janvier 2026 - Journal du Niger

Niamey : Lancement de l’initiative urbaine « Une semaine, un quartier »

NIAMEY, 28 janvier 2026 (JDN) – L’administration municipale de Niamey a donné le coup d’envoi, mardi, d’un nouveau programme de gestion urbaine baptisé « Une semaine, un quartier », une initiative de proximité destinée à réhabiliter de manière accélérée les différents secteurs de la capitale nigérienne.

Le lancement officiel a été effectué au quartier Saga par l’administrateur délégué de la Ville de Niamey, le colonel Boubacar Soumana Garanké. Par ailleurs, cette stratégie repose sur une concentration massive des moyens municipaux dans une zone géographique unique pendant sept jours consécutifs.

la Ville de Niamey
© la Ville de Niamey

Une thérapie de choc urbaine

L’opération mobilise l’ensemble des services techniques de la ville pour des interventions simultanées. Selon les autorités municipales, l’objectif est d’apporter des « réponses concrètes » aux dégradations du cadre de vie. Les brigades spécialisées interviennent sur plusieurs fronts :

  • Salubrité : ramassage intensif des déchets et nettoyage des artères.
  • Infrastructures : réparation de la voirie et maintenance de l’éclairage public.
  • Aménagement : remise en état des espaces communs et sensibilisation des résidents.

la Ville de Niamey
© la Ville de Niamey

Vers une « participation citoyenne » accrue

Pour le colonel Soumana Garanké, cette initiative ne peut réussir sans l’adhésion des habitants. L’administration a ainsi lancé un appel au « civisme » et à la « responsabilité » des populations pour pérenniser les travaux réalisés.

Depuis leur arrivée au pouvoir, les autorités de transition multiplient les actions de terrain, démontrant aussi une efficacité immédiate dans les services publics de base. En ciblant le quartier Saga pour cette première étape, la Ville de Niamey réaffirme également sa volonté de placer l’action publique au plus près des préoccupations quotidiennes des administrés.

la Ville de Niamey
© la Ville de Niamey

 Saga Propre : chaque geste compte

L’initiative « Une semaine, un quartier » n’est pas qu’une opération de salubrité : c’est une promesse de transformation durable. Le Colonel Boubacar Soumana Garanké et les services municipaux ont ouvert la voie, mais la réussite dépend de chacun de nous. Garder nos villes propres, c’est protéger nos rues, nos caniveaux, nos lampadaires, nos devantures. C’est aussi veiller sur nos voisins et signaler les dérives avant qu’elles ne deviennent des fléaux.

La propreté n’est pas un geste isolé, c’est une responsabilité partagée. Chaque balayage, chaque tri de déchets, chaque vigilance citoyenne est une pierre posée pour bâtir un quartier rayonnant.

Niger-Chine : Pékin soutient Niamey contre les ingérences extérieures

NIAMEY, 28 janvier 2026 (JDN) – Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a reçu mardi à Niamey l’ambassadeur de Chine au Niger, Lyu Guijun, pour une audience solennelle marquant le renforcement de l’axe Pékin-Niamey sur les dossiers de souveraineté et de sécurité.

Cette rencontre, qui s’est tenue en présence du ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, intervient alors que le Niger cherche à diversifier ses partenariats stratégiques loin de ses alliés occidentaux traditionnels.

Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
© Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE

Soutien sécuritaire et lutte contre les ingérences

À l’issue de l’entretien, le diplomate chinois a réaffirmé l’engagement de Pékin à soutenir le Niger dans sa « lutte contre le terrorisme » et, de manière plus explicite, contre les « ingérences extérieures ».

« La Chine soutient le Niger dans la défense de sa souveraineté, de sa sécurité et de ses intérêts stratégiques », a déclaré M. Lyu, soulignant ainsi que Pékin accompagne les autorités nigériennes dans la mise en œuvre d’un modèle de développement « adapté aux réalités nationales ».

