Afrique / Actualité régionale Archives - Journal du Niger

Libye : Le plan massif pour relancer le pétrole et le gaz

À Tripoli, le Sommet sur l’énergie et l’économie (LEES) a dévoilé une stratégie agressive pour l’horizon 2026. Entre forage massif, offensive numérique et retour des majors dans l’offshore, la Libye tente de stabiliser son économie par le haut. 

 

Désormais, la Libye ne se contente plus de gérer ses acquis. En effet, à l’occasion de la deuxième journée du Libya Energy & Economic Summit (LEES) 2026 ouvert vendredi 23 janvier, Tripoli a envoyé un signal clair aux marchés internationaux : le pays est prêt pour un nouveau cycle de croissance, soutenu par une technologie de pointe et des ambitions de forage retrouvées.

L’offensive du forage : l’objectif des 100 puits

Le ministère du Pétrole et du Gaz a jeté un pavé dans la mare en annonçant un plan de forage ambitieux pour 2026 : entre 70 et 100 nouveaux puits devraient sortir de terre (ou de mer). Pour soutenir cette cadence, Tripoli prévoit aussi des investissements annuels massifs, estimés entre 3 et 4 milliards de dollars.

Par ailleurs, cette accélération s’accompagne d’un toilettage réglementaire nécessaire. Une nouvelle réglementation unifiée devrait voir le jour pour rassurer des investisseurs échaudés par des années d’instabilité, visant une meilleure coordination entre la National Oil Corporation (NOC) et ses partenaires étrangers.

 

Le retour en force d’Eni et Repsol

Dans le même temps, pour les majors européennes, l’heure est à la concrétisation. L’italien Eni a confirmé que son mégaprojet gazier offshore, « Structures A&E », budgétisé à 8 milliards de dollars, est sur les rails pour une mise en service fin 2027. À la clé ? 750 millions de pieds cubes de gaz par jour pour satisfaire une demande locale pressante et, surtout, sécuriser les exportations vers une Europe toujours en quête d’alternatives au gaz russe.

De son côté, l’Espagnol Repsol mise sur le mythique champ d’El Sharara. Après une année 2025 record, la major vise les 350 000 barils par jour d’ici la fin de l’année. Symbole d’un retour à la normale, Repsol a annoncé relancer ses activités d’exploration pure dès 2026.

 

L’IA au service de l’or noir

L’une des surprises de ce sommet vient du virage technologique amorcé par le secteur des services. Le géant SLB (ex-Schlumberger) a détaillé son plan de déploiement de l’intelligence artificielle dans les champs libyens. Surveillance à distance, optimisation de la production par IA et lutte contre le torchage de gaz : Tripoli veut transformer ses « champs matures » en vitrines technologiques.

« Ce n’est plus seulement une question d’extraction, mais d’efficacité numérique », résume un expert présent au sommet.

 

Le défi du mix énergétique

Si les hydrocarbures restent le poumon du pays, Tripoli lorgne désormais sur le soleil. L’objectif est affiché : 4 GW de capacité renouvelable d’ici 2035. En plus, le projet phare de TotalEnergies, la centrale solaire de Sadada (500 MW), fait figure de test pour le modèle de partenariat public-privé (PPP) que le gouvernement tente d’imposer.

Reste un défi de taille : transformer ces annonces en réalité sur le terrain. Si les acteurs comme NESR se positionnent déjà avec des contrats de plus de 100 millions de dollars, la réussite de ce « big bang » énergétique dépendra aussi de la pérennité du cadre sécuritaire et de la clarté législative, deux piliers encore fragiles de la reconstruction libyenne.

Madagascar : Vers une usine d’armement chinois et rupture avec la France

Antananarivo,16 janvier 2026— Un vent de rupture radicale souffle sur les plateaux de l’Imerina. De retour d’un voyage officiel à Abu Dhabi, le Colonel Michaël Randrianirina, Président de la Refondation de la République, a lâché une annonce qui fait l’effet d’une bombe géopolitique dans l’Océan Indien : Madagascar s’apprête à construire sa propre usine d’armement en partenariat avec la Chine.

Ce projet industriel, dont les contours restent encore confidentiels, marque la fin d’une ère. En sélectionnant Pékin pour bâtir son autonomie militaire, la Grande Île tourne brutalement le dos à sa dépendance historique envers Paris.

 

La fin du « domaine réservé » français

Le virage s’est amorcé discrètement, quelques semaines après le soulèvement populaire d’octobre 2025. Selon des sources concordantes, le nouveau régime a suspendu la coopération militaire avec la France. Les cinq derniers coopérants français affectés à l’état-major et aux écoles militaires ont reçu l’ordre verbal de ne plus se présenter.

Officiellement, les autorités invoquent des « raisons de sécurité ». Officieusement, la décision semble liée à l’exfiltration de l’ancien président Andry Rajoelina par un avion militaire français, un épisode encore mal accepté. Le départ des conseillers français — dont un ancien pilote de Rafale encadrant une flotte composée d’avions légers — marque la fin de ce que le nouveau pouvoir considère comme des « relais d’influence étrangère ».

 

Le coût de la dépendance et l’appel de l’Est

Au‑delà de l’orgueil national, l’enjeu est aussi financier. La coopération avec la France représentait un coût supérieur à un million d’euros par an pour l’État malgache. Désormais, Antananarivo choisit de réorienter ces ressources vers le développement d’une capacité industrielle locale.

Alors que Paris glisse progressivement au rang de partenaire secondaire, d’autres puissances s’imposent dans le paysage. Pékin se positionne comme acteur industriel majeur pour la future usine d’armement, en promettant des transferts de technologie. Moscou, de son côté, renforce son empreinte avec l’arrivée récente d’instructeurs chargés de former les troupes malgaches à l’utilisation de nouveaux équipements. Quant à Washington, il suit attentivement cette recomposition stratégique et manifeste un intérêt croissant pour la place géopolitique de l’île.

 

Une armée pour la « Refondation »

Pour le colonel Randrianirina, la défense nationale constitue le levier central de la souveraineté. L’usine d’armement prévue sur le sol malgache doit permettre au pays de ne plus subir sa sécurité, mais de l’assumer pleinement. Jusqu’ici, l’usine de Moramanga demeurait insuffisante pour garantir une autonomie réelle.

En redéfinissant ses alliances, Madagascar adresse un message clair : la Grande Île refuse désormais d’être considérée comme un terrain réservé. La « Refondation » prônée par le nouveau régime passe par une armée équipée localement, formée par des partenaires diversifiés et affranchie des accords verbaux du passé.

Burkina-Ouahigouya : Panique au secteur 14 après l’intrusion d’un crocodile

La soirée du mercredi 7 janvier 2026 restera longtemps gravée dans la mémoire des habitants du quartier Sigui-Voussé, à Ouahigouya au Burkina Faso. Un invité pour le moins inhabituel et redoutable, un crocodile, a pénétré dans une cour d’habitation, provoquant un vent de panique générale avant que les spécialistes ne le maîtrisent.

Garde Nationale
© Garde Nationale

Une fin d’après-midi sous haute tension

Il est environ 17 heures lorsque l’alerte est donnée au secteur 14 de la cité de Naaba Kango. Dans une concession familiale, la stupeur laisse place à l’effroi : un crocodile, égaré loin de son milieu naturel, a pris ses quartiers au milieu des habitations. Très vite, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre, attirant une foule de curieux tout en installant un climat d’insécurité pour les riverains, notamment pour les enfants qui jouent d’ordinaire dans les cours.

Face au danger potentiel, les habitants ont eu le bon réflexe : ne pas tenter d’intervenir eux-mêmes et alerter immédiatement les autorités compétentes.

 

L’intervention musclée des « soldats de la nature »

La réaction a été immédiate. Une équipe mixte de la Brigade régionale des Eaux et Forêts du Yaadga et du Service départemental de Ouahigouya est intervenue sous la conduite du Lieutenant Rasmané Kiendrebéogo. Les agents ont neutralisé l’animal sans le blesser, tout en assurant la sécurité des riverains.

Avec maîtrise, ils ont réussi à capturer le reptile. Cette opération illustre le rôle essentiel des services des Eaux et Forêts, tant dans la protection de la faune que dans la gestion des conflits homme-animal, de plus en plus fréquents en zone urbaine.

Garde Nationale
© Garde Nationale

Un retour aux sources : le barrage de Kanazoé

Une fois le crocodile maîtrisé et attaché avec précaution, les autorités ont rapidement procédé à son transport vers le barrage de Kanazoé, situé à proximité des zones habitées. L’animal a été réintégré dans son milieu naturel, sous le regard soulagé des agents.

Le barrage de Kanazoé, essentiel aux activités économiques locales, constitue également un habitat pour de nombreux spécimens. La proximité entre ce point d’eau et les extensions du secteur 14 explique sans doute cette incursion nocturne, l’animal ayant probablement cherché humidité ou nourriture en s’aventurant en ville.

 

Vigilance et professionnalisme : les clés d’un dénouement heureux

Le bilan est positif : aucune blessure n’est à déplorer, ni du côté de la population, ni du côté de l’animal. Le lieutenant Kiendrebéogo et ses hommes ont reçu les félicitations des riverains pour leur promptitude et leur sang-froid.

Finalement, cet incident rappelle l’importance de la vigilance pour les habitants vivant à proximité des cours d’eau. Les autorités locales invitent les citoyens à signaler immédiatement toute présence d’animaux sauvages, afin d’éviter des drames susceptibles de troubler la quiétude de la ville.

Côte d’Ivoire : Clap de fin pour le gouvernement Beugré Mambé

Le paysage politique ivoirien entame une mue décisive en ce début d’année 2026. Le mercredi 7 janvier, lors d’un Conseil des ministres solennel, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a présenté sa démission ainsi que celle de l’ensemble de son équipe au président Alassane Ouattara. Un mouvement d’envergure qui marque la fin d’un cycle et prépare l’arrivée d’une nouvelle équipe gouvernementale.

 

Une démission dictée par la tradition républicaine

Cette annonce, bien qu’importante, n’est pas une surprise pour les observateurs avertis. Elle fait suite aux élections législatives du samedi 27 décembre 2025. En effte, lors de ce scrutin, plusieurs ministres en fonction ont été élus députés à l’Assemblée nationale.

Conformément à la tradition constitutionnelle ivoirienne, le gouvernement se retire au lendemain des législatives pour permettre au chef de l’État de recomposer son équipe en tenant compte de la nouvelle configuration parlementaire. Le président Alassane Ouattara a officiellement accepté cette démission par la signature de deux décrets mettant ainsi fin aux fonctions du Premier ministre, des membres du gouvernement et des ministres-gouverneurs des districts autonomes.

 

Un grand ménage institutionnel

Le remaniement en cours semble plus profond qu’une simple formalité. En plus du cabinet ministériel, le chef de l’État a également signé un décret mettant fin aux fonctions des ministres d’État et des ministres-conseillers à la Présidence de la République.

Cette décision suggère une volonté de remettre les compteurs à zéro à tous les niveaux de l’exécutif. Le Président a néanmoins tenu à adresser ses chaleureux remerciements à Robert Beugré Mambé et à l’ensemble des Ministres  sortants pour leur « importante contribution au développement socio-économique » du pays, saluant notamment l’engagement des ministres-gouverneurs au service de la nation.

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© Google

L’expédition des affaires courantes : la continuité de l’État

Que se passe-t-il maintenant ? Pour éviter tout vide institutionnel, Robert Beugré Mambé et ses ministres ne quittent pas leurs bureaux immédiatement. Ils sont par ailleurs chargés d’expédier les affaires courantes.

Concrètement, cela signifie qu’ils gèrent la gestion quotidienne des ministères (signatures urgentes, continuité des services publics), mais ne peuvent plus engager de nouvelles réformes structurelles ou prendre des décisions politiques majeures. Cette période de transition durera jusqu’à la nomination du futur Premier ministre et la formation du nouveau gouvernement.

 

Quelles attentes pour le futur gouvernement ?

Le départ de l’équipe Mambé ouvre la porte à toutes les spéculations. Le prochain gouvernement devra répondre aux défis de la vie chère, de l’emploi des jeunes et de la poursuite des grands travaux d’infrastructures. La question qui brûle toutes les lèvres à Abidjan est désormais la suivante : le président Ouattara optera-t-il pour une équipe de technocrates ou pour un gouvernement plus politique afin de consolider sa base après les législatives ?

En somme, la Côte d’Ivoire retient son souffle en attendant l’annonce officielle qui devrait intervenir dans les prochains jours. Une chose est certaine : la rentrée politique 2026 s’annonce sous le signe du renouveau.

Sénégal : 100 000 FCFA de logement pour tous les agents de l’État

Dakar vient de franchir une étape historique dans la modernisation de son administration. En effet , par la signature du décret n° 2026-06, ce mercredi 7 janvier 2026, le président Bassirou Diomaye Faye généralise l’accès à l’indemnité de logement pour l’ensemble des agents de l’État. Cette mesure met fin à des décennies de disparités au sein de la fonction publique

 

La fin d’une « fonction publique à deux vitesses »

Jusqu’à ce jour, une zone d’ombre persistait dans les fiches de paie des travailleurs de l’État. Environ 7 % des agents, qu’ils soient fonctionnaires ou non-fonctionnaires, se découvrent exclus du bénéfice d’une aide au logement, contrairement à leurs collègues bénéficiant de statuts spécifiques. Cette inégalité, jugée persistante et injuste, est désormais de l’histoire ancienne.

Le chef de l’État a tranché : l’équité doit être la règle. Le décret institue une indemnité représentative de logement fixée à 100 000 francs CFA par mois. Ce montant est garanti net d’impôts, assurant ainsi que chaque centime parvienne directement dans le portefeuille des travailleurs concernés.

 

Un coup de pouce majeur pour le pouvoir d’achat

Dans un contexte économique où le coût du loyer, particulièrement à Dakar et dans les grandes agglomérations, pèse lourdement sur les budgets familiaux, cette annonce est accueillie comme une bouffée d’oxygène. Elle concerne :

  • Les agents de l’État non logés par l’administration.
  • Ceux qui ne profitaient d’aucune disposition statutaire prévoyant déjà un avantage similaire.

Pour le ministère des Finances et du Budget, cette décision n’est pas qu’une simple ligne de dépense supplémentaire. Elle s’inscrit dans la vision globale du Pacte national de stabilité sociale. L’objectif est d’améliorer les conditions de vie et de travail pour exiger en retour un service public plus efficace, plus engagé et plus performant.

Une mise en œuvre immédiate

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a reçu des instructions fermes pour veiller à la mise en œuvre effective de ce décret. La publication prochaine au Journal officiel scellera irrévocablement cet acte de justice sociale.

