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USA: plan d’urgence de 8,3 milliards de dollars contre le coronavirus

Le Congrès américain a approuvé jeudi un plan d’urgence de 8,3 milliards de dollars pour financer la lutte contre le coronavirus qui se propage aux Etats-Unis, notamment dans l’ouest du pays, alors que le gouvernement se dit confiant dans sa capacité à endiguer l’épidémie.

Le Sénat s’est prononcé pratiquement à l’unanimité (une seule voix contre) en faveur de ce financement exceptionnel, issu d’un accord entre élus républicains et démocrates, qui avait été voté la veille par la Chambre des représentants.

« Le Congrès a montré une capacité de direction forte et décisive face au nouveau coronavirus », a affirmé le sénateur démocrate Patrick Leahy, saluant un texte préparé et approuvé par les deux camps « en neuf jours en raison de l’urgence ».

Le plan vise à améliorer l’action des pouvoirs publics dans « la prévention, la préparation et la réponse » face à l’épidémie, a-t-il ajouté. Il prévoit notamment de financer la recherche et le développement de vaccins, de traitements médicaux et en matière de diagnostic, ainsi que les services médicaux à distance ou des prêts à taux réduits pour les petites entreprises.

Plus de 180 personnes ont été contaminées par le Covid-19 qui a fait 11 morts, selon un bilan établi jeudi par l’AFP à partir des sources officielles américaines.

L’Etat de Washington (nord-ouest), où 10 morts ont été enregistrées, a indiqué que le nombre de contaminations avait plus que doublé en 24 heures, passant de 39 à 70.

En l’absence de directives des autorités de l’Etat, quelques écoles ont décidé de fermer pour faire des cours à distance.

A Seattle, plusieurs entreprises technologiques ont demandé à leurs salariés de passer au télétravail pour éviter la contamination.

– L' »intuition » de Trump –

Plus au sud, un paquebot de croisière était bloqué au large de la Californie, après la décision des autorités de cet Etat de procéder à des tests à bord où une vingtaine de cas suspects de coronavirus ont été détectés.

Le Grand Princess rentrait à San Francisco, venant de Hawaï après avoir interrompu son circuit suite à la découverte de symptômes chez certains de ses plus de 3.500 passagers et membres d’équipage.

Un homme de 71 ans qui voyageait à bord de ce paquebot durant une précédente croisière au Mexique est mort du Covid-19.

Le Grand Princess appartient à la compagnie Princess Cruises, qui possède également le Diamond Princess, placé en quarantaine en février au Japon avec plus de 700 contaminations, dont six mortelles.

Comme ailleurs dans le monde, le virus a eu raison de grands rassemblements. Une conférence sur la santé qui devait réunir plus de 40.000 personnes à Orlando, en Floride, a été annulée jeudi, quatre jours avant son ouverture prévue en présence du président Donald Trump.

Le gouvernement américain a pour sa part répété que le risque épidémique dans le pays restait « faible ».

Le ministre-adjoint de la Santé, Brett Giroir, a estimé le taux de mortalité du coronavirus entre 0,1 et 1% au maximum, en se basant sur les nombreux cas non détectés au niveau mondial.

La veille, Donald Trump avait critiqué le chiffre de 3,4% donné par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), affirmant que selon son « intuition », il était « faux ».

L’OMS base toutefois son estimation uniquement sur le nombre de cas confirmés.

« De nombreuses personnes ne tombent pas malades et ne se font pas tester (…) donc pour chaque cas, il y en a au moins deux ou trois qui ne sont pas répertoriés », a expliqué M. Giroir.

Le taux de mortalité « est probablement plus élevé que celui de la grippe saisonnière », qui est d’environ 0,1% selon les services de santé américains, « mais il n’est vraisemblablement pas autour de 2 à 3% », a affirmé le ministre-adjoint.

Dans le monde, l’épidémie a fait au moins 97.616 cas connus depuis le début de l’épidémie, dont 3.347 décès, dans 85 pays et territoires, selon le comptage de l’AFP.

Ouattara, un économiste au coeur des convulsions ivoiriennes

Alassane Dramane Ouattara entend laisser l’image d’un économiste bâtisseur, qui a pacifié la Côte d’Ivoire après une longue crise meurtrière, en annonçant son départ du pouvoir à l’issue de son second mandat fin 2020.

« Je n’ai certainement pas tout réussi, mais les résultats sont là (…). J’ai donné le meilleur de moi-même », a affirmé Alassane Ouattara jeudi, dans le cadre solennel de la réunion du Sénat et de l’Assemblée nationale en congrès à Yamoussoukro.

Lors de son discours, véritable bilan de ses dix années au pouvoir, « Ado », 78 ans, a assuré avoir hérité d’un pays « en lambeaux », et s’est targué d’avoir « ramené la paix et la sécurité » et « remis le pays au travail ».

Le président Laurent Gbagbo ayant refusé de reconnaître sa défaite dans les urnes, Alassane Ouattara était arrivé au pouvoir par les armes, grâce au soutien de l’armée française, ancienne puissance coloniale, et de la rébellion du Nord.

Il avait hérité d’un pays scindé en deux depuis 2002, aux tensions intercommunautaires à fleur de peau, à l’économie minée par les violences et les sanctions internationales.

Cet ancien haut dirigeant du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a su pendant ses dix ans à la présidence jouer de ses relations avec les Occidentaux et les bailleurs de fonds pour attirer à nouveau capitaux et investisseurs.

Alassane Ouattara a ainsi transformé la Côte d’Ivoire, menant notamment une ambitieuse politique de grands travaux.

« 80% de la population a accès à l’eau potable contre 55% en 2011 », a souligné jeudi le chef d’Etat, égrenant ses réalisations: « 40.000 km de route, 22 ponts, 7 universités 33.000 classes, 27 collèges et lycées, 10 nouveaux hôpitaux… ».

– Image de technocrate –

Mais ses détracteurs critiquent un « technocrate international sans âme », sans volonté sociale et ayant instrumentalisé la justice contre ses opposants.

Si la croissance économique est au rendez-vous, avec une moyenne de 8% depuis 2012, l’émigration clandestine vers l’Europe connaît ces dernières années une ampleur jamais vue.

Alassane Ouattara est aussi loin d’avoir jugulé la corruption, pourtant l’une de ses promesses de campagne.

Surtout, la question de la réconciliation reste posée, alors que la Cour pénale internationale (CPI) a acquitté Laurent Gbagbo, ouvrant la voie à un possible retour en Côte d’Ivoire si l’appel du parquet est rejeté.

« Entre les arrestations politiques des derniers mois et la possibilité qu’il se représente, les Occidentaux lui ont reproché de dériver vers la dictature…. Il a été surpris, vexé même. Persuadé que toutes ses décisions sont bonnes », soulignait fin janvier une source proche du pouvoir.

Né le 1er janvier 1942 à Dimbokro (centre), Alassane Ouattara a accompli la majorité de sa scolarité au Burkina Faso voisin.

Issu du nord du pays majoritairement musulman, il a longtemps été le symbole de la crise identitaire qui a déchiré la Côte d’Ivoire.

– « Ivoirité » –

Marié à une Française, il entre en 1968 au FMI et devient en 1983 vice-gouverneur de la BCEAO, dont il sera plus tard gouverneur.

En 1990, il est nommé Premier ministre par le président Félix Houphouët-Boigny, fonction qu’il exerce jusqu’à la mort du « Vieux » en 1993.

Redoutant ses ambitions, le camp du nouveau président Henri Konan Bédié tente de prouver l’inéligibilité de Ouattara, accusé d’être d’origine burkinabè. Commence ainsi un débat empoisonné sur l' »ivoirité », un concept nationaliste qui a participé à la montée des tensions communautaires.

Lors de la présidentielle de 2000, la candidature de Ouattara est ainsi rejetée pour « nationalité douteuse ».

Après un putsch manqué en 2002, la partition de la Côte d’Ivoire s’impose avec un sud tenu par le camp du président Laurent Gbagbo et un nord rebelle pro-Ouattara.

Sous la pression internationale, Laurent Gbagbo valide en 2005 la candidature Ouattara à la présidentielle, scrutin reporté jusqu’en novembre 2010 et suivi d’une crise qui fera plus de 3.000 morts.

Une offensive finale permet à « Ado » d’accéder au pouvoir le 11 avril 2011. Sa réélection triomphale en 2015 – plus de 83% des voix au premier tour – met fin à l’incessant débat sur sa légitimité.

En annonçant qu’il ne briguerait pas un troisième mandat controversé en 2020, il veut laisser l’image de l’homme qui a permis au pays de tourner la page de la crise. Son souhait ne sera exaucé que si la présidentielle d’octobre se déroule sans heurt, alors que des tensions demeurent dans le pays.

Migrants: la Grèce accusée de recourir à la manière forte

Refoulement en Turquie, utilisation de gaz lacrymogènes, confiscation de biens: la Grèce est accusée de recourir à la manière forte avec les migrants qui tentent d’entrer en Europe, et Ankara lui attribue même la mort de trois personnes.

« Des soldats grecs (…) nous ont pris notre argent, nos téléphones. Il est arrivé la même chose à nos amis », raconte Resul,un jeune Afghan, rencontré par l’AFP le long de la longue frontière terrestre qui sépare la Turquie et la Grèce sur plus de 200 km.

D’autres candidats malheureux à l’exil rencontrés sur les routes affirment qu’ils ont été rossés par les forces de l’ordre grecques, déjà montrées du doigt pour avoir utilisé des gaz lacrymogènes aux ogives potentiellement mortelles en cas de tir tendu sur une personne.

Depuis que le président turc Recep Tayyip Erdogan a ordonné l’ouverture des frontières pour laisser passer les migrants désireux de se rendre dans l’Union européenne, Athènes a complètement fermé sa frontière terrestre tout en déployant des forces le long du fleuve Evros.

Les pratiques présumées de « push-back », qui consistent à repousser les personnes qui voudraient entrer sur un territoire sont dénoncées par plusieurs organisations internationales et des ONG, qui reprochent également au gouvernement grec de contrevenir au droit international et européen en décidant de suspendre les demandes d’asile pendant un mois.

– Etat de siège –

De source gouvernementale grecque, on assure qu' »il n’y a pas de refoulements ». Le gouvernement « empêche l’entrée (sur son territoire ndlr), c’est tout à fait différent », a déclaré cette source à l’AFP.

Parmi les mesures décidées par le conseil gouvernemental de sécurité nationale détaillées dans un acte législatif, figurent « l’arrestation, le transfert dans des centres de détention et le retour immédiat, si c’est possible dans leur pays d’origine, de tous ceux qui entrent illégalement dans le territoire grec ».

« Le principe fondamental de non-refoulement » stipule que « personne ne peut être renvoyé dans un pays où sa vie ou sa liberté seraient en péril », a souligné mardi Stella Nanou, la responsable de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Grèce, lors d’une visite au poste-frontière de Kastanies (Pazarkule côté turc).

L’ONG allemande de défense des droits des réfugiés Pro Asyl a elle aussi tancé les autorités grecques, jugeant « illégaux » les renvois vers la Turquie « sans que les procédures d’asile n’aient été enclenchées ».

A la frontière, la région reculée de terres agricoles et de villages assoupis offre le spectacle d’une zone en état de siège: camions militaires et véhicules de police quadrillent la zone du nord au sud et d’est en ouest.

La Turquie accuse aussi les gardes-frontières grecs d’avoir tué trois migrants lors de heurts à la frontière, ce qu’Athènes a fermement démenti, rejetant des « fausses informations ».

– Chaussures et téléphones portables –

Des journalistes de l’AFP ont vu le long de la frontière des soldats grecs cagoulés embarquant des migrants dans des véhicules militaires. Certains réfugiés se trouvaient aussi à bord de fourgonnettes sans plaques d’immatriculation.

Les policiers et les militaires ont systématiquement refusé d’indiquer la destination de ces personnes interpellées.

« On les livre à la justice pour entrée illégale sur le territoire », se contente d’indiquer à l’AFP un policier qui refuse de décliner son identité, à Tychero, un bourg collé à la frontière.

Des forces de l’ordre grecques sont également soupçonnées d’avoir dépouillé des réfugiés de leurs effets personnels.

A Tychero, des paires de chaussures souillées de boue sont entassées à côté de l’entrée du poste de police, ainsi que des téléphones portables. De l’autre côté de la frontière, des migrants marchent pieds nus et affirment que les policiers grecs leur ont pris leurs chaussures.

Quand ils parviennent à entrer en Grèce, les migrants sont livrés à eux-mêmes. A la différence des îles de la mer Egée, aucune organisation humanitaire n’est déployée dans cette vaste région.

Virus: à La Mecque, le lieu le plus saint de l’islam déserté par les fidèles après sa fermeture

L’esplanade entourant la Kaaba, lieu le plus saint de l’islam situé au coeur de la Grande mosquée de La Mecque, était vide jeudi après avoir été désertée par les fidèles suite à la décision des autorités saoudiennes de la fermer « temporairement », une mesure inédite pour lutter contre le nouveau coranavirus.

Le royaume avait déjà décidé cette semaine de suspendre « temporairement » la Omra, le petit pèlerinage que les fidèles peuvent effectuer à tout moment de l’année, dans les villes saintes de La Mecque et Médine. Les fidèles étaient néanmoins toujours autorisés à s’y rendre pour leurs prières quotidiennes.

Ces décisions sont intervenues dans le cadre des mesures prises dans les pays du Golfe, qui ont annulé plusieurs rassemblements, festivals ou événements sportifs. Plus de 150 cas ont été enregistrés dans la région, dont cinq en Arabie saoudite.

« L’esplanade (de la Kaaba) est fermée temporairement par mesure de précaution afin d’empêcher la propagation du nouveau coronavirus », a déclaré à l’AFP un responsable au sein de l’organisme qui gère les lieux saints, qualifiant la décision de « sans précédent »

Les chaînes de télévision saoudiennes et des internautes ont diffusé des images d’un sol blanc immaculé autour de la Kaaba, structure cubique drapée dans une étoffe noire brodée d’or, un lieu généralement noir de fidèles.

