Afrique / Actualité régionale Archives - Journal du Niger

Macky Sall candidat à l’ONU : Le lobbying commence à Paris

C’est une partie d’échecs qui se joue entre les bords de la Seine et les couloirs du palais de verre de New York. Officiellement désigné par l’Union africaine pour briguer le poste de Secrétaire général des Nations Unies, l’ex-président sénégalais Macky Sall a posé ses valises à Paris le 4 mars 2026. Entre quête de soutiens occidentaux et vents contraires à Dakar, le chemin vers la succession d’António Guterres s’annonce semé d’embûches.

 

Le « parrainage » discret d’Emmanuel Macron

Pour Macky Sall, Paris n’est pas qu’une escale, c’est un pivot. Sa rencontre prévue ce 5 mars avec Emmanuel Macron revêt une importance capitale. En plus, le président français, qui avait déjà encouragé le Sénégalais à quitter le pouvoir en 2024 plutôt que de s’obstiner vers un troisième mandat, voit d’un bon œil cette ambition internationale.

Cependant, la France joue la prudence. Si l’Élysée apprécie le profil de l’ancien chef d’État, aucune position officielle ne sera prise avant avril, date de la clôture des candidatures. Néanmoins, l’amitié entre les deux hommes est un secret de polichinelle, forgé lors de multiples dîners privés où le destin mondial de l’enfant de Fatick était déjà au menu.

 

Une équipe de choc et un obstacle « latino »

Dans l’ombre, Macky Sall ne chôme pas. Il s’appuie sur son fidèle sherpa, Oumar Demba Ba, diplomate chevronné qui a décliné les avances du nouveau pouvoir sénégalais pour rester fidèle à son ancien patron. Ensemble, ils tentent de briser la règle (informelle mais tenace) de la rotation régionale.

En effet, le tour devrait logiquement revenir à l’Amérique latine. Face au candidat africain, des poids lourds se préparent également :

  • Michelle Bachelet, l’ancienne présidente chilienne à la stature internationale incontestée.
  • Rafael Grossi, l’Argentin à la tête de l’AIEA, qui sera lui aussi à Paris le 10 mars prochain.

 

Le paradoxe de Dakar : l’ombre de Sonko

Mais le défi le plus complexe pour Macky Sall ne se trouve peut-être pas à New York, mais bien chez lui, au Sénégal. Pour réussir son pari, un candidat à l’ONU doit normalement bénéficier du portage diplomatique de son pays d’origine. Ou, à Dakar, le climat est glacial.

Si le président Bassirou Diomaye Faye hésite, le Premier ministre Ousmane Sonko ne cache pas son hostilité. Entre le scandale de la « dette cachée » et les blessures du passé, l’actuel exécutif rechigne à offrir ce tapis rouge à celui qu’ils ont combattu pendant une décennie. D’ailleurs, plusieurs dirigeants africains, dont le Burundais Évariste Ndayishimiye, tentent actuellement une médiation de la dernière chance pour convaincre Dakar de ne pas saborder la candidature du continent.

Décès de Boncana Maïga : l’Afrique pleure une icône de la salsa mandingue

À Bamako, le silence a remplacé la salsa, le rideau est tombé sur une vie consacrée à la musique. Le 28 février 2026, Boncana Maïga s’est éteint à l’âge de 76 ans, des suites d’une longue maladie, selon des sources familiales. Avec lui disparaît une mémoire vivante de la fusion afro-cubaine, une voix discrète mais décisive dans l’écriture musicale du continent.

Dans les rues de la capitale malienne, l’émotion est palpable. Car au-delà de la perte d’un artiste, c’est un pan entier de l’histoire culturelle africaine qui s’efface.

L’enfant de Gao devenu architecte sonore

Né en 1949 à Gao, Boncana Maïga s’impose très tôt comme un prodige. Il fait ses premières armes au sein du mythique Négro Band de Gao, symbole du Mali indépendant en quête d’identité artistique.

Mais c’est à La Havane, où il obtient une bourse d’études musicales dans les années 1960, que son destin bascule. L’immersion cubaine façonne son oreille et élargit son horizon. Il y découvre les architectures rythmiques de la salsa et les tisse, avec une rare élégance, aux sonorités mandingues.

De cette alchimie naît une signature unique, immédiatement reconnaissable.

L’âme de Las Maravillas et l’ombre bienveillante d’Africando

De retour en Afrique, Boncana Maïga fonde Las Maravillas de Mali, formation emblématique qui incarne la rencontre entre Bamako et La Havane. Plus tard, il contribuera à l’essor du collectif Africando, donnant à la salsa africaine une portée internationale.

Compositeur, arrangeur, producteur, il collabore avec de grandes voix du continent, façonnant des carrières sans jamais chercher la lumière pour lui-même. Son génie se glissait dans les orchestrations, dans ces cuivres vibrants et ces percussions qui racontaient l’Afrique en mouvement. Ainsi, son œuvre dépasse les frontières nationales pour devenir patrimoine commun.

Abidjan, seconde patrie musicale

Installé à Abidjan dès 1973, il y enseigne, produit et transmet. La Côte d’Ivoire devient son port d’attache artistique. À travers l’émission télévisée Stars Parade, il révèle de jeunes talents et offre une vitrine continentale à la création africaine.

Boncana Maïga n’était pas seulement un musicien. Il était un passeur. Un homme convaincu que la musique devait relier les peuples, abolir les distances et réconcilier les mémoires.

Une perte qui résonne jusqu’au Sahel

Au Niger, où la musique mandingue et les influences afro-cubaines ont nourri des générations d’artistes, la disparition de Boncana Maïga trouve un écho particulier. Son parcours rappelle que la culture ouest-africaine a toujours dialogué avec le monde.

En effet, son héritage témoigne d’une Afrique capable d’absorber, de transformer et de sublimer les influences extérieures sans renoncer à son âme.

L’écho d’un maestro

Aujourd’hui, les hommages affluent de Bamako à Dakar, d’Abidjan à Paris. Pourtant, derrière les mots, une même émotion : celle d’avoir perdu un maître discret, un bâtisseur d’harmonies.

Boncana Maïga laisse derrière lui une œuvre dense, lumineuse et profondément humaine. Ses arrangements continueront de vibrer dans les salles de concert, ses mélodies d’accompagner les fêtes familiales et les souvenirs d’enfance. Car certaines musiques ne meurent jamais. Elles deviennent mémoire.

À Dieu l’artiste.

Burkina Faso : un ex-employé de l’ambassade américaine condamné à vie pour abus sur mineures

Le verdict est tombé à Washington, mais l’affaire trouve son origine à Ouagadougou. Un ressortissant américain de 41 ans, ancien employé de l’ambassade des États-Unis au Burkina Faso, a été condamné le 26 février 2026 à la réclusion criminelle à perpétuité par un tribunal fédéral du Maryland pour abus sur  des adolescentes burkinabè.

Au terme d’un procès de deux semaines tenu en octobre 2025, le jury a reconnu Fode Sitafa Mara coupable de multiples chefs d’accusation liés à des agressions sexuelles sur mineures commises entre 2022 et 2023 dans la capitale burkinabè.

Des faits commis dans une résidence diplomatique

Selon les éléments présentés à l’audience, les faits se sont déroulés dans une habitation louée par l’ambassade américaine à Ouagadougou. Ce détail est déterminant : les résidences réservées au personnel diplomatique relèvent de la juridiction des États-Unis, permettant ainsi aux autorités américaines d’engager des poursuites.

Les enquêteurs ont établi que l’accusé aurait abusé à plusieurs reprises de deux adolescentes burkinabè âgées de 13 et 15 ans au moment des faits. Les victimes vivaient dans une grande précarité, dans un quartier proche de la résidence diplomatique.

D’après les documents judiciaires, l’homme aurait profité de la vulnérabilité de la famille, notamment de la maladie grave de la mère, pour exercer une pression sur les jeunes filles. Il leur aurait également fourni des téléphones afin de maintenir le contact à l’insu de son entourage.

Le jury fédéral du district du Maryland l’a reconnu coupable de quatre chefs d’abus sexuels aggravés sur mineure, ainsi que de tentative de coercition, d’incitation à un mineur et d’entrave à la justice.

Une affaire sensible pour la diplomatie américaine

Au-delà du drame humain, cette affaire met directement en cause la responsabilité des personnels affectés à l’étranger.

Dans un communiqué, des responsables du département américain de la Justice ont affirmé que le verdict « envoie un message clair » : les autorités américaines poursuivront tout citoyen impliqué dans des crimes sexuels contre des enfants, y compris lorsque ces faits se produisent hors du territoire national.

Les enquêteurs du Service de sécurité diplomatique (DSS), de l’Inspection générale de l’USAID et de la Homeland Security Investigations (HSI) ont mené conjointement les investigations, avec le soutien actif des autorités burkinabè. À Washington, les responsables ont salué cette coopération judiciaire transnationale.

Coopération judiciaire et protection des mineurs

L’affaire a été instruite dans le cadre du Project Safe Childhood, un programme lancé en 2006 par le département de la Justice des États-Unis pour lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants.

Pour les autorités américaines, cette condamnation à perpétuité vise à rappeler que le statut diplomatique ou la fonction exercée à l’étranger ne sauraient constituer un bouclier contre les poursuites.

Les autorités burkinabè ont participé activement à l’enquête, et Washington juge leur implication déterminante malgré une procédure menée aux États-Unis.

Un signal fort dans la lutte contre l’impunité

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte mondial de vigilance accrue face aux abus sexuels impliquant des personnels expatriés ou des travailleurs humanitaires.

En condamnant à la prison à vie un employé de mission diplomatique, la justice américaine entend démontrer que les crimes commis à l’étranger peuvent faire l’objet de poursuites sévères.

Si aucune peine ne peut effacer les traumatismes subis par les victimes, ce verdict marque néanmoins une étape importante dans la lutte contre les abus sur des mineurs et dans l’affirmation du principe de responsabilité, y compris au-delà des frontières.

Mali : NDC rachète la filiale de TotalEnergies

Le groupe français TotalEnergies cède sa filiale à l’entreprise malienne NDC. Un tournant stratégique dans le secteur des hydrocarbures

Au Mali, le paysage énergétique connaît une évolution majeure. La filiale locale du groupe français TotalEnergies passe désormais sous le contrôle de NDC, entreprise dirigée par le jeune entrepreneur malien Mamadou Niangadou.

L’opération marque une étape importante dans la recomposition du secteur des hydrocarbures au Mali, où les acteurs nationaux prennent progressivement davantage de place dans la distribution pétrolière.

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© NDC
PDG de NDC Mamadou Niangadou

Un réseau stratégique de 80 stations-service

La filiale concernée exploite environ 80 stations-service à travers le territoire malien et représente plus de 1 000 emplois directs et indirects. Autrement dit, il s’agit d’un maillon essentiel de l’approvisionnement en carburant du pays.

Initialement, la cession devait bénéficier à un autre opérateur, Coly Energy. Toutefois, à l’issue du processus, c’est finalement NDC qui reprend l’ensemble des activités. Les modalités financières de la transaction n’ont pas été rendues publiques.

 

L’ascension d’un acteur local

Peu connue du grand public il y a quelques années, NDC s’est imposée comme un acteur majeur de la logistique pétrolière au Mali. L’entreprise dispose d’une flotte de plus de 200 camions-citernes, assurant le transport et la distribution de carburants sur l’ensemble du territoire, y compris dans des zones parfois difficiles d’accès.

En prenant le contrôle d’un réseau aussi structurant, NDC franchit un cap décisif. Cette acquisition ne se limite pas à un simple changement d’actionnaire : elle symbolise une montée en puissance des capitaux nationaux dans un secteur longtemps dominé par les multinationales.

