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Ogossagou, Mali, 14 février 2020: anatomie d’un massacre

Le 23 mars 2019, plus de 160 civils peuls étaient massacrés à l’aube dans un petit village du centre du Mali. Moins d’un an après, les hommes armés et l’horreur sont revenus à Ogossagou.

Huit témoignages recueillis par l’AFP retracent comment une trentaine de villageois y ont été assassinés le 14 février, nouvelles victimes du tourbillon de violences à caractère autant communautaire que jihadiste qui ensanglante la région.

Ogossagou est inaccessible à un journaliste étranger sans une escorte militaire exceptionnelle. Mais le récit des témoins retrace l’angoisse qui étreint le village quand la garnison établie après le carnage de mars 2019 quitte la place sans prévenir, la terreur et la fuite éperdue pendant l’attaque, et l’accablement après.

Quand la quarantaine de soldats plie bagages le 13 février le pressentiment de l’inéluctable s’empare des villageois.

C’est comme si des frères étaient partis, dit Bakaye Ousmane Barry, 46 ans, habitant d’Ogossagou présent ce jour-là.

Pour expliquer ce départ précipité après des mois de présence ininterrompue, le gouverneur de la région, Abdoulaye Cissé, invoque le repositionnement en cours de l’armée sur le territoire malien, après une succession d’opérations jihadistes meurtrières.

– Pendu au téléphone –

« On a vu que la situation ne s’améliorait pas (au niveau national), on a voulu changer de posture. Les forces étaient sur place, statiques, dans (des) emprises mal faites », dit le plus haut représentant de l’Etat dans la région. « On n’a même pas supprimé (la garnison), on était en regroupement. C’est pendant ce temps-là qu’il y a eu ce drame qu’Ogossagou vient de connaître pour une deuxième fois ».

Les soldats laissent à lui-même ce petit village, composé d’un quartier dogon et d’un quartier peul, l’un des derniers à des kilomètres à la ronde où vivent encore des Peuls. Alentour, des dizaines d’autres villages peuls se sont vidés à la suite d’attaques.

La crise en cours au Mali depuis 2012 a vu l’émergence dans le centre d’un groupe jihadiste autour du prédicateur peul Amadou Kouffa en 2015, recrutant prioritairement parmi des Peuls, traditionnellement éleveurs.

Les affrontements se multiplient alors entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé des groupes d’autodéfense se sont constitués, comme la milice pro-dogon Dan Na Ambassagou.

Tous sont musulmans, mais les violences ont progressivement pris une dimension communautaire accentuée.

Il est 18H00 quand les soldats partent en hâte. Onze heures avant l’attaque, la psychose s’empare du village.

« A partir de ce moment jusqu’à l’aube, j’ai reçu des dizaines d’appels », raconte un notable d’Ogossagou dans la capitale régionale Mopti, où il a fui il y a cinq mois. Il a perdu sept frères et son père l’an passé. « On savait qu’au moment où on ne serait plus protégé, on se ferait encore attaquer ».

S’exprimant sous le couvert de l’anonymat comme d’autres pour des raisons de sécurité, il dit avoir alerté six autorités différentes: militaires, administratives, onusiennes. En vain. Un rapport interne de la Mission de l’ONU (Minusma) confirme qu’elle a été alertée la veille des faits que des hommes armés « ont été vus en train de se regrouper autour » d’Ogossagou.

– Aurore spectrale –

Selon tous les habitants interrogés, ce sont des chasseurs dogons, la communauté déjà accusée en 2019. Comme à l’époque, aucune preuve ne vient corroborer cette mise en cause. La milice Dan Na Ambassagou, officiellement dissoute au lendemain du premier massacre d’Ogossagou, a démenti être derrière cette nouvelle attaque.

La nuit tombe. « Impossible de préparer le dîner. Pourquoi préparer des repas quand on sait qu’on va être attaqué », dit Mariam Belko Barry, 67 ans, aujourd’hui réfugiée à Mopti.

En 2019, les assaillants avaient attaqué juste avant l’aube. Alors, ce soir-là, elle tente de conjurer la peur de la nuit: « Il faut que le soleil vienne et cela ira mieux ».

Un détachement de Casques bleus arrive peu avant 02H00, dit le porte-parole de la Minusma Olivier Salgado. C’est plus de six heures après que la Minusma a été alertée. La cinquantaine de soldats ne trouve « aucun signe de menace » et continue la patrouille vers les villages voisins.

Dans Ogossagou,les habitants ne trouvent pas le sommeil.

A 05H00, l’imam appelle à la prière de l’aube. L’éleveur Bakaye se dirige vers la mosquée, prie et s’en remet à Dieu.

Un premier coup de feu retentit.

– Deux heures meurtrières –

Bakaye est saisi d’effroi. Chez elle, Mariam Barry entend les mêmes détonations. Tout s’accélère. Elle se rue dans la maison en banco de l’ancien marabout, tué l’an passé, car « c’est plus sécurisé que la mienne en paille ». Puis, avec son mari Aliou et beaucoup de voisins, elle s’enfuit en brousse.

Mariam, vieille femme qui marche le dos courbé, court « encore et encore ». Elle perd de vue son mari. Il est touché de trois balles: au genou, à la hanche et au pied. Il survivra. Elle continue à courir.

Bakaye est sorti de la mosquée et détale. « Tout le monde fuit ». Les tirs sont rapprochés; ce sont des armes automatiques.

A distance, le notable continue d’appeler le village et les autorités. On lui répond qu’un détachement est en route. Il faut attendre.

Deux heures se passent au bruit des balles. De la fumée noire s’élève du village, relatent ceux qui sont cachés dans les broussailles. Des maisons et des greniers sont brûlés.

A huit heures arrivent quatre véhicules de l’armée et trois de l’ONU. Ils arrêtent un homme armé; les autres sont déjà partis.

– Sortir, et mourir –

Bakaye sort des hautes herbes et retourne au village. « Je cherche mes proches, je les appelle, je ne sais pas où ils sont ».

Les habitants reviennent un à un. Les soldats partent avec les hommes ratisser les environs. Les corps, certains calcinés, s’amoncellent. Six, puis douze, vingt-et-un… Le soir, Bamako annonce 31 civils tués.

Les témoins évoquent une dizaine de disparus. Un frère de Bakaye manque à l’appel. « J’espère qu’il est encore en brousse à se cacher ». La probabilité s’en amenuise chaque jour.

Tous disent ne plus vouloir retourner à Ogossagou. « Jusqu’à la mort, jamais. Si l’armée repart, on se refera attaquer », dit Mariam. La confiance dans l’armée est rompue, dit une autre habitante toujours sur place. Son témoignage a été recueilli par SMS.

Mais qu’adviendra-t-il de ceux qui, à la différence de Mariam et Bakaye, n’ont pas pu quitter le village en convoi militaire pour accompagner leurs proches à l’hôpital ?

« Les enfants ne sortent plus s’amuser, on n’ose pas faire paître le bétail, ni aller puiser de l’eau au puits, ni chercher du bois », dit la même habitante restée sur place. « Si on sort, on est mort. Ce village ne nous appartient plus ».

La pauvreté pousse les habitants du nord du Nigeria vers la mégalopole du Sud

Mustapha Abdullahi avait à peine douze ans lorsqu’il a quitté le nord du Nigeria « pour trouver de l’argent » dans la grande mégalopole et capitale économique du Nigeria, Lagos, à plus de 1.000 kilomètres de chez lui.

Il a aujourd’hui 40 ans, une femme et trois enfants, et jusqu’au début du mois de février, il sillonnait encore les rues de la tentaculaire Lagos avec son okada, taxi-moto, et envoyait une partie de son maigre salaire à sa famille restée dans le Nord.

« Mais à cause de l’interdiction de conduire les okadas, j’ai dû partir vers Agege (dans la banlieue éloignée de Lagos) », regrette-t-il.

Les autorités de l’Etat de Lagos ont récemment interdit du jour au lendemain les centaines de milliers de taxi-motos et « kekes » (tricyles à moteur), emplois presque exclusivement pratiqués par des Haoussas-Fulanis, les groupes ethniques originaires du Nord.

La raison officielle invoquée était de « garantir la sécurité des Lagossiens » et le respect du code de la route.

Mais beaucoup d’hommes politiques locaux ont fait savoir, sur Twitter ou dans les journaux, que cette interdiction permettrait aussi de stopper la migration « massive » de migrants du nord du pays vers le sud, plus riche et plus dynamique économiquement.

Selon un récent rapport de la Banque mondiale, sur 190 millions d’habitants, le Nigeria en compte 87 millions sous le seuil de l’extrême pauvreté, dont l’immense majorité (près de 90%) vivent dans le nord du pays.

« Aucun leader dans le nord du Nigeria ne peut s’estimer heureux. Personne ne peut se réjouir d’avoir 87% de la pauvreté du pays dans le Nord et des millions et des millions d’enfants qui ne vont pas à l’école », a déclaré l’émir de Kano, Muhammad Sanusi II, l’une des plus grandes figures traditionnelles du pays.

– « Manchester » nigérian –

La division culturelle et économique entre le Nord musulman et le Sud chrétien du géant de l’Afrique de l’Ouest est héritée de l’époque coloniale, lorsque la Couronne britannique a unifié deux territoires radicalement opposés, en 1914 pour constituer le « Nigeria ».

La principale richesse du pays, le pétrole, se situe au large du Sud côtier, laissant au Nord l’élevage, la route commerciale sahélienne et l’industrialisation.

Dans les années 1980, la cité millénaire de Kano était surnommée la « Manchester du Nigeria », avec plus de 500 usines textiles ou d’assemblage de voitures.

Mais aujourd’hui, bien que les dirigeants du pays aient été historiquement plus souvent originaires du Nord, la pression démographique dans un Nord où est pratiquée la polygamie et au taux de natalité très élevé, le manque d’éducation, les conflits et les effets du changement climatique sur les cultures ont entraîné cette région dans la spirale du sous-développement.

« Le Nord est très en-dessous dans tous les classements de développement humain par rapport au sud », indique la Banque mondiale.

Le président Muhammadu Buhari, fils de l’Etat nordiste de Katsina, avait promis de mettre fin au conflit de Boko Haram.

Mais cinq ans après son arrivée au pouvoir, près de deux millions de déplacés ne peuvent toujours pas regagner leur foyer et l’insécurité grandissante (conflit entre éleveurs et agriculteurs, ou l’émergence de bandes armées qui terrorisent les populations), ont provoqué le déplacement de millions d’autres personnes.

D’autre part, le secteur industriel s’est totalement effondré à cause du manque d’énergie, laissant des centaines de milliers de personnes sans emploi.

– Débrouille –

Il n’existe aucune donnée récente sur les migrations internes au Nigeria, mais la Commission nationale de la Population (NPC), dans une étude de 2010 indique que 23% de la population nigériane est « migrante » et que plus de 40% de la population de l’Etat de Lagos est originaire d’un autre Etat.

Des tendances sans aucun doute amplifiées par la récession économique de 2016-2017 et le ralentissement économique du Nigeria ces dernières années.

« Tous les Etats à grande attractivité migratoire se situent dans la partie Sud du pays, à l’exception de Kwara et Kogi, dans le centre-Nord », note l’Organisation internationale des migrations (OIM).

« Et 60% des migrants internes se situent dans les zones urbaines », avec des « conséquences évidentes, socio-économiques et sur les infrastructures », selon l’OIM.

La mégapole de Lagos a l’une des pressions démographiques les plus fortes au monde, et bien que les chiffres soient invérifiables, sa population aurait doublé en 10 ans, passant de 10 à 20 millions d’habitants, selon World Population Review.

Awwalu Usman, cordonnier de 32 ans, passe la moitié de l’année à Lagos. Il aide aux cultures dans sa ferme à Kano et « part juste après les récoltes ».

« On va à Lagos parce qu’il y a beaucoup plus d’opportunités économiques », explique-t-il à l’AFP. Grâce aux chaussures qu’il fabrique et qu’il y vend, il a pu faire construire une maison à sa famille.

« Il n’y a pas de travail ici. Ce n’est pas parce qu’il y a une interdiction de conduire les taxi-motos que les nordistes vont rentrer », conclut le cordonnier.

Ogossagou, Mali, 14 février 2020: anatomie d’un massacre

Le 23 mars 2019, plus de 160 civils peuls étaient massacrés à l’aube dans un petit village du centre du Mali. Moins d’un an après, les hommes armés et l’horreur sont revenus à Ogossagou.

Huit témoignages recueillis par l’AFP retracent comment une trentaine de villageois y ont été assassinés le 14 février, nouvelles victimes du tourbillon de violences à caractère autant communautaire que jihadiste qui ensanglante la région.

Ogossagou est inaccessible à un journaliste étranger sans une escorte militaire exceptionnelle. Mais le récit des témoins retrace l’angoisse qui étreint le village quand la garnison établie après le carnage de mars 2019 quitte la place sans prévenir, la terreur et la fuite éperdue pendant l’attaque, et l’accablement après.

Quand la quarantaine de soldats plie bagages le 13 février le pressentiment de l’inéluctable s’empare des villageois.

C’est comme si des frères étaient partis, dit Bakaye Ousmane Barry, 46 ans, habitant d’Ogossagou présent ce jour-là.

Pour expliquer ce départ précipité après des mois de présence ininterrompue, le gouverneur de la région, Abdoulaye Cissé, invoque le repositionnement en cours de l’armée sur le territoire malien, après une succession d’opérations jihadistes meurtrières.

– Pendu au téléphone –

« On a vu que la situation ne s’améliorait pas (au niveau national), on a voulu changer de posture. Les forces étaient sur place, statiques, dans (des) emprises mal faites », dit le plus haut représentant de l’Etat dans la région. « On n’a même pas supprimé (la garnison), on était en regroupement. C’est pendant ce temps-là qu’il y a eu ce drame qu’Ogossagou vient de connaître pour une deuxième fois ».

Les soldats laissent à lui-même ce petit village, composé d’un quartier dogon et d’un quartier peul, l’un des derniers à des kilomètres à la ronde où vivent encore des Peuls. Alentour, des dizaines d’autres villages peuls se sont vidés à la suite d’attaques.

La crise en cours au Mali depuis 2012 a vu l’émergence dans le centre d’un groupe jihadiste autour du prédicateur peul Amadou Kouffa en 2015, recrutant prioritairement parmi des Peuls, traditionnellement éleveurs.

