février 2026 - Journal du Niger

Niger : Coup de filet à Zinder contre le crack et l’escroquerie mystique

En l’espace de quelques jours, les services de police de Zinder ont porté un coup d’arrêt décisif à des activités illicites allant du trafic de crack à l’escroquerie « mystique ». Cette démonstration de force sécuritaire intervient dans un contexte de vigilance accrue sous le régime de transition.

 

Le rituel est désormais bien huilé à Zinder. le mardi 3 février 2026, dans la cour de la direction régionale de la police, le Colonel Massalatchi Mahaman Sani, gouverneur de la région, a présidé une cérémonie de présentation de « butin » et de suspects peu ordinaires. Aux côtés du Sultan du Damagaram, Sa Majesté Aboubacar Sanda Oumarou, les autorités ont pris la mesure d’un péril sécuritaire aux multiples visages qui rongeait la deuxième ville du pays.

Gouvernement du Zinder
© Gouvernement du Zinder

Crack et boutiques-écrans : la fin de cavale d’un baron local

C’est sans doute la prise la plus emblématique de cette opération menée par le Service Interrégional de la Police Judiciaire (SIRPJ) et l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS). Après quinze mois de traque, l’un des dealers les plus influents de la ville a été neutralisé.

L’homme, qui opérait sous le couvert d’une boutique de quartier, transformait lui-même la cocaïne en crack par un mélange chimique rudimentaire mais dévastateur. Considéré comme un maillon essentiel du trafic international dans la zone, il alimentait une consommation locale de plus en plus préoccupante. Lors de son arrestation, les enquêteurs ont saisi huit doses prêtes à la vente, confirmées par des analyses en laboratoire.

Gouvernement du Zinder
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Le mirage du bétail : quand l’escroquerie devient « mystique »

Le deuxième réseau démantelé s’attaquait au cœur de l’économie rurale : les éleveurs. Profitant de la vulnérabilité et de la crédulité de certains bergers, les membres de cette bande promettaient une multiplication « miraculeuse » du bétail par des procédés mystiques.

Le stratagème fonctionnait à merveille : les membres du réseau conduisaient les victimes chez un marabout complice. Celui-ci, à grand renfort d’incantations et d’artifices visuels, dépouillait directement les éleveurs de leurs biens en leur promettant une prospérité illusoire. Ainsi, les autorités de Zinder considèrent ce démantèlement comme un signal fort adressé aux zones rurales, où les escroqueries fondées sur de faux miracles continuent de sévir.

 

Usurpation d’identité : le défi de la cyber-vulnérabilité

Enfin, le troisième volet de cette offensive policière a mis en lumière un crime plus moderne : le vol d’identité. À cet effet, la police a interpellé un individu spécialisé dans la collecte frauduleuse d’informations personnelles. Grâce à la fabrication de faux documents, il parvenait à détourner des comptes téléphoniques et bancaires, vidant les économies de ses victimes.

L’arsenal de pièces compromettantes retrouvé sur lui témoigne de la sophistication croissante des délinquants locaux, obligeant les forces de sécurité à une montée en compétences technologiques.

Gouvernement du  Zinder
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L’appel au « renseignement en temps réel »

Face à ce panorama de la délinquance, le Colonel Massalatchi Mahaman Sani a salué le « dévouement » des unités de police tout en rappelant une règle d’or de la sécurité sous le CNSP : la collaboration citoyenne.

« Nous appelons la population à renforcer sa collaboration avec les forces de défense et de sécurité en fournissant des renseignements utiles en temps réel », a insisté le Gouverneur.

Dans une région frontalière où les flux de personnes et de marchandises s’intensifient, les autorités perçoivent la réussite de ces opérations de police judiciaire comme un test de crédibilité pour l’État. Bien décidées à assainir les centres urbains, elles s’attaquent aussi aux réseaux criminels qui financent, parfois, l’instabilité plus globale de la sous-région.