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Une tendance régionale

Cette opération s’inscrit dans un mouvement plus large observé en Afrique de l’Ouest. Au Burkina Faso, des investisseurs locaux ont récemment renforcé leur présence dans le secteur bancaire et énergétique.

Ainsi, au Mali, la reprise de la filiale de TotalEnergies par une entreprise nationale traduit une volonté croissante de souveraineté économique. Elle intervient dans un contexte où les États sahéliens cherchent à consolider leurs capacités internes, notamment dans les secteurs stratégiques.

 

Quels enjeux pour le Mali ?

Pour les autorités maliennes, l’enjeu est double. D’une part, assurer la continuité de l’approvisionnement en carburant dans un pays enclavé. D’autre part, préserver les emplois et maintenir la qualité des services dans les stations-service concernées.

Du côté des consommateurs, la question des prix et de la stabilité des stocks reste centrale. La transition devra donc être suivie de près afin d’éviter toute perturbation.

 

Une nouvelle étape dans la recomposition énergétique

En définitive, cette cession illustre l’évolution du paysage économique malien. La prise de contrôle par NDC pourrait renforcer l’ancrage local de la distribution pétrolière, tout en posant des défis en matière de gouvernance et de compétitivité.

Pour Bamako comme pour l’ensemble du Sahel, cette opération constitue un signal fort : les entreprises africaines ambitionnent désormais de jouer un rôle de premier plan dans des secteurs stratégiques autrefois dominés par les groupes internationaux.

Cyclone Gezani : la Russie livre 60 tonnes d’aide humanitaire à Madagascar

Au lendemain du passage du cyclone tropical Gezani à Madagascar, la Russie déploie une aide humanitaire d’envergure à Antananarivo, avec près de 60 tonnes de vivres et plusieurs hélicoptères mobilisés. Ce 27 février, une cérémonie officielle s’est tenue à l’aéroport international d’Antananarivo pour marquer la remise de cette assistance destinée aux populations sinistrées.

 

Plusieurs hauts responsables civils et militaires ont assisté à l’événement, dont le Président de la République, le Premier ministre et des membres du gouvernement. Cette forte représentation souligne l’importance politique accordée à ce geste de solidarité internationale.

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Une aide alimentaire et logistique structurée

L’assistance transmise par le biais du ministère russe des Situations d’urgence comprend près de 60 tonnes de denrées alimentaires. Dans le détail, 30 tonnes de riz, 16 tonnes de haricots rouges et 13 tonnes d’huile végétale ont été remises aux autorités malgaches.

Par ailleurs, via le ministère russe de la Défense, six camions ont été livrés pour faciliter la distribution. À cela s’ajoutent 600 kilogrammes de sucre, 600 kilogrammes de pâtes alimentaires et 600 kilogrammes d’huile de tournesol.

Autre élément notable : la mobilisation de deux hélicoptères Mi-8, des appareils polyvalents capables d’atteindre des zones enclavées. Par ailleurs, leur mission consiste à acheminer les vivres vers les régions difficilement accessibles, fortement touchées par les intempéries.

 

Une catastrophe aux lourdes conséquences

Le cyclone Gezani a provoqué d’importants dégâts matériels dans plusieurs localités malgaches, avec des habitations détruites, des routes coupées et des cultures endommagées. Dans un pays régulièrement exposé aux aléas climatiques, la question de la résilience demeure centrale.

L’intervention russe intervient donc dans un contexte d’urgence humanitaire où la rapidité d’action est déterminante pour limiter les pénuries alimentaires et les risques sanitaires.

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Une dimension diplomatique assumée

Au-delà de l’aspect humanitaire, cette opération traduit également un positionnement diplomatique. Le chargé d’affaires russe à Antananarivo, Alexeï Buriak, a évoqué une « solidarité sincère » envers le peuple malgache, insistant sur la tradition de coopération entre Moscou et Antananarivo.

Cette aide illustre, plus largement, la volonté de la Russie de consolider ses partenariats sur le continent africain à travers des actions concrètes, notamment dans les domaines humanitaire et sécuritaire.

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Madagascar : la distribution de l’aide russe, un test de coordination

En somme, l’initiative malgache souligne l’importance de mettre en place des mécanismes d’assistance rapide face aux catastrophes naturelles et met en lumière l’évolution des alliances internationales sur le continent. À Antananarivo, les autorités locales et leurs partenaires internationaux doivent désormais coordonner leurs efforts pour distribuer efficacement l’aide aux communautés sinistrées. Dans les prochains jours, ils veilleront également à ce que les vivres atteignent les zones les plus isolées et les plus touchées par le cyclone Gezani.

Seychelles : premier laboratoire africain de reproduction corallienne opérationnel

C’est une première en Afrique et dans l’océan Indien occidental. Aux Seychelles, un laboratoire terrestre dédié à la reproduction des coraux vient de réussir sa toute première ponte contrôlée. Une avancée scientifique majeure dans la lutte contre le blanchissement et la disparition des récifs, ces écosystèmes marins essentiels à la biodiversité et aux économies côtières.

 

Une naissance scientifique sur l’île de Praslin

Implanté sur l’île de Praslin, Canon EMEA a développé le centre en collaboration avec Coral Spawning International et l’ONG environnementale Nature Seychelles.

Depuis l’ouverture du laboratoire en novembre 2025, les équipes ont déjà franchi une étape symbolique en réussissant la reproduction d’une espèce clé, Acropora tenuis. En quelques semaines, les chercheurs ont généré environ 800 000 embryons à partir de 14 colonies de coraux. Ils ont ensuite permis à plus de 65 000 jeunes coraux de se fixer sur des supports, lançant ainsi leur phase de croissance.

Pour les scientifiques impliqués dans le projet, ces résultats se révèlent particulièrement prometteurs.

Aller au-delà des méthodes classiques

Jusqu’ici, la restauration des récifs reposait surtout sur la « fragmentation » : on replante des morceaux de coraux existants. Une technique efficace à court terme, mais qui produit des clones génétiquement identiques, donc plus vulnérables aux maladies et aux hausses de température.

Le nouveau laboratoire mise au contraire sur la reproduction sexuée contrôlée, qui favorise une diversité génétique accrue. En clair : des coraux plus résistants au stress thermique et mieux armés face au changement climatique.

Le recours à des technologies d’imagerie avancées fournies par Canon permet ainsi aux scientifiques d’observer avec une précision inédite les différentes étapes de la reproduction, du frai jusqu’à la fixation des larves.

Une réponse concrète à l’urgence climatique

Les récifs coralliens sont souvent qualifiés de « forêts tropicales des océans ». Ils abritent près de 25 % de la biodiversité marine et protègent les côtes contre l’érosion. Mais ils sont en danger : la hausse des températures provoque des épisodes massifs de blanchissement.

Aux Seychelles, pays dont l’économie dépend fortement du tourisme et de la pêche, la survie des récifs est une question stratégique.

Le Dr Nirmal Shah, dirigeant de Nature Seychelles, parle d’« un tournant décisif » pour la restauration corallienne locale. L’objectif désormais est clair : passer du stade expérimental à une production à grande échelle et commencer la transplantation des jeunes coraux sur les récifs naturels.

Énergie Capital & Puissance
© Énergie Capital & Puissance

Technologie et écologie : un partenariat inédit

Pour Canon, ce projet illustre la manière dont la technologie peut soutenir la recherche scientifique et la préservation de l’environnement.

Les équipements d’imagerie permettent non seulement de documenter les pontes, mais aussi de constituer une base de données essentielle pour mieux comprendre le cycle de vie des coraux aux Seychelles.

À terme, le centre ambitionne de devenir un pôle régional de formation, ouvert aux étudiants, aux scientifiques et aux gestionnaires de récifs venus d’Afrique et d’ailleurs.

Une dynamique qui peut inspirer l’Afrique de l’Ouest

Pour les pays du golfe de Guinée, où l’érosion côtière et la pression climatique deviennent préoccupantes, l’initiative seychelloise démontre qu’innovation technologique et savoir scientifique africain peuvent se conjuguer pour répondre aux défis environnementaux.

La restauration des récifs ne relève plus de la science-fiction. Elle devient une stratégie concrète, structurée et soutenue par des partenariats public-privé.

Restaurer aujourd’hui pour protéger demain

Ce laboratoire pionnier marque le début d’un programme de long terme. D’autres pontes sont prévues dans les mois et années à venir. Les chercheurs suivront attentivement la survie des coraux transplantés en milieu naturel afin de mesurer leur résistance face aux vagues de chaleur marine.

Dans un monde confronté à une crise climatique sans précédent, cette réussite envoie un signal fort : l’Afrique peut être à l’avant-garde des solutions environnementales.

Tchad : les salaires de février 2026 annulés après une erreur de calcul

À N’Djamena, l’annonce a pris de court des milliers de fonctionnaires. Le versement des salaires du mois de février 2026 a été annulé à la suite d’une erreur de calcul détectée par les services financiers de l’État. Une décision inhabituelle, officialisée par la Trésorerie Paierie Générale, qui soulève des interrogations sur la fiabilité des mécanismes de gestion salariale au Tchad.

À cet effet, le Trésorier Payeur Général, Abakar Djeroua Sirinou, a signé un communiqué invitant les banques à suspendre immédiatement les virements en cours et à reverser les montants concernés sur le compte du Trésor public logé à la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC).

 

Une erreur technique aux conséquences sociales

Les autorités locales, en coordination avec la direction nationale de la BEAC, ont constaté l’anomalie après des vérifications. Elles n’ont pas précisé la nature exacte de l’erreur : mauvais paramétrage informatique, problème de fichier ou décalage comptable.

Si l’incident se veut technique, ses répercussions sont bien réelles. Dans un contexte économique marqué par la hausse du coût de la vie et une dépendance forte au salaire mensuel, tout retard de paiement pèse directement sur les ménages. D’ailleurs, L’attente prolongée d’une régularisation peut fragiliser des familles déjà exposées à des charges fixes incompressibles : loyers, scolarité, alimentation.

Les agents publics surveillent désormais leurs comptes en attendant que les autorités communiquent un nouveau calendrier de paiement.

 

Une question de gouvernance budgétaire

Au-delà de l’incident ponctuel, cette suspension met en lumière les défis persistants de modernisation de la chaîne de dépense publique. Dans de nombreux pays de la zone CEMAC, la gestion des salaires de la fonction publique représente une part importante du budget de l’État. Ainsi, la fiabilité des systèmes de traitement informatique et la coordination entre Trésor, banques commerciales et banque centrale sont essentielles.

Un dysfonctionnement de cette nature interroge donc la robustesse des dispositifs de contrôle interne et la capacité d’anticipation des autorités financières.

 

La BEAC au cœur du dispositif

La Banque des États de l’Afrique Centrale, institution commune aux pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), joue un rôle central dans la gestion des flux financiers publics. En tant que dépositaire des comptes du Trésor, elle constitue un maillon clé dans la sécurisation des paiements de l’État.

Par ailleurs, La collaboration entre la Trésorerie tchadienne et la BEAC a permis de détecter l’erreur avant que les montants concernés ne soient définitivement consommés. Un point que les autorités pourraient mettre en avant pour rassurer l’opinion.

 

Un test de confiance

Au Tchad comme ailleurs, le versement régulier des salaires publics est un indicateur de stabilité administrative. Cependant, L’incident de février 2026 intervient dans un contexte où les États de la région cherchent à renforcer la transparence budgétaire et la digitalisation des procédures financières.