Les affrontements se multiplient alors entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé des groupes d’autodéfense se sont constitués, comme la milice pro-dogon Dan Na Ambassagou.

Tous sont musulmans, mais les violences ont progressivement pris une dimension communautaire accentuée.

Il est 18H00 quand les soldats partent en hâte. Onze heures avant l’attaque, la psychose s’empare du village.

« A partir de ce moment jusqu’à l’aube, j’ai reçu des dizaines d’appels », raconte un notable d’Ogossagou dans la capitale régionale Mopti, où il a fui il y a cinq mois. Il a perdu sept frères et son père l’an passé. « On savait qu’au moment où on ne serait plus protégé, on se ferait encore attaquer ».

S’exprimant sous le couvert de l’anonymat comme d’autres pour des raisons de sécurité, il dit avoir alerté six autorités différentes: militaires, administratives, onusiennes. En vain. Un rapport interne de la Mission de l’ONU (Minusma) confirme qu’elle a été alertée la veille des faits que des hommes armés « ont été vus en train de se regrouper autour » d’Ogossagou.

– Aurore spectrale –

Selon tous les habitants interrogés, ce sont des chasseurs dogons, la communauté déjà accusée en 2019. Comme à l’époque, aucune preuve ne vient corroborer cette mise en cause. La milice Dan Na Ambassagou, officiellement dissoute au lendemain du premier massacre d’Ogossagou, a démenti être derrière cette nouvelle attaque.

La nuit tombe. « Impossible de préparer le dîner. Pourquoi préparer des repas quand on sait qu’on va être attaqué », dit Mariam Belko Barry, 67 ans, aujourd’hui réfugiée à Mopti.

En 2019, les assaillants avaient attaqué juste avant l’aube. Alors, ce soir-là, elle tente de conjurer la peur de la nuit: « Il faut que le soleil vienne et cela ira mieux ».

Un détachement de Casques bleus arrive peu avant 02H00, dit le porte-parole de la Minusma Olivier Salgado. C’est plus de six heures après que la Minusma a été alertée. La cinquantaine de soldats ne trouve « aucun signe de menace » et continue la patrouille vers les villages voisins.

Dans Ogossagou,les habitants ne trouvent pas le sommeil.

A 05H00, l’imam appelle à la prière de l’aube. L’éleveur Bakaye se dirige vers la mosquée, prie et s’en remet à Dieu.

Un premier coup de feu retentit.

– Deux heures meurtrières –

Bakaye est saisi d’effroi. Chez elle, Mariam Barry entend les mêmes détonations. Tout s’accélère. Elle se rue dans la maison en banco de l’ancien marabout, tué l’an passé, car « c’est plus sécurisé que la mienne en paille ». Puis, avec son mari Aliou et beaucoup de voisins, elle s’enfuit en brousse.

Mariam, vieille femme qui marche le dos courbé, court « encore et encore ». Elle perd de vue son mari. Il est touché de trois balles: au genou, à la hanche et au pied. Il survivra. Elle continue à courir.

Bakaye est sorti de la mosquée et détale. « Tout le monde fuit ». Les tirs sont rapprochés; ce sont des armes automatiques.

A distance, le notable continue d’appeler le village et les autorités. On lui répond qu’un détachement est en route. Il faut attendre.

Deux heures se passent au bruit des balles. De la fumée noire s’élève du village, relatent ceux qui sont cachés dans les broussailles. Des maisons et des greniers sont brûlés.

A huit heures arrivent quatre véhicules de l’armée et trois de l’ONU. Ils arrêtent un homme armé; les autres sont déjà partis.

– Sortir, et mourir –

Bakaye sort des hautes herbes et retourne au village. « Je cherche mes proches, je les appelle, je ne sais pas où ils sont ».

Les habitants reviennent un à un. Les soldats partent avec les hommes ratisser les environs. Les corps, certains calcinés, s’amoncellent. Six, puis douze, vingt-et-un… Le soir, Bamako annonce 31 civils tués.

Les témoins évoquent une dizaine de disparus. Un frère de Bakaye manque à l’appel. « J’espère qu’il est encore en brousse à se cacher ». La probabilité s’en amenuise chaque jour.

Tous disent ne plus vouloir retourner à Ogossagou. « Jusqu’à la mort, jamais. Si l’armée repart, on se refera attaquer », dit Mariam. La confiance dans l’armée est rompue, dit une autre habitante toujours sur place. Son témoignage a été recueilli par SMS.

Mais qu’adviendra-t-il de ceux qui, à la différence de Mariam et Bakaye, n’ont pas pu quitter le village en convoi militaire pour accompagner leurs proches à l’hôpital ?

« Les enfants ne sortent plus s’amuser, on n’ose pas faire paître le bétail, ni aller puiser de l’eau au puits, ni chercher du bois », dit la même habitante restée sur place. « Si on sort, on est mort. Ce village ne nous appartient plus ».

Malgré ses dépenses record, douche froide pour Bloomberg dans les primaires démocrates

Ses centaines de millions de dollars investis dans une intense campagne publicitaire n’y ont rien fait: Michael Bloomberg a essuyé mardi une sévère déconvenue lors de son premier test électoral dans les primaires démocrates, qui met en doute son maintien dans la course à la Maison Blanche.

Rien dans les déclarations de l’ancien maire de New York, ni de son entourage, ne permettait dans la nuit d’écarter l’hypothèse d’un prochain retrait.

Son équipe comptait même « ré-évaluer sa candidature » mercredi, selon des médias américains, au lendemain d’un « Super Tuesday » qui a vu 14 Etats voter dans les primaires pour désigner le démocrate qui affrontera Donald Trump en novembre.

Au milieu de la nuit, le multi-milliardaire de 78 ans n’était arrivé en tête que dans le petit territoire des îles Samoa américaines et n’avait décroché qu’une dizaine de délégués, sur les 1.991 nécessaires pour décrocher l’investiture démocrate en juillet.

Un revers cuisant pour celui qui faisait attendre une entrée en lice en fanfare grâce au montant record dépensé: déjà plus d’un demi-milliard de dollars pris sur sa fortune personnelle pour ses spots publicitaires, sans compter toute l’infrastructure de sa campagne.

Dès le début de soirée, M. Bloomberg, l’une des plus grandes fortunes du monde, avait minimisé les mauvais résultats à venir devant plusieurs centaines de partisans réunis à West Palm Beach, en Floride.

« Peu importe le nombre de délégués que nous gagnerons ce soir, nous avons déjà accompli quelque chose que personne ne pensait possible: en trois mois, nous sommes passés de juste 1% dans les sondages à être en lice pour l’investiture démocrate pour la présidentielle », avait-il lancé.

« Mon message est simple: je me présente pour battre Donald Trump ».

Des partisans brandissaient des panneaux marqués d’un slogan en espagnol: « Nous gagnons avec Mike ».

Certains se disaient séduits par le parcours d’homme d’affaires du fondateur de l’agence Bloomberg, géante de l’information financière.

« C’est quelqu’un qui est parti de rien pour construire une entreprise qui emploie désormais 20.000 personnes », a expliqué à l’AFP Thomas Reed, un scientifique âgé de 54 ans venu le voir en Floride. Cet Etat organisera sa primaire le 17 mars.

Son meeting se déroulait non loin de la célèbre résidence du président républicain, un autre milliardaire new-yorkais qui connaît M. Bloomberg de longue date et prend un plaisir évident à l’éreinter.

« Le plus gros perdant de la soirée, et de loin, c’est Mini Mike Bloomberg », a tweeté Donald Trump en ironisant sur sa petite taille.

Michael Bloomberg a essuyé un résultat particulièrement humiliant en Virginie, où il n’est arrivé que quatrième après avoir investi des millions de dollars dans sa campagne en plus d’avoir largement dépensé en 2019 pour soutenir des démocrates lors d’élections locales.

Ces dernières années, il a aussi investi quelque 10 milliards de dollars pour faire avancer diverses causes souvent chères aux démocrates, comme la lutte contre les armes à feu et le réchauffement climatique.

– Affaibli par ses débats –

L’ancien maire avait parié sur une stratégie osée –certains disaient arrogante– dans les primaires démocrates: faire l’impasse sur les quatre premiers Etats qui ont voté en février, pour ne se présenter que lors du « Super Tuesday ».

Ses investissements avaient au départ semblé payer, le poussant jusqu’à la troisième place des sondages sans avoir affronté le verdict des urnes.

Mais une fois sorti de l’ambiance scriptée de ses publicités, Michael Bloomberg a été affaibli dès février par deux mauvaises performances lors de ses premiers débats.

Et les attaques répétées de ses adversaires ont semblé porter. Ils l’accusent d’avoir « acheté » sa place dans les primaires et lui reprochent d’avoir été républicain, puis indépendant, avant de revenir dans le giron démocrate.

C’est aussi un facteur inattendu qui a pu le faire souffrir: le retour exceptionnel de l’ancien vice-président Joe Biden dans la course.

L’ex-maire de New York avait en effet annoncé sa candidature tardivement, en novembre, parce qu’il estimait que le camp modéré n’avait pas de champion suffisamment fort pour l’emporter face aux représentants de l’aile gauche, Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

Or l’ancien bras droit de Barack Obama a surpris en remportant une large victoire en Caroline du Sud samedi, qui a convaincu d’autres candidats centristes de se rallier derrière lui, imposant Joe Biden, et non Michael Bloomberg, en grand candidat modéré juste avant l’avalanche de scrutins du « Super Tuesday ».

Chez les fans de « Bernie », déception et incertitudes après le « Super Tuesday »

Cris de joie à l’annonce de résultats encourageants, huées ou regards inquiets pour les victoires de Joe Biden: les partisans du candidat « socialiste » revendiqué Bernie Sanders espéraient une victoire nette pour le « Super Tuesday », ils sont repartis avec peu de certitudes, sinon que la bataille serait rude.

Réunis pendant plus de trois heures dans un hall d’exposition près de Burlington, fief de Bernie Sanders, quelque 3.000 personnes soutenant le sénateur du Vermont ont vécu une soirée aux allures de montagnes russes.

Elle a commencé dans la joie, lorsque l’écran géant branché sur la chaîne CNN a annoncé que Bernie Sanders avait remporté haut la main son petit Etat du Vermont, l’un des moins peuplés des Etats-Unis et le moins important des 14 Etats qui organisaient mardi leur primaire démocrate. Une mer de cartons bleus et blancs marqués « Bernie » s’est agitée pour marquer l’évènement.

Mais cette victoire était hautement prévisible, et les estimations qui ont défilé ensuite sur l’écran étaient moins réjouissantes: victoire annoncée de l’ex-président Joe Biden en Virginie et trois Etats du sud, y compris en Caroline du Nord où plusieurs sondages avaient laissé espérer une victoire du doyen des candidats.

« Il était pourtant bien placé dans les sondages », a confié, déçue, Heidi Hanning, 44 ans, femme au foyer venue avec son mari du centre du Vermont, qui soutient Bernie Sanders depuis 2016.

Est venue ensuite la victoire de Joe Biden dans l’Etat du Massachusetts, proche du Vermont, une claque pour la sénatrice Elizabeth Warren qui le représente mais une déception aussi pour Bernie Sanders, qui espérait le gagner après y avoir organisé deux grands meetings ces derniers jours.

– « Constrasté » –

Les Etats de l’Ouest américain s’annonçaient plus prometteurs, avec une victoire annoncée dans le Colorado, mais les résultats des Etats-clé de Californie et du Texas restaient incertains vers minuit (05h00 GMT mercredi).

« C’est très contrasté », a reconnu Zac Johnson, 31 ans, qui avait fait six heures de route depuis New-York avec sa fiancée pour soutenir son héros.

« S’il gagne le Texas et la Californie, et dès que d’autres candidats auront jeté l’éponge, comme il est un bien meilleur débatteur, il sera bon (…) J’ai hâte de le voir dans un débat un contre un » face à Joe Biden, a-t-il affirmé.

Mais la déception était plus palpable chez d’autres.

Bernie Sanders à la Maison Blanche, « j’aimerais vraiment voir ça arriver », a déclaré Wendy Simbers, 58 ans, employée dans les services sociaux à Burlington et fan du candidat de la première heure. « Mais je ne sais pas…Quoi qu’il arrive, ses idées sont maintenant partout », a-t-elle cependant ajouté, comme pour se consoler.

– « Mouvement sans précédent »

Depuis la tribune, aux côtés de sa femme et de sa famille, Bernie Sanders a lui galvanisé ses partisans, comme il le sait le faire, rappelant qu’il avait remporté la petite mairie de Burlington le 3 mars 1981, 39 ans plus tôt jour pour jour, lançant sa carrière politique alors que « tout le monde disait que ce n’était pas possible ».

Lui qui prône assurance-santé pour tous et études supérieures gratuites a martelé que « personne ne battrait Donald Trump avec des politiques à l’ancienne », attaque indirecte contre Joe Biden, et que seul son mouvement « sans précédent, venu de la base » pouvait « battre le président le plus dangereux de l’histoire de notre pays » et faire tomber « l’establishement économique et l’establishment politique ».

Mais il a aussi reconnu qu’il ne savait « pas ce qui allait se passer », sinon qu’il serait « quoi qu’il arrive » le candidat des travailleurs.

« Il est honnête », a réagi Taylor DeGorter, 21 ans, une étudiante new-yorkaise. « Je préfère qu’il soit honnête plutôt qu’il mente. C’est ce qui fait sa réputation! »

Coronavirus: G7 et Fed au secours de l’économie, amélioration en Chine

Les pays riches se mettent en ordre de bataille pour immuniser l’économie mondiale du coronavirus, à mesure que l’épidémie gagne du terrain dans le monde, l’OMS mettant en garde contre la pénurie d’équipements de protection.

Le virus a contaminé plus de 92.000 personnes dans le monde et fait quelque 3.200 morts.

Pour tenter de limiter les répercussions économiques du nouveau coronavirus, qui perturbe la vie quotidienne dans de plus en plus de pays, la banque centrale américaine (Fed), la plus puissante du monde, a frappé un grand coup mardi en baissant en urgence ses taux d’intérêt.

Cette baisse surprise, inédite sous cette forme depuis la crise financière de 2008, va donner « un coup de fouet significatif à l’économie », a promis le président de l’institution Jerome Powell.

Jusqu’à présent, la première économie mondiale a été relativement épargnée par l’épidémie. Mais les prévisionnistes redoutent que les Etats-Unis ne soient à leur tour plus durement touchés, puis tombent en récession, entraînant dans leur sillage une économie mondiale qui a déjà encaissé d’autres chocs.

