le Programme de la Refondation de la République 2025-2029 fournit le cadre politique de cette démarche ; la rencontre d’aujourd’hui doit lui donner sa traduction opérationnelle.
La réussite de cette politique se jugera à sa capacité à réduire concrètement les fractures sociales. Si le futur fonds commun voit le jour, son efficacité dépendra de la transparence de sa gouvernance et de la sélection rigoureuse des priorités.
À Niamey, le Niger tente ainsi de déplacer le centre de gravité de sa réponse aux crises : passer de la gestion de l’urgence à la reconstruction du lien social. C’est sur ce terrain silencieux, mais hautement stratégique, que se jouera la résilience du pays.
À Niamey, la jeunesse est désormais placée au centre du débat sur l’avenir du Sahel. Lundi 10 août 2026, près de 1 000 participants ont pris part à l’ouverture de la troisième édition du YouthConnekt Sahel Forum, présidée par le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine.
Pendant trois jours, jeunes leaders, membres des gouvernements sahéliens, partenaires au développement et acteurs de l’innovation vont confronter leurs expériences autour d’une question devenue centrale : comment construire un Sahel capable de compter davantage sur ses propres forces ?
Le thème retenu pour cette édition résume cette ambition : « Jeunesse sahélienne au cœur de la Sécurité et de l’Innovation pour un Sahel souverain, résilient et prospère ».
Derrière les mots, un constat s’impose. Dans une région où la population est majoritairement jeune, aucune stratégie durable de souveraineté ne peut faire l’économie de cette génération.
Le capital humain : Nouveau visage de la souveraineté au Sahel
Le débat sur la souveraineté est souvent associé aux questions politiques, militaires ou économiques. À Niamey, les organisateurs cherchent à lui donner une autre dimension : celle du capital humain.
Le Directeur exécutif du YouthConnekt Africa Hub l’a rappelé lors de la cérémonie d’ouverture : dans l’une des régions les plus jeunes du monde, la question de la souveraineté est intimement liée à celle de la jeunesse. Le raisonnement est simple : un pays qui veut maîtriser son avenir doit aussi pouvoir compter sur les compétences, l’imagination et l’engagement de sa propre population.
Cette approche place les jeunes au-delà du rôle traditionnel de bénéficiaires des politiques publiques. Elle les transforme en acteurs capables de proposer, d’entreprendre et de participer à la résolution des problèmes qui affectent leurs sociétés.
Pour les jeunes, par les jeunes, avec les jeunes » : Un engagement fort à Niamey
C’est peut-être l’un des messages les plus forts de cette troisième édition. Le Directeur exécutif du YouthConnekt Africa Hub a insisté sur la nécessité de préserver la vocation originelle du mouvement : « pour les jeunes, par les jeunes, avec les jeunes ».
La formule prend une résonance particulière dans un contexte sahélien marqué par des défis multiples. Car si les jeunes sont invités à participer aux discussions, la véritable question sera de savoir quelle place leur sera accordée dans les décisions et dans la mise en œuvre des solutions. Faire de la jeunesse un sujet de discours est une chose. Lui donner les moyens d’agir en est une autre.
À Niamey, les discussions doivent notamment porter sur l’innovation, l’entrepreneuriat et le numérique. Ces secteurs représentent des pistes concrètes pour transformer la démographie sahélienne en avantage stratégique.
Une jeunesse nombreuse sans perspectives peut devenir une source de frustration sociale. À l’inverse, une génération formée, connectée et capable d’entreprendre peut contribuer à créer de nouvelles activités économiques et à renforcer la résilience des communautés.
Le Forum s’intéresse également à la résilience climatique, autre défi majeur pour une région confrontée à des transformations environnementales qui affectent les conditions de vie et les activités économiques.
Faire de la démographie un atout économique et social
Le rendez-vous de Niamey ne manque donc pas d’ambition. Placé sous le haut patronage du président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, le forum réunit des représentants des gouvernements des pays du Sahel, des jeunes et des partenaires techniques autour d’un même espace de réflexion.
Mais le véritable enjeu se situera au-delà des salles de conférence. Les débats devront trouver leur prolongement dans les territoires, les entreprises, les administrations, les écoles et les communautés.
Car les idées échangées à Niamey n’auront de portée que si elles débouchent sur des initiatives capables de répondre aux préoccupations concrètes des jeunes : formation, emploi, entrepreneuriat, accès au numérique et participation à la vie publique.
En ouvrant cette troisième édition, Ali Mahamane Lamine Zeine a lancé trois jours de dialogue sur l’avenir du Sahel. Mais le message qui se dégage de la rencontre dépasse le calendrier du forum. Le Sahel ne pourra construire sa souveraineté sans sa jeunesse, pas plus qu’il ne pourra également assurer sa résilience en laissant une génération entière à l’écart des décisions.
À Niamey, les jeunes doivent changer de statut : de simples bénéficiaires des politiques publiques, ils deviennent coproducteurs des solutions. C’est là que se trouve peut-être le véritable pari du YouthConnect Sahel Forum 2026 : transformer l’énergie d’une génération en force politique, économique et sociale au service d’un Sahel plus autonome, plus innovant et plus résilient.
Mobilisés par dizaines ce dimanche, les bras valides des « Sentinelles de la Patrie » ont troqué la théorie pour les chantiers de la capitale. Entre moulage de béton et reforestation, le patriotisme s’écrit à la sueur du front.
Niamey, 10 août 2026 — Sous un soleil de plomb, mais dans un élan collectif remarquable, les artères de Niamey ont résonné hier au rythme de l’effort populaire. Répondant à l’appel à l’engagement civique soutenu par les édiles municipaux, les militants de l’association « Sentinelles de la Patrie » ont consacré leur journée du dimanche 9 août à une série de travaux d’intérêt public. Loin des longs discours de prétoire, c’est l’action concrète qui a servi de mot d’ordre à cette jeunesse déterminée à prendre en charge son propre avenir.
Dès l’aube, le point de ralliement était fixé dans l’enceinte du Garage municipal. Aux côtés des brigades de l’Action citoyenne pour la reconstruction du Niger (ACRN), les volontaires ont retroussé leurs manches pour confectionner des blocs de pavés destinés aux voies de la cité. Chantiers de gâchage, moules métalliques ainsi que manutention lourde : le paysage urbain s’est transformé, le temps d’une matinée, en une ruche artisanale où s’est forgé le sentiment d’appartenance nationale.
Aménagement et reboisement autour de la Grande Mosquée de Niamey
L’après-midi a vu les équipes se déployer vers le parvis de la Grande Mosquée de Niamey. Dans ce lieu hautement symbolique, les jeunes patriotes ont procédé à la pose des matériaux fabriqués quelques heures plus tôt, assurant ainsi l’aménagement des voies d’accès au sanctuaire. Dans la foulée, les jeunes ont mis en terre plusieurs dizaines de Plantules afin d’apporter un peu d’ombre et d’oxygène aux fidèles et aux riverains.
« Le patriotisme ne se mesure pas aux mots, mais aux mètres carrés de routes stabilisées et aux arbres que l’on lègue aux générations futures. »
La journée s’est achevée par une vaste opération de salubrité publique le long du tracé de la Ceinture verte. Râteaux et balais en main, les participants ont nettoyé cet espace vital contre l’avancée du désert, rappelant ainsi que la protection de notre environnement constitue le premier rempart du développement. Par cette démonstration de discipline et de travail communautaire, la jeunesse niaméenne prouve que l’édification du pays reste, avant tout, une affaire de bras et de volonté.
Tibiri, région de Maradi, 5 août 2026 — Dans les villages, la paix ne se mesure pas seulement à l’absence de coups de feu. Elle se reconnaît aussi à la possibilité pour un agriculteur de retrouver son champ sans crainte, pour un éleveur de conduire son troupeau vers un point d’eau et, surtout, pour deux voisins de régler un différend sans laisser la querelle devenir une affaire d’État.
C’est autour de cette réalité quotidienne que Tibiri a accueilli, mercredi 5 août 2026, une rencontre communautaire consacrée à la prévention et à la gestion des conflits liés à l’utilisation des ressources naturelles partagées.
La rencontre, organisée par la Haute Autorité à la consolidation de la Paix (HACP), a réuni les représentants des autorités administratives et coutumières ainsi que des agriculteurs, des éleveurs, des femmes et des jeunes. Au centre des échanges : la terre, l’eau, les pâturages et les règles qui doivent permettre à chacun d’en tirer sa subsistance sans compromettre celle de son voisin.
