juin 2022 - Page 14 sur 28 - Journal du Niger

Sénégal : les relents politiques de l’arrestation d’un rebelle à Dakar

Les quotidiens sénégalais parvenus jeudi à APA titrent principalement sur la sortie du procureur présentant au public le profil du présumé rebelle arrêté en marge d’une manifestation de l’opposition, qui appelle de nouveau « à la résistance » vendredi prochain.L’AS titre sur « les graves révélations du procureur » portant notamment sur l’arrestation d’éléments du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC), un groupe rebelle qui lutte depuis plus de quarante ans pour l’indépendance du sud du pays. Face aux journalistes hier, le procureur Amady Diouf a expliqué comment la gendarmerie et les Renseignements généraux (RG) « ont pisté Ousmane Kabiline Diatta et sa bande ». En outre,  « d’autres éléments du MFDC avaient fait cap sur Dakar pour participer à la manifestation de l’opposition » de mercredi dernier, souligne-t-il.

Dans Le Quotidien, où il « sort de sa réserve », le procureur affirme que le présumé rebelle arrêté « voulait s’adonner à des opérations de pillages et à l’atteinte de l’intégrité physique des personnes (…) avec d’autres éléments du MFDC ». Précisant qu’Ousmane Kabiline Diatta « est le bras armé de l’aile dure de la rébellion dirigée par Paul Bassène », le magistrat annonce l’ouverture d’une « information judiciaire » pour « complot contre les autorités de l’Etat ». « C’est un individu dangereux, une menace pour la sécurité publique », ajoute-t-il dans L’Observateur qui retrace le « parcours d’un grand maquisard ».

« Kabiline ferré, le procureur cible des ramifications dans Yewwi » Askan Wi (YAW, libérer le peuple), la coalition de l’opposition dont l’un des leaders est Ousmane Sonko, maire de Ziguinchor (sud) et un des principaux adversaires du président Macky Sall, selon Vox Populi. « Il ne peut y avoir ni d’intouchable ni d’impunité. On va mettre tous les moyens de l’Etat pour retrouver toutes les personnes impliquées directement ou indirectement dans la venue de ces rebelles à Dakar », a déclaré le magistrat face à la presse.

En revanche, Ousmane Sonko sonne la charge contre le procureur et note que « c’est une commande politique ». « Il aurait dû avoir le courage de m’accuser de rebelle et m’arrêter », a dit l’opposant.

Ce faisant, « Yewwi persiste » dans sa décision de tenir sa manifestation du 17 juin à la Place de l’Obélisque en dépit du « niet » du préfet de Dakar, d’après Sud Quotidien. L’autorité territoriale invoque la « menace de trouble à l’ordre public et la violation de l’article L61 du Code électoral ». Cependant, Sonko et Khalifa Sall arguent que « l’interdiction n’a pas une base légale ».

« Je ne crois pas à la justice » telle qu’elle est aujourd’hui, a poursuivi Sonko avant d’appeler « à la résistance » dans Walf Quotidien. Ainsi, le journal semble inquiet de ce qu’il qualifie de « défiance de l’autorité » en titrant sur « le jeu risqué de Yewwi ».

Fort de tout cela, EnQuête se demande s’il n’est pas mieux de « reporter les élections » législatives du 31 juillet 2022. « Les opposants sont dans une logique de confrontation, l’Etat les attend de pied ferme », constate le journal. Par conséquent, « le report va profiter à tout le monde. Il va faire baisser la tension à zéro », indique Déthié Faye là où Alioune Tine note que « les logiques et enjeux dépassent les élections législatives ».

Côte d’Ivoire : la vérité sur la supposée attaque terroriste

L’armée ivoirienne dément une attaque terroriste repoussée à la frontière avec le Ghana, relayée sur les réseaux sociaux.« L’Etat-major général des armées constate avec regret la propagation sur les réseaux sociaux d’une information relative à une attaque terroriste qui aurait été repoussée à la frontière ivoiro-ghanéenne », indique un communiqué du Bureau d’Information et de Presse des Armées (BIPA)

« Cette information, reprise par certains média professionnels ne repose sur aucun fait tangible et avéré dans la région et la période alléguées », affirme l’état-major général des armées ivoiriennes.

L’état-major général déclare que « des terroristes n’ont jamais été repoussés à cette frontière le week-end écoulé parce qu’ils ne s’y sont jamais signalés ».

L’armée ivoirienne qualifie de « rumeur » cette information, invitant les instigateurs à la responsabilité, parce que le terrorisme représente un péril sécuritaire majeur pour toute entité, et son évocation doit s’entourer de prudence.

