janvier 2021 - Page 29 sur 40 - Journal du niger

Le Chef de l’Etat a signé deux (2) décrets portant nomination de membres de la CENI

Le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou a signé, hier, deux (2) décrets, portant nomination de membres de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Aux termes du premier décret, les personnalités dont les noms suivent sont nommées membres de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), au titre de représentants des partis politiques de l’opposition.

Il s’agit de :

1. Monsieur Modi Alzouma ;

2. Monsieur Diallo Hamidou Saidou ;

3. Monsieur Mamoudou Seyni ;

4. Monsieur Maman Assako ;

5. Monsieur Ali Boubacar.

Aux termes du second décret, les personnalités dont les noms suivent sont nommées membres de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), au titre de représentants des candidats aux élections présidentielles 2020-2021.

Il s’agit de :

1. Monsieur Almounaire Seyni, représentant de M. Abdoul Kadri Oumarou Alfa, candidat du Groupement GAYYA ZABBE ;

2. Monsieur Seydou Zataou Ali, représentant de M. Albadé Abouba, candidat du Mouvement Patriotique pour la République (MPR-JAMHURIYA) ;

3. Monsieur Adamou Assoumane, représentant de M. Amadou Ousmane, candidat du parti ADEN Karkara ;

4. Monsieur Habibi Touré Boubacar, représentant de M. Djibril Baré Maïnassara, candidat de l’Union des Forces Populaires pour la Démocratie et le Progrès (UDFP SAWABA) ;

5. Monsieur Sanounou Ibrahim, représentant de M. Mamadou Doulla Talata, candidat de RSP A’ADILI ;

6. Monsieur Abdoulaye Soumana, représentant de M. Hassane Barazé Moussa, candidat de l’Alliance Nigérienne pour la Démocratie et le Progrès (ANDP-ZAMAN LAHIYA) ;

7. Monsieur Salissou Boubacar, représentant de Elhadji Kadri Mouctari, candidat de la CDS RAHAMA ;

8. Monsieur Abdouramane Seyni, représentant de M. Idi Ango Ousmane, candidat de l’Alliance pour la Démocratie et la République (ADR-MAHITA) ;

9. Monsieur Nouhou Abdoul Karim dit Ladan, représentant de M. Inthinicar Alhassane, candidat du Parti Nigérien pour la Paix et le Développement (PNPD AKAL KASSA) ;

10. Monsieur Ibrahim Oumarou Idé, représentant de M. Ismael Oumarou Idé, candidat du FANN-Niger KAMA KANKA ;

11. Monsieur Kodo Sounna Boubacar, représentant de M. Kané Kadaouré Habibou, candidat de la Synergie des Démocrates pour la République (SDR-SABUWA) ;

12. Monsieur Abdoulaye Anabéri, représentant de M. Mahaman Hamissou Moumouni, candidat du Parti pour la Justice et le Développement (PJD-HAKIKA);

13. Monsieur Boubacar Seyni Gagara, représentant de M. Bazoum Mohamed, candidat du Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS TARAYYA);

14. Monsieur Moussa Abdou, représentant de M. Mounkaila Issa, candidat du Rassemblement Nigérien pour la Démocratie et la Paix (RNDP-ANEIMA BANI ZOUMBOU);

15. Monsieur Souleymane Alkali, représentant de M. Moustapha Mamadou Moustapha, candidat du Parti pour la Révolution Politique au Niger (PRPN HASKIN GARI) ;

16. Monsieur Amadou Hassane Bonkoukou, représentant de M. Nayoussa Nassirou, candidat de la Convention pour la Démocratie et le Progrès Social (CDPS CIGABAN KASSA);

17. Monsieur Sabiou Amadou, représentant de M. Sagbo Adolphe, candidat du Parti Socialiste (PS IMANI);

18. Monsieur Abdoulaye Doumari, représentant de M. Ibrahim Gado, candidat du Conseil Républicain pour le Progrès et la Démocratie (CRPD-SULHU) ;

19. Monsieur Illa Rabo, représentant de M. Oumarou Malam Alma, candidat du Rassemblement pour la Paix et le Progrès (RPP-FARILLA) ;

20. Dr Adam Kadé Malam Gadjimi, représentant de M. Seini Oumarou, candidat du Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD-NASSARA) ;

21. Monsieur Anou Mamane Abdoul-Nasser, représentant de M. Souleymane Garba, candidat du Parti Nigérien pour le Changement (PNC–MU-LURA) ;

22. Dr. Sagbo Moussa Epiphane, représentant de M. Omar Hamidou Tchiana, candidat du Parti Alliance des Mouvements pour l’Emergence du Niger (AMEN-AMIN).

Fait à Niamey, le 11 janvier 2021

Le Secrétaire Général du Gouvernement

ABDOU DANGALADIMA

Election présidentielle : Création d’un nouveau regroupement politique dénommé « Alliance des Candidats pour le Changement »

Dix (10) candidats à la présidentielle nigérienne du 27 décembre dernier ont décidé, lundi 11 janvier 2021, de la création d’un nouveau regroupement politique dénommé « Alliance des Candidats pour le Changement » (ACC).