Arlit : Niamey durcit le ton contre Orano

Après le retrait du permis d’exploitation de la mine d’Imouraren, Niamey passe à l’offensive. Ce mercredi 4 février 2026, le gouvernement a franchi une nouvelle étape dans son bras de fer avec le géant français du nucléaire Orano en installant un comité d’experts chargé de documenter les « préjudices » subis par l’État nigérien. Une stratégie de « nationalisation » qui s’accompagne désormais d’une bataille judiciaire mondiale.

Au Niger, le divorce avec Orano (ex-Areva) ne se fera pas à l’amiable. Dans les salons feutrés de Niamey, le ton est dorénavant au bellicisme juridique. Le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Alio Daouda, a officiellement installé ce mercredi un comité d’experts dont la mission est de constituer un dossier d’accusation « massif » contre le groupe français.

Une « quête de souveraineté » contre « l’hostilité » française

Pour les autorités, ce comité est la réponse directe à ce qu’elles qualifient de « belligérance » de la France et de certains voisins de la CEDEAO. D’ailleurs, le ministre Alio Daouda n’a pas mâché ses mots lors de la cérémonie d’installation, dénonçant une « ingénierie diplomatique et militaire » visant à faire plier Niamey.

Au cœur du grief : la volonté du Niger de reprendre le contrôle total de ses ressources minières. Selon le garde des Sceaux, la décision de nationaliser l’exploitation de l’uranium a poussé Orano à assigner le Niger devant le Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Une démarche que Niamey juge illégale, invoquant la résolution 1803 de l’ONU sur la souveraineté permanente des peuples sur leurs richesses.

Santé, environnement et fiscalité : l’arsenal juridique de Niamey

Mais Niamey ne compte pas seulement se défendre devant le CIRDI ; le pays veut attaquer. Le nouveau comité d’experts a reçu pour instruction de ratisser large. Il devra documenter :

  • Le passif environnemental : le ministre a évoqué des « terres souillées par des déchets toxiques » déversés à l’air libre, mettant ainsi en péril la santé des populations de la région d’Arlit.
  • Le manque à gagner financier : les experts devront quantifier les préjudices économiques et les éventuels manquements fiscaux d’Orano durant ses décennies de présence au Niger.
  • Le volet sanitaire : le recueil de données chiffrées sur la santé humaine et animale dans les zones d’exploitation sera une pièce maîtresse du dossier.

« Si victime il y a, c’est bien le Niger et son peuple, soumis à une exploitation éhontée et à une mort programmée », a martelé le ministre de la Justice.

Vers des procès à Paris et à l’international ?

L’ambition du CNSP est globale. En effet, le comité ne se contentera pas de fournir des rapports de bureau : il doit construire des argumentaires capables de tenir devant n’importe quelle instance arbitrale, régionale ou internationale. Le ministre Daouda a même évoqué la possibilité d’attaquer Orano devant les juridictions françaises.

Le choix des membres de ce comité n’est, selon Niamey, pas le fruit du hasard. Il s’agit d’établir des faits appuyés par des données « incontestables » pour contrer la puissance de frappe juridique du groupe français.

Un tournant irréversible

Cette mise en place marque un point de non-retour dans les relations entre le Niger et son partenaire historique. En transformant ce contentieux commercial en une bataille pour la dignité nationale, le général Tiani mise sur la fibre patriotique.

Pour Orano, le défi est de taille. Le groupe, qui a toujours défendu la transparence de ses activités et son engagement environnemental au Niger, se retrouve face à un État décidé à utiliser tous les leviers du droit — national comme international — pour solder quarante ans d’histoire commune. La bataille d’Arlit se jouera désormais dans les tribunaux.

Niger : Le chef d’agence NITA Arlit en fuite avec 35 millions FCFA

À Arlit, dans le nord du Niger, un vent de panique souffle sur l’agence locale de la société de transfert de fonds NITA. Le chef d’agence est activement recherché par les forces de sécurité après la disparition d’une somme colossale. Un avis de recherche a été lancé ce mercredi 4 février 2026.