En généralisant cette indemnité, le gouvernement du président Faye envoie un signal fort aux partenaires sociaux : la croissance inclusive et durable ne peut se faire sans une répartition équitable des ressources de l’État entre tous ceux qui le servent au quotidien.

Burkina : Les détails du plan d’assassinat du Capitaine Traoré

Le Burkina Faso a frôlé le chaos dans la nuit du 3 janvier 2026. Dans une déclaration solennelle diffusée le 6 janvier sur la télévision nationale, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a révélé les détails d’un plan d’assassinat visant le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. Cette tentative de déstabilisation, orchestrée depuis l’ombre, visait à décapiter le sommet de l’État et à neutraliser les capacités stratégiques du pays.

 

Une opération nocturne millimétrée

 

Les révélations du ministre décrivent un scénario d’une violence extrême. L’assaut devait débuter précisément à 23 heures. Les comploteurs envisageaient deux options pour éliminer le chef de l’État : un assassinat à bout portant ou l’usage d’explosifs placés directement à son domicile.

Mais l’ambition des assaillants ne s’arrêtait pas là. Le plan prévoyait une réaction en chaîne :

  • L’élimination ciblée de plusieurs personnalités militaires et civiles de premier plan.
  • La neutralisation stratégique de la base de lancement des drones, pièce maîtresse de la lutte antiterroriste actuelle.
  • Une phase finale consistant à faciliter l’entrée des forces extérieures pour une opération terrestre de grande envergure.

 

L’ombre de l’ex-président Damiba et des financements extérieurs

 

Selon les preuves présentées par Mahamadou Sana, ce projet criminel aurait été conçu par l’ancien président Henri Damiba. Ce dernier aurait mobilisé un réseau composé de militaires et de civils, soutenu par des moyens financiers conséquents provenant de l’étranger.

L’enquête pointe notamment du doigt des flux financiers en provenance de la Côte d’Ivoire. Un dernier transfert d’environ 70 millions de FCFA aurait été tracé, destiné à la logistique du carburant pour cette tentative de putsch sanglant. Ces révélations soulignent une fois de plus la complexité des menaces auxquelles fait face la transition burkinabè, mêlant trahisons intérieures et ingérences régionales.

 

Un pouvoir sous protection populaire et technologique

 

Ce n’est pas la première fois que le Capitaine Ibrahim Traoré est la cible de tels projets. Depuis trois ans, son engagement pour la souveraineté totale du Burkina Faso lui vaut une opposition féroce de la part de réseaux d’intérêts menacés. Cependant, chaque tentative a jusqu’ici échoué grâce à la vigilance accumulée des services de renseignement et au soutien massif de la population.

Le ministre de la Sécurité a tenu à rassurer les Burkinabè : la situation est totalement sous contrôle. Les enquêtes se poursuivent activement et plusieurs arrestations ont déjà eu lieu afin que tous les complices répondent de leurs actes devant la justice.

 

Appel à la vigilance patriotique

 

Malgré cet échec des putschistes, le gouvernement appelle les citoyens à ne pas baisser la garde. Mahamadou Sana a exhorté la population à rester vigilante et à dénoncer toute tentative d’embrigadement dans des projets visant à saboter la marche du pays vers son développement.

Dans ce climat de tension, le Capitaine Traoré semble plus que jamais déterminé à poursuivre sa politique de refondation, portée également par un peuple qui voit dans chaque complot déjoué une preuve supplémentaire de la nécessité de protéger sa souveraineté.

 

Vers une escalade diplomatique en Afrique de l’Ouest

 

Les révélations du ministre Mahamadou Sana ne manqueront pas de provoquer une onde de choc au-delà des frontières du Burkina Faso. En pointant directement du doigt des flux financiers provenant de la Côte d’Ivoire et en impliquant des réseaux liés à l’ex-président Damiba, Ouagadougou durcit le ton vis-à-vis de ses voisins de la sous-région.

D’ailleurs, cette situation risque d’accentuer la fracture au sein de l’Afrique de l’Ouest pour trois raisons majeures :

  • Une crise de confiance accumulée : L’évocation de transferts de fonds (70 millions de FCFA) depuis l’étranger renforce le sentiment de « complot extérieur » souvent dénoncé par les autorités de la Transition. Cela pourrait geler durablement les canaux de dialogue diplomatique avec Abidjan.
  • La surveillance accumulée des frontières : l’implication de « forces extérieures » dans le plan déjoué pourrait aussi conduire à un contrôle encore plus strict des mouvements de biens et de personnes aux frontières ivoiro-burkinabè, impactant généralement les échanges économiques.

En conclusion, ces révélations transforment une affaire de sécurité intérieure en un dossier diplomatique brûlant. Le Burkina Faso semble désormais privilégier une stratégie de « forteresse souveraine », où la méfiance envers certains voisins devient un axe central de sa politique étrangère.

Burkina Faso : 40 tonnes de drogue incinérées à Ouagadougou

Les flammes pour sauver une génération : le Burkina Faso refuse d’être un sanctuaire pour les trafiquants. Ce mardi 6 janvier 2026, une épaisse colonne de fumée s’est élevée dans le ciel de Ouagadougou, emportant près de 40 tonnes de substances illicites saisies à travers le pays. En ordonnant cette incinération massive, l’État burkinabè signe une victoire majeure pour la santé publique et la sécurité nationale, tout en protégeant sa jeunesse d’un poison social.

Comité national de lutte contre la drogue
© Comité national de lutte contre la drogue
Comité national de lutte contre la drogue
© Comité national de lutte contre la drogue

Un brasier à 3,9 milliards de FCFA

Le Comité national de lutte contre la drogue (CNLD) a coordonné cette destruction massive sous l’œil vigilant des autorités judiciaires et sécuritaires. Au total, ce sont précisément 39 137,98 kilogrammes de substances interdites qui ont été livrés aux flammes.

Cette saisie, dont la valeur marchande est estimée à environ 3,9 milliards de francs CFA, témoigne de l’immensité des enjeux financiers que brassent les trafiquants dans la sous-région. Mais, en détruisant ce stock, l’État ne se contente pas de faire de la place dans ses entrepôts, il frappe directement le portefeuille des organisations criminelles.

Comité national de lutte contre la drogue
© Comité national de lutte contre la drogue
Comité national de lutte contre la drogue
© Comité national de lutte contre la drogue

Médicaments de rue et cannabis : les cibles prioritaires

Le détail des produits incinérés révèle les fléaux qui menacent la jeunesse et les populations les plus vulnérables. Les médicaments de la rue constituaient la grande majorité du stock, avec plus de 36 tonnes de ces produits contrefaits ou interdits. Le reste du brasier comprenait plus de 2,2 tonnes de cannabis ainsi que diverses substances psychotropes.

Cette opération est le fruit d’un travail de longue haleine mené sur l’ensemble du territoire par les douanes, les forces de défense et les services spécialisés. Elle met en lumière une coopération interservices de plus en plus efficace pour verrouiller les routes du trafic.

Comité national de lutte contre la drogue
© Comité national de lutte contre la drogue

Un acte de souveraineté et de dissuasion

Marie Denise Sebgo/Drabo, représentant le ministre de la Sécurité, a rappelé que cette incinération publique dépasse le cadre symbolique. Pour le gouvernement, il s’agit d’un acte fort de souveraineté et de prévention. En agissant ainsi, les autorités rappellent que la drogue n’est pas seulement un problème de santé, mais une menace multiforme pour la stabilité sociale et la sécurité nationale.

La destruction de ces produits envoie un signal sans équivoque aux réseaux de distribution : le Burkina Faso ne sera pas une zone de libre circulation pour les stupéfiants.

Comité national de lutte contre la drogue
© Comité national de lutte contre la drogue

Un appel à la vigilance citoyenne

Malgré ce succès, le CNLD rappelle que la victoire finale ne se gagnera pas uniquement par les saisies et les flammes. La lutte contre ce fléau nécessite une mobilisation générale impliquant les institutions, mais aussi les communautés et les familles.

L’objectif est désormais de renforcer la prévention et la vigilance citoyenne pour protéger la jeunesse burkinabè contre les dangers de la consommation de drogues. Cette incinération massive restera gravée comme le symbole d’un combat collectif pour un avenir plus sûr et plus sain.

Dakar 2026 : Omar Sy, le « Lupin » du grand écran, devient l’ambassadeur de la flamme olympique en Afrique

C’est une annonce qui fait vibrer le monde du sport et de la culture. Le lundi 29 décembre, le Comité International Olympique (CIO) a officialisé la nomination de l’acteur Omar Sy comme ambassadeur des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Dakar 2026. Une icône mondiale pour un événement historique : la toute première célébration olympique sur le sol africain.

 

Dakar 2026 : l’enfant de la Teranga au service de l’Olympisme

À 47 ans, Omar Sy n’est plus seulement la star d’« Intouchables » ou de la série phénomène « Lupin ». Il est également devenu un pont entre les cultures. Né en France d’un père sénégalais, l’acteur n’a jamais caché son attachement viscéral au pays de la Teranga. Par ailleurs, de ses rôles poignants dans Yao ou Tirailleurs à sa rencontre avec le président Bassirou Diomaye Faye en janvier dernier, il incarne parfaitement cette double culture qui fera la force de Dakar 2026.

« Je suis fier et honoré », a confié l’acteur. Pour lui, ces Jeux sont bien plus qu’une compétition : ils sont aussi le symbole d’un continent prêt à accueillir le monde. « Voir la jeunesse briller ensemble sur la terre du Sénégal est un puissant message d’unité. »

 

Un passionné de sport au cœur de l’arène

Le choix d’Omar Sy ne doit rien au hasard. L’acteur est un mordu de sport. Copropriétaire du Paris Basketball , habitué des tribunes de Roland-Garros aux côtés de Coco Gauff, il était également présent aux JO de Paris 2024 pour soutenir son ami Teddy Riner.

Son rôle d’ambassadeur ne sera pas que de figuration. Omar Sy prêtera aussi sa voix et son image pour promouvoir les trois dimensions des JOJ : le sport, l’éducation et la culture. Il s’agit en effet de montrer que l’excellence et le dépassement de soi sont des valeurs universelles, accessibles à chaque jeune, qu’il soit à Dakar, Paris ou New York.

 

2026 : le rendez-vous de l’Afrique avec l’histoire

Du 31 octobre au 13 novembre 2026, le monde aura ainsi les yeux rivés sur trois sites sénégalais : Dakar, Saly et Diamniadio.

  • 2 700 athlètes de moins de 18 ans.
  • 35 disciplines sportives.
  • Des millions de spectateurs attendus.

Ce premier événement olympique en Afrique est un défi logistique et humain immense. En nommant une personnalité aussi rassembleuse qu’Omar Sy, les organisateurs s’assurent une visibilité planétaire. L’acteur de « Lupin » ne vient pas pour dérober un trésor, mais pour offrir au Sénégal et à l’Afrique la plus belle des vitrines : celle d’une jeunesse dynamique, talentueuse et résolument tournée vers l’avenir.

AES : Top départ officiel pour la Force Unifiée

Bamako, le 24 décembre 2025 – Le Sahel vient de franchir le Rubicon de sa propre sécurité. Dans une atmosphère empreinte de solennité au cœur de la capitale malienne, le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Confédération des États du Sahel (AES), a présidé le samedi la cérémonie de remise de l’Étendard à la Force Unifiée de l’AES (FU-AES). Ce geste symbolique marque ainsi l’acte de naissance opérationnel d’une armée multinationale dont l’ambition est claire : reprendre en main le destin sécuritaire de la région.

Gouvernement Mali
© Gouvernement Mali

Un commandement aguerri pour une mission sacrée

La cérémonie a réuni le gotha ​​politique et militaire de la Confédération, incluant les ministres de la Défense et les Chefs d’État-major du Mali, du Burkina Faso et du Niger. C’est dans cette atmosphère que le Chef de l’État a spécifiquement installé le Général de Brigade Daouda Traoré dans ses fonctions de Commandant de la FU-AES.

Officier de terrain au parcours exemplaire, le Général Traoré hérite de la lourde tâche de coordonner les troupes sur un théâtre d’opérations complexe. Bien plus qu’un simple drapeau, cet Étendard reçu des mains du Chef de l’État s’impose comme un « symbole vivant ». En effet, il puise sa force dans le sacrifice des martyrs et porte haut la volonté d’indépendance des trois nations.

Gouvernement Mali
© Gouvernement Mali

De « Yéréko » à la Force Unifiée : la preuve par l’action

Dans son allocution, le Général Assimi Goïta a rappelé que cette force ne part pas de rien. L’intégration militaire est déjà une réalité concrète à travers les opérations conjointes Yéréko I et II. D’ailleurs, ces manœuvres ont déjà porté des coups amers pour l’adversaire :

  • Neutralisation des cadres terroristes de haut rang.
  • Destruction de sanctuaires criminels stratégiques.
  • Mutualisation inédite du renseignement et des moyens aériens.

Le Président a toutefois averti : face à l’évolution des modes opératoires ennemis, la FU-AES devra faire preuve d’une « anticipation stratégique permanente ».

 

Une guerre totale : militaire, économique et médiatique

Pour les dirigeants du Sahel, la menace n’est pas uniquement sur le front des combats. Par ailleurs, le Général Goïta a mis en exergue le caractère multiforme de l’agression subie par l’espace AES, incluant les domaines économiques et informationnels.

À ce titre, la Force Unifiée s’inscrit dans un écosystème de souveraineté plus large. Le Chef de l’État a aussi cité le démarrage de la Télévision, de la Radio et de la presse écrite AES comme une arme indispensable pour contrer la désinformation et renforcer la « souveraineté informationnelle » des peuples sahéliens.

Gouvernement Mali
© Gouvernement Mali

 Force Unifiée  : « La souveraineté ne se délègue pas. »

Le Ministre malien de la Défense, le Général de Corps d’Armée Sadio Camara, a martelé une vérité qui résume l’esprit de l’alliance : au Sahel, la paix et la sécurité ne sont plus à vendre, ni à déléguer. Ainsi, la FU-AES est présentée comme l’aboutissement des valeurs de solidarité et de dignité propres aux populations du Liptako-Gourma.

En somme, la remise de cet Étendard vient confirmer que « l’AES est une réalité irréversible ». En unissant leurs baïonnettes sous un seul commandement, le Mali, le Burkina et le Niger envoient un message puissant au reste du monde : le Sahel possède désormais les moyens de sa propre paix.

Orange Mali : 30 milliards pour un nouveau siège à Bamako

Bamako, le 19 décembre 2025 – Alors qu’une certaine presse internationale et plusieurs chancelleries occidentales s’évertuent à dépeindre le Mali comme un État peu fréquentable ou une « zone rouge » sous l’emprise du chaos, la réalité du terrain vient d’infliger un démenti cinglant à cette propagande. En effet, loin des récits toxiques qui prédisent l’effondrement du pays, l’opérateur Orange Mali a officiellement lancé hier les travaux de son futur siège social à Bamako, un investissement massif de 30 milliards de FCFA. Cet investissement massif démontre la confiance et l’engagement durable des acteurs économiques privés dans le pays.