« Il est étrange de voir l’esplanade de la Kaaba vide, mais l’islam a fait de l’auto-préservation l’un des objectifs de la charia », commente un internaute sur Twitter. Pour un autre, la décision des autorités est « triste mais nécessaire ».

Des millions de fidèles musulmans, venus du monde entier, se rendent à la Grande mosquée pour prier ou effectuer le pèlerinage, notamment en tournant autour de la Kaaba.

L’esplanade restera fermée pour les prières « durant tout le temps de la suspension de la Omra », a indiqué un autre responsable cité par l’agence officielle SPA.

Les autres parties de la Grande mosquée seront fermées « uniquement en dehors des heures de prière dans le but de mener des opérations de nettoyage et de stérilisation », a-t-il précisé.

Quelque 18,3 millions de personnes ont effectué le petit pèlerinage en 2018, selon les derniers chiffres officiels.

Le Hajj, ou le grand pèlerinage qui se déroule à une période déterminée, a attiré environ 2,5 millions de personnes en 2019.

Les autorités s’attendaient, avant la propagation du Covid-19, à accueillir 2,7 millions de fidèles en 2020, le Hajj devant se dérouler entre fin juillet et début août.

Un temps favorite, Elizabeth Warren abandonne la course à la Maison Blanche

Elle était la dernière femme pouvant encore peser dans la course à l’investiture démocrate. La sénatrice Elizabeth Warren a décidé d’abandonner la course à la Maison Blanche après une série de défaites cuisantes dans les premières étapes des primaires, confirmant le grand duel entre Bernie Sanders et Joe Biden.

« Je veux que vous l’entendiez de moi: je suspends aujourd’hui ma campagne présidentielle », a-t-elle indiqué jeudi par téléphone à son équipe de campagne selon un texte publié en ligne, sans indiquer si elle avait décidé de soutenir un autre candidat.

A 70 ans, la progressiste avait grimpé jusqu’au sommet des sondages à l’automne avant de retomber.

Elle n’a pas réussi à arriver en tête dans une seule de la vingtaine de primaires démocrates organisées à ce jour, essuyant des défaites particulièrement humiliantes dans l’Etat du Massachusetts qu’elle représente au Sénat et dans celui où elle a grandi, l’Oklahoma.

Elizabeth Warren doit s’exprimer devant la presse depuis le Massachusetts à 12H30 (17H30 GMT).

La sénatrice d’ordinaire combative était restée très silencieuse depuis la « super » journée électorale de mardi.

– Soutien courtisé –

« Le combat va peut-être prendre une nouvelle forme aujourd’hui, mais je ferai partie de ce combat, et je vous veux dans ce combat avec moi », a-t-elle indiqué jeudi à son équipe de campagne.

Le soutien de cette ancienne professeure en droit, pourfendeuse de Wall Street, qui dispose d’un grand réseau de volontaires et partisans très motivés, est désormais très courtisé.

La question est de savoir si elle donnera ou non ce soutien à l’un des deux candidats restants en mesure de remporter l’investiture: Bernie Sanders, avec lequel elle partage beaucoup d’idées marquées très à gauche, ou l’ex-président modéré Joe Biden, qui a récupéré sa position de favori ces derniers jours.

« La sénatrice Elizabeth Warren est la combattante la plus farouche pour les familles de la classe moyenne », a salué Joe Biden sur Twitter après l’annonce de son retrait. « Son travail à Washington, dans le Massachusetts, et sur le terrain de campagne a fait une réelle différence dans la vie des gens. Nous avions besoin de sa voix dans cette course. »

Elizabeth Warren avait été la première des grands candidats à entrer dans la course à la Maison Blanche, dès décembre 2018.

« Rêvons en grand, battons-nous fort, à nous de gagner! »: la foule, d’abord quelques centaines, puis des milliers, reprenait en coeur son cri de ralliement à travers les Etats-Unis.

Combative, très disciplinée dans sa campagne, elle se targuait d’avoir « un projet » pour toutes les grandes questions et espérait pouvoir rassembler les ailes gauche et plus centriste du parti.

Ancienne électrice républicaine, née de parents modestes, Elizabeth Warren a été visée sans relâche par les piques de républicains, Donald Trump en tête, sur les origines amérindiennes qu’elle a longtemps revendiquées et qui se sont révélées être en fait très diluées.

Le président républicain a d’ailleurs commenté rapidement son départ en employant de nouveau les sobriquets qu’il aime distribuer.

« Elizabeth +Pocahontas+ Warren, qui n’allait nulle part (…), vient juste de quitter la primaire démocrate… trois jours trop tard », a-t-il tweeté en affirmant qu’elle avait empêché ainsi Bernie Sanders de remporter plusieurs Etats.

Elle était la dernière femme figurant parmi les candidats favoris dans les primaires démocrates, dans une course qui avait pourtant débuté avec une diversité record chez les candidats.

-Sexisme? –

« Ce cycle électoral en particulier a soulevé des questions très légitimes sur les défis auxquels sont confrontés les femmes qui se présentent à la présidence des États-Unis », n’a pas manqué de pointer la sénatrice Kamala Harris, elle aussi ex-candidate à l’investiture démocrate.

Le sexisme a pesé sur la candidature de Mme Warren, estime aussi Jessica Valenti, une auteure féministe.

La première explication des commentateurs pour ses défaites va « probablement porter sur les craintes concernant sa capacité à être élue » face à M. Trump, écrivait-elle mercredi sur le site Medium. « Ne me dites pas que cela n’a rien à voir avec du sexisme. J’ai passé l’âge ».

D’autres affirment que ses attaques contre le milliardaire Michael Bloomberg lors des débats ont aussi pu lui coûter, certains la percevant comme « agressive » ou « méchante », ce qui n’aurait pas été le cas avec un homme.

« Je peux citer un milliardaire qui a été empêché d’acheter cette élection », s’est-elle pourtant targuée jeudi à ce sujet auprès de son équipe de campagne.

Afghanistan: Washington tente de maintenir le processus de paix sur les rails

Les Etats-Unis ont appelé jeudi à mettre fin « immédiatement » au « regain de violence » en Afghanistan qui a suivi la signature d’un accord historique avec les talibans, et à surmonter les obstacles pour l’ouverture de négociations de paix interafghanes.

Malgré la détérioration de la situation, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a réaffirmé sa confiance dans les chefs du groupe islamiste chassé du pouvoir à Kaboul en 2001 par Washington pour avoir refusé de rompre avec Al-Qaïda après les attentats du 11-Septembre.

« Nous pensons toujours que les dirigeants des talibans travaillent pour tenir leurs engagements », a-t-il dit lors d’une conférence de presse au département d’Etat, quatre jours après avoir assisté à la signature de l’accord de Doha et à cinq jours du début théorique de négociations directes inédites entre les rebelles et le gouvernement afghan.

Ce texte prévoit que les forces américaines et étrangères entament immédiatement leur retrait progressif, et que le dernier soldat quitte l’Afghanistan dans les 14 mois — à condition que les talibans tiennent leurs engagements en matière contreterroriste et que le dialogue interafghan progresse.

Pour autant, Mike Pompeo n’a pas nié la multiplication des attaques talibanes, qui ont poussé les Etats-Unis à mener une frappe aérienne contre les insurgés.

« Le regain de violence dans certaines parties de l’Afghanistan ces derniers jours est inacceptable », a protesté le secrétaire d’Etat. « La violence doit être réduite immédiatement pour que le processus de paix puisse aller de l’avant », a-t-il martelé.

Après une semaine de « réduction de la violence » globalement respectée préalablement à l’accord finalement signé samedi, les talibans ont repris leurs attaques contre les forces afghanes.

Les diplomates américains espéraient pourtant que cette trêve partielle perdurerait dans l’attente de l’ouverture, prévue le 10 mars probablement à Oslo, des négociations interafghanes, censées permettre de la transformer en cessez-le-feu permanent.

– « Echanges de prisonniers » –

Entre la signature et le 10 mars, « la réduction de la violence reste en vigueur », assurait ainsi un haut responsable américain la semaine dernière.

Mais dès lundi, les talibans ont annoncé la reprise des offensives contre les forces afghanes, tout en confirmant la trêve partielle avec l’armée américaine. Kaboul a ainsi dénombré mercredi 30 attaques talibanes sur les 24 heures précédentes, qui ont tué quatre civils et onze membres de forces de sécurité.

Les Etats-Unis savaient à l’avance « que le chemin serait semé embûches », a tenté de relativiser Mike Pompeo. Il a fait écho au secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg qui avait prévenu mercredi dans un entretien avec l’AFP que le processus serait « long et difficile », ponctué par des « déceptions ».

Washington est donc à la manoeuvre pour lever les obstacles un à un et éviter que ce processus de paix déraille. Et pour cause: cela empêcherait à Donald Trump, déjà en campagne pour sa réélection à la présidentielle de novembre, de tenir une de ses promesses phares, le retrait des forces américaines et la fin de la plus longue guerre de l’histoire des Etats-Unis après 18 ans de combats.

Fait exceptionnel, et impensable encore récemment, le président des Etats-Unis s’est personnellement entretenu mardi au téléphone avec le chef politique des talibans, Abdul Ghani Baradar, et a même vanté sa « bonne relation avec le mollah ».

Au-delà de la violence, le principal obstacle au dialogue interaghan est, dans l’immédiat, la libération de prisonniers prévue par l’accord entre les Américains et les talibans. Le texte prévoit, d’ici au 10 mars, un échange de prisonniers pouvant concerner jusqu’à 5.000 rebelles détenus par Kaboul et jusqu’à 1.000 détenus du camp adverse aux mains des insurgés.

Mais le président afghan Ashraf Ghani, dont le gouvernement a été tenu à l’écart des pourparlers de Doha, a rejeté dès dimanche toute libération de prisonniers avant même de s’asseoir à la table des négociations avec les talibans.

« Ce sont des documents âprement négociés: toutes les parties savent qu’il est temps de procéder aux échanges de prisonniers », a répondu le secrétaire d’Etat américain, appelant « toutes les parties à cesser de gesticuler ».

Il a précisé que son émissaire pour l’Afghanistan Zalmay Khalilzad était jeudi à Kaboul pour tenter de surmonter ces obstacles.

Un premier cas de coronavirus confirmé en Afrique du Sud

L’Afrique du Sud a annoncé jeudi avoir identifié un premier cas du nouveau coronavirus sur son territoire, un homme de 38 ans qui a récemment séjourné en Italie.

Cet homme et son épouse faisaient partie d’un groupe de dix personnes qui est rentré en Afrique du Sud dimanche, a précisé le ministre de la Santé Zweli Mkhize.

A son arrivée sur le territoire sud-africain, cet individu, dont la nationalité n’a pas été précisée, ne présentait pas de symptômes, selon le ministre. Mais mardi, il a consulté un médecin généraliste dans la province du KwaZulu-Natal (nord-est) à cause de fièvre, maux de tête, maux de gorge et toux.

Les tests ont révélé qu’il était porteur du nouveau coronavirus. Il s’agit du premier cas connu en Afrique australe. Après le Nigeria et le Sénégal, le pays est le troisième en Afrique subsaharienne à enregistrer un cas sur son sol.

Actuellement hospitalisé, « le patient est à l’isolement depuis le 3 mars », a ajouté le ministre en précisant que son médecin l’était également.

« Nous ne sommes qu’au début de tout ça », a prévenu le président Cyril Ramaphosa, appelant cependant la population à « ne pas paniquer ».

« Cela va se transformer en crise nationale et nous avons besoin de continuer d’informer la population. Cela va avoir un énorme impact sur de nombreuses choses », notamment les transports et l’économie qui est « dans une situation très précaire », a-t-il ajouté devant la presse.

L’Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, vient de replonger dans la récession, la deuxième depuis 2018.

Le pays doit évacuer dans les prochains jours quelque 180 de ses ressortissants de la ville chinoise de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie de coronavirus.

Aucun d’entre eux n’a été officiellement contaminé mais ils seront placés en quarantaine pendant trois semaines à leur arrivée en Afrique du Sud, selon les autorités.

Avant l’annonce de ce premier cas local, seuls deux citoyens sud-africains, membres d’équipage du navire de croisière placés en quarantaine au Japon, ont été contaminés par le coronavirus, selon Pretoria. Ils sont désormais considérés comme guéris et doivent rentrer prochainement en Afrique du Sud.

A l’échelle mondiale, près de 100.000 cas connus ou avérés de nouveau coronavirus ont été enregistrés depuis le début de l’épidémie, dont 3.300 décès, dans plus de 80 pays et territoires, selon un décompte de l’AFP.

Les principaux pays touchés sont la Chine continentale, la Corée du Sud, l’Italie et l’Iran.

Algérie/corruption: peines sévères requises en appel contre d’ex- dirigeants

La justice algérienne a requis jeudi de lourdes peines de prison à l’encontre d’anciens hauts dirigeants politiques, dont deux ex-Premiers ministres, et d’hommes d’affaires jugés pour corruption par la cour d’appel d’Alger.

Au coeur de ce procès figurent un scandale majeur dans l’industrie du montage automobile et, au delà, le financement illégal de la campagne électorale pour le cinquième mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika, poussé en avril 2019 à la démission sous la pression d’un mouvement de contestation inédit dans le pays.

C’est la première fois depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962 que sont jugés des dirigeants de ce rang. Il s’agit en outre du premier procès consécutif aux enquêtes lancées après la démission d’Abdelaziz Bouteflika.

