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Niger : Plaidoyer pour un recrutement spécial des handicapés dans la fonction publique

Le Niger s’est engagé dans une vaste politique de recrutement pour renforcer ses Forces de défense et de sécurité (FDS), une voix s’élève pour que la « refondation » nationale n’oublie personne sur le bord du chemin. En effet, dans une lettre ouverte adressée au chef de l’État, le général de brigade Abdourahamane Tiani, un citoyen, Nassamoudouboumoutari, plaide pour l’organisation d’un recrutement spécial au sein de l’administration publique dédié aux personnes en situation de handicap.

 

Un « recrutement compensatoire » face aux exigences militaires

L’argumentaire repose sur un constat de fait : la priorité actuelle donnée aux métiers des armes exclut de facto une catégorie de citoyens pourtant qualifiés, mais jugés « inaptes » aux rigueurs physiques du front. Pour l’auteur de la lettre, l’État doit corriger ce déséquilibre par des mesures compensatoires dans les secteurs civils.

« Les personnes handicapées sont des citoyens à part entière. Elles ont les mêmes aspirations : vivre une vie épanouie et être incluses dans la société, martèle l’auteur, rappelant que le handicap ne doit plus être synonyme d’éviction systématique des processus de recrutement.

L’inclusion comme moteur de développement

Par ailleurs, loin de solliciter une simple aide sociale, le plaidoyer met en avant le potentiel productif de cette frange de la population. L’idée est de transformer la vulnérabilité en levier de croissance. Nassamoudouboumoutari souligne aussi que le Niger, signataire de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, a l’obligation de promouvoir leur autonomie économique.

L’auteur propose également une approche pragmatique :

  • Un recrutement spécial : réservé aux personnes handicapées en fonction de leurs diplômes.
  • Ciblage stratégique : prioriser les postes administratifs ne nécessitant pas d’aptitudes physiques particulières.
  • Reconnaissance : faire de l’emploi un geste de gratitude pour leur résilience.

 

Saluer les acquis pour mieux avancer

Tout en formulant cette demande audacieuse, la lettre salue les avancées déjà réalisées par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et le gouvernement de transition, notamment en matière d’éducation inclusive. L’intégration des enfants handicapés dans les écoles publiques est perçue comme un socle sur lequel doit désormais s’appuyer l’insertion professionnelle.

Pour les observateurs à Niamey, cette sollicitation arrive à un moment charnière où le régime cherche à consolider l’unité nationale. Répondre favorablement à cet appel enverrait un signal fort : celui d’un Niger souverain qui valorise chacun de ses talents, indépendamment de ses capacités physiques.

Drame à Maradi : Rabilou Hassan tué lors d’un affrontement entre fadas

Maradi, 14 janvier 2026 — Deux jours après le décès tragique du jeune Rabilou Hassan, le quartier Bagalam de Maradi est plongé dans la stupeur et l’amertume. Ce qui ne devait être qu’une énième dispute entre bandes rivales a viré au cauchemar, emportant la vie d’un homme de 25 ans qui se trouvait simplement au mauvais endroit, au mauvais moment.

 

Une expédition punitive qui vire au meurtre

L’engrenage de la violence a commencé quelques jours plus tôt par une altercation entre un dealer notoire de Bagalam et un membre d’une « fada » (groupe de jeunes) du quartier Yandaka. Selon les premiers éléments de l’enquête, le dealer aurait provoqué son rival à plusieurs reprises, allant jusqu’à le menacer de mort avec des armes blanches.

Au lieu d’apaiser les tensions, le groupe de Yandaka décide de se faire justice lui-même. Lors d’une réunion de planification réunissant sept individus, la décision est prise de « régler son compte » au concessionnaire. Dans la nuit, six d’entre eux, armés de couteaux et de gourdins, investissent le hangar de leur cible. La bagarre éclate aussitôt, dans une confusion totale.

 

Rabilou Hassan : le destin brisé d’un passant

C’est dans ce chaos que se trouvait Rabilou Hassan. D’après les témoignages recueillis sur place, le jeune homme n’était qu’un simple passant. Pris de panique face à la violence de l’assaut, il tente de fuir. Mais l’horreur survient : l’un des assaillants lui plante un couteau dans l’œil, provoquant une blessure fatale.

Rabilou s’effondre et perd connaissance sur le champ. Après deux jours passés dans le coma, transféré successivement du dispensaire au CHR puis à l’Hôpital de Référence de Maradi, il succombe finalement à ses blessures le lundi 12 janvier.

 

Une jeunesse minée par la drogue et les armes

Ce drame remet brutalement en lumière l’insécurité croissante dans certains quartiers de Maradi. Sous couvert d’anonymat, des riverains tirent la sonnette d’alarme :

« Le quartier est miné par la drogue. Presque tous les jeunes portent des armes blanches, que ce soit pour agresser ou pour se défendre. »

Pour beaucoup, ce meurtre n’est que la partie visible d’un iceberg nourri par la toxicomanie et l’oisiveté.

« Il ne manque plus que des coups de feu pour que les autorités prennent enfin conscience du drame qui se joue ici », alerte un habitant, excédé par la violence quotidienne.

 

La justice en marche

Le Parquet a immédiatement ouvert une enquête pour identifier les responsables de ce lynchage. Les enquêteurs ont déjà interpellé une personne : le septième membre du groupe, présent lors de la planification mais absent de l’assaut. Les forces de l’ordre traquent désormais les six autres assaillants, identifiés comme les auteurs directs de l’agression.