 

Un partenariat de « respect mutuel »

En échange de ce soutien au développement et à la sécurité, l’ambassadeur a aussi exprimé la reconnaissance de la Chine pour la position constante du Niger sur le dossier de Taïwan et sur les questions liées aux droits de l’homme, des thématiques sensibles sur lesquelles Niamey s’aligne régulièrement avec les positions de Pékin.

L’année 2026 est jugée « majeure » par les deux parties, puisqu’elle marque le 70ᵉ anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique.

Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
© Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE

Coopération économique accrue

Premier investisseur dans le secteur pétrolier nigérien, la Chine entend approfondir sa coopération bilatérale dans plusieurs « domaines prioritaires » non précisés, mais visant des « bénéfices concrets » pour la population.

Alors que Niamey a opéré un virage diplomatique majeur en se tournant vers l’Alliance des États du Sahel (AES), la Chine s’impose plus que jamais comme le partenaire économique et diplomatique de premier plan pour la puissance sahélienne.

Niger : Le PAM et Niamey lancent la restauration de 4 millions d’hectares

NIAMEY, 26 janvier 2026  – Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a reçu ce lundi à Niamey une délégation de haut niveau du Programme Alimentaire Mondial (PAM), marquant un tournant dans la stratégie de coopération entre l’agence onusienne et les autorités de transition du Niger.

À l’issue de cet entretien, l’assistant du Directeur exécutif du PAM, Matthew Hollingworth, a dévoilé un ambitieux programme axé sur la souveraineté alimentaire : la réhabilitation de près de 4 millions d’hectares de terres dégradées à travers le pays.

Ministère des Affaires Étrangères - Coopération
© Ministère des Affaires Étrangères - Coopération

Souveraineté alimentaire et circuits courts

« L’objectif est de donner la chance aux Nigériens de produire ce qu’ils consomment », a déclaré M. Hollingworth devant la presse. En effet, ce projet de restauration des sols constitue la pierre angulaire d’une nouvelle approche visant à réduire la dépendance aux aides extérieures en boostant la productivité agricole locale.

Outre la question foncière, les discussions ont aussi porté sur le renforcement des programmes d’alimentation scolaire et le soutien à l’économie rurale. Par ailleurs, l’agence onusienne s’est engagée à agir comme un catalyseur auprès de la communauté internationale.

« Nous sommes engagés à faire en sorte que le Niger soit vu à l’extérieur pour mobiliser des ressources et soutenir ses priorités », a assuré le haut fonctionnaire.

Ministère des Affaires Étrangères - Coopération
© Ministère des Affaires Étrangères - Coopération

Un partenariat « réaligné »

En amont de cette audience, une séance de travail élargie s’est tenue sous la présidence du ministre des Affaires étrangères, Yaou Bakary Sangaré. Ce dernier a également rappelé avec fermeté le nouveau paradigme de Niamey : depuis le 26 juillet 2023, la coopération internationale doit impérativement s’aligner sur le « Programme de résilience » défini par le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP).

« Le Niger est en phase de redéfinition de sa coopération. Les partenaires sont appelés à s’aligner avec nos programmes nationaux », a martelé le chef de la diplomatie nigérienne, tout en saluant « l’excellence » des relations avec le PAM.

Les représentants des ministères de l’Agriculture, de l’Intérieur et de la Population ont présenté à la délégation onusienne les perspectives techniques et les futures conventions destinées à encadrer l’action du PAM sur le terrain. Cette mission intervient alors que le Niger, malgré les défis climatiques et sécuritaires, affiche sa volonté de transformer son système agroalimentaire par une gestion souveraine de ses ressources.

Pétrole : Arkab et Tinni relancent le partenariat Algérie-Niger

En visite à Niamey ce lundi, le ministre algérien de l’Énergie, Mohamed Arkab, a rencontré son nouvel homologue nigérien Hamadou Tinni. Au menu : la relance du projet stratégique de Kafra et la consolidation d’un partenariat énergétique devenu vital pour les deux voisins.

