Niger-Politique alimentaire Archives - Journal du Niger

Niamey : Le pari de la solidarité pour stabiliser le panier de la ménagère

À l’arrondissement communal 5, le coup d’envoi d’une opération d’envergure a été donné ce matin. Entre impératifs de cohésion sociale et de lutte contre l’inflation, les autorités municipales de Niamey déploient les grands moyens pour soulager le quotidien des populations.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

Une réponse concrète face à la vie chère

Dans un contexte où les marchés subissent les contraintes de la conjoncture internationale, la capitale nigérienne choisit l’offensive sociale. Sous l’impulsion des orientations nationales, l’Administrateur Délégué de la Ville de Niamey, le Colonel Boubacar Soumana Garanké, a supervisé personnellement le lancement d’une distribution stratégique de denrées de base.

Il ne s’agit pas d’une simple transaction commerciale, mais d’un mécanisme de régulation. En proposant des céréales et du sucre à des tarifs préférentiels, l’administration urbaine poursuit un double objectif : garantir la sécurité alimentaire des foyers les plus fragiles et freiner la spéculation sauvage qui pénalise souvent les consommateurs en milieu.

Ville de Niamey
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La résilience comme boussole politique

Au-delà de l’aspect logistique, cette initiative porte une charge symbolique forte. Alors que le Niger traverse une phase de transition exigeante, la stabilité sociale repose en grande partie sur l’accès à l’alimentation. Le Colonel Garanké, lors de son intervention, a souligné que cette opération s’inscrit dans une vision de « résilience collective ».

« Cette action reflète la volonté des plus hautes autorités de rester au plus près des préoccupations citoyennes », glisse un observateur de la vie municipale.

En effet, pour le pouvoir en place, le maintien du pouvoir d’achat est devenu un levier indispensable pour consolider le pacte de confiance avec les administrés. En facilitant l’accès aux produits de première nécessité, la Ville de Niamey transforme la solidarité en un acte de gouvernance quotidienne.

Ville de Niamey
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Un dispositif sous surveillance

Pour que l’impact soit réel, la distribution devra relever un défi de taille : la transparence. Afin d’éviter les détournements de stocks vers les circuits marchands classiques, l’Arrondissement 5 et les autres points de vente mettront en place un suivi rigoureux.

En somme, cette campagne de vente à prix modéré n’est pas qu’une mesure d’urgence ; elle est le reflet d’une stratégie de défense sociale visant à protéger les Nigériens des soubresauts de l’économie mondiale.

Niger : à Mayahi, la prison mise sur le maraîchage pour favoriser la réinsertion

À première vue, la maison d’arrêt de Mayahi, dans la région de Maradi, ne se distingue pas des autres établissements pénitentiaires du Niger. Pourtant, derrière ses murs, une initiative peu commune est en train de redéfinir le sens même de la détention. Ici, la prison ne se limite plus à la privation de liberté : elle devient un espace de production et d’apprentissage.

À l’origine du projet, le régisseur de la maison d’arrêt, qui a fait le pari d’une approche différente. Plutôt que de laisser les détenus inactifs, il a entrepris de réhabiliter un ancien jardin abandonné. Résultat : plusieurs parcelles de culture ont vu le jour, transformant un terrain en friche en un espace agricole dynamique.

Maison d’Arrêt de Mayahi
© Maison d’Arrêt de Mayahi

Des champs derrière les barreaux

Désormais, pommes de terre, tomates, poivrons et salades poussent dans l’enceinte pénitentiaire. En cette période de récolte, les détenus ramassent chaque jour entre cinq et dix paniers de tomates fraîches. Ces produits sont ensuite vendus sur le marché local, où ils trouvent preneur sans difficulté.

Ainsi, l’initiative dépasse le simple cadre occupationnel. Elle contribue à l’approvisionnement de la commune tout en générant une activité économique locale. Selon des sources administratives, les revenus issus de la vente servent notamment à soutenir l’entretien du site et à améliorer certaines conditions internes.

