Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a été reçu mardi 3 novembre 2026 à N’Djamena par le président tchadien, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Envoyé par le président Abdelmadjid Tebboune, il lui a remis un message écrit portant sur les relations bilatérales et les défis sécuritaires du Sahel.
Cette visite intervient alors que les tensions entre le Niger et le Tchad ont fortement augmenté depuis septembre. Niamey accuse notamment N’Djamena et des forces spéciales françaises d’avoir soutenu une tentative de mutinerie, accusations que les deux capitales échangent depuis plusieurs semaines.
Ahmed Attaf est arrivé à N’Djamena pour une visite officielle conduite sur instruction du président Tebboune. Son homologue tchadien, Ahmed Kogri, l’a accueilli. Le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno l’a ensuite reçu au palais Toumaï.
Le ministre algérien a remis au président tchadien une lettre fermée de son homologue algérien. Alger n’a pas rendu public son contenu, mais a présenté la mission comme une étape destinée à consolider une relation bilatérale qualifiée de fraternelle et à coordonner les positions face aux crises régionales.
L’audience a également permis d’évoquer la situation au Sahel, une région confrontée à l’expansion des groupes armés, aux crises politiques et aux tensions entre États voisins. Les deux parties ont insisté sur la nécessité de renforcer la concertation afin de préserver la stabilité régionale.
La présence d’Attaf à N’Djamena prend une dimension particulière dans le contexte des frictions entre Niamey et N’Djamena. Alger apparaît comme un interlocuteur susceptible de maintenir le dialogue entre des pays voisins dont la coopération demeure essentielle à la sécurité du Sahel.
Le Tchad joue un rôle central dans les dispositifs régionaux de lutte contre le terrorisme et l’insécurité transfrontalière. Sa coopération avec le Niger conditionne notamment la surveillance des frontières, la circulation des personnes et la réponse aux groupes armés actifs dans la zone.
En choisissant d’envoyer son ministre des Affaires étrangères, Alger affiche une diplomatie de proximité. Le message présidentiel vise probablement à encourager l’apaisement, sans que les autorités algériennes aient confirmé publiquement une médiation formelle entre Niamey et N’Djamena.
Pour le Tchad, la visite confirme l’importance accordée à ses relations avec Alger, partenaire influent dans les dossiers africains et sahéliens. Pour l’Algérie, elle permet de défendre une approche fondée sur la concertation, la prévention des conflits et le renforcement des capacités régionales.
Ahmed Kogri, ministre tchadien des Affaires étrangères depuis septembre, a pris part aux échanges avec son homologue algérien. Sa présence souligne la dimension diplomatique de la rencontre, au moment où N’Djamena cherche à stabiliser ses relations régionales tout en faisant face aux menaces sécuritaires qui pèsent sur le Sahel.
Les résultats concrets de cette mission restent encore à préciser. Mais la remise d’un message présidentiel au maréchal Déby confirme qu’Alger entend peser sur les équilibres du Sahel et prévenir toute aggravation des tensions entre Niamey et N’Djamena.
Coup de tonnerre au Sénégal Ce mardi 3 novembre 2026, l’Assemblée nationale sénégalaise a rejeté le projet de Loi de finances rectificative 2026. Ce vote constitue un revers majeur pour le gouvernement, contraint de retrouver rapidement une solution pour financer l’État alors que l’année touche à sa fin.
Les députés ont refusé le texte après son double rejet en Commission des finances, présidée par Alphonse Mané Sambou. Cette décision marque une première sous la XVᵉ législature : la majorité Pastef-Les Patriotes a elle-même refusé d’adopter un budget présenté par le ministre des Finances, Cheikh Diba.
Une majorité en rupture
Le rejet révèle une fracture profonde au sein de la majorité parlementaire. Les députés ont justifié leur position par un manque de sincérité budgétaire, notamment concernant l’évaluation du déficit public et de la dette.
En refusant le texte, les élus ont adressé un signal politique fort au pouvoir exécutif. Ils exigent une présentation plus transparente des comptes publics et une stratégie budgétaire capable de rassurer autant les parlementaires que les partenaires financiers du pays.
Le ministre Cheikh Diba devra désormais revenir vers l’Assemblée avec un document amendé, mieux argumenté et davantage aligné sur les attentes de la majorité. Sans cela, le gouvernement risque de voir son autorité budgétaire affaiblie à un moment décisif de l’exercice 2026.