Un investissement qui brise le narratif de la peur

La cérémonie de pose de la première pierre a réuni des figures du premier plan, notamment le ministre de la Communication et de la Modernisation de l’administration, ainsi que les dirigeants d’Orange Mali.   Ce projet ne se limite pas à la construction d’un bâtiment ; il symbolise un don diplomatique et économique aux discours pessimistes. Par cet acte, Orange Mali réaffirme son ancrage dans un pays que certains pays, comme la France ou les États-Unis, tentent de présenter comme dangereux pour les investisseurs.

Orange Mali investit 30 milliards de FCFA dans un nouveau siège social à Hamdallaye ACI 2000. Un signal fort de confiance dans la résilience économique du Mali.
© Orange Mali investit 30 milliards de FCFA dans un nouveau siège social à Hamdallaye ACI 2000. Un signal fort de confiance dans la résilience économique du Mali.

Orange Mali : un joyau moderne au cœur d’Hamdallaye ACI 2000

 

Implanté au cœur du quartier émergent Hamdallaye ACI 2000, ce complexe moderne se compose de trois bâtiments interconnectés s’élevant sur 13 niveaux. Grâce à cette infrastructure, l’opérateur va centraliser toutes ses opérations nationales sous un même toit, optimisant ainsi ses synergies internes. De plus, le design architectural, fait de tours élancées, renforcera l’attractivité du quartier d’affaires et confirmera le dynamisme urbain de la capitale malienne.

La preuve par les chiffres contre la propagande

 

Au-delà de l’aspect immobilier, ce chantier est une preuve irréfutable de la résilience malienne. Alors que les réseaux sociaux et certains médias étrangers multiplient les alertes pour dissuader les acteurs économiques, ce projet démontre que le Mali reste une terre d’opportunités stable et rentable. Ainsi, en s’implantant, l’opérateur réaffirme sa confiance dans la résilience économique du pays et son fort potentiel de croissance dans le secteur des télécommunications.

En définitive, en injectant 30 milliards de FCFA sur place, Orange Mali envoie un message clair au reste du monde : le Mali est debout et continue de se bâtir. C’est une réponse concrète qui vient balayer le « carnage médiatique » extérieur, prouvant que la confiance des acteurs privés dans l’avenir du pays est plus forte que la désinformation.

Biennale 2025 : Le Premier ministre à Tombouctou

Tombouctou, 18 décembre 2025 – La mythique cité des 333 saints, joyau du désert malien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, a accueilli ce jeudi après-midi le chef du gouvernement malien pour la Biennale 2025 . En effet, le général de division Abdoulaye Maïga, Premier ministre et ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, a atterri à 13 heures précises à Tombouctou, marquant le début officiel des festivités culturelles de fin d’année.

Le lancement de la Biennale artistique et culturelle

 

Représentant le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, le Premier ministre présidera la cérémonie solennelle d’ouverture de la Biennale Artistique et Culturelle Tombouctou 2025. Cet événement majeur met en lumière les richesses patrimoniales et créatives du Mali. En effet, cette édition, attendue avec impatience après des années marquées par des défis sécuritaires dans la région, vise à célébrer l’identité culturelle malienne à travers des spectacles, expositions et compétitions artistiques.

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga lance la Biennale 2025 à Tombouctou. Un retour historique de la culture et de la paix dans la cité des 333 saints.
© Le Premier ministre Abdoulaye Maïga lance la Biennale 2025 à Tombouctou. Un retour historique de la culture et de la paix dans la cité des 333 saints.

Biennale 2025 : une ferveur populaire au rendez-vous

 

À sa descente d’avion, le ministre de la Culture, de l’Artisanat, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, entouré des autorités administratives et traditionnelles de la région, a accueilli le général Maïga. Par ailleurs, Très vite, l’accueil a pris une dimension populaire : une foule enthousiaste, composée de notables, de jeunes et de groupes folkloriques, s’est massée pour saluer l’hôte de marque. Dans ce contexte, l’atmosphère était rythmée par les sons de tambours et les chants traditionnels touaregs et songhaïs.

 

Tombouctou, carrefour de la résilience malienne

Symbole de résilience, Tombouctou – avec ses mosquées en banco emblématiques comme la Djingareyber – reprend peu à peu son rôle de carrefour culturel après les épreuves des dernières décennies. C’est dans cette optique que cette biennale, organisée sous l’égide des autorités de la Transition, s’inscrit dans une dynamique de reconquête de l’unité nationale. Elle vise également la promotion du tourisme intérieur en valorisant l’artisanat local, la musique, la danse et les célèbres manuscrits anciens.

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga lance la Biennale 2025 à Tombouctou. Un retour historique de la culture et de la paix dans la cité des 333 saints.
© Le Premier ministre Abdoulaye Maïga lance la Biennale 2025 à Tombouctou. Un retour historique de la culture et de la paix dans la cité des 333 saints.

Un signal fort de souveraineté et de paix

Par ailleurs, la présence du Premier ministre souligne l’engagement du gouvernement à soutenir les initiatives culturelles dans les régions du Nord, souvent affectées par l’insécurité. Des sources officielles indiquent que la cérémonie d’ouverture, prévue dans les prochaines heures, réunira des délégations venues de tout le pays, avec un programme riche en performances artistiques et en discours portant sur la souveraineté culturelle du Mali.

En conclusion, cette visite à Tombouctou, la première d’un chef de gouvernement depuis plusieurs mois, est  un signal fort de normalisation et de retour progressif à la paix. La Biennale, qui s’étendra sur plusieurs jours, promet d’être un moment de communion nationale, célébrant la diversité et la vitalité créative d’un Mali en pleine refondation.

Faso : Traoré lance les travaux de l’autoroute Ouagadougou-Bobo-Dioulasso

Ouagadougou, 16 décembre 2025 – Le capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition burkinabè, a marqué les esprits ce mardi en lançant personnellement les travaux de la future autoroute reliant la capitale à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays. Accompagné de plusieurs ministres, il s’est rendu à Yimdi, à la sortie ouest de Ouagadougou, pour actionner lui-même un bulldozer et donner le premier coup de pelle symbolique.

L’autoroute Ouagadougou-Bobo : une infrastructure moderne aux dimensions ambitieuses

Ce projet d’envergure prévoit une infrastructure de près de 332 kilomètres, avec une emprise de 100 mètres et deux chaussées séparées de quatre voies chacune. Concrètement, le tracé partira du contournement ouest de Ouagadougou, frôlera le sud de Koudougou et le nord de Boromo, pour atteindre finalement le sud de Bobo-Dioulasso.

En plus de la chaussée, le projet intègre des ouvrages d’art pour franchiser les reliefs et cours d’eau, des zones de repos, ainsi que des passages sécurisés dédiés aux piétons et au bétail.

 

Le pari de l’autofinancement et de la souveraineté

Il est important de souligner que l’État finance entièrement ce chantier grâce à ses ressources propres, dans le cadre de l’initiative présidentielle « Faso Mêbo ». Les autorités démontrent ainsi leur ferme détermination à développer les infrastructures routières sans recourir à l’endettement extérieur. D’ailleurs, elles ont déjà mobilisé plusieurs engins lourds sur le site, ce qui symbolise le démarrage immédiat et effectif des opérations.

Le président Ibrahim Traoré a lancé les travaux de l'autoroute Ouagadougou-Bobo (332 km). Un projet stratégique financé par les ressources propres du Burkina Faso pour booster l'économie nationale.
© Le président Ibrahim Traoré a lancé les travaux de l'autoroute Ouagadougou-Bobo (332 km). Un projet stratégique financé par les ressources propres du Burkina Faso pour booster l'économie nationale.

L’autoroute Ouagadougou-Bobo : un levier stratégique pour l’économie nationale

Cette autoroute, attendue depuis longtemps, promet de fluidifier les échanges économiques entre les deux pôles majeurs du pays. Non seulement elle permettra de réduire les temps de trajet, mais elle contribuera également à améliorer la sécurité routière sur cet axe vital. De manière plus large, elle s’inscrit dans une série d’initiatives visant à accélérer le développement endogène et à connecter plus efficacement les régions du Burkina Faso.

En conclusion, ce lancement marque une étape concrète vers la modernisation des transports, dans un contexte de reconquête de la souveraineté économique. Les travaux, désormais en marche, sont suivis avec une grande attention de la part des populations locales.

 

Bamako : Assimi Goïta inaugure les places « Mali Cɛbaw » et « Mali Kɛlɛmasaw »

Bamako, 11 décembre 2025 – Sous un soleil éclatant, le Palais de Koulouba a vécu le jeudi une cérémonie hautement symbolique : le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, a officiellement inauguré deux places publiques rebaptisées « Mali Cɛbaw » (les Grands Hommes du Mali) et « Mali Kɛlɛmasaw » (les Chefs de guerre du Mali).

 

 « Mali Cɛbaw » et « Mali Kɛlɛmasaw » : rupture avec le passé colonial

 

L’ancienne « Place des Explorateurs » et l’ex-« Place des Gouverneurs du Soudan français » appartiennent désormais au passé. Devant un parterre comprenant le Premier ministre Abdoulaye Maïga, le chef du gouvernement nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine (en visite officielle), l’ambassadeur du Burkina Faso et plusieurs membres du gouvernement, le Chef de l’État a procédé au dévoilement des nouvelles stèles en présence d’une foule nombreuse et de griots reprenant les épopées des héros célébrés.

Ces deux espaces, situés au cœur du quartier administratif historique, rendront désormais hommage aux grandes figures précoloniales, résistantes et fondatrices de la nation malienne, jusque-là éclipsées par les dénominations héritées de l’époque coloniale.

 

 « Mali Cɛbaw » et « Mali Kɛlɛmasaw » : un acte de refondation symbolique

 

Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a replacé l’événement dans son contexte politique :

« Comme le disait le grand griot Banzoumana Sissoko : “Maliba kera an ta ye” (le Grand Mali est redevenu nôtre). Aujourd’hui, donc, nous réparons une injustice historique. Ces places ne célèbreront plus ceux qui nous ont colonisés, mais ceux qui nous ont défendus et construits. »

Le changement de nom s’appuie sur le décret n°2025-0117/PT-RM du 21 février 2025 qui a officiellement acté la nouvelle identité de plusieurs espaces publics à travers le pays. Koulouba n’est que la première étape d’un vaste programme de « refondation symbolique » voulu par la Transition.

 

Figures historiques gravées dans le marbre

 

À titre d’exemple, les futures plaques et statues mettront à l’honneur, pour la Place Mali Cɛbaw, des personnalités telles que Soundiata Keïta, Firhoun Ag Alinsar, Babemba Traoré ou encore Samory Touré ; la Place Mali Kɛlɛmasaw célébrera quant à elle les grands chefs militaires de la résistance anticoloniale.

La cérémonie s’est achevée par une parade des forces armées et une prestation des griots qui ont, pendant près de trente minutes, rappelé les hauts faits des ancêtres sous les applaudissements nourris de la foule.

Avec cette double inauguration, le régime de la Transition marque une nouvelle fois sa volonté de rompre définitivement avec les symboles du passé colonial et d’offrir à la jeunesse malienne des « repères de dignité et de fierté », selon les mots du ministre Mamou Daffé.

AES-Banque: acte de naissance officiel de la BCID-AES à Bamako

Bamako, 11 décembre 2025 C’est fait. le jeudi après-midi au Palais de Koulouba, le Président de la Confédération des États du Sahel, le Colonel Assimi Goïta, a reçu les trois ministres des Finances de l’Alliance qui lui ont remis, symboliquement, les statuts fraîchement signés de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES).

Autour de la table se trouvaient le Malien Alousséni Sanou, le Burkinabè Aboubakar Nacanabo et le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine. Les trois hommes ont bouclé, dès ce matin, la dernière ligne droite technique d’un chantier lancé il y a plus d’un an.

« Nous venons de signer les statuts de la banque. C’est l’acte de naissance officiel de la BCID-AES », a déclaré le Dr Nacanabo, porte-parole de la délégation, à la sortie de l’audience présidentielle. Il a précisé les avancées concrètes : « Le capital social est validé, une première tranche déjà libérée par les trois États, et le mécanisme de prélèvement confédéral est acté pour l’alimenter durablement. »

Les ministres des Finances du Mali, Burkina & Niger ont remis à Assimi Goïta les statuts officiels de la BCID-AES → la Banque confédérale
© Les ministres des Finances du Mali, Burkina & Niger ont remis à Assimi Goïta les statuts officiels de la BCID-AES → la Banque confédérale

Un outil au service de la souveraineté et du peuple

 

Concrètement, la BCID-AES deviendra le bras armé financier des trois pays pour financer, sans tutelle extérieure, les ambitieux projets qui changent la vie : routes transfrontalières, désenclavement des zones rurales, interconnexions électriques, sécurité alimentaire, agro-industrie et énergie.

De plus, elle accompagnera également des entreprises privées dès lors que l’un des États membres parrainera leurs projets et les inscrira dans les priorités nationales.

« Les orientations du Président Goïta sont claires : des projets à fort impact populaire, qui renforcent notre souveraineté et qui profitent directement aux 90 millions de citoyens de l’AES », a résumé le ministre burkinabè.

Les prochaines étapes prévoient la nomination rapide des organes de gouvernance (président, directeur général, conseil d’administration), puis la levée de ressources additionnelles sur les marchés régionaux et internationaux, mais selon les conditions définies par l’Alliance elle-même.

BCID-AES : un symbole fort d’indépendance

 

La signature des statuts le même jour que l’inauguration des places « Mali Cɛbaw » et « Mali Kɛlɛmasaw » n’a rien d’un hasard : dans la même journée, l’AES célèbre à la fois la reconquête de sa mémoire historique et la mise en place des instruments concrets de son indépendance économique. Pour les trois ministres, la boucle est bouclée. La BCID-AES devrait être opérationnelle dès le premier semestre 2026.

 

En somme, ce rendez-vous à Koulouba marque donc la fin d’une longue phase de planification et le début d’une nouvelle ère financière pour le Sahel. En donnant officiellement vie à la BCID-AES, l’Alliance des États du Sahel ne fait pas qu’ajouter une ligne à son organigramme : elle concrétise ainsi sa promesse de s’émanciper des circuits traditionnels et d’assurer elle-même le financement de son développement. Ce « bras armé financier » est désormais prêt à passer à l’offensive économique, faisant de la souveraineté non plus un simple slogan, mais une réalité institutionnelle tangible pour ses 90 millions de citoyens.