Maison d’Arrêt de Mayahi
© Maison d’Arrêt de Mayahi

Une réponse à l’oisiveté carcérale

Au Niger, comme dans de nombreux pays de la région, la surpopulation et le manque d’activités structurées constituent un défi pour l’administration pénitentiaire. Dans ce contexte, l’expérience de Mayahi apparaît comme une alternative pragmatique.

En effet, le travail agricole offre aux détenus une occupation régulière, mais également un cadre structurant. Plusieurs observateurs locaux évoquent un impact positif sur le moral et la discipline au sein de l’établissement. L’activité maraîchère joue ainsi un rôle thérapeutique, en redonnant un rythme et une responsabilité aux participants.

Maison d’Arrêt de Mayahi
© Maison d’Arrêt de Mayahi

Un modèle en gestation ?

Les autorités locales suivent de près cette expérience. D’après des responsables communaux, des pistes de renforcement sont déjà à l’étude, notamment l’introduction de vaches laitières afin de diversifier les activités et d’élargir la production.

Si le projet venait à être consolidé, il pourrait inspirer d’autres établissements pénitentiaires à travers le pays. Parce que au-delà de la production agricole, l’enjeu est celui de la réinsertion. Apprendre à cultiver, gérer une récolte, organiser une vente : autant de compétences transférables une fois la peine purgée.

 

Produire pour se reconstruire

En filigrane, cette initiative pose une question essentielle : quelle doit être la finalité de la prison ? Punir uniquement, ou préparer le retour à la vie sociale ? À Mayahi, la réponse semble se dessiner dans les rangées de tomates mûries au soleil sahélien.

Avec peu de moyens : un lopin de terre, quelques outils et une volonté administrative affirmée, la maison d’arrêt expérimente une approche qui allie utilité sociale et dignité humaine. Une manière, peut-être, de démontrer que même derrière les barreaux, la terre peut devenir un outil de reconstruction.

À Dosso, la mairie encadre les prix pour préserver le pouvoir d’achat durant le Ramadan

À Dosso, le mois de Ramadan rime cette année avec surveillance des étals. Ce mercredi 18 février 2026, l’administrateur délégué de la commune urbaine, Ibrahim Moussa Kouré, a parcouru le marché central pour évaluer l’évolution des prix des produits de première nécessité.

Dans une période marquée par une hausse de la demande et des tensions récurrentes sur certains produits alimentaires, la municipalité a décidé d’agir. Objectif affiché : éviter les flambées spéculatives et protéger les ménages les plus fragiles.

Mairie de Dosso
© Mairie de Dosso

Une tournée pour mesurer la réalité des prix

Au fil des allées du marché, l’administrateur a échangé avec commerçants et consommateurs. Les discussions ont porté sur l’approvisionnement, les coûts de transport et les marges appliquées.

Dans ce contexte, la mairie a annoncé la mise en place de prix plafonds applicables pendant toute la durée du Ramadan. Une mesure présentée comme temporaire mais nécessaire pour éviter les excès.

Les tarifs fixés sont les suivants :

  • Oignon : 1 000 F la mesure
  • Sucre : 600 F le kilo ou petit paquet ; 1 200 F le grand paquet.
  • Pomme de terre : 600 F
  • Viande avec os : 2 500 F
  • Viande sans os : 3 000 F
  • Casier d’œufs : 2 750 F

Ces plafonds visent à maintenir un équilibre entre la rémunération des commerçants et la capacité d’achat des familles.

Mairie de Dosso
© Mairie de Dosso

Le cas particulier du moringa

Produit très consommé durant le Ramadan, le moringa – appelé localement « kopto » – fait l’objet d’un dispositif spécifique. Sa vente a été temporairement déplacée vers la mairie, où elle est encadrée par les agents municipaux.

Le prix a été fixé à 500 F afin d’éviter toute spéculation sur ce produit prisé pour ses qualités nutritionnelles.

Cette centralisation inhabituelle illustre la volonté des autorités locales de contrôler étroitement certains produits jugés sensibles pendant la période de jeûne.

