Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 6 sur 240

Niamey à 100 ans : une capitale face à son histoire et tournée vers 2050

Niamey ne célèbre pas seulement un anniversaire. Elle interroge son identité, son parcours et son destin. Ce mercredi 25 février 2026, le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Sidi Mohamed Almahmoud, a officiellement lancé l’exposition du centenaire intitulée « Niamey, des origines à l’horizon 2050 » au Centre Culturel Nigérien Moustapha Alassane.

Bien plus qu’une commémoration, l’événement s’impose comme une réflexion collective sur le passé, le présent et l’avenir de la capitale nigérienne.

Ville Niamey
© Ville Niamey

Une immersion dans l’histoire urbaine

À travers archives, photographies, témoignages et projections prospectives, l’exposition retrace l’évolution de Niamey, d’un modeste noyau administratif à une métropole sahélienne en pleine mutation.

D’abord village riverain du fleuve Niger, la ville s’est progressivement imposée comme centre politique, économique et culturel du pays. Aujourd’hui, elle concentre les défis majeurs du Niger : croissance démographique rapide, urbanisation accélérée, pression sur les infrastructures et nécessité d’une planification durable.

Ainsi, le parcours proposé au public ne se limite pas à une rétrospective. Il met en perspective les choix d’hier pour éclairer ceux de demain.

Ville Niamey
© Ville Niamey

Culture et citoyenneté : un enjeu stratégique

Selon les autorités, cette initiative s’inscrit dans une vision plus large : faire de la culture un levier d’éducation civique et d’unité nationale.

En effet, comprendre l’histoire de sa capitale, c’est aussi renforcer le sentiment d’appartenance et la responsabilité collective. À l’heure où la jeunesse représente la majorité de la population nigérienne, cette démarche vise à transmettre des repères solides et à encourager l’engagement citoyen.

La présence des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, ainsi que de représentants du gouvernement du Président du CCR, a d’ailleurs souligné la portée institutionnelle de l’événement.

Ville Niamey
© Ville Niamey

2050 : imaginer la métropole de demain

L’un des axes forts de l’exposition réside dans sa projection vers 2050. Quels seront les contours de Niamey dans vingt-cinq ans ? Comment concilier modernité, durabilité et cohésion sociale ?

Ces interrogations structurent la seconde partie du parcours. Urbanistes, historiens et acteurs culturels y esquissent les grandes orientations possibles : développement d’infrastructures résilientes, valorisation du patrimoine, intégration des nouvelles technologies et meilleure planification territoriale.

En ce sens, l’exposition agit comme un laboratoire d’idées ouvert au public.

Ville Niamey
© Ville Niamey

Un rendez-vous accessible à tous

Ouverte du mardi au dimanche, de 9 h à 17h (avec une pause de 13h à 14h30), l’exposition se tiendra jusqu’au 28 décembre 2026. Les autorités municipales invitent l’ensemble des citoyens, élèves, étudiants et familles à s’approprier cet espace de mémoire et de projection.

Car, au-delà des cérémonies officielles, le message est clair : on ne peut construire un avenir durable sans connaître les fondations sur lesquelles il repose.

Un centenaire comme moment d’unité

En définitive, cette célébration du centenaire dépasse le cadre festif. Elle symbolise un moment de vérité et de cohésion nationale. Niamey, à travers cette initiative, affirme aussi sa volonté de conjuguer héritage et ambition.

Le centenaire n’est donc pas seulement celui d’une ville. Il devient celui d’une communauté qui choisit de regarder son passé avec lucidité pour mieux façonner son avenir.

Crise des licences au Niger : La FENIFOOT brise le silence et durcit le ton

NIAMEY (Niger), 25 février 2026 — Le football se joue sur la pelouse, mais ces dernières semaines, c’est dans les bureaux de commissions et sur les réseaux sociaux que les scores semblaient se décider. Face à une multiplication sans précédent de recours et de contestations juridiques, le sommet de la Fédération Nigérienne de Football (FENIFOOT) a décidé de contre-attaquer.