 

Le ballet diplomatique entre Alger et Niamey ne faiblit pas. Moins de quelques mois après les remaniements au sein de l’exécutif nigérien, l’Algérie dépêche son « Monsieur Énergie », Mohamed Arkab, pour prendre le pouls de la coopération pétrolière. Accueilli par le nouveau ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tinni, le ministre algérien est venu confirmer une priorité absolue : la présence de la Sonatrach au Sahel.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole

Kafra, le joyau du désert

En effet, au cœur des échanges, l’attention s’est portée sur l’état d’avancement du bloc de Kafra. Situé à l’extrême nord du Niger, à proximité de la frontière algérienne, ce champ pétrolier incarne l’expansion internationale du groupe Sonatrach.

Longtemps ralenti par des questions de sécurité et des contraintes logistiques, le projet entre désormais dans une phase décisive. Pour Niamey, l’exploitation de Kafra est cruciale pour augmenter sa production nationale — déjà dopée par l’exportation via le pipeline Niger-Bénin. Pour Alger, il s’agit également de démontrer sa capacité à piloter des projets d’exploration complexes au-delà de ses frontières, tout en sécurisant sa périphérie sud.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole

Un partenariat au-delà de l’extraction

Mais derrière les enjeux techniques de forage se dessine une stratégie de voisinage plus large. Le Niger, qui cherche à diversifier ses partenaires techniques depuis l’avènement de la transition, voit en l’Algérie un allié « naturel » et expérimenté.

Les deux ministres ont ainsi évoqué le partage d’expertise en matière de raffinage et de gestion des infrastructures. Cette collaboration s’inscrit dans une dynamique régionale où l’indépendance énergétique devient le socle de la souveraineté politique.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole

Le spectre du TSGP

Selon le communiqué officiel, la relance du bloc de Kafra est intimement liée au grand projet de Gazoduc Transsaharien (TSGP), censé relier le Nigeria via le Niger et l’Algérie. ainsi En renforçant leurs liens pétroliers directs, Alger et Niamey envoient un signal de stabilité aux investisseurs internationaux : l’axe énergétique central du continent est opérationnel.

Pour le nouveau ministre Hamadou Tinni, ce dossier est un baptême du feu. Réussir l’intégration des activités de Sonatrach sur le sol nigérien serait aussi une victoire majeure pour le régime de Niamey, désireux de prouver que le pays peut prospérer en s’appuyant sur des partenariats sud-sud solides.

Niger : La ministre Elisabeth Shérif visite les écoles Banizoumbou

Dans le cadre de l’initiative « Une semaine, une école », la ministre de l’éducation nationale s’est rendue, ce 26 janvier, dans deux établissements franco-arabes de Niamey. Un rendez-vous hebdomadaire où le civisme et l’appartenance à l’Alliance des États du Sahel (AES) sont érigés en priorités pédagogiques.

Huit heures précises, ce lundi, dans l’arrondissement communal Niamey 2. Sous un soleil déjà franc, les élèves des écoles primaires franco-arabes Banizoumbou 2-1 et 2-2 se tiennent au garde-à-vous. Face à eux, la ministre de l’éducation nationale, le docteur Élisabeth Shérif, observe la montée du drapeau nigérien.

L’instant n’est pas seulement protocolaire. Après « L’Honneur de la Patrie », l’hymne national, les écoliers entonnent celui de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ce double ancrage, national et régional, illustre également  la nouvelle doctrine de Niamey : utiliser l’école comme le premier laboratoire de la souveraineté retrouvée.

Ministère de l’Education Nationale
© Ministère de l’Education Nationale

L’excellence du franco-arabe

L’initiative ministérielle « Une semaine, une école » ne se contente pas de symboles. Elle permet à la ministre de se confronter aux réalités du terrain, entre salles de classe exiguës et échanges avec les enseignants. Par ailleurs, ce lundi, le choix de Banizoumbou met en lumière une réussite méconnue : celle de l’enseignement franco-arabe. Avec des taux de réussite au certificat de fin d’études primaires (CEPE/FA) frôlant l’excellence — 95 % et 98 % respectivement pour les deux établissements —, ces écoles s’imposent comme des modèles de performance dans un système souvent décrié pour ses lacunes.