Pour l’heure, plus d’une centaine de cas ont été répertoriés sur l’ensemble du territoire américain, dont neuf décès dans le seul Etat de Washington (nord-ouest).

Peu avant l’annonce de la Fed, les pays du G7, les économies les plus riches du monde, avaient envoyé un signal positif, se disant « prêts à agir, y compris à prendre des mesures budgétaires » pour soutenir l’économie.

Mercredi, les places asiatiques ont réagi diversement à ces annonces: les Bourses chinoises ont ouvert en baisse, Shanghai cédant 0,16% et Hong Kong s’affichant à -0,12%. De son côté, la Bourse de Tokyo était hésitante.

– Repli en Chine –

La Chine, où le virus est apparu en décembre, a fait état mercredi de 38 décès supplémentaires liés à la maladie.

Le bilan au niveau national est désormais de 2.981 morts, a indiqué la Commission nationale de la Santé, avec plus de 80.200 personnes qui ont été infectées au total (dont près de 50.000 déjà guéries).

Signe encourageant: le nombre de nouveaux cas journaliers est en repli pour le troisième jour consécutif.

Ont été signalés 115 nouveaux cas dans la province centrale du Hubei, épicentre de l’épidémie où 56 millions de personnes sont placées en quarantaine, et seulement quatre ailleurs dans le pays.

Les règles drastiques de confinement semblent porter leurs fruits. La Chine s’inquiète toutefois de nouvelles contaminations sur des individus dépistés à leur retour de l’étranger.

Les voyageurs qui arrivent à Pékin en provenance des pays les plus durement touchés par le virus – dont la Corée du Sud, l’Italie, l’Iran et le Japon – se retrouvent désormais en quarantaine pendant 14 jours. D’autres villes, à l’image de Shanghai, envisagent des mesures similaires.

Au moins 13 cas de contamination de Chinois rentrés de l’étranger ont été recensés ces derniers jours, dont huit de retour d’Italie, mardi dans la province du Zhejiang (est). L’Italie est le pays européen le plus touché par le coronavirus.

– Masques réquisitionnés –

Ailleurs dans le monde, le virus continue de se propager.

La Corée du Sud a répertorié mercredi 142 nouveaux cas de coronavirus, portant le bilan national à 5.328. Quatre nouveaux décès ont été annoncés. Ce pays, le plus touché par l’épidémie après la Chine, totalise désormais 32 morts.

Mardi, l’Ukraine, le Maroc, l’Argentine, le Chili ou encore la Lettonie sont venus grossir les rangs des pays touchés. L’Espagne a fait état de son premier décès.

En Iran, où l’épidémie a fait 77 morts et contaminé plus de 2.300 personnes, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde contre le manque d’équipements de protection individuels pour le personnel soignant. Ces pénuries compromettent les efforts pour juguler l’épidémie, estime l’OMS.

Son directeur Tedros Adhanom Ghebreyesus a averti que les stocks d’équipements individuels de protection contre la maladie « s’épuisaient rapidement » dans le monde. « La capacité de réponse des pays est compromise par la désorganisation grave et croissante de l’offre mondiale en équipements de protection individuelle », a-t-il expliqué.

Le gouvernement français va réquisitionner les stocks de masques de protection au moyen d’un décret publié mercredi. La France, où quatre décès ont été enregistrés et plus de 200 cas confirmés, est l’un des principaux foyers du virus en Europe, avec l’Italie et l’Allemagne.

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« Come-back kid »: le retour de Joe Biden

Donné politiquement mort il y a encore deux semaines, Joe Biden a effectué mardi un retour fracassant dans la course à l’investiture démocrate, se présentant comme un phénix renaissant au bout d’une vie marquée par la tragédie.

« Il y a à peine quelques jours, les médias et les commentateurs avaient déclaré la mort de cette candidature », a lancé mardi un Joe Biden remonté à bloc, en Californie.

« Et bien je suis là pour le dire: nous sommes bien vivants », a-t-il ajouté sous les cris et applaudissements de ses supporteurs.

Donnant un accent personnel à ses résultats, il a dédié ses victoires « à tous ceux qui ont été mis à terre, ignorés, laissés pour compte. »

Combatif, il se montrait sous ses célèbres lunettes aviateur dans une vidéo qu’il a tweetée avec le hashtag #Joemomentum: un jeu de mots sur son prénom et le grand « élan », ou « momentum » en anglais, que les candidats à la Maison Blanche espèrent toujours trouver, et dont il semblait bien profiter mardi.

Déclaré vainqueur dans plus d’Etats que son grand rival Bernie Sanders, l’ancien vice-président de Barack Obama avançait triomphalement dans la grande nuit du « Super Tuesday ».

Ces résultats permettaient, notamment, de confirmer sa grande popularité chez les Noirs, un électorat clé pour tout démocrate briguant la présidence américaine.

– « Come-back kid » –

Joe Biden l’avait martelé pour tenter de dépasser ses deux premiers piteux résultats, début février, dans l’Iowa et le New Hamsphire –des Etats à la population peu diverse–: « Nous n’avons pas encore entendu les membres les plus engagés du parti démocrate: les Afro-américains ».

Puis en Caroline du Sud samedi, après sa première victoire dans cet Etat où les Noirs représentent une majorité des électeurs démocrates, il avaient salué le « coeur » du parti démocrate.

« Le come-back kid! » lui avait hurlé un partisan dans le Nevada, un autre Etat aux minorités plus importantes, où il est arrivé deuxième le 22 février.

L’allusion au retour de Bill Clinton dans les primaires en 1992, avait fait sourire celui dont les gaffes avaient contribué ces derniers mois à nourrir l’image d’un candidat vacillant.

Mais sa victoire en Caroline du Sud a déclenché en quelques heures une dynamique extraordinaire, provoquant l’abandon des candidats modérés Pete Buttigieg et Amy Klobuchar. Et leur ralliement derrière sa candidature, avec l’autre ex-candidat Beto O’Rourke ainsi qu’une cascade d’élus dont l’influence locale peut se montrer décisive.

Se posant en rassembleur, il leur a attribué en partie ses bons résultats mardi soir.

– Tragédies personnelles –

« Je battrai Donald Trump à plate couture », avait martelé sans relâche Joe Biden après son entrée en lice, en avril 2019. Il se présentait comme le meilleur adversaire possible du milliardaire républicain grâce à sa popularité aussi bien chez les ouvriers blancs que les électeurs noirs.

Sauf que ses deux premières cuisantes défaites aux primaires avaient profondément ébranlé ce message de « vainqueur » potentiel tandis que Bernie Sanders le doublait en position de favori.

Les moqueries sur sa forme et ses dérapages embarrassants –comme lorsqu’il se déclarait récemment candidat « au Sénat »– avaient alors pris un écho décuplé, reprises notamment sur Twitter par Donald Trump, qui le surnomme à l’envi « Joe l’endormi ».

Après plus de trente-cinq ans comme sénateur et huit ans passés à la Maison Blanche comme bras droit de Barack Obama, Joe Biden devra encore répondre de nombreux chapitres de son épais bilan et faire taire les interrogations sur sa forme.

Mais mardi, il profitait de cette résurgence qu’il faisait résonner avec sa vie personnelle, marquée par la tragédie.

Un mois seulement après son élection au Sénat des Etats-Unis, à tout juste 30 ans, il avait perdu en 1972 sa femme Neilia et leur petite fille Naomi dans un accident de voiture. C’est au chevet de ses fils Beau, 4 ans, et Hunter, 2 ans, hospitalisés, qu’il avait été investi comme membre du Congrès.

Un nouveau drame l’avait frappé en 2015, quand son aîné Beau, devenu procureur général du Delaware, fut emporté par un cancer au cerveau.

Un fils dont il évoquait encore la mémoire pour célébrer la victoire, en Caroline du Sud, qui lui a donné –en politique– une nouvelle vie.

La saison inaugurale de Ligue africaine de basket reportée à cause du coronarovirus

La saison inaugurale de la Ligue africaine de basket (BAL), qui devait débuter le 13 mars à Dakar, a été reportée à une date ultérieure en raison de la propagation du coronavirus, a annoncé mardi la NBA, partenaire de cette nouvelle compétition.

« Suite à la recommandation du gouvernement sénégalais, concernant l’escalade des problèmes de santé liés au coronavirus, la saison inaugurale de la BAL est reportée », a indiqué son président, Amadou Gallo Fall, cité dans le communiqué de la NBA.

« Je suis déçu que nous ne soyons pas en mesure de donner le coup d’envoi de cette ligue historique comme prévu, mais nous nous réjouissons du lancement très attendu de la BAL à une date ultérieure », a-t-il ajouté, sans donner plus de précision.

Cette annonce intervient au lendemain de la confirmation par le Sénégal de son premier cas d’infection au nouveau coronavirus. L’Egypte, le Maroc et le Nigeria ont également enregistré leurs premiers cas ces derniers jours.

La saison régulière de la Ligue africaine de basket, qui bénéficie du concours de la Fédération internationale de basket (FIBA) et de la NBA, doit se dérouler, outre au Sénégal, également en Egypte, au Maroc, au Nigeria, mais également en Angola et en Tunisie. Le Rwanda accueillera les play-offs et les finales.

Douze clubs sont engagés: Zamalek (Egypte), l’Association Sportive de Salé (Maroc), Rivers Hoopers Basketball Club (Nigeria), l’Association Sportive des Douanes (Sénégal), le Clube Atlético Petroleos de Luanda (Angola), le Groupement Sportif des Pétroliers (Algérie), le club Forces Armées et Police Basketball (Cameroun), le club Gendarmerie Nationale Basketball Club (Madagascar), l’Association Sportive de la Police Nationale (Mali), Ferroviario de Maputo (Mozambique), l’Union Sportive Monastirienne (Tunisie) et les Patriots de Kigali (Rwanda).

Happy hours, croquettes et politique, la super beuverie du « Super Tuesday »

Les yeux rivés sur les chaînes d’information en continu, les clients de ce bar de Washington proche du Capitole, des assistants parlementaires, consultants ou lobbyistes souvent accros à la politique, font du « Super Tuesday » une orgie de cocktails, de friture et de résultats électoraux.

Un isoloir au rideau rouge et blanc comme les bandes du drapeau américain permet de voter en toute discrétion pour les offres spéciales du menu. A saisir ce mardi: une réduction de deux dollars sur les plateaux de « tater tots », des croquettes de pommes de terre frites, et deux cocktails pour le prix d’un après 17H00.

Assises devant l’écran géant installé sur la terrasse en cette douce soirée d’hiver, Maggie Kiney et Libby King, deux consultantes en affaires publiques, attendent fébrilement que tombent les premières estimations du « Super Tuesday », une journée toujours cruciale aux Etats-Unis dans la course à l’investiture pour l’élection présidentielle.

« C’est une occasion incroyable de voir le processus démocratique en action », s’enthousiasme Libby, 26 ans, en vidant le pichet de bière qu’elles partagent.

« Le parti démocrate est à un tournant. Les enjeux sont énormes », renchérit Maggie, 33 ans, dont la soirée s’annonce chargée. « On boit, on mange des ailes de poulet et on surveille Twitter de près ».

Jusqu’à la fermeture des bureaux de vote à l’autre bout du pays, en Californie? « Peut-être pas, il faut bien aller travailler demain matin ».

– Super Boozeday –

Ouvert en 1995 à quelques encablures de l’imposant Capitole, siège du Congrès américain, l’Union Pub est vite devenu à Washington une adresse incontournable pour les « junkies » de la politique.

A l’automne dernier, alors que la capitale américaine était entièrement suspendue au parcours de son équipe de baseball, les Nationals, le bar était peut-être le seul dans la ville à brancher ses télés sur un débat entre prétendants démocrates à la Maison Blanche plutôt que les play-offs du championnat.

Ses gérants ont donc décidé, pour le 25e anniversaire de l’établissement, d’organiser une série de soirées à thème sur la campagne présidentielle.

Les festivités ont commencé début février pour le premier vote de la primaire démocrate dans l’Iowa — avec quelques spécialités du coin, « corn dogs » (beignets de saucisses) et « deep-fried Oreos » (des biscuits au chocolat… frits) — et se poursuivront jusqu’aux conventions estivales des deux grands partis.

Sous le regard approbateur d’Abraham Lincoln, esquissé sur un mur avec une bière à la main, le bar propose pour ce « Super Tuesday » une journée spéciale « Super Boozeday » (super beuverie), un marathon éthylo-électoral.

« Le téléphone n’arrête pas de sonner depuis ce matin, les gens veulent savoir si on montre les directs », souffle un barman entre deux commandes, alors que débarquent en masse des jeunes bien apprêtés.

– « Biden à la rigueur » –

« C’est un endroit à part », confirme l’un d’eux, stagiaire au Congrès de 26 ans, qui préfère ne pas dire son nom afin de ne pas engager la personne auprès de laquelle il travaille.

« Les résultats de ce soir seront une rampe de lancement pour les mois à venir, qui auront un impact (avec la présidentielle) non seulement sur les Etats-Unis, mais sur le reste du monde », se contente-t-il d’analyser dans son costume-cravate, sans donner de préférence pour les candidats en lice.

Liz Amber, 21 ans, penchait elle plutôt pour Pete Buttigieg avant que le trentenaire, révélation du début de campagne côté démocrate, ne la quitte brusquement dimanche pour se ranger derrière l’ancien vice-président Joe Biden, candidat modéré le mieux placé pour battre Bernie Sanders, au programme très à gauche.

« J’ai du mal à me décider du coup, personne ne m’enthousiasme vraiment », témoigne la jeune femme en attendant ses amis. « Biden à la rigueur… »

Et Sanders? « Je ne suis pas socialiste. C’est quelqu’un de très polarisant, un révolutionnaire beaucoup trop à gauche », tranche-t-elle.

Sous perfusion des « breaking news » de CNN pendant que tombent goutte-à-goutte, au fil des fuseaux horaires, les résultats des 14 Etats votant mardi à travers le pays, les clients finiront la soirée par un quiz spécial « Super Tuesday ». Jusqu’à plus soif, mais sans jamais être saoulés de politique.

Primaire démocrate: à Los Angeles, les fans d’Elizabeth Warren ne désarment pas

Elizabeth Warren a beau être en difficulté dans la primaire démocrate, cela n’a pas empêché ses fans inconditionnels de donner mardi leur bulletin à la seule femme ayant encore une chance, à leurs yeux, de peser dans l’élection présidentielle face au président Donald Trump.

