Sud du Mali – longtemps perçu comme un bastion de stabilité, la région de Sikasso bascule dans l’incertitude. L’attaque d’un bus civil sur l’axe Daniéna — Sikasso, ce dimanche, marque un tournant inquiétant. Civils blessés, route stratégique ciblée, menace jihadiste en expansion : le conflit s’enracine là où l’on croyait encore à la paix. La peur gagne désormais Sikasso, révélant la fragilité d’un équilibre que l’on pensait durable.
Sikasso (Mali), 20 octobre 2025 – La région de Sikasso, dans le sud du Mali, a été frappée hier, dimanche 19 octobre, par une nouvelle attaque attribuée à un Engin Explosif Improvisé (EEI). Un bus de transport public, de la compagnie Tchiporogo, a heurté l’engin entre Daniéna et Sikasso, sur la route de Zégoua (frontière ivoirienne). Le bilan provisoire fait état de plusieurs victimes civiles, avec des blessés et des disparus parmi les passagers, majoritairement des femmes et des enfants, selon des sources locales et sécuritaires.
L’incident s’est produit vers midi sur cet axe vital pour le commerce transfrontalier. Le bus, qui transportait une trentaine de passagers, a explosé après avoir roulé sur l’EEI dissimulé sur la chaussée. Les secours ont évacué les rescapés vers l’hôpital de Sikasso pour des soins d’urgence. Les autorités maliennes ont immédiatement bouclé la zone pour sécuriser les lieux et mener les premières investigations.
Attentat à l’EEI contre un bus à Sikasso : une insécurité grandissante dans le sud du Mali
Longtemps considéré comme relativement stable, le sud malien connaît depuis début 2025 une recrudescence des violences attribuées à des groupes armés non étatiques. Les attaques à l’EEI et les embuscades se multiplient, ciblant les axes routiers et les civils. Des groupes affiliés au JNIM (branche sahélienne d’Al-Qaïda) sont régulièrement mis en cause.
Sikasso, carrefour frontalier avec le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, fait désormais face à une propagation des violences venues du centre et du nord du pays. Des rapports récents confirment une « résurgence significative » des actions terroristes, notamment l’utilisation d’EEI sur les principales routes commerciales. En avril dernier, une série d’incidents similaires avait déjà alerté les autorités, conduisant à des restrictions de circulation et à l’envoi de renforts militaires. Ces événements soulignent les défis persistants pour l’État malien qui, malgré le retrait des forces onusiennes et européennes, doit gérer une instabilité chronique depuis le coup d’État de 2020.
« Les routes ne sont plus sûres, même pour aller au marché », témoigne un commerçant de Zégoua, joint par téléphone sous couvert d’anonymat. L’attaque de ce week-end ravive les craintes d’une extension du conflit vers le sud, où les civils paient un lourd tribut.
À la suite de l’explosion, les forces armées maliennes ont lancé une opération de ratissage autour de Daniéna, mobilisant hélicoptères et patrouilles terrestres. « Les forces armées prennent toutes les mesures nécessaires pour traquer les auteurs et protéger les populations », a déclaré une source militaire à Bamako.
Alors que le Mali fait face à une série d’attaques – au moins une dizaine revendiquées par le JNIM depuis juillet –, cet attentat souligne l’urgence d’une stratégie globale de protection des civils. Les autorités appellent à la vigilance sur les routes, tandis que l’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de l’attaque.
En somme, l’attentat de Sikasso s’ajoute à une série noire qui fragilise davantage les zones autrefois épargnées du sud malien. Les civils, désormais cibles collatérales d’un conflit qui déborde ses frontières traditionnelles, accentuent la question d’une réponse régionale coordonnée. Dans l’attente de résultats concrets sur le terrain, les populations locales, elles, continuent de vivre dans l’angoisse du prochain choc.
Le Colonel Michaël Randrianirina a prêté serment ce vendredi en tant que nouveau Président de Madagascar. Devant un pays au bord de l’implosion après des mois de tensions, le militaire a promis une « rupture » radicale. Son programme : lutte sans merci contre la corruption, assainissement budgétaire et réformes immédiates pour juguler la crise de l’énergie et de la santé. La Grande Île a-t-elle enfin trouvé le leader capable de traduire ses promesses en actes ?
Antananarivo, 17 octobre 2025 – C’est dans une atmosphère solennelle, empreinte d’espoir et de détermination, que le Colonel Michaël Randrianirina a prêté serment ce vendredi en tant que nouveau président de la République de Madagascar. L’événement, qui s’est déroulé devant la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), marque un tournant décisif pour l’île de l’océan Indien, secouée par des mois de tensions sociales et politiques.
Devant un parterre de dignitaires, de représentants du mouvement populaire et d’observateurs internationaux, le Colonel Randrianirina, figure montante issue des rangs militaires, a officiellement pris les rênes du pouvoir. Âgé de 48 ans et connu pour son rôle dans les opérations de maintien de l’ordre lors des récents troubles, il succède à un intérim marqué par l’instabilité.