 

Un chef d’agence en cavale avec le coffre-fort

Selon un message radio diffusé ce matin par la Police nationale d’Arlit, le chef d’agence de l’entreprise NITA se serait volatilisé avec la somme de 35 millions de francs CFA. L’alerte, adressée à l’ensemble des forces de défense et de sécurité (FDS) du département, demande l’interpellation immédiate du suspect.

La police a formellement identifié l’homme : il s’agit d’Abdoul Kader, un jeune Nigérien qui occupait jusqu’alors le poste de responsable de l’agence locale. D’après les informations communiquées par les autorités, le suspect serait en fuite à bord d’un véhicule de marque Mercedes, de couleur grise.

 

Une enquête en cours et une direction silencieuse

Pour l’heure, les circonstances du vol demeurent floues. Les enquêteurs ignorent encore la date précise à laquelle les fonds ont quitté le coffre. Par ailleurs, la police a lancé une enquête judiciaire pour identifier d’éventuelles complicités et retracer le parcours du fuyard.

La direction générale de NITA garde le silence. Elle n’a publié aucune réaction officielle lors de la diffusion de l’avis de recherche, laissant ainsi usagers et partenaires de l’entreprise dans l’attente.

 

Des répercussions économiques redoutées à Arlit

Au-delà du simple fait divers, cette affaire pourrait ébranler l’économie locale d’Arlit. Dans cette cité minière où l’activité repose sur quelques structures financières clés, la perte d’un tel montant risque de perturber les transactions quotidiennes et de retarder les engagements financiers de nombreux clients.

Plus grave encore, cet incident érode la confiance des usagers envers les institutions de transfert d’argent. Il relance aussi le débat sur la sécurisation des flux financiers et la gouvernance des entreprises privées opérant dans les zones stratégiques du Niger.

L’enjeu de la transparence et du contrôle interne

Finalement, cette affaire de détournement présumé remet sur le devant de la scène la question cruciale du contrôle des fonds au sein des structures locales. Dans un contexte où la transparence est devenue un enjeu majeur pour la gouvernance publique et privée au Niger, la fuite d’un cadre avec les actifs de son agence souligne des failles de sécurité interne inquiétantes.

La résolution de cette affaire sera un test pour la police d’Arlit, mais aussi pour la crédibilité de l’institution financière concernée.

Agadez : Le Conseil des jeunes lance les travaux de pavage au CEG 1

À Agadez, l’initiative citoyenne portée par le Conseil communal de la jeunesse entre dans une phase concrète. Grâce à l’appui logistique de la commune urbaine, le transport du pavé destiné aux travaux d’aménagement a débuté ces derniers jours dans le secteur situé derrière le CEG 1, marquant une avancée significative de ce projet mené par les jeunes.

La municipalité a mis à la disposition du Conseil un camion, permettant l’acheminement progressif des matériaux vers le site concerné. Une contribution saluée par les porteurs du projet, qui y voient un signal fort de reconnaissance institutionnelle à l’égard de l’engagement des jeunes dans le développement local.

Selon les responsables du Conseil communal de la jeunesse, cette étape logistique constitue un préalable essentiel avant le lancement effectif des travaux de pavage. Par ailleurs, elle précise qu’une fois cette phase achevée, elle communiquera la date de pose du pavé aux populations concernées.

Conseil Communal de la Jeunesse d'Agadez
© Conseil Communal de la Jeunesse d'Agadez

Au-delà de l’aménagement de la voirie, les initiateurs du projet revendiquent une ambition plus large : promouvoir une participation active des jeunes à la transformation de leur cadre de vie et encourager un changement durable des mentalités. « C’est un projet porté par les jeunes, pour la collectivité », soulignent-ils, insistant sur la dimension citoyenne de l’initiative.

Dans une ville confrontée à de nombreux défis urbains, cette mobilisation de la jeunesse, soutenue par les autorités communales, illustre une dynamique de co-construction entre institutions locales et acteurs de la société civile, appelée à se renforcer dans les mois à venir.