Mairie de Dosso
© Mairie de Dosso

Entre régulation et responsabilisation

Au-delà de l’annonce des prix, le message adressé aux commerçants est clair : faire preuve de modération. L’administrateur délégué a appelé les vendeurs à éviter toute hausse abusive et à participer à l’effort collectif.

Dans un contexte national où le pouvoir d’achat demeure une préoccupation majeure, ces mesures locales traduisent une tentative de régulation à l’échelle municipale.

Reste la question du suivi. La réussite de ces plafonds dépendra de leur application effective et du contrôle exercé par les services municipaux.

Mairie de Dosso
© Mairie de Dosso

Une vigilance accrue pendant le mois sacré

Le Ramadan modifie les habitudes de consommation. Les achats augmentent, notamment en produits alimentaires de base. Cette pression peut favoriser des tensions sur les prix.

À Dosso, la municipalité mise sur la proximité et le dialogue pour prévenir les dérives. La tournée de l’administrateur au marché, au-delà de son aspect symbolique, vise à rappeler que l’autorité locale reste attentive aux réalités quotidiennes des habitants.

En toile de fond, c’est une question d’équilibre social : permettre aux familles de vivre ce mois sacré dans la dignité, sans que les contraintes économiques ne viennent en ternir l’esprit.

Agadez : le ministre du Commerce lance un périmètre maraîcher et inspecte les stocks

Le ministre du Commerce et de l’Industrie a multiplié les étapes dans la cité minière ce jeudi 12 février. Entre inauguration agricole pour la jeunesse et inspection des stocks céréaliers, l’enjeu est double : assurer l’autonomie alimentaire et désamorcer la précarité sociale.

 

Dans le désert de l’Aïr, l’économie ne se joue plus seulement sous terre, mais aussi à la surface. En mission de travail ce jeudi 12 février 2026 à Agadez, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a déployé un agenda centré sur l’urgence de la production locale. Accompagné d’un cortège de haut rang, dont le gouverneur, le général de division Ibra Boulama Issa, et le sultan de l’Aïr, le ministre a voulu marquer la proximité entre l’État central et les périphéries du pays.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Tassakantalam : le maraîchage comme rempart à la précarité

Par ailleurs, l’étape phare de cette journée s’est déroulée à Tassakantalam, dans la commune urbaine d’Agadez. Là, un nouveau périmètre maraîcher a été officiellement lancé. Destiné prioritairement aux jeunes de la région, ce projet ne se veut pas seulement agricole ; il est aussi une réponse politique au chômage et à l’exode.

Financée par la coopération italienne et orchestrée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), cette initiative baptisée « IDDEE JEUNE » illustre la nouvelle stratégie de développement local : transformer des zones arides en bassins de production. Ana Fonseca, cheffe de mission de l’OIM au Niger, a d’ailleurs reçu les hommages des structures de jeunesse locales pour cet appui jugé déterminant dans l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

L’ombre du Ramadan et la sécurité alimentaire

Au-delà de l’insertion professionnelle, le ministre Seydou a tourné son regard vers les étals. À quelques encablures du mois sacré de Ramadan, période traditionnellement marquée par une forte pression sur les prix, la visite des entrepôts de l’Office des produits vivriers du Niger (OPVN) d’Agadez a pris des airs d’inspection stratégique.

Face aux stocks de céréales et de denrées de première nécessité, le membre du gouvernement a affiché une sérénité prudente. En fait, pour les autorités nigériennes, l’enjeu est de taille : éviter toute rupture d’approvisionnement et contenir l’inflation dans une région où les circuits logistiques restent fragiles.

En s’assurant de la disponibilité des vivres sous l’œil vigilant du Sultan Oumarou Ibrahim Oumarou, garant de la stabilité sociale, Abdoulaye Seydou rappelle aussi que la souveraineté alimentaire reste le socle de la paix civile en cette période de transition.

Niamey : Le Général Tiani prône la souveraineté alimentaire

Au lendemain d’une nuit agitée dans la capitale, le président de la République a, ce 29 janvier, une sortie remarquée dans les rues de la capitale. Entre étals de maraîchers et sacs de riz subventionnés, le général d’armée peaufine sa stratégie de résilience face aux pressions extérieures.

