Helene Sourou, Author at Journal du Niger

Niger : Le ministre de la Santé Garba Hakim en visite au PAM

NIAMEY, 28 janvier 2026 (JDN) – Le ministre nigérien de la Santé et de l’Hygiène publique, le médecin colonel-major Garba Hakim, a effectué mercredi une visite de travail au siège du Programme alimentaire mondial (PAM) à Niamey, marquant une volonté de renforcer la lutte contre l’insécurité nutritionnelle dans les zones isolées du pays.

Cette visite, intervenant dans un contexte de défis climatiques et sécuritaires persistants au Sahel, vise à consolider le partenariat entre l’agence onusienne et les autorités nigériennes.

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L’urgence nutritionnelle au cœur des échanges

Accompagné d’une importante délégation, le ministre a exprimé la reconnaissance du gouvernement face aux « grands défis nutritionnels » qui touchent particulièrement les enfants et les populations fragiles.

« Nous pouvons atteindre les objectifs d’une meilleure prise en charge nutritionnelle, surtout pour les populations des endroits isolés », a déclaré le colonel-major Garba Hakim. Il a également souligné que l’appui du PAM demeure « crucial » pour relever ces défis et a transmis les salutations du chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani, et du Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine.

Une architecture humanitaire au service de la résilience

La représentante et directrice pays du PAM au Niger, Kinday Samba, a mis à profit cette visite pour détailler l’empreinte de son institution dans le pays. Forte de plus de 280 agents déployés entre Niamey et cinq bureaux régionaux, notamment à Diffa, Maradi, Tahoua et Zinder, l’organisation structure son action autour de trois axes majeurs : l’assistance d’urgence en faveur des déplacés internes, des réfugiés et des communautés hôtes, le renforcement de la résilience par l’appui aux chaînes d’approvisionnement locales, ainsi que le transfert de compétences à travers des protocoles d’accord conclus avec les ministères techniques.

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Vers une surveillance nutritionnelle accrue

« Notre mission est d’assurer que les familles aient accès à une alimentation nutritive, surtout dans les zones exposées aux chocs », a rappelé Mme Samba, saluant ainsi une « initiative forte » du ministre de la Santé.

Finalement, la rencontre s’est conclue par une présentation des systèmes de surveillance nutritionnelle que le PAM aide à mettre en place pour anticiper les crises alimentaires. En signe de bonne coopération, la directrice pays a remis un présent symbolique au ministre, scellant ainsi la poursuite des plans opérationnels annuels entre les deux entités.

Niger : l’ARCEP lance sa plateforme de contrôle en temps réel des télécoms

Sous l’impulsion du général d’armée Abdourahamane Tiani, le Niger franchit une étape décisive dans sa quête de souveraineté économique. Ce mercredi 28 janvier, Niamey a inauguré sa plateforme nationale de contrôle des réseaux mobiles. Un outil technologique de rupture qui permet désormais à l’État de surveiller, en temps réel et sans intermédiaire, les revenus et la qualité de service des opérateurs.

En effet, c’est une révolution qui s’est jouée ce matin au siège de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP). En coupant le ruban inaugural au nom du Premier ministre, la ministre de la Fonction publique, Mme Aïssatou Abdoulaye Tondi, a envoyé un signal clair aux acteurs du secteur : l’ère de l’asymétrie d’information est révolue.

ARCEP Niger
© ARCEP Niger

Le nouveau système de contrôle intelligent des télécommunications

Déployée par le prestataire tunisien Infocom International (déjà actif au Mali et au Togo), cette plateforme est un concentré de technologie « non intrusive ». Connectée directement au cœur des réseaux des opérateurs (2G, 3G, 4G et bientôt 5G), elle aspire également les données de trafic et les flux financiers sans intervention humaine.

Pour Niamey, l’enjeu est triple :

  1. Fiscalité : S’assurer que chaque franc généré par les appels et la data est déclaré et taxé à sa juste valeur. Un mémorandum d’entente a d’ailleurs été signé dans la foulée entre l’ARCEP et la Direction Générale des Impôts (DGI) pour un partage automatique des données.
  2. Qualité : Mesurer objectivement le taux de réussite des appels et la couverture réelle, souvent critiqués par les usagers.
  3. Lutte contre la fraude : Détecter instantanément les pratiques illicites (bypass, sous-déclaration de trafic) qui grèvent les recettes publiques.