Cette nouvelle coalition politique, née après la proclamation des résultats globaux provisoires du 1er Tour de l’élection présidentielle par la CENI, a pour objectif de « mettre en relief nos résultats électoraux qui représentent 8,97% et proposer notre vision de la gouvernance politique à tout candidat qui serait intéressé par notre contribution dans l’optique de conquérir et exercer conjointement le pouvoir au profit du peuple nigérien », ont expliqué les signataires dans le document de sa création.

Ils ajoutent, en outre, que « la création de ce cadre a été motivée par les réalités que nous signataires partageons », notamment « celles d’être des candidats issus des formations politiques, sans passé chargé, et qui aspirent à contribuer à la vraie alternance pour un Niger nouveau ».

Mettant en avant leurs résultats (8,97%), ces dix candidats à la présidentielle nigérienne disent vouloir incarner l’espoir pour une meilleure gouvernance du pays.

Pour le 2ème Tour de l’élection présidentielle prévu le 21 février prochain, l’Alliance des Candidats pour le Changement se propose d’apporter son soutien à un des deux candidats en tenant compte de la « qualité » de son programme de gouvernance, mais aussi sur « la garantie » qu’il peut engager une réforme profonde du cadre électoral nigérien et la « promesse ferme d’une gouvernance partagée respectueuse de tous »

Cette Alliance, note-t-on, a été créée par Djibo Salou, Garba Souleymane, Ousmane Idi Ango, Nassirou Nayoussa, Mamadou Abdou Hamidou, Kané Kadaouré Habibou, Abdourahamane Oumarou, Adolphe Sagbo, Souleymane Abdallah et Oumarou Ide Ismael.

Source : ANP

Elections générales : La CAP 2021 demande l’annulation et la reprise de certains votes

La Coalition pour l’Alternance Politique en 2021 (CAP 2021, regroupement de l’opposition politique), dans une déclaration rendue publique  lundi 11 janvier 2021 à Niamey, relative à la tenue des élections locales, législatives et présidentielles 1er tour de décembre 2020, a demandé l’annulation de certains résultats et la reprise des votes sous la surveillance de l’armée.

L’opposition politique a dénoncé et condamné le comportement de la CENI dont « la complicité est manifeste à travers le choix arbitraire des présidents des commissions et sa complaisance coupable dans le libre accès du PNDS aux documents électoraux ».

Pour la CAP 2021, « la CENI s’est donc montrée « partisane et malhonnête » et « les élections que nous venons de vivre sont, à l’évidence, les plus frauduleuses de l’histoire de notre démocratie ».

C’est prenant en compte ces accusations que « l’opposition politique exige que les résultats de certaines communes de la région de Tahoua et des Zones Nord Maradi, Nord Zinder et Diffa soient simplement annulés et repris sous la surveillance de l’armée », de même que « doivent être annulés les résultats de toutes les zones où les armes à feu ont été utilisées pour fabriquer et imposer de faux résultats », ainsi que ceux de toutes les localités où « des chefs de villages ont été embrigadés pour imposer aux électeurs le vote au profit du candidats du PNDS ».

Ci-dessous l’intégralité de la déclaration :

Nigériennes, Nigériens

Chers concitoyens

Les élections locales, législatives, ainsi que les élections présidentielles du 1er tour viennent de s’achever. Que retenons-nous comme leçons pour le second tour des élections présidentielles devant se dérouler en toute quiétude, transparence et responsabilité des citoyens ?

A l’occasion de ces élections le peuple nigérien a mis en échec la volonté irréaliste du camp présidentiel : noyer l’expression populaire et s’accaparer de la volonté du peuple et de sa souveraineté.

En effet, les nigériens se sont mobilisés massivement au taux inégalé de 69,67%.

Ils l’ont fait avec enthousiasme et abnégation avec un sens élevé de civisme pour faire face à la fraude multiple et massive, le bourrage d’urnes, l’achat de conscience, l’abus de pouvoir, de confiance, la perversion de la conscience des responsables chargés des élections.

C’est avec la même détermination et enthousiasme que le peuple nigérien est prêt à faire face à toutes les manœuvres et autres obstacles tendant à pervertir son expression et détourner ses suffrages.

Toute chose qui a permis aux listes de l’Opposition politique d’obtenir des scores plus qu’honorables et de placer pour le second tour un de ses candidats aux élections présidentielles.

Ainsi, la fraude a été grossièrement étalée lorsque dans certaines contrées les armes à feu ont été utilisées contre des électeurs et le personnel électoral afin de procéder au bourrage des urnes.

De même la fraude grossière est visible avec les taux anormalement élevés de participation aux élections allant au-delà de 90% dans de nombreux cas dans des zones où en cette période de l’année les éleveurs sont au sud à la recherche de la vaine pâture.

La fraude se ressent, également lorsqu’à la différence des communes des zones urbaines ayant un pourcentage élevé de bulletins nuls, celles des zones pastorales n’ont presque pas enregistré de bulletins nuls.