 

Le message est clair : le Niger entend manger ce qu’il produit et produire ce qu’il mange. En effet, ce jeudi, alors que Niamey se réveillait sous une surveillance renforcée après les incidents nocturnes à l’aéroport, le général d’armée Abdourahamane Tiani a choisi de jouer la carte de la proximité et de la normalité.

Accompagné des ténors du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et de membres du gouvernement, le chef de l’État a arpenté les allées du Petit Marché de Niamey, transformées pour l’occasion en vitrine de la 15ᵉ édition de la Foire agricole des maraîchers d’Agadez.

CNSP
© CNSP

La filière maraîchère d’Agadez à l’honneur

À chaque stand, le rituel s’est répété avec la même intensité : poignées de mains fermes, regards appuyés et mots d’encouragement adressés aux producteurs venus du Nord. Par ailleurs, pour le chef de l’État, cette foire organisée en prélude au mois de Ramadan représente bien plus qu’un simple marché : elle incarne un rendez-vous stratégique pour l’approvisionnement des ménages.

En mettant en avant les produits d’Agadez, Tiani a voulu rappeler l’unité du territoire et démontrer la capacité du pays à s’auto-approvisionner, malgré les sanctions internationales et les défis sécuritaires. Chaque échange avec les agriculteurs a pris la forme d’un dialogue sincère, le président les qualifiant de véritables « soldats » d’un nouveau front : celui de la souveraineté alimentaire.

 

« La souveraineté alimentaire n’est plus un slogan, c’est une réalité de terrain », semble vouloir dire le chef de la transition, qui a insisté sur la contribution des paysans à la « dignité retrouvée » du Niger.

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Le riz local accessible : un levier de souveraineté pour le CNSP.

Le point d’orgue de cette visite s’est déroulé au Palais du 29-Juillet. Ici, l’enjeu est plus sensible : le riz. Aliment de base par excellence, son prix est le baromètre de la paix sociale. Sous les verrières du palais, le général Tiani a constaté la mise en vente subventionnée du riz local, dont les prix oscillent désormais entre 1 500 et 10 500 FCFA.

Cette baisse des prix, rendue possible par l’action conjointe de l’Office national des aménagements hydro-agricoles (ONAHA) et le financement du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP), est l’un des piliers de la « Refondation » promise par le CNSP. En finançant directement la production nationale, le régime tente ainsi de briser la dépendance aux importations et d’offrir une réponse concrète au coût de la vie.

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Une unité à l’épreuve

Au-delà de l’aspect économique, cette sortie médiatisée vise à cimenter l’union entre l’armée et le peuple. Ainsi, en se montrant au contact des populations civiles, Abdourahamane Tiani réaffirme que la « bataille de la souveraineté » se joue aussi bien dans les rizières que sur le front sécuritaire. Pour Niamey, le succès de cette foire est une victoire : la preuve que la résilience nigérienne peut aussi transformer une économie de crise en un modèle de survie.

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Entre résilience et inquiétude

Malgré les violences nocturnes qui ont secoué la capitale, le chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a maintenu ses activités officielles dès le lendemain matin. En se rendant à la foire agricole de Niamey, il a clairement confirmé le  « retour à la normale » et rassuré une population encore marquée par les détonations de la nuit. Cette présence au cœur du marché traduit une volonté politique : montrer que la bataille pour la souveraineté alimentaire se poursuit, même dans un contexte de tension sécuritaire.

Pour les autorités , l’enjeu dépasse la symbolique. Il s’agit désormais de sécuriser la principale porte d’entrée internationale du pays afin d’éviter un isolement aérien qui pèserait lourd sur l’économie nationale.

Le ministre du Commerce inspecte les stocks de l’OPVN

Niamey, 13 janvier 2026 —Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a effectué mardi une visite de travail à l’Office des Produits Vivriers du Niger (OPVN) afin de s’assurer de la disponibilité des stocks stratégiques.