Dans une région où l’agriculture et l’élevage font vivre une grande partie des populations, le partage de l’espace n’est jamais une question secondaire. Une piste de transhumance mal respectée, un champ traversé par un troupeau ou un point d’eau disputé peuvent rapidement transformer un désaccord ordinaire en conflit. C’est précisément avant que la tension ne monte que les mécanismes locaux doivent intervenir.
Présent à Tibiri, le président de la HACP, le général de brigade Amadou Diddili, a invité les communautés à faire du dialogue et de la concertation les premiers outils de règlement des différends. L’objectif n’est pas seulement de résoudre les conflits une fois qu’ils sont installés, mais de permettre aux communautés de les désamorcer suffisamment tôt.
Le responsable de la HACP a également transmis les salutations du président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani, en soulignant l’attention accordée aux initiatives destinées à renforcer la stabilité et la cohésion sociale.
À Tibiri, le message est simple : les ressources naturelles peuvent être limitées, mais les solutions ne doivent pas l’être. La terre doit nourrir les cultivateurs. Les espaces pastoraux doivent permettre aux éleveurs de faire vivre leurs troupeaux. Les points d’eau doivent rester accessibles. Entre ces nécessités, les communautés doivent trouver des règles acceptées et respectées par tous.
La HACP mise ainsi sur les acteurs qui connaissent le mieux les réalités du terrain. Les chefs traditionnels, les responsables communautaires, les producteurs, les éleveurs, les femmes et les jeunes ne sont pas de simples spectateurs. Ils constituent les premiers relais lorsqu’une tension apparaît dans une communauté. La prévention commence donc au niveau où naît le problème.
La rencontre de Tibiri dépasse ainsi le cadre d’une simple réunion administrative. Elle pose une question très concrète : comment continuer à vivre ensemble lorsque les mêmes espaces doivent répondre à plusieurs besoins ?
La réponse ne se trouve pas uniquement dans les décisions venues des administrations. Elle dépend aussi des habitudes locales, du respect des couloirs de passage, de la concertation entre usagers et de la capacité des communautés à privilégier la parole plutôt que la confrontation. Dans cette approche, la paix devient une affaire quotidienne. Elle se construit dans le champ, autour du puits, sur les pistes de transhumance et dans les lieux où agriculteurs et éleveurs se rencontrent.
À Tibiri, la HACP entend accompagner cette dynamique. Parce qu’une paix durable ne se décrète pas : elle se gagne, jour après jour, par la confiance, la règle commune et la volonté de vivre ensemble.
MARADI, 4 août 2026 — L’impulsion vers la modernisation administrative a franchi une étape historique en ce début du mois d’août 2026 dans la grande métropole du Sud. Dès le lever du jour, ce lundi 3 août, une véritable marée citoyenne a déferlé sur les différents points de rassemblement établis à travers la cité pour le lancement officiel des opérations d’immatriculation biométrique.
Un maillage territorial stratégique : Où se faire enrôler dans la capitale économique ?
Afin de garantir un service efficace et de proximité à chaque citoyen, les autorités préfectorales et les services de sécurité ont déployé un maillage rigoureux sur l’ensemble du périmètre urbain.
Les opérations se déroulent simultanément au sein des bureaux administratifs des trois arrondissements communaux, mais également au cœur des services de sécurité, notamment au commissariat central de police ainsi qu’au poste spécial du Marché central. Dès l’ouverture des guichets, la discipline et l’enthousiasme patriotique de la population étaient au rendez-vous pour satisfaire aux exigences du nouvel outil d’identité nationale.
Dossier et tarification : La liste complète des pièces justificatives exigées
Pour obtenir le précieux document sécurisé, chaque usager doit soumettre un dossier rigoureusement constitué auprès des agents recenseurs.
La procédure exige la présentation d’une copie de l’acte de naissance, d’un certificat de nationalité, d’une attestation de résidence, d’un justificatif d’activité professionnelle ainsi que de trois clichés d’identité. L’usager doit également s’acquitter de la taxe réglementaire fixée à 4 500 ou 9 000 francs CFA, selon les critères établis. Par cet acte civique, les travailleurs et habitants de Maradi témoignent de leur ferme volonté d’accompagner l’État dans la sécurisation définitive du fichier national.
NIAMEY, 28 juillet 2026 — Un vent de ferveur patriotique et de détermination populaire a soufflé, hier après-midi, sur la capitale. Dans le sillage des célébrations marquant le troisième anniversaire de l’avènement au pouvoir du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), survenu le 26 juillet, c’est une jeunesse vibrante, consciente des enjeux historiques de son époque, qui s’est rassemblée en masse, ce 27 juillet, dans l’enceinte symbolique de la salle de la Mutuelle de la Police et de la Garde nationale.
En effet, placée sous le mot d’ordre fédérateur « Souveraineté, Paix et Refondation : trois ans d’engagement pour la Patrie », cette grande tribune populaire, organisée à l’initiative du Conseil national de l’armée jeunesse du Niger (CNJN), marquera sans nul doute une étape décisive dans les annales de la mobilisation citoyenne de notre pays.
Par ailleurs, symbole fort de l’union sacrée entre le sommet de l’État et les forces vives de la Nation, la rencontre a été rehaussée par la présence effective du camarade Sidi Mohamed Almahmoud, ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture.
Prenant la parole devant une assistance enfiévrée et acquise à la cause nationale, le membre du gouvernement a porté le message de solidarité indéfectible des autorités de la Transition. À cette occasion, saluant la maturité politique et la fermeté idéologique de la jeunesse nigérienne, le ministre a rappelé que la marche vers la dignité retrouvée et l’autonomie nationale exige la vigilance de tous les instants ainsi que le concours de toutes les énergies.
Par ailleurs, ce grand rassemblement s’est mué en un véritable serment de fidélité aux idéaux de la Révolution en cours. Face aux défis immenses de l’heure, les jeunes diplômés, travailleurs, étudiants et militants venus des quatre coins de la ville ont réaffirmé leur vocation historique : demeurer l’avant-garde éclairée et le bouclier inexpugnable des institutions républicaines.
Alors que le Niger poursuit sa marche résolue vers une souveraineté intégrale et une prospérité partagée, la journée d’hier aura apporté la preuve éclatante que la jeunesse reste le bras armé de la Refondation, prête à porter haut et fort le flambeau de la Patrie.
Maradi prépare le lancement de la carte nationale d’identité biométrique avec une première vague de formation.
À quelques jours du démarrage officiel des opérations d’enrôlement de la Carte nationale d’identité biométrique (CNIB) à Maradi, les autorités accélèrent les préparatifs afin de garantir le bon déroulement de cette importante campagne administrative. Vingt-cinq agents participent depuis peu à une session de formation en bureautique, en prélude au lancement annoncé pour le 3 août 2026.
Formation des agents et préparation technique
Organisée sur une période de quatre jours, cette formation vise à familiariser les participants avec les outils informatiques indispensables à la gestion des opérations d’enrôlement. Les modules portent notamment sur les logiciels Microsoft Word, Excel et PowerPoint, appelés à faciliter le traitement des données administratives, la gestion des dossiers et le suivi des opérations sur le terrain.
Par ailleurs, cette initiative répond à une exigence de modernisation des services publics. En renforçant les capacités des agents qui interviendront dans les centres d’enrôlement, les autorités entendent améliorer la rapidité, la fiabilité et la qualité du dispositif qu’elles déploieront au profit des citoyens.
La Direction générale de la Police nationale, à travers la Direction de la Carte nationale d’identité biométrique, place ainsi la formation du personnel au cœur de la réussite de cette réforme administrative. L’objectif affiché est de disposer d’équipes pleinement opérationnelles, capables d’assurer un service conforme aux standards exigés pour la délivrance de la nouvelle pièce d’identité.
Le lancement officiel des opérations est fixé au 3 août 2026 et concernera, dans un premier temps, cinq sites d’enrôlement répartis à travers la ville de Maradi. Les citoyens pourront accomplir leurs démarches au Commissariat central de la ville, aux commissariats des 1ᵉʳ, 2ᵉ et 3ᵉ arrondissements, ainsi qu’au Commissariat du marché central.