Du reste la célérité avec laquelle l’opération dite de vote a été menée et la vitesse de transmission des résultats au niveau national révèlent qu’il y a anguille sous roche.

Bref ! Au vu et au su de tout ceci le bon sens, la chose du monde la mieux partagée chez les humains, ne peut admettre ni accepter de tels résultats comptabilisés par la CENI et transmis tels quels à la Cour Constitutionnelle.

Si par ailleurs, c’est le bourrage d’urnes par les procédés décrits plus haut qui a eu cours, là ce sont l’achat de conscience, l’abus de pouvoir et de confiance qui sont pratiqués.

S’estimant au-dessus de la loi, persuadés qu’ils resteront impunis, les partisans du régime ont été jusqu’à acheter des cartes d’électeurs pré-compostées à plus de 50.000 FCFA l’unité ; d’autres ont eu à leur disposition des bulletins, des urnes préremplies et des procès-verbaux vierges.

Certains autres ont terrorisé les délégués des partis politiques adverses en toute impunité. Ils ont menacé ou soudoyé des membres de bureaux de vote.

C’est certainement avec les rétro-commissions, fruits des scandales financiers qui ont jalonné la gouvernance du régime et la manne pétrolière fortement renforcée par les dons provenant des narcotrafiquants infiltrés dans les rouages de l’Etat, jusqu’à la Présidence de la République qui justifient que l’argent ne pouvait pas leur faire défaut.

Mais si cette fraude massive a été possible et rondement menée, c’est surtout parce qu’elle a bénéficié de la complicité manifeste de nombreux présidents de commissions électorales nommés à dessein. En effet, le recrutement et la nomination des présidents des CENI régionales et communales sont laissés à la seule discrétion du président de la CENI, premier complice de cette mascarade.

Ainsi de nombreux présidents de CENI, manipulés et corrompus, au mépris de leur serment, ont laissé la charge à des individus sans scrupule de bourrer des urnes, fabriquer de faux procès-verbaux et acheter des cartes de nos concitoyens plongés à dessein dans la misère devant les bureaux de vote. Ce sont donc ces faux suffrages que les présidents des commissions électorales locales ont validé et transmis sans états d’âme à Niamey pour être complaisamment proclamés par le Président de la CENI.

En conséquence de ce qui précède, l’Opposition politique dénonce et condamne la CENI dont la complicité est manifeste à travers le choix arbitraire des présidents des Commissions et sa complaisance coupable dans le libre accès du PNDS aux documents électoraux. La CENI s’est montrée partisane et malhonnête.

Pour tout dire les élections que nous venons de vivre sont, à l’évidence, les plus frauduleuses de l’histoire de notre démocratie, plus malhonnêtes même que celles de 2016, pourtant rentrées dans l’histoire des élections les plus honteuses à travers le monde et l’histoire. Mais, nous sommes sous la gouvernance de Issoufou Mahamadou. Il est sans conteste le maitre d’œuvre de cette parodie d’élection en violation de son serment et des engagements publics qu’il a pris devant le monde entier d’organiser des élections libres, transparentes et équitables.

Il a imposé au peuple nigérien un candidat à la nationalité douteuse.

Il a refusé la tenue d’un dialogue politique, pourtant souhaité par tous les nigériens car susceptible de conduire la classe politique à des élections apaisées et inclusives.

Aussi exigeons nous que les résultats de certaines communes de la région de Tahoua et des zones Nord Maradi, Nord Zinder et Diffa soient simplement annulés et repris sous la surveillance de l’armée. L’armée parce que c’est un corps véritablement respectueux de la réserve que lui impose la loi et capable de sécuriser les électeurs et les délégués dans les territoires cités ci-avant.

De même doivent être annulés les résultats de toutes les zones où les armes à feu ont été utilisées pour fabriquer et imposer de faux résultats.

Doivent également être annulés les résultats de toutes les localités où des chefs de villages ont étés embrigadés pour imposer, aux électeurs, le vote au profit des candidats du PNDS Tarayya, à la présidentielle comme aux législatives notamment dans les régions de Magaria, Matameye etc.

Malgré toutes ces infractions graves, délibérément portées aux lois et règlements de la République, l’Opposition politique n’attend rien de la Cour Constitutionnelle qui a perdu toute crédibilité en violant les dispositions de l’article 47 de notre loi fondamentale.

Chers Concitoyens,

Soyez rassurés !

L’Opposition entend imposer l’alternance par une mobilisation sans précédent des nigériens soucieux du devenir du pays et de son salut.

Il s’agit de faire barrage aux efforts de Issoufou Mahamadou d’installer à la tête du Niger des grands acteurs de l’économie criminelle.

Aussi, le second tour de l’élection présidentielle devra-t-être transparent et honnête, sans bourrages d’urnes et usage d’armes à feu sous la surveillance de l’Armée ou verra ses résultats rejetés par l’opposition et le peuple.

C’est ici le lieu de rappeler Monsieur Issoufou Mahamadou à son serment, à son devoir de protecteur des citoyens, de leurs biens comme de leurs personnes. Il est plus que temps que Issoufou Mahamadou prouve qu’il peut joindre l’acte à la parole en mettant à disposition l’armée pour la sécurisation des votes dans certaines contrées et assurer la quiétude du vote dans d’autres.