« C’était vraiment super de voter pour elle aujourd’hui. Je sais que ça n’a pas l’air de bien se présenter, mais j’ai encore confiance », déclare à l’AFP Tricia Reilly, 41 ans, malgré le fait que la sénatrice du Massachusetts n’est encore jamais arrivée à se placer dans le duo de tête depuis le début des primaires du parti démocrate.

« J’aimerais que ma mère puisse vivre assez longtemps pour voir ça. Avec cette ambiance et particulièrement en réaction à Trump, choisir une femme serait quelque chose de fort », ajoute, à sa sortie du bureau de vote, cette rédactrice spécialisée dans la pop culture qui arbore un pull bleu floqué du slogan de Mme Warren.

ELizabeth Warren était en tête de plusieurs sondages jusqu’en octobre dernier mais n’a cessé de perdre du terrain depuis le début des primaires le mois dernier.

Après le retrait, tôt dans la course à l’investiture, de l’élue de Californie Kamala Harris, celui lundi de la modérée Amy Klobuchar et alors que Tulsi Gabbard reste une candidate ultra-minoritaire, Mme Warren fait figure du dernier espoir féminin pour de nombreux habitants de Los Angeles.

« Je cherche une femme forte capable d’incarner les valeurs des femmes », assure Danielle, 31 ans, employée d’une ONG.

« C’est la plus brillante. Tant qu’elle restera sur mon bulletin, je voterai pour elle », ajoute Mitchell Stubbs, 59 ans, qui votait à Playa Del Rey, près de Los Angeles.

Certains partisans de Mme Warren estiment que même si elle ne décroche pas l’investiture démocrate, les votes qu’elle aura récoltés dans les quatorze Etats votant pour ce « Super Tuesday », lui permettront de continuer à peser dans la campagne et à promouvoir ses idées.

« Les gens disent +Oh, je ne sais pas si elle peut gagner alors je vais voter pour quelqu’un d’autre+. Mais si tous ceux qui ont dit ça avaient voté pour elle, elle aurait encore ses chances », s’agace Tiffany Fordham, consultante de 41 ans.

Certains électeurs disent pourtant avoir fait un choix de raison, délaissant Elizabeth Warren pour le « socialiste » autoproclamé Bernie Sanders ou son adversaire modéré Joe Biden.

« Je prévoyais de voter pour Mme Warren et ma fille a voté pour elle. Mais après le retrait de Pete Buttigieg et d’Amy Klobuchar, j’ai décidé de voter pour Joe Biden, mon second choix », explique Michael Mayhew, 57 ans, qui travaille dans le cinéma.

Comme beaucoup d’autres Californiens, Michael Mayhew votera à l’issue des primaires pour le candidat démocrate, quel qu’il soit, afin de vaincre Donald Trump.

« En novembre, je ferai ce qui sera nécessaire. Aujourd’hui, je vote avec mon coeur », lance Tricia Reilly.

USA: 23 morts dans de violentes tornades dans le Tennessee

Au moins 23 personnes sont mortes lorsque de violentes tornades ont frappé le Tennessee, notamment la région de Nashville, la capitale de la musique country aux Etats-Unis, provoquant mardi de nombreux dégâts.

Le président Donald Trump, qui a dit prier « pour tous ceux affectés par les tornades dévastatrices », a annoncé qu’il se rendrait dans cet Etat du sud-est du pays vendredi.

Les tornades ont frappé dans la nuit de lundi à mardi, quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote pour le « Super Tuesday », étape déterminante des primaires démocrates concernant 14 Etats américains, dont le Tennessee.

Les secours s’activaient toujours à la recherche de rescapés et de personnes disparues, a affirmé mardi à l’AFP un responsable de l’Agence de gestion des urgences du Tennessee (TEMA). Le bilan des tempêtes, jusqu’ici de 23 personnes décédées, risque donc de s’alourdir.

– Maisons éventrées –

Les tornades « ont traversé le Tennessee, endommageant gravement des bâtiments, des routes, des ponts » dans plusieurs comtés, selon TEMA.

Toits effondrés, fenêtres brisées: le centre-ville de « Music City », comme est surnommée Nashville, passage obligé pour les amateurs de country avec ses bars, ses concerts et son ambiance festive, a été touché. Des débris jonchaient plusieurs rues, selon les images diffusées par les médias locaux, et une quarantaine de bâtiments ont été détruits d’après les autorités.

Partout où les tornades sont passées, des arbres et des poteaux électriques ont été arrachés et des maisons éventrées.

« Je crois que j’ai de la chance d’être vivant et je dois encore digérer » ce qui s’est passé, a dit à la télévision locale WTVF un résident dont la voiture a été écrasée par un panneau.

Plusieurs hangars de l’aéroport John Tune à Nashville ont été détruits. Des images de la police de la ville montraient des avions endommagés, quasiment encastrés les uns dans les autres, et de la tôle sur les pistes.

Les coupures de courant affectaient plus de 70.000 clients mardi selon TEMA, et les écoles publiques de Nashville ont annoncé qu’elles resteraient fermées mercredi.

« Nashville souffre, et notre communauté a été dévastée », a tweeté le maire, John Cooper.

Il y a un an jour pour jour, de puissantes tornades avaient fait au moins 23 morts et causé d’importants dégâts matériels dans l’Etat de l’Alabama, dans le sud du pays.

– Jour de scrutin –

En raison des tornades dans le Tennessee, les bureaux de vote pour le « Super Tuesday » démocrate ont ouvert une heure plus tard que prévu dans les zones affectées.

Mais « la grande majorité des lieux (dédiés) sont ouverts et fonctionnent normalement », a indiqué le gouvernement local.

« J’ai mal au coeur pour les victimes et leurs familles. Courage, Nashville », a tweeté la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, tandis que Mike Bloomberg, autre candidat à l’investiture démocrate, disait observer les évènements « le coeur lourd ».

La superstar de la pop Taylor Swift, qui a fait du Tennessee son Etat d’adoption, a dit dans un tweet envoyer « son amour et ses prières » à toutes les personnes affectées.

Et l’un des grands noms d’Hollywood, Reese Witherspoon, qui a grandi à Nashville, a dit avoir « le coeur brisé ». « Je prie pour les familles qui ont perdu des êtres chers. Restez à l’abri s’il vous plaît », a tweeté l’actrice, qui a appelé son troisième enfant Tennessee.

Afghanistan: Trump s’entretient avec un dirigeant taliban et se dit confiant

Le président des Etats-Unis Donald Trump s’est entretenu mardi par téléphone avec le chef politique des talibans, évoquant une « longue » et « bonne » conversation, quelques jours après la signature d’un accord historique devant aboutir au retrait des troupes américaines d’Afghanistan.

Cet échange direct entre le locataire de la Maison Blanche et le mollah Abdul Ghani Baradar intervient alors que les insurgés ont repris leur offensive contre les forces afghanes.

Ces attaques contre des bases militaires, intervenues à l’issue de neuf jours de trêve partielle, suscitent des interrogations sur la stratégie des talibans et leur volonté réelle de discuter avec le gouvernement de Kaboul.

S’il est resté évasif sur le fond, le président américain a affiché son optimisme sur la suite du processus. « Nous avons eu une très bonne conversation », a-t-il déclaré depuis les jardins de la Maison Blanche.

Interrogé sur le fait de savoir si cet échange téléphonique avec le mollah Baradar, principal négociateur du processus de Doha, était le premier, M. Trump a refusé de se prononcer mais insisté sur la teneur positive de leur conversation.

« Ma relation avec le mollah est très bonne », a-t-il affirmé. « Ils veulent mettre fin à la violence », a-t-il poursuivi.

« Je pense que nous avons tous un intérêt commun », a-t-il encore dit, se félicitant une nouvelle fois de l’accord conclu à Doha. « Nous sommes là-bas depuis 20 ans. D’autres présidents ont essayé et ils n’ont pas réussi à obtenir ce type d’accord ».

– Libération de 5.000 prisonniers? –

La diminution des combats avait été imposée par Washington aux insurgés en tant que préalable à un accord signé samedi à Doha, dans lequel les Etats-Unis se sont engagés à un retrait complet des troupes étrangères d’Afghanistan dans les 14 mois en échange de garanties des rebelles.

Parmi celles-ci, les talibans ont accepté de participer à un dialogue inter-afghan avec le gouvernement afghan, son opposition et la société civile afin de tenter de s’entendre sur l’avenir du pays. Ces pourparlers doivent démarrer le 10 mars.

Selon un communiqué publié par les insurgés, M. Baradar a demandé à M. Trump de « prendre des mesures claires » concernant le retrait des troupes étrangères d’Afghanistan.

Le Pentagone a reconnu lundi qu’il ne s’attendait par à arrêt total des violences. « Je mets en garde les gens qui pensent qu’il y aura une cessation absolue des violences en Afghanistan », a déclaré le général Mark Milley, après un attentat ayant fait trois morts dans l’est du pays.

Autre complication, le président afghan a rejeté dimanche l’un des principaux points de l’accord signé samedi à Doha par Washington et les insurgés: la libération de jusqu’à 5.000 prisonniers talibans en échange de celle de jusqu’à 1.000 membres des forces afghanes détenus par les rebelles.

Dans son échange avec M. Trump, M. Baradar a, selon la transcription du groupe, demandé à Trump de « ne laisser personne prendre des mesures qui enfreignent les termes de l’accord ».

Les talibans font désormais de cette mesure un préalable à tout démarrage des discussions inter-afghanes, a déclaré mardi à l’AFP Suhail Shaheen, porte-parole du groupe.

Togo: les résultats officiels confirment la réélection de Faure Gnassingbé avec 70% des voix

La Cour constitutionnelle togolaise a déclaré mardi le président sortant Faure Gnassingbé officiellement réélu pour un quatrième mandat de cinq ans, avec un peu plus de 70% des voix, rejetant le recours d’un opposant qui conteste un scrutin entaché de graves irrégularités.

M. Gnassingbé a obtenu 70,78% des suffrages exprimés, contre 19,46% pour l’opposant et ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, selon les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 22 février proclamés par la Cour constitutionnelle.

L’ex-chef de file de l’opposition historique Jean Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), n’a recueilli que 4,68% des voix.

« Ayant obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour du scrutin, Monsieur Faure Gnassingbé doit être déclaré élu président de la République », a annoncé Aboudou Assouma, le président de la Cour constitutionnelle.

La Cour constitutionnelle a également annulé le recours de M. Kodjo, président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), déposé la semaine dernière, pour « défaut de preuves susceptibles d’étayer ses allégations ».

« Je conteste de toutes les forces ces résultats. Je considère que je suis le vainqueur légitime de cette élection. Je continuerai à réclamer ma victoire », a affirmé à l’AFP le candidat malheureux, qui s’était déclaré vainqueur avant la proclamation des résultats provisoires.

Dans son recours déposé devant la Cour, l’opposant dénonçait de « graves irrégularités », notamment des bourrages d’urnes, l’usage abusif des bulletins pré-votés, la falsification des résultats et le renvoi de ces délégués des bureaux de vote.

Les évêques du Togo, soutiens du MPDD, ont dénoncé lundi le manque de « transparence » et d' »équité » de ce scrutin présidentiel.

Cette élection s’est globalement déroulée « dans un climat relativement apaisé. Mais pour ce qui concerne la transparence et l’équité du scrutin, on ne peut en dire autant », ont affirmé les évêques dans un communiqué.

Ni la France, ancienne puissance coloniale et allié historique de la famille Gnassingbé, au pouvoir depuis plus d’un demi-siècle, ni l’Union européenne n’ont fait de commentaire à la suite de cette dernière élection présidentielle.

De leur côté, les Etats-Unis se sont dit « préoccupés par les efforts d’observation limités » et invitait la Commission électorale à publier « les résultats bureau de vote par bureau de vote » pour plus de transparence.

M. Gnassingbé, arrivé au pouvoir en 2005 après le décès de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait lui-même dirigé le Togo pendant 38 ans, a été réélu depuis lors de scrutins tous contestés par l’opposition.

Le Sénégal confirme un 2e cas de coronavirus, premiers reports d’évènements publics

Le Sénégal a confirmé mardi un deuxième cas de coronavirus, sur un Français de 80 ans arrivé samedi dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, et annoncé le report de premiers événements publics, dont le concert d’un chanteur populaire et un gala de lutte.

« Ce 3 mars 2020, l’Institut Pasteur de Dakar nous a notifié un second cas positif au Covid-19. Il s’agit d’un résident français âgé de 80 ans, vivant à Sarcelles, dans la banlieue parisienne, arrivé au Sénégal le 29 février 2020 », a indiqué dans un communiqué le ministère de la Santé.

L’état du patient, suivi au service des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann, à Dakar, est « stable » et « toutes les dispositions ont été prises pour identifier les personnes contacts et assurer leur prise en charge », selon le ministère.

Le ministre de l’Intérieur Aly Ngouye Ndiaye a par ailleurs décidé mardi « de reporter jusqu’à nouvel ordre » un évènement culturel de trois jours, prévu à partir du 6 mars dans la commune de Linguère (nord), dont il est le maire.

Le report est destiné à « faire face à la propagation du coronavirus récemment enregistré au Sénégal », a annoncé le ministre sur Twitter.

L’évènement devait inclure un concert du très populaire Wally Seck, un gala de lutte, sport très prisé au Sénégal, et une journée de nettoiement populaire.

Un premier cas de coronavirus au Sénégal a été annoncé lundi, sur un Français également, ayant séjourné dans une station de ski de la région Auvergne-Rhône-Alpes (centre-est de la France) en février avant de revenir au Sénégal, où il réside habituellement. L’état de ce patient, marié et père de deux enfants, également hospitalisé à Fann, « continue de s’améliorer », a dit mardi le ministère.

Un autre patient, de nationalité gambienne, venant d’Espagne et mis en quarantaine, a été libéré lundi après les résultats des tests qui se sont révélés négatifs, selon la même source.

Mardi soir, le continent africain comptait un cas confirmé au Nigeria, deux en Egypte, trois en Algérie et à présent deux au Sénégal. Mais aucun décès.

A Lesbos, les ONG prises pour cibles par des groupes « fascistes »

Plusieurs ONG ont annoncé mardi avoir suspendu leur travail auprès des réfugiés, après la multiplication d’attaques et de menaces sur l’île grecque de Lesbos, où des dizaines de migrants, arrivés en masse ces derniers jours, se trouvaient sans toit sur le port de Mytilène.