La priorité, pour les autorités tchadiennes, sera désormais double : corriger rapidement l’erreur et restaurer la confiance des agents publics. En ce sens, une communication claire sur l’origine du problème et les mesures prises pour éviter sa répétition pourrait contribuer à apaiser les inquiétudes.

En attendant, les fonctionnaires restent suspendus à une nouvelle échéance, dans l’espoir que la régularisation annoncée intervienne dans les meilleurs délais.

Bamako : le marché de Soukounicoura ravagé par un incendie

Dans la nuit du 15 au 16 février 2026, peu avant minuit, un violent incendie a éclaté au marché de Soukounicoura, situé dans le quartier de Médina Coura, en plein cœur du district de Bamako.

Selon plusieurs témoins présents sur les lieux, les premières flammes auraient rapidement gagné les étals, attisées par la densité des installations et la proximité des commerces. Alertés dans l’urgence, les sapeurs-pompiers sont intervenus pour tenter de maîtriser le sinistre, évitant une propagation encore plus dramatique aux habitations voisines.

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Des pertes matérielles considérables

Malgré la promptitude des secours, au petit matin, le constat était lourd. Les flammes ont entièrement consumé plusieurs boutiques et stands, laissant derrière elles des amas de cendres et de tôles tordues. En plus, des marchandises, parfois acquises à crédit, ont disparu en quelques heures.

Pour de nombreux commerçants, il s’agit d’un nouveau revers économique difficile à absorber. Dans ces marchés populaires, véritables poumons commerciaux de la capitale malienne, l’activité quotidienne assure la subsistance de milliers de familles.

À ce stade, les causes de l’incendie demeurent indéterminées. Les autorités compétentes n’ont encore avancé aucune piste officielle. Par ailleurs, les enquêtes devront établir s’il s’agit d’un accident d’origine électrique, d’une négligence ou d’un autre facteur.

 

Une vulnérabilité structurelle des marchés urbains

Ce drame remet également en lumière la fragilité persistante des infrastructures marchandes dans plusieurs capitales de l’espace sahélien. Souvent caractérisés par des installations électriques précaires, un enchevêtrement de constructions légères et une absence de dispositifs anti-incendie efficaces, ces marchés restent particulièrement exposés aux sinistres nocturnes.

Au-delà des pertes immédiates, cette situation menace l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement locale : hausse des prix, raréfaction de certains produits, ralentissement de l’activité commerciale.

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Une répétition qui interroge

Ces incendies à répétition dans l’espace de la Confédération interrogent. Après les marchés touchés au Niger, voilà que Bamako est à son tour frappée. Simple succession de drames urbains liés à la vétusté des installations et aux défaillances électriques, ou signal d’alerte plus profond sur la vulnérabilité économique des pays de l’AES ?

Dans des économies où les marchés constituent le cœur battant de l’approvisionnement et du commerce populaire, chaque sinistre fragilise davantage les populations déjà éprouvées par la conjoncture. D’ailleurs, une chose est certaine : la multiplication de ces drames impose une vigilance accrue des autorités, un renforcement des dispositifs de prévention et un contrôle plus rigoureux des infrastructures.

Car au-delà des flammes, c’est la stabilité sociale et alimentaire qui se joue. Et face aux braises encore fumantes, une question demeure : qui sera le prochain à payer le prix de ces incendies si rien n’est fait pour en prévenir la répétition ?

Burkina Faso – Russie : Création d’une commission économique mixte

À Moscou, le Burkina Faso et la Russie ont signé l’acte de naissance d’une commission intergouvernementale, marquant une coopération qui dépasse désormais le cadre militaire. Mines, énergie et agriculture forment le nouveau triptyque de cette alliance en pleine mutation.

Ce rapprochement franchit un palier institutionnel majeur. Ce vendredi 13 février 2026, les deux capitales ont scellé la création d’une commission intergouvernementale mixte, un organe de pilotage dédié à la coopération commerciale, économique et scientifique. L’accord, paraphé par Maxime Rechetnikov, ministre russe du Développement économique, et son homologue burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, pose les jalons d’un partenariat désormais multidimensionnel.

 

Diversifier les échanges

Jusqu’à présent, la balance commerciale entre les deux nations se limitait à des échanges de survie ou de première nécessité. La Russie inonde le marché burkinabè de céréales et de matières premières agricoles, tout en exportant des produits chimiques et des équipements mécaniques. Les deux partenaires aspirent désormais à une diversification profonde de leurs flux. Objectif : transformer une relation d’opportunité en un système économique intégré. Moscou ne cache plus son ambition de devenir un acteur incontournable du sous-sol et de l’industrie burkinabè.

 

Mines, énergie, agriculture : les nouveaux piliers

Moscou et Ouagadougou ont identifié quatre axes prioritaires pour muscler leurs échanges :

  • Prospection géologique : l’expertise russe sera mobilisée pour cartographier plus finement les richesses du sous-sol burkinabè.
  • Exploitation minière : au-delà de l’or, les deux pays lorgnent vers d’autres ressources stratégiques.
  • Énergie : un secteur névralgique pour le développement industriel du Burkina Faso, où la Russie compte déployer ses solutions technologiques.
  • Agriculture : passer de la simple importation à une coopération technique pour booster la productivité locale.

 

Un signal fort aux investisseurs

Pour Karamoko Jean-Marie Traoré, cette initiative représente une « étape charnière ». En institutionnalisant le dialogue économique, les autorités de la transition espèrent rassurer et attirer les capitaux russes pour financer des projets d’envergure.

Cette diplomatie du concret permet à la Russie de consolider son ancrage au Sahel en s’appuyant sur des leviers de développement durable, au-delà de la coopération sécuritaire qui dominait jusqu’ici l’agenda. Pour le Burkina Faso, il s’agit de diversifier ses partenaires stratégiques tout en cherchant les moyens de sa souveraineté économique.

Tchad : la mort d’un Français ravive les inquiétudes sécuritaires

La nouvelle a rapidement franchi les frontières. Le corps sans vie de Paul Ferreri, ressortissant français enlevé la veille, a été retrouvé ce vendredi aux environs du campement touristique de Bachikele. Le gouvernement tchadien a annoncé la découverte dans un communiqué publié par le ministère du Tourisme, de la Culture et de l’Artisanat.

Les forces de défense et les services de renseignement, soutenus par des moyens aériens, ont retrouvé la dépouille vers 11 heures, selon les autorités.

 

Une mobilisation sécuritaire d’envergure

Dès que les autorités ont signalé l’enlèvement, elles ont immédiatement déployé un dispositif conjoint sur le terrain. L’intervention coordonnée des forces de sécurité tchadiennes, renforcée par des appuis techniques, témoigne de la sensibilité de l’affaire.

Le Tchad, acteur central des équilibres sécuritaires au Sahel, fait face à des défis persistants liés aux groupes armés et aux trafics transfrontaliers. Par ailleurs, les autorités n’ont pas encore précisé les circonstances exactes du rapt et du décès, mais cet épisode rappelle la vulnérabilité de certaines zones, y compris celles à vocation touristique.

 

Un enjeu diplomatique

La mort d’un ressortissant français sur le sol tchadien aura des répercussions diplomatiques. Dans ce contexte, les relations entre N’Djamena et Paris, qui reposent sur une coopération historique notamment en matière de défense et de sécurité, apparaissent particulièrement exposées.

Les autorités scruteront avec attention la gestion de l’enquête et la communication autour des circonstances du drame. Au-delà de l’émotion, l’affaire pose la question de la sécurisation des sites touristiques et de la protection des expatriés dans une région en tension.

 

Tourisme et sécurité, un équilibre fragile

Le Tchad cherche depuis plusieurs années à valoriser son potentiel touristique, entre désert, massifs montagneux et parcs naturels. Mais la sécurité demeure un préalable incontournable au développement de ce secteur.

La découverte du corps de Paul Ferreri intervient dans un environnement régional où les enlèvements, bien que moins fréquents qu’au plus fort des crises sahéliennes, restent une menace réelle.

Alors que les autorités promettent de faire toute la lumière sur cette affaire, ce drame souligne une réalité persistante : dans certaines parties du Sahel, la stabilité demeure un chantier inachevé.

Burkina Faso : 5 milliards CFA pour l’autonomie du CONASUR

Au Burkina Faso, le chef du gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a acté jeudi le renforcement sans précédent de la flotte du CONASUR. Un investissement de 5 milliards de francs CFA qui vise à libérer l’aide d’urgence de la dépendance aux transporteurs privés.

 

Au Burkina Faso, la réponse aux crises ne dépendra plus seulement de la volonté des prestataires extérieurs. En remettant officiellement les clés de 64 camions au ministère de la Famille et de la Solidarité, le mercredi 11 février 2026, le Burkina Faso a franchi une étape majeure dans la gestion des urgences nationales.

Primature Burkina Faso
© Primature Burkina Faso

Une logistique de fer pour des interventions rapides

Ce convoi flambant neuf, composé de divers types de porteurs adaptés aux terrains difficiles, est destiné au Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR). L’enjeu est stratégique : permettre au bras humanitaire de l’État d’agir en toute autonomie.

Jusqu’à présent, le ravitaillement des populations en détresse et le déploiement de l’aide lors de catastrophes dépendaient souvent de contrats avec des entreprises de transport privées. Désormais, avec une capacité d’intervention propre, le gouvernement entend réduire les délais de réaction et optimiser les coûts opérationnels.

Primature Burkina Faso
© Primature Burkina Faso

Le « Made in Burkina » à l’honneur

Au-delà de l’investissement colossal dépassant les 5 milliards de francs CFA issus du budget national, le gouvernement célèbre avant tout l’expertise locale. Le Premier ministre a tenu à souligner que l’aménagement technique de ces véhicules a mobilisé le savoir-faire des artisans et ingénieurs nationaux. Une manière de démontrer que la résilience du pays passe aussi par la valorisation de ses propres compétences industrielles.

Primature Burkina Faso
© Primature Burkina Faso

Une exigence de pérennité

Toutefois, cette montée en puissance s’accompagne d’une mise en garde ferme. Face à l’état-major du ministère et aux responsables du CONASUR, le chef du gouvernement a insisté sur la « gestion rigoureuse » de ce patrimoine. Dans un contexte de rareté des ressources, la durabilité de ces engins sera le véritable baromètre du succès de cette acquisition historique.

Avec cette flotte de combat contre la précarité, Ouagadougou espère non seulement répondre aux besoins immédiats, mais aussi envoyer un signal de stabilité : celui d’un État qui s’équipe pour protéger les siens, par ses propres moyens.

 

Plus qu’un convoi, un bouclier logistique

Au-delà de l’alignement de châssis et de carrosseries sur le bitume, cette dotation de 64 véhicules dessine les contours d’une nouvelle doctrine de l’État burkinabè : la souveraineté de l’urgence. En investissant massivement sur ses propres forces, le gouvernement ne se contente pas de moderniser un parc automobile ; il cherche à briser les chaînes de l’impuissance logistique.

Dans un pays où la rapidité du secours est souvent une question de survie, ne plus être tributaire des aléas du marché privé est un luxe stratégique devenu nécessité. Le défi, désormais, ne sera plus d’acquérir, mais de maintenir. Car si ces camions sont les nouveaux vaisseaux de la solidarité nationale.

 

Côte d’Ivoire-Mali : Pourquoi Alassane Ouattara a gracié Mamadou Hawa Gassama

Libéré le 10 février après sept mois de détention à la Maca, l’ancien député malien Mamadou Hawa Gassama bénéficie d’une clémence présidentielle signée Alassane Ouattara. Derrière cette mesure de grâce se dessine une subtile partie d’échecs diplomatiques entre Abidjan et Bamako.