Pièces à fournir et frais d’établissement (4 500 FCFA)
Les autorités ont également détaillé les modalités pratiques de l’opération. Les demandeurs doivent présenter un acte de naissance ou un jugement supplétif en tenant lieu, un certificat de nationalité, un certificat de résidence éventuellement, justificatif de profession lorsque la situation le requiert, ainsi que trois photographies d’identité récentes au format OACI sur fond blanc. Elles fixent les frais d’établissement de la carte à 4 500 FCFA, un montant que les citoyens paieront par mobile money avant de poursuivre la procédure.
Processus d’enrôlement et durée de validité de la CNIB
Le processus d’obtention de la CNIB s’articule autour de plusieurs étapes successives. Après la vérification des pièces fournies et le règlement des frais, les agents procéderont à l’enrôlement biométrique comprenant la saisie des données personnelles, la capture de la photographie, des empreintes digitales et de la signature du demandeur. Les informations seront ensuite enregistrées dans une base de données sécurisée avant la production de la carte, qui sera remise à son titulaire par le centre d’enrôlement.
Carte d’identité biométrique à Maradi : la Police nationale lance une campagne d’enrôlement de masse
Valable cinq ans et accessible dès 15 ans, la nouvelle Carte nationale d’identité biométrique renforce la sécurisation de l’identification des citoyens tout en modernisant les services administratifs. Les autorités la présentent comme un document plus fiable, mieux protégé contre la fraude et répondant aux exigences actuelles en matière d’identification.
À travers cette campagne, la Direction générale de la Police nationale entend créer les conditions d’un enrôlement de masse efficace et ordonné. Les préparatifs engagés à Maradi traduisent la volonté des autorités d’offrir un service public moderne, sécurisé et performant, tout en invitant la population à accomplir les démarches nécessaires dès l’ouverture officielle de l’opération.
Réunis en forum régional, des centaines de jeunes ont fait de la paix, du leadership et de l’engagement citoyen les piliers d’un nouveau pacte pour le Damagaram. Entre interpellation des autorités et appels à l’action, la jeunesse entend désormais peser sur l’avenir de sa région.
À Zinder, le débat ne se limite pas aux discours de circonstance. Depuis ce mercredi 22 juillet et jusqu’à demain 23 juillet 2026, des centaines de jeunes venus des différents départements de la région ont choisi de mettre sur la table les défis qui freinent leur avenir, mais aussi les solutions qu’ils souhaitent porter. Organisé par le Mouvement des Jeunes pour la Paix et le Développement (MOJEPAD) en collaboration avec la Direction régionale de la Population, le Forum régional de la jeunesse du Damagaram a placé les jeunes au centre d’une réflexion ambitieuse sur la paix, la cohésion sociale et le développement.
Loin d’un simple rassemblement institutionnel, cette rencontre s’est imposée comme un espace de dialogue où les préoccupations liées à l’emploi, à l’éducation, aux violences sociales et à la gouvernance ont occupé le devant de la scène.
Faire de la jeunesse le premier rempart contre les crises
Dans une région marquée par sa diversité culturelle et sa position stratégique, les organisateurs ont voulu rappeler que la stabilité ne relève pas uniquement de l’action des pouvoirs publics.
Représentant le gouverneur de Zinder, le secrétaire général adjoint de la région, Mourtala Ibrahim, a insisté sur la responsabilité qui incombe aux jeunes dans la préservation de la paix.
Selon lui, la cohésion sociale se construit quotidiennement grâce à l’engagement des citoyens, particulièrement celui de la jeunesse, appelée à devenir un acteur majeur de la prévention des conflits et de la consolidation du vivre-ensemble.
Il a également rappelé les priorités défendues par les autorités nigériennes en faveur des jeunes, notamment le développement de la formation professionnelle, le soutien aux activités génératrices de revenus, l’accompagnement des start-up ainsi que la lutte contre les fléaux qui fragilisent la jeunesse, parmi lesquels la consommation de drogues, la déscolarisation et les violences basées sur le genre.
Les partenaires alertent sur les urgences sociales
Les partenaires techniques présents ont, eux aussi, recentré les échanges sur les réalités auxquelles fait face la région.
Le représentant de CARE Niger a estimé qu’aucune politique de paix durable ne pouvait réussir sans une implication active des jeunes. Il a réaffirmé la disponibilité de son organisation à soutenir les initiatives favorisant la justice sociale, le dialogue et le respect des droits humains.
Du côté de Save the Children, le message s’est voulu plus alarmant. L’organisation a rappelé que Zinder demeure l’une des régions les plus exposées aux mariages précoces et à la traite des enfants. Les jeunes participants ont ainsi été invités à devenir des relais de sensibilisation au sein de leurs communautés afin de lutter contre ces pratiques qui compromettent l’avenir de milliers d’enfants.
Le MOJEPAD veut une jeunesse qui influence les décisions
Les responsables du MOJEPAD ont profité du forum pour défendre une vision plus ambitieuse du rôle de la jeunesse dans la société nigérienne.
Pour eux, les jeunes ne doivent plus être considérés comme de simples bénéficiaires des politiques publiques, mais comme des partenaires capables de proposer des solutions et d’accompagner les transformations du pays.
Ils ont insisté sur l’importance de la formation, du leadership et de l’engagement citoyen, estimant qu’une jeunesse bien préparée constitue un puissant moteur de développement économique et social.
Un plaidoyer pour plus d’équité dans l’accès aux emplois publics
Au-delà des questions de paix et de cohésion sociale, le forum a également servi de tribune pour porter plusieurs revendications.
Le président national du MOJEPAD a notamment appelé les autorités à renforcer la transparence dans l’organisation des concours de la fonction publique, particulièrement dans les secteurs des Finances et du Pétrole.
À travers cette demande, le mouvement plaide pour une sélection fondée exclusivement sur les compétences et le mérite, estimant que la confiance des jeunes envers les institutions passe aussi par l’équité des procédures de recrutement.
L’administrateur délégué du quatrième arrondissement communal de Zinder, Mai Boukar Abdoubacar, a rappelé que la jeunesse représente un levier essentiel pour construire un développement durable.
À l’issue des deux jours de travaux qui s’achèveront demain 23 juillet, les discussions du forum devraient déboucher sur une série de recommandations destinées aux autorités publiques et aux partenaires de développement. Parmi les priorités figurent le renforcement des centres d’écoute, l’intensification des campagnes de sensibilisation ainsi que la multiplication des cadres de dialogue entre les différentes communautés.
En plaçant les jeunes au cœur de ces engagements, le Forum régional de la jeunesse du Damagaram affiche une ambition de faire de Zinder un laboratoire de paix, de solidarité et de leadership citoyen, où la jeunesse ne subit plus les défis de son époque, mais participe pleinement à leur résolution.
La ministre de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, Professeure Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni, a procédé au lancement officiel du Répertoire national des femmes scientifiques du Niger. En effet, cette initiative du Réseau Femmes, Sciences et Technologies du Niger vise à mieux identifier, valoriser et mettre en réseau les compétences féminines dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques, au service du développement du pays.
Le Niger franchit une étape décisive dans la promotion des femmes dans la recherche et l’innovation. Ce vendredi 17 juillet 2026, la ministre de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, la professeure Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni, a officiellement lancé le tout premier Répertoire national des femmes scientifiques du Niger.
Portée avec conviction par le Réseau Femmes, Sciences et Technologies du Niger (RFST-N), cette nouvelle plateforme cartographie les profils d’expertes à travers le pays. Elle s’inscrit également dans la stratégie globale de l’exécutif visant à valoriser le capital humain féminin afin d’accélérer l’indépendance scientifique et économique de la nation.
Cartographier et briser le plafond de verre dans les STEM
Pendant longtemps, le manque de visibilité des chercheuses et ingénieures nigériennes a freiné leur intégration dans les cercles de décision. Ainsi, le nouveau répertoire national vient corriger cette anomalie en mettant en avant les disciplines clés du développement moderne — les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques (STEM). Cette base de données recense les compétences hautement qualifiées des Nigériennes, valorise leurs parcours pour inspirer les jeunes filles et crée des synergies solides entre expertes, institutions publiques et partenaires internationaux.
« On ne peut concevoir le développement durable du Niger en se privant de la moitié de ses forces intellectuelles. Ce répertoire rend justice au travail de nos chercheuses », a déclaré une représentante du RFST-N, soulignant l’importance stratégique de cette initiative pour l’avenir du pays.