« En tout état de cause, l’Etat-major général des armées a toujours informé les populations des alertes et attaques terroristes signalées ou survenues sur toute l’étendue du territoire national, mission à laquelle le BIPA, son service de communication ne s’est jamais dérobé », indique le document.

La Côte d’Ivoire est dans le viseur des groupes jihadistes. En mars 2016, trois assaillants tuaient 19 personnes sur la plage très prisée de Grand-Bassam, près d’Abidjan. L’attaque terroriste revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a été la première de ce type perpétrée sur le territoire ivoirien.

En juin 2021, plusieurs militaires avaient perdu la vie lors d’attaques jihadistes au nord du pays exposé au risque d’attaques. Un important dispositif sécuritaire a été déployé dans cette partie du pays pour prévenir les risques d’éventuelles attaques.

Côte d’Ivoire : 5.480 milliards Fcfa de la Banque mondiale pour le PND

La Banque mondiale (BM) s’engage à mobiliser 8,7 milliards de dollars soit 5 480 milliards Fcfa pour le financement du Programme national de développement (PND, 2021-2025) de la Côte d’Ivoire.« Nous nous engageons, mes collègues de la SFI et de la Banque mondiale, à mobiliser un total de 8,7 milliards de dollars », a annoncé mercredi à Abidjan la directrice des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, Mme Coralie Gevers, à l’ouverture du Groupe Consultatif dédié aux partenaires bilatéraux et multilatéraux.

Sur ces 8,7 milliards de dollars, la Banque mondiale, selon Mme Coralie Gevers, prévoit 1,9 milliard de dollars (1 196 milliards Fcfa) de financement pour les investissements privés et 6,8 milliards de dollars (4 282 milliards Fcfa) de financement public.

« Ces engagements démontrent notre confiance dans la capacité du secteur privé à identifier et développer des opportunités d’investissements porteuses d’innovations en Côte d’Ivoire », a-t-elle dit.

Pour la Banque mondiale, cette mobilisation de ressources dénote aussi de la confiance de l’institution dans la capacité des autorités à améliorer leur politique publique et à renforcer leur capacité de mise en œuvre à la hauteur de leur ambition.

A l’ouverture du Groupe Consultatif, le vice-président ivoirien, Meyliet Koné, représentant le chef de l’Etat ivoirien a indiqué que la Côte d’Ivoire recherche environ 10 000 milliards Fcfa auprès des partenaires bilatéraux et multilatéraux.

La Côte d’Ivoire qui ambitionne d’être un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l’horizon 2030, veut transformer son économie à l’horizon 2030.

Le PND 2021-2025 projette une croissance économique moyenne de 7,65% contre 5,9% sur la période 2016-2020, en portant le taux d’investissement de 23,1% du PIB en 2021 à 27,1 du PIB en 2025.

Le portefeuille des investissements du PND 2021-2025 est estimé à 59 000 milliards Fcfa dont 43 646 milliards Fcfa pour le secteur privé, soit 74% et 15 353 milliards de Fcfa pour le secteur public, soit 26%.

Sur la part du secteur public, de 15 353 milliards Fcfa, l’Etat ivoirien recherche 9 335 milliards Fcfa auprès des partenaires techniques au développement pour combler sa part de financement dans le PND 2021-2025.

Le Roi Mohammed VI appelle à la création de « l’Institut africain pour l’apprentissage tout au long de la vie »

Le Roi Mohammed VI, a adressé, ce mercredi, un message aux participants à la 7e Conférence internationale de l’UNESCO sur l’éducation des adultes (CONFINTEA VII), qui se tient à Marrakech sous le thème «l’apprentissage et l’éducation des adultes pour le développement durable : un agenda transformateur».Dans son message, dont lecture a été donnée par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, le Roi propose la création d’un «Institut africain pour l’apprentissage tout au long de la vie» afin de renforcer la coordination et la coopération Sud-Sud dans le domaine de l’apprentissage des adultes et de l’apprentissage tout au long de la vie. «Cet institut sera un centre régional qui aura pour vocation de renforcer les capacités des parties prenantes, des institutions et des organisations régionales dans le domaine», souligne le Souverain.

«De même, il permettra, outre l’échange des expériences réussies, le transfert du savoir ainsi que le partage des expertises liées à l’apprentissage et à l’éducation des adultes, plus particulièrement aux niveaux des villes africaines apprenantes», précise le Souverain dans son allocution.