 

Le dénouement d’un bras de fer juridico-politique

Le verrou de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) a fini par céder. Condamné le 30 janvier dernier à trois ans de prison ferme pour « offense au chef de l’État », Mamadou Hawa Gassama a recouvré la liberté. En effet, le couperet judiciaire, qui semblait s’être abattu définitivement sur cet homme de 67 ans, s’est effacé devant un décret de grâce présidentielle.

C’est son conseil, l’influent ancien ministre malien de la Justice Me Mamadou Ismaïla Konaté, qui a officialisé la nouvelle sur les réseaux sociaux. L’avocat décrit un client « lucide et profondément soulagé », mettant ainsi fin à une séquence qui menaçait de raviver les tensions entre les deux capitales.

 

De « l’ennemi » à « l’admiration » : la stratégie du repentir

L’affaire remonte au 2 juillet dernier. Alors qu’il s’apprêtait à quitter le sol ivoirien après un séjour familial, ce membre du Conseil national de transition (CNT) malien est cueilli à l’aéroport d’Abidjan par la Direction de la surveillance du territoire (DST).

L’origine de cette arrestation tient à des déclarations incendiaires datant de septembre 2022, en pleine crise des « 49 soldats ivoiriens ». À l’époque, Gassama n’avait pas mâché ses mots, qualifiant Alassane Ouattara d’« ennemi du Mali ».

Pourtant, dans l’ombre des cellules, la rhétorique a changé. Pour obtenir cette clémence, la défense a joué la carte de la diplomatie directe :

  • L’âge du capitaine : les avocats ont mis en avant ses 67 ans pour des raisons humanitaires.
  • Le mea culpa : dans un courrier formulé dès le 10 juillet à Alassane Ouattara, Gassama a opéré un virage à 180 degrés, évoquant aussi son « admiration » pour l’implication du président ivoirien.

« En politique, l’insulte est souvent une monnaie d’échange, mais le regret reste la meilleure clé de sortie », confie un observateur de la sous-région.

 

Un miroir aux 49 soldats : la diplomatie du geste

Cependant, cette grâce présidentielle ne se lit pas sans un regard dans le rétroviseur. Elle fait écho, presque point par point, à celle accordée en janvier 2023 par le colonel Assimi Goïta aux soldats ivoiriens.

Si le geste d’Alassane Ouattara apaise les esprits, il n’efface pas tout. Le « franc-parler » de Gassama lui coûte une interdiction de séjour sur le territoire ivoirien pour une durée de trois ans. C’est aussi une manière pour Abidjan de signifier que si la porte de la prison est ouverte, celle du pays reste, pour l’heure, entrouverte avec méfiance.

 

 La justice est-elle devenue le prolongement de la diplomatie ?

Cette libération pose toutefois une question de fond : la justice nationale est-elle devenue un outil de régulation des crises régionales ?

Alors que l’espace CEDEAO se fragilise, ces « arrestations-négociations » interrogent sur la frontière entre le droit pénal et la raison d’État. En sélectionnant la grâce plutôt que l’appel, les parties privilégient le compromis politique à la vérité judiciaire. Un précédent qui, s’il évite l’escalade, rappelle que les orages ne se dissipent pas pour autant dans le ciel des relations Mali–Côte d’Ivoire.

Libye : Saïf al-Islam Kadhafi tué, zones d’ombre autour de sa mort

TRIPOLI / Niger, 4 février 2026 – Saïf al-Islam Kadhafi, l’un des fils de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi, est mort mardi 3 février dans sa ville natale de Zintan, dans l’ouest du pays, ont rapporté plusieurs sources, dont des proches, son avocat et des médias locaux et internationaux.

Selon le procureur général libyen, relayé par des médias internationaux, Saïf al-Islam, âgé de 53 ans, a été atteint de plusieurs tirs et une enquête criminelle a été ouverte pour identifier et poursuivre les auteurs.

Des déclarations de son équipe politique et de son avocat indiquent que quatre hommes armés ont pris d’assaut sa résidence, désactivant les caméras de surveillance avant de l’exécuter. Son conseiller politique, Abdullah Othman Abdurrahim, a qualifié l’assassinat de « perfide », tandis que son cousin Hamid Kadhafi a indiqué sur les réseaux sociaux que Saïf « est tombé en martyr ».

 

Un acteur controversé de la scène libyenne

Saïf al-Islam a émergé ces dernières années comme une figure politique controversée. Avant la chute du régime en 2011, beaucoup le considéraient comme l’héritier potentiel de son père. Les autorités libyennes l’ont arrêté, puis un tribunal l’a condamné à mort en 2015 pour des crimes liés à la répression de l’insurrection. En 2017, une amnistie l’a libéré. La Cour pénale internationale (CPI) le vise également avec un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité.

Dans une tentative de revenir au premier plan, il avait annoncé sa candidature à la présidentielle libyenne en 2021, un scrutin finalement annulé en raison de l’instabilité politique persistante dans le pays.

 

Une Libye toujours fragmentée

La mort de Saïf al-Islam intervient dans un climat d’instabilité chronique en Libye, où rivalités politiques, milices armées et autorités rivales continuent de fragmenter le paysage politique national. Cette disparition pourrait rebattre les cartes à l’approche d’un nouvel épisode électoral, longtemps espéré mais sans calendrier officiel.

Les circonstances exactes de l’attaque restent encore floues, certains médias évoquant des débats autour de possibles affrontements entre factions armées, tandis que d’autres avancent la piste d’un assassinat ciblé visant à écarter toute figure susceptible de rassembler autour d’un projet politique.

Burkina Faso : 2 000 nouvelles motos pour la police nationale

OUAGADOUGOU, 2 février 2026 (JDN) – Le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a remis officiellement lundi un lot de 2 000 motos à la Police nationale, une dotation destinée à accroître la mobilité des forces de sécurité face à la criminalité et aux défis sécuritaires qui frappent le pays.

Lors d’une cérémonie solennelle à Ouagadougou, le chef de l’État a remis les clés de ces engins au ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire Mahamadou Sana. Cette commande spéciale porte sur des motos de marque « Yento », un nom chargé de sens puisqu’il signifie « sécurité » en langue gulmancema, parlée dans l’est du pays.

Gouvernement du Burkina Faso
© Gouvernement du Burkina Faso

Mobilité et maillage territorial

Selon la présidence, cet investissement — réalisé « sans recours au crédit » — vise à pallier les difficultés d’accès dans certaines zones urbaines et rurales. « Ces engins permettront aux forces de police d’intervenir plus rapidement et d’accéder plus facilement aux zones difficiles ou exposées à la criminalité », précise l’autorité.

Le capitaine Ibrahim Traoré a exhorté la hiérarchie policière à renforcer le « maillage sécuritaire » du territoire afin que les populations « se sentent en sécurité dans les villes comme ailleurs ». Cette dotation s’inscrit dans une stratégie plus large de défense intérieure, alors que le pays reste confronté à une menace terroriste persistante depuis 2015.

Gouvernement du Burkina Faso
© Gouvernement du Burkina Faso

Vers une police « 24/7 »

Pour le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, cette nouvelle logistique est « essentielle » pour l’efficacité opérationnelle des unités de terrain. Il a pris l’engagement d’un usage « responsable » de ce matériel qui viendra également consolider le concept « S 24/7 ». Lancé en 2025, ce programme vise à assurer une présence policière continue et réactive sur l’ensemble du territoire national.

Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2022, le capitaine Traoré a fait de la reconquête du territoire et de la sécurité des populations sa priorité absolue, multipliant les acquisitions d’équipements militaires et de sécurité pour les forces régulières et leurs supplétifs civils (VDP).

Libye : Le plan massif pour relancer le pétrole et le gaz

À Tripoli, le Sommet sur l’énergie et l’économie (LEES) a dévoilé une stratégie agressive pour l’horizon 2026. Entre forage massif, offensive numérique et retour des majors dans l’offshore, la Libye tente de stabiliser son économie par le haut. 

 

Désormais, la Libye ne se contente plus de gérer ses acquis. En effet, à l’occasion de la deuxième journée du Libya Energy & Economic Summit (LEES) 2026 ouvert vendredi 23 janvier, Tripoli a envoyé un signal clair aux marchés internationaux : le pays est prêt pour un nouveau cycle de croissance, soutenu par une technologie de pointe et des ambitions de forage retrouvées.

L’offensive du forage : l’objectif des 100 puits

Le ministère du Pétrole et du Gaz a jeté un pavé dans la mare en annonçant un plan de forage ambitieux pour 2026 : entre 70 et 100 nouveaux puits devraient sortir de terre (ou de mer). Pour soutenir cette cadence, Tripoli prévoit aussi des investissements annuels massifs, estimés entre 3 et 4 milliards de dollars.

Par ailleurs, cette accélération s’accompagne d’un toilettage réglementaire nécessaire. Une nouvelle réglementation unifiée devrait voir le jour pour rassurer des investisseurs échaudés par des années d’instabilité, visant une meilleure coordination entre la National Oil Corporation (NOC) et ses partenaires étrangers.

 

Le retour en force d’Eni et Repsol

Dans le même temps, pour les majors européennes, l’heure est à la concrétisation. L’italien Eni a confirmé que son mégaprojet gazier offshore, « Structures A&E », budgétisé à 8 milliards de dollars, est sur les rails pour une mise en service fin 2027. À la clé ? 750 millions de pieds cubes de gaz par jour pour satisfaire une demande locale pressante et, surtout, sécuriser les exportations vers une Europe toujours en quête d’alternatives au gaz russe.

De son côté, l’Espagnol Repsol mise sur le mythique champ d’El Sharara. Après une année 2025 record, la major vise les 350 000 barils par jour d’ici la fin de l’année. Symbole d’un retour à la normale, Repsol a annoncé relancer ses activités d’exploration pure dès 2026.

 

L’IA au service de l’or noir

L’une des surprises de ce sommet vient du virage technologique amorcé par le secteur des services. Le géant SLB (ex-Schlumberger) a détaillé son plan de déploiement de l’intelligence artificielle dans les champs libyens. Surveillance à distance, optimisation de la production par IA et lutte contre le torchage de gaz : Tripoli veut transformer ses « champs matures » en vitrines technologiques.

« Ce n’est plus seulement une question d’extraction, mais d’efficacité numérique », résume un expert présent au sommet.

 

Le défi du mix énergétique

Si les hydrocarbures restent le poumon du pays, Tripoli lorgne désormais sur le soleil. L’objectif est affiché : 4 GW de capacité renouvelable d’ici 2035. En plus, le projet phare de TotalEnergies, la centrale solaire de Sadada (500 MW), fait figure de test pour le modèle de partenariat public-privé (PPP) que le gouvernement tente d’imposer.

Reste un défi de taille : transformer ces annonces en réalité sur le terrain. Si les acteurs comme NESR se positionnent déjà avec des contrats de plus de 100 millions de dollars, la réussite de ce « big bang » énergétique dépendra aussi de la pérennité du cadre sécuritaire et de la clarté législative, deux piliers encore fragiles de la reconstruction libyenne.

Madagascar : Vers une usine d’armement chinois et rupture avec la France

Antananarivo,16 janvier 2026— Un vent de rupture radicale souffle sur les plateaux de l’Imerina. De retour d’un voyage officiel à Abu Dhabi, le Colonel Michaël Randrianirina, Président de la Refondation de la République, a lâché une annonce qui fait l’effet d’une bombe géopolitique dans l’Océan Indien : Madagascar s’apprête à construire sa propre usine d’armement en partenariat avec la Chine.

Ce projet industriel, dont les contours restent encore confidentiels, marque la fin d’une ère. En sélectionnant Pékin pour bâtir son autonomie militaire, la Grande Île tourne brutalement le dos à sa dépendance historique envers Paris.