Proche des côtes turques, Lesbos a vu une recrudescence des arrivées de migrants depuis que la Turquie a ouvert ses frontières en fin de semaine dernière. Quelque 1.720 migrants ont rejoint les îles de la mer Égée en quatre jours, de source gouvernementale, s’ajoutant au 38.000 exilés déjà présents sur ces territoires grecs.

La tension est montée d’un cran sur l’île de Lesbos, où la situation a déjà atteint un point de rupture avec plus de 19.000 personnes vivant dans des conditions misérables dans un camp prévu pour moins de 3.000 personnes.

Exaspérés de porter le fardeau d’un système d’asile européen qu’ils jugent défaillant, les insulaires protestent contre l’arrivée de nouveaux exilés et réclament la décongestion de leur île.

Le mécontentement s’est transformé en violence ces derniers jours, ciblant notamment des travailleurs sociaux et perturbant leur capacité à aider les réfugiés, selon plusieurs ONG basées sur l’île.

« Quand la nuit tombe, il y a sans arrêt des attaques contre des membres d’ONG, des personnes venues ici en tant que bénévoles », a indiqué Douglas Herman, co-fondateur de l’organisation Refocus, qui donne des cours aux réfugiés.

– Les bénévoles quittent l’île –

La police, taxée d’inaction dans ces incidents, a ouvert une enquête après « plusieurs dénonciations d’attaques envers des individus et des voitures » sur l’île, a-t-on appris de source policière.

« La plupart des organisations ont décidé de suspendre leurs opérations, certaines indéfiniment. Plusieurs ONG ont demandé à leurs équipes de quitter l’île », a expliqué M. Herman à l’AFP, ajoutant que les six membres de son équipe étaient sur le départ.

La violence est le fait de mobilisations « fascistes », a-t-il fustigé, décrivant des routes coupées à travers l’île, avec des attaques ou des menaces d’automobilistes.

« Des personnes avec des chaînes frappent les véhicules et essayent d’atteindre les personnes à l’intérieur avec des les bouts de verre cassés », a indiqué M. Herman.

Plusieurs membres de l’ONG néerlandaise Boat Refugee Foundation, qui dispense des soins médicaux dans le camp insalubre de Moria, ont été « attaqués » par des insulaires dimanche.

« Leurs voitures ont été frappées avec des barres de fer », a relaté un porte-parole à l’AFP, estimant que les assaillants étaient « un groupe d’extrême droite qui veut empêcher les ONG de faire leur travail à Lesbos et dissuader d’autres réfugiés d’arriver ».

Lundi soir, l’équipage du Mare Liberum, un bateau observatoire des droits de l’Homme qui navigue en mer Égée, a indiqué avoir été attaqué par « un groupe de fascistes », alors qu’il était amarré au port de l’île.

« Ils ont crié, nous ont menacés et ont balancé de l’essence sur notre pont! », a écrit l’organisation sur Twitter.

– Camp improvisé sur le port –

Adrian Kok, président de Connect by Music, qui dispense des cours de musique aux réfugiés, a informé l’AFP que tous leurs bénévoles expatriés étaient renvoyés à Athènes tandis que les locaux avaient cessé de travailler.

Faute de prise en charge, plusieurs dizaines de migrants arrivés ces derniers jours passeront une nouvelle nuit sur le port de Mytilène où un campement a été improvisé.

Des centaines de demandeurs d’asile hébergés au camp de Moria sont descendus sur le port après avoir entendu dire qu’un bateau emmènerait les migrants sans toit vers le continent. Ils ont été repoussés par la police et le navire n’est pas arrivé.

« Tous ceux qui débarquent sur les îles seront systématiquement envoyés sur le continent par des bateaux affrétés spécialement, avant d’être renvoyés dans leur pays », a déclaré Haralambos Athanasiou, député de la Nouvelle Démocratie pour Lesbos.

Tous les associations ne partent pas pour autant. « Nous n’avons pas l’intention de partir », a annoncé le coordinateur médical de Médecins du Monde à Lesbos, Dimitris Patestos, ajoutant qu’ils allaient « continuer d’aider des gens dans le besoin ».

Il y a « de la peur et de l’insécurité » au sein de l’équipe mais l’organisation n’a jamais eu de problèmes avec la communauté locale, a-t-il ajouté.

Le coronavirus s’invite au menu des instances sportives

CIO, UEFA, ministère des sports en France: confrontées à l’épidémie de nouveau coronavirus, les autorités du sport s’interrogent sur le maintien des compétitions sportives et sur les mesures de précaution à prendre, mais ne prennent pas de décision hâtive.

Les instances dirigeantes du sport ne peuvent éviter le sujet: l’UEFA, réunie en comité exécutif lundi puis en congrès mardi à Amsterdam, tout comme le Comité international olympique, en commission exécutive pour deux jours à Lausanne mardi et mercredi, l’ont ajouté à leur menu.

Officiellement, l’optimisme règne quand à la tenue des principaux événements sportifs de l’année: le Comité international olympique (CIO) se prépare pour des Jeux olympiques de Tokyo « réussis », selon les termes de son président Thomas Bach, et l’UEFA assure à l’AFP qu’il « n’est pas nécessaire de modifier quoi que ce soit dans le calendrier prévu » pour l’Euro.

Mais la compétition doit débuter le 12 juin en Italie, le pays européen le plus touché par le virus, avec 2.502 cas positifs et 79 décès selon le dernier bilan. L’épidémie a déjà des conséquences directes sur les clubs de football de la botte: cinq rencontres de Serie A ont été reportées le dernier week-end, et le 8e de finale retour de Ligue des champions entre Valence et l’Atalanta Bergame sera joué à huis clos, mardi 10 mars.

C’est le premier match de C1 concerné par des mesures de restriction depuis l’arrivée du coronavirus en Europe. Dans le même temps, le ministère espagnol de la santé a également décrété le huis clos pour Getafe-Inter Milan, le 19 mars, en Ligue Europa.

L’UEFA précise être « en contact avec les autorités internationales et locales compétentes concernant le coronavirus et son développement ». Et, de fait, « ne pourra pas passer outre » des décisions gouvernementales, a reconnu mardi Noël Le Graët, président de la Fédération française de football.

« Ceci dit, annuler les matches, c’est ajouter à la panique je crois », a-t-il ajouté, promettant qu' »on ne dépassera pas les ordres que nous recevrons. »

Le président de l’UEFA, le Slovène Aleksander Ceferin, a pour sa part appelé à « ne pas surréagir ». « Nous pensons pouvoir bien gérer le dossier », a-t-il assuré.

– « Des JO de Tokyo réussis » –

A Lausanne, le CIO a évoqué également le sujet, pour réitérer sa « confiance » dans des JO de Tokyo « réussis », selon les propos de son président Thomas Bach.

Un membre éminent du CIO, le Canadien Dick Pound, a indiqué que celui-ci n’envisagerait pas de reporter ou d’annuler les JO de Tokyo tant que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne l’aura pas invité à le faire.

Si aucune décision n’est prise concernant les événements prévus dans plusieurs mois, ceux qui ont débuté ou vont commencer sont en revanche touchés.

C’est le cas du Tournoi des six nations, dont la rencontre Irlande-Italie, prévue ce week-end, a été reportée sine die. Toutes les autres rencontres sont « pour l’instant » maintenues, a indiqué lundi à l’AFP un porte-parole du Comité des Six nations en marge d’une réunion des organisateurs de la compétition.

Mais certains pays, à l’image de la France, ont pris des mesures pour éviter la propagation du virus.

– Suspension du championnat suisse –

La ministre française des Sports, Roxana Maracineanu, a réuni mardi matin les représentants des ligues professionnelles et du mouvement sportif. Pour l’heure, aucune annonce: les décisions doivent se prendre « au cas par cas avant chaque match avec les préfets », a précisé la ministre lors d’un point presse. « Aujourd’hui (les matches de L1 et de Top 14) ne sont pas soumis à des restrictions particulières », a-t-elle ajouté.

Rien de semblable pour le moment, donc, à la décision prise en Suisse de suspendre le championnat de football jusqu’au 23 mars, une première en Europe depuis le début de l’épidémie de Covid-19.

Celle-ci, partie de Chine, a gagné plus de 70 pays et territoires, et se développe aujourd’hui bien plus vite à l’extérieur qu’en Chine. Le nombre de cas dans le monde s’élevait à 92.722, dont 3.155 décès, dans 77 pays, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mardi à 17H00 GMT.

Barrage sur le Nil: l’Ethiopie fustige une médiation américaine « non-diplomatique »

L’Ethiopie a qualifié mardi de « non-diplomatiques » les efforts américains de médiation entre Addis Abeba et Le Caire au sujet de l’immense barrage éthiopien sur le Nil, mais s’est engagé à poursuivre les négociations.

Appelé à devenir la plus grande installation hydroélectrique d’Afrique, le Grand barrage de la Renaissance (Gerd) que l’Ethiopie construit sur le Nil Bleu (qui rejoint au Soudan le Nil Blanc pour former le Nil) est une source de forte tensions avec l’Egypte depuis 2011.

Après neuf années de blocage, les Etats-Unis sont intervenus dans les négociations à la demande du Caire, leur proche allié et, depuis novembre 2019, le Trésor américain parraine, avec la Banque mondiale des discussions entre Ethiopie, Egypte et Soudan, également situé en aval du barrage.

Fin février, le Trésor américain a affirmé dans un communiqué qu’un accord avait été trouvé et exhorté l’Ethiopie à le signer « le plus rapidement possible ».

Addis Abeba, qui n’avait pas voulu participer au dernier cycle de négociations en date, a ensuite exprimer sa « déception ».

Cependant, mardi, le ministre éthiopien des Affaires étrangères Gedu Andargachew a assuré au cours d’une conférence de presse que son pays poursuivrait les discussions sous parrainage américain, mais a averti Washington de ne pas précipiter le processus ou tenter d’influer sur le résultat.

« Nous considérons le récent communiqué américain non diplomatique », a déclaré M. Gedu. « Nous voulons que les Américains jouent un rôle constructif. Tout autre rôle est inacceptable (…) Si les Américains exercent des pressions, cela doit être sur toutes les parties, pas seulement sur nous ».

L’Ethiopie estime le Gerd essentiel pour son développement économique, alors que l’Egypte – dont l’irrigation et l’eau potable dépendent à 90% du Nil – le considère comme une menace vitale.

Le Caire s’inquiète de son impact sur le débit du fleuve, en premier lieu en cas de remplissage trop rapide du réservoir – qui peut contenir 74 milliards de m3 d’eau.

Selon le Trésor américain, ce remplissage « ne devrait pas avoir lieu sans accord » entre les trois pays, mais l’Ethiopie a affirmé qu’elle l’entamerait « en parallèle » à la construction du barrage, alors que la date de futures discussions reste indéterminée.

Mardi, le ministre éthiopien de l’Eau Seleshi Bekele a précisé à l’AFP que le remplissage du réservoir pourrait commencer au début de la prochaine saison des pluies, en juin.

Selon William Davison, analyste en charge de l’Ethiopie pour le centre de réflexion International Crisis Group (ICG), le communiqué américain sous-entend qu’un début de remplissage du réservoir sans accord « violerait le principe de droit international de ne pas causer de dommage significatif aux nations en aval ».

« L’Ethiopie est en désaccord avec ça et a raison d’être inquiète » mais « il n’est pas évident que les Etats-Unis ont l’intention de faire appliquer cette position et il est plus que probable que les négociations se poursuivent d’une façon ou d’une autre », a-t-il ajouté.

Face au coronavirus, le CIO répète sa confiance dans la « réussite » des JO de Tokyo

En pleine crise du coronavirus et à moins de cinq mois des Jeux olympiques de Tokyo-2020, le Comité olympique international (CIO), par la voix de son président Thomas Bach, s’est de nouveau voulu rassurant mardi, réitérant sa « confiance » dans des JO de Tokyo « réussis ».

Malgré un bilan de l’épidémie de coronavirus qui dépasse les 3.000 morts et l’annulation ou le report de nombreux événements sportifs internationaux, notamment en Asie, berceau du virus, le CIO n’évoque officiellement ni annulation, ni report, encore moins de plan-B.

Les JO-2020 sont programmés du 24 juillet au 9 août.

« Le CIO réaffirme son total engagement à assurer le succès des Jeux olympiques de Tokyo-2020 », a déclaré M. Bach, reprenant devant de nombreux médias et télévisions les termes d’un communiqué publié peu avant.

« Nous restons très confiants dans la réussite des JO de Tokyo », a ajouté le patron du CIO, en marge d’une réunion de deux jours de la Commission exécutive qui se refermera mercredi soir.

Le patron allemand de l’instance n’a répondu à aucune question et n’a absolument pas fait référence aux propos de la ministre japonaise des Jeux olympiques qui a indiqué mardi que le Japon risque d’être privé des JO s’il les reporte au-delà de l’année 2020 du fait de l’épidémie de coronavirus.

Seiko Hashimoto a précisé devant le Parlement qu’elle faisait référence au contrat conclu entre Tokyo, le Comité olympique japonais et le CIO. Elle a également précisé que fin mai serait crucial pour prendre une décision.

Vendredi déjà, M. Bach avait tenu le même discours rassurant auprès des médias japonais, en déclarant que le CIO « est totalement déterminé à la tenue de JO couronnés de succès à Tokyo ».

Un autre membre éminent du CIO, le Canadien Dick Pound, avait indiqué plus tôt à l’AFP que le CIO n’envisagerait pas de reporter ou d’annuler les JO de Tokyo tant que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne l’aura pas invité à le faire.

– « test-events » à huis clos? –

Mais le temps presse. Sportifs comme fédérations internationales s’interrogent non seulement sur la tenue des JO mais aussi sur celle d’une quinzaine de « test-events » qui doivent encore se tenir au Japon avant l’ouverture des JO.

Ainsi, des « test-events » de gymnastique, natation, cyclisme ou encore voile sont-ils programmés. Et selon certaines fédérations, ces épreuves qui doivent encore distribuer des quotas qualificatifs pour les JO, pourraient se tenir à huis clos.

Interrogée par l’AFP, l’Union cycliste internationale (UCI) qui doit organiser au Japon des épreuves sur piste et de BMX avant les JO, a indiqué qu’elle « évalue la situation et prendra une décision très vite ».

S’adressant aux sportifs, M. Bach a ajouté que le CIO « encourage tous les athlètes à continuer à se préparer pour les JO de Tokyo-2020 ».

