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AES : Bassolma Bazié en mission clé à Bamako

Bamako, 13 janvier 2026— L’actualité régionale s’accélère : depuis quarante‑huit heures, Bamako accueille une rencontre capitale pour l’avenir de l’Afrique de l’Ouest. En effet, une délégation de haut niveau de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES) du Burkina Faso, conduite par son président Bassolma Bazié, séjourne en terre malienne. Plus qu’une simple visite de courtoisie, ce déplacement marque l’étape opérationnelle d’une alliance qui entend redéfinir la souveraineté au Sahel.

Ministère des Affaires Etrangères Mali
© Ministère des Affaires Etrangères Mali

Passer de la vision politique à la réalité administrative

Depuis le 11 janvier, les experts burkinabè et maliens travaillent d’arrache-pied. L’objectif ambitieux est de transformer la volonté politique des chefs d’État du Mali, du Burkina Faso et du Niger en une machine administrative et logistique huilée. Après les grandes annonces de création de la Confédération des États du Sahel (CES), l’heure est désormais à la « pose des fondations ».

Sous la direction de Bassolma Bazié, la délégation burkinabè échange avec le Comité national AES du Mali pour croiser leurs missions respectives. Il s’agit de s’accorder sur des principes, afin de créer une véritable synergie entre les deux structures. Comment coordonner les actions ? Quels sont les points de convergence institutionnels ? Autant de questions qui trouvent leurs réponses dans les salles de travail de Bamako.

Ministère des Affaires Etrangères Mali
© Ministère des Affaires Etrangères Mali

Un plan d’action tournant pour plus d’efficacité

L’une des grandes annonces de cette visite de travail est l’élaboration future d’un plan de travail annuel conjoint. Pour éviter que la Confédération ne devienne une institution bureaucratique de plus, les deux parties misent sur un système de rencontres tournantes.

Ce mécanisme permettra aussi une coordination fluide et une évaluation constante des actions sur le terrain, qu’il s’agisse de sécurité, de développement économique ou de coopération culturelle. En partageant leurs expériences, le Mali et le Burkina Faso entendent ainsi créer un modèle de gouvernance sahélienne capable de répondre aux défis spécifiques de la zone.

 

Une diplomatie de proximité

Au-delà des séances techniques, la délégation burkinabè multiplie les visites de courtoisie auprès des hautes autorités maliennes. Ces échanges symbolisent la fraternité retrouvée entre des nations qui partagent désormais un destin lié.

En somme, cette mission traduit la volonté des États du Sahel de passer des déclarations politiques à une coopération administrative concrète. Pour les citoyens, elle marque le début d’une gouvernance partagée, pensée pour répondre aux réalités quotidiennes.

Présidentielle Centrafrique 2025 : sept candidats validés, Touadéra et Dologuélé en tête d’affiche

En Centrafrique, le Conseil constitutionnel a validé sept candidatures pour l’élection présidentielle du 28 décembre, dont celles de Faustin-Archange Touadéra et d’Anicet Georges Dologuélé. Dans un contexte sécuritaire fragile, cette proclamation marque le début d’une campagne sous haute tension, entre promesses de stabilité et appels au changement.

 

Bangui, 14 novembre 2025 – À moins d’un mois et demi du scrutin présidentiel, le Conseil constitutionnel centrafricain a tranché : sept candidats sont officiellement autorisés à briguer la magistrature suprême lors de l’élection du 28 décembre. Parmi eux, le chef de l’État sortant Faustin-Archange Touadéra et son rival historique Anicet Georges Dologuélé, dans un climat politique tendu marqué par l’instabilité sécuritaire. Cette proclamation, prononcée lors d’une audience solennelle, écarte trois dossiers et balaie les tentatives d’invalidation, ouvrant ainsi la voie à une campagne électorale sous haute surveillance.

 

Palais de justice : une audience solennelle scelle la course à la magistrature suprême

 

Ce vendredi matin, sous les lambris du palais de justice de Bangui, les sages de la Haute Juridiction ont rendu leur verdict définitif. Sur dix candidatures déposées auprès de l’Autorité nationale des élections (ANE), sept ont franchi le filtre des critères légaux – âge, nationalité, casier judiciaire et parrainages requis. Cette étape cruciale, supervisée par des observateurs internationaux, vise à garantir la transparence d’un processus électoral souvent entaché d’irrégularités.