Lundi 23 février, lors d’un point de presse aux allures d’opération de clarification, les ténors de la fédération ont dressé un constat sans concession : le championnat national traverse une zone de turbulences réglementaires qui menace l’image même du sport roi au Niger.

Fédération Nigérienne De Football
© Fédération Nigérienne De Football

Le « scandale des licences » : les faits qui fâchent

L’instance fédérale n’a pas utilisé de pincettes pour décrire l’ampleur du mal. Au cœur de la tempête ? Des manœuvres administratives qui faussent la donne sur le terrain. Oumar Hima Souley , Président de la Commission Compétitions, a mis en lumière des dossiers brûlants impliquant des piliers du football local :

  • L’imbroglio des transferts (Sahel SC, AS UAM et Urana FC) : la fédération a constaté l’utilisation de faux Certificats Internationaux de Transfert (CIT) lors des confrontations entre ces géants de la Super Ligue. En clair, certains joueurs ont obtenu leurs licences grâce à des documents falsifiés, rendant leur participation illégale.
  • L’affaire URANA FC vs USGN : ici, c’est le spectre de la fraude documentaire qui plane. Des licences internationales auraient été obtenues par des chemins détournés, une pratique qui frappe de plein fouet l’équité sportive lors de ces rencontres de haut vol.
  • Le dossier brûlant USGN vs AS UAM : Plus grave encore, la FENIFOOT a pointé du doigt un cas de « double identité ». Un joueur évoluant sous deux noms différents, une pratique strictement interdite qui jette aussi un froid sur l’éthique des clubs impliqués.

Fédération Nigérienne De Football
© Fédération Nigérienne De Football

« La loi, rien que la loi »

Face à ce que Mohamed Silimane, président de la Commission Communication, dénonce comme de la « mauvaise foi » et des « polémiques artificielles », l’instance fédérale rappelle avec fermeté que les décisions d’homologation reposent strictement sur les textes adoptés par les clubs eux-mêmes.

« Nous avons tranché en toute responsabilité. Le cadre réglementaire n’est pas une option, c’est un impératif », a martelé M. Silimane, au nom du président de la FENIFOOT, Issaka Adamou.

Pour mettre fin aux recours répétitifs, une note circulaire transitoire impose désormais la confirmation immédiate de toutes les licences de la saison en cours, afin d’assainir durablement la base de données fédérale.

Fédération Nigérienne De Football
© Fédération Nigérienne De Football

La cybercriminalité en ligne de mire

Le secrétaire général, Moulaye Mahamane Oumarou, a insisté sur l’urgence de protéger l’intégrité des tournois. Mais au-delà du terrain, c’est le terrain numérique qui inquiète. La FENIFOOT s’alarme de la virulence des débats sur les réseaux sociaux.

En effet, l’instance avertit : les publications tendancieuses qui menacent la cohésion sociale sous prétexte de rivalité sportive pourraient désormais tomber sous le coup de la loi sur la cybercriminalité. Un avertissement formel aux acteurs du football pour qu’ils privilégient la responsabilité au buzz destructeur.

 

La FENIFOOT impose la rigueur

En somme, cette sortie médiatique ferme la porte à l’ère de l’incertitude. En passant d’une phase de tolérance à une phase de rigueur technologique et juridique, la FENIFOOT tente de boucler la boucle des désagréments administratifs. L’objectif est clair : faire en sorte que dès la saison prochaine, le seul verdict qui compte soit celui du sifflet final. Le message est passé : le football nigérien doit grandir, ou il s’étouffera sous ses propres querelles.

 

Le Niger sécurise 20 000 tonnes d’engrais via le port de Lomé

Dans un contexte régional marqué par des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et par l’urgence de renforcer la production agricole nationale, le Niger vient de franchir une étape stratégique. En déplacement à Lomé, le ministre de l’Agriculture, le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane, s’est entretenu avec le ministre togolais en charge de l’Économie maritime, Kokou Edem Tengue, afin de sécuriser l’acheminement de 20 000 tonnes d’engrais destinées aux producteurs nigériens.