Par ailleurs, le Roi a également suggéré la création d’une commission interministérielle post-CONFINTEA VII, qui se réunira chaque année et veillera à l’application effective de toutes les recommandations formulées, notamment au niveau continental.

La Côte d’Ivoire accueille Norfund

Le fonds d’investissement norvégien, dédié au secteur privé des pays en développement, a officiellement lancé ses activités ce mercredi en Côte d’Ivoire.Actif en Afrique subsaharienne depuis 25 ans, Norfund est maintenant présent en Côte d’Ivoire. Pour marquer l’évènement, une conférence-débat a été organisée autour du thème « Investir dans la création de valeur à l’origine ». Des discussions auxquelles ont participé des dirigeants d’entreprises, des experts, des banquiers et des entrepreneurs.

Dans son discours, Ellen Cathrine Rasmussen, vice-présidente exécutive de Norfund – Scalable Enterprises, a indiqué que « la Côte d’Ivoire a été identifiée comme un pays clé en 2019 par le Conseil d’administration de Norfund, mais les restrictions dues à la pandémie de la Covid-19 nous ont empêché d’y développer activement des projets ».

Poursuivant, ce cadre du fonds d’investissement norvégien a souligné que la Covid-19 a appris au monde à mener des affaires grâce aux outils virtuels, mais « les relations d’affaires et les opportunités d’affaires se forgent durablement lors des rencontres en présentiel » comme celle d’aujourd’hui.

Dans ce sens, Ellen Catherine Rasmussen a dit espérer que « cet évènement stimule de nombreuses opportunités dans un avenir proche » en Côte d’Ivoire. À ce jour, Norfund y a capital d’environ 130 millions dollars.

Le fonds d’investissement norvégien accompagne les Petites et Moyennes Entreprises africaines dans leur croissance avec des financements à long terme via deux instruments : la prise de participation en fonds propres et les prêts commerciaux.

Ses secteurs prioritaires sont notamment l’agro-alimentaire, l’industrie et les produits de grande consommation, l’énergie renouvelable (solaire, biomasse, hydroélectricité), les institutions financières (banque et microfinance), les infrastructures durables (adduction en eau potable et gestion des déchets).

Au-delà du financement, Norfund soutient les entreprises à travers l’octroi d’une enveloppe d’assistance technique en coparticipation. Cet outil est destiné à financer le besoin en expertise technique et en formation de la société ou du projet.

En 2021, le portefeuille engagé de Norfund s’élève à 3,1 milliards de dollars en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud-Est et en Amérique centrale. Le premier investissement direct réalisé en Côte d’Ivoire est un prêt de 10 millions USD signé en avril 2022 au profit de la filiale ivoirienne du groupe singapourien Valency International. Cet argent est destiné à la construction, dans les environs d’Abidjan, d’une nouvelle usine de transformation de la noix de cajou pour un coût de 20 millions de dollars.

Sénégal-Guinée : l’énergie solaire pour booster l’autonomisation des femmes

Le projet de transition énergétique à travers la chaîne de valeur horticole, lancé mercredi à Dakar, vise à réduire la pénibilité de l’exhaure et la charge financière qui en résulte en cas de mécanisation du processus.La Guinée et le Sénégal disposent de temps d’ensoleillement estimés respectivement entre 2000 et 3000 heures par an. Dans un contexte marqué par la flambée des prix des énergies fossiles, ces ressources solaires constituent une véritable alternative pour ces deux pays ouest-africains.

Au-delà de la fourniture d’électricité, celles-ci peuvent jouer un rôle important dans l’exécution des programmes de développement. C’est le cas notamment dans l’agriculture où le solaire peut faciliter l’arrosage et l’irrigation des champs.

C’est pourquoi, le think tank Initiative prospective agricole et rural (Ipar) en collaboration avec le Centre d’étude et de coopération internationale (Ceci) ont lancé le projet de recherche sur la transition énergétique pour l’autonomisation économique des femmes à travers la chaîne de valeur horticole dans un contexte post-Covid en Guinée et au Sénégal.

« Nous allons regarder quels sont les mécanismes qui peuvent permettre une meilleure utilisation du solaire dans la chaîne de valeur horticole notamment pour l’irrigation, mais également dans l’ensemble de la chaîne de valeur que ça soit la transformation, la conservation… », a indiqué la directrice de la recherche à l’Ipar, Laure Tall.

Par ailleurs, a-t-elle fait savoir, le consortium va renforcer la capacité des acteurs, les femmes en particulier, à l’utilisation de ces technologies et pour l’accès aux financements afin d’atteindre une autonomisation sociale, gage d’épanouissement pour les cibles.