Accompagnée des représentants syndicaux et des associations de parents d’élèves, Élisabeth Shérif a déambulé entre les pupitres. Son discours, axé sur la « culture du mérite », s’adresse à une jeunesse qui représente plus de la moitié de la population nigérienne et pour laquelle l’école reste aussi le seul ascenseur social, bien que fragile.

Ministère de l’Education Nationale
© Ministère de l’Education Nationale

Refonder le Niger par l’école : le pari du patriotisme éducatif

La visite s’est prolongée au Complexe scolaire privé de la Mission évangélique de Banifandou. En se rendant dans un établissement confessionnel chrétien après deux écoles franco-arabes, la ministre envoie un message de cohésion nationale.

Alors que le Niger traverse une phase de transition politique complexe, le pouvoir mise sur cette éducation civique rigoureuse pour « refonder » la société. Finalement , derrière l’initiative « Une semaine, une école » se dessine une volonté de reprendre en main un système éducatif longtemps dépendant des aides extérieures, en replaçant le patriotisme au cœur du programme scolaire.

Niger : Incendie au marché Dollé de Zinder, les dégâts sont lourds

Un violent incendie a ravagé une partie du poumon économique de la capitale du Damagaram( Zinder) ce lundi matin. Si le bilan humain est nul, les dégâts matériels remettent en lumière l’urgence d’une modernisation sécuritaire de ce géant commercial de 13 milliards de F CFA.

 

Le réveil a été brutal pour les commerçants de Zinder. En effet, ce lundi 26 janvier, aux alentours de 7 h 30, d’épaisses colonnes de fumée noire ont envahi le ciel du marché Dollé, le plus vaste complexe commercial du Niger. En quelques heures, le feu a dévoré une quinzaine de hangars et de boutiques, ciblant principalement le quartier des bouchers, des vendeurs d’épices et les étals de tissus atamfa.

Zinder
© Zinder

Le « système D » électrique pointé du doigt

Bien que l’origine officielle du sinistre reste à déterminer, Bassirou Yacouba, l’administrateur délégué du marché, pointe déjà un coupable probable : l’anarchie électrique. Dans ce dédale de 10 000 boutiques, le partage informel du courant via des réseaux de câbles improvisés transforme chaque étincelle en potentiel brasier.

Malgré un investissement initial de 13 milliards de F CFA pour sa construction sur plus de 8 hectares, le marché Dollé souffre également d’un contraste saisissant. Derrière les façades, l’aménagement interne reste précaire, dominé par des installations en tôle et en paillote, hautement inflammables.

Zinder
© Zinder

Des secours entravés par le manque d’infrastructures

Le Colonel Massalatchi Mahaman Sani, gouverneur de la région, s’est rendu sur place pour constater l’ampleur du désastre. Son constat est amer : l’absence de bouches d’incendie fonctionnelles a considérablement ralenti l’action des sapeurs-pompiers, contraints de solliciter l’appui des moyens de l’aéroport voisin.

« Le feu allait ravager tout le marché sans la mobilisation des commerçants », a reconnu Elh Mamane Fari, président de l’association des commerçants, saluant ainsi  l’élan de solidarité qui a permis de limiter la propagation des flammes.

 

 

2026, l’année du changement ?

Pour les victimes, qui « remettent leur sort entre les mains de Dieu », la perte est immense. Mais au-delà de la compassion, les autorités veulent désormais passer à l’action. Le gouverneur a instruit l’administrateur délégué de mettre fin aux installations anarchiques qui obstruent les voies d’accès et compliquent les secours.

Une lueur d’espoir subsiste : des travaux de modernisation sont d’ores et déjà annoncés dans le budget 2026. Reste à savoir si ces fonds permettront enfin de doter ce pilier de l’économie nigérienne des standards de sécurité indispensables à son envergure.