Dakar : Appel international pour la libération de Mohamed Bazoum

Dakar, 11 décembre 2025 – Près de trente mois après le coup d’État du 26 juillet 2023, un « Collectif international pour la libération de Mohamed Bazoum », regroupant des défenseurs des droits humains et des personnalités politiques, vient d’adresser une lettre ouverte très ferme aux plus hautes instances internationales : le Secrétaire général de l’ONU António Guterres, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président de la Commission de l’Union africaine Mahamoud Ali Youssouf et le président de la CEDEAO Omar Alieu Touray.

 

Une détention qualifiée d’arbitraire

 

Dans ce texte rendu public ce jeudi, le collectif qualifie de « détention arbitraire » et de « séquestration » la situation du président démocratiquement élu Mohamed Bazoum et de son épouse Khadija, toujours retenus dans la résidence présidentielle de Niamey sous contrôle des militaires du CNSP (Conseil national pour la sauvegarde de la patrie).

En effet, les signataires soulignent qu’« aucun chef d’accusation recevable, aucune procédure légale valable et aucune garantie procédurale minimalement conforme aux standards internationaux n’ont été présentés à ce jour ».

D’ailleurs, pour appuyer leur démarche, ils rappellent que :

  • La Cour de justice de la CEDEAO a ordonné en décembre 2023 la libération immédiate du couple présidentiel ;
  • Le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a conclu en février 2025 que cette détention est arbitraire et a exigé leur remise en liberté sans délai.

 

Alertes sur les conditions de séquestration de Mohamed Bazoum

 

De plus, le collectif alerte sur des « conditions de détention préoccupantes » : isolement prolongé, accès restreint aux soins médicaux, absence d’évaluation médicale indépendante et restrictions sévères des contacts avec l’extérieur. Ces traitements sont susceptibles de relever des « traitements inhumains ou dégradants », selon les standards onusiens.

Au-delà du sort individuel de Mohamed Bazoum, la lettre met en garde contre un « recul majeur des normes démocratiques » dans le Sahel et dénonce le risque d’une « banalisation de la violence d’État » si la communauté internationale reste passive.

 

Les exigences du Collectif

 

Par conséquent, les auteurs exigent des institutions internationales :

  • Une condamnation publique, ferme et coordonnée des quatre institutions ;
  • Des démarches diplomatiques de haut niveau ;
  • Le cas échéant, des mesures ciblées contre les responsables de cette détention ;
  • Un accès humanitaire et médical immédiat et indépendant au président Bazoum et à son épouse ;
  • Le refus de toute légitimation internationale d’une transition politique tant que le président élu reste privé de liberté.

« L’Histoire jugera la capacité de la communauté internationale à défendre le droit lorsqu’il est bafoué de manière aussi manifeste », concluent les signataires, qui présentent leur démarche comme une défense des principes universels et non comme un soutien partisan.

Pour l’instant, ni le palais présidentiel de Niamey ni les autorités de l’Alliance des États du Sahel (AES) n’ont réagi à cette nouvelle sortie. Mohamed Bazoum, 65 ans, reste à ce jour le seul président ouest-africain déchu depuis 2020 à être toujours détenu physiquement par les auteurs du putsch.

AES -Nigeria : Hercules C-130, l’avion qui fait décoller les tensions

Ouagadougou, 9 décembre 2025 – Ce qui aurait dû rester un banal incident technique se transforme en crise diplomatique ouverte entre le Nigeria et l’Alliance des États du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger). En fait, le lundi 8 décembre, un Hercules C-130 de l’armée de l’air nigériane, parti de Lagos à destination du Portugal avec onze militaires à bord, a atterri d’urgence à l’aéroport de Bobo-Dioulasso, dans l’ouest du Burkina Faso.

 

La version des deux parties

 

Abuja parle d’une urgence vitale

Côté Nigeria, la version officielle d’Abuja est claire : l’équipage a détecté une avarie peu après le décollage et a choisi l’aérodrome le plus proche pour préserver la sécurité des personnes. Les autorités nigérianes parlent d’un « accueil courtois » par les Burkinabè et remercient même Ouagadougou pour son assistance.

La version de l’AES : provocation caractérisée

Selon plusieurs sources militaires à Ouagadougou, des chasseurs burkinabè ont intercepté l’avion en vol et l’ont contraint d’atterrir. En conséquence, les autorités de l’AES ont immédiatement placé les onze militaires nigérians en détention, ont confisqué leurs téléphones. De plus, ils contrôlent minutieusement l’accès à l’engin.

« Il ne s’agit pas d’un problème technique mais d’une provocation caractérisée », a tonné hier soir un haut responsable de l’état-major burkinabè, rappelant qu’« aucun contact radio n’a été établi avant l’intrusion et que l’avion a ignoré les sommations ».

 

 Hercules C-130 : un incident sur fond de tensions accrues

 

Le timing alimente les soupçons : en effet, l’incident survient moins de 48 heures après l’intervention éclair des forces spéciales nigérianes au Bénin pour déjouer un coup d’État, opération perçue dans les capitales de l’AES comme une démonstration de force d’Abuja, soutenue par des puissances occidentales, pour contenir l’influence grandissante des trois pays du Sahel.

Ce mardi matin, le ministère burkinabè des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur du Nigeria à Ouagadougou pour exiger des « explications immédiates » et le « retrait sans délai » de tout appareil militaire étranger présent sur le sol national sans accord préalable. De son côté, Abuja maintient que l’atterrissage relevait d’une « urgence vitale » et demande la libération immédiate de son équipage et de son avion.

Entre les deux récits, la méfiance est totale. Dans un contexte régional déjà électrique, cette intrusion aérienne non autorisée, qu’elle soit accidentelle ou calculée, risque de devenir le détonateur d’une nouvelle escalade entre le géant nigérian et les  dirigeants de l’AES, bien décidées à faire respecter leur souveraineté, coûte que coûte.

L’enjeu n’est plus seulement la sécurité d’un avion, mais la crédibilité de chaque bloc. Les prochaines 48 heures, marquées par les tentatives de négociation d’urgence et les pressions sous-régionales, détermineront si cet incident reste un différend diplomatique réglable ou s’il confirme la fracture irréversible de l’Afrique de l’Ouest. Le Sahel, par cet acte de fermeté, rappelle qu’il ne tolérera plus aucune ingérence.

Ouattara s’installe dans son quatrième mandat

Abidjan, 8 décembre 2025 – La Côte d’Ivoire a scellé aujourd’hui son entrée dans une nouvelle ère, celle de la continuité. À 83 ans, et au terme d’une élection vivement contestée, le président Alassane Ouattara a prêté serment pour un nouveau mandat devant un parterre de chefs d’État africains réunis au Palais du Plateau. Ce rituel, marqué par un déploiement sécuritaire massif et une solennité impeccable, réaffirme l’autorité d’un leader qui cumule désormais près de quinze années au pouvoir. Si la cérémonie célèbre la stabilité économique retrouvée, elle relance aussi les questions fondamentales sur l’avenir démocratique de la nation et le délicat défi de la transmission générationnelle promis dans son discours. Le pays a les yeux rivés sur un quinquennat où les réussites économiques devront cohabiter avec une polarisation politique persistante.

 

Le processus électoral : une victoire confirmée dans un contexte tendu

 

L’ascension d’Alassane Ouattara vers ce nouveau quinquennat, qualifié de « quatrième mandat » par ses détracteurs, s’ancre dans un scrutin présidentiel tenu le 25 octobre 2025. L’opposition, largement réprimée, avait appelé à un boycott massif, ce qui a maintenu le taux de participation à un faible 50,10 %. Le chef de l’État sortant a ainsi récolté 89,77 % des suffrages exprimés, une domination entérinée le 4 novembre par le Conseil constitutionnel, malgré la contestation.

Ce scrutin a été marqué par de lourdes controverses. L’opposition a dénoncé non seulement des irrégularités, mais aussi l’exclusion de candidats clés, comme l’ancien président Laurent Gbagbo et Tidiane Tiam. Plus grave, les semaines précédant le vote ont été émaillées de manifestations et d’un boycott actif, entraînant l’emprisonnement de plusieurs leaders et militants de l’opposition. Bien que les observateurs internationaux – notamment l’Union africaine (UA) et la CEDEAO – aient salué un processus globalement pacifique, la répression des voix dissidentes alimente les accusations de « dérive autoritaire » et interroge sérieusement la maturité démocratique post-crise de la Côte d’Ivoire.

 

Une cérémonie d’investiture : Solennité et faste diplomatique 

 

La journée a débuté aux premières heures par un renforcement sécuritaire massif autour du Palais présidentiel, avec des barrages routiers et des hélicoptères survolant le skyline abidjanais. À 10 h précises (GMT), la cérémonie s’est ouverte dans la grande salle des actes du palais. Devant les neuf juges du Conseil constitutionnel, Alassane Ouattara, vêtu d’un costume sombre impeccable, a posé la main gauche sur la Constitution de 2016 et levé la droite pour prononcer le serment solennel :

« Devant le peuple souverain de Côte d’Ivoire, je jure solennellement et sur l’honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, d’incarner l’unité nationale et de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l’intérêt supérieur de la Nation, » a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le Conseil constitutionnel a fait suivre ce rituel de la remise du Grand Collier de l’Ordre National, distinction suprême.

 

Une constellation de leaders africains à l’investiture de Ouattara

 

L’événement a réuni une constellation de figures continentales et mondiales, transformant l’investiture en un sommet informel sur la gouvernance ouest-africaine. Au total, une dizaine de présidents ont convergé vers Abidjan, dont Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), ainsi que Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau) et John Dramani Mahama (Ghana), l’ancien Président Issoufou Mahamadou, président de la Fondation FIM. Le vice-président nigérian Kashim Shettima et le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Touray, étaient également présents, soulignant l’importance régionale.

Sur le plan international, la présence de Jacob Helberg, secrétaire d’État américain aux Affaires économiques, a marqué un temps fort. Représentant l’administration Trump, il a symbolisé l’engagement des États-Unis pour une « prospérité économique via les technologies clés et la sécurité partagée ». Des émissaires de l’Union européenne, de la Chine et du Japon ont complété ce tableau diplomatique. Pendant ce temps, les abords du palais ont aussi accueilli des milliers de supporters du RHDP, avec des chants traditionnels et des danses qui ont rythmé l’arrivée des invités, diffusées sur des écrans géants dans les quartiers populaires.

 

Discours et vision du quinquennat de Ouattara

 

Immédiatement après le serment, Alassane Ouattara s’est adressé à la nation lors d’un discours d’une quarantaine de minutes, retransmis en direct par la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) et les chaînes privées. Prenant un ton humble et visionnaire, il a d’abord exprimé « sa profonde gratitude envers les électeurs », qualifiant ce choix de « victoire de la démocratie, de la paix et de la stabilité ».

Les axes majeurs de son intervention ont dessiné les contours d’un mandat placé sous le signe de  » l’audace, de l’innovation et de la transmission générationnelle. » Ouattara a insisté sur la nécessité de consolider les acquis précédents : modernisation des infrastructures, réforme économique (visant à diversifier les revenus au-delà du cacao, qui représente 40 % des exportations), et amélioration du cadre de vie (promettant l’accès à l’eau potable pour 90 % de la population d’ici 2030). Il a également promis une accélération des réformes sociales, avec un focus crucial sur l’emploi des jeunes, une catégorie qui représente 60 % de la population.

 

Transmission, Sécurité et Avenir

 

Le passage le plus poignant a été consacré à la « transmission générationnelle », qualifiée d’acte de responsabilité et de maturité politique ». Le président a annoncé la formation d’une « élite intègre, compétente et attachée à l’intérêt général », via des programmes de mentorat et de leadership, dissipant par là les spéculations sur une retraite imminente. « Ce mandat est celui de préparer l’avenir, en élevant une génération prête à porter la Côte d’Ivoire émergente, » a-t-il martelé.

Sur le plan sécuritaire, face aux menaces jihadistes aux frontières nord et aux tensions ethniques résiduelles, Ouattara s’est engagé à renforcer la cohésion nationale : « Je resterai le président de tous les Ivoiriens, sans distinction, au service exclusif de l’intérêt général ». Il a appelé à l’unité face aux défis régionaux, évoquant la coopération avec la CEDEAO pour contrer l’instabilité sahélienne. En conclusion, il a lancé un appel vibrant : « Rien n’est impossible pour un peuple uni. Avec humilité et sens du devoir, nous forgerons une Côte d’Ivoire stable et ambitieuse. » Ce discours a été perçu comme un « nouveau pacte avec la nation », selon le Premier ministre sortant, Robert Beugré Mambé.

 

Un mandat sous tension : la contestation au regard des 6 % de croissance

 

Ce quatrième mandat s’inscrit dans une Côte d’Ivoire qui a connu une trajectoire économique remarquable depuis 2011. Sous Alassane Ouattara, le PIB a triplé, passant de 25 milliards de dollars à près de 80 milliards en 2025, porté par les investissements massifs dans l’énergie (barrages hydroélectriques) et les télécoms. Avec une croissance annuelle avoisinant les 6 %, Abidjan s’est clairement imposée comme un hub ouest-africain attractif pour les capitaux étrangers.

Pourtant, les ombres persistent. L’opposition conteste vivement la légalité de ce nouveau quinquennat, le qualifiant d’« anticonstitutionnel » en raison de la réforme de 2016 qui a ouvert la voie à ces mandats supplémentaires. L’exclusion de figures politiques majeures, comme Tidiane Thiam, alimente les griefs d’exclusion et de dérive. Sur les réseaux sociaux, des voix dissidentes dénoncent une « polarisation accrue », signalant des risques de tensions post-électorales qui menacent d’éroder le consensus national.

 

Le défi de l’après-2030 : Ouattara consolide son legs

 

La prestation de serment du 8 décembre 2025 réaffirme l’image d’une Côte d’Ivoire en pleine ascension économique, mais elle consacre également l’héritage politique controversé d’Alassane Ouattara. Le nouveau quinquennat s’ouvre sur un paradoxe : les acquis économiques sont solides, mais le tissu démocratique reste fragilisé par l’exclusion de l’opposition et la question non résolue de la succession.

L’épreuve de la stabilité, désormais, ne résidera plus dans la croissance du PIB, mais dans la capacité du régime à gérer le débat politique sans user de la répression. Pour la région ouest-africaine, le maintien de Ouattara au pouvoir symbolise un ancrage contre l’instabilité sahélienne, tout en ravivant la méfiance envers les révisions constitutionnelles qui perpétuent les élites. Finalement, ce serment est un message à deux faces : celui de la continuité assurée pour les investisseurs, et celui de lincertitude politique pour les Ivoiriens.