Deux mois pour agir
Le calendrier rend la situation particulièrement sensible. À moins de deux mois de la fin de l’année, le Sénégal ne dispose toujours pas d’un budget rectifié, alors que l’État doit poursuivre ses dépenses publiques, honorer ses engagements et financer les services essentiels.
Le gouvernement dispose théoriquement de deux options. Il peut retravailler le projet de loi et le soumettre à nouveau aux députés, ou activer l’article 86 afin d’assurer la continuité de l’État en l’absence d’adoption du texte.
La première solution permettrait de préserver le dialogue institutionnel et de restaurer la confiance au sein de la majorité. La seconde offrirait une réponse immédiate à l’urgence financière, mais elle pourrait être perçue comme un contournement du débat parlementaire.
Un test pour l’exécutif
Ce vote place le gouvernement devant un défi politique autant que budgétaire. Il devra convaincre ses propres troupes que les chiffres présentés reflètent fidèlement la réalité des finances publiques et que les choix proposés protègent la stabilité économique du pays.
L’épisode illustre également l’exigence croissante des parlementaires en matière de transparence. La majorité ne se contente plus d’accompagner l’exécutif : elle entend contrôler la qualité des informations budgétaires et peser sur les arbitrages financiers.
Dans les prochaines semaines, la capacité du gouvernement à renégocier son texte déterminera l’équilibre institutionnel du pays. Le Sénégal attend désormais une réponse rapide, claire et crédible à une impasse budgétaire qui ne peut durablement perdurer.
Les routes reliant la capitale malienne aux localités environnantes connaissent une nouvelle tragédie qui relance avec acuité le débat sur la sécurité des transports publics. Un dramatique accident survenu à la tombée de la nuit sur l’axe névralgique menant de Kati à Samè a plongé plusieurs familles dans le deuil et mobilisé d’urgence les services de secours de la région.
Un drame nocturne sur un axe stratégique
Le drame a éclaté en fin de journée le jeudi 29 octobre 2026, perturbant brutalement la circulation sur ce tronçon particulièrement fréquenté. Alors qu’il acheminait une septantaine de voyageurs depuis Bamako à destination de Kéniéba, un autocar de transport interurbain a brusquement quitté la chaussée avant de se coucher violemment sur le flanc. La violence du choc a immédiatement transformé ce trajet quotidien en une scène de chaos absolu pour les dizaines d’occupants pris au piège à l’intérieur du véhicule.
Avertis dès les premières minutes suivant le drame, les secours d’urgence et les forces de sécurité ont déployé d’importants moyens logistiques pour extraire les victimes des tôles froissées. L’intervention prompte des équipes médicales a permis de prodiguer les premiers soins d’urgence directement sur les lieux de la catastrophe avant d’organiser l’évacuation sanitaire des blessés. Le premier bilan provisoire établi par les autorités de santé confirme le décès d’un passager, tandis que trente-cinq autres personnes souffrent de lésions corporelles majeures nécessitant une prise en charge médicale lourde. D’autres voyageurs, plus légèrement touchés, bénéficient également d’un suivi adapté.
Les interrogations autour des causes de l’accident
Si les circonstances exactes du drame demeurent encore imprécises, la survenue de ce sinistre remet en lumière les multiples facteurs de risque qui pèsent sur le réseau routier régional. L’état général des infrastructures, l’usure potentielle du matériel roulant, la fatigue au volant ainsi que la maîtrise de la vitesse constituent des pistes d’analyse prioritaires. Les unités spécialisées de la gendarmerie ont immédiatement ouvert une enquête approfondie afin d’éclaircir les causes techniques ou humaines ayant provoqué la perte de contrôle du car.
L’urgence d’une prise de conscience collective
Cette nouvelle tragédie routière souligne l’impérieuse nécessité de renforcer la vigilance et le contrôle technique du parc automobile destiné au transport collectif. Face au nombre croissant de victimes sur les axes interurbains, la rigueur dans le respect des normes de sécurité et la sensibilisation permanente des conducteurs s’imposent désormais comme des priorités absolues pour préserver les vies humaines.
Le Nigeria est plongé dans le deuil à la suite du crash d’un avion d’observation et de patrouille maritime de l’armée de l’air nigériane (Nigerian Air Force – NAF). Lundi 5 octobre 2026, l’appareil ATR 42-500MP, immatriculé NAF 931, qui effectuait une liaison logistique de routine entre Benin City (État d’Edo) et Lagos, s’est écrasé dans une zone marécageuse de la commune d’Igbokoda, dans l’État d’Ondo.