Ce dernier a également rappelé qu’un groupe de travail avait été constitué à la mi-février, comprenant le CIO, le Comité d’organisation des JO de Tokyo-2020, la ville de Tokyo, le gouvernement nippon et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

« Le CIO apprécie et soutient les mesures prises, qui constituent une part importante du plan de Tokyo pour accueillir des Jeux sûrs et sans danger », a souligné l’instance.

« Nous poursuivrons cette consultation régulière avec le groupe de travail afin de pouvoir répondre à tout nouveau développement », a ajouté M. Bach.

– Tokyo par visioconférence –

Les conséquences de la crise du coronavirus doivent de nouveau être abordées mercredi dans le rapport que dresseront par visioconférence le Comité d’organisation des JO de Tokyo et le président de la Commission de coordination, l’Australien John Coates.

Les JO de Paris sont également au programme, la Commission exécutive devant formellement valider mardi après-midi le choix de Tahiti pour le surf et du site de la Concorde à Paris pour plusieurs sports urbains.

Tony Estanguet, président du Comité d’organisation de Paris-2024, attendu initialement à Lausanne, a finalement été invité à s’exprimer par visioconférence depuis Paris. Dans le contexte de la crise du coronavirus, cette décision « s’inscrit dans le cadre des recommandations du CIO de limiter les déplacements », a indiqué l’instance à l’AFP.

L’Afrique du Sud replonge dans la récession, la deuxième en deux ans

L’Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, a replongé dans la récession en 2019 pour la deuxième année consécutive, des mauvais chiffres imputables notamment aux coupures d’électricité à répétition qui handicapent son économie.

Le produit intérieur brut (PIB) du pays s’est contracté de 1,4% au quatrième trimestre 2019, après une baisse de 0,8% au troisième trimestre, a annoncé mardi l’Office national des statistiques (StatsSA).

« L’Afrique du Sud est entrée dans sa troisième #récession depuis 1994 », l’année de la fin du régime de l’apartheid, a précisé l’institution, la deuxième récession depuis l’arrivée au pouvoir de Cyril Ramaphosa en 2018.

Le pays avait enregistré sa première récession post-1994 lors de la crise mondiale de 2008-2009.

Sur l’ensemble de l’année 2019, l’Afrique du Sud a enregistré une croissance de 0,2%, la plus faible depuis la tempête financière qui a balayé la planète, selon StatsSA.

Depuis des années, le pays semble englué dans une crise qui se manifeste par une croissance molle, la détérioration des finances publiques, le chômage de masse (29,1%) et, plus récemment, des pannes d’électricité à répétition.

Les chiffres de la croissance « ne sont pas plaisants mais en même temps ils ne peuvent en aucun cas être un choc ou une surprise car les signes étaient là », a réagi mardi M. Ramaphosa, citant les délestages et « leur impact sur la production ».

« Nous avons besoin d’un approvisionnement fiable et durable » en électricité, a-t-il insisté, soulignant « le besoin urgent de continuer » les réformes engagées par son gouvernement, notamment la libéralisation du marché de l’énergie.

– Anticipation de l’arrivée du coronavirus –

Le groupe public Eskom, qui croule sous une dette abyssale de 26 milliards d’euros, fournit actuellement plus de 90% de l’électricité du pays.

Le gouvernement tablait encore la semaine dernière sur une croissance de seulement 0,9%. Mais M. Ramaphosa a mis en garde mardi contre l’impact économique négatif de l’épidémie de coronavirus partie de Chine.

Ce n’est qu’une question de temps avant que des cas soient déclarés en Afrique du Sud, a-t-il estimé. « On va être affecté assez négativement » sur le plan économique par la propagation du virus Covid-19, a-t-il prévenu.

Dans ce contexte, les prévisions de croissance du gouvernement « semblent aujourd’hui trop optimistes », a estimé l’économiste Raymond Parsons, de l’université du North West.

« Pour 2020, la croissance devrait être de l’ordre de 0,6% », et non de 0,9%, a-t-il anticipé.

Au quatrième trimestre 2019, les « principaux freins de l’activité » ont été les transports (-7,2%) et le commerce (-3,8%), selon StatsSA.

La construction et l’agriculture, qui souffre d’une longue sécheresse, ont elles aussi plombé l’économie sud-africaine, que Cyril Ramaphosa promet depuis deux ans de relancer.

Mais jusqu’à présent, l’ex-syndicaliste reconverti en capitaine d’industrie essuie échec sur échec.

– Entreprises publiques « zombies » –

De nombreuses entreprises publiques sud-africaines traversent de graves difficultés, conséquences d’années de mauvaise gestion et de corruption sous la présidence de son prédécesseur Jacob Zuma (2009-2018).

Outre les difficultés du groupe Eskom, la compagnie aérienne South African Airways (SAA) a été placée en redressement pour éviter la faillite. Elle a depuis fermé une dizaine de destinations et doit annoncer prochainement un plan social.

Pour le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), la récession est « en grande partie » liée à « l’échec du gouvernement » en matière de libéralisation de la production de l’électricité, aux « plans de sauvetage permanents d’entreprises publiques zombies et au niveau intenable » de la dette.

Pour la DA, la solution passe par « la libération de l’économie du poids mortel d’un Etat défaillant ».

A l’inverse, le parti de gauche radicale des Combattants pour la liberté économique (EFF, opposition), a pointé du doigt « les politiques néo-libérales de Cyril Ramaphosa » qui « aggravent » la situation économique.

Avec son entrée en récession, l’Afrique du Sud se retrouve plus que jamais sous la menace d’une dégradation de sa note financière par l’agence Moody’s, la seule des trois grandes à ne pas l’avoir encore dégradée au rang d’investissement spéculatif.

Fitch and S&P l’ont reléguée dans cette catégorie dès 2017.

Une telle sanction pourrait causer un exode des investisseurs et accroître la pression sur la devise locale.

USA: au moins 19 morts dans de violentes tornades dans le Tennessee

Au moins 19 personnes sont mortes lorsque de violentes tornades ont frappé le Tennessee, notamment la région de Nashville, la capitale de la musique country aux Etats-Unis, provoquant de nombreux dégâts et privant des dizaines de milliers de personnes de courant.

Les secours s’activaient toujours à la recherche de rescapés et de personnes disparues, a affirmé mardi à l’AFP un responsable de l’Agence de gestion des urgences du Tennessee (TEMA). Le bilan des tempêtes qui ont frappé cet Etat du sud-est du pays dans la nuit risque donc de s’alourdir.

Des tornades « ont traversé le Tennessee, endommageant gravement des bâtiments, des routes, des ponts » dans plusieurs comtés, selon TEMA.

Toits effondrés, fenêtres brisées: le centre-ville de « Music City », comme est surnommée Nashville, passage obligé pour les amateurs de country, a été touché. Morceaux de tôle et débris jonchaient plusieurs rues, selon les images diffusées sur les médias locaux. Une quarantaine de bâtiments ont été détruits, d’après les autorités.

Partout où les tornades sont passées, des arbres et des poteaux électriques ont été arrachés et des maisons éventrées.

« Je crois que j’ai de la chance d’être vivant et je dois encore digérer » ce qui s’est passé, a dit à la télévision locale WTVF un résident dont la voiture a été écrasée par un panneau.

Les coupures de courant affectaient 47.000 clients mardi matin, selon Nashville Electric.

« Nashville souffre, et notre communauté a été dévastée », a tweeté le maire, John Cooper.

« Dans les heures à venir, nous allons continuer à déployer des équipes de recherche et de secours, à ouvrir des abris à travers l’Etat et à envoyer du personnel d’urgence aux communautés les plus durement frappées », a dit sur Twitter le gouverneur Bill Lee.

– Jour de scrutin –

Ces tornades ont frappé quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote dans 14 Etats américains dont le Tennessee pour le « Super Tuesday », étape déterminante des primaires démocrates aux Etats-Unis.

Les bureaux ont ouvert une heure plus tard que prévu dans les zones affectées, selon un responsable local.

D’après le maire John Cooper, une quinzaine de bureaux de vote, soit moins de 10% du total, ont été affectés par la tempête.

« J’ai mal au coeur pour les victimes et leurs familles. Courage, Nashville », a tweeté la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, tandis que Mike Bloomberg, autre candidat à l’investiture démocrate, disait observer les évènements « le coeur lourd ».

La star hollywoodienne Reese Witherspoon, qui a grandi à Nashville, a elle dit avoir « le coeur brisé ». « Je prie pour les familles qui ont perdu des êtres chers. Restez à l’abri s’il vous plaît », a tweeté l’actrice, dont le troisième enfant s’appelle Tennessee.

Primaires démocrates: ce qu’il faut savoir sur le « Super Tuesday »

Après quatre premiers scrutins, les primaires démocrates prennent une toute autre ampleur mardi avec l’avalanche de votes du « Super Tuesday », qui pourrait avoir un impact décisif sur la course pour désigner l’adversaire du président républicain Donald Trump en novembre.

Favori, Bernie Sanders parviendra-t-il pour autant à prendre une avance irrattrapable? Ou l’ancien vice-président Joe Biden, fort du retrait du trentenaire Pete Buttigieg et de la sénatrice Amy Klobuchar qui lui ont apporté leur soutien in extremis, réussira-t-il à faire le plein de voix modérées pour faire barrage au sénateur socialiste?

Et quel sera l’impact de l’entrée en lice du multimilliardaire Michael Bloomberg?

– 14 Etats aux urnes –

Depuis la pointe nord-est des Etats-Unis jusqu’au milieu du Pacifique, les primaires démocrates organisées mardi couvrent un immense territoire: 14 Etats ainsi que les îles Samoa américaines et les démocrates vivant à l’étranger.

La Californie, Etat classé à gauche aux 40 millions d’habitants, pèse de façon décisive. Le Texas (30 millions d’habitants), plus conservateur, est l’autre poids lourd de la journée.

Puisque les Etats du « Super Tuesday » reflètent la diversité des Etats-Unis, c’est l’occasion pour les candidats de démontrer qu’ils peuvent séduire partout… ou au contraire de voir exposée au grand jour leur incapacité à convaincre des électeurs assez variés pour avoir une chance de remporter la Maison Blanche.

Avec un territoire si vaste, plusieurs fuseaux horaires et divers modes de scrutin, notamment par courrier, les résultats pourraient mettre du temps à arriver.

– Un jackpot de délégués? –

Plus encore que le nombre d’électeurs, c’est le fait que plus d’un tiers des délégués sont distribués d’un coup qui fait de cette journée un moment-clé du calendrier électoral américain.

Pour décrocher l’investiture démocrate, un candidat doit afficher une majorité absolue (1.991) de ces délégués, assignés proportionnellement aux scores engrangés dans chaque primaire.

Or 1.357 délégués sont attribués lors du seul « Super Tuesday ». Par comparaison, seuls 155 avaient été distribués jusque-là.

Bernie Sanders domine les sondages dans les deux Etats les plus riches en délégués: la Californie (415 délégués) et le Texas (228).

Il faut impérativement qu’un candidat fasse plus de 15% pour recevoir des délégués. Pour rester dans la course au niveau national, il faut donc absolument franchir ce seuil dans les gros Etats comme la Californie.

– Bloomberg entre en piste –

Après avoir déjà dépensé plus d’un demi-milliard de sa fortune personnelle pour financer ses publicités de campagne, l’ex-maire de New York va pour la première fois affronter le verdict des urnes.

Un premier débat raté et une deuxième performance peu convaincante ont fait baisser sa courbe dans les sondages mais il figure toujours en troisième place, derrière Bernie Sanders et Joe Biden.

– Vers une absence de majorité? –

Le prétendant démocrate à la Maison Blanche sera officiellement désigné lors d’une convention organisée, du 13 au 16 juillet, à Milwaukee dans l’Etat du Wisconsin.

Fait rare: avec une course aussi haletante, il est possible qu’aucun candidat n’arrive avec en poche la majorité absolue de délégués nécessaire pour gagner, même si une vague de retraits à drastiquement réduit le nombre de concurrents à la veille du « Super Tuesday ».

Le grand favori Bernie Sanders argue déjà que celui qui aura alors une majorité relative devrait être désigné vainqueur. Mais ses rivaux appellent à s’en tenir aux règles du Parti démocrate.

Selon celles-ci, si personne n’obtient la majorité absolue lors d’un premier tour, les délégués dit « assignés » deviennent libres de voter pour quelqu’un d’autre au deuxième tour.

Et quelque 770 « super-délégués », des notables et élus du parti, entrent alors aussi en piste avec le pouvoir de faire basculer le scrutin.

Du fait de son statut d’ancien vice-président, Joe Biden est lui-même un « super-délégué ».

Au pays de « Bernie », la peur qu’il ne puisse pas gagner

« C’est Bernie contre l’+establishment démocrate+, ça va être difficile »: le sénateur Bernie Sanders a beaucoup de supporters dans son fief du Vermont, mais même ici, certains ont peur que ce « socialiste » revendiqué ne parvienne pas à remporter la Maisons Blanche et hésitent à voter pour lui en ce « Super Mardi ».

S’il y a bien une ville américaine dans laquelle le sénateur Bernie Sanders est aimé et respecté, c’est à Burlington, la « grande ville » de ce petit Etat frontalier du Canada, où cet enfant de Brooklyn est parti s’installer à la fin des années 60.

Ici, où il a été maire dans les années 80 avant d’être élu à la Chambre des représentants puis au Sénat, il prêche depuis plus de 40 ans un « socialisme » proche des gens et a montré qu’il pouvait former de larges coalitions. Notamment pour récupérer un grand terrain sur les bords du Lac Champlain dont il a fait un grand parc public, alors qu’il devait initialement accueillir des logements chics.

Et pourtant, si personne ne doute qu’il sortira vainqueur mardi soir de la primaire du Vermont – le moins peuplé des 14 Etats à voter ce mardi – beaucoup s’interrogent sur sa capacité à rassembler largement autour de son nom pour pouvoir défaire Donald Trump en novembre.

– « Inquiète pour le pays »

« Je l’aime bien, je trouve qu’il est vrai, qu’il est honnête, et je pense qu’il se soucie vraiment des gens et du pays », confie à l’AFP Miriam Burns, 77 ans, qui a fait campagne pour Bernie Sanders en 2016 lorsqu’il avait perdu contre Hillary Clinton.