ARCEP Niger,
© ARCEP Niger,

L’arme de la « Refondation »

« La régulation ne peut plus reposer sur des mécanismes déclaratifs ou des outils partiels », a martelé la ministre Aïssatou Tondi. Pour le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), ce dispositif est un pilier de la « refondation nationale ». En reprenant le contrôle des données techniques et économiques, le Niger s’affranchit aussi de la dépendance aux rapports fournis par les opérateurs privés (Moov Africa, Airtel, Niger Telecoms).

ARCEP Niger
© ARCEP Niger

Un projet de dix ans qui aboutit

Le Directeur général de l’ARCEP, le Colonel-major Idrissa Chaïbou, n’a pas caché sa satisfaction. Ce projet, en gestation depuis plus d’une décennie, consacre l’aboutissement d’un effort de souveraineté technologique. Avec une architecture modulaire et sécurisée, le Niger dispose désormais d’un tableau de bord dynamique pour piloter son économie numérique.

En se dotant d’un instrument déjà éprouvé chez ses voisins de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Niger harmonise ainsi sa puissance de régulation. Reste désormais à voir comment les opérateurs accueilleront cette supervision « en temps réel », dans un secteur qui constitue l’un des principaux pourvoyeurs de recettes fiscales du pays.

Niger : lancement de l’opération vente de riz local à prix modéré

À Niamey, le gouvernement nigérien passe à l’offensive contre l’inflation. Ce mercredi 28 janvier, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a lancé une opération massive de vente de riz local à prix subventionnés. Entre enjeux de sécurité alimentaire et démonstration de résilience, Niamey joue la carte du patriotisme économique.

L’image se veut forte. Au Palais du 29 Juillet, transformé pour l’occasion en immense magasin d’État, le Premier ministre, entouré de la présidente du Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP), Mme Raki Djamakoye, et de plusieurs membres du gouvernement, a donné le coup d’envoi de la vente de plus de 1 000 tonnes de riz local. Baptisée « Spécial Ramadan » — bien que lancée en avance pour stabiliser les stocks —, cette opération vise à écouler 42 000 sacs de riz rachetés directement aux producteurs nationaux.

Mme Aghaichata Guichene
© Mme Aghaichata Guichene

La revanche de la « Grande Irrigation »

Pour Ali Mahaman Lamine Zeine, cette opération est bien plus qu’une simple mesure sociale. C’est la preuve, selon lui, de la réussite du programme de « Grande Irrigation » lancé par le général Abdourahamane Tiani. « C’est la capacité de notre peuple à se prendre en charge, en produisant pour lui-même », a-t-il martelé devant les officiels.

Deux ans après l’embargo de la Cedeao qui avait durement frappé les étals nigériens, Niamey veut prouver que le pays peut désormais se passer du riz importé, dont les prix mondiaux restent volatils.

Mme Aghaichata Guichene
© Mme Aghaichata Guichene

Des prix défiant toute concurrence

Grâce au financement du FSSP (à hauteur de plus de 2 milliards de FCFA pour la réhabilitation des périmètres irrigués), l’Office National des Aménagements Hydro-agricoles (ONAHA) peut proposer des tarifs imbattables :

  • Le sac de 25 kg de riz premium (Riz 33) s’affiche à 10 500 FCFA, contre environ 13 500 FCFA sur le marché habituel.

  • La brisure de riz, base de l’alimentation populaire, descend à 8 000 FCFA les 25 kg.

Variété Quantité Prix (FCFA)
Riz 33 25 kg 10 500
Riz 32 25 kg 9 500
Brisure 25 kg 8 000
Son de riz (pour bétail) 40 kg 3 500

Mme Aghaichata Guichene
© Mme Aghaichata Guichene
Mme Aghaichata Guichene
© Mme Aghaichata Guichene

Un test pour le « Consommer Local »

L’enjeu est désormais de taille : transformer cette opération ponctuelle, qui durera jusqu’au 6 février, en une habitude de consommation durable. Le Niger, qui dispose de 11 millions d’hectares irrigables mais n’en exploite qu’une fraction, parie sur cette visibilité pour encourager les investissements privés dans la filière.