Un levier politique au service du développement durable
En présidant cette cérémonie, la professeure Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni apporte la caution de l’État à un projet qui dépasse le cadre académique. Par ailleurs, pour le ministère, les compétences réunies dans ce document constituent un vivier de solutions face aux défis structurels du Niger, qu’il s’agisse de la transition numérique, de la sécurité alimentaire ou de la gestion de l’environnement.
En facilitant l’accès des femmes scientifiques aux instances décisionnelles, les autorités nationales entendent bâtir une communauté scientifique plus inclusive. Ce répertoire guidera désormais les institutions et les recruteurs, garantissant que l’expertise féminine soit systématiquement mobilisée au service des grands projets de développement du pays.
À l’heure où les rumeurs se propagent en quelques secondes sur les réseaux sociaux, des dizaines de jeunes de Zinder ont choisi de s’armer… de l’esprit critique. Réunis dans le cadre d’une campagne de sensibilisation, ils ont appris à reconnaître la désinformation, à vérifier les informations avant de les partager et à faire du numérique un outil de cohésion sociale plutôt qu’un facteur de division.
Une publication partagée sans vérification peut parfois produire des conséquences bien réelles. Conscients de cet enjeu, plusieurs jeunes, filles et garçons, de la région de Zinder ont participé aujourd’hui 13 juillet 2026 à une session consacrée à la lutte contre la désinformation. L’initiative, portée par le Lac Lac Network dans le cadre du projet LYPA, entend renforcer la résilience des communautés face aux manipulations de l’information.
Dans un contexte où les défis sécuritaires restent importants, les organisateurs misent sur la jeunesse pour faire reculer les discours trompeurs susceptibles d’alimenter les tensions.
Au cours de la rencontre, des professionnels des médias ont partagé leur expérience avec les participants. À travers des échanges interactifs et des exercices pratiques, ils ont expliqué comment identifier une source crédible, recouper une information, détecter les contenus manipulés et éviter de relayer des rumeurs sur les réseaux sociaux. L’objectif est de faire émerger une génération d’utilisateurs capables de distinguer les faits des intox, dans un environnement numérique où les contenus circulent à une vitesse inédite.
Quand la lutte contre les fausses informations devient un enjeu de paix
Pour les intervenants, la désinformation ne constitue pas seulement un problème médiatique. Dans les zones confrontées à des tensions sécuritaires, une simple rumeur peut provoquer la méfiance, alimenter les divisions ou exacerber des conflits communautaires.
C’est pourquoi les facilitateurs ont insisté sur la responsabilité individuelle de chaque internaute. Avant de partager une publication, chacun doit désormais se poser une question essentielle : l’information est-elle vérifiée ?
Par ailleurs, l’objectif de la formation est plus vaste : faire des jeunes des agents de paix. À l’issue des ateliers, les participants sont invités à diffuser les bonnes pratiques apprises auprès de leurs proches, dans leurs quartiers, leurs établissements scolaires et sur leurs plateformes numériques. Ils deviennent ainsi des relais capables de promouvoir une information fiable et de contribuer à préserver le vivre-ensemble.
Une initiative inscrite dans un engagement plus large
Cette activité s’inscrit dans la dynamique de « Connexion pour la Paix », soutenue par le GPPAC Niger, qui encourage les initiatives citoyennes favorisant la prévention des conflits et le dialogue communautaire. À Zinder, cette démarche illustre une conviction de plus en plus partagée : face à la montée de la désinformation, la meilleure réponse reste l’éducation aux médias, l’esprit critique et l’engagement des jeunes.
Dans un monde où chaque clic peut amplifier une rumeur ou diffuser une vérité, ces jeunes Nigériens repartent avec une responsabilité nouvelle : faire de leurs téléphones non plus des vecteurs de désinformation, mais des outils au service de la paix.
Pour la première fois de son histoire, la commune de Kao, dans la région de Tahoua, a organisé jeudi une grande campagne de sensibilisation contre la drogue. Une initiative locale portée par un officier de police administrateur délégué, à l’heure où le corridor sahélien concentre des flux de trafic sans précédent.
Il n’y a pas, dans les annales récentes de la commune rurale de Kao, de précédent à ce qui s’est déroulé ce vendredi 26 juin 2026 dans ses murs. Pour marquer la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues — instituée en 1987 par l’Assemblée générale des Nations Unies —, les autorités communales ont pour la toute première fois rassemblé sous un même toit policiers, leaders religieux et coutumiers, responsables environnementaux et, surtout, une foule de jeunes venus écouter, poser des questions, prendre conscience. Un geste qui, pour modeste qu’il paraisse depuis les capitales, traduit un déplacement significatif de la vigilance institutionnelle vers la périphérie sahélienne.
C’est l’Officier de Police Ayouba Ibrahim Abarchi, Administrateur Délégué de la commune, qui a porté l’initiative. Sa double casquette — autorité administrative et homme de terrain — lui confère une lecture précise du risque. La réunion a rassemblé le Commissaire de Police de Kao, le Chef d’antenne de la lutte contre la drogue, ainsi que les figures d’autorité morale et coutumière du territoire. Ensemble, ils ont dressé, pour un public en majorité juvénile, un tableau lucide de ce que signifie, au quotidien, la présence des stupéfiants dans une communauté rurale.
Un discours sans détour sur les effets et les filières
Devant les participants, les responsables des services de sécurité ont exposé avec précision les différentes formes de drogues en circulation dans la sous-région — cannabis, tramadol, benzodiazépines détournées, substances de synthèse de plus en plus présentes — ainsi que leurs effets dévastateurs sur la santé physique et mentale des consommateurs. Mais la séance ne s’est pas limitée à une leçon de pharmacologie. Elle a abordé frontalement les liens structurels entre trafic de stupéfiants, criminalité organisée et insécurité : une réalité que les forces de sécurité de la région de Tahoua connaissent intimement.
« Chaque kilogramme intercepté est un message clair envoyé aux trafiquants : la route du Nord n’est plus une passoire. » – Autorités sécuritaires de la région de Tahoua, décembre 2025
Car Kao n’existe pas dans un vide géographique. La commune se trouve insérée dans un espace sahélien où, selon les services spécialisés et les rapports de l’ONUDC, les flux de cocaïne, de cannabis et de médicaments détournés empruntent des corridors terrestres en direction de la Libye et de la Méditerranée. La région de Tahoua en est l’un des points nodaux les plus documentés : rien qu’en 2024, la région totalisait à elle seule l’intégralité des saisies nationales de certaines drogues de synthèse, et les opérations de démantèlement s’y sont multipliées ces derniers mois, jusqu’à une prise record de 800 000 comprimés d’ecstasy en février 2026.
C’est précisément parce que la géographie expose que la prévention s’impose. Les intervenants ont insisté auprès des jeunes présents sur leur rôle actif dans la lutte contre le fléau : rapporter les activités suspectes aux autorités compétentes, résister à la pression sociale susceptible de les introduire dans les circuits de consommation ou de trafic, et préserver ainsi leur avenir dans une région où les perspectives de développement, déjà fragiles, sont d’autant plus menacées par l’économie criminelle.
La dimension sécuritaire plus large de la commune a également été abordée lors des échanges. Les participants ont souligné la nécessité d’une vigilance permanente et d’une collaboration étroite entre les populations civiles et les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) — une coopération que les autorités de Tahoua ont régulièrement présentée comme déterminante dans les succès opérationnels récents contre les réseaux transnationaux.
Leaders religieux et chefs coutumiers ont pris une part active aux échanges. Leur engagement n’est pas symbolique : dans des communes rurales où la présence administrative reste intermittente et les ressources limitées, ce sont eux qui incarnent l’autorité du quotidien, qui accompagnent les familles en difficulté, qui peuvent détecter — bien avant toute institution — les signes d’une dérive chez un jeune. Leur disponibilité réaffirmée à « accompagner les autorités administratives dans la lutte contre la drogue et toutes les formes de délinquance » représente un capital de prévention que nulle dotation budgétaire ne saurait créer à elle seule.
La campagne de Kao s’inscrit ainsi dans un mouvement plus large de décentralisation de la vigilance, que les Autorités de la Transition nigériennes encouragent au titre de la « refondation nationale ». Elle illustre la conviction croissante que la sécurité, au Sahel, ne se gagne pas uniquement lors des grandes opérations de saisie spectaculaires, mais aussi — et peut-être surtout — dans les gestes discrets de la prévention ordinaire, au plus près des communautés.