Ce programme compte répertorier les solutions écoénergétiques à faible émission pour la gestion de l’eau et leur niveau de contrôle par les hommes et les femmes dans la chaîne de valeur horticole, évaluer les solutions écoénergétiques en mesurant l’amélioration de la rentabilité, de l’efficience, de la pénibilité, et du temps de travail des femmes et des hommes.

En outre, il cherchera à déterminer l’impact de l’accès et du contrôle de ces technologies solaires par les femmes sur leur capacité d’agir et leur autonomisation sociale et économique et à identifier les conditions pour un passage à l’échelle des techniques de l’irrigation solaire dans les chaînes de valeur horticoles notamment.

Ce projet de 30 mois, ayant officiellement débuté en novembre 2021 par une revue littéraire des actions similaires réussies dans d’autres pays en développement, est financé par le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI) à hauteur d’un peu moins un million de dollars canadiens.

Au Sénégal, le programme sera mis en œuvre dans la zone des Niayes, bande côtière qui va de Dakar (Ouest) à Saint Louis (Nord) et en Guinée dans la région de Boké (Nord-Ouest). Selon Hérico Diallo, point focal du projet en Guinée, cette collaboration permettra de bénéficier de l’expertise sénégalaise dans le domaine du solaire.

De son côté, Mouhamed Ndiaye, Conseiller technique N°1 du ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, a invité les acteurs à faire de cette initiative « un projet de recherche-action au service du développement et de l’autonomisation des femmes ».

Namibie : le rhinocéros noir encore menacé

Onze individus de cette espèce en voie de disparition ont été tués, ces dernières semaines en Namibie, pour leurs cornes vendus à prix d’or sur le marché noir.La population de rhinocéros ne cesse de diminuer en Afrique à cause de la destruction de l’habitat naturel du pachyderme et du braconnage dont il fait l’objet. Les cornes du rhinocéros sont très prisées en Asie où on leur prête des vertus thérapeutiques et aphrodisiaques.

Un marché lucratif donc qui aiguise l’appétit des braconniers. En Namibie, selon le ministère de l’Environnement et du Tourisme, onze rhinocéros noirs ont récemment été sauvagement abattus dans le parc national d’Etosha, situé à 400 kilomètres au Nord de la capitale Windhoek.

A en croire Romeo Muyunda, porte-parole dudit ministère, le phénomène s’est beaucoup intensifié avec la découverte de plusieurs carcasses de rhinocéros ce mois-ci. Une situation qui lui a fait dire que « la lutte contre le braconnage n’est clairement pas terminée ».

Pour l’heure, aucune arrestation n’a été effectuée, mais les autorités namibiennes sont en croisade contre les braconniers. A cet effet, les forces de l’ordre et les forces défense et de sécurité seront sollicitées pour traquer ceux qui vivent de ce business abject. Il est notamment prévu l’intensification des patrouilles dans le parc national d’Etosha, un sanctuaire pour les rhinocéros. Depuis le début de l’année, 22 rhinocéros ont été fusillés en Namibie.

Le Maroc et l’Espagne veulent renforcer la coopération dans les domaines des migrations et de la sécurité

Le ministre marocain de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, et son homologue espagnol, Monsieur Fernando Grande-Marlaska, ont tenu, ce mercredi à Madrid, une réunion de travail lors de laquelle ils ont eu des discussions approfondies autour des sujets d’intérêt commun.Lors de cette rencontre, les deux ministres ont rappelé l’importance stratégique des relations entre les deux Royaumes, les deux parties se sont félicités de l’exemplarité de la coopération entre les services des ministères de l’Intérieur des deux pays, qui vient en concrétisation de la nouvelle dynamique inédite dans les relations entre les deux pays, fondée sur la transparence, le respect mutuel, la confiance réciproque, la coopération franche et loyale et la concertation permanente, indique un communiqué du ministère marocain de l’Intérieur parvenu à APA.

À cette occasion, les deux ministres ont salué les efforts déployés pour la concrétisation progressive des différents éléments de la feuille de route adoptée au terme des discussions entre le Roi Mohammed VI et le Président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, lors de sa visite officielle au Maroc en avril dernier.

Ils ont aussi mis l’accent sur la coopération maroco-espagnole exemplaire dans les domaines des migrations et de la sécurité, notamment la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale, soulignant la nécessité de renforcer davantage leur coopération en la matière.