En impliquant le Fonds de Solidarité, le CNSP réaffirme que la « sauvegarde de la patrie » passe aussi par l’assiette. Reste à savoir si la production suivra la cadence pour approvisionner le reste du pays, alors que Niamey concentre pour l’instant l’essentiel de la distribution.

Niger-PAM : Fin de mission pour Kinday Samba

Le Niger traverse une phase de mutation profonde de son appareil d’État : le Programme alimentaire mondial (PAM) s’apprête à changer de visage à Niamey. En effet, ce mercredi 28 janvier, la représentante résidente Kinday Samba a fait ses adieux au ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le colonel Mahaman Elhadj Ousmane.

Une page se tourne pour le Programme alimentaire mondial au Niger. Arrivée au terme de son mandat, la directrice pays, Mme Kinday Samba, a été reçue une dernière fois par le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage pour un bilan de coopération aux enjeux cruciaux. Par ailleurs, cette rencontre intervient à un moment charnière : il y a tout juste deux semaines, le PAM livrait un diagnostic exhaustif sur la cartographie des besoins en renforcement de capacités de six institutions publiques nigériennes.

Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage
© Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage

Le défi de la souveraineté alimentaire

Sous la direction de Kinday Samba, la collaboration entre l’agence onusienne et le ministère ne s’est pas limitée à l’aide d’urgence. Le partenariat a aussi mis l’accent sur deux piliers stratégiques pour le gouvernement de transition :

  • Le soutien aux populations vulnérables face aux chocs climatiques.
  • La modernisation des informations agrométéorologiques, indispensables pour orienter les campagnes de semis et d’élevage dans un Sahel de plus en plus imprévisible.

Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage
© Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage

Un héritage institutionnel

À Niamey, les autorités perçoivent le diagnostic remis par le PAM comme une véritable feuille de route pour moderniser l’administration agricole. Pour le colonel Mahaman Elhadj Ousmane, l’enjeu est désormais de transformer l’appui technique international en une autonomie institutionnelle durable.

C’est dans cette dynamique de continuité stratégique que s’est tenue la cérémonie de départ, empreinte de solennité, en présence du Secrétaire général Ousman Abdou. Elle s’est conclue par la remise d’un présent symbolique à la diplomate onusienne. Si le nom de son successeur n’est pas encore officiel, les autorités nigériennes ont d’ores et déjà balisé le terrain : le futur représentant devra poursuivre l’intégration des plans du PAM dans la vision nationale de souveraineté alimentaire prônée par le CNSP.

Au-delà de cette transition diplomatique, et dans un contexte plus large de redéfinition des partenariats internationaux, Niamey entend maintenir ce lien stratégique avec Rome, siège du PAM, tout en exigeant une efficacité accrue sur le terrain et un impact réel sur la productivité locale.

Agadez : Installation des comités pour le Schéma d’Aménagement Foncier

AGADEZ, 28 janvier 2026 (JDN) – Le gouverneur de la région d’Agadez, le général de division Ibra Boulama Issa, a officiellement installé mercredi les instances chargées de piloter l’élaboration du Schéma d’Aménagement Foncier (SAF), une étape jugée cruciale pour la gestion des terres dans cette zone stratégique du Nord-Niger.

En effet, la cérémonie s’est tenue dans la salle de réunion de la Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) Laya d’Agadez, en présence des plus hautes autorités administratives et coutumières de la région.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Un cadre de coordination renforcé

Par ailleurs, le général Ibra Boulama Issa a procédé à l’installation de deux organes clés :

  • Le Comité Régional de Coordination (CRCE/SAF) : organe d’orientation chargé de superviser la cohérence du projet.
  • Le Comité Technique Régional (CTRE/SAF) : instance opérationnelle qui pilotera les travaux d’ingénierie et de cartographie.

L’objectif de ces comités est de définir un cadre réglementaire et technique pour une gestion durable et apaisée des terres, dans une région marquée par des enjeux pastoraux et miniers majeurs.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Une mobilisation multisectorielle

L’importance de l’événement a été soulignée par la présence du Sultan de l’Aïr, Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou, garant de la paix sociale et du droit coutumier, ainsi que des préfets des différents départements, des administrateurs délégués des communes et des représentants des partenaires au développement intervenant sur les questions foncières.