Libye : Saïf al-Islam Kadhafi tué, zones d’ombre autour de sa mort

TRIPOLI / Niger, 4 février 2026 – Saïf al-Islam Kadhafi, l’un des fils de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi, est mort mardi 3 février dans sa ville natale de Zintan, dans l’ouest du pays, ont rapporté plusieurs sources, dont des proches, son avocat et des médias locaux et internationaux.

Selon le procureur général libyen, relayé par des médias internationaux, Saïf al-Islam, âgé de 53 ans, a été atteint de plusieurs tirs et une enquête criminelle a été ouverte pour identifier et poursuivre les auteurs.

Des déclarations de son équipe politique et de son avocat indiquent que quatre hommes armés ont pris d’assaut sa résidence, désactivant les caméras de surveillance avant de l’exécuter. Son conseiller politique, Abdullah Othman Abdurrahim, a qualifié l’assassinat de « perfide », tandis que son cousin Hamid Kadhafi a indiqué sur les réseaux sociaux que Saïf « est tombé en martyr ».

 

Un acteur controversé de la scène libyenne

Saïf al-Islam a émergé ces dernières années comme une figure politique controversée. Avant la chute du régime en 2011, beaucoup le considéraient comme l’héritier potentiel de son père. Les autorités libyennes l’ont arrêté, puis un tribunal l’a condamné à mort en 2015 pour des crimes liés à la répression de l’insurrection. En 2017, une amnistie l’a libéré. La Cour pénale internationale (CPI) le vise également avec un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité.

Dans une tentative de revenir au premier plan, il avait annoncé sa candidature à la présidentielle libyenne en 2021, un scrutin finalement annulé en raison de l’instabilité politique persistante dans le pays.

 

Une Libye toujours fragmentée

La mort de Saïf al-Islam intervient dans un climat d’instabilité chronique en Libye, où rivalités politiques, milices armées et autorités rivales continuent de fragmenter le paysage politique national. Cette disparition pourrait rebattre les cartes à l’approche d’un nouvel épisode électoral, longtemps espéré mais sans calendrier officiel.

Les circonstances exactes de l’attaque restent encore floues, certains médias évoquant des débats autour de possibles affrontements entre factions armées, tandis que d’autres avancent la piste d’un assassinat ciblé visant à écarter toute figure susceptible de rassembler autour d’un projet politique.

Niger : Eau et éducation à Dabaga

Dans le département de Tchirozérine, au cœur de la région d’Agadez, l’accès à l’éducation et à l’eau potable franchit une nouvelle étape. Ce lundi 2 février 2026, les autorités locales ont réceptionné des équipements structurants dans le village d’Egharghar, marquant une avancée concrète pour les populations rurales du Nord-Niger.

 

C’est une mission de terrain aux multiples enjeux qu’a conduite le capitaine Boukari Riba, préfet du département de Tchirozérine. Accompagné de l’adjudant-chef major Abdourahamane Mohamed, administrateur délégué des communes de Tchirozérine et Dabaga, le représentant de l’État s’est rendu à Egharghar, une localité isolée située à 110 kilomètres au nord-est du chef-lieu de la commune.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

L’eau et l’école : deux priorités financées par le privé

Au centre de cette visite : l’inauguration d’une salle de classe entièrement équipée et d’une Mini Adduction d’Eau Potable (Mini AEP). Ce nouvel ouvrage hydraulique, alimenté par des pompes solaires, promet de transformer le quotidien des villageois en facilitant l’accès à une ressource vitale dans cette zone aride.

Par ailleurs, le financement de ces projets, dont le coût global s’élève à 42 millions de FCFA, provient intégralement du Groupe SOS. Ce geste généreux, rétrocédé effectivement à la commune, a été salué par les autorités départementales comme une contribution essentielle pour soulager la souffrance des communautés locales. La population, venue en nombre pour témoigner, a exprimé sa profonde satisfaction à l’endroit du donateur et de son président-directeur général.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Au-delà du béton, un dialogue sur le civisme et la paix

Cependant, la cérémonie ne s’est pas limitée à une simple coupure de ruban. Profitant de l’occasion, les autorités ont profité de ce cadre pour engager un dialogue direct avec les habitants sur des thématiques sociales majeures.