Cette opération logistique, qui transitera par le Port autonome de Lomé, représente bien plus qu’un simple accord technique : elle constitue un levier essentiel pour préserver la sécurité alimentaire nationale.

Kokou Edem Tengue
© Kokou Edem Tengue

Un enjeu vital pour l’agriculture nigérienne

Régulièrement confronté aux aléas climatiques, le Niger dépend fortement de la disponibilité des intrants agricoles pour maintenir ses rendements. L’engrais, en particulier, demeure indispensable pour soutenir la production céréalière, pilier de l’alimentation des ménages.

Or, l’enclavement géographique du pays impose une dépendance accrue aux corridors portuaires des États côtiers. Dans ce contexte, la fluidité du transit devient un facteur déterminant. En sécurisant le passage de 20 000 tonnes d’engrais via Lomé, Niamey anticipe les risques de rupture et protège sa campagne agricole.

Une coopération régionale pragmatique

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de solidarité sous-régionale. Le Togo, sous l’impulsion du Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé, mobilise ses infrastructures portuaires pour garantir un transit rapide et sécurisé au pays de l’AES depuis plusieurs années.

Pour le Niger, cet appui logistique représente une bouffée d’oxygène stratégique. Il témoigne également d’une diplomatie économique tournée vers des résultats concrets, au service des populations.

En effet, au-delà des discours, c’est la capacité des États à coopérer efficacement qui conditionne la résilience alimentaire de la région.

Kokou Edem Tengue
© Kokou Edem Tengue

Sécurité alimentaire : une priorité nationale

Le Niger fait face à des défis multiples : croissance démographique soutenue, pression climatique, instabilité régionale. Dans un tel environnement, sécuriser l’accès aux intrants agricoles devient une priorité nationale.

Ainsi, l’accord logistique conclu à Lomé participe d’une stratégie plus large visant à renforcer l’autonomie productive du pays. En garantissant l’arrivée d’engrais en quantité suffisante et dans les délais requis, les autorités nigériennes entendent soutenir les exploitants et limiter les risques de pénuries alimentaires.

 

Un corridor stratégique pour l’avenir

Le choix du port de Lomé illustre l’importance croissante des corridors ouest-africains dans les équilibres économiques régionaux. Pour Niamey, diversifier et sécuriser ses voies d’approvisionnement constitue un impératif stratégique.

En définitive, cette coopération avec le Togo ne se limite pas à un accord ponctuel. Elle ouvre la voie à un partenariat logistique durable, capable d’accompagner les ambitions agricoles du Niger.

Car, au cœur de cette initiative, il y a un objectif clair : garantir que les producteurs nigériens disposent des moyens nécessaires pour nourrir la nation.

Horizon 2030 : Agadez dessine les contours de son futur économique

AGADEZ (Niger), 25 février 2026 — Au cœur de la cité historique des Askia, l’heure n’est plus seulement à la gestion des affaires courantes, mais à la projection vers la fin de la décennie. Ce mercredi 25 février, la Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) d’Agadez a servi de cadre à un acte fondateur : le lancement officiel de la replanification du Plan de Développement Régional (PDR 2026-2030).

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Une architecture de gouvernance renforcée

Sous l’impulsion du Gouverneur de la région, le Général de Division Ibra Boulama Issa, deux organes clés ont effectivement pris leurs fonctions. Il s’agit du Comité Régional de Coordination et du Comité Technique Régional.

En d’autres termes, ces structures constituent désormais la boussole stratégique de la région. Elles auront pour mission de traduire les aspirations des populations en projets concrets, tout en s’assurant que chaque franc investi contribue à la résilience de cette zone carrefour.

 

L’union sacrée : Sabre, Plume et Turban

La solennité de l’événement a été marquée par une convergence rare des forces vives de la région. De fait, la présence de personnalités civiles et militaires aux côtés du Sultan de l’Aïr, Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou, témoigne d’une volonté d’inclure la tradition dans les mécanismes de modernisation de l’État.

« Le développement ne se décrète pas, il se planifie avec rigueur et inclusion », a laissé entendre l’atmosphère des échanges.