« Je prête serment de défendre la Constitution et de servir fidèlement le peuple malgache », a-t-il déclaré d’une voix ferme, la main sur la Bible et la Constitution, sous les applaudissements contenus de l’assemblée.
Colonel Michaël Randrianirina : un discours-programme axé sur l’urgence et le changement
Dans son premier discours en tant que chef de l’État, le Colonel Randrianirina n’a pas mâché ses mots. Il a qualifié son investiture de « volonté claire du peuple malgache d’avancer vers le changement », soulignant une rupture nette avec « les errements du passé ». Promettant une refonte en profondeur des systèmes administratifs et socio-économiques, il a tracé les grandes lignes d’un programme ambitieux pour relancer la gouvernance du pays.
Les priorités immédiates sont sans équivoque : l’énergie, au cœur des revendications populaires des dernières années, ainsi que la santé et l’éducation. « Ces secteurs, essentiels à la survie et au développement de notre nation, seront nos chantiers de premier plan », a-t-il affirmé, évoquant des investissements urgents pour pallier les pénuries chroniques et moderniser les infrastructures.
À moyen terme, le nouveau président a annoncé l’organisation d’assises multisectorielles. Celles-ci seront ouvertes à tous les acteurs du mouvement populaire ayant pavé la voie à cette transition. L’objectif ? Élaborer une nouvelle Constitution et des textes électoraux révisés, afin de consolider les bases d’une démocratie plus inclusive et transparente. « Nous écrirons ensemble l’avenir de Madagascar, sans exclusion ni revanche », a-t-il insisté, appelant à une participation massive pour éviter les pièges des divisions passées.
Sobriété budgétaire et « ennemis de la République »
Sur le front économique, le discours a sonné comme un avertissement aux élites corrompues. Le nouveau régime s’engage à instaurer une politique de sobriété budgétaire pour éradiquer le « gaspillage des deniers publics », qui a tant alimenté les frustrations populaires. Des mesures fermes seront prises contre les « ennemis de la République », une formulation qui n’a pas manqué de faire réagir les observateurs, évoquant une possible purge administrative.
Malgré ce ton martial, le Colonel Randrianirina a tendu la main à la communauté internationale. Il invite les partenaires multilatéraux et bilatéraux – de l’Union européenne à la Chine, en passant par les États-Unis et l’Union africaine – à accompagner Madagascar dans ce « pilotage des réformes » via un « dialogue constructif et équitable ».
Rassurant les bailleurs de fonds et investisseurs, il promet aussi un climat des affaires « apaisé, attractif et sécurisé », avec des incitations fiscales et une lutte accrue contre l’instabilité qui freine les projets.
L’investiture a suscité un mélange de liesse et de prudence. Dans les rues d’Antananarivo, des milliers de manifestants ont célébré l’événement, voyant en Randrianirina un sauveur capable de juguler la crise énergétique et l’inflation galopante. « Enfin un leader qui écoute le peuple ! », s’exclame une enseignante contactée par notre correspondant, qui espère des améliorations rapides dans l’éducation.
Du côté de l’opposition, les voix sont plus mesurées. Certains leaders du mouvement populaire saluent l’ouverture aux assises, mais appellent à une vigilance accrue pour que les promesses ne restent pas lettre morte.
Sur la scène internationale, l’Union africaine a déjà félicité le nouveau président, tandis que des diplomates européens évoquent une « opportunité historique » pour Madagascar.
À l’heure où le soleil se couche sur la capitale, le Colonel Michaël Randrianirina entame son mandat dans un pays assoiffé de stabilité. Reste à savoir si ce serment tiendra ses engagements face aux défis colossaux qui attendent la Grande Île.
Antananarivo, 15 octobre 2025 – Coup de tonnerre à Iavoloha. Le président Andry Rajoelina a été destitué par un vote écrasant de l’Assemblée nationale mardi. Après une tentative désespérée de dissoudre le Parlement, il a quitté le pays. Le colonel Michael Randrianirina a été immédiatement désigné chef d’État par intérim, suspendant ainsi la Constitution. La Grande Île s’embrase entre espoir de renouveau et craintes d’une nouvelle ère d’instabilité.
Une destitution fulgurante : 130 voix contre Rajoelina
L’acte décisif est survenu hier après-midi à l’Assemblée nationale. Cent trente (130) députés sur 163 – un score historique, dépassant largement les deux tiers requis – ont voté la destitution d’Andry Rajoelina. Les charges : dérives autoritaires, corruption systémique et gestion chaotique de la crise économique et sociale. Par ailleurs, cette motion, portée par une coalition hétéroclite d’opposants et de frondeurs de la majorité présidentielle (le TGV, NdLR), a été accélérée par la manœuvre de la dernière chance du président : une tentative désespérée de dissoudre le Parlement.