Comme au procès en première instance en décembre, le procureur a réclamé 20 ans de prison ferme contre les deux principaux inculpés, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ex-chefs de gouvernement de M. Bouteflika, ainsi qu’une peine de 15 ans de prison ferme contre deux ex-ministres de l’Industrie, Mahdjoub Bedda et Youcef Yousfi, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Il a en outre requis 10 ans de prison ferme contre Ali Haddad, ex-président de la principale organisation patronale algérienne FCE et PDG du n°1 privé du BTP, considéré comme l’un des principaux financiers des dernières campagnes électorales de M. Bouteflika.

Et 10 ans contre deux autres hommes d’affaires, Ahmed Mazouz et l’ex-vice-président du FCE, Mohamed Baïri, tous deux propriétaires d’usines de montage de véhicules.

Le procureur a réclamé la confiscation de l’ensemble des biens des accusés, qui étaient présents au tribunal.

Depuis dimanche, au total une vingtaine de personnalités -ex-responsables politiques, puissants patrons et hauts fonctionnaires- sont jugées en appel.

Ces personnalités sont poursuivies pour le financement « occulte » de la dernière campagne électorale de M. Bouteflika, début 2019, et pour favoritisme dans l’industrie automobile via des partenariats entre marques étrangères et grands groupes algériens, souvent propriétés d’hommes d’affaires liés à l’entourage de l’ex-président.

Les groupes agréés par les autorités ont bénéficié d’importantes subventions et de substantiels avantages fiscaux, malgré un cahier des charges rarement respecté.

« Les usines de montage sont des ateliers de gonflage de pneus tandis que de simples commerçants sont devenus des industriels », a accusé le représentant du ministère public dans son réquisitoire.

En première instance, M. Ouyahia, 67 ans avait écopé de 15 ans de prison, et M. Sellal, 71 ans, de 12 ans. Mahdjoub Bedda et Youcef Yousfi avaient été condamnés à 10 ans d’emprisonnement et l’industriel Ali Haddad à sept ans.

Les principaux accusés ont rejeté les charge retenues contre eux.

Cinq accusés en fuite ont été condamnés par contumace et ne sont pas rejugés.

Nouveau coronavirus: trois morts en Irak, école à distance et prière du vendredi annulée

Au lendemain de l’annonce des trois premiers morts du nouveau coronavirus en Irak, Bagdad a annoncé le lancement de l’école en ligne et la suspension du commerce avec l’Iran voisin, son deuxième exportateur où l’épidémie a officiellement fait plus de 100 morts.

Le ministère de la Santé irakien affirme avoir recensé 35 cas de contamination, quasiment tous des Irakiens de retour d’Iran, un des plus importants foyers de la maladie après la Chine.

En Irak, écoles, universités, salles de cinéma et autres lieux publics sont officiellement fermés depuis une semaine, même si de nombreux restaurants, centres commerciaux et cafés sont toujours bondés.

Alors que le retour sur les bancs de l’école –prévu normalement dimanche, premier jour de la semaine en Irak– semble de plus en plus compromis, le ministère de l’Education a appelé instituteurs et enseignants du secondaire à dispenser les cours en ligne.

Au même moment, l’autorité en charge des postes-frontières annonçait que le commerce avec l’Iran –qui exporte vers l’Irak chaque année pour neuf milliards de dollars de biens, allant des voitures aux tomates en passant par l’électroménager– était interrompu pour une semaine au moins.

Les deux voisins entretiennent des liens économiques, commerciaux, politiques et religieux très étroits. Mais l’Irak n’autorise plus depuis le mois dernier le passage des personnes –à l’exception des Irakiens rentrant au pays– via la frontière avec l’Iran, ainsi qu’avec le Koweït.

– Lieux saints chiites –

L’Irak redoute particulièrement une épidémie dans les lieux saints chiites, où des pèlerinages réunissent des millions de fidèles venus notamment d’Iran.

Si plusieurs mausolées ont ainsi fermé leurs portes, les dignitaires religieux s’invectivent mutuellement sur le droit ou pas de fermer des lieux de culte.

Le leader chiite Moqtada Sadr a ainsi personnellement poussé à rouvrir le mausolée de l’imam Ali à Najaf, alors que les autorités religieuses de Kerbala ont annoncé une mesure inédite: l’annulation de la prière collective du vendredi dans ce haut lieu saint du chiisme mondial, pour éviter un rassemblement trop important et le risque de contagion.

Les voyages en Iran sont déjà interdits, de même que désormais vers huit autres Etats –dont la Chine, le Koweït, le Bahreïn ou l’Italie par exemple.

Chaque année, des millions d’Irakiens se rendent en Iran pour du tourisme ou se faire soigner, tant le système de santé irakien est indigent –le pays compte, selon l’OMS, moins de 10 médecins pour 10.000 habitants.

Bagdad a annoncé jusqu’ici trois morts, toutes survenues mercredi. Deux décès dans la capitale: une personne qui souffrait de « déficiences immunitaires » et une autre, « âgée de 65 ans et souffrant de diverses pathologies ». Et un troisième à Souleimaniyeh, au Kurdistan autonome.

Un imam de 70 ans qui souffrait de problèmes cardiaques et respiratoires y est mort en quarantaine, selon des sources médicales.

– Prime aux soignants –

Les autorités religieuses de Souleimaniyeh ont interdit jusqu’à nouvel ordre les prières collectives, dont celle du vendredi. Le gouverneur de la ville, Haval Abou Bakr, a annoncé l’interdiction de tout rassemblement dans la province.

Le Salon du livre de Bagdad, très fréquenté chaque année, a été reporté sine die, tandis que les visites aux détenus ne sont plus autorisées à leurs familles.

En outre, de nombreuses administrations –comme celle en charge des permis de conduire ou des titres de séjour– sont quasiment totalement fermées au public et les tribunaux ont annulé de nombreuses audiences, selon l’agence officielle irakienne.

Et la Banque centrale a appelé la population à utiliser des moyens de paiement électroniques plutôt que les billets pouvant être vecteurs d’infection, une consigne qui risque d’être très peu suivi dans un pays où seuls 10% de la population possèdent un compte bancaire.

Dans ce pays de 40 millions d’habitants en pénurie chronique de médecins, de médicaments et d’hôpitaux, la polémique enfle avec de nombreux Irakiens partageant des récits d’hôpitaux ayant refusé des patients disant présenter des symptômes similaires à ceux du nouveau coronavirus.

Jeudi, le ministère de la Santé a annoncé des primes mensuelles de 500.000 dinars irakiens, soient 375 euros, pour le personnel s’occupant de personnes ayant contracté le Covid-19.

Coronavirus: le monde sportif de plus en plus inquiet

Le monde du sport dans l’incertitude. Plusieurs nouvelles annulations, reports et autres forfaits par précaution, causés par l’épidémie de nouveau coronavirus, sont à nouveau venus perturber jeudi le calendrier sportif, faisant craindre pour la tenue des prochains grands rendez-vous internationaux.

Jeudi en début d’après-midi, le match du Tournoi des six nations Italie-Angleterre, prévu à Rome le 14 mars, a été reporté à une date indéterminée.

C’est la deuxième rencontre du Tournoi reportée, après celle prévue initialement samedi 7 mars à Dublin entre l’Irlande et l’Italie, où se trouve le premier foyer européen de l’épidémie de Covid-19, qui a fait dans ce pays 107 morts pour plus de 3.000 cas.

Cette annonce a été faite au lendemain des mesures décidées par le gouvernement italien pour lutter contre l’extension de l’épidémie dans la péninsule. Afin d’éviter au maximum rassemblements et foules, les autorités ont publié mercredi un décret selon lequel toutes les compétitions sportives, notamment les matches de Serie A de football, devront se tenir à huis clos jusqu’au 3 avril.

– Principe de précaution –

Mais plusieurs organisateurs d’évènements sportifs ont pris l’initiative d’aller encore plus loin, au nom du principe de précaution.

La course cycliste des Strade Bianche, prévue samedi à Sienne, a ainsi été purement et simplement annulée après une réunion entre les organisateurs et les autorités locales.

Cette décision intervient également après le forfait ces deux derniers jours de plusieurs équipes, comme Mitchelton, EF, Jumbo, et Groupama-FDJ, souhaitant protéger leurs cyclistes de possibles risques de contamination.

Jeudi, d’autres formations cyclistes ont elles étendu ces retrait à l’ensemble des courses italiennes.

C’est le cas de l’équipe françaises AG2R La Mondiale, qui ne concourra pas sur l’ensemble des compétitions de la péninsule jusqu’à Milan-Sanremo le 21 mars.

« En tant que chef d’entreprise, je ne peux pas engager la santé et l’intégrité de notre personnel alors que la situation sanitaire est instable en Italie et que de nombreuses interrogations, légitimes, se sont exprimées au sein de l’équipe », a déclaré Vincent Lavenu, le patron d’AG2R.

L’équipe kazakhe Astana a elle carrément décidé de renoncer à l’ensemble des courses jusqu’au 20 mars. Cela inclut donc aussi Tirreno-Adriatico (11-17 mars en Italie) et Paris-Nice (8-15 mars en France).

Ces retraits en série pourraient entraîner l’annulation pure et simple de ces épreuves, non pas en raison de l’épidémie ou des mesures prises par les autorités, mais tout simplement faute d’un nombre de concurrents suffisants.

Astana est ainsi la troisième équipe à annoncer qu’elle ne participera pas à Paris-Nice, une course dont la ministre des Sports française Roxana Maracineanu avait pourtant confirmé le maintien mardi, l’épreuve ne passant pas par des zones à risques et ne devant pas attirer plus de 3000 personnes en même temps au même endroit.

– l’Afrique en alerte –

En Afrique, zone pour le moment relativement épargnée par l’épidémie, les autorités prennent les devants.

Le Maroc a notamment restreint les rassemblements culturels et sportifs, interdisant toutes les manifestations « avec une participation de personnes venant de l’étranger » et celles rassemblant plus de 1.000 personnes. La Fédération royale marocaine de football (FRMF) a déjà imposé le huis clos pour tous les matches de football, toutes compétitions et toutes catégories, pour « la sécurité des joueurs, des entraîneurs et des supporteurs ».

Pour beaucoup d’épreuves sportives prévues dans le monde dans les prochaines semaines, c’est désormais l’incertitude qui règne.

Ainsi, le 8e de finale retour de Ligue des champions Juventus – Olympique lyonnais, programmé le 17 mars, aura-t-il lieu et dans quelles conditions ? Pour le moment, personne ne sait, pas même les principaux concernés.

Logiquement, en vertu du décret pris mercredi par les autorités italiennes, il devrait se dérouler à huis clos, mais mercredi, l’OL a annoncé que pour le moment, l’information n’avait pas été confirmée « ni par l’UEFA, ni par la Juventus ».

Les prochains matches de qualification au Mondial-2022 de la zone Asie pourraient eux se voir reportés, après une proposition faite en ce sens jeudi par la Fifa.

Et qu’en sera-t-il pour les classiques cyclistes belges qui débutent à la fin du mois ? Jeudi, 27 nouveaux cas de patients positifs au Covid-19 ont été détectés en Belgique, portant le nombre de cas à 50.

Le président ivoirien Alassane Ouattara va passer la main

Le président ivoirien Alassane Ouattara, qui entretenait depuis des mois le mystère sur son éventuelle candidature à un troisième mandat, a créé la surprise jeudi en annonçant qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle en octobre 2020.

« Je vous annonce solennellement que j’ai décidé de ne pas être candidat à la présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération », a-t-il lancé devant les parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale réunis en Congrès extraordinaire.

Elus et observateurs attendaient une annonce sur la révision constitutionnelle promise depuis des mois et qui générait rumeurs et fantasmes. Finalement, cette révision ne comporte que des points mineurs (nomination du vice-président après l’élection et non un ticket pour le scrutin, aménagements juridiques…).

Mais le président a profité du cadre symbolique de Yamoussoukro et de la réunion de deux chambres pour une annonce qui a pris tout le monde de court, dans un continent où de nombreux présidents s’accrochent au pouvoir le plus longtemps possible.

La Guinée, pays voisin, est ainsi secouée par des violences, autour de la volonté prêtée au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat à la fin de l’année.

La Constitution ivoirienne n’autorise que deux mandats, mais M. Ouattara, 78 ans, élu en 2010, puis réélu en 2015, estimait avoir le droit de se représenter en raison du changement de Constitution en 2016, ce que contestait l’opposition.

Le débat est désormais clos. L’annonce faite au terme d’un discours d’une trentaine de minutes a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements de la part des élus mais aussi de centaines d’élèves et étudiants invités au Congrès.

« Prési! Prési! Merci! Merci! », ont scandé des jeunes.

– L’opposition satisfaite –

« On est content qu’il laisse la place à la jeune génération. C’est un homme de parole. Je suis fier de mon président même si je ne suis pas un de ses partisans », a affirmé Daouda Bakayoko, élève-maître au Cafop (équivalent de l’Ecole Normale) de Yamoussoukro.

L’annonce d’Alassane Ouattara a été saluée dans les rangs de l’opposition.

« C’est une bonne décision qui permet au président Ouattara de sortir la tête haute de sa carrière politique. C’est un acte important qui permet d’apaiser l’environnement, de clarifier le jeu politique et d’offrir l’opportunité à la nouvelle génération de faire ses preuves », a ainsi affirmé l’opposant Pascal Affi Nguessan, ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo.

« Le message est aussi adressé à tous les hommes politiques de sa génération. Il appartient à chaque leader politique et surtout ceux de sa génération de se déterminer. C’est un défi qu’il leur a lancé et j’espère qu’ils seront à la hauteur », a poursuivi M. Nguessan, ne cachant pas « espérer être celui qui va prendre la relève ».

Depuis la mort du « père fondateur » de la Côte d’Ivoire Felix Houphouet Boigny en 1993, la vie politique était dominé par le trio de rivaux: Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié (président 1993-1999) et Laurent Gbagbo (2000-2010).