 

La fin du « domaine réservé » français

Le virage s’est amorcé discrètement, quelques semaines après le soulèvement populaire d’octobre 2025. Selon des sources concordantes, le nouveau régime a suspendu la coopération militaire avec la France. Les cinq derniers coopérants français affectés à l’état-major et aux écoles militaires ont reçu l’ordre verbal de ne plus se présenter.

Officiellement, les autorités invoquent des « raisons de sécurité ». Officieusement, la décision semble liée à l’exfiltration de l’ancien président Andry Rajoelina par un avion militaire français, un épisode encore mal accepté. Le départ des conseillers français — dont un ancien pilote de Rafale encadrant une flotte composée d’avions légers — marque la fin de ce que le nouveau pouvoir considère comme des « relais d’influence étrangère ».

 

Le coût de la dépendance et l’appel de l’Est

Au‑delà de l’orgueil national, l’enjeu est aussi financier. La coopération avec la France représentait un coût supérieur à un million d’euros par an pour l’État malgache. Désormais, Antananarivo choisit de réorienter ces ressources vers le développement d’une capacité industrielle locale.

Alors que Paris glisse progressivement au rang de partenaire secondaire, d’autres puissances s’imposent dans le paysage. Pékin se positionne comme acteur industriel majeur pour la future usine d’armement, en promettant des transferts de technologie. Moscou, de son côté, renforce son empreinte avec l’arrivée récente d’instructeurs chargés de former les troupes malgaches à l’utilisation de nouveaux équipements. Quant à Washington, il suit attentivement cette recomposition stratégique et manifeste un intérêt croissant pour la place géopolitique de l’île.

 

Une armée pour la « Refondation »

Pour le colonel Randrianirina, la défense nationale constitue le levier central de la souveraineté. L’usine d’armement prévue sur le sol malgache doit permettre au pays de ne plus subir sa sécurité, mais de l’assumer pleinement. Jusqu’ici, l’usine de Moramanga demeurait insuffisante pour garantir une autonomie réelle.

En redéfinissant ses alliances, Madagascar adresse un message clair : la Grande Île refuse désormais d’être considérée comme un terrain réservé. La « Refondation » prônée par le nouveau régime passe par une armée équipée localement, formée par des partenaires diversifiés et affranchie des accords verbaux du passé.

Burkina-Ouahigouya : Panique au secteur 14 après l’intrusion d’un crocodile

La soirée du mercredi 7 janvier 2026 restera longtemps gravée dans la mémoire des habitants du quartier Sigui-Voussé, à Ouahigouya au Burkina Faso. Un invité pour le moins inhabituel et redoutable, un crocodile, a pénétré dans une cour d’habitation, provoquant un vent de panique générale avant que les spécialistes ne le maîtrisent.

Garde Nationale
© Garde Nationale

Une fin d’après-midi sous haute tension

Il est environ 17 heures lorsque l’alerte est donnée au secteur 14 de la cité de Naaba Kango. Dans une concession familiale, la stupeur laisse place à l’effroi : un crocodile, égaré loin de son milieu naturel, a pris ses quartiers au milieu des habitations. Très vite, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre, attirant une foule de curieux tout en installant un climat d’insécurité pour les riverains, notamment pour les enfants qui jouent d’ordinaire dans les cours.

Face au danger potentiel, les habitants ont eu le bon réflexe : ne pas tenter d’intervenir eux-mêmes et alerter immédiatement les autorités compétentes.

 

L’intervention musclée des « soldats de la nature »

La réaction a été immédiate. Une équipe mixte de la Brigade régionale des Eaux et Forêts du Yaadga et du Service départemental de Ouahigouya est intervenue sous la conduite du Lieutenant Rasmané Kiendrebéogo. Les agents ont neutralisé l’animal sans le blesser, tout en assurant la sécurité des riverains.

Avec maîtrise, ils ont réussi à capturer le reptile. Cette opération illustre le rôle essentiel des services des Eaux et Forêts, tant dans la protection de la faune que dans la gestion des conflits homme-animal, de plus en plus fréquents en zone urbaine.

Garde Nationale
© Garde Nationale

Un retour aux sources : le barrage de Kanazoé

Une fois le crocodile maîtrisé et attaché avec précaution, les autorités ont rapidement procédé à son transport vers le barrage de Kanazoé, situé à proximité des zones habitées. L’animal a été réintégré dans son milieu naturel, sous le regard soulagé des agents.

Le barrage de Kanazoé, essentiel aux activités économiques locales, constitue également un habitat pour de nombreux spécimens. La proximité entre ce point d’eau et les extensions du secteur 14 explique sans doute cette incursion nocturne, l’animal ayant probablement cherché humidité ou nourriture en s’aventurant en ville.

 

Vigilance et professionnalisme : les clés d’un dénouement heureux

Le bilan est positif : aucune blessure n’est à déplorer, ni du côté de la population, ni du côté de l’animal. Le lieutenant Kiendrebéogo et ses hommes ont reçu les félicitations des riverains pour leur promptitude et leur sang-froid.

Finalement, cet incident rappelle l’importance de la vigilance pour les habitants vivant à proximité des cours d’eau. Les autorités locales invitent les citoyens à signaler immédiatement toute présence d’animaux sauvages, afin d’éviter des drames susceptibles de troubler la quiétude de la ville.

Côte d’Ivoire : Clap de fin pour le gouvernement Beugré Mambé

Le paysage politique ivoirien entame une mue décisive en ce début d’année 2026. Le mercredi 7 janvier, lors d’un Conseil des ministres solennel, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a présenté sa démission ainsi que celle de l’ensemble de son équipe au président Alassane Ouattara. Un mouvement d’envergure qui marque la fin d’un cycle et prépare l’arrivée d’une nouvelle équipe gouvernementale.

 

Une démission dictée par la tradition républicaine

Cette annonce, bien qu’importante, n’est pas une surprise pour les observateurs avertis. Elle fait suite aux élections législatives du samedi 27 décembre 2025. En effte, lors de ce scrutin, plusieurs ministres en fonction ont été élus députés à l’Assemblée nationale.

Conformément à la tradition constitutionnelle ivoirienne, le gouvernement se retire au lendemain des législatives pour permettre au chef de l’État de recomposer son équipe en tenant compte de la nouvelle configuration parlementaire. Le président Alassane Ouattara a officiellement accepté cette démission par la signature de deux décrets mettant ainsi fin aux fonctions du Premier ministre, des membres du gouvernement et des ministres-gouverneurs des districts autonomes.

 

Un grand ménage institutionnel

Le remaniement en cours semble plus profond qu’une simple formalité. En plus du cabinet ministériel, le chef de l’État a également signé un décret mettant fin aux fonctions des ministres d’État et des ministres-conseillers à la Présidence de la République.

Cette décision suggère une volonté de remettre les compteurs à zéro à tous les niveaux de l’exécutif. Le Président a néanmoins tenu à adresser ses chaleureux remerciements à Robert Beugré Mambé et à l’ensemble des Ministres  sortants pour leur « importante contribution au développement socio-économique » du pays, saluant notamment l’engagement des ministres-gouverneurs au service de la nation.

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© Google

L’expédition des affaires courantes : la continuité de l’État

Que se passe-t-il maintenant ? Pour éviter tout vide institutionnel, Robert Beugré Mambé et ses ministres ne quittent pas leurs bureaux immédiatement. Ils sont par ailleurs chargés d’expédier les affaires courantes.

Concrètement, cela signifie qu’ils gèrent la gestion quotidienne des ministères (signatures urgentes, continuité des services publics), mais ne peuvent plus engager de nouvelles réformes structurelles ou prendre des décisions politiques majeures. Cette période de transition durera jusqu’à la nomination du futur Premier ministre et la formation du nouveau gouvernement.

 

Quelles attentes pour le futur gouvernement ?

Le départ de l’équipe Mambé ouvre la porte à toutes les spéculations. Le prochain gouvernement devra répondre aux défis de la vie chère, de l’emploi des jeunes et de la poursuite des grands travaux d’infrastructures. La question qui brûle toutes les lèvres à Abidjan est désormais la suivante : le président Ouattara optera-t-il pour une équipe de technocrates ou pour un gouvernement plus politique afin de consolider sa base après les législatives ?

En somme, la Côte d’Ivoire retient son souffle en attendant l’annonce officielle qui devrait intervenir dans les prochains jours. Une chose est certaine : la rentrée politique 2026 s’annonce sous le signe du renouveau.

Sénégal : 100 000 FCFA de logement pour tous les agents de l’État

Dakar vient de franchir une étape historique dans la modernisation de son administration. En effet , par la signature du décret n° 2026-06, ce mercredi 7 janvier 2026, le président Bassirou Diomaye Faye généralise l’accès à l’indemnité de logement pour l’ensemble des agents de l’État. Cette mesure met fin à des décennies de disparités au sein de la fonction publique

 

La fin d’une « fonction publique à deux vitesses »

Jusqu’à ce jour, une zone d’ombre persistait dans les fiches de paie des travailleurs de l’État. Environ 7 % des agents, qu’ils soient fonctionnaires ou non-fonctionnaires, se découvrent exclus du bénéfice d’une aide au logement, contrairement à leurs collègues bénéficiant de statuts spécifiques. Cette inégalité, jugée persistante et injuste, est désormais de l’histoire ancienne.

Le chef de l’État a tranché : l’équité doit être la règle. Le décret institue une indemnité représentative de logement fixée à 100 000 francs CFA par mois. Ce montant est garanti net d’impôts, assurant ainsi que chaque centime parvienne directement dans le portefeuille des travailleurs concernés.

 

Un coup de pouce majeur pour le pouvoir d’achat

Dans un contexte économique où le coût du loyer, particulièrement à Dakar et dans les grandes agglomérations, pèse lourdement sur les budgets familiaux, cette annonce est accueillie comme une bouffée d’oxygène. Elle concerne :

  • Les agents de l’État non logés par l’administration.
  • Ceux qui ne profitaient d’aucune disposition statutaire prévoyant déjà un avantage similaire.

Pour le ministère des Finances et du Budget, cette décision n’est pas qu’une simple ligne de dépense supplémentaire. Elle s’inscrit dans la vision globale du Pacte national de stabilité sociale. L’objectif est d’améliorer les conditions de vie et de travail pour exiger en retour un service public plus efficace, plus engagé et plus performant.

Une mise en œuvre immédiate

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a reçu des instructions fermes pour veiller à la mise en œuvre effective de ce décret. La publication prochaine au Journal officiel scellera irrévocablement cet acte de justice sociale.

En généralisant cette indemnité, le gouvernement du président Faye envoie un signal fort aux partenaires sociaux : la croissance inclusive et durable ne peut se faire sans une répartition équitable des ressources de l’État entre tous ceux qui le servent au quotidien.

Burkina : Les détails du plan d’assassinat du Capitaine Traoré

Le Burkina Faso a frôlé le chaos dans la nuit du 3 janvier 2026. Dans une déclaration solennelle diffusée le 6 janvier sur la télévision nationale, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a révélé les détails d’un plan d’assassinat visant le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. Cette tentative de déstabilisation, orchestrée depuis l’ombre, visait à décapiter le sommet de l’État et à neutraliser les capacités stratégiques du pays.

 

Une opération nocturne millimétrée

 

Les révélations du ministre décrivent un scénario d’une violence extrême. L’assaut devait débuter précisément à 23 heures. Les comploteurs envisageaient deux options pour éliminer le chef de l’État : un assassinat à bout portant ou l’usage d’explosifs placés directement à son domicile.