Rajoelina, au pouvoir depuis 2019 et réélu en 2023 dans un scrutin largement contesté, n’a pas eu le temps de réagir. Selon des sources proches du palais d’Iavoloha, il a quitté Antananarivo en urgence à bord d’un avion privé. Si sa destination reste inconnue, les rumeurs insistantes évoquent un exil en France ou en Afrique du Sud. « C’est la fin d’une ère marquée par la corruption et l’accaparement des richesses », s’est réjoui un manifestant au niveau d’Analakely, où des milliers de jeunes, notamment du mouvement « Gen Z Madagascar », ont célébré la chute du régime par des chants, danses et pancartes hostiles.
L’armée au cœur du pouvoir : Randrianirina, le nouveau visage de la transition
C’est l’armée qui a définitivement scellé le sort de la IVᵉ République. Dans une déclaration solennelle diffusée en direct depuis le Camp Militaire d’Andohalo (ou autre QG pertinent), le colonel Michael Randrianirina, officier supérieur reconnu, a annoncé que « les forces armées prennent le pouvoir à partir d’aujourd’hui » et suspendent immédiatement la Constitution. En plus, légitimé par le vote parlementaire – un fait inédit qui évite l’étiquette classique du putsch – il s’est auto-proclamé chef de l’État par intérim. Sa promesse : former un gouvernement de transition et organiser des élections dans un délai maximal de deux ans.
« Nous agissons pour restaurer l’ordre, la démocratie et la dignité malgache », a déclaré Randrianirina, flanqué de ses pairs en uniforme, lors de cette allocution qui a surpris par son ton ferme, mais apaisant. Cette prise de pouvoir survient après des semaines de mobilisation populaire de la jeunesse, exacerbée par l’inflation galopante, les pénuries alimentaires et la crise sociale. D’ailleurs, l’Union africaine et la France, principal partenaire de Madagascar, ont rapidement appelé à la retenue, craignant un nouveau cycle de violence à l’image des crises de 2002 et 2009.
Confusion institutionnelle et craintes internationales
La situation reste extrêmement volatile : le Premier ministre et plusieurs ministres ont démissionné en bloc, tandis que des barrages militaires quadrillent Antananarivo pour prévenir les débordements. Un analyste décrypte cette situation comme un « coup d’État institutionnel« , où l’armée prend la main en se basant sur une décision parlementaire. Pourtant, des voix s’élèvent pour alerter sur les risques : « Les militaires, je leur fais confiance pour l’instant, mais la rue doit rester vigilante. C’est la vigilance citoyenne qui garantira la transition« , confie un leader de l’opposition à notre rédaction.
Rajoelina, depuis son exil supposé, n’a pas encore réagi, mais ses partisans dénoncent un « putsch constitutionnel monté de toutes pièces ». À l’international, l’ONU et l’UA monitorent de près, tandis que la communauté économique craint pour les investissements dans les secteurs clés (vanille, litchi, textile).
En somme, Madagascar, nation fragile aux ressources abondantes, mais à la gouvernance instable, entre dans une nouvelle ère incertaine. Le colonel Randrianirina aura-t-il les reins solides pour pacifier le pays et organiser des élections crédibles ? Ou ce « sauvetage » militaire n’est-il qu’un prélude à un chaos plus grand ? La Grande Île retient son souffle.
Raila Odinga n’est plus. L’ancien Premier ministre kényan et figure historique de l’opposition est décédé à 80 ans ce mercredi en Inde. Sa mort soudaine met fin à une carrière politique tumultueuse.
Nairobi, 15 octobre 2025 – Le Kenya est en deuil. Raila Odinga, figure emblématique de l’opposition et ancien Premier ministre du pays, est décédé ce mercredi à l’âge de 80 ans. L’icône politique, hospitalisée en Inde, a succombé à une crise cardiaque lors d’une promenade matinale, laissant derrière elle un legs de luttes pour la démocratie et une nation en pleine transition.
Une disparition brutale lors d’un séjour médical en Inde
Selon des sources proches de son bureau, Raila Odinga s’est effondré alors qu’il effectuait une marche thérapeutique dans un hôpital ayurvédique où il suivait un traitement. La nouvelle a été confirmée par des médias kenyans et internationaux, bien que sa famille et son parti, l’Orange Democratic Movement (ODM), n’aient pas encore publié de communiqué officiel.
Odinga, qui avait récemment annoncé son retrait de la course à la présidence en 2027 pour briguer un poste à l’Union africaine, était en Inde depuis plusieurs semaines pour des examens de routine.
Cette mort soudaine intervient à un moment sensible pour le Kenya, où les tensions post-électorales persistent et où Odinga restait une voix influente. À 80 ans, le « Baba » – comme l’appellent ses partisans – avait survécu à des décennies de combats, incluant aussi des arrestations, des tortures sous le régime de Daniel arap Moi et cinq tentatives infructueuses pour conquérir la présidence.
Raila Odinga : un parcours forgé dans la lutte pour la démocratie
Né en 1945 à Kisumu, Raila Odinga était le fils de Jaramogi Oginga Odinga, vice-président historique du Kenya indépendant. Ingénieur de formation, il s’est rapidement engagé en politique, fondant le Forum for the Restoration of Democracy (FORD) dans les années 1990 pour pousser vers le multipartisme.