Guinée-Bissau : coup d’État militaire, le général N’Canha renverse le président Embaló

Bissau, 26 novembre 2025 – Des tirs sporadiques ont résonné ce mercredi près du palais présidentiel de Bissau, transformant en un clin d’œil la fragile normalité post-électorale en chaos armé. À l’issue d’une journée marquée par l’arrestation du président sortant Umaro Sissoco Embaló et d’autres figures clés, l’armée guinéenne a proclamé sa prise de pouvoir absolu. Au cœur de cette tourmente : le brigadier-général Denis N’Canha, un officier discret propulsé sous les projecteurs comme porte-parole d’une junte autoproclamée.

 

Guinée-Bissau : une intervention fulgurante, juste avant les résultats

 

Les élections présidentielle et législatives du 23 novembre devaient livrer leurs verdicts cette semaine. Néanmoins, à la mi-journée, l’irruption de soldats en tenue de combat a tout balayé. Des patrouilles militaires ont bouclé les artères principales menant au palais, tandis que des habitants fuyaient les lieux sous un ciel plombé par l’incertitude.

M. Embaló, candidat à sa propre succession, a été interpellé sur place avec plusieurs hauts responsables, dont les opposants Domingos Simões Pereira et Fernando Dias. Le chef de l’État avait lui-même alerté les médias étrangers plus tôt dans la journée, dénonçant une « tentative de putsch », une voix qui, paradoxalement, a amplifié l’écho du coup de force.

 

Denis N’Canha, le visage du nouveau commandement

 

C’est depuis le siège de l’état-major, flanqué de militaires casqués, que le général N’Canha a pris la parole. Chef de la maison militaire de la présidence jusqu’alors – un poste administratif plutôt qu’opérationnel –, cet homme au parcours discret s’est mué en héraut de la rébellion.

« Le Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre, regroupant toutes les branches des forces armées, assume la direction du pays jusqu’à nouvel ordre », a-t-il lu d’une voix posée.

Par conséquent, les mesures tombent en cascade : suspension immédiate du processus électoral, fermeture des frontières terrestres et aériennes, et instauration d’un couvre-feu. La junte justifie ces actions en invoquant des « manipulations électorales » non précisées, ce qui dénote une instabilité grandissante. M. N’Canha, jusque-là connu pour sa loyauté institutionnelle, incarne ce virage : choisi pour sa neutralité apparente, il devient le visage public d’un groupe qui promet « l’unité et la stabilité ».

 

Guinée-Bissau : un pays sous haute tension, avec des échos de l’Histoire

 

Depuis l’indépendance en 1974, la Guinée-Bissau cumule quatre coups d’État réussis et une litanie de tentatives avortées. Cet épisode, survenu pile au moment où M. Embaló semblait en position de force, ravive les fantômes : en effet, en 2022, une mutinerie avait déjà visé le palais.

La société civile, quant à elle, oscille entre stupeur et scepticisme. Le Front populaire dénonce un « simulacre orchestré » pour bloquer les résultats. Des rues de Bissau, vidées par le couvre-feu, montent des murmures : « Encore l’armée qui décide pour nous ». La CEDEAO et l’Union africaine, déjà alertées, appellent au « calme et au respect du suffrage populaire ».

 

L’Épilogue symbolique d’un mandat déjà hors norme

 

Pour l’instant, M. N’Canha et sa coalition militaire tiennent les rênes, mais la suite reste floue. Les prochaines heures, sous le joug du couvre-feu, dicteront si ce coup de force est un feu de paille ou le prélude à une ère de fer. Dans ce petit État côtier, plaque tournante du crime organisé, un général peu connu vient de redessiner les contours d’un pouvoir fragile. Ainsi, l’Afrique de l’Ouest retient son souffle.

Tchad : Mahamat Déby Itno reçoit Mahamadou Issoufou

Diplomatie Verte : Mahamat Déby Itno a reçu Mahamadou Issoufou, actuel champion de la Grande Muraille Verte (GMV) pour l’Union Africaine.

 

N’Djaména, 24 novembre 2025 – Le Président de la République du Tchad, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a reçu ce midi en audience l’ancien Président du Niger, Mahamadou Issoufou. Cette rencontre s’est tenue dans le cadre du rôle d’Issoufou en tant que Champion de la Grande Muraille Verte (GMV) pour l’Union Africaine.

Les discussions entre les deux personnalités ont porté sur deux axes stratégiques majeurs pour la région :

  1. La mobilisation de ressources essentielles pour le financement et la mise en œuvre des projets et programmes liés à la Grande Muraille Verte.
  2. La paix et la sécurité dans l’espace Sahel, un enjeu crucial nécessitant une coordination régionale renforcée.

L’entrevue témoigne aussi de la volonté du Tchad de soutenir activement cette initiative panafricaine de lutte contre la désertification tout en renforçant les stratégies de coopération sécuritaire régionale.

Tchad-Niger : Mahamat Déby Itno reçoit Mahamadou Issoufou (Champion GMV) pour des discussions clés sur la mobilisation des fonds pour la Grande Muraille Verte et la sécurité au Sahel.
© Tchad-Niger : Mahamat Déby Itno reçoit Mahamadou Issoufou (Champion GMV) pour des discussions clés sur la mobilisation des fonds pour la Grande Muraille Verte et la sécurité au Sahel.

Financer l’ambition de la Grande Muraille Verte

 

En tant que Champion de la GMV, Mahamadou Issoufou a cherché à obtenir l’engagement du Tchad pour intensifier la mobilisation financière indispensable à l’aboutissement de ce projet écologique et socio-économique d’envergure. Le succès de la GMV est directement lié à la stabilité du Sahel, un lien qui a été au cœur des échanges. La paix et le développement dans cette zone aride sont considérés comme indissociables.

Tchad-Niger : Mahamat Déby Itno reçoit Mahamadou Issoufou (Champion GMV) pour des discussions clés sur la mobilisation des fonds pour la Grande Muraille Verte et la sécurité au Sahel.
© Tchad-Niger : Mahamat Déby Itno reçoit Mahamadou Issoufou (Champion GMV) pour des discussions clés sur la mobilisation des fonds pour la Grande Muraille Verte et la sécurité au Sahel.

Par ailleurs, cette audience confirme la place centrale du Tchad dans les dynamiques régionales, tant sur le plan écologique que sécuritaire, et son intérêt à travailler de concert avec les figures politiques clés de la sous-région pour des solutions durables.

En somme, en accordant cette audience, le Président Déby Itno réaffirme la conviction que la réponse aux crises du Sahel doit être globale : écologique, économique et sécuritaire. La convergence des intérêts entre le Tchad et l’ancien Président nigérien autour du financement de la GMV et de la stabilité régionale envoie un signal fort sur l’importance de la diplomatie verte comme levier de paix et de développement durable dans la sous-région.

1ᵉʳ Salon de l’Entrepreneuriat de l’AES : Goïta reçoit la délégation de AES

Bamako, 21 novembre 2025 – Le jeudi, en plein cœur du Palais de Koulouba, le Président de la Transition malienne et Président en exercice de la Confédération des États du Sahel (AES), le Général d’Armée Assimi Goïta, a reçu une importante délégation ministérielle. Cette audience intervenait dans le cadre du 1ᵉʳ Salon international de l’entrepreneuriat de l’AES, qui s’est déroulé à Bamako du 18 au 21 novembre 2025.

À la tête de la délégation, la ministre malienne de l’Entrepreneuriat, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sall Seck, accompagnée notamment du ministre burkinabè de l’Enseignement secondaire et de la Formation technique et professionnelle, Dr Aboubakar Savadogo, du ministre nigérien de l’Industrie et du Commerce, M. Abdoulaye Seydou, ainsi que de Sa Majesté Royale Drolor Bosso Adamtey I, membre du Conseil d’État du Ghana.

Un bilan positif et une vision partagée

 

À l’issue de l’audience, Mme Oumou Sall Seck a souligné que l’échange avec le Chef de l’État a permis de faire le point sur l’avancement du Salon et de renforcer la dynamique collective de la Confédération. « Nous avons présenté au Président les résultats concrets de cette première édition et partagé la feuille de route qui nous unit désormais autour d’un même objectif : construire un écosystème entrepreneurial sahélien autonome », a-t-elle déclaré.

Le Salon, organisé sous présidence malienne, rassemble entrepreneurs, experts et investisseurs du Mali, du Burkina Faso, du Niger et bénéficie de l’appui et de la participation active du Ghana. Il constitue aussi la première plateforme concrète d’échanges économiques entre les trois États membres de l’AES.

Le Général Goïta a reçu la délégation du 1er Salon de l’Entrepreneuriat de l’AES. Le Mali, le Burkina et le Niger mutualisent leurs forces pour une autonomie économique du Sahel.
© Le Général Goïta a reçu la délégation du 1er Salon de l’Entrepreneuriat de l’AES. Le Mali, le Burkina et le Niger mutualisent leurs forces pour une autonomie économique du Sahel.

L’entrepreneuriat, fer de lance de l’indépendance économique

 

Pour la ministre malienne, l’enjeu est clair : « L’entrepreneuriat représente aujourd’hui la plus grande opportunité de créer de la richesse chez nous, par nous et pour nous. Il s’agit de valoriser nos ressources locales, de mutualiser nos compétences et surtout d’offrir à notre jeunesse des perspectives réelles d’avenir. »

Elle a également salué la volonté politique commune des trois Chefs d’État de l’AES, qui, selon elle, « ouvre une voie inédite vers une intégration économique et sociale durable, loin des anciens schémas de dépendance ».

Le Général Goïta a reçu la délégation du 1er Salon de l’Entrepreneuriat de l’AES. Le Mali, le Burkina et le Niger mutualisent leurs forces pour une autonomie économique du Sahel.
© Le Général Goïta a reçu la délégation du 1er Salon de l’Entrepreneuriat de l’AES. Le Mali, le Burkina et le Niger mutualisent leurs forces pour une autonomie économique du Sahel.

1er Salon de l’Entrepreneuriat de l’AES : les mots forts du Président Goïta

 

De son côté, le Général Assimi Goïta a transmis ses salutations fraternelles aux ministres du Burkina Faso, du Niger et du Ghana, tout en félicitant les organisateurs et les participants. Il a qualifié le Salon de « moment privilégié pour poser un diagnostic honnête de l’état de l’entrepreneuriat dans notre espace confédéral et identifier les leviers réels de transformation ».

Devant la délégation, il a insisté sur un point fondamental : la décolonisation des esprits reste une condition préalable à toute réussite économique. « On ne bâtit pas la souveraineté avec des mentalités encore tournées vers l’extérieur », a-t-il martelé.

Le Général Goïta a reçu la délégation du 1er Salon de l’Entrepreneuriat de l’AES. Le Mali, le Burkina et le Niger mutualisent leurs forces pour une autonomie économique du Sahel.
© Le Général Goïta a reçu la délégation du 1er Salon de l’Entrepreneuriat de l’AES. Le Mali, le Burkina et le Niger mutualisent leurs forces pour une autonomie économique du Sahel.

Un message direct à la jeunesse sahélienne

 

S’adressant particulièrement aux jeunes, le Président de la Confédération a rappelé que l’entrepreneuriat n’est pas un chemin facile : « Il exige de la patience, de la persévérance et surtout de la créativité. Par ailleurs, transformer une idée en entreprise viable demande du courage et de la discipline. Mais c’est précisément là que réside notre autonomie. »

Il a conclu en plaçant de grands espoirs dans la future Banque d’investissement confédérale de l’AES, présentée comme « la bouffée d’oxygène dont nos entrepreneurs ont besoin pour décoller sans attendre l’aumône extérieure ».

Vers un Sahel qui entreprend par lui-même

 

En recevant cette délégation au troisième jour du Salon, le Général Goïta a envoyé un signal fort : l’AES ne se contente plus de discours sur la souveraineté. Ainsi, elle passe à l’action concrète en misant sur ses propres forces vives. Bamako, ces 18-21 novembre 2025, n’a pas seulement accueilli un salon. Elle a posé les fondations d’un marché commun sahélien où l’intelligence, les ressources et l’ambition des jeunes seront enfin les principaux moteurs du développement.

L’avenir de l’AES s’écrira désormais aussi – et peut-être surtout – par ses entrepreneurs.

Guinée : Doumbouya lance sa course à la présidence

Le général Mamadi Doumbouya, au pouvoir depuis le coup d’État de 2021, officialise sa candidature à la présidentielle du 28 décembre. Dans un paysage politique verrouillé, marqué par l’absence de l’opposition, son ascension électorale interroge autant qu’elle inquiète. Tandis que Paris maintient ses liens stratégiques avec Conakry, les voix dissidentes dénoncent une dérive autoritaire et une complaisance diplomatique.

 

Conakry, 4 novembre 2025 – Le général Mamadi Doumbouya, instigateur du coup d’État de 2021 et actuel chef de l’État guinéen, a franchi un cap décisif en déposant sa candidature à l’élection présidentielle du 28 décembre. Ancien officier de la Légion étrangère française, le leader de la transition militaire s’impose comme le favori incontesté d’un scrutin verrouillé, marqué par l’absence flagrante de l’opposition traditionnelle.

Au-delà des enjeux internes, c’est la posture de la France qui intrigue : Emmanuel Macron semble avoir trouvé en Doumbouya un partenaire stratégique pour maintenir l’influence française en Afrique de l’Ouest, quitte à ignorer les zones d’ombre du régime.

 

Doumbouya : une candidature sans surprise dans un paysage verrouillé

 

Âgé de 45 ans, Doumbouya a remis son dossier à la Cour suprême de Conakry, entouré de figures clés de son gouvernement, scellant ainsi des mois de spéculations. Ce dépôt, perçu comme une formalité dans un contexte politique verrouillé, intervient après le référendum constitutionnel de septembre qui a ouvert la voie à cette transition électorale.

Mais les observateurs pointent une liste provisoire de candidats, validée le 13 novembre, où les principaux rivaux – notamment du Rassemblement du peuple guinéen (RPG) – brillent par leur absence. Une configuration qui alimente les soupçons d’un scrutin taillé sur mesure pour le colonel-président, accusé par les Forces vives de la nation de violer la Charte de transition.

 

 Paris, entre pragmatisme et silence diplomatique

 

À Paris, les autorités observent avec une discrétion calculée. Contrairement à la doctrine qui suspend habituellement la coopération militaire après un putsch, la France a maintenu – voire renforcé – ses liens avec Conakry. Les missions de formation pour les forces armées guinéennes se poursuivent, et les échanges techniques en matière de sécurité ont repris dès 2022.

Formé à l’École de guerre française et passé par la Légion, Doumbouya incarne pour l’Élysée un allié fiable dans un Sahel en recomposition, où le Mali et le Burkina Faso ont rompu avec l’ancienne puissance coloniale. Au Quai d’Orsay, on mise sur cette proximité pour sécuriser les flux de bauxite – dont la Guinée détient 25 % des réserves mondiales – et préserver des contrats miniers juteux pour des géants comme Rio Tinto ou Alcoa, souvent associés à des intérêts français.