Lorsqu’une nation bâtit son avenir sur l’attention portée à ses enfants, chaque action en leur faveur devient un investissement décisif pour le futur. C’est dans cet esprit que la ministre de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, Professeure Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni, a procédé, le 16 juin 2026, au lancement officiel des célébrations de la Journée de l’Enfant africain au Niger. Une cérémonie riche en couleurs et en symboles, qui a réuni enfants, autorités administratives et coutumières, partenaires techniques et financiers, ainsi que de nombreux invités de marque.
Refondation et droits de l’enfant : L’eau potable et l’hygiène au cœur des priorités
Placée sous le thème : « Garantir à tous les enfants au Niger un accès équitable à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène dans le contexte de la Refondation », cette édition 2026 a marqué une étape décisive dans la mobilisation collective pour les droits et le bien-être des enfants. Dans un pays où les défis liés à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement restent immenses, cette journée a également été l’occasion de rappeler l’urgence d’agir et de renforcer les engagements en faveur des générations futures.
Prise de parole officielle : Une célébration sous le signe de l’engagement et de la solidarité
La cérémonie a été rythmée par des discours inspirants, des témoignages poignants d’enfants et des démonstrations culturelles mettant en lumière la richesse du patrimoine nigérien. Les participants ont pu assister à des ateliers de sensibilisation sur l’importance de l’hygiène et de l’assainissement, ainsi qu’à des remises de kits scolaires et sanitaires aux enfants les plus vulnérables.
La Professeure Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni a souligné dans son allocution :
« Chaque enfant nigérien mérite de grandir dans un environnement sain et sécurisé. L’accès à l’eau et à l’assainissement n’est pas un luxe, mais un droit fondamental qui conditionne sa santé, son éducation et, in fine, l’avenir de notre pays. »
Accès à l’eau en milieu rural : Un appel pressant à l’action pour tous les acteurs
Cette Journée de l’Enfant africain 2026 a également été l’occasion de lancer des appels concrets aux partenaires nationaux et internationaux, aux ONG et à la société civile pour accélérer les efforts en matière d’infrastructures hydrauliques et sanitaires. Les objectifs sont clairs :
Réduire les inégalités d’accès à l’eau potable entre les zones urbaines et rurales ;
Renforcer les programmes d’éducation à l’hygiène dans les écoles et les communautés ;
Mobiliser des ressources supplémentaires pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) liés à l’eau et à l’assainissement d’ici à 2030.
Sensibilisation et culture : Retour en images sur une journée de mobilisation collective
La célébration a aussi été marquée par une ambiance festive et engagée, avec des débats interactifs, des expositions artistiques et des prestations musicales mettant en avant le talent des jeunes Nigériens. Les images de cette journée resteront gravées comme un symbole d’espoir et de détermination collective pour offrir à chaque enfant les conditions nécessaires à son épanouissement.
Au-delà des festivités : Quels chantiers pour concrétiser le bien-être des enfants
Alors que les festivités se terminent, le véritable travail commence. Les promesses faites devront se traduire par des actions concrètes : construction de points d’eau, campagnes de sensibilisation et renforcement des politiques publiques. Comme l’a rappelé un jeune participant :
« Nous ne voulons pas seulement des discours. Nous voulons voir des changements réels dans nos villages et nos écoles. »
La Journée de l’Enfant africain 2026 a ainsi sonné comme un rappel solennel : l’avenir du Niger se construit aujourd’hui, et il passe nécessairement par le bien-être de ses enfants.
La capitale économique a renoué avec ses traditions séculaires. Ce mardi 26 mai 2026, l’esplanade située à la devanture du Sultanat s’est transformée en une arène à ciel ouvert pour la célébration du « Hawan Kawo ». Sous les regards croisés des plus hautes autorités de la région, la ville a ravivé cette spectaculaire coutume centenaire, un prélude incontournable aux grandes fêtes musulmanes.
Un parterre de dignitaires pour une tradition immuable
Ainsi, l’événement a mobilisé l’ensemble de la chaîne de commandement locale. Autour du maître des lieux, l’Honorable Ahmed Ali Zaki, Sultan du Katsina Maradi, a pris place le gouverneur de la région, le Contrôleur général de police Issoufou Mamane. De plus, l’autorité régionale était entourée pour l’occasion d’une imposante délégation comprenant les secrétaires généraux du gouvernorat, les administrateurs délégués de la ville, ainsi que les plus hauts responsables des Forces de défense et de sécurité (FDS).
Ensemble, aux côtés des dignitaires du palais et d’une population rassemblée en très grand nombre, ils ont assisté à ce rituel historique qui se répète fidèlement à chaque veille des fêtes de la Tabaski et du Ramadan.
L’éloge des griots et le sacre du Chef des bouchers
Avant l’entrée en lice des bêtes, le protocole a d’abord fait la part belle à la transmission orale. Les chefs griots du palais se sont avancés pour déclamer avec ferveur les mérites du Sultan, retraçant avec précision sa glorieuse généalogie devant l’assistance.
Cette fresque historique a ensuite ouvert la voie à un moment central de la cérémonie : la présentation au monarque de M. Idi Kalélé, le Chef des bouchers de la ville. Comme l’exige la tradition, ce dernier a vu son autorité réaffirmée par une intronisation qui se renouvelle à chaque édition. En signe de prestige, le Sultan du Katsina lui a offert des présents solennels : un cheval de parade, accompagné d’un grand boubou et d’un turban.
Le défi de l’arène : le face-à-face avec le taureau
Par la suite, le clou du spectacle est resté la confrontation d’une audace folle qui donne son nom à l’événement. Désignés sur le tas, les bouchers traditionnels de la ville se sont jetés dans l’arène pour défier un taureau vigoureusement préparé pour la circonstance.
À travers des gestes et des rituels transmis méticuleusement de génération en génération depuis des centaines d’années, ces hommes ont affronté l’animal à mains nues et selon des codes stricts, offrant à la foule un condensé de courage et de maîtrise.
L’effervescence de la tauromachie s’est finalement muée en un profond recueillement. Le rassemblement s’est refermé sur une note spirituelle, à travers des prières collectives élevées vers le Tout-Puissant. Face aux défis climatiques et sécuritaires du moment, les officiels et la population ont uni leurs voix pour implorer la clémence divine, demandant la descente d’une saison des pluies abondante, ainsi que la paix et une prospérité durable pour l’ensemble du pays.
Ainsi, au‑delà du faste des parades et de la ferveur des prières, le Hawan Kawo continue de s’imposer comme un miroir vivant des traditions séculaires de Maradi. Mais dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et climatiques, cette célébration interroge aussi sur la place que ces héritages culturels peuvent occuper demain, entre préservation identitaire et adaptation aux réalités contemporaines…
L’effervescence était palpable ce mercredi 20 mai 2026 à la Maison de la Presse de Niamey. En effet, le Conseil national de la jeunesse du Niger (CNJN) y a orchestré une importante rencontre d’échanges destinée à préparer le terrain pour le Youth Connekt Sahel, un rendez-vous sous-régional majeur prévu en août prochain sur le sol nigérien. L’objectif est d’informer et de mobiliser la jeunesse autour des formidables enjeux d’innovation, d’engagement et d’entrepreneuriat qui l’attendent.
La jeunesse, fer de lance de la Refondation
L’événement a été rehaussé par la présence de M. Ali Ben Sala Hamouda, ministre de la Refondation et de la Promotion des valeurs sociales. Dans un discours mobilisateur, le ministre a posé un postulat clair : aucun développement pérenne n’est envisageable sans la participation active des jeunes, véritables moteurs de la refondation du pays. Il a ainsi exhorté l’auditoire à transcender les idéaux pour les muer en actions patriotiques concrètes.
Par ailleurs, pour illustrer sa vision d’une société bâtie sur des fondations éthiques solides, M. Ali Ben Sala Hamouda a puisé dans l’histoire religieuse. Évoquant la vie du Prophète Mohamed (PSL), il a mis en lumière l’exemple de Zayd ibn Haritha afin de rappeler l’importance capitale des vertus humaines telles que la justice, le respect et la noblesse de caractère.