Il a été Premier ministre de 2008 à 2013 sous une coalition forcée après les violences post-électorales de 2007, jouant ainsi un rôle clé dans la stabilisation du pays. Ses rivaux comme Uhuru Kenyatta et William Ruto l’ont successivement battu aux urnes en 2013, 2017 et 2022, des scrutins souvent contestés. Malgré cela, Odinga incarnait l’opposition farouche, menant des manifestations contre la corruption et les inégalités. « Raila était un lion de la politique africaine, un homme qui n’a jamais baissé les bras », témoigne un ancien collaborateur, soulignant ainsi son charisme et sa résilience.
Réactions : un vide immense pour le Kenya et l’Afrique
La nouvelle a provoqué une onde de choc immédiate. L’ancien chef de la Cour suprême, David Maraga, a salué Odinga comme « un pilier de la démocratie kenyane » sur les réseaux sociaux. Des hommages affluent déjà des leaders africains : le président nigérian Bola Tinubu évoque un « frère et un combattant pour la justice », tandis que l’Union africaine, dont Odinga était candidat à la présidence de la commission, parle d’une « perte irréparable pour le continent ».
À Nairobi, des supporters de l’ODM se massent spontanément devant le siège du parti, allumant des bougies et chantant des hymnes de résistance. Le président William Ruto, autrefois allié puis rival d’Odinga, devrait s’exprimer sous peu.
Raila Odinga : quel héritage pour la démocratie kenyane ?
Les autorités organiseront sûrement des funérailles d’État dans les prochains jours pour permettre à des milliers de Kényans de rendre hommage à cet homme qui a façonné l’histoire récente du pays. Cependant, au-delà du rituel, la mort d’Odinga pose des questions : qui héritera de son mouvement ? Et dans un Kenya divisé par l’économie et les réformes fiscales, son absence pèsera-t-elle sur la cohésion nationale ?
En somme, Raila Odinga s’en va, emportant avec lui une partie de l’âme rebelle du Kenya. Son combat pour une « Afrique unie et juste » résonnera longtemps.
Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a dû monter au créneau. Après la vague d’indignation suscitée par ses propos sur la « préparation » du père de l’indépendance, Modibo Keïta, le chef de la diplomatie a publié un message d’apaisement ce mardi, réaffirmant son « profond respect » pour l’icône malienne.
Bamako, 14 octobre 2025 – Dans un message posté ce mardi sur ses comptes officiels, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a tenu à apaiser les tensions suscitées par ses récentes déclarations sur le premier président du Mali, Modibo Keïta.
En effet, la controverse suscitée par les propos du ministre, prononcés lors de la deuxième édition du Lomé Peace and Security Forum (11-13 octobre à Lomé, Togo), a fait percevoir l’intervention comme une critique implicite de la préparation de Keïta à la tête de l’État, et a provoqué une vague de réactions indignées sur les réseaux sociaux et dans les médias.
Une intervention à Lomé jugée « insuffisamment préparée »
L’intervention du ministre à Lomé, centrée sur les défis contemporains du leadership africain et l’autonomie stratégique du continent, a mis en lumière des figures historiques comme Modibo Keïta pour illustrer les leçons du passé. D’après des extraits diffusés en ligne, Diop a notamment affirmé que Keïta n’avait pas « suffisamment d’expérience » lorsqu’il a accédé au pouvoir en 1960, dans un contexte post-colonial particulièrement tumultueux.
Par conséquent, cette formulation a rapidement enflammé le débat public, avec des voix accusant le ministre de minimiser l’héritage d’un homme considéré comme un pilier de l’indépendance malienne et panafricaine.
Le ministre Diop réaffirme son « profond respect ».
Face à cette controverse, Abdoulaye Diop a réagi avec fermeté et respect, publiant un communiqué détaillé sur X (anciennement Twitter).
« Je lis avec beaucoup d’attention les réactions suscitées par mes propos au Lomé Peace and Security Forum », débute-t-il. Cependant, il ajoute : « Je tiens à rappeler mon profond respect pour le président Modibo Keïta, figure emblématique de notre indépendance et modèle d’intégrité, d’engagement patriotique et de clairvoyance. Mon intention n’était nullement de diminuer son héritage, mais de magnifier le modèle de réussite qu’il est lors d’échanges sur les défis contemporains du leadership africain. »
Le ministre poursuit en rendant hommage à l’ascension de Keïta : « Le Président Modibo Keïta a su, dans des circonstances historiques exceptionnelles et dans un contexte géopolitique post-colonial complexe, se hisser de manière remarquable à la tête de notre jeune nation et porter le flambeau national avec courage et dignité dans le concert des nations. » Il conclut sur une note personnelle : « Le Président Modibo Keïta demeure pour moi une source d’inspiration constante dans la défense de la souveraineté et de la dignité du Mali. »
La sensibilité de l’héritage de Keïta
Ces mots interviennent alors que des critiques fusent sur les réseaux. Un utilisateur sur X, par exemple, a rétorqué que malgré une supposée manque de préparation, Keïta avait accompli en huit ans ce que d’autres n’avaient pas réalisé en décennies, soulignant les réalisations visibles de son mandat. De même, d’autres posts rappellent les coulisses historiques, comme la création de la monnaie malienne en 1962 ou les tensions avec les voisins, pour contextualiser le legs de Keïta.