Il y va de l’appréciation que les historiens feront de sa sortie.

Enfin, CAP 20/21 et Alliés lancent un appel de responsabilité civique à toutes les forces politiques du Niger, à toutes les associations, à tous les syndicats et à tous les nigériens jaloux de l’indépendance du Niger, de se joindre à ce combat ultime dont le noble objectif est la libération de notre pays des forces malfaisantes de tous genres qui ne visent ni plus ni moins que sa transformation en NO MAN’S LAND au profit de leurs activités criminelles.

Autant le coup KO a lamentablement échoué, autant le candidat en conflit avec l’article 47 de la Constitution ne sera accepté pour diriger notre pays le Niger.

L’alternance constitue pour le Niger, la solution alternative la plus souhaitable, autrement notre pays va vivre une fois de plus, les tragédies de l’instabilité et de la confrontation sans fin.

Aussi, appelons-nous les partis politiques et tous ceux qui se sont battus pour l’alternance, c’est-à-dire tous les candidats opposés à la candidature validée en violation de l’article 47 de la Constitution, de rallier le camp de l’alternance pour donner à notre peuple et à notre pays, les chances de renouer avec la paix et la sécurité intérieures ainsi que les perspectives d’un véritable renouveau économique et social.

Ce n’est pas un combat au profit d’un candidat, mais le combat pour un sursaut national destiné à sauver la nation nigérienne.

Nous n’accepterons jamais que l’argent volé et abondamment distribué, que les institutions inféodées par la corruption et le déni de leur serment, placent le Niger entre les mains d’un faussaire, doublé d’une origine nigérienne plus que douteuse.

La Coalition pour une Alternance Politique CAP 20/21 et Alliés en appellent donc au peuple nigérien de se mobiliser pour dire clairement un grand NON aux manœuvres de haute trahison de Monsieur Issoufou Mahamadou qui pour sa quiétude personnelle, semble résolu à vendre le Niger.

SAUVONS DONC LE NIGER !!!

Fait à Niamey, le 11 janvier 2021

Vive la Coalition CAP 20/21 et Alliés !

Vive l’Opposition politique Nigérienne !

Vive la République !

Vive le Niger libre souverain et démocratique !

Je vous remercie !

 

Côte d’Ivoire: le dialogue, « seule arme de combat » politique de Bédié

Le diplomate ivoirien, Gnamien Yao, vice-président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci, opposition), a dit lundi que le dialogue reste pour Henri Konan Bédié, chef de cette formation, la « seule arme de combat » politique pour sortir le pays du « bourbier lié à la démocratie ».

« Bédié dit de vous dire qu’il n’a pas d’autres armes que le dialogue politique », a déclaré le vice-président du Pdci, Gnamien Yao, chargé des Grandes conférences publiques, face à des militants, au siège du Pdci à Abidjan.

Il a soutenu, au cours de cette conférence publique dédiée à la remobilisation des militants, que « le dialogue politique engagé par Henri Konan Bédié est la voie pour sortir de cet énième bourbier lié à la démocratie (en Côte d’Ivoire et), il n’y en a pas d’autres ».

« Tout ce qui reste à faire, c’est de nous mobiliser pour soutenir le président Henri Konan Bédié qui a pour seule arme de combat, le dialogue et enfin et toujours le dialogue », a-t-il lancé, souhaitant plein succès au dialogue politique en cours entre l’opposition et le pouvoir.

Un tête-à-tête entre MM. Bédié et le président réélu, Alassane Ouattara, en novembre 2020, après la farouche bataille autour du scrutin présidentiel, a brisé la glace de méfiance et fait chuter la tension dans le pays. 

« Pour Bédié, la victoire est certaine, pour peu que tous, nous adhérions à l’esprit du dialogue qui permet de bâtir ensemble un compromis qui est loin de signifier la victoire d’un camp sur un autre, mais bien plus, la victoire de tous et de chacun », a-t-il ajouté.

En août 2020, des heurts ont éclaté dans le pays à la suite de protestations de partisans de l’opposition qui estiment que M. Ouattara ne peut briguer un troisième mandat. Le Conseil constitutionnel a tranché insinuant qu’il s’agit de son premier mandat de la llle République.

« Le dialogue ne doit en aucune manière faire bon ménage avec les préalables. Il nous faut faire le cœur nu », a-t-il poursuivi, relevant que pour Bédié, le dialogue est difficile certes, mais est la voie la plus sûre et moins coûteuse pour régler les différends. 

M. Bédié et le chef du Front populaire ivoirien (FPI), Affi Nguessan, se sont abstenus de participer à la présidentielle du 31 octobre 2020. Par la suite l’opposition appellera à la désobéissance civile et mettra en place le Conseil national de transition (CNT).

Le CNT, plus tard va être abandonné, ainsi que la désobéissance civile. M. Gnamien Yao a fait observer que le Pdci, dans la quête du pouvoir d’Etat, « n’est pas un parti politique opportuniste », mais qui est basé sur des valeurs et le dialogue.