En plus, le Schéma d’Aménagement Foncier (SAF) doit permettre à la région d’Agadez de mieux prévenir les conflits fonciers, d’identifier les zones de pâturage et de sécuriser les investissements agricoles et miniers. Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de transition de stabiliser les territoires en s’appuyant sur des outils de planification rigoureux et inclusifs.

Dans une région où les richesses minières et le pastoralisme se côtoient, l’installation de ces comités marque le début d’une ère de planification rigoureuse. Le SAF d’Agadez pourrait ainsi devenir le moteur d’un développement économique plus ordonné, capable d’attirer des investissements tout en préservant les équilibres traditionnels.

Niger : Le colonel Garanké honoré par le ministère de l’Agriculture

NIAMEY, 28 janvier 2026 (JDN) – Le colonel Boubacar Soumana Garanké, administrateur délégué de la ville de Niamey, a reçu mercredi un « témoignage de satisfaction » officiel du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, en reconnaissance de son rôle clé dans la promotion des filières agro-pastorales au Niger.

Cette distinction honorifique lui a été remise par le ministre de tutelle lors d’une cérémonie solennelle, soulignant ainsi le « dévouement » et l’« engagement constant » de l’officier dans l’organisation et la réussite des foires agricoles de la capitale nigérienne.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

Un appui stratégique au « consommer local »

À travers cette décoration, les autorités nigériennes saluent un leadership fondé sur la rigueur et une vision claire du développement économique local. En effet, depuis sa nomination à la tête de la municipalité, le colonel Soumana Garanké a multiplié les appuis logistiques et institutionnels aux événements mettant en avant les producteurs nationaux.

« Cette distinction vient saluer un engagement soutenu en faveur de la promotion de l’agriculture, de l’élevage et de la souveraineté alimentaire », indique-t-on au ministère. Pour la Ville de Niamey, l’objectif est double : renforcer la visibilité des acteurs ruraux et inciter les populations urbaines à consommer les produits issus du terroir nigérien.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

La souveraineté alimentaire, priorité du CNSP

Cet hommage s’inscrit dans la stratégie globale de transition menée par le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP). En faisant de la sécurité alimentaire un pilier de la résistance nationale, le gouvernement encourage aussi les initiatives locales visant à réduire la dépendance aux importations.

En facilitant la tenue de ces foires, l’administration de Niamey ne se contente plus de gérer l’espace urbain ; elle se positionne désormais comme un maillon essentiel de la chaîne de valeur agricole, créant ainsi des ponts directs entre les éleveurs de l’intérieur du pays et les consommateurs de la capitale.

Niamey : Lancement de l’initiative urbaine « Une semaine, un quartier »

NIAMEY, 28 janvier 2026 (JDN) – L’administration municipale de Niamey a donné le coup d’envoi, mardi, d’un nouveau programme de gestion urbaine baptisé « Une semaine, un quartier », une initiative de proximité destinée à réhabiliter de manière accélérée les différents secteurs de la capitale nigérienne.

Le lancement officiel a été effectué au quartier Saga par l’administrateur délégué de la Ville de Niamey, le colonel Boubacar Soumana Garanké. Par ailleurs, cette stratégie repose sur une concentration massive des moyens municipaux dans une zone géographique unique pendant sept jours consécutifs.

la Ville de Niamey
© la Ville de Niamey

Une thérapie de choc urbaine

L’opération mobilise l’ensemble des services techniques de la ville pour des interventions simultanées. Selon les autorités municipales, l’objectif est d’apporter des « réponses concrètes » aux dégradations du cadre de vie. Les brigades spécialisées interviennent sur plusieurs fronts :

  • Salubrité : ramassage intensif des déchets et nettoyage des artères.
  • Infrastructures : réparation de la voirie et maintenance de l’éclairage public.
  • Aménagement : remise en état des espaces communs et sensibilisation des résidents.

la Ville de Niamey
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Vers une « participation citoyenne » accrue

Pour le colonel Soumana Garanké, cette initiative ne peut réussir sans l’adhésion des habitants. L’administration a ainsi lancé un appel au « civisme » et à la « responsabilité » des populations pour pérenniser les travaux réalisés.