« Mais je ne suis pas sûre que je vais voter pour lui. Je ne suis pas sûre qu’il puisse battre Trump, et ça me fait peur (…) On est tellement divisés. Avec Trump et tout ce qui s’est passé, et les républicains qui sont si forts, c’est juste que je suis vraiment inquiète pour le pays », a-t-elle ajouté.

Cette retraitée envisage donc de voter ce mardi pour l’ex-maire de New York Michael Bloomberg, incarnation des milliardaires et des élites dénoncés par M. Sanders.

Nat Caldwell, 52 ans, qui fait de la collecte de fonds pour une des trois universités locales, a lui clairement décidé de voter pour Michael Bloomberg, qui figurera pour la première fois mardi sur les bulletins de vote, tant il est sûr que Bernie ne peut pas gagner nationalement.

« Je crois qu’il est temps d’opter pour le pragmatisme plutôt que pour l’idéologie », dit-il. « On est dans une bulle ici, une bulle de gauche, ça en fait un endroit charmant à vivre à de nombreux égards, mais je ne crois pas que cela puisse s’appliquer au reste du pays actuellement ».

Les fans de Bernie, qui devraient être plusieurs milliers mardi soir pour un grand meeting avec leur héros à Burlington, s’inquiètent davantage maintenant que trois anciens candidats démocrates, les modérés Pete Buttigieg et Amy Klobuchar ainsi que Beto O’Rourke, se sont ralliés à la candidature de l’ex-vice président Joe Biden.

Jane Stromberg, 24 ans, chercheuse dans le domaine de l’environnement à l’Université du Vermont et elle-même candidate à un poste local ce mardi, considère Bernie Sanders comme « le candidat politique le plus cohérent de l’histoire des Etats-Unis ».

Mais « c’est Bernie contre +l’establishment+ démocrate (…), ça va être difficile », dit-elle.

Si elle est convaincue que Bernie Sanders a bien plus de chances cette année qu’en 2016, car le gouvernement Trump a rendu les gens « beaucoup plus désespérés », elle estime qu' »il faut s’attendre au pire, tout en espérant le meilleur ».

Même Trish Siplon, professeure de sciences politiques d’une université locale, pourtant convaincue que Bernie a de vraies chances de remporter l’investiture cette année, reconnaît que les derniers efforts des candidats modérés pour lui barrer la route lui rendent la tâche « pas facile ».

« C’est vrai que ça m’inquiète », dit-elle.

Elle redoute particulièrement le scénario de plus en plus souvent évoqué, où Bernie « arriverait à la convention démocrate avec le plus de délégués », mais pas la majorité, et que les modérés du parti s’entendent pour « le priver de l’investiture ».

« Ce serait désastreux », dit-elle, « pas juste pour moi parce que c’est mon candidat, mais parce que ce serait terrible pour le parti démocrate. Le parti devrait bien réfléchir avant d’aliéner ces électeurs qui sont l’avenir du parti ».

Migrants: alarmée, l’Europe dépêche ses dirigeants en Turquie et en Grèce

L’Union européenne a dépêché mardi en urgence de hauts responsables en Turquie pour protester contre sa décision de laisser passer les migrants, et a exprimé sa solidarité avec la Grèce voisine confrontée à un afflux à sa frontière.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et le commissaire européen à la Gestion des crises Janez Lenarcic doivent effectuer une visite de deux jours à Ankara pour des discussions « à haut niveau » sur la situation en Syrie, selon Bruxelles.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui s’est rendue en Grèce à Kastanies, à la frontière turque, a pour sa part durci le ton.

« Ceux qui cherchent à tester l’unité de l’Europe seront déçus », a-t-elle déclaré, au côté du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a jugé de son côté « inacceptable » mardi le « chantage » d’Ankara.

Des dizaines de milliers de personnes ont afflué vers la Grèce depuis que le président Recep Tayyip Erdogan a ordonné, vendredi, l’ouverture des frontières de son pays, réveillant en Europe la crainte d’une crise migratoire similaire à celle de 2015.

Mme von der Leyen, le président du Conseil Charles Michel et le dirigeant du Parlement européen David Sassoli se sont rendus en Grèce mardi en signe de solidarité.

Des responsables européens et des ONG accusent Ankara d’instrumentaliser les migrants pour faire « chanter » l’Europe et obtenir davantage d’appui, au moment où la Turquie est confrontée à ses frontières à un afflux de déplacés en Syrie où elle mène une offensive.

– Miradors –

Mardi, plusieurs milliers de migrants étaient toujours massés à la frontière grecque, fermée à double tour.

Campant dans des tentes de fortune bricolées avec des bâches à proximité du poste-frontière de Pazarkule (Kastanies, côté grec), certains attendent une hypothétique ouverture des portes grecques.

D’autres marchaient le long des eaux glacées du fleuve frontalier Evros à la recherche d’une faille dans le dispositif grec, et quelques barques au moteur pétaradant faisaient la navette entre les deux rives.

Mohammed Yasin, un Syrien âgé de 22 ans originaire d’Alep, indique à l’AFP qu’il a été renvoyé côté turc après avoir été intercepté par les garde-frontières grecs.

« Ils ont pris mon téléphone, mon argent et même mes chaussures », dit-il. « Je voulais aller en Allemagne ou un autre pays européen ».

Sur la rive grecque, des garde-frontières cagoulés et armés de fusils patrouillaient le long du fleuve, pendant que d’autres surveillaient la zone à la jumelle du haut d’un mirador.

Lundi, M. Erdogan a affirmé que « des millions » de migrants allaient « bientôt » submerger l’Europe, affirmant que chacun devra « prendre sa part du fardeau ».

– « Tester l’Europe »

Pour le moment, loin des chiffres évoqués par le président turc, plusieurs milliers de personnes tentaient de rejoindre la Grèce par la voie terrestre ou par la mer en gagnant les îles égéennes.

Entre samedi et lundi soir, « 24.203 tentatives d’entrées illégales ont été évitées, 183 personnes ont été arrêtées », selon le gouvernement grec.

Mme von der Leyen a promis mardi à la Grèce « 700 millions d’euros », dont la moitié immédiatement, pour gérer la nouvelle vague migratoire, et a assuré qu’Athènes recevrait « toute l’aide nécessaire ».

A la frontière, la situation fait les affaires des passeurs. « C’est désormais une activité autorisée (…) Je vois cela comme mon devoir », explique à l’AFP l’un d’eux, qui dit s’appeler Semih.

– Soutien américain –

La décision prise par la Turquie d’ouvrir ses frontières intervient au moment où Ankara, qui a déclenché une offensive majeure contre le régime syrien après avoir essuyé de lourdes pertes, cherche à obtenir un appui occidental.

Mardi, la Turquie a annoncé avoir abattu un avion du régime, le troisième depuis dimanche, dans le cadre de son opération baptisée « Bouclier du Printemps » qui se déroule dans la province d’Idleb (nord-ouest).

Ces affrontements se produisent à deux jours d’une rencontre cruciale à Moscou entre M. Erdogan et le président russe Vladimir Poutine, dont le pays appuie militairement le régime de Bachar al-Assad. Ankara espère arracher une trêve lors de ces discussions.

En dépit de leurs intérêts divergents dans ce conflit qui a fait plus de 380.000 morts depuis 2011, Moscou et Ankara ont renforcé leur coopération ces dernières années. Mais la situation à Idleb a tendu leurs rapports.

L’offensive que mène depuis décembre le régime dans ce dernier bastion rebelle et jihadiste en Syrie a provoqué une catastrophe humanitaire, avec près d’un million de personnes déplacées.

Une délégation américaine, dont le représentant spécial des Etats-Unis pour la Syrie James Jeffrey et l’ambassadrice américaine à l’ONU Kelly Craft, s’est rendue mardi à la frontière entre la Turquie et la Syrie, en signe de solidarité avec Ankara.

Plus aucun cas d’Ebola en RDC, l’OMS « prudemment optimiste »

Il n’y a plus aucun cas confirmé de fièvre hémorragique Ebola en République démocratique du Congo, avec la sortie mardi de la dernière patiente encore hospitalisée dans un centre de traitement, a déclaré l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

La directrice régionale de l’OMS, le Dr Mathsidiso Moeti, s’est déclaré sur Twitter « prudemment optimiste » quant à une fin prochaine de cette épidémie officiellement déclarée le 1er août 2018.

L’épidémie sera officiellement terminée « dès qu’on aura atteint 42 jours sans aucun nouveau cas enregistré », précise un porte-parole de l’OMS à Kinshasa.

« Aucun nouveau cas n’a été confirmé pour le 13e jour consécutif », s’est félicité le bulletin épidémiologique quotidien du ministère de la Santé sur la base de données datant de lundi. « 350 cas suspects sont en cours d’investigation », ajoute-t-on.

Le dernier patient est sorti mardi du Centre de traitement d’Ebola (CTE) de Beni, dernière zone touchée dans l’est de la République démocratique du Congo.

Il s’agit d’une femme, Masika Mawasu Semida, qui a remercié les personnels de santé en sortant du CTE.

« L’OMS va continuer d’accompagner le ministère de la Santé dans le renforcement du système de santé à tous les niveaux », a déclaré un porte-parole local de l’OMS, Mory Keita.

Avec 2.264 victimes, la dixième épidémie d’Ebola enregistrée sur le sol congolais depuis 1976 est la deuxième la plus grave de l’histoire après celle qui a touché l’Afrique de l’Ouest en 2014 (plus de 11.000 morts principalement au Liberia, en Guinée et en Sierra Leone).

La ville de Beni a enregistré le plus grand nombre de cas (730 sur 3.444) et de décès (474 sur 2.264) depuis la déclaration l’épidémie le 1er août 2018 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

En février 2019, un nouveau malade du virus Ebola avait été découvert à Beni après vingt-trois jours sans nouveau cas, remettant en cause l’optimisme des autorités. Il existait à l’époque d’autres foyers de l’épidémie.

Près de 320.000 personnes ont été vaccinées. L’OMS a fait de cette épidémie une urgence sanitaire de portée internationale en juillet dernier, quand elle menaçait les pays voisins (Rwanda, Ouganda).

La RDC n’est officiellement pas touchée par la propagation mondiale du coronavirus.

Afghanistan: la reprise des attaques fait douter de la volonté de dialogue des talibans

Les talibans ont mené lundi plus de trente attaques contre des bases militaires, juste après avoir mis fin à une trêve partielle en Afghanistan, ce qui suscite des interrogations sur leur stratégie et sur leur volonté réelle de discuter avec le gouvernement de Kaboul.

Dans les dernières 24 heures, les talibans ont conduit 33 attaques dans 16 des 34 provinces du pays, a tweeté le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Nasrat Rahimi. « Six civils ont été tués et 14 blessés. Huit ennemis ont également été tués et 15 blessés », a-t-il écrit.

Deux soldats ont été tués dans une attaque survenue dans la province de Kandahar (Sud), a annoncé le gouvernement. Quatre membres des forces de sécurité ont également péri dans le Logar, a déclaré à l’AFP Didar Lawang, le porte-parole du gouverneur de cette province frontalière de Kaboul.

Ces violences sont intervenues à l’issue de neuf jours de trêve partielle, pendant lesquels le nombre des attaques s’était effondré en Afghanistan, à la grande satisfaction de la population, qui avait enfin pu respirer après quatre décennies de conflit.

Cette diminution des combats avait été imposée par Washington aux insurgés en tant que préalable à un accord signé samedi à Doha, dans lequel les Etats-Unis se sont engagés à un retrait complet des troupes étrangères d’Afghanistan dans les 14 mois en échange de garanties des rebelles.

Parmi celles-ci, les talibans ont accepté de participer à un dialogue inter-afghan avec le gouvernement afghan, son opposition et la société civile afin de tenter de s’entendre sur l’avenir du pays. Ces pourparlers doivent démarrer le 10 mars.

– Contradictions –

Mais alors que le président Ashraf Ghani avait annoncé dimanche la prolongation de la trêve partielle, le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a déclaré lundi à l’AFP qu’elle avait « pris fin », les forces de Kaboul se trouvant à nouveau dans la ligne de mire des insurgés.

D’après l’accord de Doha, non ratifié par son gouvernement, un éventuel cessez-le-feu n’est qu’un « élément » des discussions à venir et non une obligation pour que celles-ci se déroulent.

Le président afghan avait par contre rejeté dimanche l’un de ses principaux points, à savoir la libération de 5.000 prisonniers talibans en échange de celle de 1.000 membres des forces afghanes détenus par les rebelles.

Des contradictions de Washington peuvent expliquer ce différend.

Alors que les Etats-Unis qualifiaient ces libérations d' »objectif » qu’ils s' »engagent à atteindre » dans l’accord avec les talibans, Washington mentionnait simplement « des discussions » avec les insurgés « afin de déterminer la possibilité de libérer un nombre important de prisonniers », dans une déclaration américano-afghane parue samedi.

Les talibans font désormais de cette mesure un préalable à tout démarrage des discussions inter-afghanes, a déclaré mardi à l’AFP Suhail Shaheen. Alors que Kaboul avait envoyé des délégués à Doha pour préparer avec eux les pourparlers à venir, « notre délégation n’a pas rencontré la leur », a-t-il raconté.

« Pas étonnant que Ghani hésite à libérer les prisonniers : (ils constituent) un de ses rares leviers », a tweeté Vanda Felbab-Brown, une chercheuse à la Brookings Institution, un think-tank américain, pour qui la violence va « inévitablement » augmenter.

« Les talibans en sont arrivés là grâce à leurs fusils. (…) Donc ils doivent rester actifs sur le champ de bataille pour pouvoir gagner à la table des négociations, comme ils l’ont fait avec les Américains », estime de son côté Ahmad Saeedi, un analyste basé à Kaboul.

Interrogé par la chaîne américaine Fox News, le secrétaire d’État Mike Pompeo s’est toutefois montré optimiste. « J’ai donc vu beaucoup de remarques. Regardez ce qui se passe vraiment », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Jusqu’à présent, tout va bien. »

A Lesbos, les ONG prises pour cibles par des groupes « fascistes »

Plusieurs ONG ont annoncé mardi avoir suspendu leur travail auprès des réfugiés sur l’île grecque de Lesbos, et ont évacué leurs équipes après la multiplication d’attaques et de menaces de la part de groupes qualifiés de « fascistes ».

L’île grecque du nord de la mer Égée, située proche des côtes turques, connaît une recrudescence des arrivées de migrants depuis que la Turquie a ouvert ses frontières en fin de semaine dernière.

