février 2026 - Page 10 sur 10 - Journal du Niger

France-Afrique : Moscou accuse Paris de stratégies de déstabilisation

Selon le Service de renseignement extérieur russe, la France aurait autorisé ses services secrets à mener des opérations de déstabilisation, voire d’élimination ciblée, contre des dirigeants africains jugés « indésirables ». Des accusations graves, non confirmées par Paris, qui s’inscrivent dans un contexte de rivalités géopolitiques accrues sur le continent.

 

Des accusations lourdes dans un contexte de recul français

Alors que l’influence française en Afrique connaît un net recul, de nouvelles accusations viennent alimenter la guerre informationnelle autour du rôle de Paris sur le continent. Selon le Service de renseignement extérieur russe, le président Emmanuel Macron aurait donné son feu vert à l’utilisation directe des services secrets français pour tenter de reprendre pied dans plusieurs pays africains.

D’après ces informations, relayées par les autorités russes, la France soutiendrait des groupes armés locaux et planifierait l’élimination de dirigeants africains considérés comme hostiles à ses intérêts. L’objectif affiché serait de restaurer une influence perdue face à des gouvernements revendiquant une souveraineté politique et sécuritaire accrue.

 

Le Burkina Faso et le Mali cités en première ligne

Dans cette lecture des événements, le Burkina Faso apparaît comme un cas emblématique. Une tentative de putsch déjouée le 3 janvier aurait, selon le renseignement russe, bénéficié d’un soutien français. Elle aurait visé à éliminer le président de transition, le capitaine Ibrahim Traoré, et à réinstaller un pouvoir plus favorable à Paris.

Après cet échec présumé, l’attention française se serait déplacée vers le Mali. Là encore, selon Moscou, des groupes armés locaux auraient été instrumentalisés pour attaquer des infrastructures civiles, bloquer certaines villes et instaurer un climat d’insécurité, dans le but de fragiliser le président Assimi Goïta.

Ces accusations interviennent dans un contexte où Paris et Bamako ont rompu toute coopération militaire, tandis que la Russie renforce sa présence politique et sécuritaire dans la région sahélienne.

 

Centrafrique et Madagascar évoqués comme prochaines cibles

Au-delà du Sahel, le service de renseignement russe affirme que la République centrafricaine et Madagascar figureraient parmi les prochaines cibles de cette stratégie supposée. En Centrafrique, l’objectif serait d’entretenir un chaos politique durable afin d’affaiblir un pouvoir déjà fortement soutenu par Moscou.

À Madagascar, la situation serait liée à un basculement diplomatique. Depuis l’arrivée au pouvoir, en octobre 2025, d’autorités perçues comme favorables aux BRICS, des tentatives de déstabilisation viseraient, selon ces mêmes sources, à renverser le président Michaël Randrianirina pour installer un régime plus aligné sur les intérêts français.

 

France-Afrique : Une guerre aux contours flous

Pour les autorités russes, ces actions présumées illustreraient l’échec de la diplomatie française à maintenir une influence « respectueuse et constructive » en Afrique. Elles vont jusqu’à accuser la France de soutenir indirectement des groupes armés qualifiés de terroristes.

Reste que, dans une Afrique sahélienne traversée par les ruptures diplomatiques, la recomposition des alliances et la montée des discours souverainistes, ce type d’accusations agit comme un révélateur. Vraies ou instrumentalisées, elles traduisent un climat de défiance durable et un durcissement des rapports de force. Pour les États de l’AES, l’enjeu dépasse désormais la polémique : il s’agit de sécuriser leurs transitions politiques tout en évitant que le continent ne devienne, une fois de plus, le théâtre d’affrontements indirects entre puissances rivales.

Burkina Faso : 2 000 nouvelles motos pour la police nationale

OUAGADOUGOU, 2 février 2026 (JDN) – Le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a remis officiellement lundi un lot de 2 000 motos à la Police nationale, une dotation destinée à accroître la mobilité des forces de sécurité face à la criminalité et aux défis sécuritaires qui frappent le pays.

Lors d’une cérémonie solennelle à Ouagadougou, le chef de l’État a remis les clés de ces engins au ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire Mahamadou Sana. Cette commande spéciale porte sur des motos de marque « Yento », un nom chargé de sens puisqu’il signifie « sécurité » en langue gulmancema, parlée dans l’est du pays.