Depuis leur arrivée au pouvoir, les autorités de transition multiplient les actions de terrain, démontrant aussi une efficacité immédiate dans les services publics de base. En ciblant le quartier Saga pour cette première étape, la Ville de Niamey réaffirme également sa volonté de placer l’action publique au plus près des préoccupations quotidiennes des administrés.

la Ville de Niamey
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 Saga Propre : chaque geste compte

L’initiative « Une semaine, un quartier » n’est pas qu’une opération de salubrité : c’est une promesse de transformation durable. Le Colonel Boubacar Soumana Garanké et les services municipaux ont ouvert la voie, mais la réussite dépend de chacun de nous. Garder nos villes propres, c’est protéger nos rues, nos caniveaux, nos lampadaires, nos devantures. C’est aussi veiller sur nos voisins et signaler les dérives avant qu’elles ne deviennent des fléaux.

La propreté n’est pas un geste isolé, c’est une responsabilité partagée. Chaque balayage, chaque tri de déchets, chaque vigilance citoyenne est une pierre posée pour bâtir un quartier rayonnant.

Niger-Chine : Pékin soutient Niamey contre les ingérences extérieures

NIAMEY, 28 janvier 2026 (JDN) – Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a reçu mardi à Niamey l’ambassadeur de Chine au Niger, Lyu Guijun, pour une audience solennelle marquant le renforcement de l’axe Pékin-Niamey sur les dossiers de souveraineté et de sécurité.

Cette rencontre, qui s’est tenue en présence du ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, intervient alors que le Niger cherche à diversifier ses partenariats stratégiques loin de ses alliés occidentaux traditionnels.

Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
© Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE

Soutien sécuritaire et lutte contre les ingérences

À l’issue de l’entretien, le diplomate chinois a réaffirmé l’engagement de Pékin à soutenir le Niger dans sa « lutte contre le terrorisme » et, de manière plus explicite, contre les « ingérences extérieures ».

« La Chine soutient le Niger dans la défense de sa souveraineté, de sa sécurité et de ses intérêts stratégiques », a déclaré M. Lyu, soulignant ainsi que Pékin accompagne les autorités nigériennes dans la mise en œuvre d’un modèle de développement « adapté aux réalités nationales ».

 

Un partenariat de « respect mutuel »

En échange de ce soutien au développement et à la sécurité, l’ambassadeur a aussi exprimé la reconnaissance de la Chine pour la position constante du Niger sur le dossier de Taïwan et sur les questions liées aux droits de l’homme, des thématiques sensibles sur lesquelles Niamey s’aligne régulièrement avec les positions de Pékin.

L’année 2026 est jugée « majeure » par les deux parties, puisqu’elle marque le 70ᵉ anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique.

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Coopération économique accrue

Premier investisseur dans le secteur pétrolier nigérien, la Chine entend approfondir sa coopération bilatérale dans plusieurs « domaines prioritaires » non précisés, mais visant des « bénéfices concrets » pour la population.

Alors que Niamey a opéré un virage diplomatique majeur en se tournant vers l’Alliance des États du Sahel (AES), la Chine s’impose plus que jamais comme le partenaire économique et diplomatique de premier plan pour la puissance sahélienne.

Niger : Le PAM et Niamey lancent la restauration de 4 millions d’hectares

NIAMEY, 26 janvier 2026  – Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a reçu ce lundi à Niamey une délégation de haut niveau du Programme Alimentaire Mondial (PAM), marquant un tournant dans la stratégie de coopération entre l’agence onusienne et les autorités de transition du Niger.

À l’issue de cet entretien, l’assistant du Directeur exécutif du PAM, Matthew Hollingworth, a dévoilé un ambitieux programme axé sur la souveraineté alimentaire : la réhabilitation de près de 4 millions d’hectares de terres dégradées à travers le pays.

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Souveraineté alimentaire et circuits courts

« L’objectif est de donner la chance aux Nigériens de produire ce qu’ils consomment », a déclaré M. Hollingworth devant la presse. En effet, ce projet de restauration des sols constitue la pierre angulaire d’une nouvelle approche visant à réduire la dépendance aux aides extérieures en boostant la productivité agricole locale.