Il a rappelé qu’en décembre 93, au Conseil économique et social, Philippe Grégoire Yacé, a demandé qu’il soit créé un Conseil d’Etat dans lequel se trouverait Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et M. Yacé, mais la succession de Houphouët-Boigny s’est faite sans heurts. 

Selon le Grand conférencier du Pdci, Gnamien Yao, le Conseil national de transition (CNT) est « un argument » et une « créativité intellectuelle ». Pour la justice ivoirienne, cet organe visait à se substituer aux institutions de la République. 

M. Yao a insinué tout au long de sa conférence publique que M. Bédié s’est régulièrement inscrit dans l’idéologie où on enseigne qu’en politique la paix se construit par le dialogue et dans le dialogue. 

Signature d’une convention pour digitaliser l’économie agricole en Côte d’Ivoire

Une convention dont l’un des objectifs est de digitaliser l’économie agricole en Côte d’Ivoire a été signée, lundi à Abidjan par la Fédération des sociétés coopératives du vivrier de Côte d’Ivoire ( FENASCOVICI) et une compagnie de téléphonie mobile.

« Nous avons compris très tôt la nécessité de s’engager dans la voie de l’autonomisation de la femme et ce, dans un contexte où elles constituent la cheville ouvrière et le socle des familles. Nous avons décidé de tisser des partenariats solides avec le monde agricole afin de digitaliser l’économie agricole», a expliqué Djibril Ouattara, le directeur général de MTN Côte d’Ivoire.

 Par ailleurs, il a indiqué qu’à travers ce partenariat, sa société va aider cette fédération du secteur du vivrier à automatiser les modes de paiement et permettre aux bénéficiaires de bénéficier de  «services financiers adaptés  ».

En outre, a ajouté M. Ouattara, cette convention permettra aux membres de cette fédération de bénéficier des offres téléphoniques (appels, SMS) adaptées. En retour, Colette Irié Lou, la présidente de la FENASCOVICI a dit sa gratitude à cet opérateur de téléphonie mobile.

 « C’est un mariage qui est scellé. Nous allons honorer cet engagement avec vous », a promis Mme Irié Lou, appelant à une modernisation du secteur du vivrier en Côte d’Ivoire. Créée en 1998, la FENASCOVICI qui regroupe des acteurs  du secteur vivrier en Côte d’Ivoire, revendique environ 400 000 membres.

Affi, libéré et mis sous contrôle judiciaire, se présentera aux législatives à Bongouanou (proche)

Le président du Front populaire ivoirien (FPI, opposition), Affi N’guessan, libéré par la justice et mis sous contrôle judiciaire, se présentera aux législatives de mars 2021 à Bongouanou (centre-est), selon son entourage.Joint au téléphone, Me Godé Dagbo, l’un des avocats de M. Affi Nguessan, a fait savoir qu’en dépit des poursuites à son encontre pour atteinte à l’autorité de l’Etat dans le cadre du scrutin présidentiel du 31 octobre 2020, il peut se présenter pour ces joutes électorales.Pour Me Godé Dagbo, le président du FPI, actuellement en liberté conditionnelle, est éligible parce que bénéficiant de la présomption d’innocence et n’a pas été encore été condamné.      M. Affi a remporté le siège de la circonscription de Bongouanou à l’issue des législatives de décembre 2016 avec 59,7% devant le candidat du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, pouvoir), Assoumou Méa (39,18%).L’ancien Premier ministre ivoirien, Affi Nguessan, fait face à une fronde au sein du FPI, parti fondé par Laurent Gbagbo. Une frange du parti avait refusé de participer aux législatives passées. Mais, pour les prochaines législatives, l’opposition a décidé d’aller en rang serré avec une « stratégie commune ».Le gouvernement a adopté la date du 6 mars 2021 pour la tenue des prochaines législatives afin de respecter les dispositions de la Constitution. L’opposition demande un report de l’élection pour une meilleure organisation du scrutin.

Sahel: 6 milliards $ de la Bad pour la Grande muraille verte

La Banque africaine de développement (Bad) va mobiliser 6,5 milliards de dollars américains pour l’Initiative de la Grande muraille verte.Les ressources permettront de mettre en œuvre une série de programmes de soutien à la Grande muraille verte, en s’appuyant sur des sources de financement internes et externes, entre autres, le Fonds des énergies durables pour l’Afrique (SEFA), le Fonds vert pour le climat (FVC) et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM).

« Au moment où nous remontons la pente face au coronavirus et à ses répercussions sur notre monde, nous devons réajuster notre modèle de croissance. Nous devons prioriser la croissance qui protège l’environnement et la biodiversité, et cesser de privilégier celle qui compromet notre bien commun », a déclaré le président de la Bad, Akinwumi A. Adesina cité dans un communiqué de presse.

Le plan de la Grande muraille verte consiste à planter une mosaïque d’arbres, de prairies, de végétation et de plantes sur 8000 kilomètres de long et 15 kilomètres de large à travers le Sahara et le Sahel.