MINISTERE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE A EFFECTUE
© MINISTERE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE A EFFECTUE

Une tournée au cœur de la logistique alimentaire

Accueilli par le directeur général de l’OPVN, le colonel Sidi Mohamed, le ministre a d’abord parcouru les locaux de la direction générale avant de se rendre à la Direction des Prestations, située à Gamkallé. Ce site joue un rôle central dans la logistique et le transport des denrées vivrières.

La délégation s’est ensuite déplacée vers les magasins de stockage de la Rive Droite et de Lazaret. Ces entrepôts abritent les réserves céréalières destinées à réguler le marché et à soutenir les populations vulnérables.

MINISTERE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE A EFFECTUE
© MINISTERE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE A EFFECTUE

Des installations jugées satisfaisantes

Tout au long de sa visite, Abdoulaye Seydou a salué l’engagement du personnel de l’OPVN, qui œuvre quotidiennement pour garantir la souveraineté alimentaire du pays. À l’issue de la tournée, il s’est déclaré satisfait de l’état des installations et de la bonne conservation des stocks.

« L’OPVN est une véritable fierté nationale, un instrument essentiel de résilience économique et de souveraineté alimentaire », a affirmé le ministre, insistant sur la nécessité de renforcer les capacités opérationnelles de l’institution.

MINISTERE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE A EFFECTUE
© MINISTERE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE A EFFECTUE

Des mesures sociales annoncées

À l’approche du mois de Ramadan, période de forte consommation de céréales et de sucre, le ministre a annoncé le lancement prochain d’opérations de déstockage. Ces ventes à prix abordables visent aussi  à soulager les ménages et à stabiliser le marché.

En somme, cette initiative s’inscrit dans la vision sociale des autorités de la Refondation, conduite par le président de la République, le général Abdourahamane Tiani, et le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, qui placent la résilience alimentaire au cœur de leurs priorités.

Céréales : le Niger verrouille ses greniers pour préserver l’assiette nationale

Dans un contexte de refondation nationale et de tensions alimentaires croissantes, le ministre Abdoulaye Seydou réaffirme l’interdiction d’exporter six céréales clés. Face aux spéculations et à l’inflation, le gouvernement mise sur la souveraineté alimentaire comme rempart vital.

 

Niamey, 4 octobre 2025 – Dans un pays où la faim n’est jamais loin et où les spéculateurs guettent les moindres failles, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a planté le décor sans ambages : l’exportation de riz paddy, riz blanchi, sorgho, mil, niébé et maïs reste interdite. L’objectif n’est pas de brider les commerçants, mais bien de blinder les marchés locaux contre la pénurie et l’inflation galopante.

Lors d’une rencontre tendue mais constructive avec le Syndicat National des Importateurs et Exportateurs de Céréales (SNIEC), jeudi dernier au cabinet ministériel, le message est clair : la souveraineté alimentaire prime sur les profits immédiats. Une mesure qui, un an après son décret, divise les acteurs économiques mais unit le gouvernement autour d’une urgence vitale – surtout en cette ère de « refondation » nationale sous le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.

nterdiction exportation céréales Niger souveraineté alimentaire octobre 2025 : le gouvernement renforce sa stratégie pour protéger les marchés locaux et lutter contre la cherté de la vie.
© nterdiction exportation céréales Niger souveraineté alimentaire octobre 2025 : le gouvernement renforce sa stratégie pour protéger les marchés locaux et lutter contre la cherté de la vie.

Interdiction exportation des céréales : une mesure choc, une clarification salvatrice

 

L’arrêté nᵒ 0104 MCI/SG/DGC/DCI/LCVC du 16 octobre 2024 n’est pas une lubie passagère : il interdit fermement l’export de ces six céréales essentielles, à l’exception des pays de la Confédération des États du Sahel (CES). « Ce n’est pas pour tuer le commerce, mais pour protéger le marché intérieur et assurer la disponibilité des denrées à des prix abordables pour les populations« , a tonné le ministre Seydou, face à une salle comble d’importateurs et exportateurs inquiets. Ces acteurs, piliers de l’économie nigérienne, murmuraient depuis des mois sur les rumeurs de levée de l’interdiction, craignant pour leurs carnets de commandes et leurs routes commerciales vers l’Afrique de l’Ouest.