Les équipes de contrôle ont brutalement perdu le contact radio et radar avec le cockpit à 09 h 13, heure locale. L’avion a terminé sa course à proximité immédiate de la base navale d’Igbokoda, dans la zone du gouvernement local d’Ilaje, s’enfonçant partiellement dans un bras d’eau et la végétation côtière. Les équipes de secours, composées de militaires, de forces de police, de membres des services d’urgence de l’État d’Ondo (SEMA) et de riverains, ont dû mobiliser des pirogues pour atteindre le point d’impact principal, rendu difficile d’accès par de fortes pluies.
Alors que les autorités civiles estimaient d’abord à 32 le nombre d’occupants, le commandement de l’armée de l’air a rapidement publié un état nominatif officiel et fixé le bilan à 25 morts, dont cinq membres d’équipage et 20 passagers. Le commandement a également indiqué que les secours n’avaient retrouvé aucun survivant.
Parmi les victimes figurent le commandant de bord, le Squadron Leader MI Aburime, deux copilotes, des techniciens, plusieurs officiers et sous-officiers, ainsi que des civils membres de familles de militaires.
Face à l’ampleur de la tragédie, le président de la République fédérale du Nigeria, Bola Ahmed Tinubu, a décrété trois jours de deuil national, avec la mise en berne des drapeaux sur tout le territoire et dans les représentations diplomatiques.
Rendue publique par ses services, la déclaration présidentielle salue la mémoire des disparus : « C’est un moment douloureux pour nos forces armées et pour toute la nation. Nos hommes de l’air risquent leur vie chaque jour pour la sécurité du Nigeria. Leur sacrifice restera à jamais dans les mémoires. »
Le chef de l’État a ordonné à l’armée de l’air d’ouvrir immédiatement une enquête approfondie afin de déterminer les causes exactes du crash. De son côté, le gouverneur de l’État d’Ondo, Lucky Aiyedatiwa, a mobilisé les services de santé et les forces régionales pour prêter assistance au commandement militaire et sécuriser le périmètre de l’accident.
Profil de l’aéronef et enjeux capacitaires
L’aéronef accidenté, un ATR 42-500 spécialement aménagé pour la surveillance maritime et les missions ISR (Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance), constituait un maillon clé de la couverture aérienne au-dessus du golfe de Guinée.
Après l’avoir acheté auprès du constructeur italien Alenia Aeronautica (aujourd’hui Leonardo) et réceptionné en 2010, l’armée de l’air nigériane a engagé cet appareil pendant plus de 16 ans dans des opérations contre l’insurrection dans le Nord-Est et la piraterie dans le Delta du Niger.
L’avion avait également bénéficié d’une révision générale majeure en Allemagne, réalisée par Rheinland Air Service (RAS), avant de reprendre le service actif à la fin de l’année 2024. La perte du NAF 931 ampute de moitié la flotte d’ATR-42 de patrouille maritime de l’armée de l’air, posant de nouveaux défis capacitaires pour le suivi des eaux territoriales nigérianes.
Ce crash s’inscrit dans une série d’accidents ayant frappé l’aviation militaire nigériane au cours des dix dernières années. Entre 2016 et 2026, la NAF a enregistré plusieurs pertes matérielles et humaines lors de missions d’entraînement, de combat ou de liaisons logistiques.
Des drames notables, tels que la collision en vol de deux chasseurs F-7Ni à Abuja en 2018 ou le crash d’un Beechcraft King Air 350 à Kaduna en mai 2021, qui avait coûté la vie au chef d’état-major de l’armée de terre, avaient déjà suscité de vifs débats sur les procédures de sécurité et la gestion du MCO (maintien en condition opérationnelle).
Alors que les recherches des enregistreurs de vol se poursuivent sur le site marécageux d’Igbokoda, les enquêteurs devront établir si les conditions météorologiques dégradées lors de l’impact, une défaillance technique ou une combinaison de facteurs sont à l’origine de ce crash.
OUAGADOUGOU, 28 septembre 2026 — Le Burkina Faso a franchi une nouvelle étape dans la transformation de ses ressources minières avec l’inauguration, lundi à Ouagadougou, de Raffinor-BF, sa première raffinerie nationale d’or. Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a présidé la cérémonie organisée sur le site de Ouaga 2000.