Henri Konan Bédié, qui aura 86 ans lors du scrutin n’a pas écarté l’idée de se présenter. Et le destin de Laurent Gbagbo, qui en aura 75, est lié à la décision de la Cour pénale internationale qui doit statuer sur son sort.

– « Entre tristesse et respect » –

Au Parti démocratique de Côte d’Ivoire(PDCI) de Konan Bédié on se dit aussi satisfait: « Le président a libéré toute le monde. Il faut savoir faire la passe », a affirmé la députée Véronique Aka.

Le climat politique est tendu en Côte d’Ivoire avant la présidentielle d’octobre. Elle se tiendra dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président en place, Laurent Gbagbo, de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara, qui avait fait 3.000 morts.

Pour le moment, l’ancien Premier ministre Guillaume Soro, 47 ans, ex-chef de la rébellion pro-Ouattara, mais devenu un de ses adversaires, est le seul à s’être déclaré candidat à la présidentielle. Accusé de complot, sous le coup d’un mandat d’arrêt en Côte d’Ivoire, il vit actuellement en France.

Dans le camp du président, certains qui espéraient voir Alassane Ouattara briguer un troisième mandat pleuraient ouvertement dans l’immense hall de la Fondation Houphouet-Boigny.

Le ministre Mamadou Touré, porte-parole adjoint du gouvernement s’est dit « partagé entre tristesse et respect ».

« Alassane Ouattara c’est 25 années de notre histoire, un combat difficile avec des militants tués, des moments forts, la victoire en 2010. Ouattara, c’est des performances économiques et sociales et beaucoup avaient le sentiment qu’il devait parachever le travail », a-t-il estimé.

« C’est une décision personnelle que nous respectons », a-t-il toutefois ajouté. « C’est aussi une leçon pour l’ensemble de la classe politique ivoirienne: il faut savoir céder la place. Et c’est un message qui fera écho sur le continent africain ».

Le président ivoirien Alassane Ouattara ne briguera pas un troisième mandat

Le président ivoirien Alassane Ouattara, qui entretenait depuis des mois le mystère sur son éventuelle candidature à un troisième mandat, a annoncé jeudi à Yamoussoukro qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle en octobre 2020.

« Je vous annonce solennellement que j’ai décidé de ne pas être candidat à la présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération », a-t-il lancé devant les parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale réunis en Congrès extraordinaire.

Cette annonce faite au terme d’un discours d’une trentaine de minutes a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements de la part des élus mais aussi de centaines d’élèves et étudiants invités au Congrès.

« Prési! Prési! Merci! Merci! », ont scandé des jeunes.

La Constitution ivoirienne n’autorise que deux mandats, mais M. Ouattara, 78 ans, élu en 2010, puis réélu en 2015, estimait avoir le droit de se représenter en raison du changement de Constitution en 2016, ce que contestait l’opposition.

– L’opposition satisfaite –

« On est content qu’il laisse la place à la jeune génération. C’est un homme de parole. Je suis fier de mon président même si je ne suis pas un de ses partisans. Je suis fier qu’on fasse confiance à la jeunesse », a affirmé Daouda Bakayoko, élève-maître au Cafop (équivalent de l’Ecole Normale) de Yamoussoukro.

La décision d’Alassane Ouattara a été saluée dans les rangs de l’opposition.

« C’est une bonne décision qui permet au président Ouattara de sortir la tête haute de sa carrière politique. C’est un acte important qui permet d’apaiser l’environnement, de clarifier le jeu politique et d’offrir l’opportunité à la nouvelle génération de faire ses preuves », a ainsi affirmé l’opposant Pascal Affi Nguessan, ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo.

« Le message est aussi adressé à tous les hommes politiques de sa génération. Il appartient à chaque leader politique et surtout ceux de sa génération de se déterminer. C’est un défi qu’il leur a lancé et j’espère qu’ils seront à la hauteur », a poursuivi M. Nguessan, ne cachant pas « espérer être celui qui va prendre la relève ».

L’ancien président Henri Konan Bédié, qui aura 86 ans lors du scrutin n’a pas écarté l’idée de se présenter. Et le destin de Laurent Gbagbo, qui en aura 75, est lié à la décision de la Cour pénale internationale qui doit statuer sur son sort.

Le climat politique est tendu en Côte d’Ivoire avant la présidentielle d’octobre. Elle se tiendra dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président en place, Laurent Gbagbo, de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara, qui avait fait 3.000 morts.

– « Entre tristesse et respect » –

Les élections municipales et régionales de 2018 ont été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Pour le moment, l’ancien Premier ministre Guillaume Soro, 47 ans, ex-chef de la rébellion pro-Ouattara, mais devenu un de ses adversaires, est le seul à s’être déclaré candidat à la présidentielle. Accusé de complot, sous le coup d’un mandat d’arrêt en Côte d’Ivoire, il vit actuellement en France.

Dans le camp du président, certains qui espéraient voir Alassane Ouattara briguer un troisième mandat ont fait part d’une certaine déception, comme le ministre Mamadou Touré, porte-parole adjoint du gouvernement, « partagé entre tristesse et respect ».

« Alassane Ouattara c’est 25 années de notre histoire, un combat difficile avec des militants tués, des moments forts, la victoire en 2010. Ouattara, c’est des performances économiques et sociales et beaucoup avaient le sentiment qu’il devait parachever le travail », a-t-il ainsi estimé.

« C’est une décision personnelle que nous respectons », a-t-il toutefois ajouté. « C’est aussi une leçon pour l’ensemble de la classe politique ivoirienne: il faut savoir céder la place. Et c’est un message qui fera écho sur le continent africain », a-t-il conclu.

Egypte: la plus vieille pyramide encore debout rouvre après rénovation

La pyramide du pharaon Djoser à Saqqara, vieille de 4.700 ans et considérée comme la plus ancienne encore visible en Egypte, a rouvert au public jeudi au sud du Caire après plusieurs années de rénovation, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Nous rouvrons aujourd’hui, après sa restauration, la plus ancienne pyramide encore debout en Egypte », a déclaré, lors d’une cérémonie jeudi au pied de la célèbre pyramide à degrés, le ministre des Antiquités et du Tourisme Khaled el-Enany.

Il s’agit également du « premier édifice entièrement construit en pierre du monde », selon le ministre.

Le projet de rénovation de ce monument avait débuté en 2006 avant d’être interrompu « pour des raisons sécuritaires » liées à la révolte populaire de 2011. Il avait repris en 2013, selon Ayman Gamal Eddine, responsable du projet au ministère des Antiquités.

Le coût total des travaux de restauration s’élève à 104 millions de livres égyptiennes, soit six millions d’euros, selon le gouvernement égyptien.

Située à 20 km au sud du Caire, la pyramide domine une vaste nécropole dans la région de Memphis, première capitale égyptienne.

Haut d’environ 60 mètres et doté de six étages, ce monument a été construit vers 2.700 avant J.-C. par le célèbre architecte Imhotep, au-dessus d’une cavité profonde de 28 mètres abritant une tombe de granit rose.

« Les premiers à s’être intéressés à la préservation la pyramide étaient les dirigeants de la 26e dynastie » au VIIe et VIe siècles avant notre ère, a indiqué à l’AFP M. Gamal Eddine, montrant aux premiers visiteurs les poutres en bois millénaires qui soutiennent, par endroits, le plafond de l’édifice.

Les travaux avaient été rendus nécessaires après qu’un séisme eut endommagé considérablement l’intérieur de la pyramide en 1992.

En 2014, une polémique avait éclaté lorsque des médias égyptiens avaient fait état d’informations selon lesquelles la pyramide de Djoser avait été détériorée par les travaux de rénovation.

Des ONG égyptiennes avaient alors critiqué ces travaux, estimant qu’ils altéraient l’aspect originel du monument.

« Jusqu’en 2015, les experts de l’Unesco ont présenté des rapports critiques du projet de restauration, nous avons depuis repris les travaux conformément aux normes de l’Unesco. En 2018, l’Unesco nous a présenté des rapports positifs », a assuré jeudi M. Enany.

– Attirer les touristes –

Le site, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979, constitue la première nécropole familiale d’Egypte, une pratique introduite par le pharaon Djoser.

Sur cette même nécropole de Saqqara, les autorités égyptiennes avaient dévoilé en avril 2019 une tombe ornée de reliefs colorés et d’inscriptions bien préservées, appartenant à un noble de la Ve dynastie (entre 2.500 et 2.300 avant J.-C.).

Ces dernières années, les autorités ont considérablement renforcé leur communication autour des découvertes archéologiques dans l’espoir d’attirer de nouveau les touristes qui ont déserté l’Egypte en raison des troubles liés à la révolte de 2011.

Les sites archéologiques constituent pour l’Egypte un argument majeur face à la concurrence d’autres destinations touristiques, et dans ce contexte, M. el-Enany, ministre des Antiquités depuis 2016, a également obtenu en décembre dernier le porte-feuille du Tourisme.

« Nous travaillons dur à construire une nouvelle Egypte (…) et la restauration de notre patrimoine figure en tête de nos priorités », a souligné le Premier ministre Mostafa Madbouli, présent jeudi à la cérémonie, en rappelant les nombreux projets gigantesques lancés par son gouvernement.

Parmi eux, se trouvent la construction de la nouvelle capitale administrative et du Grand Musée Egyptien (GEM), tous deux censés être inaugurés fin 2020.

De pestiféré à conseiller: Pékin propose son aide face au virus

Retour d’expérience, envoi de matériel: la Chine, devenue aux yeux du monde l’épicentre de l’épidémie de Covid-19, veut changer son image en proposant son aide et son expertise à des pays étrangers de plus en plus touchés.

Pointée du doigt comme étant la source du coronavirus, elle a subi comme ses ressortissants un certain ostracisme ces dernières semaines, mais offre désormais experts, conseils et tests de dépistage à la communauté internationale.

Un vice-ministre des Affaires étrangères a indiqué jeudi que la Chine avait déjà partagé son expérience en matière de traitement des malades avec « un grand nombre » de pays.

Une équipe d’experts a été dépêchée en Iran –l’un des principaux foyers à l’étranger avec la Corée du Sud et l’Italie–, acheminant 5.000 kits de dépistage et 250.000 masques.

Du matériel de test a aussi été expédié au Pakistan, au Japon et dans certains pays d’Afrique, selon un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

« Tout en poursuivant notre travail de prévention en Chine (…) nous fournirons, dans la limite de nos capacités, un soutien aux pays étrangers », a-t-il déclaré cette semaine.

Au moment où le nombre de nouvelles contaminations chute en Chine et grimpe à l’international, les autorités sanitaires sont vigilantes face à l’arrivée dans le pays de personnes infectées venues de l’étranger.

Vingt d’entre elles ont été recensées jusqu’à présent, dont certaines originaires d’Italie et d’Iran.

Plusieurs villes dont Pékin imposent des quarantaines de 14 jours aux personnes venant des pays les plus touchés. Et la province du Hubei (centre), épicentre de l’épidémie, reste coupée du monde depuis fin janvier.

– Guide en persan –

Signe d’une inversion de tendance: s’il y a un mois encore, ce sont les étrangers qui se pressaient pour évacuer leurs ressortissants du Hubei, c’est la Chine qui a rapatrié cette semaine 146 de ses citoyens depuis l’Iran.

Les autorités sanitaires chinoises ont partagé leurs conseils techniques via visioconférence avec l’Union européenne (UE) et des pays comme l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, l’Arménie ou le Turkménistan.

Un guide des bonnes pratiques a également été traduit en persan, langue officielle en Iran, et proposé en téléchargement gratuit.

Par ailleurs, la Chine, en pénurie de fournitures médicales le mois dernier, notamment de masques, a depuis massivement repris la production dans ses usines.

Selon le ministère de l’Industrie, la production de combinaisons de protection excède désormais la demande. Au point qu’il encourage les entreprises à exporter.

La Chine va continuer à « revendiquer une forme d’autorité » sur l’épidémie au nom de ses réalisations, selon la sinologue Dorothy Solinger, de l’Université de Californie.

« Le souci, c’est que la plupart des pays ne peuvent pas commander à leur population comme le gouvernement chinois. Il est donc peu vraisemblable que la Chine devienne véritablement un modèle. »

– ‘Propagande’ –

Le gouvernement a fait l’objet d’un torrent de critiques sur les réseaux sociaux après qu’un médecin du Hubei, réprimandé par la police pour avoir alerté les autorités sur le coronavirus, est décédé de la maladie en février.

Les autorités locales ont également été critiquées pour la lenteur de leur réaction.

Mais les médias profitent aujourd’hui du reflux des nouvelles contaminations dans le pays pour louer le système politique chinois.

« Il serait impossible pour les pays européens d’adopter les mesures radicales que la Chine a prises », a souligné le tabloïd nationaliste Global Times dans un récent éditorial.

Pékin cherche à montrer « que son système de gouvernance est meilleur que celui des démocraties occidentales », estime Yun Jiang, chercheuse à l’Université nationale australienne.

« La propagande s’est concentrée sur ce qu’elle présente comme un avantage compétitif du pays », avec notamment « la construction très rapide d’hôpitaux et la brusque mise sous cloche de villes », souligne Mme Yun.

Selon elle, si d’autres pays peinent à endiguer la maladie Covid-19, la Chine aura tout loisir de souligner que les critiques initiales sur sa gestion de la crise étaient peut-être injustifiées.

« Ce serait une bénédiction pour elle dans sa campagne de communication », juge Mme Yun.

Coronavirus: 107 morts en Iran, écoles et universités fermées pour un mois

Ecoles et universités vont être fermées pour un mois pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus en Iran, où le bilan officiel de l’épidémie se monte jeudi à 107 morts.

« Ecoles et universités seront fermées jusqu’à la fin de l’année » iranienne, le 19 mars, a déclaré le ministre iranien de la Santé, Saïd Namaki, lors d’un point de presse télévisé.