Retransmis en direct, l’événement a rassemblé élus, diplomates et représentants de la société civile, soulignant l’enjeu démocratique pour la République centrafricaine (RCA). En rejetant en bloc les recours contre plusieurs postulants, le Conseil a validé la légitimité du scrutin, malgré les soupçons d’exclusion sélective qui continuent de planer.

 

La liste des sept : un paysage politique entre continuité du pouvoir et soif de changement

 

La liste officielle, lue par le président du Conseil constitutionnel, dessine un paysage politique contrasté, dominé par des figures de poids. En tête, Faustin-Archange Touadéra, réélu en 2020 dans un contexte de violence et de contestation, brigue un troisième mandat en misant sur ses alliances stratégiques avec la Russie et ses avancées sécuritaires.

Toutefois, face à lui, Anicet Georges Dologuélé, ancien Premier ministre et leader de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), incarne une opposition modérée. Battu de justesse en 2016, il promet une refondation économique et une réconciliation nationale, séduisant ainsi les électeurs en quête d’alternative.

Au-delà de ce duel de tête, les autres challengers apportent également leur propre dynamique à cette course à plusieurs tours :

  • Henri-Marie Dondra, ex-Premier ministre, qui pourrait jouer les faiseurs de rois grâce à son expérience en gestion de crise.
  • Eddy Symphorien Kparekouti, figure montante de la société civile, centré sur la jeunesse et l’emploi.
  • Serge Ghislain Djori, entrepreneur influent, partisan d’une industrialisation accélérée.
  • Marcelin Yalimende, vétéran politique, défenseur des droits autochtones dans une RCA fragmentée.
  • Aristide Briand Reboas, outsider indépendant, focalisé sur la lutte contre la corruption endémique.

En somme, ces profils, issus de divers horizons, reflètent les fractures ethniques et régionales qui bouleversent le pays depuis des décennies.

 

Justice – Centrafrique : le rejet des recours renforce la crédibilité du processus électoral

 

En parallèle, les magistrats ont rejeté les pétitions contestant l’éligibilité de certains candidats, jugées infondées ou tardives. Ces requêtes, souvent portées par des coalitions d’opposants, visaient à disqualifier des rivaux jugés trop proches du pouvoir. Ce refus catégorique, fondé sur des arguments techniques, apaise temporairement les tensions mais ravive les accusations de partialité institutionnelle.

Pour les analystes, cette décision renforce la crédibilité du processus, tout en appelant à une vigilance accrue des missions d’observation, notamment celles de l’Union africaine et de l’ONU, déjà présentes sur le terrain.

 

Enjeux cruciaux : pauvreté, sécurité et quête de légitimité au cœur du scrutin 

 

Par ailleurs, les enjeux de cette élection dépassent les candidatures : elle intervient dans un contexte précaire marqué par l’insécurité persistante liée aux groupes armés, la dépendance aux aides internationales, et des défis socio-économiques majeurs. Dologuélé et les autres candidats misent sur un vent de changement pour relancer un pays asphyxié par les conflits.

Avec un corps électoral estimé à 2 millions de votants, le scrutin couplé aux législatives et municipales promet une mobilisation massive, malgré les risques d’incidents dans les zones rurales. Les candidats disposent désormais de six semaines pour convaincre, entre meetings, débats télévisés et stratégies d’alliance.

La bataille pour la Renaissance : vers une campagne sous surveillance internationale en Centrafrique

 

Cette proclamation marque le coup d’envoi officiel de la bataille pour le Palais de la Renaissance. Alors que les affiches fleurissent déjà à Bangui, les regards se tournent vers les dynamiques d’alliances et les sondages informels. Une chose est sûre : la présidentielle 2025 en Centrafrique ne sera pas un long fleuve tranquille, mais un test décisif pour la démocratie naissante du pays.

Qui succédera à Touadéra ? Réponse le 28 décembre… ou après un second tour.