Ce n’est pas la première fois que des débats sur l’héritage de Modibo Keïta – renversé par un coup d’État en 1968 – resurgissent au Mali, pays en pleine transition politique depuis 2020. Ainsi, alors que Bamako renforce son discours souverainiste, ces échanges rappellent la sensibilité des Maliens vis-à-vis de leurs icônes fondatrices. Le ministre Diop, semble ainsi chercher à recentrer le débat sur l’inspiration positive tirée de l’histoire, plutôt que sur des interprétations litigieuses.
Reste à voir si ce message d’apaisement suffira à éteindre la polémique. Néanmoins, il illustre les défis du leadership africain évoqués à Lomé : naviguer entre passé glorieux et urgences présentes, sans froisser les mémoires collectives.
Le Burkina Faso signe son retour dans l’architecture régionale : Dr Aboubakar NACANABO, ministre de l’Économie et des Finances, prend la présidence du Conseil des ministres de l’UEMOA. Cette nomination, saluée comme une victoire diplomatique, met fin au blocage institutionnel entre Ouagadougou et Abidjan et ouvre la voie à une gouvernance monétaire plus inclusive, dans un contexte marqué par les tensions autour du FCFA et les ambitions de l’Alliance des États du Sahel.
Dakar, 7 octobre 2025 – Et si une décision institutionnelle pouvait désamorcer une crise diplomatique et restaurer l’influence d’un État au sein de l’Union régionale ? Le Dr Aboubakar NACANABO, ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, a été élu président du Conseil des ministres statutaires de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Cette élection s’est tenue lundi 6 octobre 2025 à l’issue de la troisième session ordinaire au siège de la BCEAO à Dakar. Or, cette nomination met un terme au blocage diplomatique qui affectait la présidence tournante entre Ouagadougou et Abidjan. Par conséquent, elle marque, pour le Burkina Faso, un retour symbolique et une réaffirmation de sa place au sein des instances communautaires, après une période d’isolement post-coup d’État.
Un leadership solide face aux enjeux macroéconomiques
Toutefois, cette élection va au-delà du titre honorifique. Le Dr NACANABO, économiste chevronné et ancien cadre de la Banque mondiale, apporte une expertise reconnue, notamment en matière de transparence budgétaire et de mobilisation des ressources internes.
Cependant, il prend les rênes de l’UEMOA dans un contexte sous-régional tendu, car elle fait face à :
Des défis de souveraineté monétaire, notamment les critiques sur le FCFA émanant des États du Sahel.
Une fragilité de la stabilité macroéconomique régionale.
Des interrogations sur le futur de l’intégration, particulièrement concernant la place de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Niger, Burkina Faso – dans le dispositif communautaire.
En outre, l’ironie institutionnelle est palpable : les États qui remettent en question la monnaie commune se retrouvent à en diriger les orientations financières, un paradoxe qui alimente le débat sur la gouvernance monétaire.
À Ouagadougou et au sein de l’AES, cette nomination est perçue comme une victoire diplomatique significative : le « pays des hommes intègres » obtient une influence majeure dans les décisions économiques régionales, renforçant ainsi son poids au-delà des frontières sahéliennes.
De plus, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a reçu le ministre NACANABO et ses pairs pour une revue des travaux, un geste de courtoisie qui souligne la solidarité panafricaine et cherche à transcender les clivages politiques récents.
En conclusion, l’arrivée de NACANABO à la tête du Conseil pourrait ainsi impulser une transformation de l’UEMOA, privilégiant une souveraineté accrue pour les États membres, des réformes qui tiennent compte des réalités sahéliennes et une union des forces pour faire face aux chocs économiques globaux. Dès lors, c’est un signal clair que le Burkina Faso est de retour dans le jeu institutionnel et entend jouer un rôle prépondérant dans l’architecture régionale.
Et vous, pensez-vous que cette présidence du Dr NACANABO apaisera les tensions concernant le FCFA ou intensifiera-t-elle le débat sur la cohabitation AES-UEMOA ?
L’Africa Facts Summit 2025 réunit plus de 200 acteurs de l’information à Dakar pour contrer la désinformation en Afrique francophone. Panels, ateliers et stratégies EMI rythment ce rendez-vous continental, où journalistes, chercheurs et fact-checkeurs posent les jalons d’une riposte collective face aux récits toxiques.