Toutefois, le Ministre n’a pas mâché ses mots. Priorité absolue : les Nigériens. « L’État ne lésinera pas sur les moyens pour protéger les populations et garantir la sécurité alimentaire, face aux manœuvres des ennemis internes et externes qui cherchent à déstabiliser le pays par la pénurie et la cherté de la vie« , a-t-il lancé, évoquant des tensions sociales larvées qui pourraient exploser. Des sanctions lourdes pendent au nez des contrevenants : saisie des cargaisons, confiscation des véhicules de transport, et poursuites judiciaires sans pitié.

« Les agents assermentés du ministère et les forces de défense et de sécurité sont instruits pour veiller au respect strict de cet arrêté« , a ajouté M. Seydou, appelant au « patriotisme et à la compréhension » des commerçants. Une solidarité nationale est essentielle, martèle-t-il, afin de traverser cette phase de refondation qui vise un Niger « véritablement indépendant et prospère ».

 

Les enjeux de l’interdiction exportation des céréales : assurer la stabilité par l’assiette

 

Rappelons le contexte : le Niger, géant sahélien aux sols arides et aux récoltes capricieuses, importe déjà 80 % de son riz et lutte contre une inflation alimentaire qui a bondi de 15 % en 2024, selon les chiffres de la Banque mondiale. L’interdiction, adoptée en pleine crise post-coup d’État, répond à un calcul froid : empêcher la ruée vers les marchés étrangers qui viderait les greniers nationaux. C’est ce qui s’est produit en 2023 avec le sorgho et le mil, exportés en masse vers le Nigeria voisin au plus fort de la sécheresse. Le résultat ? Des prix qui se sont envolés à Niamey et Zinder, touchant d’abord les plus vulnérables – femmes rurales, familles urbaines à petit budget.

Le ministre Seydou a disséqué l’esprit de la mesure : non une barrière protectionniste aveugle, mais un bouclier contre la spéculation. « La priorité du gouvernement reste et demeure les populations« , a-t-il réitéré, invitant autorités locales, chefs traditionnels et citoyens à une « mise en œuvre vigoureuse ». C’est un appel à la vigilance collective, dans un pays où la sécurité alimentaire rime aussi avec stabilité politique.

Une réponse unie du syndicat : « Union sacrée pour la Patrie »

 

De l’autre côté de la table, le président du SNIEC n’a pas fait la fine bouche. « Nous nous réjouissons de cette démarche du ministre et des échanges francs qui ont levé toutes les équivoques« , a-t-il déclaré, saluant une session « constructive ». Mieux encore, il a promis une mobilisation totale. « Nous rassurons le ministre de notre disponibilité à partager, informer et sensibiliser nos militants, au nom de la Patrie, pour un mouvement d’ensemble et une union sacrée autour de cette mesure. » L’objectif partagé est de lutter contre la cherté de la vie et de promouvoir la souveraineté alimentaire, en ligne avec la vision du président Tiani.

Pour les observateurs, cette rencontre est un test pour la refondation en cours : pourra-t-elle transformer une mesure impopulaire chez certains en levier de croissance inclusive ? Des assouplissements pour les exportateurs vers la CES sont déjà en vue, mais le cap reste ferme. En attendant, sur les marchés de Niamey, le mil se vend encore à prix d’or – un rappel que la faim ne négocie pas.

Et vous, lecteur ? Dans un Niger en pleine mue, où chaque grain compte, cette interdiction est-elle un rempart ou un frein ? Une chose est sûre : l’assiette des Nigériens n’est pas négociable. Le gouvernement l’a dit : la solidarité, ou c’est le risque.

N’Gourti : lancement de l’opération Céréales à prix modéré

En ce jour solennel du 28 mars 2024, le département de N’Gourti, situé dans l’auguste région de Diffa, a été le théâtre d’un événement d’une importance capitale pour l’avenir de ses habitants. Le capitaine Issoufou Koraou, préfet de la localité, a inauguré avec faste l’opération de vente de céréales à prix modéré de l’année en cours. En effet, cette initiative, d’une ampleur considérable, vise à alléger le fardeau des familles confrontées à l’insécurité alimentaire.