Un tremplin panafricain pour l’innovation nigérienne
De son côté, M. Ibrahim Idrissa, président du CNJN, a salué l’engouement des participants pour cette initiative coorganisée avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Il a détaillé l’ADN de la future édition d’août 2026, qui s’articulera autour de plusieurs piliers stratégiques :
le numérique et l’innovation ;
l’entrepreneuriat ;
la refondation ;
l’engagement civique pour la sécurité et le développement.
M. Idrissa a souligné que cette rencontre de Niamey n’était qu’une étape préparatoire destinée à armer les jeunes face à un événement qui réunira les délégations de plus d’une dizaine de nations africaines. Il a également rappelé que le privilège d’accueillir ce sommet découle directement de la brillante prestation du Niger lors de l’édition précédente à N’Djamena, au Tchad, sous l’impulsion du ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture.
Il a, par conséquent, lancé un vibrant appel aux talents locaux : le Youth Connekt 2026 sera un carrefour inestimable permettant aux jeunes porteurs de projets de croiser le fer avec des décideurs et des investisseurs venus de tout le continent.
Un partenariat historique aux retombées tangibles
La dimension internationale et l’impact économique du projet ont été appuyés par Mme Jane Yaboah, représentante du PNUD. Retracant la genèse du programme, elle a rappelé que le concept Youth Connekt a vu le jour en 2012 grâce à un partenariat avec le Rwanda, avant de s’étendre avec succès à la région du Sahel à partir de 2019.
Mme Yaboah a décrit cette plateforme comme un véritable pont entre les innovateurs, les mentors et les bailleurs de fonds. Insistant sur les effets catalyseurs du programme en matière de création d’emplois et de dynamisation de l’économie, elle a invité toutes les parties prenantes à une préparation minutieuse afin de faire de l’étape nigérienne un triomphe absolu.
Enfin, la rencontre s’est conclue dans une dynamique résolument participative, laissant place à des échanges riches et interactifs entre les jeunes issus d’une multitude de secteurs d’activités, tous tournés vers un seul horizon : le succès du mois d’août 2026.
À Niamey, la célébration de la Journée nationale de la femme nigérienne a pris cette année une résonance particulière. Entre hommages, distinctions et appels à l’engagement patriotique, les autorités nigériennes ont placé les femmes au cœur des enjeux de sécurité, de cohésion sociale et de développement durable.
Dans une ambiance mêlant solennité républicaine et ferveur populaire, le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a officiellement lancé ce mercredi 13 mai 2026 les activités de cette journée historique. Organisée autour du thème « Mobilisation des femmes nigériennes pour la défense nationale et le développement durable », la cérémonie a rassemblé plusieurs membres du gouvernement, des autorités administratives, des représentants du système des Nations unies ainsi qu’une importante mobilisation féminine venue de divers horizons du pays.
Une célébration placée sous le signe de l’engagement national
Sous les lustres de la salle officielle où se tenait la cérémonie, les tenues colorées des participantes tranchaient avec la gravité du contexte évoqué dans les discours. À travers cette édition 2026, les autorités nigériennes ont voulu rappeler que les femmes occupent une place stratégique dans la stabilité et l’avenir du pays.
Prenant la parole devant un parterre d’invités, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a souligné la portée historique de cette journée célébrée depuis 1991 pour « magnifier la femme nigérienne ».
« Dans tous les secteurs de notre économie, vous trouvez la femme », a rappelé le chef du gouvernement, évoquant leur présence essentielle dans l’agriculture, l’élevage, l’artisanat, le commerce, l’industrie ainsi que dans les efforts de préservation de l’environnement. Mais cette année, le message des autorités allait bien au-delà de l’hommage symbolique.
Sécurité nationale : les femmes au cœur de la mobilisation
Dans un contexte régional marqué par des menaces sécuritaires persistantes et des défis climatiques croissants, le thème retenu pour cette édition revêt une dimension hautement stratégique. Pour le Premier ministre, cette mobilisation répond directement aux orientations données par les plus hautes autorités du pays dans le cadre de l’effort national de défense.
« Il s’agit d’amener les Nigériennes et les Nigériens à redoubler de vigilance pour une meilleure sécurisation de notre territoire », a-t-il déclaré, appelant les populations à devenir « des remparts de protection et de préservation de la paix ».
Le chef du gouvernement a également encouragé les femmes nigériennes à renforcer les passerelles avec leurs homologues des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), afin de bâtir un mouvement féminin régional capable de promouvoir la paix, l’intégration et le développement économique dans l’espace sahélien.
Hommage aux femmes rurales et aux femmes en uniforme
Au cours de son intervention, Ali Mahaman Lamine Zeine a tenu à saluer particulièrement les femmes vivant en milieu rural, qu’il a décrites comme des symboles de résilience face aux difficultés économiques et climatiques.
Le Premier ministre a également adressé un hommage apprécié aux femmes servant sous le drapeau national, notamment au sein des Forces armées nigériennes, de la Garde nationale, de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale. Un hommage accueilli par de longs applaudissements dans la salle, où plusieurs femmes en uniforme avaient pris place parmi les invitées officielles.
« Les femmes sont les piliers de notre société. »
De son côté, la ministre de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, la professeure Sidikou Ramatou Seyni Djermakoye, a insisté sur la portée politique et sociale du thème choisi cette année. Selon elle, cette thématique constitue « une reconnaissance claire et sans ambiguïté du rôle fondamental que jouent les femmes nigériennes dans la construction, la protection et le rayonnement du pays ».
Face aux participantes, elle a décrit les femmes nigériennes comme « les gardiennes des valeurs, les architectes des familles et les piliers de l’économie ». Pour traduire cette formule en actes, la ministre a rappelé l’engagement ferme du gouvernement à travers des programmes nationaux axés sur l’autonomisation financière des femmes, notamment par un meilleur accès à la terre, aux crédits et aux marchés.
Elle a également rendu un vibrant hommage à toutes celles qui, « dans l’ombre ou dans la lumière », ont contribué à faire avancer la cause des femmes au Niger malgré les préjugés et les obstacles.
Au-delà des discours officiels, cette célébration a aussi été marquée par des moments d’émotion et de reconnaissance. Plusieurs femmes leaders ont reçu des distinctions honorifiques sous les applaudissements de l’assistance, avant qu’une photo de famille ne vienne clôturer la cérémonie.
À travers cette journée, les autorités ont voulu envoyer un message fort : dans un Niger confronté à de multiples défis, les femmes apparaissent plus que jamais comme des actrices incontournables de la résilience nationale, de la paix et du développement durable.
À l’approche de la saison des pluies, les autorités nigériennes tirent la sonnette d’alarme. Le Centre Opérationnel de Veille, d’Alerte et de Conduite de Crises (COVACC) met en garde contre d’importants risques de pertes de bétail et de dégâts matériels liés aux premières intempéries attendues sur l’ensemble de la bande agropastorale du pays.
Le lundi 11 mai 2026, le Centre Opérationnel de Veille, d’Alerte et de Conduite de Crises (COVACC), placé sous la tutelle du ministère nigérien de l’Intérieur, a appelé les populations, notamment les éleveurs, à une vigilance maximale face aux risques annoncés pour l’hivernage 2026. Selon les prévisions météorologiques nationales, la saison des pluies devrait être normale à excédentaire, avec des épisodes de vents violents susceptibles de provoquer des pertes de cheptel et des dégâts sur les infrastructures.
COVACC alerte face aux risques du nouvel hivernage
Alors que les premières pluies commencent à se dessiner à l’horizon, les autorités nigériennes redoutent déjà les conséquences d’un hivernage potentiellement intense. Le COVACC a officiellement averti les populations rurales, en particulier les communautés pastorales, des dangers liés aux intempéries qui accompagnent traditionnellement le début de la saison pluvieuse.
Selon les données de la Direction nationale de la météorologie, la campagne hivernale 2026 devrait enregistrer des précipitations « normales à tendance excédentaire » sur la bande agropastorale du Niger. Les quantités de pluie attendues seraient globalement conformes, voire supérieures, aux moyennes observées entre 1991 et 2020.
Mais derrière ces perspectives favorables pour l’agriculture se cachent également de lourdes menaces pour les éleveurs et les infrastructures communautaires.
Des vents violents déjà destructeurs
Le COVACC rappelle que les premières pluies s’accompagnent généralement de vents violents particulièrement dangereux pour les animaux affaiblis par la période de soudure. Exposé aux intempéries, le bétail sous-alimenté devient plus vulnérable aux accidents et aux pertes massives.