L’infrastructure doit permettre au pays de traiter une partie de sa production aurifère sur son propre territoire, plutôt que d’exporter le métal sous une forme moins valorisée. Les autorités présentent ce projet comme un instrument de souveraineté économique et de contrôle accru de la chaîne minière.
Inauguration de Raffinor-BF : la première raffinerie d’or du Burkina Faso
Bâtie sur un site de cinq hectares, la raffinerie Raffinor-BF affiche une capacité de traitement de 400 kilogrammes d’or par jour, soit près de 150 tonnes par an, pour un métal raffiné d’une pureté de 99,99 % (24 carats). Cette capacité dépasse la production nationale de 2025, établie à 94 tonnes, et ouvre de nouvelles perspectives pour la transformation de l’or sur le territoire burkinabè.
Le complexe ne se limite pas à l’unité de raffinage. Il comprend également une fonderie, un laboratoire d’analyse, des espaces sécurisés de stockage et une unité de bijouterie. Ces installations doivent réunir, sur un même site, plusieurs étapes allant de la vérification de la qualité à la transformation du métal précieux.
Selon les informations disponibles, le projet a été financé sur fonds propres pour un coût annoncé de 11 milliards de francs CFA. Il devrait également favoriser la création d’emplois directs et soutenir des activités connexes dans la transformation et la commercialisation de l’or.
Le chantier avait commencé avec la pose de la première pierre, le 23 novembre 2023, dans le quartier de Ouaga 2000. À l’époque, les autorités avaient fixé à 150 tonnes par an la capacité prévue de l’installation, avec l’ambition de réduire la dépendance du pays à l’égard des raffineries étrangères.
La mise en service intervient alors que l’or occupe une place centrale dans l’économie burkinabè. En installant une capacité nationale d’analyse, de traitement et de stockage, le gouvernement entend mieux suivre les volumes produits et accroître la valeur captée localement.
Une seconde installation devrait, à terme, porter la capacité globale de raffinage à 515 tonnes par an, selon les informations communiquées autour du projet. Cette perspective reste toutefois liée à la réalisation effective de cette nouvelle unité et à la montée en puissance de l’appareil industriel.
Pourquoi la transformation locale de l’or est-elle stratégique pour le Burkina Faso ?
Jusqu’à présent, le Burkina Faso exportait principalement son or sous forme de métal non raffiné. Avec Raffinor-BF, une partie de la transformation s’effectuera désormais sur le territoire national.
Cette évolution peut permettre au pays de :
conserver localement une part plus substantielle de la valeur créée par l’or ;
développer des activités liées à l’analyse, à la fonderie, au stockage et à la bijouterie ;
réduire les coûts et la dépendance liés au recours à des raffineries étrangères ;
renforcer la traçabilité du métal avant son exportation.
L’enjeu est important. Les produits miniers représentaient 91,7 % de la valeur totale des exportations burkinabè à fin novembre 2025, tandis que la part des produits transformés restait limitée à 2,1 %.
Traçabilité et formalisation : un outil clé contre la contrebande
La raffinerie donnera à l’État un instrument supplémentaire pour vérifier la qualité, le poids et l’origine de l’or commercialisé. Son laboratoire et ses espaces sécurisés de stockage peuvent faciliter le suivi des transactions et réduire les risques de sous-déclaration.
Raffinor-BF pourrait également contribuer à lutter contre la contrebande, à condition que l’or produit par les exploitants artisanaux et les petits collecteurs entre dans un circuit formel. La réussite du dispositif dépendra donc de la capacité des autorités à proposer des procédures accessibles et suffisamment incitatives.
La formalisation du secteur constitue ainsi un enjeu majeur. Selon la Banque mondiale, la production d’or du Burkina Faso a atteint 94 tonnes en 2025, grâce à une meilleure formalisation de l’exploitation.
Quel est l’impact économique et fiscal attendu du secteur aurifère burkinabè ?
Une transformation locale mieux contrôlée peut accroître les recettes fiscales et douanières. En 2025, le secteur aurifère aurait généré plus de 776 milliards de francs CFA de recettes budgétaires, ce qui confirme son poids central dans les finances publiques.
La raffinerie ne créera toutefois pas automatiquement de nouvelles recettes à hauteur de sa capacité théorique. Elle devra recevoir suffisamment d’or, garantir des contrôles crédibles et empêcher que les opérateurs déplacent leurs transactions vers des circuits clandestins.