Ce qui fait dire au président de la Bad que « la Grande muraille verte fait partie du système de défense de l’environnement en Afrique » et constitue « un bouclier contre les assauts de la désertification et de la dégradation de l’environnement ».

« L’avenir de la région du Sahel dépend de la Grande muraille verte. Sans elle, le Sahel risque de disparaître sous l’effet du changement climatique et de la désertification », a indiqué Akinwumi A. Adesina.

Il a ajouté : « La Grande muraille verte est un mur qui vaut la peine d’être construit. Un mur qui rassemble les populations, et non un mur qui les sépare. Un mur qui met à l’abri, et non un mur qui isole. Un mur qui protège notre existence collective. Un mur pour l’environnement, un mur pour la planète ».

Sénégal : Keur Massar, terre gorgée

Quatre mois après la déferlante des eaux pluviales dans cette populeuse commune de la banlieue de Dakar, les stigmates sont encore perceptibles çà et là. Plongée au cœur de l’épicentre des inondations.Keur Massar. Quartier El Hadj Pathé. Roger Mbaye, la cinquantaine dépassée, regagne sans mal sa demeure le soir. Durant le dernier été pluvieux, cette routine correspondait à un chemin de croix pour ce catholique. « Le déplacement était un casse-tête. Le danger réel. Dans les rues, on pouvait perdre pied et se noyer. On ne sortait que pour les courses essentielles », se souvient-il.

En début septembre 2020, il a plu des cordes un peu partout au Sénégal. Particulièrement à Keur Massar. « Vers 8 heures, le niveau de l’eau a commencé à monter. On a alors installé des barrages. Mais nos intenses efforts n’ont pas porté leurs fruits. J’ai donc rassemblé mes affaires. Je n’ai pu transporter un lit, une armoire, des matelas et des ustensiles.
A 13 heures, ma maison était envahie. A la tombée de la nuit, c’était le chaos », narre Cheikh Faye, habitant du quartier Sogui Bâ.

Dans un instinct de survie, cet enseignant résidant à Keur Massar depuis une quinzaine d’années plie bagage et laisse derrière lui un capharnaüm : « Le niveau de l’eau oscillait entre 1m10 et 1m20. C’était la panique générale. On n’avait jamais vécu pareille situation. Un sauve-qui-peut ! Ceux qui sont restés ce jour-là ont frôlé le pire durant la nuit parce que la pluie avait redoublé d’intensité ».

Père de six enfants, M. Faye a organisé en urgence le retrait de sa famille. « J’ai conduit certains d’entre eux à la maison familiale. Pour les autres, j’ai trouvé des lieux d’accueil temporaires. Mais j’ai dormi trois jours supplémentaires dans une chambre qu’on m’avait prêtée
dans le quartier », détaille-t-il.

Amadou Diallo, teint clair, y tient un commerce. Sa boutique n’a pas résisté aux flots. « Toutes les marchandises au sol ont été détruites. J’ai perdu des frigidaires. Les dégâts
sont estimés à 200.000 F CFA (300 euros) au moins », se désole-t-il.

La mosquée du coin, qui fait également office d’internat pour des enfants en apprentissage du Coran, a été submergée. « Tout le monde était sorti. Nous avons essayé de sauver ce qui pouvait l’être », souligne l’imam Serigne Abdou Karim Niang.

A proximité, Mohamed Timara tire de toutes ses forces une barque artisanale sur laquelle sont rangés des bidons d’eau. « C’est pour ma grand-mère qui se trouve dans un immeuble où il n’y a plus d’eau. Elle ne sort plus à cause des inondations. Il arrive que je fasse cette opération deux fois par jour », explique l’adolescent dégoulinant de sueur.

Pendant ce temps, trois femmes, gilets bien ajustés, embarquent dans un zodiac stationné devant le poste de commandement avancé des sapeurs-pompiers afin de rejoindre leurs foyers. Le bateau pneumatique à moteur navigue lentement dans des eaux verdâtres d’une hauteur de 83 centimètres.

Pour les moins chanceux, le système D s’imposait. « Il y avait un business de la traversée des eaux.
Le trajet était facturé à 1000 F CFA au début et à la fin le prix est tombé à 500 F CFA», informe Roger Mbaye.

Ciel déchaîné

Selon l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), du 4 au 6 septembre, une vingtaine de localités du pays ont enregistré une pluviométrie supérieure ou égale à 150 millimètres. Ces fortes précipitations ont causé sept décès et poussé le gouvernement à activer dare-dare le plan Orsec (Organisation des secours).

Originaire de Boundou, dans le Sénégal oriental, Mamadou Bâ (63 ans) est l’un des tout premiers sinistrés à s’établir au site de recasement situé à quelques encablures du Centre de santé de Keur Massar.

Vêtu d’un kaftan bleu assorti d’un bonnet blanc, le patriarche assis sur une natte dressée sous un parasol de fortune égrène un chapelet. « Je vis dans une tente avec ma femme, mes enfants et mes petits-enfants. On ne se plaint pas mais j’avais peur à l’idée d’y loger.
Car j’avais des échos peu rassurants sur ce type d’endroit. Heureusement, il n’y a pas de problème de sécurité ou d’alimentation. On nous donne gratuitement le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner », se console-t-il.