Cette synergie entre les directeurs régionaux, les partenaires au développement et les organisations socioprofessionnelles souligne une réalité évidente : le succès du PDR 2026-2030 reposera sur une coopération horizontale sans précédent.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Un défi de souveraineté et de proximité

Alors que le Niger traverse une période de réajustements structurels majeurs, Agadez se positionne comme un laboratoire de la décentralisation efficace. Par conséquent, ce nouveau plan ne se contentera pas de lister les besoins ; il devra répondre aux défis spécifiques de la zone, tels que la gestion des ressources naturelles, la sécurité frontale et l’autonomisation des jeunes.

Cependant, le chemin reste parsemé d’embûches. La réussite de cette replanification dépendra de la capacité du Comité Technique à transformer les données du terrain en opportunités de croissance réelle pour les populations nomades et urbaines.

 

La boucle du destin d’Agadez

En somme, cette cérémonie à la MJC boucle la boucle d’une longue tradition de résilience. En installant ces comités le jour même où les réflexions s’ouvrent, le Général Ibra Boulama Issa rappelle que si Agadez est la porte du désert, elle est avant tout celle de l’avenir du Niger. Le rendez-vous est pris pour 2030 : l’histoire retenue, c’est ici, entre le turban du Sultan et le commandement du Général, que le futur de l’Aïr a commencé à s’écrire, ouvrant un nouveau chapitre politique et social.”

Heurts au marché Dollé : quand la régulation vire à l’affrontement

NIAMEY (Niger), 25 février 2026 — L’épaisse fumée des gaz lacrymogènes a remplacé, ce mercredi matin, l’agitation habituelle des échanges commerciaux au marché Dollé. Ce qui ne devait être qu’une simple mesure de régulation s’est transformé en un véritable théâtre d’affrontements, opposant des commerçants à bout de nerfs à une société de sécurité privée déterminée à faire respecter la « loi du mètre ».

 

Une étincelle dans un baril de poudre

Le calme précaire qui régnait depuis l’incendie dévastateur d’une partie du site a volé en éclats. Selon nos informations recueillies sur place, les accrochages de ce 25 février ne sont que l’aboutissement d’une fureur qui couvait depuis quarante-huit heures.

En effet, la mise en place de nouvelles restrictions spatiales par l’administration du marché a mis le feu aux poudres. La règle est désormais stricte : aucune marchandise ne doit dépasser un périmètre de 100 centimètres devant les étals. Une directive perçue par les vendeurs non comme une mesure de sécurité, mais comme un étranglement de leur activité.

 

La « méthode forte » pointée du doigt

Le cœur du litige réside dans l’application zélée de cette norme. Les agents de sécurité, mandatés pour dégager les allées, procèdent à des saisies systématiques des articles hors limites.

« Ce n’est plus de l’organisation, c’est de la traque », s’insurge un revendeur de tissus, les yeux encore rougis par les irritants. « Ils prennent nos biens et les déposent à l’administration sans discussion. Comment nourrir nos familles si l’on nous prive de notre visibilité ? »

Par conséquent, cette rigueur jugée disproportionnée a provoqué une levée de boucliers. La contestation, d’abord verbale, a rapidement basculé dans la violence physique, forçant les unités de police à intervenir massivement pour disperser la foule et prévenir un embrasement généralisé du quartier.

 

Un défi de reconstruction sociale

Au-delà de la simple altercation, cet incident révèle la difficulté de réformer les espaces marchands après un sinistre. Si l’administration justifie ces mesures par la nécessité de laisser les voies d’accès libres pour les secours — une leçon tirée du dernier incendie —, les commerçants, eux, y voient une atteinte directe à leur liberté d’entreprise.

Cependant, le dialogue semble aujourd’hui rompu. Pour les autorités municipales, le défi est de taille : rétablir l’autorité sans sacrifier la paix sociale dans l’un des poumons économiques les plus vitaux de la capitale.