Mais l’ambition des assaillants ne s’arrêtait pas là. Le plan prévoyait une réaction en chaîne :

  • L’élimination ciblée de plusieurs personnalités militaires et civiles de premier plan.
  • La neutralisation stratégique de la base de lancement des drones, pièce maîtresse de la lutte antiterroriste actuelle.
  • Une phase finale consistant à faciliter l’entrée des forces extérieures pour une opération terrestre de grande envergure.

 

L’ombre de l’ex-président Damiba et des financements extérieurs

 

Selon les preuves présentées par Mahamadou Sana, ce projet criminel aurait été conçu par l’ancien président Henri Damiba. Ce dernier aurait mobilisé un réseau composé de militaires et de civils, soutenu par des moyens financiers conséquents provenant de l’étranger.

L’enquête pointe notamment du doigt des flux financiers en provenance de la Côte d’Ivoire. Un dernier transfert d’environ 70 millions de FCFA aurait été tracé, destiné à la logistique du carburant pour cette tentative de putsch sanglant. Ces révélations soulignent une fois de plus la complexité des menaces auxquelles fait face la transition burkinabè, mêlant trahisons intérieures et ingérences régionales.

 

Un pouvoir sous protection populaire et technologique

 

Ce n’est pas la première fois que le Capitaine Ibrahim Traoré est la cible de tels projets. Depuis trois ans, son engagement pour la souveraineté totale du Burkina Faso lui vaut une opposition féroce de la part de réseaux d’intérêts menacés. Cependant, chaque tentative a jusqu’ici échoué grâce à la vigilance accumulée des services de renseignement et au soutien massif de la population.

Le ministre de la Sécurité a tenu à rassurer les Burkinabè : la situation est totalement sous contrôle. Les enquêtes se poursuivent activement et plusieurs arrestations ont déjà eu lieu afin que tous les complices répondent de leurs actes devant la justice.

 

Appel à la vigilance patriotique

 

Malgré cet échec des putschistes, le gouvernement appelle les citoyens à ne pas baisser la garde. Mahamadou Sana a exhorté la population à rester vigilante et à dénoncer toute tentative d’embrigadement dans des projets visant à saboter la marche du pays vers son développement.

Dans ce climat de tension, le Capitaine Traoré semble plus que jamais déterminé à poursuivre sa politique de refondation, portée également par un peuple qui voit dans chaque complot déjoué une preuve supplémentaire de la nécessité de protéger sa souveraineté.

 

Vers une escalade diplomatique en Afrique de l’Ouest

 

Les révélations du ministre Mahamadou Sana ne manqueront pas de provoquer une onde de choc au-delà des frontières du Burkina Faso. En pointant directement du doigt des flux financiers provenant de la Côte d’Ivoire et en impliquant des réseaux liés à l’ex-président Damiba, Ouagadougou durcit le ton vis-à-vis de ses voisins de la sous-région.

D’ailleurs, cette situation risque d’accentuer la fracture au sein de l’Afrique de l’Ouest pour trois raisons majeures :

  • Une crise de confiance accumulée : L’évocation de transferts de fonds (70 millions de FCFA) depuis l’étranger renforce le sentiment de « complot extérieur » souvent dénoncé par les autorités de la Transition. Cela pourrait geler durablement les canaux de dialogue diplomatique avec Abidjan.
  • La surveillance accumulée des frontières : l’implication de « forces extérieures » dans le plan déjoué pourrait aussi conduire à un contrôle encore plus strict des mouvements de biens et de personnes aux frontières ivoiro-burkinabè, impactant généralement les échanges économiques.

En conclusion, ces révélations transforment une affaire de sécurité intérieure en un dossier diplomatique brûlant. Le Burkina Faso semble désormais privilégier une stratégie de « forteresse souveraine », où la méfiance envers certains voisins devient un axe central de sa politique étrangère.

Burkina Faso : 40 tonnes de drogue incinérées à Ouagadougou

Les flammes pour sauver une génération : le Burkina Faso refuse d’être un sanctuaire pour les trafiquants. Ce mardi 6 janvier 2026, une épaisse colonne de fumée s’est élevée dans le ciel de Ouagadougou, emportant près de 40 tonnes de substances illicites saisies à travers le pays. En ordonnant cette incinération massive, l’État burkinabè signe une victoire majeure pour la santé publique et la sécurité nationale, tout en protégeant sa jeunesse d’un poison social.

Comité national de lutte contre la drogue
© Comité national de lutte contre la drogue
Comité national de lutte contre la drogue
© Comité national de lutte contre la drogue

Un brasier à 3,9 milliards de FCFA

Le Comité national de lutte contre la drogue (CNLD) a coordonné cette destruction massive sous l’œil vigilant des autorités judiciaires et sécuritaires. Au total, ce sont précisément 39 137,98 kilogrammes de substances interdites qui ont été livrés aux flammes.

Cette saisie, dont la valeur marchande est estimée à environ 3,9 milliards de francs CFA, témoigne de l’immensité des enjeux financiers que brassent les trafiquants dans la sous-région. Mais, en détruisant ce stock, l’État ne se contente pas de faire de la place dans ses entrepôts, il frappe directement le portefeuille des organisations criminelles.

Comité national de lutte contre la drogue
© Comité national de lutte contre la drogue
Comité national de lutte contre la drogue
© Comité national de lutte contre la drogue

Médicaments de rue et cannabis : les cibles prioritaires

Le détail des produits incinérés révèle les fléaux qui menacent la jeunesse et les populations les plus vulnérables. Les médicaments de la rue constituaient la grande majorité du stock, avec plus de 36 tonnes de ces produits contrefaits ou interdits. Le reste du brasier comprenait plus de 2,2 tonnes de cannabis ainsi que diverses substances psychotropes.

Cette opération est le fruit d’un travail de longue haleine mené sur l’ensemble du territoire par les douanes, les forces de défense et les services spécialisés. Elle met en lumière une coopération interservices de plus en plus efficace pour verrouiller les routes du trafic.

Comité national de lutte contre la drogue
© Comité national de lutte contre la drogue

Un acte de souveraineté et de dissuasion

Marie Denise Sebgo/Drabo, représentant le ministre de la Sécurité, a rappelé que cette incinération publique dépasse le cadre symbolique. Pour le gouvernement, il s’agit d’un acte fort de souveraineté et de prévention. En agissant ainsi, les autorités rappellent que la drogue n’est pas seulement un problème de santé, mais une menace multiforme pour la stabilité sociale et la sécurité nationale.

La destruction de ces produits envoie un signal sans équivoque aux réseaux de distribution : le Burkina Faso ne sera pas une zone de libre circulation pour les stupéfiants.

Comité national de lutte contre la drogue
© Comité national de lutte contre la drogue

Un appel à la vigilance citoyenne

Malgré ce succès, le CNLD rappelle que la victoire finale ne se gagnera pas uniquement par les saisies et les flammes. La lutte contre ce fléau nécessite une mobilisation générale impliquant les institutions, mais aussi les communautés et les familles.

L’objectif est désormais de renforcer la prévention et la vigilance citoyenne pour protéger la jeunesse burkinabè contre les dangers de la consommation de drogues. Cette incinération massive restera gravée comme le symbole d’un combat collectif pour un avenir plus sûr et plus sain.

Dakar 2026 : Omar Sy, le « Lupin » du grand écran, devient l’ambassadeur de la flamme olympique en Afrique

C’est une annonce qui fait vibrer le monde du sport et de la culture. Le lundi 29 décembre, le Comité International Olympique (CIO) a officialisé la nomination de l’acteur Omar Sy comme ambassadeur des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Dakar 2026. Une icône mondiale pour un événement historique : la toute première célébration olympique sur le sol africain.

 

Dakar 2026 : l’enfant de la Teranga au service de l’Olympisme

À 47 ans, Omar Sy n’est plus seulement la star d’« Intouchables » ou de la série phénomène « Lupin ». Il est également devenu un pont entre les cultures. Né en France d’un père sénégalais, l’acteur n’a jamais caché son attachement viscéral au pays de la Teranga. Par ailleurs, de ses rôles poignants dans Yao ou Tirailleurs à sa rencontre avec le président Bassirou Diomaye Faye en janvier dernier, il incarne parfaitement cette double culture qui fera la force de Dakar 2026.

« Je suis fier et honoré », a confié l’acteur. Pour lui, ces Jeux sont bien plus qu’une compétition : ils sont aussi le symbole d’un continent prêt à accueillir le monde. « Voir la jeunesse briller ensemble sur la terre du Sénégal est un puissant message d’unité. »

 

Un passionné de sport au cœur de l’arène

Le choix d’Omar Sy ne doit rien au hasard. L’acteur est un mordu de sport. Copropriétaire du Paris Basketball , habitué des tribunes de Roland-Garros aux côtés de Coco Gauff, il était également présent aux JO de Paris 2024 pour soutenir son ami Teddy Riner.

Son rôle d’ambassadeur ne sera pas que de figuration. Omar Sy prêtera aussi sa voix et son image pour promouvoir les trois dimensions des JOJ : le sport, l’éducation et la culture. Il s’agit en effet de montrer que l’excellence et le dépassement de soi sont des valeurs universelles, accessibles à chaque jeune, qu’il soit à Dakar, Paris ou New York.

 

2026 : le rendez-vous de l’Afrique avec l’histoire

Du 31 octobre au 13 novembre 2026, le monde aura ainsi les yeux rivés sur trois sites sénégalais : Dakar, Saly et Diamniadio.

  • 2 700 athlètes de moins de 18 ans.
  • 35 disciplines sportives.
  • Des millions de spectateurs attendus.

Ce premier événement olympique en Afrique est un défi logistique et humain immense. En nommant une personnalité aussi rassembleuse qu’Omar Sy, les organisateurs s’assurent une visibilité planétaire. L’acteur de « Lupin » ne vient pas pour dérober un trésor, mais pour offrir au Sénégal et à l’Afrique la plus belle des vitrines : celle d’une jeunesse dynamique, talentueuse et résolument tournée vers l’avenir.

AES : Top départ officiel pour la Force Unifiée

Bamako, le 24 décembre 2025 – Le Sahel vient de franchir le Rubicon de sa propre sécurité. Dans une atmosphère empreinte de solennité au cœur de la capitale malienne, le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Confédération des États du Sahel (AES), a présidé le samedi la cérémonie de remise de l’Étendard à la Force Unifiée de l’AES (FU-AES). Ce geste symbolique marque ainsi l’acte de naissance opérationnel d’une armée multinationale dont l’ambition est claire : reprendre en main le destin sécuritaire de la région.

Gouvernement Mali
© Gouvernement Mali

Un commandement aguerri pour une mission sacrée

La cérémonie a réuni le gotha ​​politique et militaire de la Confédération, incluant les ministres de la Défense et les Chefs d’État-major du Mali, du Burkina Faso et du Niger. C’est dans cette atmosphère que le Chef de l’État a spécifiquement installé le Général de Brigade Daouda Traoré dans ses fonctions de Commandant de la FU-AES.

Officier de terrain au parcours exemplaire, le Général Traoré hérite de la lourde tâche de coordonner les troupes sur un théâtre d’opérations complexe. Bien plus qu’un simple drapeau, cet Étendard reçu des mains du Chef de l’État s’impose comme un « symbole vivant ». En effet, il puise sa force dans le sacrifice des martyrs et porte haut la volonté d’indépendance des trois nations.