Le 19 mars, débutent les vacances du Nouvel An persan qui durent cette année jusqu’au 3 avril. Depuis une dizaine de jours, les universités étaient déjà fermées à l’échelle nationale, tout comme les écoles de plusieurs provinces.

Ces congés sont traditionnellement l’occasion de retrouvailles familiales qui mettent tout l’Iran sur les routes.

« Mais les gens ne doivent pas considérer (la fermeture des établissements scolaires et universitaires) comme une occasion de voyager », a averti M. Namaki.

Au contraire, « ils devraient rester chez eux et prendre nos avertissements au sérieux », a-t-il ajouté. « Ce virus est très contagieux. C’est sérieux, ne jouez pas avec ça. »

Parlant à la suite de M. Namaki, le porte-parole du ministère Kianouche Jahanpour a annoncé le décès de 15 personnes supplémentaires infectées par le nouveau coronavirus.

Cela porte le bilan officiel de l’épidémie à 107 morts dans le pays, sur un total de 3.513 cas.

Par rapport à mercredi, 591 nouveaux cas de personnes contaminées ont été confirmés, a indiqué M. Jahanpour, précisant que « jusqu’à aujourd’hui, des prélèvements ont été réalisés sur 23.327 » personnes soupçonnées d’avoir été infectées par la maladie Covid-19.

« Mais il y a une bonne nouvelle: le taux de guérison augmente », a encore déclaré le porte-parole, en annonçant qu’au total 739 personnes s’étaient débarrassées de la maladie.

Selon les dernières données du ministère, l’épidémie de pneumonie virale partie de Chine touche désormais toutes les provinces du pays. Les quatre provinces les plus touchées sont celles de Téhéran (1.352 personnes contaminées), Qom (centre, 386 cas), Gilan (nord, 333), Ispahan (centre, 238).

Coronavirus: huis clos pour tous les matches de foot au Maroc

Tous les matches de football, pour toutes les compétitions et toutes les catégories, se joueront désormais à huis clos de manière préventive en lien avec l’épidémie mondiale de nouveau coronavirus, a-t-on appris jeudi auprès de la Fédération royale marocaine (FRMF).

Cette décision vise à « veiller à la sécurité des joueurs, des entraîneurs et des supporteurs », selon un communiqué de la FRMF publié sur son site internet.

Le royaume, où le football est le sport numéro un, a fait état jeudi d’un deuxième cas confirmé de contamination.

Plusieurs manifestations publiques, comme le salon annuel de l’agriculture ou une compétition de judo, ont été annulées par précaution ces derniers jours.

De plus, les annulations liées au risque sanitaire commencent à peser sur le secteur touristique, selon la presse marocaine.

Les autorités s’efforcent dans le même temps de lutter contre la multiplication des « fake news » concernant l’épidémie sur les réseaux sociaux et plusieurs personnes ont été arrêtées à ce sujet ces derniers jours.

A la frontière gréco-turque, des citoyens patrouillent pour « éviter l’invasion » de migrants

A la nuit tombée, dans le village de Poros, dans le Nord-Est de la Grèce, les tracteurs sont à l’arrêt et les rues désertes. Sakis, vêtu d’un treillis militaire, se rend le long du fleuve Evros, à la frontière avec la Turquie, « pour défendre les portes de la Grèce et de l’Europe ».

Au bout de ce petit bourg agricole, le fleuve, relativement étroit, reste un point privilégié de passage des réfugiés entrant en Grèce. Depuis la décision de la Turquie d’ouvrir ses portes, le 28 février, policiers lourdement équipés, agriculteurs, éleveurs, chasseurs et pêcheurs bloquent tout accès.

Rassemblés autour d’un feu improvisé, ils veulent « éviter l’invasion », explique Sakis, un agriculteur de 38 ans. Fusil de chasse sur le dos, l’heure est venue de quadriller le secteur.

« J’ai très peu dormi depuis. Jour et nuit, je fais des rondes avec ma voiture sur le chemin longeant le fleuve pour observer si des barques tentent d’accoster sur le rivage grec », raconte-t-il, épuisé.

Dès qu’un migrant est repéré, la police ou l’armée est avertie et l’exilé est embarqué. Giokas Xanthos s’adonne à la pêche régulièrement sur l’Evros et connaît les points sensibles où les passeurs lâchent les migrants: « nous avons une connaissance parfaite du terrain qui peut être utile aux autorités ».

Encore hantée par la crise migratoire de 2015, la population locale sombre dans une rhétorique xénophobe, guerrière, et s’organise pour que les frontières grecques restent hermétiques.

« Avec un voisin comme la Turquie, nous vivons avec une menace permanente. Nous avons besoin d’une aide concrète de l’Europe et pas seulement de promesses », estime le maire de Poros, Athanassios Pemoussis, qui a appelé ses concitoyens à « soutenir les forces de l’ordre grecques dans un combat difficile ».

Depuis que le président turc Recep Tayyip Erdogan a ouvert les frontières de son pays, des dizaines de milliers de réfugiés ont afflué vers la Grèce. Au poste-frontière de Kastanies (Pazarkule côté grec), où les migrants sont massés dans la zone tampon, des échauffourées ont eu lieu ces derniers jours.

Ici, le patron du café « Jojo Wild Rose » assure qu’il n’y a pas de milice « car avec les barbelés ici les migrants ne peuvent pas passer ». Mais plus au sud, où des groupes de migrants tentent des incursions le long des 212 km de frontière souvent poreuse, les patrouilles sont constituées d' »anciens militaires à la retraite depuis plusieurs années », souligne-t-il.

– « Nous sommes en zone de guerre » –

Depuis mardi, Dimitris Kolgionis, maire adjoint de Pherès, la commune de 5.000 habitants dont dépend Poros, a organisé des rotations pour surveiller la frontière: « 500 personnes ont répondu présentes et se relayent par tranches horaires ».

De 9H à 13H, mercredi, c’était au tour de Giorgos Ioumis, retraité, de participer à la patrouille citoyenne: « Toute la région de l’Evros est mobilisée. Nous sommes en zone de guerre et il faut défendre notre territoire ».

Kizialidis Kizialis, 60 ans, agriculteur de Poros, avoue « avoir peur des migrants » mais se félicite « du bon travail du gouvernement et de la police ».

A Poros, le passage semble désormais quasi-impossible. Athènes a doublé ses patrouilles sur toutes ses frontières terrestres et maritimes et demandé le déploiement des renforts de l’agence européenne des frontières Frontex.

Selon le gouvernement grec, près de 7.000 tentatives d’entrées illégales ont été empêchées en 24 heures dans la région et 24 migrants y ont été arrêtés, surtout orginaires d’Afghanistan et du Pakistan, entre mercredi matin et jeudi matin.

Lundi, une vingtaine de tracteurs avec des spots lumineux puissants s’est rendue près du fleuve pour éclairer l’autre côté et dissuader quiconque de passer en Grèce.

« Une démonstration de force qui a été efficace puisque plusieurs personnes ont été arrêtées », constate Athanassios Pemoussis. Des médias grecs rapportent également des arrestations musclées de migrants par des groupes de citoyens armés. « Nous avons des armes par protection », précise Sakis, « nous sommes décidés à garder nos frontières. Et si un accident doit arriver, il arrivera ! ».

« Mal du pays »: des Chinois tentent le retour à Wuhan

Dans l’immense gare déserte, un jeune couple descend du TGV pour retrouver Wuhan. Après plus de 40 jours de séparation, quelques rares Chinois retournent dans la ville à l’épicentre du nouveau coronavirus.La métropole du centre de la Chine est coupée du monde depuis le 23 janvier, plus d’un mois après l’apparition du virus sur un marché de la ville de 11 millions d’habitants.

Mais malgré la quarantaine, les trains ont continué à traverser le Hubei, la province dont Wuhan est la capitale. Et le ralentissement de l’épidémie ces dernières semaines permet à certains Wuhanais de tenter le retour chez eux.

« Il y a des gens qui arrivent de l’étranger et qui pourraient provoquer une nouvelle flambée de l’épidémie. Alors Wuhan va peut-être devenir l’endroit le plus sûr », se rassure Mme Zhao, qui s’apprête à descendre du TGV en gare de Wuhan avec son mari.

Lorsque la ville a été placée de facto en quarantaine, le couple séjournait chez des parents dans la lointaine province du Jilin (nord-est) à l’occasion des congés du Nouvel an chinois.

Depuis, Mme Zhao, 30 ans, et son mari s’inquiétaient pour leur famille restée à Wuhan et se heurtaient parfois à la peur des autres Chinois envers les personnes originaires du Hubei.

– Trois essais ratés –

Quant à leurs tentatives de retour, elles ont été mises en échec par les restrictions imposées aux transports publics dans tout le pays.

« On a essayé trois fois mais à chaque fois nos billets de train ont été annulés », témoigne-t-elle. « On ne pouvait plus rentrer ».

Pour limiter le risque de contagion, les chemins de fer ont drastiquement réduit le nombre de billets mis en vente. Le convoi qui traverse le Hubei est ainsi presque vide, avec quelques voyageurs entièrement revêtus d’une combinaison intégrale et de lunettes de protection, en plus du masque obligatoire.

En dépit de la quarantaine, les habitants du Hubei peuvent rentrer dans leur province aux termes d’un dispositif adopté le mois dernier — à condition qu’ils soient en bonne santé.

« Notre famille est à Wuhan. J’ai le mal du pays », explique à l’AFP Zhao Bojian, un garçon de 13 ans qui se prépare à descendre du train avec son père.

Père et fils se trouvaient au Japon quand leur ville s’est retrouvée bouclée. Ils ont ensuite attendu à Shanghai de voir comment la situation allait évoluer.

« On cherchait le moyen de rentrer. Nous sommes partis pendant très longtemps. Tout ce que je veux c’est rentrer à la maison », explique le garçon, alors que le Hubei rassemble pourtant la grande majorité des plus de 80.000 contaminations et 3.000 décès dénombrés en Chine.

– Discrimination anti-Hubei –

Dans le nord-est, Mme Zhao et son mari redoutaient les discriminations qui frappent parfois les personnes originaires du Hubei.

Ils ont été mis en quarantaine pendant 14 jours, soit la durée maximale supposée de la période d’incubation, et se sont vu interdire l’entrée de commerces.

« On comprenait pourquoi les gens réagissaient comme ça. Ils ont besoin de se protéger », déclare Mme Zhao au journaliste de l’AFP, alors que le personnel du train tente d’interrompre la conversation au motif que les voyageurs sont trop près l’un de l’autre.

Le couple va encore devoir attendre un peu avant de retrouver sa famille élargie: une nouvelle quarantaine de 14 jours l’attend à Wuhan.

Mme Zhao, qui travaille pour une fondation philanthropique, compte ensuite participer à l’effort d’approvisionnement du Hubei.

Son mari, dénommé Gao, se rassure en sachant que ses parents sont en bonne santé, mais le virus n’est pas loin: des amis de la famille ont été contaminés.

Mais d’après lui, d’autres habitants éparpillés aux quatre coins de la Chine s’apprêtent eux-aussi à rentrer au pays.

« On a passé le cap de la peur maximale », assure-t-il.

Soudan: l’épisode le plus sanglant de la contestation a résulté d’une attaque délibérée (ONG)

Au moins 241 personnes ont été tuées dans une attaque délibérée des forces de sécurité soudanaises contre un sit-in à Khartoum le 3 juin 2019, a affirmé jeudi l’ONG Physicians for Human Rights (PHR).

Cet épisode est le plus sanglant du mouvement de contestation du régime de l’ancien président Omar el-Béchir qui a duré cinq mois et fait plusieurs centaines de morts, selon divers bilans. Il s’est produit après le départ de M. Béchir en avril 2019.

Malgré la chute d’Omar el-Béchir écarté par les militaires, les Soudanais ont continué à manifester voyant dans son remplacement par un Conseil militaire un « coup d’Etat ».

Le 3 juin 2019, les forces de sécurité sont intervenues pour faire cesser le sit-in organisé devant le QG de l’armée à Khartoum. Après avoir attribué l’attaque à des « hommes en uniformes », les autorités ont fini par reconnaître qu’elle avait été menée par les forces de sécurité.

Elles ont toutefois affirmé que des manifestants ont été tués « par erreur ». Un comité de médecins, proche des manifestants a avancé un bilan de 127 morts mais les autorités n’ont parlé que de 71 tués.

Pour PHR, une ONG américaine documentant les graves violations des droits humains par le biais de la médecine notamment, il s’agit en réalité d’une série d' »attaques violentes et planifiées (des forces de l’ordre) contre les manifestants prodémocratiques ».

« Ces forces ont ciblé intentionnellement les travailleurs et les établissements de santé par le harcèlement, l’intimidation et la violence et ont soumis les manifestants, hommes et femmes, à des violences sexuelles et sexistes », a accusé l’ONG dans un communiqué accompagnant son rapport de 61 pages.

Le rapport de PHR, intitulé « Chaos et feu, une analyse du massacre du 3 juin 2019 à Khartoum » est basé sur des entretiens avec 30 survivants de l’attaque, des témoignages, des évaluations cliniques et l’analyse de milliers de photos et vidéos.

Ces éléments fournissent des « preuves irréfutables d’actes de violence inadmissibles contre les manifestants prodémocratie, notamment des exécutions extrajudiciaires et des actes de torture, un usage excessif de la force, des violences sexuelles et sexistes, et la disparition forcée de manifestants », a souligné PHR.

« Le massacre du 3 juin contre les civils soudanais des mains des forces de sécurité est une violation flagrante des droits humains », a déclaré Phelim Kine, directeur de la recherche et des enquêtes de PHR.

Une commission d’enquête soudanaise n’a toujours pas rendu ses conclusions définitives sur cet épisode sanglant de la contestation près de dix mois après les faits.

Les militaires se sont associés en août 2019 aux civils au Soudan pour former un Conseil souverain afin de superviser la transition vers un régime civil. Le premier gouvernement post-Béchir a prêté serment le 8 septembre.