 

Le cycle du désaccord : de la cendre à la colère

Si l’on remonte le fil des événements, la situation au marché Dollé illustre une boucle tragique. Le traumatisme de l’incendie avait conduit à l’appel de la sécurité privée pour protéger le site ; ironiquement, c’est aujourd’hui cette même sécurité qui est perçue comme la menace principale par les usagers. En conclusion, tant qu’un terrain d’entente ne sera pas trouvé sur la gestion de l’espace, le marché Dollé risque de rester un terrain miné, où la sécurité des lieux et la survie des ventres peinent à cohabiter.

Niger : Le Général Tiani décore Mama Keita (ONU) en fin de mission

NIAMEY (Niger), 24 février 2026 — Dans un climat diplomatique en pleine mutation, le Palais de la Présidence a été le théâtre d’un geste symbolique fort ce mardi. Le Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a reçu la Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies, marquant ainsi la fin d’une mission charnière pour la coopération entre Niamey et l’organisation mondiale.

 

L’heure était aux bilans et aux adieux protocolaires. Après dix-huit mois passés au cœur des réalités nigériennes, Mama Keita quitte ses fonctions. Cependant, ce départ ne s’effectue pas dans l’anonymat : il est souligné par une reconnaissance officielle de haut rang, témoignant de la volonté du Niger de maintenir un dialogue constructif avec les instances internationales.

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Une diplomatie de terrain saluée par Niamey

Dès sa prise de fonction, Mama Keita avait bénéficié du soutien des autorités de transition. Aujourd’hui, le gouvernement nigérien transforme ce soutien en hommage. En effet, sur instruction directe du Général Tiani, le diplomate a reçu une médaille honorifique des mains du Ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré.

Cette distinction souligne non seulement l’accomplissement professionnel de l’émissaire onusienne, mais elle reflète également la capacité du Niger à stabiliser ses partenariats extérieurs dans un contexte régional complexe.

 

« Un peuple d’une grande simplicité »

Au-delà des médailles, c’est l’aspect humain qui semble avoir marqué cette mission. Lors de ses derniers mots à la presse présidentielle, Mama Keita n’a pas caché son émotion.

« Je retiens du Niger un peuple profondément humain », a-t-elle confié, tout en précisant que cette simplicité a été le moteur de la réussite de ses interactions diplomatiques.

Par conséquent, ce climat de confiance a permis au Système des Nations Unies de poursuivre ses activités essentielles, malgré les défis logistiques et sécuritaires auxquels le pays fait face.

CCPRN
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 Une transition diplomatique sous surveillance

Désormais, le Palais de la Marina prépare la suite de cette collaboration. Alors que le Ministre des Affaires étrangères orchestre le passage de témoin, le cabinet du président analyse les futurs axes de coopération avec le successeur attendu de Mme Keita.

Cette audience, tenue en présence des plus hauts dignitaires du pays, confirme que le Niger entend rester un acteur écoutant sur l’échiquier mondial. Les autorités nigériennes réaffirment ainsi leur souveraineté, tout en laissant la porte ouverte à une assistance internationale respectueuse des priorités nationales.

Niger : Validation de la PNE-Niger par les ministres du Pétrole et de l’Énergie

NIAMEY (Niger), 24 février 2026 — Alors que le pays redéfinit progressivement les contours de sa souveraineté économique, le Niger franchit une étape déterminante. En effet, sous l’impulsion conjointe des ministères de l’Énergie et du Pétrole, les autorités viennent de valider la nouvelle Politique Nationale de l’Énergie (PNE-Niger), un document stratégique appelé à orienter le développement énergétique pour les années à venir.

Ce 24 février, le siège du ministère du Pétrole à Niamey s’est transformé en véritable centre de pilotage stratégique. Autour de la table, le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, ainsi que ses homologues de l’Énergie, des Mines et de l’Environnement ont procédé à la validation officielle du document.

cette rencontre ne relevait pas d’un simple exercice administratif. Au contraire, elle marque une volonté politique affirmée de coordonner les décisions dans un secteur considéré comme vital pour l’économie nationale.