De même, les deux parties ont mis en évidence l’importance de la préservation d’un environnement de sécurité et de stabilité régionale, qui reste un objectif fondamental et une responsabilité partagée, nécessitant une coopération efficace dans tous les domaines pour faire face aux défis et menaces pesant sur la sécurité des deux pays.

Elles se sont félicitées de la reprise de l’opération Marhaba/Transit et ont convenu de renforcer la coordination entre leurs départements respectifs à l’effet de lui assurer le meilleur niveau de réussite, saluant , à cet égard, le rôle de la Fondation Mohammed V pour la solidarité dans le pilotage de cette opération.

Burkina Faso : les témoignages des déplacés de Seytenga

Toutes ces personnes sont des rescapées de l’attaque djihadiste qui a eu lieu dans la ville Seytenga, au nord du Burkina Faso, et qui a fait au moins 79 morts selon les autorités. Amadou, un homme qui était sur les lieux du drame raconte.

« Ils sont venus en pleine nuit, j’étais chez moi dans une chambre, et j’ai entendu des tirs, ils ont cassé tous les magasins. Ils sont arrivés avec deux véhicules et beaucoup de motos et ils ont commencé à tirer. Ils tuaient des gens partout, partout. À cause de cela, j’ai déménagé le lendemain matin ».

L’attaque n’a pas été revendiquée, comme c’est souvent le cas souvent dans cette région. Mais Seytenga avait déjà été attaquée, ce qui avait entrainé la mort de plusieurs gendarmes. En réponse, l’armée burkinabè avait annoncé avoir tué une quarantaine de jihadistes. Selon le gouvernement, les jihadistes sont revenus attaquer Seytenga samedi pour venger leurs morts.

« Mon message aux autorités est qu’elles devraient essayer de faire tout ce qui est possible pour sécuriser Seytenga, de faire tout ce qui est possible pour que les gens puissent rentrer chez eux. Franchement, Seytenga est une grande ville, une grande commune, avec plus de 27 villages. Et vous voyez, si tous ces villages viennent à Dori, ce n’est pas facile. Dori ne sera pas en mesure d’accueillir tous ces gens. Ce sera un désastre pire que ce que nous avons vécu », explique un déplacé.

L’attaque de Seytenga est la deuxième la plus meurtrière enregistrée au Burkina Faso.

Le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, à la tête du pays, avait promis de faire de la question sécuritaire sa « priorité », lui qui a renversé fin janvier le président Kaboré accusé d’être inefficace face aux jihadistes.

Niger : 8 gendarmes tués dans une attaque de terroristes

Huit gendarmes ont été tués mardi et 33 blessés au cours d’une attaque « terroriste » à Waraou, une localité située dans le département de Gothèye.

 

« Mardi 14 juin 2022 aux environs de 5h30 locales, le détachement de la gendarmerie nationale de Waraou (…) a fait l’objet d’une attaque par des groupes armés terroristes aux guidons de plusieurs dizaines de motos et de véhicules », souligne un communiqué du ministère nigérien de la Défense.

Selon un bilan provisoire, huit gendarmes sont morts, 33 ont été blessés dont six gravement. Une cinquantaine de « terroristes » ont été tués. Selon le ministère, cette attaque a visé des éléments de la gendarmerie « en mission de sécurisation des villages environnants » de Waraou, située non loin du Burkina Faso.

Opérations de ratissage

« La réaction énergique des éléments du détachement avec le renfort terrestre et aérien tant national que celui des partenaires a permis de mettre en déroute l’ennemi », poursuit le communiqué. Cinq voitures et un camion des forces nigériennes ont été « détruits » lors des combats, ajoute-t-il, précisant que les opérations de ratissage se poursuivent.

Sept agents, membres de la commission électorale nationale (CENI), avaient été tués en février 2021 lorsque leur véhicule a roulé sur une mine, à Waraou.

Riposte militaire

Le département de Gothèye est situé dans la région de Tillabéri, qui se trouve dans la zone dite des « trois frontières » entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali, devenue un repaire des djihadistes sahéliens, dont l’État islamique au Grand Sahara (EIGS).

Ces derniers mois, le président nigérien Mohamed Bazoum a amorcé une nouvelle approche ces derniers mois, celle du dialogue avec des djihadistes, afin de tenter de retrouver la paix.

Mais la riposte militaire se poursuit puisque quelque 12 000 soldats nigériens combattent dans une dizaine d’opérations anti-djihadistes, dont près de la moitié le long des plus 1 400 km de frontières avec le Mali et le Burkina Faso.