Ce jour-là, de jeunes hommes déchargent d’un camion des bidons d’huile. Sur place, l’aide s’organise avec les interventions de la mairie et de la Croix Rouge. Même un expatrié s’associe à l’élan de solidarité. International sénégalais de basketball dans les années 90, Boubacar Richard Aw est maintenant un entraîneur aux Etats-Unis. « Son don est composé de riz, de tomate, d’huile, de café, de chocolat, de pâte, de lait, de sucre…
Il a senti la nécessité d’aider les sinistrés. Il n’oublie pas d’où il vient », rapporte Mbacké Seck, son émissaire.

Tout comme le vieux Bâ, Fatou Dioum vient du quartier Mamadou Mbengue. Cette dame élancée occupe la tente 3 du camp de relogement : « J’étais entourée par l’eau. Pour prier, j’étais obligée d’aller dans la rue. Le paiement d’un loyer n’était pas à ma portée. Et même si on m’avait prêté une chambre cela ne m’arrangerait pas
parce que je suis en compagnie de mes enfants et petits-enfants ».

Avec le soleil de plomb, les adultes se retranchent dans la trentaine d’abris aménagés sur un vaste espace. Des garçons jouent aux billes. Tandis que des filles, seaux et bassines en main, se regroupent autour d’une citerne d’eau.

Tâche ardue

Macky Sall s’est rendu le 17 septembre dans la zone pour cerner l’ampleur du mal, apporter réconfort à la population et annoncer l’érection de Keur Massar en département.

Auparavant, le chef de l’Etat a dégagé un budget d’urgence de 10 milliards F CFA : sept milliards pour l’accompagnement des sapeurs-pompiers et de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) et 3 milliards en appui direct aux sinistrés sur la base des rapports des autorités locales. « J’ai plusieurs fois été contacté. On m’a identifié mais je n’ai rien reçu
jusqu’à présent », précise Roger Mbaye. Même son de cloche du côté de Cheikh Faye.

Plus récemment, le président de la République a reçu des mains de Moustapha Niasse, président de l’Assemblée nationale, le Rapport général (344 pages) de la Mission d’informations parlementaire sur les inondations.

Ce document contient notamment des recommandations pour consolider le Programme décennal de lutte contre les inondations (2012-2022). Son taux d’exécution financière est à ce jour de 66,7 %. Soit 506 milliards F CFA dépensés sur 766 prévus.

« Nous voulons que l’Etat construise des canalisations adéquates. Il faut des solutions durables pour que cette situation ne se reproduise plus », préconise Mamadou Bâ.

Sénégal : les inondations au cœur des politiques publiques

A un an de la fin de son exécution, le Plan décennal de lutte contre les inondations (PDLI) n’est pas encore venu à bout de ce phénomène qui nécessite des moyens additionnels.Avec la démographie galopante et les constructions parfois anarchiques, les populations de plusieurs localités du Sénégal vivent chaque hivernage le calvaire des inondations. Élu pour la première fois en 2012, le président Macky Sall a lancé, en septembre de la même année, le PDLI doté de 766,988 milliards F CFA.

Objectif, régler définitivement ce problème lancinant. Cependant, les dégâts causés par les précipitations qui se sont abattues en 2020 dans la banlieue dakaroise montrent que la bataille est loin d’être gagnée.

Pourtant, le budget prévisionnel a été exécuté à 66,7 %, soit 506 milliards F CFA jusque-là. Les investissements étaient prévus en trois phases dont deux sont bouclées. De 2012 à 2013, 66,375 milliards F CFA ont été dépensés dans la phase d’urgence.

Sur ce volet, l’Office national de l’assainissement (Onas) avait injecté 30,225 milliards F CFA pour la réhabilitation et la réalisation de stations de pompage et d’infrastructures de drainage des eaux ainsi que des bassins d’infiltration. Le travail concernait différentes zones, surtout des communes des régions de Dakar (ouest) et Diourbel (centre) où sont le plus notées les inondations.

La deuxième phase, prévue à court et moyen terme, entre 2014 et 2016, pour 250,603 milliards F CFA, touchait pratiquement plusieurs localités du pays, du sud au nord en passant par le centre et la capitale.

La phase moyen et long terme, qui a démarré en 2017, va se terminer en 2022 pour un investissement de 450,009 milliards F CFA. Un Projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation aux changements climatiques (Progep) est compris dans cette étape avec une enveloppe de 64,48 milliards F CFA dont le but est de « préserver 167.000 personnes ».

Mutation

Le PDLI, devenu le Programme décennal de gestion des inondations (PDGI), vise l’amélioration de la connaissance des zones d’inondation, le relogement des populations sinistrées, la planification, l’aménagement des villes et un important aspect relatif au renforcement de la résilience des villes qui consiste, entre autres, à réaliser des ouvrages de drainage des eaux de pluies.