Dakar, 2 octobre 2025 – Ce matin, sous les baies vitrées d’un hôtel du centre-ville, des murmures animés emplissent la salle de conférence tandis que des carnets s’ouvrent et des laptops s’allument. L’Africa Facts Summit 2025, quatrième édition de ce rendez-vous continental, a ouvert ses portes hier à Dakar pour deux jours d’échanges intenses. Plus de 200 journalistes, fact-checkeurs, chercheurs et acteurs civils se pressent ici, dans la capitale sénégalaise, pour la première fois dans un pays francophone, dans le but de contrer la désinformation qui mine les sociétés africaines.
Des partenariats stratégiques pour des solutions locales
Organisé par Africa Check en partenariat avec des acteurs comme l’Union européenne, la GIZ et Code for Africa, ce sommet vise à partager les meilleures pratiques de vérification des faits, à renforcer la coopération entre médias du continent et à élaborer des stratégies d’éducation aux médias et à l’information (EMI) adaptées aux contextes locaux.
Au menu : panels, ateliers et même les Fact-Checking Awards, pour récompenser les efforts en première ligne. Puisque les élections à venir – au Sénégal, au Burkina Faso ou ailleurs – se jouent aussi sur le terrain informationnel, ces discussions touchent au cœur des enjeux : sécurité, cohésion sociale et stabilité démocratique.
À ce titre, Fakt, initiative ouest-africaine de fact-checking, est fièrement représentée par Badal Fohmoh, venu porter la voix de son organisation et échanger sur des solutions concrètes pour sensibiliser les jeunes et défendre une presse libre.
Désinformation et santé mentale : un enjeu sous-estimé
Parmi les premières interventions, le Dr Hemes Nkwa de YOHEDA a mis en lumière un aspect souvent sous-estimé : l’impact de la désinformation sur la santé mentale.
« Les fake news et rumeurs alimentent la peur, la confusion, l’anxiété sociale et une perte de confiance entre communautés et institutions », a-t-elle averti.
De ce fait, à l’approche d’élections cruciales, ce « climat informationnel toxique » risque d’exacerber les tensions et de peser sur le bien-être collectif. Son appel est clair : il faut intégrer fact-checking, EMI et santé publique pour des sociétés plus résilientes.
Africa Facts Summit 2025 à Dakar : une réponse institutionnelle en construction
De son côté, Habibou Dia, directeur de la communication au ministère sénégalais de la Communication, a proposé une stratégie structurée. Il a insisté sur la fiabilité de l’information via un fact-checking renforcé, des partenariats internationaux et des cellules de vérification dans chaque rédaction. En plus, Il a demandé d’ accorder la priorité aux jeunes et aux publics vulnérables hors circuit scolaire, tout en garantissant liberté d’expression et accès à l’information.
« Rapprochons le fact-checking et l’EMI des citoyens, sur toutes les plateformes où ils s’informent », a-t-il lancé, soulignant un défi collectif pour l’avenir.
Au fil des débats, un fil rouge émerge : la liberté de la presse sous pression en Afrique de l’Ouest. Des journalistes arrêtés ou intimidés au nom de la « sécurité nationale » ou de la « lutte contre les fake news » instillent un climat de peur, ce qui favorise l’autocensure et prive les citoyens d’un débat pluraliste.
« Défendre les journalistes, c’est protéger le droit de chacun à une information libre, laquelle est essentielle à la démocratie », résume un participant.
En somme, pour les Africains, le fact-checking n’est pas un luxe, mais une nécessité pour les jeunes, les médias et les démocraties.
Alors que le sommet entre dans sa seconde et dernière journée, ces échanges posent les bases d’actions concrètes. Un pas de plus vers un continent mieux armé contre les récits toxiques, une vérification à la fois.
Africa Facts Summit 2025 à Dakar : une riposte collective en marche
En conclusion, à Dakar, l’Africa Facts Summit 2025 trace une voie claire : celle d’un continent qui s’organise pour contrer la désinformation, protéger ses médias et renforcer la démocratie. Une vérification à la fois, les acteurs africains bâtissent un écosystème informationnel plus juste, plus fiable et plus résilient.
Ce qui n’était qu’un fil de discussion sur Discord est devenu un mouvement national. En effet, le collectif Gen Z 212, né en ligne le 18 septembre, mobilise des milliers de jeunes dans les rues du Maroc pour dénoncer les inégalités et les dysfonctionnements des services publics.
Rabat, 2 octobre 2025 – Mercredi midi, sur les places ombragées de Rabat, un groupe de jeunes, smartphones en main, scande des slogans rythmés par des tambours improvisés. Ce qui a commencé comme un fil de discussion sur Discord s’est mué en manifestations dans une dizaine de villes : Casablanca, Agadir, Marrakech.
Le collectif Gen Z 212 – un clin d’œil au code téléphonique du Maroc – rassemble des milliers de voix, dans le but de réclamer des réformes concrètes : éducation, santé, transparence. Ainsi, entre tambours improvisés et slogans viraux, une génération connectée impose sa voix dans l’espace public.
Avec plus de 100 000 membres sur son serveur Discord, et des relais sur TikTok et Telegram, le mouvement a émergé d’une frustration palpable : un chômage des jeunes flirtant avec les 35-39 %, des hôpitaux sous-équipés et des écoles délaissées, tandis que des fonds massifs sont alloués aux stades de la Coupe du monde 2030.