Libye : Le plan massif pour relancer le pétrole et le gaz

À Tripoli, le Sommet sur l’énergie et l’économie (LEES) a dévoilé une stratégie agressive pour l’horizon 2026. Entre forage massif, offensive numérique et retour des majors dans l’offshore, la Libye tente de stabiliser son économie par le haut. 

 

Désormais, la Libye ne se contente plus de gérer ses acquis. En effet, à l’occasion de la deuxième journée du Libya Energy & Economic Summit (LEES) 2026 ouvert vendredi 23 janvier, Tripoli a envoyé un signal clair aux marchés internationaux : le pays est prêt pour un nouveau cycle de croissance, soutenu par une technologie de pointe et des ambitions de forage retrouvées.

L’offensive du forage : l’objectif des 100 puits

Le ministère du Pétrole et du Gaz a jeté un pavé dans la mare en annonçant un plan de forage ambitieux pour 2026 : entre 70 et 100 nouveaux puits devraient sortir de terre (ou de mer). Pour soutenir cette cadence, Tripoli prévoit aussi des investissements annuels massifs, estimés entre 3 et 4 milliards de dollars.

Par ailleurs, cette accélération s’accompagne d’un toilettage réglementaire nécessaire. Une nouvelle réglementation unifiée devrait voir le jour pour rassurer des investisseurs échaudés par des années d’instabilité, visant une meilleure coordination entre la National Oil Corporation (NOC) et ses partenaires étrangers.

 

Le retour en force d’Eni et Repsol

Dans le même temps, pour les majors européennes, l’heure est à la concrétisation. L’italien Eni a confirmé que son mégaprojet gazier offshore, « Structures A&E », budgétisé à 8 milliards de dollars, est sur les rails pour une mise en service fin 2027. À la clé ? 750 millions de pieds cubes de gaz par jour pour satisfaire une demande locale pressante et, surtout, sécuriser les exportations vers une Europe toujours en quête d’alternatives au gaz russe.

De son côté, l’Espagnol Repsol mise sur le mythique champ d’El Sharara. Après une année 2025 record, la major vise les 350 000 barils par jour d’ici la fin de l’année. Symbole d’un retour à la normale, Repsol a annoncé relancer ses activités d’exploration pure dès 2026.

 

L’IA au service de l’or noir

L’une des surprises de ce sommet vient du virage technologique amorcé par le secteur des services. Le géant SLB (ex-Schlumberger) a détaillé son plan de déploiement de l’intelligence artificielle dans les champs libyens. Surveillance à distance, optimisation de la production par IA et lutte contre le torchage de gaz : Tripoli veut transformer ses « champs matures » en vitrines technologiques.

« Ce n’est plus seulement une question d’extraction, mais d’efficacité numérique », résume un expert présent au sommet.

 

Le défi du mix énergétique

Si les hydrocarbures restent le poumon du pays, Tripoli lorgne désormais sur le soleil. L’objectif est affiché : 4 GW de capacité renouvelable d’ici 2035. En plus, le projet phare de TotalEnergies, la centrale solaire de Sadada (500 MW), fait figure de test pour le modèle de partenariat public-privé (PPP) que le gouvernement tente d’imposer.

Reste un défi de taille : transformer ces annonces en réalité sur le terrain. Si les acteurs comme NESR se positionnent déjà avec des contrats de plus de 100 millions de dollars, la réussite de ce « big bang » énergétique dépendra aussi de la pérennité du cadre sécuritaire et de la clarté législative, deux piliers encore fragiles de la reconstruction libyenne.

Niger : Le conflit Orano-Niamey s’envenime autour du stock d’uranium

Orano-Niamey, le bras de fer de l’uranium, entre totem de souveraineté et impasse logistique

C’est une cargaison fantôme qui pèse un millier de tonnes. À l’aéroport de Niamey, sous une surveillance militaire étroite, un stock massif de concentré d’uranium cristallise désormais toutes les tensions géopolitiques du Sahel. Extraite à Arlit et immobilisée depuis fin novembre, cette « yellow cake » est devenue l’objet d’un conflit frontal entre la junte nigérienne et le géant français Orano.