Ces phénomènes météorologiques provoquent également d’importants dégâts matériels. Toitures arrachées, effondrements de bâtiments en banco et destruction d’équipements publics figurent parmi les incidents régulièrement enregistrés durant cette période.
Et les premiers dégâts sont déjà signalés.
Selon les statistiques arrêtées au 11 mai 2026 par la Direction générale de la protection civile (DGPC), plusieurs infrastructures ont été endommagées dans différentes localités du pays. Dans la commune d’Allakaye, département de Bouza, région de Tahoua, des vents violents ont détruit la toiture d’un bloc de trois classes, une salle de classe en banco ainsi qu’un mur de Centre de santé intégré (CSI).
Dans la région de Dosso, plus précisément dans la commune de Dankassari, les intempéries ont également causé des dégâts importants : destruction d’un bloc de deux classes, d’un magasin, de six lampadaires et de cinq poteaux électriques.
Le COVACC appelle à une vigilance renforcée
Face à ces risques, les autorités multiplient les consignes de prévention afin de limiter les pertes humaines, animales et matérielles.
Le COVACC recommande notamment aux populations de suivre régulièrement les bulletins météorologiques et les messages d’alerte diffusés par les services compétents. Les éleveurs sont invités à mettre le bétail à l’abri lors des épisodes de vents violents et à éviter les zones exposées aux ruissellements.
Le centre de veille déconseille également de conduire les troupeaux dans les koris et les cours d’eau asséchés, souvent transformés en torrents soudains pendant les fortes pluies. Les autorités appellent aussi les populations à éviter les passages empruntés par les eaux de ruissellement et à signaler rapidement tout incident aux autorités locales.
Un enjeu majeur pour un pays à forte vocation pastorale
Au Niger, où l’élevage représente un pilier essentiel de l’économie et des moyens de subsistance de millions de familles, chaque saison des pluies constitue à la fois une période d’espoir et de vulnérabilité.
Entre amélioration des pâturages et multiplication des risques climatiques, les autorités cherchent désormais à renforcer les mécanismes d’anticipation afin de limiter l’impact des catastrophes naturelles sur les populations rurales déjà fragilisées par les défis sécuritaires et économiques.
À quelques semaines du cœur de l’hivernage, le message du COVACC se veut clair : la prévention reste la meilleure arme face aux aléas climatiques. Pour les éleveurs nigériens, cette saison des pluies 2026 pourrait autant nourrir les pâturages que mettre en péril des années d’efforts et de survie pastorale.
À Niamey, le monde du travail retrousse ses manches. Sous les lustres de l’Hôtel Radisson, une session cruciale de la Commission consultative du Travail et de l’Emploi s’est ouverte ce mercredi. Au cœur des débats : la refonte du Code de la sécurité sociale. Un chantier titanesque qui ambitionne de redessiner les contours de la protection des travailleurs nigériens.
Un dialogue direct entre l’État et les partenaires sociaux
C’est une image forte de ce 1ᵉʳ avril 2026. En effet, autour d’une même table, l’administration publique, le patronat et les syndicats se penchent sur l’avenir social du pays. La ministre de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi, Mme Aïssatou Abdoulaye Tondi, a donné le ton à l’ouverture des travaux : l’heure est à la modernisation et à l’efficacité.
Par ailleurs, ce rendez-vous constitue une étape essentielle pour valider les amendements d’un texte appelé à devenir la colonne vertébrale de la justice sociale au Niger. Accompagnée des hauts responsables de la CNSS, la ministre a rappelé que cette réforme s’inscrit dans la vision de souveraineté et de bien-être prônée par le chef de l’État, le général d’Armée Abdourahamane Tiani.
Sécurité sociale : ce qui va changer pour le citoyen
Mais que contient réellement ce futur Code ? Tout d’abord, l’enjeu est de taille : il s’agit de passer d’un système rigide à un cadre plus équitable et inclusif, avec pour objectif de garantir à chaque travailleur, du secteur public comme du privé, une couverture adaptée aux réalités économiques actuelles.
Parmi les points saillants de cette session, on retient :
La modernisation des prestations : adapter les aides aux besoins réels des foyers.
L’extension de la couverture : toucher des couches de la population jusqu’ici peu ou mal protégées.
La garantie juridique : offrir un bouclier légal plus solide face aux aléas de la vie professionnelle.
À cette ouverture de la session de la Commission consultative du Travail et de l’emploi, les débats promettent d’être denses. Ainsi, les partenaires sociaux entendent bien faire valoir leurs propositions pour que ce Code ne soit pas seulement une loi de plus, mais un véritable levier de développement humain.
Enfin, avec ces échanges, le ministère de la Fonction publique réaffirme sa volonté de transformer le paysage social du Niger. Une fois la session clôturée, le document entamera son parcours législatif final, portant avec lui les espoirs d’une protection sociale plus humaine et plus juste pour tous les Nigériens.
Dans le tumulte des recompositions politiques sahéliennes, la ville de Zinder s’impose une nouvelle fois comme un baromètre des tensions entre souveraineté nationale et pressions internationales. Ce 26 mars 2026, organisations citoyennes, syndicats et associations locales ont choisi de hausser le ton contre une résolution du Parlement européen appelant à la libération de l’ancien président Mohamed Bazoum.
Derrière cette mobilisation, le signal est sans équivoque : au Niger, la gestion des affaires internes ne se négocie pas à l’extérieur.
Dans leur déclaration conjointe, les forces vives de Zinder ne se contentent pas de contester une prise de position étrangère. Elles posent une ligne de fracture politique : celle de la souveraineté judiciaire et institutionnelle.
Selon elles, toute procédure impliquant une personnalité nigérienne relève exclusivement des juridictions nationales. En d’autres termes, aucune pression extérieure — fût-elle européenne — ne saurait dicter le tempo de la justice nigérienne.
Cette réaction traduit une évolution plus profonde : la montée d’un discours souverainiste assumé, désormais porté non seulement par les autorités, mais aussi par une partie structurée de la société civile.
Une réponse politique assumée
Dans la foulée, les autorités nigériennes ont enclenché une riposte diplomatique. Des représentants de l’Union européenne ont été convoqués pour exprimer officiellement le mécontentement du pays.
Ce geste, loin d’être anodin, s’inscrit dans une stratégie plus large : redéfinir les rapports avec les partenaires occidentaux, jugés de plus en plus intrusifs dans les dynamiques politiques internes.
À Zinder, cette posture est largement soutenue. Pour de nombreux acteurs locaux, il s’agit moins d’un incident diplomatique que d’un test de crédibilité pour l’État nigérien.
Mais cette séquence politique intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. Les récentes attaques visant des infrastructures sensibles à Niamey et Tahoua rappellent la fragilité du pays face aux menaces terroristes.
C’est dans ce climat que les forces vives appellent à une mobilisation générale de la population. L’idée est simple mais puissante : la défense de la nation ne peut reposer uniquement sur les forces armées.
Le gouverneur de Zinder, le colonel Massalatchi Mahaman Sani, insiste d’ailleurs sur l’application stricte des mesures de mobilisation nationale adoptées fin 2025. Autorités administratives, leaders religieux, chefs traditionnels, jeunes et femmes sont invités à jouer un rôle actif dans la préservation de la stabilité.
L’AES comme rempart régional
Au-delà du cadre national, le message adressé à la communauté internationale élargit le débat. Les signataires de la déclaration mettent en garde contre toute tentative de déstabilisation des pays membres de l’Alliance des États du Sahel.
Dans cette logique, la solidarité régionale apparaît comme une réponse stratégique aux pressions extérieures. Le Niger, le Mali et le Burkina Faso cherchent ainsi à construire un front commun, à la fois politique, sécuritaire et diplomatique.
Reste une question centrale : cette montée en puissance du discours souverainiste peut-elle se traduire par une stabilité durable ?
Car si la mobilisation populaire renforce la légitimité interne des autorités, elle expose aussi le pays à un isolement diplomatique accru, notamment vis-à-vis de ses partenaires traditionnels.
À Zinder, pourtant, le choix semble assumé. Entre pressions extérieures et affirmation nationale, une partie de la société nigérienne a clairement tranché : la souveraineté n’est plus négociable.
C’est un cri de souveraineté qui a résonné ce mercredi 25 mars dans les rues poussiéreuses d’Arlit. Dans cette cité minière du Nord-Niger, des milliers de citoyens, encadrés par les autorités militaires, se sont rassemblés pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’ingérence européenne. Au cœur de la discorde : la récente résolution du Parlement européen concernant le sort de l’ancien président Mohamed Bazoum.