L’opération, qui s’est déroulée dans l’enceinte du magasin OPVN de la commune rurale, a marqué le début d’une distribution de 95 tonnes de vivres, composée principalement de mil et de sucre. En outre, l’éloquence du préfet Koraou, lors de son discours, a su traduire la gratitude de ses administrés envers les autorités nationales, qui ont érigé la sécurité alimentaire en priorité nationale.

Par ailleurs, le capitaine Koraou a exhorté les membres du comité départemental à faire montre d’une intégrité irréprochable et d’une transparence sans faille dans la gestion de cette vente, conformément aux directives établies. Avant lui, le Maire de N’Gourti avait également exprimé sa reconnaissance envers le CNSP, garant de la tenue de cette opération vitale.

Cette noble entreprise s’inscrit dans le cadre plus large du Plan National de Réponse 2024, élaboré par la Cellule Crises Alimentaires pour venir en aide aux populations les plus démunies. L’objectif de cette opération est double : permettre un accès facilité aux denrées de première nécessité et sauvegarder les moyens de subsistance des ménages.

Pour atteindre cet idéal, une planification méticuleuse prévoit la vente de 120 000 tonnes de céréales réparties en sept phases, s’étendant de mars à septembre de cette année. Un geste de solidarité qui, espérons-le, portera ses fruits et apportera un souffle d’espoir aux cœurs des habitants de N’Gourti.

Solidarité à Diffa : un plan d’espoir alimentaire pour la region

Dans un élan de solidarité sans précédent, la région de Diffa s’apprête à recevoir une aide alimentaire considérable. 20 000 tonnes de céréales seront distribuées à des tarifs préférentiels, visant à subvenir aux besoins de près de 200 000 foyers, soit environ 1 400 000 individus chaque mois.

Annonce officielle du gouverneur de Diffa 

En effet, le gouverneur de la région, le général Mahamadou Ibrahim Bagadoma, a fait cette annonce lors d’une cérémonie solennelle. Ce geste généreux s’inscrit dans le cadre du Plan national de réponse (PNR) 2024, orchestré par la Cellule des crises alimentaires (CCA), qui prévoit une série de ventes de céréales à prix modéré pour soutenir les populations les plus démunies.

L’objectif de cette opération est double : permettre un accès facilité aux céréales pour les ménages en situation d’insécurité alimentaire modérée et sauvegarder leurs moyens de subsistance. Une planification méticuleuse prévoit la vente de 120 000 tonnes de céréales réparties en sept phases, s’étendant de mars à septembre 2024.

Première phase : un début prometteur

En outre, pour la première phase qui concerne le mois de mars 2024, le général Bagadoma a spécifié que 7 communes de la région bénéficieront de 500 tonnes de céréales, touchant ainsi 5 000 ménages et 35 000 personnes. Les modalités de vente proposées sont pratiques et justes, avec une vente au détail utilisant l’unité de mesure locale, le Tiya, et un prix fixé à 13 000 FCFA pour un sac de 100 kg.

Pour assurer l’efficacité de cette initiative, le gouverneur a également mis en place un comité de vente, comprenant des représentants des services techniques communaux, de la mairie et de la chefferie traditionnelle. Cette structure garantit une distribution équitable et transparente.

Soutien spécial pour le Ramadan

En parallèle, le mois sacré du Ramadan est l’objet d’une attention particulière, avec la vente de 50 kg de sucre à 17 500 FCFA, allégeant ainsi les dépenses des familles vulnérables durant cette période de piété.

Le gouverneur Bagadoma a conclu en appelant à la responsabilité collective pour le bon déroulement de ces opérations, assurant un suivi assidu pour maintenir l’ordre et la bienveillance tout au long de cette entreprise humanitaire.

En définitive, cette initiative marque un tournant décisif dans la lutte contre l’insécurité alimentaire à Diffa, offrant un rayon d’espoir pour les nombreux citoyens affectés par cette précarité.