Gouvernement du Burkina Faso
© Gouvernement du Burkina Faso

Mobilité et maillage territorial

Selon la présidence, cet investissement — réalisé « sans recours au crédit » — vise à pallier les difficultés d’accès dans certaines zones urbaines et rurales. « Ces engins permettront aux forces de police d’intervenir plus rapidement et d’accéder plus facilement aux zones difficiles ou exposées à la criminalité », précise l’autorité.

Le capitaine Ibrahim Traoré a exhorté la hiérarchie policière à renforcer le « maillage sécuritaire » du territoire afin que les populations « se sentent en sécurité dans les villes comme ailleurs ». Cette dotation s’inscrit dans une stratégie plus large de défense intérieure, alors que le pays reste confronté à une menace terroriste persistante depuis 2015.

Gouvernement du Burkina Faso
© Gouvernement du Burkina Faso

Vers une police « 24/7 »

Pour le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, cette nouvelle logistique est « essentielle » pour l’efficacité opérationnelle des unités de terrain. Il a pris l’engagement d’un usage « responsable » de ce matériel qui viendra également consolider le concept « S 24/7 ». Lancé en 2025, ce programme vise à assurer une présence policière continue et réactive sur l’ensemble du territoire national.

Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2022, le capitaine Traoré a fait de la reconquête du territoire et de la sécurité des populations sa priorité absolue, multipliant les acquisitions d’équipements militaires et de sécurité pour les forces régulières et leurs supplétifs civils (VDP).

Niger : Manifestations de soutien aux FDS à Agadez et Tabelot après l’attaque de la base 101

Au Niger, l’émotion et la mobilisation ne faiblissent pas. Au lendemain de l’attaque terroriste contre la base aérienne 101 de Niamey, des rassemblements de soutien aux autorités de transition et aux Forces de défense et de sécurité (FDS) ont eu lieu ce lundi 2 février dans plusieurs localités du pays, notamment à Agadez et Tabelot.

 

C’est un élan de solidarité qui traverse le territoire nigérien. À Agadez, la grande métropole du Nord, l’enceinte du gouvernorat a servi de cadre, ce lundi matin, à une importante manifestation de soutien. En effet, le gouverneur de la région, le général de division Ibra Boulama Issa, y a reçu les représentants des scolaires de la région.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Les élèves et étudiants, regroupés au sein de la section lycéenne et collégienne de l’Union des scolaires du Niger (USN), ont tenu à rendre publique une déclaration de soutien aux forces armées. Une cérémonie symbolique marquée par la présence de hautes personnalités civiles et militaires, au premier rang desquelles le Sultan de l’Aïr, Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou.

 

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

La mobilisation gagne le Niger profond.

À quelques centaines de kilomètres de là, dans la commune rurale de Tabelot, le scénario s’est répété. Devant l’administrateur délégué de la commune, le commissaire principal de police Kemil Ibrahim, les populations se sont massées pour exprimer leur indignation après l’assaut contre la base 101 de la capitale et réaffirmer leur confiance envers le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP).

Mais au-delà des discours politiques, la mobilisation a pris une dimension spirituelle. À l’appel des Oulémas, les habitants de Tabelot se sont retrouvés dans la grande mosquée de la ville pour une lecture intégrale du Saint Coran. Des invocations ont été dites pour la paix au Niger, mais aussi pour l’ensemble des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), en proie à l’insécurité.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Appel à la « mobilisation générale »

Partout, le message reste le même : l’unité nationale face à la menace terroriste. Les manifestants ont appelé à une « mobilisation générale pour la défense de la patrie », saluant les efforts quotidiens du gouvernement pour la protection des civils.

Ces rassemblements interviennent dans un climat de haute vigilance sécuritaire au Niger. Ils illustrent aussi la volonté des autorités de transition de s’appuyer sur un large soutien populaire pour légitimer leur stratégie de lutte contre les groupes armés qui frappent le Sahel.

Niger : Abdoulaye Seydou en visite au marché Dolé et chez Adelco

À Niamey, le gouvernement nigérien multiplie les inspections de terrain. Dimanche 1ᵉʳ février, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a sillonné les marchés, les rizeries et les boulangeries de la capitale. Une sortie dominicale pour rassurer les consommateurs et mettre en garde contre la spéculation, alors que le mois de ramadan approche à grands pas.