Ainsi, la cohésion sociale, le patriotisme et la citoyenneté ont été au cœur des échanges. Les autorités ont mis un accent particulier sur la scolarisation des enfants, et plus spécifiquement celle de la jeune fille, ainsi que sur la responsabilité collective dans l’entretien des nouveaux équipements.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Un élan spontané de solidarité nationale

Preuve du patriotisme ambiant évoqué lors des discussions, la rencontre a donné lieu à un acte de solidarité imprévu. En effet, les populations présentes ont initié une collecte spontanée en faveur du Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP).

Au total, une somme de 34 700 FCFA a été mobilisée sur place. Un geste symbolique qui, pour les autorités, illustre l’adhésion des citoyens des zones les plus reculées aux efforts de stabilisation et de développement du pays.

Niger : Élisabeth Shérif inaugure des forages et salue l’excellence à Niamey

NIAMEY, 2 février 2026 (JDN) – La ministre nigérienne de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales, Dr Élisabeth Shérif, a effectué lundi une visite de terrain dans plusieurs établissements primaires de Niamey. Dans le cadre de l’initiative « Une semaine, une école », cette sortie officielle a notamment mis en lumière la réception d’infrastructures hydrauliques offertes par la société civile, illustrant une dynamique de solidarité autour de l’école publique.

 

C’est dans ce contexte que la journée a débuté à l’école primaire Kouado 2, dans le quartier Telladjé (Niamey IV), par la traditionnelle cérémonie de montée des couleurs nationales et de celles de l’Alliance des États du Sahel (AES). Par ailleurs, cet établissement s’est distingué par une performance académique remarquable, affichant un taux de réussite de 100 % à la dernière session du Certificat de fin d’études du premier degré (CFEPD).

Ministère de l’Education Nationale
© Ministère de l’Education Nationale

Le retour au pays des anciens élèves

Saluant ces résultats, « c’est un score exceptionnel qui témoigne de la détermination et du don de soi de tous les acteurs », a déclaré le Dr Élisabeth Shérif, avant de réitérer l’engagement du chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani, en faveur d’une « éducation de qualité et inclusive ».

Dans la continuité de cette dynamique, le temps fort de la visite a été la réception d’un forage moderne offert à l’école par l’ONG AFRIKICKS. Au-delà de l’infrastructure, le geste revêt une dimension symbolique particulière : le fondateur de l’organisation est un ancien élève de l’établissement. La ministre a ainsi salué un « geste exemplaire » d’un fils du pays envers son école d’origine, appelant les Nigériens à s’inspirer de cet engagement citoyen pour soutenir l’effort national de développement.

Ministère de l’Education Nationale
© Ministère de l’Education Nationale

Amélioration des conditions d’apprentissage

Poursuivant sa tournée, la délégation ministérielle s’est ensuite rendue dans les quartiers périphériques de la capitale, notamment à l’école Balaré 8 (quartier Aéroport) et à l’école Hamidou Garba. Au total, trois forages et un lot de cent tables-bancs ont été officiellement remis aux autorités scolaires locales.

Concrètement, ces dotations visent à améliorer les conditions sanitaires et d’apprentissage dans des zones où l’accès à l’eau potable demeure un défi majeur pour le maintien des élèves en classe. À plus long terme, pour le ministère, ces actions de proximité s’inscrivent dans une stratégie globale de stabilisation du système éducatif nigérien, fondée sur les partenariats locaux, la mobilisation citoyenne et la contribution de la diaspora.