La transparence sera donc déterminante. Les autorités devront notamment publier des informations sur les volumes traités, les entreprises fournisseuses, les recettes collectées et la destination de l’or raffiné.
Les promoteurs annoncent environ 100 emplois directs et près de 5 000 emplois indirects. Ces chiffres pourraient concerner les activités de transport sécurisé, de maintenance, de contrôle, de commerce, de bijouterie et de services spécialisés.
Au-delà des emplois directement liés à la raffinerie, l’effet le plus durable pourrait venir de la création d’un écosystème autour de l’usine. Des entreprises locales pourraient intervenir dans la logistique, la sécurité, les équipements industriels, l’emballage, la certification et la fabrication de bijoux.
Pour obtenir cet effet d’entraînement, le Burkina Faso devra cependant investir dans la formation technique et garantir aux entreprises nationales un accès réel aux marchés liés à la raffinerie.
Une souveraineté minière qui s’inscrit dans la dynamique de l’AES
L’entrée en service de Raffinor-BF intervient dans un contexte où les pays de l’Alliance des États du Sahel cherchent à renforcer la maîtrise de leurs ressources stratégiques. Le Mali dispose déjà d’une raffinerie d’or, tandis que le Burkina Faso veut désormais développer ses propres capacités de transformation.
Cette évolution pourrait rapprocher les politiques minières des pays de l’AES, mais elle ne suffira pas, à elle seule, à résoudre les défis du secteur. La traçabilité de l’or, la lutte contre la contrebande, la sécurité des sites miniers et la transparence des revenus resteront déterminantes pour mesurer l’impact réel de cette nouvelle infrastructure.
L’épreuve du terrain : faire de la capacité théorique une réalité
Raffinor-BF marque une nouvelle étape industrielle pour le Burkina Faso. L’usine peut contribuer à mieux valoriser l’or produit dans le pays, à renforcer le contrôle de la filière, à soutenir les recettes publiques et à développer des activités autour de la transformation locale.
Son impact économique réel ne se mesurera toutefois pas à la seule cérémonie d’inauguration ni à sa capacité nominale. Il dépendra des volumes effectivement traités, de la régularité de l’approvisionnement, de la confiance des opérateurs, de la lutte contre la fraude et de la publication de données vérifiables.
Raffinor-BF constitue ainsi un nouvel outil de maîtrise de la chaîne aurifère. Sa capacité à devenir un véritable moteur économique dépendra de son intégration dans une politique plus large associant industrialisation, transparence, formalisation de l’or artisanal et développement de la chaîne nationale de transformation.
OUAGADOUGOU, 23 septembre 2026 — Dans le quartier de Ouaga 2000, les installations historiques du Centre omnisports d’entraînement des Étalons (COMET) s’apprêtent à subir une métamorphose radicale. Mardi, le gouvernement burkinabè a scellé un pari audacieux : engager un chantier pharaonique de plus de 25 milliards de francs CFA pour doter le pays d’un véritable hub sportif de haute performance. Une ambitieuse décision , portée par les plus hautes autorités de la Transition, qui résonne comme une promesse d’avenir au cœur d’une période marquée par les sacrifices liés à l’effort de guerre.
L’objectif affiché est précis : en finir avec le bricolage infrastructurel et offrir aux athlètes nationaux, toutes disciplines confondues, des standards internationaux d’ici à la fin de l’année 2027.
Fini le simple centre de regroupement. Le nouveau plan d’aménagement, qui s’étendra sur plus de huit hectares, prévoit de transformer le site en une cité sportive intégrée. L’élément central de cette mue architecturale repose sur la construction de deux tours d’hébergement de six niveaux (R+5).
La première tour, conçue comme un écrin de haut standing, proposera 57 suites doubles exclusivement réservées à l’équipe nationale A. La seconde, plus capacitaire, offrira 300 chambres standards destinées aux sélections de jeunes et aux autres fédérations. Toutefois, l’ambition dépasse largement le cadre de l’hôtellerie.
Le futur COMET intégrera un pôle médical et paramédical de pointe, essentiel à la récupération et au suivi des athlètes. Sur le plan purement sportif, le cahier des charges annonce des pelouses naturelles et synthétiques répondant aux strictes normes d’homologation de la FIFA, des courts de tennis ainsi qu’un bassin olympique complété par des espaces de balnéothérapie. Signe de l’ancrage du projet dans le sport moderne, une salle dédiée à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) sortira également de terre.