 

Doumbouya :  répression et dissidence muselée

 

Mais cette alliance diplomatique cache un revers plus sombre. Les opposants au régime, regroupés au sein de coalitions comme le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), dénoncent une répression systématique. Depuis 2021, des dizaines de militants ont disparu dans des circonstances troubles, les manifestations ont été interdites, et l’accès à Internet régulièrement restreint pour étouffer les voix critiques.

Des figures comme Ousmane Gaoual Diallo ou Foniké Menguè, proches du RPG, croupissent en détention sans procès équitable, tandis que la Haute Autorité de la communication (HAC) muselle les médias indépendants. À Paris, le silence sur les droits humains alimente les accusations de complaisance : « Macron ferme les yeux sur la dictature pour garder un pied en Guinée », dénonce un collectif d’ONG dans une pétition relayée sur les réseaux.

 

 Une population guinéenne entre colère et résignation

 

Sur les plateformes comme X (ex-Twitter), les réactions guinéennes fusent : appels au boycott, sarcasmes sur un « scrutin sans surprise », et colère contenue. L’opinion publique oscille entre résignation et indignation.

Des analystes y voient un pari risqué pour la France : en soutenant Doumbouya, Paris pourrait consolider son bastion ouest-africain face à l’influence russe ou chinoise, mais au prix d’une érosion de sa crédibilité morale. « C’est un choix pragmatique, dicté par les intérêts stratégiques, mais qui pourrait se retourner si le général consolide un pouvoir autoritaire », estime un expert en relations franco-africaines interrogé par RFI.

 

À huit semaines du scrutin, la tension monte

 

À huit semaines du vote, la Guinée retient son souffle. Doumbouya, passé de légionnaire à potentat, cherche une légitimité électorale pour asseoir son règne. L’Élysée, de son côté, parie sur un statu quo profitable, espérant que les intérêts miniers et sécuritaires l’emportent sur les murmures de la rue.

Mais dans un pays où la jeunesse bouillonne et l’opposition couve, ce flirt avec l’autoritarisme pourrait bien coûter cher – à la France, à la Guinée, et à l’Afrique tout entière.

Tanzanie : après le scrutin, le chaos

Deux jours après les élections générales, la Tanzanie s’enfonce dans une crise d’une rare intensité. Entre violences meurtrières, accusations de fraude et silence des autorités, le pays vacille. L’opposition dénonce une dérive autoritaire, tandis que la communauté internationale appelle à la retenue.

 

Dar es-Salaam, 31 octobre 2025 – Deux jours à peine après les élections présidentielles et législatives du 29 octobre, la Tanzanie s’enfonce dans une spirale de violences sans précédent. Des affrontements meurtriers entre manifestants et forces de l’ordre ont embrasé les grandes villes, laissant derrière eux un paysage de deuil et de désolation. Tandis que l’opposition dénonce une fraude électorale massive, le bilan humain s’alourdit, et la communauté internationale appelle à la retenue dans un climat de plus en plus oppressant.

Le principal parti d’opposition, Chadema, tire la sonnette d’alarme avec un décompte glaçant : près de 700 morts recensés à travers le pays, selon les relevés effectués par ses militants dans les établissements hospitaliers. À elle seule, Dar es-Salaam concentrerait 350 décès, tandis que Mwanza en déplorerait plus de 200. Ces chiffres, bien que non officiels, trouvent un écho dans les confidences d’une source sécuritaire, qui évoque un ordre de grandeur similaire sans les confirmer.

Du côté des autorités, le silence est total. Aucune déclaration officielle n’a été émise, laissant place à une communication verrouillée face à l’escalade. Les ONG, telles qu’Amnesty International, avancent prudemment un minimum de 100 victimes, tandis que les Nations Unies, confrontées à des restrictions d’accès dans les zones sensibles, ne confirment qu’une poignée de cas.

« Les vérifications sont entravées par une surveillance accrue des centres de santé », déplorent des porte-parole onusiens, pointant du doigt les patrouilles militaires qui quadrillent les abords des hôpitaux.

La Tanzanie s’enfonce dans une crise post-électorale marquée par des violences meurtrières, des accusations de fraude et un silence gouvernemental inquiétant. L’opposition et la communauté internationale appellent à la transparence et au dialogue.
© La Tanzanie s’enfonce dans une crise post-électorale marquée par des violences meurtrières, des accusations de fraude et un silence gouvernemental inquiétant. L’opposition et la communauté internationale appellent à la transparence et au dialogue.
La Tanzanie s’enfonce dans une crise post-électorale marquée par des violences meurtrières, des accusations de fraude et un silence gouvernemental inquiétant. L’opposition et la communauté internationale appellent à la transparence et au dialogue.
© La Tanzanie s’enfonce dans une crise post-électorale marquée par des violences meurtrières, des accusations de fraude et un silence gouvernemental inquiétant. L’opposition et la communauté internationale appellent à la transparence et au dialogue.

Un scrutin contesté, catalyseur de la colère

 

La flambée de violence trouve ses racines dans un processus électoral jugé biaisé dès ses prémices. Chadema, exclu du scrutin pour avoir rejeté un code de déontologie jugé partial, a vu son président Tundu Lissu incarcéré pour trahison. Un autre candidat de l’opposition a été invalidé à la dernière minute, alimentant les soupçons de manipulation. « Ce n’était pas une élection, mais une mascarade orchestrée », dénonce un communiqué du parti, qui réclame la mise en place d’un exécutif intérimaire pour restaurer la confiance démocratique.

Dans les rues, la colère s’est matérialisée par des barricades, des incendies de postes de police, de véhicules officiels et même d’une station-service en plein centre de Dar es-Salaam. La riposte des autorités a été immédiate : tirs à balles réelles, gaz lacrymogènes et charges massives pour rétablir l’ordre. Un couvre-feu strict a été décrété dans la capitale, et l’accès à Internet suspendu, officiellement pour des raisons de « sécurité nationale », afin de freiner la diffusion de témoignages et d’images.

Pourtant, certaines localités périphériques offrent un contraste saisissant. Des témoins rapportent une posture plus mesurée des forces de l’ordre, cantonnées à un rôle d’observation et privilégiant le dialogue informel avec les communautés. Ces îlots de calme tranchent avec les scènes d’affrontements frontaux dans les grandes agglomérations, révélant une gestion sécuritaire à géométrie variable.

 

 

La Tanzanie : une nation sous tension, un avenir en suspens

 

Ce vendredi matin, la Tanzanie se réveille sous le poids du deuil. Les morgues débordent, les hôpitaux peinent à absorber les blessés, et une atmosphère de terreur diffuse s’installe dans les régions les plus touchées. Les familles endeuillées, privées de cérémonies publiques, réclament justice, tandis que les survivants luttent dans un système de santé déjà fragilisé.

À l’international, les réactions restent timides. Washington et plusieurs capitales européennes expriment une « profonde préoccupation », appelant à une enquête indépendante et à la libération des détenus politiques. L’Union africaine pourrait convoquer une session d’urgence, mais pour l’heure, la solidarité continentale semble en veilleuse. « La Tanzanie, jadis modèle de stabilité, risque de devenir un cas  de dérive autoritaire », analyse un expert en gouvernance à l’Institut des Études de Sécurité de Pretoria.

Au-delà des chiffres et des barricades, cette crise soulève une question cruciale : la démocratie tanzanienne peut-elle survivre à ce séisme politique ? Relâcher la pression médiatique, engager un dialogue inclusif et restaurer la transparence électorale apparaissent comme des impératifs pour éviter un embrasement régional. Tandis que le soleil se couche sur Dar es-Salaam, l’Histoire, attentive, attend la suite de ce chapitre tragique.

 

Jacob Zuma en visite au Burkina Faso

Jacob Zuma à Ouagadougou : entre mémoire des luttes africaines et appel à l’unité continentale, le Burkina Faso mise sur le panafricanisme vivant.

 

Ouagadougou, 29 octobre 2025 – L’ancien président sud-africain Jacob Zuma a atterri ce mercredi à Ouagadougou, accueilli avec faste dans le cadre d’un programme dédié aux séjours des descendants d’Africains. À 83 ans, le vétéran de la lutte anti-apartheid apporte son poids historique à une initiative qui ambitionne de resserrer les liens entre le continent et sa diaspora mondiale. En conséquence, cette visite hautement symbolique positionne le Burkina Faso comme un carrefour du panafricanisme contemporain.

 

Jacob Zuma : un accueil protocolaire chargé de sens

 

Dès sa descente d’avion, Zuma a été salué par Karamoko Jean-Marie Traoré, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’étranger. Ce geste diplomatique souligne l’importance accordée par les autorités à ce visiteur de marque, dont le parcours — de militant clandestin à chef d’État — incarne les luttes et les contradictions de l’Afrique post-coloniale.

Visiblement ému, Zuma n’a pas caché son enthousiasme :

« Je suis honoré de revenir sur cette terre qui pulse au rythme de la renaissance africaine. Les dirigeants burkinabè ont osé des choix audacieux pour leur peuple, et je suis là pour les appuyer dans cette voie. »

Des mots prononcés sous un soleil éclatant, qui résonnent ainsi comme un hommage à la solidarité entre nations sahéliennes et australes.

 

Jacob Zuma : une visite ancrée dans l’héritage de la Libération

 

Le séjour de Zuma s’inscrit dans une campagne portée par les mouvements afro-descendants, visant à reconnecter les fils dispersés de la Grande Afrique. Le Burkina Faso, terre de Thomas Sankara, se profile donc comme un point d’ancrage pour ces retrouvailles. En pleine refonte sécuritaire et économique, le pays appelle à une unité continentale face aux défis globaux.

Au programme sont prévues des rencontres avec des leaders locaux, des échanges avec des communautés de la diaspora, et une conférence publique prévue le 1ᵉʳ novembre. Zuma y reviendra sur les grandes étapes des indépendances africaines :

« Nous parlerons des combats oubliés, des héros qui ont brisé les chaînes, et de ce que nous devons aux générations futures. »

Un récit annoncé comme vivant et engagé, couvrant notamment les soulèvements qui ont redessiné le continent entre les années 1950 et 1990.

 

Un coup de projecteur sur le panafricanisme en action

 

Il faut souligner que cette visite intervient à un moment Important  pour le Burkina Faso, dont le discours souverainiste et panafricain, porté par Ibrahim Traoré, gagne en visibilité. En accueillant Zuma — compagnon de route de Nelson Mandela — Ouagadougou envoie un signal fort : le pays veut s’affirmer comme acteur du réveil collectif africain, et non plus comme simple théâtre des violences sahéliennes.

De ce fait, des observateurs y voient un levier diplomatique pour attirer talents, capitaux et initiatives de la diaspora, estimée à plusieurs millions d’âmes à travers le monde.

Par ailleurs, pour Zuma, cette escale burkinabè est aussi une respiration après des années marquées par des démêlés judiciaires en Afrique du Sud.

« C’est un honneur de soutenir des frères qui osent penser l’Afrique autrement », a-t-il conclu, dans un appel à l’unité qui pourrait bien inspirer d’autres figures du continent.

En attendant sa prise de parole, Ouagadougou vibre d’une énergie nouvelle : celle d’une Afrique qui se regarde dans le miroir et choisit, enfin, de réécrire son histoire — ensemble.

 

Tanzanie : Samia Suluhu Hassan vers une réélection sous tension

En Tanzanie, les élections générales du 29 octobre 2025 se déroulent dans un climat électrique. La présidente sortante Samia Suluhu Hassan, donnée largement favorite, affronte un scrutin marqué par l’exclusion de l’opposition, des violences dans les rues de Dar es Salaam et l’absence d’observateurs internationaux. Une victoire annoncée qui interroge sur l’avenir démocratique du pays.

 

Tanzanie, 29 octobre 2025 – Alors que les bureaux de vote ont ouvert ce mercredi dans une atmosphère électrique, la présidente sortante Samia Suluhu Hassan semble se diriger vers une réélection sans véritable concurrence. Propulsée à la tête de l’État en 2021 après le décès soudain de John Magufuli, elle affronte un scrutin présidentiel largement perçu comme une formalité, car le climat est marqué par l’asphyxie de l’opposition et une vague de contestations populaires. De plus, à Dar es Salaam, la capitale économique, des affrontements ont éclaté : les forces de l’ordre ont eu recours aux gaz lacrymogènes afin de disperser des manifestants dénonçant un processus électoral jugé biaisé.

 

Héritage magufulien : entre promesses d’ouverture et retour au contrôle en Tanzanie

 

Arrivée au pouvoir dans l’urgence, Samia Suluhu Hassan avait suscité un espoir timide d’assouplissement après les années d’autoritarisme sous Magufuli, surnommé le “bulldozer” pour sa gestion musclée de la pandémie et sa répression des voix dissidentes. En 2021, elle promettait une nouvelle ère : libération de prisonniers politiques, levée de l’interdiction des rassemblements, et lancement d’un dialogue national. Mais, très vite, ces engagements se sont rapidement effacés, laissant ainsi place à une reprise en main rigide de l’appareil étatique.

À l’occasion de ces élections générales – couplées aux scrutins législatifs et locaux – le paysage politique tanzanien apparaît verrouillé. La Commission électorale nationale (NEC), accusée de partialité, a invalidé les candidatures de figures majeures de l’opposition, dont notamment Tundu Lissu du parti Chadema, contraint à l’exil, et plusieurs leaders de l’ACT-Wazalendo. Le résultat est une course à sens unique pour la cheffe de file du Chama Cha Mapinduzi (CCM), au pouvoir sans interruption depuis l’indépendance en 1961.

“C’est une élection truquée”, dénonce un militant des droits humains, ce qui met en lumière une saison électorale entachée d’arrestations massives et de disparitions forcées.

 

Répression en marche : rues en ébullition et absence d’observateurs

 

La campagne électorale a viré au cauchemar pour les voix dissidentes. Plusieurs critiques du régime ont été enlevés, assassinés ou emprisonnés dans les semaines précédant le vote, instaurant ainsi un climat de terreur palpable. À Dar es Salaam, des centaines de protestataires ont bravé les interdictions pour exprimer leur colère, accusant le gouvernement de saper les fondements de la démocratie. Les affrontements avec la police, qui a tiré des grenades assourdissantes, ont fait plusieurs blessés et conduit à des dizaines d’arrestations.

Qui plus est, le scrutin se déroule sans la présence d’observateurs internationaux – une absence remarquée qui alimente les soupçons de fraude généralisée. De fait, les autorités tanzaniennes ont écarté l’Union africaine et le Commonwealth, habituellement mobilisés, laissant ainsi le champ libre à une NEC perçue comme le bras exécutif du CCM.