Les crocodiles du Nil, animaux de compagnie des Nubiens d’Assouan

Sous le dôme d’une maison nubienne du village de Gharb Soheil, à 900 km au sud du Caire, Mamdouh Hassan cajole un bébé crocodile sous les yeux ébahis des touristes de passage.

Dans cette petite localité plantée sur les rives du Nil, il n’est pas rare que les habitants élèvent des crocodiles chez eux, à l’instar de M. Hassan, âgé de 45 ans.

Chez les Nubiens, l’élevage des reptiles du fleuve égyptien est une tradition ancienne: les hommes les apprivoisent et aiment à les exhiber aux curieux « en signe de force », assure Abdel Hakim Abdo, un habitant du village âgé de 37 ans.

Principale minorité ethnique d’Egypte, les Nubiens ont leurs racines dans le sud du pays et le nord du Soudan actuels.

Mais aujourd’hui, leurs terres ancestrales sont en grande partie submergées par les eaux du lac Nasser, issu de la construction du Haut barrage d’Assouan (sud), inauguré en 1971.

Avec près de 90% de leurs terres inondées, un grand nombre de Nubiens ont dû quitter les rives fertiles du Nil pour les campagnes arides du Sud, les grandes villes d’Egypte ou du Golfe.

– Les anges du Nil –

Pour la civilisation nubienne, qui remonte à près de 7.000 ans, le fleuve sacré représentait la vie.

Jusqu’au début du 20e siècle, plusieurs rites sociaux nubiens –dont le mariage– s’articulaient autour du Nil.

« Le Nil fait partie de l’identité des Nubiens (…) Toutes les créatures qui y vivent sont considérées comme des anges », assure M. Abdo, assis au bord du fleuve millénaire.

Héritier de cette tradition, Gharb Soheil la fait perdurer à travers l’élevage de crocodiles et vit des revenus du tourisme que cette pratique a générés.

A l’entrée de certaines maisons blanches et bleues bordant les ruelles étroites du village, trônent des crocodiles empaillés, indiquant que ces foyers accueillent des alligators.

« Je vous présente Francesca (…) Je l’élève depuis sa naissance » dit M. Hassan, désignant un reptile d’environ 1,50 m de long, qui se prélasse dans un bassin à ses pieds.

Bien que M. Hassan vende également des objets d’artisanat nubien, les touristes qui lui rendent visite n’ont d’yeux que pour Francesca, qui doit son nom à des visiteurs italiens.

Qu’ils soient Egyptiens ou étrangers, les curieux ne cessent d’affluer pour observer de près les bêtes apprivoisées et se photographier à leurs côtés.

Et si les plus âgés de ces prédateurs peuvent dépasser les sept mètres de long, M. Hassan se veut rassurant. « Ils grandissent à nos côtés. Nous les nourrissons et prenons soin d’eux. Naturellement, avec le temps, ils perdent leur férocité. »

« Je suis venu passer les vacances scolaires ici pour que les enfants puissent voir de vrais crocodiles », affirme Hani, un père de famille égyptien âgé de 35 ans.

Pour se procurer ces animaux emblématiques, les éleveurs suivent les femelles au sud du barrage d’Assouan et procèdent à la collecte de leurs oeufs, raconte M. Hassan, qui a appris le métier avec son père, il y a plus de 20 ans.

A l’époque, ce dernier était l’un des premiers du village à se lancer dans l’élevage de crocodiles à des fins touristiques, affirme son fils.

– « Lui, c’est Franco » –

En Egypte, les Nubiens n’ont pas le monopole de l’amour de ces reptiles. Au temps des pharaons, le crocodile était érigé au rang de divinité: Sobek, dieu reptile, protégeait les humains des crues et autres dangers du Nil.

Le temple de Sobek, situé à Kom Ombo, à 40 km au nord d’Assouan, abrite toute sorte de représentations de reptiles, des gravures et plusieurs spécimens d’animaux empaillés.

L’empaillage perdure jusqu’à aujourd’hui en Egypte. Une pratique dont s’enorgueillissent les habitants de Gharb Soheil, qui empaillent certains des crocodiles domestiqués après leur mort.

D’après M. Hassan, l’opération prend entre deux jours et un mois selon la taille et l’âge de l’animal.

« Lui c’est Franco, il est mort il y a un mois », dit-il, portant à bout de bras l’animal empaillé.

Les reptiles sont d’abord vidés de leurs entrailles, puis leur enveloppe est fourrée de paille ou de sciure de bois, avant de les figer dans la position choisie par leur propriétaire.

« Même si nous savons que leur cuir vaut son pesant d’or, nous ne souhaitons pas vendre la peau de nos crocodiles », souligne M. Hassan.

« Nous en sommes fiers. »

Les crocodiles du Nil, animaux de compagnie des Nubiens d’Assouan

Sous le dôme d’une maison nubienne du village de Gharb Soheil, à 900 km au sud du Caire, Mamdouh Hassan cajole un bébé crocodile sous les yeux ébahis des touristes de passage.

Dans cette petite localité plantée sur les rives du Nil, il n’est pas rare que les habitants élèvent des crocodiles chez eux, à l’instar de M. Hassan, âgé de 45 ans.

Chez les Nubiens, l’élevage des reptiles du fleuve égyptien est une tradition ancienne: les hommes les apprivoisent et aiment à les exhiber aux curieux « en signe de force », assure Abdel Hakim Abdo, un habitant du village âgé de 37 ans.

Principale minorité ethnique d’Egypte, les Nubiens ont leurs racines dans le sud du pays et le nord du Soudan actuels.

Mais aujourd’hui, leurs terres ancestrales sont en grande partie submergées par les eaux du lac Nasser, issu de la construction du Haut barrage d’Assouan (sud), inauguré en 1971.

Avec près de 90% de leurs terres inondées, un grand nombre de Nubiens ont dû quitter les rives fertiles du Nil pour les campagnes arides du Sud, les grandes villes d’Egypte ou du Golfe.

– Les anges du Nil –

Pour la civilisation nubienne, qui remonte à près de 7.000 ans, le fleuve sacré représentait la vie.

Jusqu’au début du 20e siècle, plusieurs rites sociaux nubiens –dont le mariage– s’articulaient autour du Nil.

« Le Nil fait partie de l’identité des Nubiens (…) Toutes les créatures qui y vivent sont considérées comme des anges », assure M. Abdo, assis au bord du fleuve millénaire.

Héritier de cette tradition, Gharb Soheil la fait perdurer à travers l’élevage de crocodiles et vit des revenus du tourisme que cette pratique a générés.

A l’entrée de certaines maisons blanches et bleues bordant les ruelles étroites du village, trônent des crocodiles empaillés, indiquant que ces foyers accueillent des alligators.

« Je vous présente Francesca (…) Je l’élève depuis sa naissance » dit M. Hassan, désignant un reptile d’environ 1,50 m de long, qui se prélasse dans un bassin à ses pieds.

Bien que M. Hassan vende également des objets d’artisanat nubien, les touristes qui lui rendent visite n’ont d’yeux que pour Francesca, qui doit son nom à des visiteurs italiens.

Qu’ils soient Egyptiens ou étrangers, les curieux ne cessent d’affluer pour observer de près les bêtes apprivoisées et se photographier à leurs côtés.

Et si les plus âgés de ces prédateurs peuvent dépasser les sept mètres de long, M. Hassan se veut rassurant. « Ils grandissent à nos côtés. Nous les nourrissons et prenons soin d’eux. Naturellement, avec le temps, ils perdent leur férocité. »

« Je suis venu passer les vacances scolaires ici pour que les enfants puissent voir de vrais crocodiles », affirme Hani, un père de famille égyptien âgé de 35 ans.

Pour se procurer ces animaux emblématiques, les éleveurs suivent les femelles au sud du barrage d’Assouan et procèdent à la collecte de leurs oeufs, raconte M. Hassan, qui a appris le métier avec son père, il y a plus de 20 ans.

A l’époque, ce dernier était l’un des premiers du village à se lancer dans l’élevage de crocodiles à des fins touristiques, affirme son fils.

– « Lui, c’est Franco » –

En Egypte, les Nubiens n’ont pas le monopole de l’amour de ces reptiles. Au temps des pharaons, le crocodile était érigé au rang de divinité: Sobek, dieu reptile, protégeait les humains des crues et autres dangers du Nil.

Le temple de Sobek, situé à Kom Ombo, à 40 km au nord d’Assouan, abrite toute sorte de représentations de reptiles, des gravures et plusieurs spécimens d’animaux empaillés.

L’empaillage perdure jusqu’à aujourd’hui en Egypte. Une pratique dont s’enorgueillissent les habitants de Gharb Soheil, qui empaillent certains des crocodiles domestiqués après leur mort.

D’après M. Hassan, l’opération prend entre deux jours et un mois selon la taille et l’âge de l’animal.

« Lui c’est Franco, il est mort il y a un mois », dit-il, portant à bout de bras l’animal empaillé.

Les reptiles sont d’abord vidés de leurs entrailles, puis leur enveloppe est fourrée de paille ou de sciure de bois, avant de les figer dans la position choisie par leur propriétaire.

« Même si nous savons que leur cuir vaut son pesant d’or, nous ne souhaitons pas vendre la peau de nos crocodiles », souligne M. Hassan.

« Nous en sommes fiers. »

Nouveau coronavirus: l’Irak a déploré ses trois premiers morts en une journée

L’Irak a enregistré trois morts du nouveau coronavirus sur la seule journée de mercredi, les premiers décès enregistrés dans ce pays voisin de l’Iran, où l’épidémie a officiellement tué près de 100 personnes.

Bagdad a annoncé 35 cas de contamination au fil des jours. Mais, mercredi, l’épidémie de Covid-19 a tué pour la première fois dans ce pays de 40 millions d’habitants en pénurie chronique de médecins, de médicaments et d’hôpitaux.

En fin de journée, le ministère de la Santé a annoncé coup sur coup deux décès dans la capitale Bagdad: une personne qui souffrait de « déficiences immunitaires », puis un autre, « âgée de 65 ans et souffrant de diverses pathologies ».

Quelques heures plus tôt, un imam de 70 ans était mort à Souleimaniyeh (nord-est), au Kurdistan autonome, selon le porte-parole de la direction de la Santé de la province du même nom, le docteur Iyad al-Naqchabandi.

Cet imam, qui souffrait de problèmes cardiaques et respiratoires, avait été placé en quarantaine pour avoir contracté le virus, selon des sources médicales.

Les autorités religieuses de Souleimaniyeh ont interdit jusqu’à nouvel ordre les prières collectives, dont celle du vendredi. Le gouverneur de la ville, Haval Abou Bakr, a annoncé l’interdiction de tout rassemblement dans la province.

Jusque-là, la très grande majorité des Irakiens contaminés ont séjourné en Iran, mais dans le cas des trois morts de mercredi, les responsables n’ont pas précisé si cela était le cas.

L’Irak redoute particulièrement une épidémie dans les lieux saints chiites, où des pèlerinages réunissent des millions de fidèles venus notamment d’Iran.

Alors que les deux voisins entretiennent de très étroits liens économiques, commerciaux, politiques et religieux, l’Irak a fermé depuis le mois dernier sa frontière avec l’Iran, ainsi qu’avec le Koweït.

Plusieurs mausolées fréquentés chaque année par des millions de pèlerins chiites ont aussi fermé leurs portes, tout comme les écoles, universités, cinémas et autres lieux publics –jusqu’à la fin de la semaine.

Les voyages en Iran sont déjà interdits, de même que désormais vers huit autres Etats –dont la Chine, le Koweït, le Bahreïn ou l’Italie par exemple.

Chaque année, des millions d’Irakiens se rendent en Iran pour du tourisme ou se faire soigner dans les hôpitaux de la République islamique, tant le système de santé irakien est indigent –le pays compte, selon l’OMS, moins de 10 médecins pour 10.000 habitants.

Sur les réseaux sociaux la polémique ne cesse d’enfler avec de nombreux Irakiens partageant des récits d’hôpitaux ayant refusé de prendre en charge des patients disant présenter des symptômes similaires à ceux du nouveau coronavirus.

Virus: 300 millions d’élèves sans école, la Californie en état d’urgence

Près de 300 millions d’élèves dans le monde privés de classe et état d’urgence en Californie : l’épidémie de Covid-19 affole la planète et fait ses premières victimes au niveau économique.

L’Italie, premier foyer européen, qui a passé mercredi la barre des cent morts (107 morts pour 3.089 cas), a pris des mesures exceptionnelles : toutes les écoles et universités seront fermées à partir de jeudi et jusqu’au 15 mars.

Trois premiers morts ont été annoncés en Irak et un en Suisse.

En Corée du Sud, deuxième foyer de contaminations après la Chine (5.766 cas, dont 35 décès), les vacances ont été prolongées de trois semaines dans les écoles et les crèches.

Le Japon s’apprête à imposer la quarantaine aux personnes en provenance de Chine ou de Corée du Sud, selon la presse nippone. Tokyo a en outre annoncé le report d’une visite du président chinois Xi Jinping qui était prévue au printemps.

En Iran, où les autorités ont fait état de 15 nouveaux décès (92 morts au total, 2.922 cas), les établissements scolaires ont également été fermés, les événements culturels et sportifs suspendus et les heures de travail réduites dans les administrations.

Du fait de l’épidémie, 13 pays ont été contraints de fermer toutes leurs écoles, affectant la scolarité de plus de 290 millions d’élèves dans le monde, selon l’Unesco, qui parle d’un « chiffre sans précédent ».

L’organisation de l’Onu pour l’éducation et la culture rappelle qu’il y a tout juste deux semaines la Chine, où le virus est apparu en décembre, était l’unique pays à avoir fermé ses écoles.