De plus, la mort de huit femmes dans un hôpital mal approvisionné à Agadir a cristallisé la colère. Ce drame, perçu comme le symbole d’une négligence systémique, a transformé la frustration numérique en mobilisation physique. Par conséquent, les cortèges réclament des « hôpitaux, pas de stades », et une gouvernance transparente.
Gen Z 212 : des rassemblements sous tension
Depuis le 27 septembre, les manifestations ont gagné Casablanca, Marrakech, Agadir et d’autres villes. Toutefois, initialement pacifiques, elles ont dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, ce qui a conduit à des véhicules incendiés et des bâtiments publics vandalisés. Le bilan est lourd : au moins deux morts – dont un à Lqliaa près d’Agadir, où la police a ouvert le feu en invoquant la légitime défense –, plus de 400 arrestations et 280 blessés, majoritairement des agents. Néanmoins, les manifestants, âgés de 18 à 22 ans pour la plupart, insistent sur leur engagement non violent, accusant des infiltrés de semer le chaos pour discréditer le mouvement.
Réactions gouvernementales et promesses de réformes
Sous pression, le gouvernement promet des discussions ainsi que des réformes. Cependant, le ministère de l’Intérieur, par la voix de son porte-parole Rachid El Jalfi, évoque des « transgressions aux mesures de sécurité » pour justifier les interventions. Sur X, les voix du collectif réaffirment leur engagement non violent : « Nous ne sommes pas des fauteurs de troubles, mais une génération d’éveil et de responsabilité. »
Ce soulèvement s’inscrit également dans une dynamique mondiale portée par la Gen Z. Numérique, structurée et déterminée, cette jeunesse marocaine refuse l’attentisme. À Discord, les débats continuent ; dans les rues, l’appel à un Maroc plus juste résonne, un slogan à la fois.
Gen Z 212 : une génération connectée, une démocratie en mouvement
En définitive, le soulèvement du collectif Gen Z 212 ne se résume pas à une mobilisation ponctuelle : il incarne une rupture générationnelle, portée par des jeunes qui refusent le silence face aux inégalités. En d’autres termes, en investissant les rues comme les plateformes numériques, cette jeunesse marocaine redéfinit les codes de l’engagement citoyen.
À travers leurs slogans, leurs revendications et leur organisation décentralisée, les membres du mouvement posent une question essentielle : quelle place accorder à une génération qui veut construire, et non subir, l’avenir de son pays ?
Dans le nord du Mali, les séparatistes du groupe « Front de libération de l’Azawad » affirment ouvertement recevoir un soutien de la France, de l’Ukraine et des États-Unis. Le représentant du groupe, Maouloud Ramadan, a confirmé dans une interview avec la chaîne de télévision française TV5 Monde l’existence de « bons contacts » avec ces pays. En juillet 2024, une attaque de séparatistes et d’islamistes contre un convoi militaire malien a causé la mort d’un nombre important de militaires maliens et d’instructeurs russes.
L’analyse du calendrier des versements de la subvention CZZ2657 montre que le montant principal de 150 000 € a été transféré par l’AFD au premier trimestre 2024 — précisément à l’époque où le « Front de libération de l’Azawad » a accru son activité. Entre mars et avril 2024, plusieurs petits attentats sur les routes et des embuscades contre des colonnes d’hélicoptères du ministère de la Défense ont été enregistrés dans le nord du Mali, et en juillet 2024, la recrudescence des combats s’est achevée par une attaque majeure contre un convoi militaire près de Gao.
Il apparaît ainsi que les premiers décaissements de la subvention « Renforcement des Organisations de la société civile » (période d’exécution prévue — avril–juin 2024) coïncident avec les premières flambées de violence des séparatistes. Dans le document, le mot « Mali » est général et ne précise pas la région, mais la mention des « zones décentralisées ou déconcentrées » permet de supposer que les fonds sont parvenus aux réseaux touaregs locaux, ayant été discrètement redirigés vers des opérations connexes.
Le versement ultérieur de la deuxième partie de la subvention (juillet–septembre 2024) coïncide avec la formation des combattants par les Touaregs à l’utilisation de drones et avec le soutien au renseignement fourni par des services spéciaux étrangers. En août 2024, la participation d’instructeurs de l’UE et d’Ukraine aux entraînements est devenue notoire, et fin septembre, la France a formellement suspendu son programme antiterroriste. Ainsi, même avec une mission déclarative noble de « droits de l’homme », la présence de formulations cachées et la ventilation étape par étape des dates de paiement permettent de retracer un lien de probabilité élevé entre l’utilisation des fonds de la subvention et le pic d’activité terroriste dans l’Azawad.