“Les élections ne sont ni libres ni équitables”, martèlent les soutiens de l’opposition, qui voient dans cette exclusion un aveu d’impuissance à masquer les irrégularités.

 

Un triomphe annoncé, mais à quel prix ?

 

Bien que le contexte soit tendu, la participation reste attendue. Les sondages informels créditent Samia Suluhu Hassan d’une avance écrasante – jusqu’à 80 % des intentions de vote. À 65 ans, la présidente mise sur son bilan économique : croissance soutenue par l’exploitation gazière et minière, modernisation des infrastructures, et diplomatie apaisée avec les partenaires occidentaux.

Mais derrière ce succès apparent se profile une érosion démocratique préoccupante. Les analystes alertent d’ailleurs : une victoire sans véritable concurrence pourrait refroidir les investisseurs étrangers, dans un pays où la jeunesse, confrontée au chômage et aux inégalités, bouillonne d’impatience.

 

Tanzanie, un avenir incertain

 

À mesure que la nuit électorale approche et que les premiers résultats se font attendre, la Tanzanie entre dans une phase d’incertitude. Pour Samia Suluhu Hassan, ce scrutin fait office de baptême du feu : un plébiscite qui pourrait consolider son autorité ou au contraire déclencher une contestation plus large. Dans les ruelles de Dar es Salaam, l’écho des slogans anti-régime rappelle que la promesse d’ouverture de 2021 n’était pas qu’un mirage – et que son effacement pourrait bien rallumer les braises d’une colère populaire.

 

Madagascar : Fanirisoa Ernaivo, l’exilée devenue Garde des Sceaux

Revenue d’exil, Fanirisoa Ernaivo prend les rênes du ministère de la Justice dans un gouvernement de transition à Madagascar. Figure emblématique de la magistrature, elle lance une offensive contre la corruption et les détournements de fonds, avec pour ambition de restaurer l’intégrité judiciaire et redonner confiance à une nation en quête de justice.

Antananarivo, 29 octobre 2025 – Elle avait fui les ombres de la répression, et la voilà de retour pour affronter les démons de la corruption. Fanirisoa Ernaivo, figure emblématique de la magistrature malgache, a été nommée ministre de la Justice mardi dernier, au sein d’un gouvernement de transition né des cendres du régime Rajoelina. À 46 ans, cette juriste au parcours marqué par l’adversité incarne un vent d’espoir pour une île en quête de redressement moral et financier.

“Je ne cherche pas la revanche, mais plutôt l’application stricte des règles”, a-t-elle lancé lors de la passation de pouvoir, un serment qui sonne comme un défi frontal à la “mafia” qu’elle promet de traquer sans trembler.

 

Une trajectoire forgée dans la résilience

 

Née en 1979 à Antananarivo, orpheline de bonne heure, Fanirisoa Ernaivo a grandi dans un cocon familial imprégné de savoir. Refusant de céder à la fatalité, elle gravit les échelons de la magistrature avec une ténacité rare : procureure adjointe, juge, puis finalement présidente du Syndicat des magistrats. Toujours en première ligne, elle dénonce sans relâche les dérives éthiques et les abus de pouvoir.

En 2018, sa candidature à la présidentielle impose sa voix dans le débat national. Toutefois, dès l’année suivante, ses prises de position sur les irrégularités électorales lui valent une révocation brutale et un exil forcé en France. Loin de plier, elle devient alors une militante infatigable, mobilisant la diaspora malgache autour des idéaux de transparence et de démocratie.

 

Fanirisoa Ernaivo : un retour en fanfare, au cœur d’une transition historique

 

Le destin bascule en octobre 2025. En effet, en mission à l’île Maurice, elle collabore avec la commission anti-blanchiment sur des dossiers sensibles, dont notamment celui de l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga. Le 25 octobre, elle foule à nouveau le sol malgache, accueillie par une foule en liesse à l’aéroport d’Ivato.

Trois jours plus tard, le colonel Michael Randrianirina, chef de l’exécutif intérimaire issu d’une révolte populaire adossée à une frange militaire, la propulse au ministère de la Justice. La passation avec Benjamin Rakotomandimby devient un moment hautement symbolique.

“Chassons les craintes, même si notre combat contre les réseaux occultes est une bataille acharnée”, lance-t-elle, galvanisant l’assistance.

 

Priorités implacables : traque aux fonds volés et renaissance judiciaire

 

Au cœur de son mandat se trouve une offensive contre le pillage des ressources publiques et les circuits de corruption internationale. Les estimations évoquent un butin évaporé de 5 milliards de dollars – l’équivalent du PIB annuel de Madagascar. Pour y remédier, une unité d’élite est mise sur pied, en partenariat avec les États-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse et Maurice. L’objectif est clair : localiser et rapatrier chaque centime détourné, avec des résultats attendus sous deux à trois mois.

La ministre mise également sur une clémence sélective : les repentis qui restituent leurs gains pourraient bénéficier d’un allègement des sanctions.

“Pas de chasse aux sorcières partisanes, mais une fermeté contre les faits”, insiste-t-elle.

De plus, une fois les caisses renflouées, les équipes du ministère recevront une gratification liée aux risques encourus et aux résultats obtenus – un levier concret pour motiver les troupes.

Mais au-delà de la traque financière, Ernaivo veut réformer en profondeur : assainir les recrutements, humaniser les conditions carcérales, restaurer l’autonomie des juges. Des soutiens étrangers, notamment britanniques, sont déjà mobilisés pour accompagner ces chantiers.

 

Fanirisoa Ernaivo : une icône d’intégrité dans une nation en quête de justice

 

En somme, pour de nombreux Malgaches, Fanirisoa Ernaivo incarne bien plus qu’un portefeuille ministériel : elle est le symbole d’une intégrité retrouvée, d’un exil transformé en tremplin. Son parcours inspire une génération en quête de repères. Cependant, le défi est immense : dans un pays fracturé par des décennies de malversations, elle devra non seulement récupérer les fortunes enfuies, mais aussi rebâtir la confiance dans une justice au service des citoyens.

Son mandat, au sein d’un gouvernement provisoire, sera-t-il le déclencheur d’une ère nouvelle ? Les premières opérations de la Task Force en diront long. Pour l’heure, à Antananarivo, on murmure déjà que la garde des Sceaux venue de l’exil pourrait bien rallumer la flamme de l’équité.

 

Mali : les États-Unis ordonnent l’évacuation immédiate de ses ressortissants

Face à une dégradation rapide de la sécurité et à une pénurie de carburant provoquée par des attaques jihadistes, les États-Unis ont ordonné mardi l’évacuation immédiate de leurs ressortissants au Mali. Le Département d’État recommande les vols commerciaux comme seule issue viable, alors que les axes routiers sont devenus impraticables. Cette décision marque un tournant dans la gestion diplomatique d’une crise qui menace de s’étendre.

 

 

Washington/Bamako, 29 octobre 2025 – Les autorités américaines ont déclenché l’alerte maximale pour leurs ressortissants au Mali : quittez le pays sans délai. L’injonction, lancée mardi par le Département d’État, fait suite à une dégradation rapide de la situation sécuritaire et à une paralysie économique provoquée par une pénurie aiguë de carburant. En cause : des attaques ciblées menées par des groupes extrémistes. Dans un mémo urgent, Washington recommande les vols commerciaux comme seule voie sûre, les axes routiers étant désormais considérés comme des pièges mortels.

 

Une double alerte en trois jours : du voyage déconseillé à l’évacuation forcée du Mali

 

Ce durcissement intervient après une première mise en garde diffusée samedi, déconseillant formellement tout déplacement vers le Mali. Criminalité galopante, menaces terroristes omniprésentes, risque élevé d’enlèvements : les signaux étaient déjà au rouge. Mais l’escalade des derniers jours a poussé Washington à franchir un cap. L’ordre d’évacuation vise explicitement les civils américains, avec une urgence qui ne laisse place à aucune hésitation.

Le Département d’État a déjà enclenché des mesures internes : le personnel diplomatique non essentiel et leurs familles ont été autorisés à quitter Bamako. Les liaisons terrestres avec les pays voisins – Sénégal, Côte d’Ivoire, Burkina Faso – sont désormais qualifiées de “hautement périlleuses”. Les convois routiers, régulièrement pris pour cible, ont transformé ces corridors vitaux en zones de non-droit.

 

Le JNIM, artisan d’un blocus asphyxiant : plus de 100 camions incendiés

 

Au cœur de cette crise, le groupe jihadiste Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, mène une campagne de sabotage méthodique. Depuis septembre, ses combattants multiplient les embuscades contre les camions-citernes acheminant les importations maliennes depuis les ports ouest-africains. Ils ont incendié Plus d’une centaine de véhicules , coupant net l’approvisionnement en essence et diesel.

Cette stratégie vise à isoler Bamako en rendant les artères logistiques impraticables. Tapies dans les zones rurales, les milices jihadistes exploitent les failles sécuritaires pour frapper l’économie quotidienne. Des chauffeurs et des militaires ont perdu la vie dans ces attaques, tandis que des enlèvements crapuleux viennent accentuer la terreur ambiante.

 

Impacts dévastateurs pour le Mali : fermetures massives et vie au ralenti

 

Les conséquences sont immédiates et dramatiques. Les stocks de carburant fondent à vue d’œil, entraînant ainsi la fermeture des écoles et universités – un coup dur pour une jeunesse déjà fragilisée. Les transports, publics comme privés, sont à l’arrêt, paralysant marchés, hôpitaux et chaînes d’approvisionnement. À Bamako, les files d’attente devant les rares stations encore approvisionnées s’allongent, révélant une précarité croissante qui menace de basculer en crise humanitaire.

Le Mali, miné par une instabilité chronique depuis plus d’une décennie, paie le prix fort de ses vulnérabilités. Des groupes armés affiliés à Al-Qaïda, à l’État islamique ou de simples bandes criminelles ont transformé le Sahel en un kaléidoscope de violence.

 

Perspectives sombres : un État sous pression, une communauté internationale en alerte

 

Face à cette dégringolade, le gouvernement de transition peine à reprendre la main. Entre répression militaire et appels à l’aide, Bamako navigue à vue dans un climat de défiance populaire. La décision américaine de réduire sa présence ne fait qu’officialiser une réalité déjà palpable : celle d’un pays encerclé par ses propres ombres.

Pour les expatriés, l’heure est au repli stratégique : boucler les valises et quitter le territoire tant que les vols commerciaux restent accessibles. Mais au-delà des ressortissants américains, c’est toute la région qui retient son souffle. Car sans riposte coordonnée, ce blocus pourrait bien n’être que le prélude d’une tempête plus vaste.

Il est plus que temps que les forces conjointes de l’AES sortent de leur réserve et s’activent pour enrayer la menace qui étrangle l’un de leurs membres. Le Mali vacille, et avec lui, c’est aussi toute la stabilité régionale qui se trouve en jeu.

Ouattara réélu : qu’attendre de ce quatrième mandat dans une Côte d’Ivoire fracturée ?

Alassane Ouattara remporte un quatrième mandat présidentiel avec près de 90 % des voix, selon les résultats provisoires annoncés par la CEI. Si la victoire du chef de l’État suscite des scènes de liesse dans les bastions du pouvoir, elle ravive aussi les tensions politiques, entre candidatures invalidées, abstention marquée et accusations de verrouillage institutionnel.

Abidjan, 28 octobre 2025 – Le verdict est tombé, implacable : Alassane Ouattara, à la tête de la Côte d’Ivoire depuis quatorze ans, décroche un quatrième mandat présidentiel avec un score écrasant de 89,77 % des suffrages exprimés. Les résultats provisoires, annoncés par la Commission électorale indépendante (CEI), confirment une domination sans partage lors du scrutin du 25 octobre. À 83 ans, le chef de l’État s’impose face à une opposition morcelée. Mais, derrière cette victoire écrasante, des voix s’élèvent, questionnant la légitimité d’un scrutin marqué par l’abstention, les exclusions et les tensions latentes.

 

Ouattara réélu : une victoire célébrée dans les bastions du pouvoir

 

Dans les rues d’Abidjan et de Yamoussoukro, les partisans du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) ont laissé éclater leur joie. Pour eux, ce « mandat de la maturité » est la promesse d’une « énergie renouvelée » pour la période 2025-2030. Le président sortant peut s’appuyer sur une croissance économique robuste – plus de 6 % de hausse du PIB ces dernières années – et des avancées notables en matière d’infrastructures, notamment les autoroutes reliant les grandes villes.

 

Une opposition affaiblie et fragmentée

 

Mais ce raz-de-marée électoral s’inscrit dans un contexte politique trouble. Le taux de participation, estimé à 54 %, est en net recul par rapport à 2020. Surtout, les figures majeures de l’opposition, Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo, ont été écartées de la course pour des raisons administratives et judiciaires. Le premier, Thiam, ex-PDG de Credit Suisse, est accusé d’avoir perdu sa nationalité ivoirienne. Le second, Gbagbo, malgré son acquittement par la CPI, reste condamné pour des faits liés à la crise post-électorale de 2011.

La Coalition pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), créée en mars dernier et regroupant 25 partis, n’a pas su s’unir autour d’un candidat unique. Résultat : seuls quatre challengers mineurs, dont Simone Ehivet Gbagbo, ont affronté Ouattara, dispersant ainsi les voix contestataires. Si Tidjane Thiam a dénoncé une « parodie d’élection », Simone Gbagbo a surpris en appelant personnellement le président réélu pour le féliciter, un geste interprété comme un appel à l’apaisement.

 

Ouattara réélu : une démocratie sous tension

 

Les fractures politiques ivoiriennes ne datent pas d’hier. Elles plongent leurs racines dans les conflits de 2002 à 2011 et les violences post-électorales de 2010, qui ont fait près de 3 000 morts. L’invalidation des candidatures d’opposition a ravivé les accusations de « verrouillage institutionnel », avec des manifestations réprimées et des critiques croissantes sur l’indépendance de la CEI. À Yamoussoukro, certains bureaux de vote sont restés vides, transformant ainsi le scrutin en « élection fantôme » pour une partie de la population.

Des ONG comme Amnesty International ont dénoncé des restrictions aux libertés d’expression et d’association, évoquant des « violations des normes démocratiques ».

 

Un mandat à haut risque

 

Ce nouveau quinquennat s’ouvre sur fond de paradoxes. Si la Côte d’Ivoire reste un poids lourd économique en Afrique de l’Ouest – premier producteur mondial de cacao, avec 40 % du marché – les inégalités régionales persistent : seules 25 % des routes secondaires sont bitumées, isolant les zones rurales. Le chômage des jeunes, qui frôle les 20 % dans les grandes villes, alimente un malaise social latent.