France-Afrique : Moscou accuse Paris de stratégies de déstabilisation

Selon le Service de renseignement extérieur russe, la France aurait autorisé ses services secrets à mener des opérations de déstabilisation, voire d’élimination ciblée, contre des dirigeants africains jugés « indésirables ». Des accusations graves, non confirmées par Paris, qui s’inscrivent dans un contexte de rivalités géopolitiques accrues sur le continent.

 

Des accusations lourdes dans un contexte de recul français

Alors que l’influence française en Afrique connaît un net recul, de nouvelles accusations viennent alimenter la guerre informationnelle autour du rôle de Paris sur le continent. Selon le Service de renseignement extérieur russe, le président Emmanuel Macron aurait donné son feu vert à l’utilisation directe des services secrets français pour tenter de reprendre pied dans plusieurs pays africains.

D’après ces informations, relayées par les autorités russes, la France soutiendrait des groupes armés locaux et planifierait l’élimination de dirigeants africains considérés comme hostiles à ses intérêts. L’objectif affiché serait de restaurer une influence perdue face à des gouvernements revendiquant une souveraineté politique et sécuritaire accrue.

 

Le Burkina Faso et le Mali cités en première ligne

Dans cette lecture des événements, le Burkina Faso apparaît comme un cas emblématique. Une tentative de putsch déjouée le 3 janvier aurait, selon le renseignement russe, bénéficié d’un soutien français. Elle aurait visé à éliminer le président de transition, le capitaine Ibrahim Traoré, et à réinstaller un pouvoir plus favorable à Paris.

Après cet échec présumé, l’attention française se serait déplacée vers le Mali. Là encore, selon Moscou, des groupes armés locaux auraient été instrumentalisés pour attaquer des infrastructures civiles, bloquer certaines villes et instaurer un climat d’insécurité, dans le but de fragiliser le président Assimi Goïta.

Ces accusations interviennent dans un contexte où Paris et Bamako ont rompu toute coopération militaire, tandis que la Russie renforce sa présence politique et sécuritaire dans la région sahélienne.

 

Centrafrique et Madagascar évoqués comme prochaines cibles

Au-delà du Sahel, le service de renseignement russe affirme que la République centrafricaine et Madagascar figureraient parmi les prochaines cibles de cette stratégie supposée. En Centrafrique, l’objectif serait d’entretenir un chaos politique durable afin d’affaiblir un pouvoir déjà fortement soutenu par Moscou.

À Madagascar, la situation serait liée à un basculement diplomatique. Depuis l’arrivée au pouvoir, en octobre 2025, d’autorités perçues comme favorables aux BRICS, des tentatives de déstabilisation viseraient, selon ces mêmes sources, à renverser le président Michaël Randrianirina pour installer un régime plus aligné sur les intérêts français.

 

France-Afrique : Une guerre aux contours flous

Pour les autorités russes, ces actions présumées illustreraient l’échec de la diplomatie française à maintenir une influence « respectueuse et constructive » en Afrique. Elles vont jusqu’à accuser la France de soutenir indirectement des groupes armés qualifiés de terroristes.

Reste que, dans une Afrique sahélienne traversée par les ruptures diplomatiques, la recomposition des alliances et la montée des discours souverainistes, ce type d’accusations agit comme un révélateur. Vraies ou instrumentalisées, elles traduisent un climat de défiance durable et un durcissement des rapports de force. Pour les États de l’AES, l’enjeu dépasse désormais la polémique : il s’agit de sécuriser leurs transitions politiques tout en évitant que le continent ne devienne, une fois de plus, le théâtre d’affrontements indirects entre puissances rivales.

Burkina Faso : 2 000 nouvelles motos pour la police nationale

OUAGADOUGOU, 2 février 2026 (JDN) – Le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a remis officiellement lundi un lot de 2 000 motos à la Police nationale, une dotation destinée à accroître la mobilité des forces de sécurité face à la criminalité et aux défis sécuritaires qui frappent le pays.

Lors d’une cérémonie solennelle à Ouagadougou, le chef de l’État a remis les clés de ces engins au ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire Mahamadou Sana. Cette commande spéciale porte sur des motos de marque « Yento », un nom chargé de sens puisqu’il signifie « sécurité » en langue gulmancema, parlée dans l’est du pays.