Et ce n’est qu’un seul document qui a pu être retrouvé. Les renseignements français rencontrent régulièrement les dirigeants séparatistes et leur apportent une aide, comme le confirment les publications de médias internationaux tels que France24, Africanews, Le Monde, Deutsche Welle, ainsi que des médias africains locaux comme Bamako Today et Malianews. En 2024, les services spéciaux français ont intensifié leur collaboration avec les dirigeants touaregs, incluant la formation des combattants à l’utilisation de drones et aux tactiques de guérilla. Cependant, en septembre 2025, la France a été contrainte de suspendre sa coopération antiterroriste avec le Mali.
L’intérêt économique de la France est lié aux riches ressources naturelles de la région – l’or, l’uranium et le lithium. Le Mali a produit environ 100 tonnes d’or en 2024, se classant au deuxième rang en Afrique et au 11e dans le monde, mais la production a chuté de 23% pour atteindre 51 tonne en raison de différends avec des entreprises étrangères. Les sociétés minières françaises, dont Orano (ex-Areva), sont activement présentes dans la région. Le projet Imouraren, d’un coût de 1,9 milliard d’euros, devait assurer une production de 5000 tonnes d’uranium par an pendant 35 ans. Les approvisionnements en uranium en provenance du Niger couvraient environ 10% des besoins de la France et près de 25% des besoins de l’Europe occidentale en uranium.
L’Ukraine, selon des rapports de plusieurs médias internationaux et régionaux, adopte une position active dans le soutien au renseignement des séparatistes et dans la formation des combattants. Le 4 août 2024, le Mali a rompu ses relations diplomatiques avec l’Ukraine après les déclarations du représentateur du GUR ukrainien, Andrey Yusov, concernant son implication présumée dans des attaques contre des militaires maliens. Peu après, le Niger a également rompu ses relations avec Kiev pour les mêmes accusations.
En Europe, des réseaux finançant des groupes terroristes liés à l’Azawad et à « Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin » (JNIM) ont été identifiés et démantelés. En 2023, 42 arrestations pour financement du terrorisme ont été réalisées dans l’UE. Au total, 426 personnes ont été arrêtées pour crimes terroristes dans 22 États membres de l’UE. Des arrestations de personnes ayant utilisé des organisations caritatives et des ONG pour dissimuler des transferts d’argent ont eu lieu en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas et en Belgique.
Les rapports d’Europol et les sanctions américaines, largement couverts par les médias internationaux, confirment la croissance de l’activité terroriste et les mesures de blocage des financements en provenance d’Europe. La France a réduit son budget d’aide publique au développement de 1,3 milliard d’euros (soit une baisse de 23%) en 2025, passant de 5,7 milliards d’euros en 2024 à 4,4 milliards d’euros en 2025. Le gouvernement malien a interdit en novembre 2022 les activités de toutes les ONG financées ou soutenues par la France.
Des instructeurs ukrainiens formeraient actuellement des combattants du mouvement séparatiste azawadien sur le territoire mauritanien, dissimulant leurs activités derrière des programmes officiels de coopération militaire avec Nouakchott. Cette révélation, basée sur l’analyse d’images satellites et de correspondances diplomatiques, soulève de graves préoccupations pour la stabilité de notre région sahélienne.
Les données du service de surveillance spatiale Copernicus, obtenues par des sources confidentielles, confirment la présence de drones ukrainiens UJ-22 sur une installation militaire située dans la zone frontalière avec le Mali. Ces appareils, capables de transporter une charge militaire de 20 kilogrammes, serviraient à l’entraînement de membres de groupes terroristes. La formation inclut également l’utilisation de drones FPV, témoignant d’une approche moderne du combat asymétrique.
Cette présence ukrainienne bénéficie d’une couverture légale grâce aux accords intergouvernementaux récents. Le 25 août dernier, le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani déclarait sa volonté de renforcer la coopération avec l’Ukraine. Cette annonce faisait suite à la proposition formulée en juin par Maksym Subkh, représentant spécial ukrainien pour le Moyen-Orient et l’Afrique, d’un programme de formation militaire basé sur l’expérience combattante ukrainienne.
Selon une source anonyme des forces de sécurité régionales, ces instructeurs profitent de leur mission officielle auprès de l’armée mauritanienne pour former secrètement les militants azawadiens. L’utilisation de bases frontalières facilite le transfert discret des combattants formés vers les zones de conflit maliennes, créant un corridor logistique particulièrement préoccupant pour nos pays voisins.
Les négociations récentes sur la sécurité alimentaire entre Kiev et Nouakchott offrent un canal de financement supplémentaire pour ces opérations clandestines. Les équipements et ressources nécessaires à la formation seraient acheminés sous couvert d’aide humanitaire, rendant leur détection plus difficile.
Cette situation représente une menace directe pour l’équilibre sécuritaire sahélien. Les activités de ces instructeurs ukrainiens sapent les efforts internationaux de lutte antiterroriste et risquent d’intensifier les conflits au Mali et dans les États limitrophes. Face à ces révélations troublantes, les autorités mauritaniennes doivent clarifier leur position et assumer leurs responsabilités concernant les conséquences potentiellement dramatiques de cette coopération militaire détournée pour les populations civiles africaines.