Politiquement, la question de la succession devient pressante. À 83 ans, Ouattara devra désigner un héritier crédible pour éviter un vide institutionnel. Sur le plan diplomatique, il devra aussi jongler entre fermeté vis-à-vis des juntes sahéliennes et appels à diversifier les alliances, notamment vers la Russie ou la Chine.

 

Ouattara réélu : une alternance en suspens

 

Au-delà des chiffres, ce scrutin interroge la vitalité démocratique du pays. Si Ouattara reste, pour beaucoup, le garant de la stabilité, son maintien prolongé au pouvoir pourrait cristalliser les frustrations et retarder l’alternance politique. Par ailleurs, le Conseil constitutionnel, chargé de valider les résultats définitifs dans les prochains jours, sera scruté de près.

En attendant, la Côte d’Ivoire, locomotive régionale, se trouve à la croisée des chemins. Ce « coup KO » électoral devra se transformer en tremplin pour une réconciliation inclusive, sous peine de raviver les blessures du passé. Un équilibre fragile, pour un avenir encore incertain.

 

Cameroun : Biya réélu, le pays s’embrase

Au Cameroun , face à une réélection jugée illégitime, des milliers de jeunes descendent dans la rue pour réclamer transparence électorale, alternance politique et respect de la volonté populaire. Entre répression et colère, la contestation s’organise, portée par une jeunesse qui refuse de voir son avenir confisqué.

 

Yaoundé, 27 octobre 2025 – À peine la Cour constitutionnelle a-t-elle officialisé la réélection de Paul Biya pour un huitième mandat que les rues du Cameroun se sont embrasées. Avec 53,66 % des suffrages exprimés, le président sortant — doyen mondial des chefs d’État en exercice — prolonge son règne entamé il y a 42 ans. Mais cette annonce, attendue comme un couperet, a déclenché une vague de colère : manifestations violemment réprimées sur toute l’étendue du territoire camerounais et des accusations de fraude qui résonnent jusqu’aux chancelleries internationales.

Au Cameroun, la réélection contestée de Paul Biya pour un huitième mandat déclenche une vague de manifestations. Entre colère populaire, répression violente et appels à la grève, une jeunesse en quête d’alternance défie un pouvoir jugé hors d’âge.
© Au Cameroun, la réélection contestée de Paul Biya pour un huitième mandat déclenche une vague de manifestations. Entre colère populaire, répression violente et appels à la grève, une jeunesse en quête d’alternance défie un pouvoir jugé hors d’âge.

Cameroun : une victoire contestée, une opposition en ébullition

 

L’annonce est tombée ce lundi matin, dans l’enceinte feutrée du Palais des Congrès de Yaoundé, contrastant avec la tension qui secoue le pays. Paul Biya, absent de la campagne pour raisons de santé, l’emporte devant Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre et principal challenger, crédité de 35,19 % des voix. D’ailleurs, ce dernier dénonce une « mascarade électorale » et affirme détenir des preuves d’un décompte qui lui aurait donné 54,8 % des suffrages. Ses recours, déposés auprès de la Cour suprême, ont été rejetés en bloc, attisant davantage la colère populaire.

Sur les réseaux sociaux, les images affluent : gaz lacrymogènes dans les rues de Douala, affrontements à Garoua, barricades improvisées, pneus en feu. Le bilan provisoire fait état de quatre civils tués par balles, selon des sources hospitalières et des ONG locales. Des dizaines d’arrestations ont été recensées.

« Nous ne tolérerons pas ce hold-up sur la volonté populaire« , martèle un porte-parole de la coalition d’opposition. Maurice Kamto, leader du MRC, appelle à une « grève générale illimitée ».

Un scrutin sous tension, dans un pays fracturé

 

Cette élection, la septième sous l’ère Biya, s’est déroulée dans un climat délétère. La crise anglophone, toujours active depuis 2016, a empêché des millions d’électeurs de voter librement. Par ailleurs, l’opposition, fragmentée en 14 candidatures, a vu plusieurs figures pro-démocratie interdites de se présenter. Les observateurs internationaux ont relevé de nombreux dysfonctionnements : bureaux de vote fermés prématurément, listes électorales gonflées, participation officielle de 52 % jugée peu crédible.

Les manifestations, latentes depuis le 13 octobre, ont explosé après l’annonce de la victoire de Biya. À Douala, des jeunes ont brandi des pancartes « Biya dehors ! » et « Démocratie ou rien », avant d’être dispersés par des canons à eau et des grenades assourdissantes. Sur X (ex-Twitter), des vidéos amateurs montrent aussi des charges policières brutales.

« À 92 ans, il ne peut plus gouverner ; c’est un régime fantôme qui nous étouffe« , témoigne une manifestante jointe par téléphone, la voix tremblante.

Réactions internationales et inquiétudes régionales

 

La communauté internationale réagit avec prudence. L’Union africaine salue « le bon déroulement global » tout en appelant au dialogue. L’Union européenne et les États-Unis dénoncent des « irrégularités substantielles » et exigent une enquête indépendante. Paris, allié historique de Yaoundé, se contente d’un communiqué laconique : « La France respecte le choix du peuple camerounais. »

Mais sur le terrain, les tensions pourraient s’étendre. La crise anglophone, déjà responsable de plus de 6 000 morts, menace de s’embraser si les troubles gagnent également les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Le régime, lui, durcit le ton : censure des médias, ralentissement d’internet dans les zones sensibles, et discours officiel minimisant les violences.

 

Cameroun : un pays à bout de souffle

 

Ce bras de fer post-électoral dépasse la simple querelle de chiffres. Il cristallise des décennies de frustrations : pauvreté persistante, corruption endémique, et un président perçu comme un vestige de la guerre froide. Biya, au pouvoir depuis 1982, incarne une longévité politique hors norme, mais interroge la vitalité d’une nation de 28 millions d’habitants.

Alors que les fumées se dissipent à Douala, une question demeure : cette étincelle allumera-t-elle un incendie généralisé, ou le Cameroun retombera-t-il dans un silence résigné ? Les prochains jours diront si le « Lion indomptable » peut encore rugir face à une jeunesse qui refuse la cage. Pour l’heure, le pays retient son souffle — entre espoir de changement et spectre de la répression.

 

Cameroun : À 92 ans, Paul Biya réélu « pour l’éternité »

À 92 ans, Paul Biya décroche un huitième mandat dans un scrutin contesté, validé sans surprise par une Cour constitutionnelle fidèle au pouvoir. Une réélection qui illustre les dérives institutionnelles d’une démocratie verrouillée.

Yaoundé, 27 octobre 2025 – En Afrique francophone, la démocratie semble avoir adopté le principe des prolongations illimitées. Les présidents y défient les urnes, les calendriers… et parfois même la biologie. Dernier épisode en date : la Cour constitutionnelle camerounaise a validé, sans surprise, la réélection de Paul Biya pour un huitième mandat. À 92 ans, le « pharaon d’Étoudi » ne détonne plus : il incarne une forme de résilience institutionnalisée, où l’État prend des allures d’hospice géré par un conseil d’administration éternel.

 

Paul Biya : une victoire sans suspense

 

Le scénario est désormais bien rodé. Le 12 octobre, Paul Biya récolte 53,66 % des suffrages. Face à lui, une opposition fragmentée, menée par l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary, qui obtient 35,19 % — un score qui, dans un autre contexte, aurait pu ressembler à une percée. Mais ici, il tient lieu de lot de consolation. La Cour constitutionnelle, fidèle à sa réputation, balaie d’un revers de main les recours pour fraude, les pétitions sur l’inéligibilité liée à l’âge, et les soupçons d’irrégularités qui ont enflammé Douala et Garoua. Résultat : Biya, inchangé, inaltérable, réinvesti. La science politique camerounaise, une fois encore, défie les lois de la gravité démocratique.

 

Élections au Cameroun : une mécanique électorale sans surprise

 

Derrière l’ironie, une mécanique bien huilée. Les élections de 2025 ne sont qu’un remake des précédentes : bureaux de vote fantômes, bulletins préremplis, opposants tolérés pour la forme, puis relégués au rang de figurants. Maurice Kamto, Cabral Libii… les noms changent, le scénario reste. À la baguette, Clément Atangana, président de la Cour constitutionnelle, dont la proximité avec le pouvoir n’est plus un secret. Arbitre ? Non. Chef d’orchestre d’une symphonie où toute dissonance est soigneusement étouffée.

 

Paul Biya : Quand la longévité politique défie la démocratie

 

À 92 ans, Paul Biya pourrait prétendre au panthéon de la longévité politique, aux côtés de Fidel Castro ou de la reine Elizabeth. Mais là où d’autres démocraties fixent des limites, le Cameroun les efface. Une requête pour inéligibilité liée à l’âge ? Rejetée en août, comme un importun au bal des anciens. Le président gouverne désormais par inertie, dans un pays miné par une crise anglophone persistante, une économie en panne et une jeunesse en quête d’exil. La Constitution, devenue parchemin malléable, cède à toutes les torsions. La démocratie, elle, flirte avec le vaudeville.

 

Un syndrome francophone bien rodé

 

Le Cameroun n’est pas une exception, mais un maillon d’un système plus vaste. La Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, le Congo-Brazzaville de Denis Sassou-Nguesso, le Togo de Faure Gnassingbé… Partout, les cours constitutionnelles ne jugent pas : elles entérinent. La fraude électorale n’est plus un scandale, mais un rituel. Une chorégraphie bien huilée où les urnes servent de décor à des successions dynastiques.

 

Une crédibilité en lambeaux

 

Cette répétition du même schéma mine la crédibilité du continent sur la scène internationale. L’Occident, prompt à prêcher les « valeurs démocratiques », détourne le regard tant que les contrats miniers tiennent et les bases militaires restent ouvertes. Résultat : l’Afrique se caricature elle-même, continent de promesses étouffées par des élites qui confondent État et patrimoine personnel. La validation de Biya n’est pas qu’un fait divers politique : c’est un message adressé à toute une génération de réformateurs. « Patience, votre tour viendra… en 2060, peut-être. »

 

Paul Biya : la normalisation de l’absurde

 

La Cour camerounaise n’a pas déclaré Biya « non aberrant » : elle a simplement confirmé que, dans certaines républiques, l’aberration est devenue la norme. Tant que les institutions judiciaires danseront au rythme des présidents à vie, l’Afrique francophone continuera d’offrir au monde des sketches dignes d’un Monty Python tropical. Reste à savoir si une nouvelle génération, lassée du spectacle, saura enfin réécrire le scénario. Sinon, rendez-vous en 2030. Ou en l’an 3000. Le monde, lui, retient son souffle… d’ennui.

 

Madagascar : Le magnat malgache Mamy Ravatomanga sous les verrous

Port-Louis, 24 octobre 2025 – Un séisme judiciaire ébranle l’océan Indien. L’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga, figure centrale de l’économie de l’île rouge et proche des cercles du pouvoir, a été interpellé jeudi sur le territoire mauricien. Transféré manu militari d’une clinique privée à Phoenix par les enquêteurs de la Financial Crimes Commission (FCC), il est désormais visé par de lourds soupçons de blanchiment d’argent à grande échelle, impliquant des flux financiers massifs en roupies.

 

Ravatomanga : une arrestation sous haute tension

 

L’opération, menée avec une discrétion chirurgicale, a surpris l’octogénaire en pleine convalescence. À peine remis d’une intervention, Ravatomanga s’est vu notifier son placement en détention provisoire. Dans le même temps, les autorités mauriciennes ont gelé ses avoirs bancaires et lancé une perquisition musclée à son domicile. Si certains membres de sa famille ont pu quitter l’île en urgence, son épouse par contre  reste interdite de voyage par décision judiciaire.

Cette arrestation est l’aboutissement d’une traque transnationale. Le 16 octobre, Antananarivo avait émis un mandat d’arrêt international à son encontre, l’accusant de corruption endémique, de détournement de fonds publics, d’évasion fiscale et de montage de circuits occultes pour légitimer des gains illicites. Dès le lendemain, Maurice, hub financier régional, avait gelé des comptes estimés à plusieurs centaines de millions de dollars.

 

De l’ascension fulgurante à la chute brutale

 

Surnommé « le tsar d’Antananarivo », Ravatomanga a longtemps régné sur l’économie malgache via son conglomérat Sodiat, actif dans les secteurs stratégiques : distribution de carburants, grands travaux, logistique, hôtellerie de luxe et médias. En effet , son ascension s’est construite sur une alliance étroite avec l’ex-président Andry Rajoelina, dont il fut à la fois le bailleur discret et le stratège de l’ombre. En échange de soutiens financiers, il aurait également bénéficié d’une série d’appels d’offres lucratifs, érigeant un empire sur des bases fragiles.

Mais la chute de Rajoelina a précipité la sienne. Dans la nuit du 11 au 12 octobre, Ravatomanga a quitté Antananarivo à bord de son jet privé, accompagné de l’ancien Premier ministre Christian Ntsay. Leur périple – refus d’escale à La Réunion, atterrissage forcé à Maurice – a des allures de thriller géopolitique. À l’arrivée, une garde policière l’attendait déjà, transformant ainsi son exil en détention surveillée.

 

Ravatomanga : enquêtes en cascade et empire fragilisé

 

L’homme qui dictait autrefois les flux de carburant, les chantiers et les gros titres se retrouve aujourd’hui déchu. En plus, les nouvelles autorités malgaches réclament le rapatriement des fonds présumés détournés. Plusieurs enquêtes refont surface : trafic de bois de rose, implication dans les Panama Papers, falsification de contrats publics. Des ramifications internationales se dessinent également , avec des demandes d’assistance judiciaire en cours.

Pour certains, cette chute incarne une purge nécessaire d’un système clientéliste qui a saigné les ressources nationales. « Il a bâti sur du sable, et la marée est montée », glisse un analyste économique. Pour d’autres, il s’agit d’une vendetta politique : les successeurs de Rajoelina utiliseraient ce dossier pour liquider les vestiges de l’ancien régime. Depuis sa cellule, Ravatomanga clame aussi son innocence et dénonce une persécution orchestrée.

 

Une onde de choc régionale

 

À Maurice, plaque tournante des flux financiers africains, cette affaire met à l’épreuve les mécanismes de coopération judiciaire dans l’espace indo-océanique. Tandis que les négociations d’extradition se poursuivent en coulisses, le sort de Ravatomanga pourrait redéfinir les équilibres politiques à Antananarivo. Son empire, déjà fragilisé, risque la saisie. Ses concurrents guettent, prêts à récupérer les actifs.

En somme, dans un Madagascar en quête de renouveau, cette arrestation résonne comme un signal fort : les puissants d’hier ne sont plus intouchables. L’île attend, entre espoir de justice et soupçons de règlement de comptes.