 

Une synergie gouvernementale assumée

D’une part, la présence simultanée des principaux responsables sectoriels illustre l’importance du moment. D’autre part, elle traduit une rupture avec les approches fragmentées du passé.

En effet, le Niger entend désormais éviter les politiques menées en silos. Par conséquent, la nouvelle stratégie énergétique vise à harmoniser l’exploitation des ressources naturelles — qu’il s’agisse du pétrole ou de l’uranium — avec une vision globale et cohérente.

Il ne s’agit plus seulement de produire, mais de planifier, coordonner et anticiper.

Un outil stratégique face aux incertitudes mondiales

Dans un contexte international marqué par la volatilité des marchés et les exigences climatiques croissantes, le document PNE-Niger apparaît comme un instrument d’adaptation. En effet, le gouvernement souhaite ajuster son cadre juridique et technique aux nouvelles réalités technologiques et environnementales.

À ce titre, trois priorités structurent le document :

  • Premièrement, l’autonomie énergétique, afin de réduire progressivement la dépendance aux importations d’électricité.
  • Deuxièmement, l’accès universel, avec l’accélération de l’électrification aussi bien en zones rurales qu’urbaines.
  • Enfin, l’optimisation des ressources nationales, pour que le potentiel pétrolier et minier contribue directement à l’alimentation du réseau et à la croissance industrielle.

Ainsi, la stratégie ne se limite pas à la production d’énergie ; elle ambitionne également de soutenir le développement économique et social.

L’État en chef d’orchestre

Lors de la cérémonie, les ministres ont insisté sur la nécessité de transformer durablement le paysage énergétique nigérien. Désormais, le ministère de l’Énergie assume un rôle central de coordination. De plus, les experts finalisent un document qui servira de référence aux investisseurs internationaux au cours de la prochaine décennie.

Par ailleurs, cette validation envoie un signal politique fort : le Niger veut rassurer ses partenaires tout en affirmant sa maîtrise stratégique de ses ressources.

Un positionnement régional assumé

En définitive, Niamey cherche à structurer sa croissance énergétique pour renforcer sa place au Sahel. À terme, les autorités ambitionnent de faire du pays un pôle énergétique régional.

Ainsi, au-delà d’un simple texte de politique publique, la PNE-Niger se présente comme un levier de souveraineté et un outil de projection économique. Dans un environnement régional en mutation, le Niger affirme, pas à pas, sa volonté de prendre pleinement en main son destin énergétique.

Niger : Succès majeur de la campagne contre la bilharziose à Diffa

DIFFA (Niger), 24 février 2026 — Dans une région souvent sous les projecteurs pour ses défis sécuritaires, c’est une victoire médicale d’envergure qui s’écrit aujourd’hui. Les autorités de Diffa ont annoncé un taux de réussite spectaculaire de près de 97 % pour l’opération de traitement massif contre la bilharziose, protégeant ainsi plus de 110 000 enfants.

Ce mardi 24 février 2026, le Gouverneur de la région, le Général de Division Mahamadou Ibrahim Bagadoma, a ouvert les travaux d’évaluation d’une offensive sanitaire qui fera date. Lancée à peine dix jours plus tôt, la campagne de distribution de Praziquantel a ratissé 247 villages, des rives de la Komadougou aux zones plus reculées de N’Guigmi.

Gouvernorat de Diffa
© Gouvernorat de Diffa

Un bouclier pour la « Génération future »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 110 246 enfants, âgés de 5 à 14 ans, ont reçu le traitement. Avec un taux de couverture de 96,72 %, la région pulvérise l’objectif minimal de 75 % fixé par les normes internationales.

Mais au-delà des statistiques, c’est un « tueur silencieux » que le Niger tente de neutraliser. La bilharziose, ou schistosomiase, est une maladie parasitaire contractée au contact d’eaux douces souillées. Si elle ne tue pas instantanément, ses ravages sur le long terme sont dévastateurs pour le développement des enfants :

  • Anémie sévère et retard de croissance ;
  • Troubles cognitifs impactant la scolarité ;
  • Lésions irréversibles pouvant mener au cancer de la vessie à l’âge adulte.