Le décor était celui des grands jours de mobilisation. Sous un soleil de plomb, le préfet du département, le lieutenant-colonel Almoustapha Ousmane, et l’administrateur délégué de la commune, Mohamed Mamane Illo, ont pris la tête d’un cortège hétéroclite. En effet, les organisations de la société civile, les groupements de femmes et les mouvements de jeunesse ont convergé pour transformer ce rassemblement en un véritable plébiscite en faveur de la transition actuelle.
L’étincelle de cette colère est venue de Strasbourg. En effet, en adoptant une résolution exigeant la libération de l’ancien chef d’État, les eurodéputés ont provoqué une levée de boucliers dans l’Aïr. Pour les manifestants d’Arlit, cette ingérence constitue la preuve d’un « deux poids, deux mesures » jugé insupportable. Les discours se sont succédé pour fustiger une lecture occidentale des réalités nigériennes, perçue comme déconnectée des aspirations populaires au changement.
De fait, cette mobilisation dépasse la simple protestation. Elle s’inscrit dans la stratégie de « Sauvegarde de la Patrie », dans laquelle chaque ville du pays est appelée à devenir un rempart contre les pressions extérieures. Ainsi, à Arlit, poumon économique du pays, le message est clair : la souveraineté ne se négocie pas.
Au-delà de la critique envers l’Occident, la foule a tenu à réaffirmer son allégeance aux autorités de Niamey. Ainsi, les cris de soutien au Général d’Armée Abdourahamane Tiani et aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ont ponctué les déclarations. Par ailleurs, les dirigeants communautaires ont promis de faire échec à toute tentative de déstabilisation, qu’elle soit politique ou diplomatique.
En outre, en saluant cette initiative, les autorités locales ont rappelé que la force du Niger résidait dans l’unité de son peuple. Dans ce contexte, Arlit vient de prouver que le sentiment nationaliste reste le moteur principal de la transition nigérienne.
À Niamey, universitaires et experts sécuritaires croisent leurs analyses sur la mendicité au Sahel, Un colloque international pour décrypter un phénomène social en expansion
Du 24 au 26 mars 2026, la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) de l’Université Abdou Moumouni (UAM) de Niamey accueillera un colloque international consacré à un sujet sensible : la mendicité dans l’espace sahélien. Placée sous le thème « Regards croisés sur la mendicité au Sahel », la rencontre ambitionne d’aller au-delà des constats pour proposer des pistes d’analyse et d’action.
En amont de cet événement scientifique, le comité d’organisation conduit par le doyen de la FLSH, le Pr Lawali Dambo, a été reçu le 27 février par le Directeur du Centre National d’Études Stratégiques et de Sécurité (CNESS), le Colonel-Major Mahamadou Nouhou Bako. Une audience qui témoigne de la volonté de rapprocher recherche académique et réflexion stratégique.
Entre question sociale et enjeu sécuritaire
Au Niger, la mendicité est un phénomène ancien. Toutefois, selon plusieurs observateurs, son ampleur semble s’accroître, notamment dans les grands centres urbains comme Niamey, Maradi ou Zinder. Les mouvements migratoires internes, la pression démographique et la précarité économique figurent parmi les facteurs souvent évoqués.
Lors de la rencontre, les échanges ont mis en lumière l’impact de cette réalité sur la cohésion sociale et la tranquillité publique. Si la mendicité demeure avant tout une question sociale et humanitaire, elle soulève également des interrogations en matière d’organisation urbaine, de protection des enfants et de sécurité.
Le CNESS, dont la mission consiste à analyser les enjeux stratégiques et sécuritaires nationaux et internationaux, s’est dit disposé à accompagner la réflexion. Son directeur a salué l’initiative universitaire, rappelant que les chercheurs constituent des partenaires clés dans la compréhension des dynamiques sociales complexes.
Un colloque structuré en plusieurs étapes
Selon les organisateurs, le colloque s’articulera autour de plusieurs axes. D’abord, des communications scientifiques visant à décrypter les causes et les formes contemporaines de la mendicité au Sahel. Ensuite, un atelier prévu à Maradi permettra de réfléchir à la diffusion des résultats et à leur appropriation par les décideurs publics et les acteurs de terrain.
Enfin, les promoteurs du projet envisagent la mise en place de programmes de recherche multi-acteurs. L’objectif est de créer une synergie durable entre universitaires, institutions étatiques et organisations de la société civile.
Cette initiative intervient dans un contexte où les autorités nigériennes cherchent à mieux encadrer le phénomène, tout en tenant compte de ses dimensions religieuses, culturelles et économiques.
En effet, la mendicité au Sahel revêt des réalités diverses : mendicité liée à l’apprentissage religieux traditionnel, stratégies de survie face à la pauvreté ou encore conséquences des déplacements internes provoqués par l’insécurité.
Ainsi, le colloque de l’UAM ambitionne d’apporter un éclairage nuancé, fondé sur des données scientifiques, afin d’éviter les approches simplistes
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Une attente forte autour des conclusions
À l’issue de l’audience, les universitaires ont exprimé leur souhait de voir le CNESS participer activement aux travaux. Tous s’accordent sur la nécessité d’une collaboration étroite pour transformer les résultats académiques en recommandations opérationnelles.
Dans un pays confronté à de multiples défis socio-économiques, cette rencontre scientifique pourrait aussi marquer une étape importante vers une compréhension plus fine d’un phénomène qui touche directement les centres urbains nigériens.
Reste à savoir si les conclusions du colloque déboucheront sur des politiques publiques concrètes. Pour l’heure, la démarche se veut inclusive : analyser pour mieux agir, et agir sans stigmatiser.
Le Gouverneur de la région, le Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa, a donné le coup d’envoi de trois initiatives majeures ce mardi. Entre santé de la reproduction, protection de l’enfance et résilience pastorale, ce programme soutenu par la Belgique se veut un modèle de coopération respectueux de la souveraineté nationale.
Dans les salons de l’Hôtel de Ville de Tahoua, l’heure n’était plus aux simples discours de circonstance, mais à la réponse concrète face aux crises multidimensionnelles qui secouent le Sahel. En effet, ce mardi 17 février 2026, les autorités régionales ont scellé un partenariat stratégique avec un consortium d’organisations internationales pour déployer un triptyque de projets humanitaires.
Devant un parterre d’administrateurs venus des zones d’intervention de Tahoua et de Tillabéri, le colonel-major Souleymane Amadou Moussa a officiellement lancé ces activités destinées à fortifier les communautés locales.
L’originalité de cette intervention réside dans sa transversalité. Plutôt qu’une action isolée, ce sont trois leviers qui sont actionnés simultanément pour répondre aux urgences sociales et sanitaires :
L’urgence sanitaire : Médecins du Monde prend en charge le volet « Protection et accès à la santé de la reproduction », une priorité absolue dans des zones où les défis structurels freinent l’accès aux soins essentiels.
Le futur de la jeunesse : Plan International Niger déploie un programme dédié à la protection des adolescents et des enfants, premières victimes de l’instabilité humanitaire.
La protection au Sahel : enfin, Vétérinaires Sans Frontières Belgique porte un programme de protection étendu aux zones pastorales, maillon essentiel de la stabilité économique régionale.
La souveraineté au cœur du partenariat
Le Gouverneur de Tahoua a tenu à souligner une nuance de taille dans la conduite de ces projets : le respect des orientations nationales. En saluant l’engagement du Royaume de Belgique, le Colonel-Major Souleymane a aussi insisté sur une collaboration qui « respecte et renforce la souveraineté nationale ».
Pour les autorités de la transition, l’aide internationale ne doit plus être subie mais co-construite. Le représentant du consortium d’ONG et l’Administrateur délégué de la Ville de Tahoua, M. Sahabi Moussa, ont d’ailleurs rappelé que la réussite de ces initiatives reposera sur une implication sans faille des acteurs locaux.
Dans une région de l’Ader où les pressions sécuritaires et climatiques mettent à rude épreuve les populations, ce lancement conjoint apparaît comme une bouffée d’oxygène. Il s’agit désormais de transformer ces engagements en résultats tangibles sur le terrain, pour que la résilience ne soit plus un concept, mais une réalité quotidienne pour les citoyens de Tahoua.