Gouvernement Mali
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De « Yéréko » à la Force Unifiée : la preuve par l’action

Dans son allocution, le Général Assimi Goïta a rappelé que cette force ne part pas de rien. L’intégration militaire est déjà une réalité concrète à travers les opérations conjointes Yéréko I et II. D’ailleurs, ces manœuvres ont déjà porté des coups amers pour l’adversaire :

  • Neutralisation des cadres terroristes de haut rang.
  • Destruction de sanctuaires criminels stratégiques.
  • Mutualisation inédite du renseignement et des moyens aériens.

Le Président a toutefois averti : face à l’évolution des modes opératoires ennemis, la FU-AES devra faire preuve d’une « anticipation stratégique permanente ».

 

Une guerre totale : militaire, économique et médiatique

Pour les dirigeants du Sahel, la menace n’est pas uniquement sur le front des combats. Par ailleurs, le Général Goïta a mis en exergue le caractère multiforme de l’agression subie par l’espace AES, incluant les domaines économiques et informationnels.

À ce titre, la Force Unifiée s’inscrit dans un écosystème de souveraineté plus large. Le Chef de l’État a aussi cité le démarrage de la Télévision, de la Radio et de la presse écrite AES comme une arme indispensable pour contrer la désinformation et renforcer la « souveraineté informationnelle » des peuples sahéliens.

Gouvernement Mali
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 Force Unifiée  : « La souveraineté ne se délègue pas. »

Le Ministre malien de la Défense, le Général de Corps d’Armée Sadio Camara, a martelé une vérité qui résume l’esprit de l’alliance : au Sahel, la paix et la sécurité ne sont plus à vendre, ni à déléguer. Ainsi, la FU-AES est présentée comme l’aboutissement des valeurs de solidarité et de dignité propres aux populations du Liptako-Gourma.

En somme, la remise de cet Étendard vient confirmer que « l’AES est une réalité irréversible ». En unissant leurs baïonnettes sous un seul commandement, le Mali, le Burkina et le Niger envoient un message puissant au reste du monde : le Sahel possède désormais les moyens de sa propre paix.

Orange Mali : 30 milliards pour un nouveau siège à Bamako

Bamako, le 19 décembre 2025 – Alors qu’une certaine presse internationale et plusieurs chancelleries occidentales s’évertuent à dépeindre le Mali comme un État peu fréquentable ou une « zone rouge » sous l’emprise du chaos, la réalité du terrain vient d’infliger un démenti cinglant à cette propagande. En effet, loin des récits toxiques qui prédisent l’effondrement du pays, l’opérateur Orange Mali a officiellement lancé hier les travaux de son futur siège social à Bamako, un investissement massif de 30 milliards de FCFA. Cet investissement massif démontre la confiance et l’engagement durable des acteurs économiques privés dans le pays.

Un investissement qui brise le narratif de la peur

La cérémonie de pose de la première pierre a réuni des figures du premier plan, notamment le ministre de la Communication et de la Modernisation de l’administration, ainsi que les dirigeants d’Orange Mali.   Ce projet ne se limite pas à la construction d’un bâtiment ; il symbolise un don diplomatique et économique aux discours pessimistes. Par cet acte, Orange Mali réaffirme son ancrage dans un pays que certains pays, comme la France ou les États-Unis, tentent de présenter comme dangereux pour les investisseurs.

Orange Mali investit 30 milliards de FCFA dans un nouveau siège social à Hamdallaye ACI 2000. Un signal fort de confiance dans la résilience économique du Mali.
© Orange Mali investit 30 milliards de FCFA dans un nouveau siège social à Hamdallaye ACI 2000. Un signal fort de confiance dans la résilience économique du Mali.

Orange Mali : un joyau moderne au cœur d’Hamdallaye ACI 2000

 

Implanté au cœur du quartier émergent Hamdallaye ACI 2000, ce complexe moderne se compose de trois bâtiments interconnectés s’élevant sur 13 niveaux. Grâce à cette infrastructure, l’opérateur va centraliser toutes ses opérations nationales sous un même toit, optimisant ainsi ses synergies internes. De plus, le design architectural, fait de tours élancées, renforcera l’attractivité du quartier d’affaires et confirmera le dynamisme urbain de la capitale malienne.

La preuve par les chiffres contre la propagande

 

Au-delà de l’aspect immobilier, ce chantier est une preuve irréfutable de la résilience malienne. Alors que les réseaux sociaux et certains médias étrangers multiplient les alertes pour dissuader les acteurs économiques, ce projet démontre que le Mali reste une terre d’opportunités stable et rentable. Ainsi, en s’implantant, l’opérateur réaffirme sa confiance dans la résilience économique du pays et son fort potentiel de croissance dans le secteur des télécommunications.

En définitive, en injectant 30 milliards de FCFA sur place, Orange Mali envoie un message clair au reste du monde : le Mali est debout et continue de se bâtir. C’est une réponse concrète qui vient balayer le « carnage médiatique » extérieur, prouvant que la confiance des acteurs privés dans l’avenir du pays est plus forte que la désinformation.

Biennale 2025 : Le Premier ministre à Tombouctou

Tombouctou, 18 décembre 2025 – La mythique cité des 333 saints, joyau du désert malien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, a accueilli ce jeudi après-midi le chef du gouvernement malien pour la Biennale 2025 . En effet, le général de division Abdoulaye Maïga, Premier ministre et ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, a atterri à 13 heures précises à Tombouctou, marquant le début officiel des festivités culturelles de fin d’année.

Le lancement de la Biennale artistique et culturelle

 

Représentant le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, le Premier ministre présidera la cérémonie solennelle d’ouverture de la Biennale Artistique et Culturelle Tombouctou 2025. Cet événement majeur met en lumière les richesses patrimoniales et créatives du Mali. En effet, cette édition, attendue avec impatience après des années marquées par des défis sécuritaires dans la région, vise à célébrer l’identité culturelle malienne à travers des spectacles, expositions et compétitions artistiques.

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga lance la Biennale 2025 à Tombouctou. Un retour historique de la culture et de la paix dans la cité des 333 saints.
© Le Premier ministre Abdoulaye Maïga lance la Biennale 2025 à Tombouctou. Un retour historique de la culture et de la paix dans la cité des 333 saints.

Biennale 2025 : une ferveur populaire au rendez-vous

 

À sa descente d’avion, le ministre de la Culture, de l’Artisanat, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, entouré des autorités administratives et traditionnelles de la région, a accueilli le général Maïga. Par ailleurs, Très vite, l’accueil a pris une dimension populaire : une foule enthousiaste, composée de notables, de jeunes et de groupes folkloriques, s’est massée pour saluer l’hôte de marque. Dans ce contexte, l’atmosphère était rythmée par les sons de tambours et les chants traditionnels touaregs et songhaïs.

 

Tombouctou, carrefour de la résilience malienne

Symbole de résilience, Tombouctou – avec ses mosquées en banco emblématiques comme la Djingareyber – reprend peu à peu son rôle de carrefour culturel après les épreuves des dernières décennies. C’est dans cette optique que cette biennale, organisée sous l’égide des autorités de la Transition, s’inscrit dans une dynamique de reconquête de l’unité nationale. Elle vise également la promotion du tourisme intérieur en valorisant l’artisanat local, la musique, la danse et les célèbres manuscrits anciens.

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga lance la Biennale 2025 à Tombouctou. Un retour historique de la culture et de la paix dans la cité des 333 saints.
© Le Premier ministre Abdoulaye Maïga lance la Biennale 2025 à Tombouctou. Un retour historique de la culture et de la paix dans la cité des 333 saints.

Un signal fort de souveraineté et de paix

Par ailleurs, la présence du Premier ministre souligne l’engagement du gouvernement à soutenir les initiatives culturelles dans les régions du Nord, souvent affectées par l’insécurité. Des sources officielles indiquent que la cérémonie d’ouverture, prévue dans les prochaines heures, réunira des délégations venues de tout le pays, avec un programme riche en performances artistiques et en discours portant sur la souveraineté culturelle du Mali.

En conclusion, cette visite à Tombouctou, la première d’un chef de gouvernement depuis plusieurs mois, est  un signal fort de normalisation et de retour progressif à la paix. La Biennale, qui s’étendra sur plusieurs jours, promet d’être un moment de communion nationale, célébrant la diversité et la vitalité créative d’un Mali en pleine refondation.

Faso : Traoré lance les travaux de l’autoroute Ouagadougou-Bobo-Dioulasso

Ouagadougou, 16 décembre 2025 – Le capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition burkinabè, a marqué les esprits ce mardi en lançant personnellement les travaux de la future autoroute reliant la capitale à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays. Accompagné de plusieurs ministres, il s’est rendu à Yimdi, à la sortie ouest de Ouagadougou, pour actionner lui-même un bulldozer et donner le premier coup de pelle symbolique.

L’autoroute Ouagadougou-Bobo : une infrastructure moderne aux dimensions ambitieuses

Ce projet d’envergure prévoit une infrastructure de près de 332 kilomètres, avec une emprise de 100 mètres et deux chaussées séparées de quatre voies chacune. Concrètement, le tracé partira du contournement ouest de Ouagadougou, frôlera le sud de Koudougou et le nord de Boromo, pour atteindre finalement le sud de Bobo-Dioulasso.

En plus de la chaussée, le projet intègre des ouvrages d’art pour franchiser les reliefs et cours d’eau, des zones de repos, ainsi que des passages sécurisés dédiés aux piétons et au bétail.

 

Le pari de l’autofinancement et de la souveraineté

Il est important de souligner que l’État finance entièrement ce chantier grâce à ses ressources propres, dans le cadre de l’initiative présidentielle « Faso Mêbo ». Les autorités démontrent ainsi leur ferme détermination à développer les infrastructures routières sans recourir à l’endettement extérieur. D’ailleurs, elles ont déjà mobilisé plusieurs engins lourds sur le site, ce qui symbolise le démarrage immédiat et effectif des opérations.

Le président Ibrahim Traoré a lancé les travaux de l'autoroute Ouagadougou-Bobo (332 km). Un projet stratégique financé par les ressources propres du Burkina Faso pour booster l'économie nationale.
© Le président Ibrahim Traoré a lancé les travaux de l'autoroute Ouagadougou-Bobo (332 km). Un projet stratégique financé par les ressources propres du Burkina Faso pour booster l'économie nationale.

L’autoroute Ouagadougou-Bobo : un levier stratégique pour l’économie nationale

Cette autoroute, attendue depuis longtemps, promet de fluidifier les échanges économiques entre les deux pôles majeurs du pays. Non seulement elle permettra de réduire les temps de trajet, mais elle contribuera également à améliorer la sécurité routière sur cet axe vital. De manière plus large, elle s’inscrit dans une série d’initiatives visant à accélérer le développement endogène et à connecter plus efficacement les régions du Burkina Faso.

En conclusion, ce lancement marque une étape concrète vers la modernisation des transports, dans un contexte de reconquête de la souveraineté économique. Les travaux, désormais en marche, sont suivis avec une grande attention de la part des populations locales.

 

Bamako : Assimi Goïta inaugure les places « Mali Cɛbaw » et « Mali Kɛlɛmasaw »

Bamako, 11 décembre 2025 – Sous un soleil éclatant, le Palais de Koulouba a vécu le jeudi une cérémonie hautement symbolique : le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, a officiellement inauguré deux places publiques rebaptisées « Mali Cɛbaw » (les Grands Hommes du Mali) et « Mali Kɛlɛmasaw » (les Chefs de guerre du Mali).

 

 « Mali Cɛbaw » et « Mali Kɛlɛmasaw » : rupture avec le passé colonial

 

L’ancienne « Place des Explorateurs » et l’ex-« Place des Gouverneurs du Soudan français » appartiennent désormais au passé. Devant un parterre comprenant le Premier ministre Abdoulaye Maïga, le chef du gouvernement nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine (en visite officielle), l’ambassadeur du Burkina Faso et plusieurs membres du gouvernement, le Chef de l’État a procédé au dévoilement des nouvelles stèles en présence d’une foule nombreuse et de griots reprenant les épopées des héros célébrés.