 

Orano sort les griffes juridiques.

Après des mois de silence relatif, le groupe français a choisi la contre-attaque. Devant les parlementaires à Paris le mercredi 21 janvier, Claude Imauven, président du conseil d’administration d’Orano, a annoncé le lancement de poursuites judiciaires. La cible est l’État nigérien, pour la nationalisation jugée « illégale » de la Somaïr en juin dernier, mais aussi « quiconque » — État tiers ou acheteur privé — tenterait de s’approprier ce stock.

En France, le parquet a déjà ouvert une enquête pour « vol en bande organisée au profit d’une puissance étrangère ». Une arme juridique destinée à transformer ce stock en « uranium radioactif » pour tout intermédiaire diplomatique.

 

Niamey : la souveraineté au prix de l’enclavement

Pour les autorités nigériennes, cet uranium n’est plus une simple ressource minière, c’est un « marqueur de souveraineté ». En défiant Orano, le gouvernement entend solder des décennies de relations jugées asymétriques avec l’ancienne puissance coloniale.

Toutefois, la géographie est une ennemie tenace. Pays enclavé, le Niger se heurte à une réalité logistique implacable :

  • Corridor béninois : bloqué par des tensions diplomatiques persistantes avec Porto-Novo.
  • Axe nigérian : inutilisable en raison de l’hostilité d’Abuja envers les régimes militaires de la région.
  • Option togolaise : fragilisée par l’insécurité au Burkina Faso et la crainte de Lomé d’être entraînée dans un imbroglio juridique international.

L’ombre de Moscou et le risque aérien

Faute de ports, reste la voie des airs. Cependant, le passage suspect de deux Iliouchine Il-76 russes sur la base aérienne de Niamey entre le 9 et le 13 janvier a alimenté toutes les spéculations. Si Rosatom a bien signé un mémorandum avec Niamey, la Russie avance prudemment. Moscou, tout en cherchant à évincer l’influence française, hésite à s’exposer directement aux arbitrages internationaux déjà remportés par Orano, qui interdisent formellement à l’État nigérien de disposer de ces stocks.

 

Une partie d’échecs à haut risque

Comme le soulignent les observateurs internationaux, le Niger joue une partition risquée. En transformant l’uranium en symbole politique, le Niger s’offre un succès d’estime national mais s’enferme dans une impasse économique. Sans accès aux marchés sécurisés et sous la menace de saisies internationales, l’atout stratégique pourrait bien se transformer en un fardeau encombrant, dormant indéfiniment sous le soleil de Niamey.

Tchimoumounene : Lancement du premier Festival de dromadaire

Le désert d’Ingall a vibré, ce vendredi 23 janvier 2026, au rythme de la première édition du Festival du dromadaire. Cet événement, officiellement lancé par le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le Colonel Mahaman Elhadji Ousmane, marque ainsi une étape majeure dans la valorisation du patrimoine pastoral nigérien, pilier essentiel de l’économie nomade.

Placée sous le haut patronage du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), la cérémonie d’ouverture a également enregistré la présence du gouverneur de la région d’Agadez, le Général Ibra Boulama Issa. À cette occasion, une importante délégation de cadres civils et militaires a escorté le ministre, soulignant d’emblée l’importance stratégique accordée à ce rendez-vous pastoral.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Un million de francs pour la patrie

Au-delà de la célébration culturelle, le festival s’est également imposé comme une véritable tribune d’expression patriotique. En effet, en marge de l’ouverture officielle, la communauté Ichirifane de Bab-Salam, située dans la commune rurale d’Ingall, a tenu à manifester son soutien à la transition en cours.