L’argent public placé sous l’œil vigilant
Cependant, le lancement de ce chantier colossal intervient dans un contexte économique national tendu. Le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, présent sur le site pour lancer les travaux, n’a pas manqué de le rappeler. Loin des discours protocolaires habituels, le chef du gouvernement a livré un message de fermeté à l’encontre des entreprises adjudicataires.
Rappelant que ces fonds colossaux proviennent de l’effort collectif des Burkinabè en pleine crise sécuritaire, il a également donné un ultimatum strict de quinze mois. L’injonction est claire : aucune tolérance ne sera accordée face aux malfaçons ou aux retards. L’exécutif promet d’ailleurs une inspection rigoureuse à l’échéance du contrat et exige des infrastructures capables de résister à l’épreuve du temps.
Ce lourd investissement, impulsé par la vision du président Ibrahim Traoré, ne se veut pourtant que la face visible de l’iceberg. Pour le gouvernement, couler du béton ne suffira pas à bâtir une « industrie du sport » pérenne.
Comme l’a souligné la ministre des Sports, Annick Pikbougoum/Zingue Ouattara, le COMET porte en lui une charge symbolique forte. Né dans le sillage de la Coupe d’Afrique des Nations 1998, une époque dorée pour le football burkinabè, le centre nécessitait urgemment cette cure de jouvence.
Cependant, les autorités préviennent que cette modernisation physique s’accompagnera bientôt d’un bouleversement institutionnel. Des réformes « profondes et courageuses » sont annoncées dans la gestion du sport au Burkina Faso. L’enjeu consiste à décentraliser la détection des talents vers les provinces et à structurer un écosystème où le sport ne sera plus seulement un loisir de passionnés, mais également un véritable vecteur de développement économique et d’unité nationale.
CONAKRY, 24 août 2026 — Un effondrement survenu dans la nuit de samedi à dimanche sur la décharge de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, a provoqué un lourd bilan humain. Les autorités guinéennes recensent provisoirement 30 morts, six blessés graves et 16 blessés légers, après de fortes pluies enregistrées dans la nuit.
Le drame s’est produit vers 2 heures du matin, alors que les fortes précipitations fragilisaient le site. L’effondrement a entraîné la destruction de plusieurs habitations et pris au piège des personnes qui se trouvaient dans le secteur.
Les secours engagés dans une course contre le temps
Dès les premières heures, les services de l’État ont déployé des équipes sur le site. Les opérations combinent recherche d’éventuels survivants, extraction des victimes et dégagement des corps.
Les Forces de défense et de sécurité, les services médicaux, la Croix-Rouge, les autorités administratives et locales ainsi que des habitants participent aux opérations. Les équipes poursuivent leurs recherches afin de déterminer si d’autres personnes restent ensevelies.
Cette mobilisation traduit l’urgence de la situation. Dans un secteur frappé par des pluies intenses, chaque intervention doit à la fois accélérer les recherches et limiter les risques pour les secouristes et les riverains.
Le gouvernement au chevet des victimes
Le Premier ministre et chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, s’est rendu sur place pour évaluer la situation et suivre directement le dispositif de secours. Au nom du président Mamadi Doumbouya et du gouvernement, il a présenté ses condoléances aux familles touchées et exprimé sa solidarité aux victimes.
Les autorités ont également organisé la prise en charge médicale des blessés. Le CHU de Donka accueille notamment les personnes nécessitant des soins, tandis que les services publics coordonnent l’assistance aux familles affectées.
Un drame qui pose la question de la sécurité des zones exposées
Par ailleurs, l’effondrement de Dar-es-Salam remet au premier plan les risques auxquels restent confrontées les populations installées à proximité de sites particulièrement vulnérables aux intempéries.
Les fortes pluies peuvent rapidement aggraver l’instabilité des terrains et transformer certains espaces en zones à risque élevé. Le drame souligne ainsi la nécessité d’une surveillance renforcée des secteurs exposés, d’une meilleure anticipation des épisodes pluviométriques et d’une capacité de secours immédiatement opérationnelle.
Pour l’heure, les opérations se poursuivent sur le terrain. Le gouvernement appelle les habitants à rester calmes, à faire preuve de solidarité et à respecter strictement les instructions des services de secours et des autorités. Le bilan communiqué dimanche reste provisoire et pourrait évoluer au fur et à mesure de la progression des recherches.