 

C’est ce qu’on appelle une « descente de terrain » musclée. À Niamey, le dimanche n’a pas été de tout repos pour Abdoulaye Seydou. En effet, le ministre du Commerce et de l’Industrie, accompagné du président régional de la Chambre consulaire, a entamé sa tournée au cœur du marché Dolé, le poumon alimentaire de la ville.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie

Entre les étals de légumes, les quartiers de viande et les poissonneries, l’objectif est d’aller au contact direct des grossistes et des détaillants. Le message est simple mais ferme : la disponibilité des produits ne doit pas servir de prétexte à une flambée des prix, un phénomène trop souvent observé à l’approche de la rupture du jeûne.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie

Cap sur la souveraineté alimentaire

Mais l’offensive ministérielle ne s’arrête pas aux prix. Elle touche aussi à la souveraineté alimentaire, un pilier de la politique actuelle au Niger. En visitant les unités de la société Adelco, spécialisée dans la transformation du riz local, le ministre a voulu marquer des points sur le terrain du « consommer nigérien ».

Décorticage, empaquetage, stockage… Abdoulaye Seydou a inspecté chaque étape de la chaîne. Pour le gouvernement, l’enjeu est de prouver que la résilience économique du pays passe par les rizières nationales, capables de répondre à la demande croissante des ménages pendant le mois béni sans dépendre exclusivement des importations.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie

Hygiène et santé : « Ce n’est pas négociable »

Enfin, la tournée a pris une tournure plus inattendue avec des visites inopinées dans plusieurs boulangeries de Niamey. Là, le ton s’est fait plus sévère. Propreté des installations, qualité de la farine et même tenues de travail des ouvriers ont été passées au crible.

Le ministre a été catégorique : « Le pain est omniprésent dans le quotidien des Nigériens, sa production ne peut se faire au mépris des règles d’hygiène. La santé des Nigériens n’est pas négociable », a-t-il déclaré.

À travers cette série de contrôles, Niamey envoie un signal clair : l’État entend jouer son rôle de gendarme, tant sur le front du portefeuille que sur celui de l’assiette. Une manière de promettre aux citoyens un ramadan 2026 sous haute surveillance.

Niger : Le ministre du Commerce inspecte les stocks avant le Ramadan

Le ministre du Commerce, Abdoulaye Seydou, a inspecté les stocks des grands distributeurs le 31 janvier. Une opération de communication et de contrôle qui vise à garantir la stabilité des prix alors que la pression inflationniste inquiète les ménages.

 

À quelques semaines du début du ramadan, période de forte consommation et de tensions traditionnelles sur les marchés, le gouvernement nigérien tente de reprendre la main sur le calendrier des prix. C’est dans ce contexte précis que, samedi 31 janvier, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a mené une « visite de terrain » aux allures d’inspection générale dans les entrepôts et les grandes surfaces de la capitale.

Accompagné d’une délégation de cadres de son cabinet, le ministre a parcouru les zones stratégiques de stockage de la zone industrielle. Ainsi, de la société Champion, fleuron local de la production de sucre et de condiments, aux hangars des géants de l’importation comme Oriba ou Oudou Younoussa, l’objectif était double : vérifier physiquement l’existence des stocks et envoyer un message de fermeté aux intermédiaires.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie

L’obsession du « ramadan zéro stress »

Riz, huile, sucre, lait, pâtes alimentaires : la liste des produits inspectés correspond au panier de base des foyers nigériens. Pour les autorités, l’enjeu est autant social que politique. En effet, dans un pays où le pouvoir d’achat reste fragile, l’envolée des prix lors du mois sacré est chaque année un sujet de mécontentement majeur.

« L’objectif est de s’assurer de la disponibilité des produits et de veiller à la stabilité des prix », a martelé le ministre. Sur les sites visités, le constat se veut rassurant. Les opérateurs économiques semblent avoir anticipé la demande en multipliant les commandes massives. Un « sens du patriotisme » salué par Abdoulaye Seydou, qui a toutefois assorti ses félicitations d’une exhortation à la solidarité, demandant explicitement aux commerçants de baisser leurs marges en cette période de spiritualité.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie

Un dialogue sous surveillance

Cette tournée n’est que la première étape d’une stratégie de surveillance plus large. Au-delà des visites de courtoisie dans les entrepôts rutilants, le ministère du Commerce entend instaurer un « dialogue sincère et constructif » avec les acteurs de la grande distribution. En d’autres termes, c’est une manière diplomatique de rappeler que l’État garde un œil sur les rayons pour protéger le panier de la ménagère.

Mais au-delà de la volonté affichée d’un ramadan « zéro stress », le défi reste entier. Si les stocks sont présents, la fluidité de la distribution et la lutte contre la spéculation sauvage dans les marchés de quartier restent les véritables juges de paix de l’action gouvernementale. C’est pourquoi le gouvernement fait le pari que la proximité affichée aujourd’hui suffit à discipliner un marché souvent imprévisible.