Ces deux espaces, situés au cœur du quartier administratif historique, rendront désormais hommage aux grandes figures précoloniales, résistantes et fondatrices de la nation malienne, jusque-là éclipsées par les dénominations héritées de l’époque coloniale.

 

 « Mali Cɛbaw » et « Mali Kɛlɛmasaw » : un acte de refondation symbolique

 

Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a replacé l’événement dans son contexte politique :

« Comme le disait le grand griot Banzoumana Sissoko : “Maliba kera an ta ye” (le Grand Mali est redevenu nôtre). Aujourd’hui, donc, nous réparons une injustice historique. Ces places ne célèbreront plus ceux qui nous ont colonisés, mais ceux qui nous ont défendus et construits. »

Le changement de nom s’appuie sur le décret n°2025-0117/PT-RM du 21 février 2025 qui a officiellement acté la nouvelle identité de plusieurs espaces publics à travers le pays. Koulouba n’est que la première étape d’un vaste programme de « refondation symbolique » voulu par la Transition.

 

Figures historiques gravées dans le marbre

 

À titre d’exemple, les futures plaques et statues mettront à l’honneur, pour la Place Mali Cɛbaw, des personnalités telles que Soundiata Keïta, Firhoun Ag Alinsar, Babemba Traoré ou encore Samory Touré ; la Place Mali Kɛlɛmasaw célébrera quant à elle les grands chefs militaires de la résistance anticoloniale.

La cérémonie s’est achevée par une parade des forces armées et une prestation des griots qui ont, pendant près de trente minutes, rappelé les hauts faits des ancêtres sous les applaudissements nourris de la foule.

Avec cette double inauguration, le régime de la Transition marque une nouvelle fois sa volonté de rompre définitivement avec les symboles du passé colonial et d’offrir à la jeunesse malienne des « repères de dignité et de fierté », selon les mots du ministre Mamou Daffé.

AES-Banque: acte de naissance officiel de la BCID-AES à Bamako

Bamako, 11 décembre 2025 C’est fait. le jeudi après-midi au Palais de Koulouba, le Président de la Confédération des États du Sahel, le Colonel Assimi Goïta, a reçu les trois ministres des Finances de l’Alliance qui lui ont remis, symboliquement, les statuts fraîchement signés de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES).

Autour de la table se trouvaient le Malien Alousséni Sanou, le Burkinabè Aboubakar Nacanabo et le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine. Les trois hommes ont bouclé, dès ce matin, la dernière ligne droite technique d’un chantier lancé il y a plus d’un an.

« Nous venons de signer les statuts de la banque. C’est l’acte de naissance officiel de la BCID-AES », a déclaré le Dr Nacanabo, porte-parole de la délégation, à la sortie de l’audience présidentielle. Il a précisé les avancées concrètes : « Le capital social est validé, une première tranche déjà libérée par les trois États, et le mécanisme de prélèvement confédéral est acté pour l’alimenter durablement. »

Les ministres des Finances du Mali, Burkina & Niger ont remis à Assimi Goïta les statuts officiels de la BCID-AES → la Banque confédérale
© Les ministres des Finances du Mali, Burkina & Niger ont remis à Assimi Goïta les statuts officiels de la BCID-AES → la Banque confédérale

Un outil au service de la souveraineté et du peuple

 

Concrètement, la BCID-AES deviendra le bras armé financier des trois pays pour financer, sans tutelle extérieure, les ambitieux projets qui changent la vie : routes transfrontalières, désenclavement des zones rurales, interconnexions électriques, sécurité alimentaire, agro-industrie et énergie.

De plus, elle accompagnera également des entreprises privées dès lors que l’un des États membres parrainera leurs projets et les inscrira dans les priorités nationales.

« Les orientations du Président Goïta sont claires : des projets à fort impact populaire, qui renforcent notre souveraineté et qui profitent directement aux 90 millions de citoyens de l’AES », a résumé le ministre burkinabè.

Les prochaines étapes prévoient la nomination rapide des organes de gouvernance (président, directeur général, conseil d’administration), puis la levée de ressources additionnelles sur les marchés régionaux et internationaux, mais selon les conditions définies par l’Alliance elle-même.

BCID-AES : un symbole fort d’indépendance

 

La signature des statuts le même jour que l’inauguration des places « Mali Cɛbaw » et « Mali Kɛlɛmasaw » n’a rien d’un hasard : dans la même journée, l’AES célèbre à la fois la reconquête de sa mémoire historique et la mise en place des instruments concrets de son indépendance économique. Pour les trois ministres, la boucle est bouclée. La BCID-AES devrait être opérationnelle dès le premier semestre 2026.

 

En somme, ce rendez-vous à Koulouba marque donc la fin d’une longue phase de planification et le début d’une nouvelle ère financière pour le Sahel. En donnant officiellement vie à la BCID-AES, l’Alliance des États du Sahel ne fait pas qu’ajouter une ligne à son organigramme : elle concrétise ainsi sa promesse de s’émanciper des circuits traditionnels et d’assurer elle-même le financement de son développement. Ce « bras armé financier » est désormais prêt à passer à l’offensive économique, faisant de la souveraineté non plus un simple slogan, mais une réalité institutionnelle tangible pour ses 90 millions de citoyens.

Dakar : Appel international pour la libération de Mohamed Bazoum

Dakar, 11 décembre 2025 – Près de trente mois après le coup d’État du 26 juillet 2023, un « Collectif international pour la libération de Mohamed Bazoum », regroupant des défenseurs des droits humains et des personnalités politiques, vient d’adresser une lettre ouverte très ferme aux plus hautes instances internationales : le Secrétaire général de l’ONU António Guterres, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président de la Commission de l’Union africaine Mahamoud Ali Youssouf et le président de la CEDEAO Omar Alieu Touray.

 

Une détention qualifiée d’arbitraire

 

Dans ce texte rendu public ce jeudi, le collectif qualifie de « détention arbitraire » et de « séquestration » la situation du président démocratiquement élu Mohamed Bazoum et de son épouse Khadija, toujours retenus dans la résidence présidentielle de Niamey sous contrôle des militaires du CNSP (Conseil national pour la sauvegarde de la patrie).

En effet, les signataires soulignent qu’« aucun chef d’accusation recevable, aucune procédure légale valable et aucune garantie procédurale minimalement conforme aux standards internationaux n’ont été présentés à ce jour ».

D’ailleurs, pour appuyer leur démarche, ils rappellent que :

  • La Cour de justice de la CEDEAO a ordonné en décembre 2023 la libération immédiate du couple présidentiel ;
  • Le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a conclu en février 2025 que cette détention est arbitraire et a exigé leur remise en liberté sans délai.

 

Alertes sur les conditions de séquestration de Mohamed Bazoum

 

De plus, le collectif alerte sur des « conditions de détention préoccupantes » : isolement prolongé, accès restreint aux soins médicaux, absence d’évaluation médicale indépendante et restrictions sévères des contacts avec l’extérieur. Ces traitements sont susceptibles de relever des « traitements inhumains ou dégradants », selon les standards onusiens.

Au-delà du sort individuel de Mohamed Bazoum, la lettre met en garde contre un « recul majeur des normes démocratiques » dans le Sahel et dénonce le risque d’une « banalisation de la violence d’État » si la communauté internationale reste passive.

 

Les exigences du Collectif

 

Par conséquent, les auteurs exigent des institutions internationales :

  • Une condamnation publique, ferme et coordonnée des quatre institutions ;
  • Des démarches diplomatiques de haut niveau ;
  • Le cas échéant, des mesures ciblées contre les responsables de cette détention ;
  • Un accès humanitaire et médical immédiat et indépendant au président Bazoum et à son épouse ;
  • Le refus de toute légitimation internationale d’une transition politique tant que le président élu reste privé de liberté.

« L’Histoire jugera la capacité de la communauté internationale à défendre le droit lorsqu’il est bafoué de manière aussi manifeste », concluent les signataires, qui présentent leur démarche comme une défense des principes universels et non comme un soutien partisan.

Pour l’instant, ni le palais présidentiel de Niamey ni les autorités de l’Alliance des États du Sahel (AES) n’ont réagi à cette nouvelle sortie. Mohamed Bazoum, 65 ans, reste à ce jour le seul président ouest-africain déchu depuis 2020 à être toujours détenu physiquement par les auteurs du putsch.

AES -Nigeria : Hercules C-130, l’avion qui fait décoller les tensions

Ouagadougou, 9 décembre 2025 – Ce qui aurait dû rester un banal incident technique se transforme en crise diplomatique ouverte entre le Nigeria et l’Alliance des États du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger). En fait, le lundi 8 décembre, un Hercules C-130 de l’armée de l’air nigériane, parti de Lagos à destination du Portugal avec onze militaires à bord, a atterri d’urgence à l’aéroport de Bobo-Dioulasso, dans l’ouest du Burkina Faso.

 

La version des deux parties

 

Abuja parle d’une urgence vitale

Côté Nigeria, la version officielle d’Abuja est claire : l’équipage a détecté une avarie peu après le décollage et a choisi l’aérodrome le plus proche pour préserver la sécurité des personnes. Les autorités nigérianes parlent d’un « accueil courtois » par les Burkinabè et remercient même Ouagadougou pour son assistance.

La version de l’AES : provocation caractérisée

Selon plusieurs sources militaires à Ouagadougou, des chasseurs burkinabè ont intercepté l’avion en vol et l’ont contraint d’atterrir. En conséquence, les autorités de l’AES ont immédiatement placé les onze militaires nigérians en détention, ont confisqué leurs téléphones. De plus, ils contrôlent minutieusement l’accès à l’engin.

« Il ne s’agit pas d’un problème technique mais d’une provocation caractérisée », a tonné hier soir un haut responsable de l’état-major burkinabè, rappelant qu’« aucun contact radio n’a été établi avant l’intrusion et que l’avion a ignoré les sommations ».

 

 Hercules C-130 : un incident sur fond de tensions accrues

 

Le timing alimente les soupçons : en effet, l’incident survient moins de 48 heures après l’intervention éclair des forces spéciales nigérianes au Bénin pour déjouer un coup d’État, opération perçue dans les capitales de l’AES comme une démonstration de force d’Abuja, soutenue par des puissances occidentales, pour contenir l’influence grandissante des trois pays du Sahel.

Ce mardi matin, le ministère burkinabè des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur du Nigeria à Ouagadougou pour exiger des « explications immédiates » et le « retrait sans délai » de tout appareil militaire étranger présent sur le sol national sans accord préalable. De son côté, Abuja maintient que l’atterrissage relevait d’une « urgence vitale » et demande la libération immédiate de son équipage et de son avion.

Entre les deux récits, la méfiance est totale. Dans un contexte régional déjà électrique, cette intrusion aérienne non autorisée, qu’elle soit accidentelle ou calculée, risque de devenir le détonateur d’une nouvelle escalade entre le géant nigérian et les  dirigeants de l’AES, bien décidées à faire respecter leur souveraineté, coûte que coûte.

L’enjeu n’est plus seulement la sécurité d’un avion, mais la crédibilité de chaque bloc. Les prochaines 48 heures, marquées par les tentatives de négociation d’urgence et les pressions sous-régionales, détermineront si cet incident reste un différend diplomatique réglable ou s’il confirme la fracture irréversible de l’Afrique de l’Ouest. Le Sahel, par cet acte de fermeté, rappelle qu’il ne tolérera plus aucune ingérence.