Ainsi, par la voix de son ambassadeur, Ahmed Achel Mohamed, cette communauté a remis au gouverneur une contribution d’un million de francs CFA. Cette somme est destinée au Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP). Ce geste fort traduit, par conséquent, l’adhésion des populations pastorales aux idéaux de souveraineté et de refondation nationale prônés par les autorités de Niamey.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Entre spiritualité et développement

Par ailleurs, les autorités ont mis en lumière la place centrale du dromadaire, surnommé le « vaisseau du désert », considéré aujourd’hui comme un atout stratégique pour la sécurité alimentaire et l’adaptation aux changements climatiques. Toutefois, à Tchimoumounene, la dimension technique de l’élevage s’est harmonieusement conjuguée à une profonde ferveur spirituelle.

À cet effet, le Colonel Mahaman Elhadji Ousmane et le Général Ibra Boulama Issa ont assisté à une séance solennelle de lecture du Saint Coran. Les participants ont prononcé des invocations en faveur de la nation, implorant la paix, la sécurité et la prospérité pour le Niger.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Enfin, la cérémonie s’est déroulée en présence du conseiller du Premier ministre ainsi que des autorités coutumières d’Ingall, véritables gardiennes des traditions de l’Azawak. Dès lors, pour les autorités de transition, ce festival dépasse le cadre d’une simple réjouissance. Il s’impose plutôt comme un outil de cohésion sociale, mais aussi comme un levier de rayonnement pour une région d’Agadez redevenue, une fois encore, le carrefour de la résilience saharienne.

Niger : Plaidoyer pour un recrutement spécial des handicapés dans la fonction publique

Le Niger s’est engagé dans une vaste politique de recrutement pour renforcer ses Forces de défense et de sécurité (FDS), une voix s’élève pour que la « refondation » nationale n’oublie personne sur le bord du chemin. En effet, dans une lettre ouverte adressée au chef de l’État, le général de brigade Abdourahamane Tiani, un citoyen, Nassamoudouboumoutari, plaide pour l’organisation d’un recrutement spécial au sein de l’administration publique dédié aux personnes en situation de handicap.

 

Un « recrutement compensatoire » face aux exigences militaires

L’argumentaire repose sur un constat de fait : la priorité actuelle donnée aux métiers des armes exclut de facto une catégorie de citoyens pourtant qualifiés, mais jugés « inaptes » aux rigueurs physiques du front. Pour l’auteur de la lettre, l’État doit corriger ce déséquilibre par des mesures compensatoires dans les secteurs civils.

« Les personnes handicapées sont des citoyens à part entière. Elles ont les mêmes aspirations : vivre une vie épanouie et être incluses dans la société, martèle l’auteur, rappelant que le handicap ne doit plus être synonyme d’éviction systématique des processus de recrutement.

L’inclusion comme moteur de développement

Par ailleurs, loin de solliciter une simple aide sociale, le plaidoyer met en avant le potentiel productif de cette frange de la population. L’idée est de transformer la vulnérabilité en levier de croissance. Nassamoudouboumoutari souligne aussi que le Niger, signataire de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, a l’obligation de promouvoir leur autonomie économique.

L’auteur propose également une approche pragmatique :

  • Un recrutement spécial : réservé aux personnes handicapées en fonction de leurs diplômes.
  • Ciblage stratégique : prioriser les postes administratifs ne nécessitant pas d’aptitudes physiques particulières.
  • Reconnaissance : faire de l’emploi un geste de gratitude pour leur résilience.

 

Saluer les acquis pour mieux avancer

Tout en formulant cette demande audacieuse, la lettre salue les avancées déjà réalisées par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et le gouvernement de transition, notamment en matière d’éducation inclusive. L’intégration des enfants handicapés dans les écoles publiques est perçue comme un socle sur lequel doit désormais s’appuyer l’insertion professionnelle.

Pour les observateurs à Niamey, cette sollicitation arrive à un moment charnière où le régime cherche à consolider l’unité nationale. Répondre favorablement à cet appel enverrait un signal fort : celui d’un Niger souverain qui valorise chacun de ses talents, indépendamment de ses capacités physiques.