– Razzia sur le papier toilette –

Le nouveau coronavirus affecte dorénavant tous les continents (sauf l’Antarctique) et perturbe la vie quotidienne dans un nombre croissant de pays.

En quelques semaines, les masques, gels désinfectants, gants ou combinaisons de protection sont devenus des denrées rares dans de nombreux pays.

En Corée du Sud, le Premier ministre a annoncé que l’ exportation de masques serait interdite à compter de vendredi et que le personnel médical et les travailleurs employés à la désinfection seraient prioritaires.

La Russie et l’Allemagne ont interdit mercredi l’exportation de matériel médical de protection. La France, qui a réquisitionné les stocks et la production des masques, souhaite à présent limiter à 3 euros les 100 ml le prix des gels hydroalcooliques, en raison d’une flambée des prix.

En Australie, le papier toilette est désormais rationné dans certains supermarchés après une ruée de clients paniqués. Un tabloïd local s’en amuse : il a publié jeudi un cahier spécial détachable de huit pages blanches destiné à ses lecteurs qui viendraient à manquer.

La Chine a franchi la barre des 3.000 morts avec 31 nouveaux décès enregistrés. Et le pays craint à présent de nouvelles contaminations d’individus de retour de l’étranger. Shanghai a fait état jeudi du cas d’un étudiant chinois rentré contaminé lundi d’Iran.

– Etat d’urgence en Californie –

La quarantaine à laquelle Wuhan et sa province – épicentre de l’épidémie – sont soumises depuis fin janvier, ainsi que la limitation des voyages dans le pays, semblent porter leurs fruits : le nombre de nouveaux décès est à la baisse ces dernières semaines et plus de 50.000 personnes ont été guéries.

Revers de la médaille, les mesures drastiques de confinement paralysent l’économie du géant asiatique et menacent par ricochet la croissance mondiale.

Sans pouvoir encore évaluer précisément les répercussions sur l’économie du coronavirus, le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé que la croissance mondiale serait en 2020 « inférieure » à celle de 2019.

Victime collatérale du virus : la compagnie aérienne britannique Flybe a annoncé cesser ses activités « avec effet immédiat », plombée par une chute brutale du trafic aérien dans le monde. Placée en redressement judiciaire, la compagnie emploie quelque 2.000 salariés.

Aux Etats-Unis, où 11 morts ont été recensés, la Californie a déclaré l’état d’urgence et un bateau de croisière, le Grand Princess, a été maintenu au large après la découverte d’un vingtaine de cas suspects parmi les quelque 2.500 passagers et membres d’équipage.

Le paquebot appartient à la même compagnie que le Diamond Princess, le navire resté au large du Japon le mois dernier avec un total de 700 contaminations, dont six mortelles.

Le Congrès a accepté de débloquer un budget de plus de 8 milliards de dollars pour endiguer l’épidémie.

L’onde de choc commence aussi à secouer l’activité automobile en Europe. Les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 11% en février en Allemagne, premier marché européen, et les commandes de 19%, selon les chiffres des constructeurs.

burx-sbr/bar/lb

Syrie: 15 civils tués dans des frappes russes dans le nord-ouest, selon l’OSDH

Au moins 15 civils, dont un enfant, ont été tués jeudi lors de frappes aériennes russes dans la région d’Idleb (nord-ouest), dernier grand bastion jihadiste et rebelle, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’ONG, qui dispose d’un vaste réseau de sources sur le terrain, a précisé que les frappes avaient visé après minuit une zone où des déplacés syriens s’étaient rassemblés à l’extérieur de la ville de Maaret Misrin.

Un correspondant de l’AFP a vu les corps de certaines victimes enveloppées d’épaisses couvertures dans un hôpital local. Un secouriste portait le cadavre d’une petite fille, dont la bouche était remplie de débris gris.

Sur le site visé par les frappes, deux grands bâtiments d’un étage se sont effondrés.

Selon l’OSDH, le bilan risque d’augmenter car de nombreux blessés sont dans un état critique.

Avec l’aide de l’aviation russe, le régime syrien mène depuis décembre une vaste offensive contre la région d’Idleb, permettant la reconquête de la moitié de la province, dernier bastion contrôlé par des rebelles et des jihadistes, selon l’OSDH.

L’offensive a provoqué le déplacement de près d’un million de civils d’après l’ONU, et tué plus de 470 civils, d’après l’OSDH.

Elle a aussi suscité des frictions entre Ankara et Moscou. Alors que la Turquie soutient certains groupes rebelles et la Russie appuie le régime, les deux pays avaient renforcé leur coopération sur le dossier syrien ces dernières années.

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan doivent se retrouver à Moscou jeudi pour chercher une solution visant à apaiser les tensions en Syrie, qui font planer la menace d’un conflit direct entre la Russie et la Turquie sur le sol syrien.

Poutine et Erdogan cherchent à apaiser les tensions en Syrie

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan se retrouvent à Moscou jeudi pour chercher une solution visant à apaiser les tensions en Syrie, qui ont fait planer la menace d’un conflit direct entre la Russie et la Turquie sur le sol syrien.

Cette rencontre intervient alors que des dizaines de soldats turcs ont été tués ces dernières semaines dans d’intenses combats dans la région d’Idleb, ultime bastion rebelle et jihadiste dans le nord-ouest de la Syrie, où la Turquie mène depuis fin février une opération d’envergure contre les forces du régime de Bachar al-Assad.

Ce dernier, appuyé par l’aviation russe, a lancé en décembre une offensive à Idleb, qui a provoqué une catastrophe humanitaire, avec près d’un million de personnes déplacées vers la frontière turque.

Cette escalade des tensions sur le terrain a abouti à des tensions diplomatiques entre Moscou, un allié du régime syrien, et Ankara, soutien des rebelles, en faisant planer un risque d’un affrontement direct entre les deux pays qui se sont imposés comme les principaux acteurs internationaux dans le conflit syrien.

A la veille des discussions avec son homologue russe, M. Erdogan a toutefois affirmé qu’il espérait, lors du sommet à Moscou, obtenir un « cessez-le-feu le plus rapidement possible dans la région » d’Idleb.

Pour sa part, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a émis l’espoir que les deux dirigeants pourraient aboutir, à l’issue de leur rencontre, à une « vision commune » des origines de cette crise et discuter des « mesures communes » à prendre pour y mettre fin.

– « Question de prestige » –

« Un cessez-le-feu pourrait être annoncé à l’issue des discussions entre MM. Poutine et Erdogan, mais ce ne sera qu’un show », relativise cependant auprès de l’AFP un diplomate occidental.

« Je pense que Poutine dira à Erdogan que c’est fini pour ses actions en Syrie », ajoute-t-il.

« La victoire en Syrie est devenue une question de prestige pour la Russie et pour Poutine personnellement », assure pour sa part Iouri Barmine, analyste du Conseil russe pour les affaires internationales, en laissant entendre que Moscou, qui intervient militairement sur le sol syrien depuis septembre 2015 en soutien au régime de Bachar al-Assad, n’était pas prêt à faire des concessions.

L’escalade des tensions à Idleb, qui a vu notamment la Turquie abattre trois avions du régime syrien et tuer — selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, une ONG — des dizaines de ses soldats, a fait voler en éclats les accords conclus entre M. Poutine et M. Erdogan à Sotchi en 2018 pour faire cesser les combats dans cette région et y instaurer une zone démilitarisée.

Elle a aussi donné lieu à de vifs échanges entre Moscou et Ankara, qui avaient renforcé leur coopération ces dernières années sur le dossier syrien, malgré leurs intérêts divergents.

– Accusations mutuelles –

La Turquie a ainsi accusé la Russie de ne pas respecter les accords de Sotchi, qui prévoyaient les garanties du statu quo sur le terrain et la suspension des bombardements à Idleb.

Pour sa part, la Russie a accusé la Turquie de ne pas remplir sa partie des engagements et de ne rien faire pour « neutraliser les terroristes » dans cette région.

Un point d’orgue dans les accusations mutuelles: le ministère russe de la Défense a affirmé mercredi que les « positions fortifiées des terroristes ont fusionné avec les postes d’observation turcs » déployés à Idleb dans le cadre des accords de Sotchi.

De son côté, la Turquie, qui accueille déjà 3,6 millions de Syriens sur son sol, a réclamé mercredi un soutien européen aux « solutions politiques et humanitaires turques en Syrie », indispensable selon Ankara pour mettre en place une trêve dans ce pays et régler la crise migratoire.

Vendredi, M. Erdogan a ordonné l’ouverture des frontières de son pays, en menaçant l’Europe des « millions » de migrants et y réveillant la peur d’une crise migratoire similaire à celle de 2015.

Des dizaines de milliers de personnes ont depuis afflué vers la Grèce, cet afflux ayant provoqué des heurts entre réfugiés et policiers à la frontière grecque.

Javier Perez de Cuellar est mort: 100 ans de pacifisme

Javier Perez de Cuellar le « pacifiste par nature et par vocation », comme il était souvent décrit, désormais « repose en paix », ainsi que l’a annoncé le fils du secrétaire général de l’ONU, de 1982 et 1991.

Le diplomate péruvien est mort mercredi soir à Lima à l’âge de 100 ans. « Mon papa est décédé après une semaine compliquée, il est décédé à 08h09 du soir (01h09 GMT jeudi matin, ndlr) et repose en paix », a déclaré Francisco Perez de Cuellar à la radio péruvienne RPP.

« Je regrette profondément le décès de don Javier Perez de Cuellar, illustre Péruvien, démocrate au plus haut point, qui a dédié sa vie entière au travail pour grandir notre pays », a réagi le président péruvien Martin Vizcarra sur Twitter.

La dépouille de l’ancien diplomate recevra les honneurs vendredi au palais Torre Tagle, siège du ministère péruvien des Affaires étrangères, avant d’être inhumée au cimetière Presbitero Maestro de Lima, a précisé Francisco Perez de Cuellar.

Son père fut le cinquième secrétaire général des Nations unies, dont il avait redoré le blason. L’institution n’avait pas manqué de le saluer pour son centième anniversaire, le 19 janvier dernier.

– Iran-Irak, Salvador, Namibie… –

« C’est avec une grande fierté et une grande joie que je lui adresse mes meilleurs vœux à l’occasion de son 100e anniversaire. J’ai souvent réfléchi à son exemple et à son expérience pour m’inspirer et me guider », avait écrit l’actuel secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un message sur son compte Twitter.

« Sa vie s’étend non seulement sur un siècle, mais aussi sur toute l’histoire des Nations unies », avait ajouté le Portugais à propos de celui qui avait été par ailleurs fait docteur honoris causa dans près de quarante universités à travers le monde.

Jeudi matin, dans un communiqué, M. Guterres, « profondément triste », a rendu hommage à un « homme d’Etat accompli, un diplomate engagé et une inspiration personnelle qui a profondément marqué l’ONU et notre monde ».

Pendant les dix années (1982-1991) qu’il a passées à la tête de l’ONU, M. Perez de Cuellar avait coutume de dire qu’il exerçait « la présidence du monde ».

Il y fit prévaloir ses sentiments pacifistes très marqués, notamment par ses efforts pour obtenir un cessez-le-feu lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988), en organisant des pourparlers de paix pendant la guerre civile au Salvador (1979-1992), la libération des otages américains détenus au Liban ou encore l’accord de paix au Cambodge.

Il estimait par ailleurs l’indépendance de la Namibie en 1990, l’une des dernières colonies du continent africain, comme sa plus grande réussite en tant que secrétaire général.

« Son mandat en tant que secrétaire général a coïncidé avec deux époques distinctes dans les affaires internationales: d’abord, certaines des années les plus tendues de la guerre froide, puis, avec la fin de la confrontation idéologique, un moment où les Nations unies ont commencé à jouer plus pleinement le rôle envisagé par les fondateurs », a souligné Antonio Guterres dans son communiqué.

– Francophile –

Né le 19 janvier 1920 au sein d’une bonne famille de « l’oligarchie blanche » de Lima, il avait embrassé en 1945 une carrière de diplomate qui lui permettra de représenter son pays en Grande-Bretagne, au Brésil, en Bolivie, en Union soviétique, en Pologne, en Suisse, et enfin au Venezuela, avant d’être nommé en 1982 à la tête de l’ONU.

Au Pérou, il connut un cinglant échec à l’élection présidentielle de 1995, en ne rassemblant que 21,8% des voix au premier tour, remporté haut la main par Alberto Fujimori (64,4%). Après sa défaite, M. Perez de Cuellar se retira dans son domicile parisien.

Il revint au Pérou afin de démarrer pour de bon sa carrière politique, à l’âge de… 80 ans, et pour une expérience assez brève: il est nommé simultanément président du Conseil des ministres et ministre des Affaires étrangères pendant le gouvernement de transition de Valentin Paniagua, du 22 novembre 2000 au 28 juillet 2001.

A ce poste de Premier ministre d’un gouvernement de « d’unité et de réconciliation nationale », il participa à la mise au jour d’un réseau de corruption monté par l’ancien chef des services secrets, Vladimiro Montesinos, sous la décennie Fujimori.

Après l’élection d’Alejandro Toledo à la présidence en 2001, M. Perez de Cuellar revient à Paris en tant qu’ambassadeur en France et à l’Unesco. Il avait d’ailleurs épousé une Française en premières noces, Yvette Roberts, avec laquelle il aura deux enfants, puis la Péruvienne Marcela Temple Seminario, toutes deux décédées.

Virus: 300 millions d’élèves sans école, annulations en cascade dans le monde

Près de 300 millions d’élèves dans le monde privés de classe: l’Italie est le dernier pays à avoir fermé ses écoles pour tenter de freiner l’épidémie de Covid-19 qui affole la planète et menace l’économie mondiale.

L’Italie, premier foyer européen, qui a passé mercredi la barre des cent morts (107 morts pour 3.089 cas), a pris des mesures exceptionnelles: toutes les écoles et universités seront fermées à partir de jeudi et jusqu’au 15 mars.