Outre la question foncière, les discussions ont aussi porté sur le renforcement des programmes d’alimentation scolaire et le soutien à l’économie rurale. Par ailleurs, l’agence onusienne s’est engagée à agir comme un catalyseur auprès de la communauté internationale.

« Nous sommes engagés à faire en sorte que le Niger soit vu à l’extérieur pour mobiliser des ressources et soutenir ses priorités », a assuré le haut fonctionnaire.

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Un partenariat « réaligné »

En amont de cette audience, une séance de travail élargie s’est tenue sous la présidence du ministre des Affaires étrangères, Yaou Bakary Sangaré. Ce dernier a également rappelé avec fermeté le nouveau paradigme de Niamey : depuis le 26 juillet 2023, la coopération internationale doit impérativement s’aligner sur le « Programme de résilience » défini par le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP).

« Le Niger est en phase de redéfinition de sa coopération. Les partenaires sont appelés à s’aligner avec nos programmes nationaux », a martelé le chef de la diplomatie nigérienne, tout en saluant « l’excellence » des relations avec le PAM.

Les représentants des ministères de l’Agriculture, de l’Intérieur et de la Population ont présenté à la délégation onusienne les perspectives techniques et les futures conventions destinées à encadrer l’action du PAM sur le terrain. Cette mission intervient alors que le Niger, malgré les défis climatiques et sécuritaires, affiche sa volonté de transformer son système agroalimentaire par une gestion souveraine de ses ressources.

Pétrole : Arkab et Tinni relancent le partenariat Algérie-Niger

En visite à Niamey ce lundi, le ministre algérien de l’Énergie, Mohamed Arkab, a rencontré son nouvel homologue nigérien Hamadou Tinni. Au menu : la relance du projet stratégique de Kafra et la consolidation d’un partenariat énergétique devenu vital pour les deux voisins.

 

Le ballet diplomatique entre Alger et Niamey ne faiblit pas. Moins de quelques mois après les remaniements au sein de l’exécutif nigérien, l’Algérie dépêche son « Monsieur Énergie », Mohamed Arkab, pour prendre le pouls de la coopération pétrolière. Accueilli par le nouveau ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tinni, le ministre algérien est venu confirmer une priorité absolue : la présence de la Sonatrach au Sahel.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole

Kafra, le joyau du désert

En effet, au cœur des échanges, l’attention s’est portée sur l’état d’avancement du bloc de Kafra. Situé à l’extrême nord du Niger, à proximité de la frontière algérienne, ce champ pétrolier incarne l’expansion internationale du groupe Sonatrach.

Longtemps ralenti par des questions de sécurité et des contraintes logistiques, le projet entre désormais dans une phase décisive. Pour Niamey, l’exploitation de Kafra est cruciale pour augmenter sa production nationale — déjà dopée par l’exportation via le pipeline Niger-Bénin. Pour Alger, il s’agit également de démontrer sa capacité à piloter des projets d’exploration complexes au-delà de ses frontières, tout en sécurisant sa périphérie sud.

Ministère du Pétrole
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Un partenariat au-delà de l’extraction

Mais derrière les enjeux techniques de forage se dessine une stratégie de voisinage plus large. Le Niger, qui cherche à diversifier ses partenaires techniques depuis l’avènement de la transition, voit en l’Algérie un allié « naturel » et expérimenté.

Les deux ministres ont ainsi évoqué le partage d’expertise en matière de raffinage et de gestion des infrastructures. Cette collaboration s’inscrit dans une dynamique régionale où l’indépendance énergétique devient le socle de la souveraineté politique.

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Le spectre du TSGP

Selon le communiqué officiel, la relance du bloc de Kafra est intimement liée au grand projet de Gazoduc Transsaharien (TSGP), censé relier le Nigeria via le Niger et l’Algérie. ainsi En renforçant leurs liens pétroliers directs, Alger et Niamey envoient un signal de stabilité aux investisseurs internationaux : l’axe énergétique central du continent est opérationnel.

Pour le nouveau ministre Hamadou Tinni, ce dossier est un baptême du feu. Réussir l’intégration des activités de Sonatrach sur le sol nigérien serait aussi une victoire majeure pour le régime de Niamey, désireux de prouver que le pays peut prospérer en s’appuyant sur des partenariats sud-sud solides.