La tension est montée d’un cran à Lesbos, où la situation avait déjà atteint un point de rupture depuis plusieurs mois avec plus de 19.000 personnes vivant dans des conditions misérables dans un camp prévu pour moins de 3.000 personnes.

Exaspérés de porter le fardeau d’un système d’asile qu’ils jugent défaillant, les insulaires protestent contre la présence de nombreux exilés débarquant sur leurs côtes, estimant qu’ils menacent la sécurité, la santé publique et le tourisme sur l’île.

Le mécontentement s’est transformé en violence ces derniers jours, ciblant souvent des travailleurs sociaux et perturbant leur capacité à aider les réfugiés, selon plusieurs ONG basées sur l’île.

« Quand la nuit tombe, il y a sans arrêt des attaques contre des membres d’ONG, des personnes venues ici en tant que bénévoles », a indiqué Douglas Herman, co-fondateur de l’organisation Refocus, qui donne des cours aux réfugiés.

La police, taxée d’inaction dans ces incidents, a ouvert une enquête après « plusieurs dénonciations d’attaques envers des individus et des voitures » sur l’île, a-t-on appris de source policière.

« La plupart des organisations ont décidé de suspendre leurs opérations, certaines indéfiniment. Plusieurs ONG ont demandé à leurs équipes de quitter l’île », a expliqué M. Herman à l’AFP, ajoutant que les six membres de son équipe étaient sur le départ.

La violence est le fait de mobilisations « fascistes », a-t-il fustigé, décrivant des routes coupées à travers l’île, avec des attaques ou des menaces d’automobilistes.

« Des personnes avec des chaînes frappent les véhicules et essayent d’atteindre les personnes à l’intérieur avec des les bouts de verre cassés », a indiqué M. Herman.

Lundi soir, l’équipage du Mare Liberum, un bateau observatoire des droits de l’homme qui navigue en mer Égée, a indiqué avoir été attaqué par « un groupe de fascistes », alors qu’il était amarré au port de l’île.

« Ils ont crié, nous ont menacés et ont balancé de l’essence sur notre pont ! », a écrit l’organisation sur Twitter.

Adrian Kok, président de Connect by Music, qui dispense des cours de musique aux réfugiés, a informé l’AFP que tous leurs bénévoles expatriés étaient renvoyés à Athènes tandis que les locaux avaient cessé de travailler.

Côte d’Ivoire: 3,5 tonnes d’écailles de pangolin incinérées par les autorités

Les autorités ivoiriennes ont incinéré devant la presse mardi à Abidjan plus de 3,5 tonnes d’écailles de pangolin, mammifère le plus braconné au monde, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ces écailles avaient été saisies lors de diverses opérations en 2017 et 2018 et ont conduit à l’arrestation d’une vingtaine de personnes.

« C’est un trafic international qui a été démantelé. 3,6 tonnes d’écailles ont été incinérées. Cela se chiffre en milliards de francs CFA (millions d’euros). Nous luttons contre le braconnage mais aussi le trafic illicite des espèces protégées », a affirmé le ministre des Eaux et Forêts Alain Richard Donwahi, après avoir mis le feu à un des quatre bûchers.

« L’écaille de pangolin est très recherchée dans la médecine traditionnelle chinoise (…) et au Vietnam notamment. En Asie, le prix peut aller jusqu’à 1.000 dollars le kg et ici ca peut aller jusqu’à 10-15.000 F CFA (15 à 23 euros) », explique Rens Ilgen, coordinateur de l’ONG américaine Eagle, qui participé aux opérations.

Le trafic « est plus grand que ce pays. Il y a des chasseurs partout. Abidjan est une ville de commerce et ça (les écailles) se collecte ici », a-t-il poursuivi. L’ensemble du trafic autour des espèces protégées « représente 20 milliards de dollars dans le monde » alors que les peines encourues sont relativement faibles comparées à celles du trafic de drogue, a-t-il souligné.

« C’est la criminalité transnationale. Ce n’est pas un trafic localisé seulement en Côte d’Ivoire. Tous ces trafics planent sur toute la sous-région. Parfois ce sont des espèces qui ont été tuées en Guinée ou partout dans la sous-région. Ca transite par la Côte d’Ivoire pour aller vers pays asiatiques », a souligné le procureur d’Abidjan, Richard Adou.

« Il est essentiel que des personnes tapies dans l’ombre ne puissent pas profiter de la mort de nos espèces protégées », a-t-il ajouté.

L’ambassadeur américain Richard Bell a lui précisé que la Côte d’Ivoire avait aussi saisi 600 kg d’ivoire depuis 2017 et arrêté une trentaine de personnes: « Je salue tous ces efforts visant à protéger la faune et la flore qui constituent un patrimoine mondial ».

Israël: moisson « historique » pour les partis arabes aux législatives

Les partis arabes sont en voie mardi d’enregistrer le meilleur score de leur histoire à l’issue d’élections en Israël, une performance qui ne suffit toutefois pas pour atteindre leur objectif: empêcher la victoire de Benjamin Netanyahu, grand gagnant du scrutin.

Aux législatives de septembre dernier, la « Liste unie » des partis arabes avait surpris en s’imposant comme troisième force politique d’Israël avec 13 députés élus sur les 120 de la Knesset, le Parlement, le meilleur résultat combiné pour des formations arabes.

Six mois plus tard, les partis arabes espéraient obtenir 16 sièges en moissonnant la colère chez l’électorat arabe liée au « plan Trump » pour le Proche-Orient, soutenu par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Ce plan prévoit de faire de Jérusalem la capitale « indivisible » d’Israël, mais aussi de transférer le contrôle d’une dizaines de villes et villages arabes en Israël à un futur Etat palestinien, ce qui a choqué nombre des Arabes israéliens qui ont dit se sentir comme des citoyens de « second » rang.

La « Liste unie », qui rassemble des islamistes, des libéraux, des socialistes et des communistes, a conservé sa troisième place et devrait réaliser son meilleur score selon les dernières estimations, qui lui confèrent mardi 15 sièges.

« Il s’agit d’une réussite historique », s’est félicité Ayman Odeh, chef de la « Liste unie » lors d’une conférence de presse dans sa ville natale de Haïfa (nord). « Je veux remercier notre public, tant les électeurs arabes que juifs qui ont soutenu la Liste unie. »

La performance des partis arabes n’a toutefois pas réussi à diminuer le score de Benjamin Netanyahu, inculpé pour corruption dans une série d’affaires, qui se dirige lui aussi vers sa meilleure performance à la tête du Likoud (droite), avec 36 sièges selon les derniers résultats, non définitifs.

« Nous ne connaissons pas les résultats définitifs mais le gouvernement que formera Netanyahu sera le plus dangereux de l’histoire d’Israël », a prévenu mardi M. Odeh, qui qualifie le Premier ministre sortant de « plus grand provocateur des citoyens arabes ».

« Nous sommes prêts à nous engager dans un véritable combat avec l’extrême-droite, ce combat doit être populaire et doit se mener avec la participation du peuple arabe et des partis juifs démocratiques », a-t-il ajouté.

M. Odeh et une partie de ses troupes avaient, sans succès, recommandé à l’automne Benny Gantz, le rival de M. Netanyahu, au poste de Premier ministre afin de mettre un terme au règne du chef du gouvernement, attendu par la justice pour son procès le 17 mars.

Les Arabes israéliens, qui représentent environ 20% de la population israélienne, sont les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres après la création d’Israël en 1948.

Coronavirus: l’Afrique espère profiter des leçons d’Ebola

Pour faire face au coronavirus, les pays d’Afrique subsaharienne ne disposent que de fragiles systèmes de santé publique, mais ils peuvent s’appuyer sur l’expérience acquise au cours des précédentes épidémies d’Ebola en République démocratique du Congo et en Afrique de l’Ouest.

En 2014-2016, plus de 11.000 personnes sont mortes en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone essentiellement, pendant la pire épidémie d’Ebola jamais enregistrée. A l’époque, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait été accusée de retard dans sa réponse.

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus partie de Chine, qui a déjà fait plus de 3.000 morts dans le monde, seuls deux cas ont été officiellement confirmés en Afrique subsaharienne, au Nigeria la semaine dernière et au Sénégal lundi. Quelques cas ont aussi été enregistrés dans le nord du continent.

« Les épidémies d’Ebola ont permis aux pays (africains) d’avoir des bases sur lesquelles on s’appuie pour la préparation au Covid-19 », affirme Michel Yao, joint par l’AFP à Dakar.

Le directeur Afrique des programmes d’urgence de l’OMS cite la mise en place de systèmes de détection aux frontières des cas suspects, via une prise de température, et de structures d’isolement et de traitement dans les aéroports.

« Les ministères de la Santé ont maintenant l’obligation d’appliquer le Règlement sanitaire international (RSI, remontant à 2005), c’est-à-dire être en mesure de faire remonter précocement les épidémies et les cas, via le ministère, au niveau de l’OMS », a indiqué sur RFI le directeur des Affaires internationales de l’Institut Pasteur, Pierre-Marie Girard.

« Avec l’épidémie d’Ebola, on peut partir du principe que les systèmes de santé, les plateformes de coopération et communication et le +monitoring+ (suivi des cas) se sont développés », confirme Dorian Job, médecin basé à Dakar, responsable de programmes pour MSF aux Burkina, Niger, Nigeria et Cameroun.

« Il y a une meilleure surveillance, un meilleur suivi et cela va certainement aider », ajoute-t-il.

– 78 dollars –

Confrontés à des maladies multiples (paludisme, choléra, rougeole….), les pays africains se caractérisent par des systèmes de santé publique très précaires.

D’après la Banque mondiale, les dépenses de santé s’élevaient en 2016 à 78 dollars par habitant en Afrique subsaharienne, pour une moyenne mondiale de 1.026 dollars (avec des pointes à 9.351 dollars en Amérique du nord, et 3.846 dans l’Union européenne).

Le coronavirus arrive au moment où une autre « urgence de santé publique de portée internationale » frappe le continent: une nouvelle épidémie d’Ebola a en effet tué 2.264 personnes depuis août 2018 dans l’est de la République démocratique du Congo.

Aucun nouveau cas n’a été enregistré depuis près de deux semaines, mais les autorités doivent encore attendre 42 jours au total sans nouveaux cas pour déclarer la fin de l’épidémie.

Déjà mobilisées par Ebola, les autorités sanitaires congolaises prennent, pour prévenir l’arrivée du coronavirus, la température des voyageurs dès leur descente d’avion à l’aéroport de Kinshasa, ou quand ils traversent le fleuve Congo pour Brazzaville, la capitale du Congo voisin.

« Les mesures que nous avons prises pour lutter contre Ebola sont les mêmes que celles que nous avons prises contre le coronavirus, à savoir l’hygiène et le lavage des mains », détaille le professeur congolais Jean-Jacques Muyembe, chef de la riposte anti-Ebola.

Avec l’aide financière du Japon, Kinshasa vient aussi d’inaugurer un « centre de diagnostic et de recherche » au sein de son Institut national de recherche biologique (INRB).

Début février, seuls l’Afrique du Sud et le Sénégal disposaient de laboratoires pour tester des cas présumés de coronavirus. L’OMS a fourni depuis des équipements à une quarantaine de pays.

En Afrique de l’Ouest, les systèmes de santé sont encore marqués par la plus grave épidémie d’Ebola de l’histoire.

« Notre préparation est meilleure du fait des leçons apprises pendant la crise Ebola », affirme au Liberia le directeur général de l’Institut national de santé public, Mosoka P. Fallah.

« La population veut nous donner des informations, explique-t-il. Nous avons même plus de données que prévu, car les Libériens ont encore l’expérience d’Ebola en tête ».

Syrie: un avion du régime abattu par l’armée turque, le pilote tué (ONG)

Un avion de combat du régime syrien a été abattu mardi par l’armée turque dans la province d’Idleb en Syrie, où de violents combats opposent soldats des deux pays, a indiqué une ONG en faisant état de la mort du pilote.

Il s’agit du troisième avion de l’armée syrienne détruit depuis dimanche par l’aviation turque, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

De son côté, l’armée syrienne a abattu, selon l’agence officielle syrienne Sana, un drone turc près de la cité de Saraqeb dans le sud de le province d’Idleb, dernier grand bastion rebelle et jihadiste situé dans le nord-ouest du pays en guerre.

Selon l’OSDH, l’avion syrien a été abattu par un F-16 turc et s’est écrasé dans les régions aux mains du régime dans le sud de la province d’Idleb.

Le pilote s’est éjecté mais est mort, a ajouté l’ONG, sans être en mesure de dire s’il avait succombé à sa chute ou a été tué par les insurgés. Sa dépouille a été retrouvée mutilée dans la région de Deir Sounbol contrôlée par les rebelles, selon l’OSDH.

Sana a confirmé la « chute » d’un avion de combat visé par les forces turques mais n’a pas précisé le sort de l’équipage.

A Ankara, le ministère de la Défense a affirmé que « dans le cadre de l’opération +Bouclier du printemps+ qui se poursuit avec succès, un avion L-39 appartenant au régime (syrien) a été abattu ».

La Turquie, qui appuie certains groupes rebelles, déploie des soldats en Syrie voisine principalement dans la province d’Idleb, dernier grand bastion jihadiste et rebelle que le régime syrien cherche à reprendre.

Dimanche, la Turquie a annoncé mener une offensive contre le régime dans cette province après y avoir subi de lourdes pertes. Plus de 30 militaires turcs ont été tués la semaine dernière dans des frappes attribuées par Ankara au régime syrien.

Selon l’OSDH, 119 soldats syriens et 20 combattants prorégime ont été tués dans les bombardements turcs depuis jeudi.

Le régime de Bachar al-Assad s’est dit lundi déterminé à repousser l’offensive turque.

Avec l’aide de l’allié russe, ce régime a repris en décembre son offensive contre la région d’Idleb et a pu reconquérir la moitié de la province, selon l’OSDH.

L’offensive a poussé à la fuite près d’un million de civils d’après l’ONU et tué plus de 470 civils selon l’OSDH.

Mardi, au moins neuf civils dont cinq enfants ont été tués dans l’explosion d’un missile tiré par le régime sur la ville d’Idleb contrôlée notamment par le puissant groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (ex-branche syrienne d’Al-Qaïda), selon l’OSDH.

Un missile sol-sol de l’armée syrienne est tombé sur un quartier résidentiel de la ville, chef-lieu de la province du même nom.

Déclenché en 2011, la guerre en Syrie a fait plus de 380.000 morts.