Gouvernorat de Diffa
© Gouvernorat de Diffa

« Négligées mais pas oubliées »

Le Général Bagadoma a profité de cette tribune pour alerter sur la nature insidieuse des Maladies Tropicales Négligées (MTN). « Elles évoluent à bas bruit », a-t-il martelé, rappelant aussi que ces pathologies frappent principalement les communautés rurales et riveraines, là où l’accès à l’eau potable reste un combat quotidien.

L’opération s’inscrit dans le cadre du Plan Directeur National 2022-2026, une stratégie ambitieuse visant à éradiquer 14 maladies prioritaires sur le sol nigérien. Pour le Gouverneur, ce succès est le fruit d’une synergie inédite entre agents de santé, enseignants, leaders traditionnels et l’appui logistique de l’ONG Helen Keller International.

 

Un signal de résilience

Ce résultat exceptionnel envoie également un message politique fort. Réussir une telle mobilisation logistique dans les districts de Bosso, Goudoumaria ou Mainé-Soroa prouve la capacité des autorités à administrer des services essentiels de base malgré un contexte régional complexe.

Toutefois, le Général Bagadoma refuse tout triomphalisme prématuré. Il a appelé ses équipes à une analyse froide des insuffisances rencontrées sur le terrain. L’objectif final reste l’élimination totale de la bilharziose, afin que les eaux de la région ne soient plus synonymes de menace, mais de vie pour la jeunesse du Manga.

Accident de bus au Niger : Collision mortelle sur l’axe Tabalak-Tahoua

TAHOUA (Niger), 24 février 2026 — Le tronçon routier dépendant de Tabalak à Tahoua a été le théâtre d’une scène de désolation ce mardi. Une collision frontale entre deux autocars de transport de passagers a coûté la vie à au moins trois personnes, soulevant une nouvelle fois l’épineuse question de la sécurité routière sur les grands axes du pays.

 

La poussière ne s’était pas encore dissipée à Tourouche, localité située à quelques encablures de Tabalak, que les premiers cris de détresse déchiraient déjà le calme de cette matinée du 24 février 2026. Selon des sources locales et des témoins sur place, deux géants de la route — un bus de la compagnie Nizar arrivant d’Agadez et un véhicule de la société SONITRAV — se sont percutés de plein fouet au point kilométrique connu sous le nom de « Tacha Tchika ».

 

Un bilan lourd et des secours en état d’alerte

Le choc, d’une violence extrême, n’a laissé que peu de chances aux passagers situés à l’avant des deux véhicules. Le bilan initial, encore provisoire, fait état de trois décès confirmés sur les lieux de l’accident.

Les équipes de secours, dépêchées en urgence depuis les centres urbains environnants, ont pris en charge de nombreux blessés, dont certains seraient dans un état critique. Ces derniers ont été évacués vers les hôpitaux les plus proches pour recevoir des soins d’urgence.

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« Tacha Tchika » : un nouveau point noir sur la carte ?

L’accident s’est produit sur un axe névralgique pour le transport interurbain au Niger. En fait, sur cet itinéraire, des dizaines de bus dépendant du Nord au reste du pays circulent quotidiennement, alimentant un trafic réputé pour sa densité.

Bien que les circonstances exactes de ce drame restent à déterminer, les premiers éléments pointent du doigt la dangerosité de certains segments de la route près de Tabalak. D’ailleurs, les forces compétentes ont immédiatement ouvert une enquête officielle : elles analysent actuellement les trajectoires pour déterminer si une défaillance technique ou une erreur humaine a provoqué cette collision meurtrière.

 

Un appel pressant à la vigilance

Face à cette nouvelle tragédie, les autorités régionales de Tahoua exhortent à nouveau les usagers à la prudence. La vitesse excessive et les dépassements dangereux provoquent souvent ces accidents qui endeuillent régulièrement les familles nigériennes.