Cependant, le travail effectué n’a pas permis d’évacuer correctement les eaux lors de la dernière saison. Ainsi, plusieurs personnes étaient obligées de quitter leurs domiciles là où d’autres, sans solution, avaient choisi de rester dans les eaux.

En octobre dernier, le président Macky Sall avait réaffirmé son ambition de poursuivre le PDLI, notamment à Keur Massar, dont les populations ont fortement subi les contrecoups des inondations. Lors de sa visite, il a promis de transformer cette grande commune en département.

« Nous allons poursuivre le Programme décennal de lutte contre les inondations (PDGI). Nous venons d’en faire l’évaluation. Nous en sommes à 506 milliards F CFA depuis 2012. Il nous faut aller au-delà des 760 milliards F CFA qui ont été programmés », disait-il en marge de la Journée nationale de la décentralisation.

Ainsi, pour le chef de l’Etat, le PDGI doit être poursuivi dans d’autres localités du Sénégal pour notamment libérer les voies et exutoires des eaux pluviales. Pour ce faire, le Progep, mais aussi les ministères des Collectivités locales, de l’Assainissement et l’Onas, « va s’atteler pour qu’au moins d’ici l’hivernage prochain, quelle que soit la quantité d’eau dans la zone, Keur Massar soit sauvée », a-t-il fait savoir.

L’Afrique dans l’engrenage des inondations

En 2020, le continent noir a connu une saison des pluies particulièrement violente avec des centaines de morts et des milliers de sinistrés. Tour d’horizon.Du Sénégal au Cameroun, en passant par le Mali, le Niger ou encore le Burkina, de fortes intempéries ont affecté plus de 760.000 personnes. Rien qu’au Soudan, traversé par le Nil, les précipitations ont tué 124 personnes et blessé 54 autres. Plus d’un demi-million d’individus sont concernés par les inondations dans la quasi-totalité du pays, selon l’Organisation des nations unies (Onu).

Dans un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) daté de septembre 2020, on note que « 557.130 personnes étaient affectées par les inondations dans 17 des 18 Etats qui composent le Soudan ».

Pour sa part, le Cameroun a enregistré au moins 64 morts et plus de 160.000 sinistrés. L’Extrême-Nord, en proie à la montée des eaux, est la partie la plus touchée.

Au Sahel, les inondations ont fait au moins 112 morts et affecté plus de 700.000 personnes. Surtout au Niger et au Tchad, d’après un décompte du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Au Niger, 34.000 maisons et cases ont été détruites et 5768 hectares de cultures submergés. Près de 9000 maisons se sont également effondrées dans une dizaine de villages riverains du fleuve éponyme.

Le Burkina Faso, autre pays de la bande sahélienne, n’a pas échappé à ces catastrophes naturelles. Au pays des Hommes intègres, au moins treize personnes sont mortes et 19 ont été blessées dans des inondations depuis août. Face à l’ampleur des dégâts, Ouagadougou avait même décrété l’état de catastrophe naturelle.

Au Sénégal, Dakar et plusieurs autres régions se sont retrouvées sous les eaux après un week-end rythmé par des pluies ininterrompues. Ces dernières ont notamment causé la mort de sept personnes.

Si le changement climatique est indexé comme étant la principale cause des déluges, dans un article intitulé « Afrique : derrière les inondations, une nouvelle ère hydroclimatique » publié dans le journal Le Point Afrique, les chercheurs Thierry Lebel, Gérémy Panthou et Théo Vischel affirment que « l’attribution d’inondations hors normes au seul réchauffement climatique est un sujet plus délicat ».

A en croire les auteurs de la publication, « les précipitations ne sont pas seules en cause. (Car) les dynamiques sociodémographiques et les changements d’usage des sols jouent aussi un rôle. C’est donc une problématique de changements globaux dont le réchauffement climatique n’est qu’une composante ».

Toutefois, le changement climatique peut accroître la fréquence des pluies torrentielles. « Les inondations de 2020, pour exceptionnelles qu’elles soient, s’inscrivent par ailleurs dans un contexte de recrudescence de ces phénomènes sur toute l’Afrique de l’Ouest depuis une quinzaine d’années. Recrudescence que l’on peut attribuer à l’effet conjugué de l’intensification pluviométrique et des changements d’usage des terres », poursuivent-ils.

Cette hypothèse pousse Zeinedinne Nouaceur, chercheur au département de Géographie de l’Université de Rouen (France), à affirmer dans son article intitulé « La reprise des pluies et la recrudescence des inondations en Afrique de l’Ouest sahélienne » que « ces évènements sont imputables, d’une part, à l’intensification des pluies et, d’autre part, à un développement urbain mal maîtrisé ».

Pour prévenir d’éventuelles inondations, les universitaires de Rouen invitent les Etats à mettre en œuvre des politiques d’adaptation déjà largement identifiées. Celles-ci vont de l’agroforesterie aux petits ouvrages en zone rurale pour faciliter l’infiltration de l’eau, sans oublier la révision des schémas d’assainissement dans les villes et, de manière plus générale, l’actualisation des normes hydrologiques qui servent de base au dimensionnement des infrastructures.