Gouvernement du Burkina Faso
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Mobilité et maillage territorial

Selon la présidence, cet investissement — réalisé « sans recours au crédit » — vise à pallier les difficultés d’accès dans certaines zones urbaines et rurales. « Ces engins permettront aux forces de police d’intervenir plus rapidement et d’accéder plus facilement aux zones difficiles ou exposées à la criminalité », précise l’autorité.

Le capitaine Ibrahim Traoré a exhorté la hiérarchie policière à renforcer le « maillage sécuritaire » du territoire afin que les populations « se sentent en sécurité dans les villes comme ailleurs ». Cette dotation s’inscrit dans une stratégie plus large de défense intérieure, alors que le pays reste confronté à une menace terroriste persistante depuis 2015.

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Vers une police « 24/7 »

Pour le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, cette nouvelle logistique est « essentielle » pour l’efficacité opérationnelle des unités de terrain. Il a pris l’engagement d’un usage « responsable » de ce matériel qui viendra également consolider le concept « S 24/7 ». Lancé en 2025, ce programme vise à assurer une présence policière continue et réactive sur l’ensemble du territoire national.

Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2022, le capitaine Traoré a fait de la reconquête du territoire et de la sécurité des populations sa priorité absolue, multipliant les acquisitions d’équipements militaires et de sécurité pour les forces régulières et leurs supplétifs civils (VDP).

Niger : Manifestations de soutien aux FDS à Agadez et Tabelot après l’attaque de la base 101

Au Niger, l’émotion et la mobilisation ne faiblissent pas. Au lendemain de l’attaque terroriste contre la base aérienne 101 de Niamey, des rassemblements de soutien aux autorités de transition et aux Forces de défense et de sécurité (FDS) ont eu lieu ce lundi 2 février dans plusieurs localités du pays, notamment à Agadez et Tabelot.

 

C’est un élan de solidarité qui traverse le territoire nigérien. À Agadez, la grande métropole du Nord, l’enceinte du gouvernorat a servi de cadre, ce lundi matin, à une importante manifestation de soutien. En effet, le gouverneur de la région, le général de division Ibra Boulama Issa, y a reçu les représentants des scolaires de la région.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Les élèves et étudiants, regroupés au sein de la section lycéenne et collégienne de l’Union des scolaires du Niger (USN), ont tenu à rendre publique une déclaration de soutien aux forces armées. Une cérémonie symbolique marquée par la présence de hautes personnalités civiles et militaires, au premier rang desquelles le Sultan de l’Aïr, Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou.

 

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

La mobilisation gagne le Niger profond.

À quelques centaines de kilomètres de là, dans la commune rurale de Tabelot, le scénario s’est répété. Devant l’administrateur délégué de la commune, le commissaire principal de police Kemil Ibrahim, les populations se sont massées pour exprimer leur indignation après l’assaut contre la base 101 de la capitale et réaffirmer leur confiance envers le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP).

Mais au-delà des discours politiques, la mobilisation a pris une dimension spirituelle. À l’appel des Oulémas, les habitants de Tabelot se sont retrouvés dans la grande mosquée de la ville pour une lecture intégrale du Saint Coran. Des invocations ont été dites pour la paix au Niger, mais aussi pour l’ensemble des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), en proie à l’insécurité.

Gouvernorat d'Agadez
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Appel à la « mobilisation générale »

Partout, le message reste le même : l’unité nationale face à la menace terroriste. Les manifestants ont appelé à une « mobilisation générale pour la défense de la patrie », saluant les efforts quotidiens du gouvernement pour la protection des civils.

Ces rassemblements interviennent dans un climat de haute vigilance sécuritaire au Niger. Ils illustrent aussi la volonté des autorités de transition de s’appuyer sur un large soutien populaire pour légitimer leur stratégie de lutte contre les groupes armés qui frappent le Sahel.