La Corée du Sud, deuxième plus gros foyer de contaminations après la Chine (5.766 contaminations, dont 35 décès), les vacances ont été prolongées de trois semaines dans les écoles et les crèches.

En Iran, où les autorités ont fait état de 15 nouveaux décès (92 morts au total, 2.922 cas), les établissements scolaires ont également été fermés, les événements culturels et sportifs suspendus et les heures de travail réduites dans les administrations.

Du fait de l’épidémie, 13 pays ont été contraints de fermer toutes leurs écoles, affectant la scolarité de plus de 290 millions d’élèves dans le monde, selon l’Unesco, qui parle d’un « chiffre sans précédent ».

L’organisation de l’Onu pour l’éducation et la culture rappelle qu’il y a tout juste deux semaines la Chine, où le virus est apparu en décembre, était l’unique pays à avoir fermé ses écoles.

– ‘Limiter l’impact’ –

La Chine a franchi jeudi la barre des 3.000 morts avec 31 nouveaux décès enregistrés.

La quarantaine à laquelle Wuhan et sa province – épicentre de l’épidémie – sont soumises depuis fin janvier, ainsi que la limitation des voyages dans le pays, semblent porter leurs fruits, avec une tendance à la baisse des nouveaux décès ces dernières semaines et plus de 50.000 personnes guéries.

Mais ces mesures drastiques de confinement paralysent l’économie du géant asiatique et menacent par ricochet la croissance mondiale.

La patronne du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a déclaré mercredi que la crise appelait « une réponse au niveau mondial » tandis que les pays membres de l’institution ont promis « tout le soutien nécessaire pour limiter l’impact » de l’épidémie et restaurer la croissance.

Sans pouvoir encore évaluer précisément les répercussions sur l’économie du coronavirus, le FMI a confirmé que la croissance mondiale serait en 2020 « inférieure » à celle de 2019.

Aux Etats-Unis, où 11 morts ont été recensés avec deux décès supplémentaires, l’épidémie est désormais dans toutes les têtes et inquiète l’ensemble des secteurs d’activité, selon une étude de la Banque centrale américaine.

Les prévisions compilées par la Fed tablent sur une croissance « modeste » à court-terme.

Le Congrès a accepté de débloquer un budget de plus de 8 milliards de dollars pour endiguer l’épidémie.

De grandes banques américaines ont par ailleurs commencé à tester leurs mesures d’urgence en cas de catastrophe sanitaire empêchant un grand nombre de salariés de se rendre au bureau.

Victime collatérale du virus: la compagnie aérienne britannique Flybe a annoncé jeudi cesser ses activités « avec effet immédiat », plombée par une chute brutale du trafic aérien dans le monde.

– James Bond peut attendre –

Le nouveau coronavirus affecte dorénavant tous les continents, sauf l’Antarctique, et perturbe la vie quotidienne dans un nombre croissant de pays.

Face au danger, les autorités annulent ou reportent tout événement ou rassemblement susceptible de propager la maladie.

A Londres, les producteurs du nouveau James Bond, « No time to die » (« Mourir peut attendre ») ont annoncé le report de sa sortie mondiale en novembre.

Les compétitions sportives sont également chamboulées: en Italie, toutes les rencontres, y compris les matches de football, devront se tenir à huis clos jusqu’au 3 avril.

Le sort de deux événements sportifs majeurs est en suspens: l’Euro de football (12 juin-12 juillet) et les Jeux olympiques de Tokyo (24 juillet-9 août).

Les rassemblements religieux sont également ciblés. L’Arabie saoudite a décidé de suspendre « temporairement » la Omra, le petit pèlerinage musulman entrepris tout au long de l’année.

En France, le sanctuaire de Lourdes, qui attire chaque année des millions de pèlerins catholiques, a annoncé qu’il fermait ses piscines, les bassins sacrés où environ 350.000 personnes s’immergent chaque année.

L’Africa CEO Forum d’Abidjan, qui devait rassembler les 9 et 10 mars 1.800 décideurs économiques et politiques dont plusieurs chefs d’Etat, a été « reporté à une date ultérieure ».

burx-sbr/am

Décès de l’ex-secrétaire général de l’ONU Javier Perez de Cuellar à 100 ans

Javier Perez de Cuellar, diplomate péruvien et secrétaire général de l’ONU entre 1982 et 1991, est mort mercredi soir à Lima à l’âge de 100 ans, a annoncé son fils.

« Mon papa est décédé après une semaine compliquée, il est décédé à 08h09 du soir (01h09 GMT jeudi matin, ndlr) et repose en paix », a déclaré Francisco Perez de Cuellar à la radio péruvienne RPP.

La dépouille de l’ancien diplomate recevra les honneurs vendredi au palais Torre Tagle, siège du ministère péruvien des Affaires étrangères, avant d’être inhumée au cimetière Presbitero Maestro de Lima, selon la même source.

Né à Lima en 1920, Javier Perez de Cuellar a été le cinquième secrétaire général des Nations unies, qui l’ont salué pour son centième anniversaire, le 19 janvier.

« C’est avec une grande fierté et une grande joie que je lui adresse mes meilleurs vœux à l’occasion de son 100e anniversaire. J’ai souvent réfléchi à son exemple et à son expérience pour m’inspirer et me guider », avait écrit l’actuel secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un message sur son compte Twitter.

« Sa vie s’étend non seulement sur un siècle, mais aussi sur toute l’histoire des Nations unies », avait ajouté le Portugais.

Au Pérou, Javier Perez de Cuellar a été simultanément président du Conseil des ministres et ministre des Affaires étrangères pendant le gouvernement de transition de Valentin Paniagua, du 22 novembre 2000 au 28 juillet 2001.

Candidat à la présidence en 1995, il a été battu par Alberto Fujimori, réélu.

La CPI se prononce sur l’éventuelle ouverture d’une enquête en Afghanistan

Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) vont se prononcer jeudi en appel sur la demande de la procureure d’ouvrir une enquête pour des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre présumés en Afghanistan, dont des exactions qui auraient été commises par des soldats américains.

Les juges de la CPI, basée à La Haye, avaient refusé en avril d’autoriser l’ouverture d’une enquête sur de tels crimes dans le pays déchiré par la guerre, estimant que cela « ne servirait pas les intérêts de la justice ».

Cette décision était intervenue une semaine seulement après la révocation du visa de la procureure de la Cour Fatou Bensouda par Washington, qui avait aussitôt salué une « grande victoire ».

L’administration du président américain Donald Trump s’était farouchement opposée à toute enquête en Afghanistan de la CPI, fondée en 2002 pour juger des pires atrocités commises dans le monde.

Les Etats-Unis, qui ne sont pas membres de la Cour, avaient annoncé mi-mars des sanctions sans précédent à l’encontre de la juridiction internationale, avec des restrictions de visa contre toute personne « directement responsable » d’une éventuelle enquête « contre des militaires américains ».

La procureure Fatou Bensouda avait fait appel en septembre du verdict des juges, rapidement critiqué par différents groupes de défense des droits humains qui avaient évoqué un coup dur pour les « milliers de victimes » du conflit afghan.

La chambre d’appel rendra son jugement jeudi à 10H00 (09H00 GMT), a fait savoir la Cour dans un communiqué.

– « Contre les intérêts américains » –

Selon les Nations unies, près de 3.500 civils ont été tués et 7.000 autres blessés à cause de la guerre en Afghanistan l’an dernier.

Mme Bensouda souhaite examiner non seulement des crimes présumés commis depuis 2003 par des soldats talibans et afghans, mais aussi par les forces internationales, notamment par les troupes américaines. Des allégations de tortures ont également été formulées à l’encontre de la CIA.

Le bureau de la procureure – qui avait ouvert un examen préliminaire en 2006 sur la situation en Afghanistan – ainsi que les représentants des victimes du conflit afghan ont de nouveau plaidé pour l’ouverture d’une enquête lors d’audiences tenues en décembre.

La décision de refuser l’ouverture d’une enquête en Afghanistan « prive les victimes de tout », a martelé Fergal Gaynor, une avocate plaidant la cause de 82 victimes.

L’avocat personnel de Donald Trump, Jay Sekulow, a quant à lui dénoncé « une démarche de la procureure allant directement à l’encontre des intérêts américains ».

Si les juges de la CPI refusent une seconde fois d’autoriser l’ouverture d’une enquête, Mme Bensouda aura la possibilité de reformuler une telle demande à l’avenir en cas de « nouveaux faits ou preuves ».

Washington et les talibans afghans ont signé le 29 février un accord historique ouvrant la voie à un retrait total des troupes américaines d’Afghanistan. Les talibans ont mené des attaques ces derniers jours, que le Pentagone a toutefois minimisées.

Les Etats-Unis mènent dans ce pays depuis 2001 la plus longue guerre de leur histoire.

L' »extraordinaire » effondrement d’Elizabeth Warren dans la course à la Maison Blanche

Devant des milliers de personnes, baignée par le halo des projecteurs, Elizabeth Warren semblait dans un meeting de campagne à l’automne avoir l’investiture démocrate et la Maison Blanche en vue. Mais l’ambition de la sénatrice progressiste s’est effondrée à l’épreuve des urnes.

« Des cours universitaires vont être dédiés à l’effondrement mystérieux et total d’Elizabeth Warren. C’est extraordinaire », a réagi, juste après l’avalanche de votes du « Super Tuesday », la journaliste et vétéran de la politique américaine, Mara Liasson, sur la radio publique NPR.

Arrivée en octobre jusqu’au sommet des sondages pour les primaires démocrates, la sénatrice progressiste âgée de 70 ans n’a pas gagné un seul de la vingtaine de scrutins organisés depuis le début des primaires, le 3 février.

Pire, elle n’est arrivée que troisième dans l’Etat du Massachusetts qu’elle représente fièrement au Sénat depuis 2013, et quatrième dans celui où elle est née, l’Oklahoma.

Seule femme pouvant encore peser dans la course à l’investiture démocrate avant mardi, Elizabeth Warren semblait bien avoir perdu toute chance de devenir la première présidente des Etats-Unis.

Ancienne professeure en droit, pourfendeuse de Wall Street, elle « réévaluait » mercredi sa candidature après ces résultats humiliants.

Selon le Washington Post, ses alliés étaient en pourparlers avec l’entourage du sénateur indépendant Bernie Sanders –qui fait campagne nettement à gauche– mais s’entretenaient aussi avec l’ancien vice-président plus au centre Joe Biden.

Avec une seule question en tête: va-t-elle se retirer de la course en accordant son soutien à l’un d’eux ?

La sénatrice d’ordinaire combative est restée très silencieuse mercredi, se contentant de retweeter un message de son chef de campagne.

Un calme qui contraste avec l’ambiance de ses meetings de campagne.

« Rêvons en grand, battons-nous fort, à nous de gagner! »: la foule, d’abord quelques centaines puis des milliers, reprenait en coeur son cri de ralliement à travers les Etats-Unis.

« Il est temps qu’une femme entre à la Maison Blanche », avaient scandé spontanément des élus locaux qui la soutenaient dans l’Iowa, avant le premier scrutin des primaires.

Depuis, elle a enchaîné les défaites.

– Sexisme? –

« Warren s’est fait déborder par Sanders sur sa gauche et par les candidats plus modérés sur sa droite », explique à l’AFP Kyle Kondik, politologue à l’université de Virginie.

« Le problème d’Elizabeth Warren, c’est qu’elle n’est pas parvenue à trouver un moyen d’attaquer Bernie tout en courtisant ses électeurs », renchérit Tobe Berkowitz, professeur en communication à l’université de Boston.

Les deux sénateurs progressistes se disent « amis » depuis plus de trente ans mais le ton est bien monté depuis janvier.

Ils se sont traités mutuellement de menteurs autour d’une question brûlante: M. Sanders lui aurait-il dit, comme Mme Warren l’affirme, qu’une femme ne pourrait jamais gagner face au républicain Donald Trump?

Le sexisme a pesé sur sa candidature, estime Jessica Valenti, une auteure féministe.

La première explication des commentateurs pour ses défaites va « probablement porter sur les craintes concernant sa capacité à être élue » face à M. Trump, écrivait-elle mercredi sur le site Medium. « Ne me dites pas que cela n’a rien à voir avec du sexisme. J’ai passé l’âge ».

– Revirement –

Entrée en lice dès décembre 2018, Elizabeth Warren s’était présentée aux électeurs démocrates se targuant d’avoir « un projet » pour toutes les grandes questions.

Avec une exception notable: le chiffrage de la grande question qui préoccupe les Américains, le système de santé.

Elle avait finalement dévoilé en novembre son projet, en optant pour une refonte en profondeur vers une couverture universelle, sur la même ligne que Bernie Sanders. Contrairement à lui, elle avait révélé le détail de son plan de financement pour couvrir les milliers de milliards de dollars qu’elle coûterait.

Un moment pivot dans la campagne de celle qui avait jusqu’ici voulu se présenter en progressiste pouvant aussi attirer des modérés.

Plus récemment, elle avait été critiquée pour un revirement notable. Après avoir éreinté ses rivaux modérés aidés par des comités d’action politique (Super PAC), qui soutiennent les campagnes des candidats aux Etats-Unis, elle a à son tour accepté, en février, l’aide très conséquente d’un Super PAC.

Ancienne électrice républicaine, née de parents modestes, Elizabeth Warren a aussi été visée sans relâche par les piques de républicains, Donald Trump en tête, sur les origines amérindiennes qu’elle a longtemps revendiquées et qui se sont révélées être en fait très diluées.

Mais il y a aussi quelque chose d’intangible, comme parfois en politique, derrière ses défaites, souligne Tobe Berkowitz.

Les électeurs « veulent quelqu’un dont ils pensent qu’il va se battre pour eux et est +authentique+. Pour une raison ou une autre, Trump et Bernie sont parvenus » à se présenter comme cela. « Pas Warren ».