En attendant les conclusions des enquêteurs, le trafic sur l’axe Tabalak-Tahoua reste sous haute surveillance, alors que la nation pleure les victimes de ce qui restera comme l’une des journées les plus sombres de ce début d’année sur les routes nationales.

Paiements sans frontières : Grey lance des comptes professionnels en dollars et vise 170 pays

Lagos (Nigeria), 24 février 2026 – Dans un contexte où les entreprises africaines cherchent à commercer au-delà de leurs frontières, la fintech Grey annonce une nouvelle étape dans son expansion : l’intégration de comptes professionnels en dollars américains, de paiements groupés et de transactions en stablecoin USDC sur une plateforme unique.

Derrière cette annonce technique se cache un enjeu stratégique : réduire les obstacles qui freinent encore les entreprises des marchés émergents lorsqu’elles veulent encaisser ou envoyer de l’argent à l’international.

Un problème ancien : le coût et la lenteur des transferts

Pour de nombreuses PME africaines — y compris au Niger —, recevoir un paiement en devise étrangère relève parfois du parcours du combattant. Frais élevés, délais de traitement imprévisibles, commissions d’intermédiaires et manque de clarté sur les taux de change grignotent les marges.

Selon les données de la Banque mondiale, les transferts internationaux coûtent encore en moyenne entre 6 % et 7 % du montant envoyé. À cela s’ajoutent plusieurs jours d’attente avant que les fonds ne soient réellement disponibles.

Dans un environnement où la trésorerie conditionne la survie des entreprises, ces lenteurs peuvent freiner l’investissement, retarder le paiement des fournisseurs ou compliquer la gestion des salaires.

Grey
© Grey

Grey mise sur la rapidité et la transparence.

Pour pallier à cela, la plateforme permet désormais aux entreprises d’ouvrir un compte professionnel en dollars américains, de recevoir des paiements de clients étrangers et d’effectuer des versements vers plus de 170 pays, y compris sous forme de paiements groupés.

Autre nouveauté : la prise en charge du stablecoin USDC, une monnaie numérique adossée au dollar américain. L’objectif affiché est de proposer des règlements plus rapides, avec des frais clairement annoncés à l’avance.

Pour Idorenyin Obong, cofondatrice et directrice générale de Grey, le commerce international est aujourd’hui accessible à tous grâce au numérique, mais l’accès aux services bancaires mondiaux reste inégal. La fintech entend combler cet écart en simplifiant les transactions transfrontalières.

Joseph Femi Aghedo, directeur des opérations, souligne pour sa part que l’incertitude sur les coûts et les délais ralentit la croissance. En centralisant les paiements, la gestion de la paie et les règlements fournisseurs, Grey promet ainsi une solution plus fluide pour les entreprises opérant à l’échelle internationale.

Une expansion progressive vers plusieurs continents

Fondée en 2020, l’entreprise a progressivement élargi son empreinte. Déjà présente aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans plusieurs pays européens, elle s’est récemment implantée en Amérique latine et en Asie du Sud-Est.

Grey détient notamment des licences délivrées par la FINTRAC au Canada et par la FinCEN aux États-Unis, gages de conformité réglementaire dans des environnements strictement encadrés.

Au-delà des comptes en USD, l’offre comprend aussi des comptes multidevises, des transferts internationaux à coûts réduits, une carte virtuelle en dollars et des outils de gestion des dépenses.

Quel impact pour les entreprises Niger ?

Pour les entrepreneurs nigériens actifs dans le numérique, l’import-export ou les services à distance, ces évolutions pourraient représenter une opportunité concrète. La possibilité de recevoir rapidement des paiements en dollars, sans passer par des circuits bancaires longs et coûteux, peut améliorer la compétitivité.

Reste toutefois un défi plus large : l’adoption massive de ces solutions numériques dépendra de la confiance des utilisateurs, de la stabilité réglementaire locale et de l’éducation financière.

À l’heure où les économies africaines cherchent à renforcer leur intégration au commerce mondial, la bataille des paiements transfrontaliers s’impose comme un terrain stratégique. Et les fintechs, à l’image de Grey, entendent bien y jouer un rôle central.