Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 5 sur 294

Niger : l’ACTN appelle à la stabilité après les événements de la base 101

NIAMEY, 3 septembre 2026 — L’Association des Chefs Traditionnels du Niger (ACTN) demande à la population de privilégier la stabilité et la cohésion nationale après les événements survenus dans la nuit du 28 au 29 août au sein de la base 101 de Niamey. Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 3 septembre à son siège, l’organisation a condamné les agitations et appelé les Nigériens à maintenir ce qu’elle qualifie de « résilience patriotique absolue ».

La déclaration, lue par le secrétaire général de l’ACTN, Amirou Mohamed Sidikou, place ces événements dans le contexte plus large de la refondation institutionnelle engagée par le Niger. L’organisation estime que toute déstabilisation intérieure risque de compromettre la trajectoire politique actuellement défendue par les autorités.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
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L’ACTN condamne les violences

L’association des chefs traditionnels a d’abord exprimé sa solidarité avec les victimes et leurs proches. Elle a adressé ses condoléances au peuple nigérien ainsi qu’aux familles endeuillées par les événements des 28 et 29 août.

Au-delà de cette compassion, l’ACTN a adopté une position ferme sur les troubles. Elle considère que ces agitations menacent la cohésion du pays et peuvent créer un environnement favorable à de nouvelles tensions internes. Pour l’organisation, le maintien de l’ordre et de la stabilité constitue désormais un enjeu central dans un pays qui affirme vouloir renforcer son autonomie politique et institutionnelle.

Les chefs traditionnels relient les troubles à la refondation

Dans son analyse, l’ACTN ne présente pas les événements comme un épisode isolé. Elle estime qu’ils traduisent les résistances d’un ancien système face à la volonté de transformation portée par les autorités nigériennes.

Amirou Mohamed Sidikou soutient ainsi que les troubles peuvent être exploités par des acteurs opposés à l’émancipation du pays. L’association dénonce ce qu’elle décrit comme des tentatives visant à maintenir le Niger dans une relation de dépendance politique et institutionnelle. Cette lecture conduit les chefs traditionnels à établir un lien direct entre la stabilité intérieure et le projet de souveraineté nationale.

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La Charte de la Refondation au cœur de l’argumentaire

L’ACTN s’appuie également sur la Charte de la Refondation du 26 mars 2025, dont elle rappelle les orientations. L’association estime que la transformation de l’État doit davantage tenir compte des réalités sociales, culturelles et historiques du Niger.

Selon son secrétaire général, compromettre la stabilité du pays à ce stade reviendrait à affaiblir cette dynamique. L’organisation défend ainsi une refondation fondée sur les réalités nationales plutôt que sur la reproduction de modèles institutionnels extérieurs. Dans cette perspective, l’ACTN présente la contestation violente et la surenchère comme des facteurs susceptibles de ralentir les réformes engagées.

Un appel à la retenue et à la cohésion

Face à cette situation, les chefs traditionnels invitent les Nigériens à ne pas céder aux appels au désordre. Ils demandent aux populations de préserver la paix sociale et de soutenir la stabilité des institutions.

L’ACTN considère que cette stabilité doit permettre au Niger de consolider son contrôle sur son territoire et ses ressources, deux éléments qu’elle place au centre de la souveraineté nationale. L’appel de l’organisation intervient ainsi dans un contexte où la question de la cohésion interne devient, selon elle, aussi importante que celle de la défense des intérêts nationaux.

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Prières pour la paix et la stabilité

En conclusion de sa déclaration, le chef du canton de Kouré, au nom du bureau de l’ACTN, a appelé à intensifier les prières collectives. L’organisation souhaite notamment un hivernage favorable, mais aussi un Niger stable, pacifique et solidaire. Par cette démarche, les autorités coutumières entendent contribuer, à leur niveau, au maintien de la cohésion sociale après les événements survenus à la base 101.

Pour l’ACTN, la réponse aux tensions passe donc à la fois par la condamnation des agitations, la préservation de la stabilité et la mobilisation de la société autour des enjeux de souveraineté et de refondation.

Niger : Première réintroduction réussie de l’autruche à cou rouge

Deux ans après leur transfert depuis le centre d’élevage de Kellé, huit autruches à cou rouge ont retrouvé la nature le 2 septembre. Ainsi, l’opération portée par le ministère de l’Environnement et l’ONG Sahara Conservation marque la première réintroduction réussie de l’espèce dans le pays.

Huit autruches à cou rouge évoluent de nouveau en liberté dans la réserve de biosphère de Gadabedji. Le ministère de l’Environnement et l’ONG Sahara Conservation ont procédé à leur relâche le 2 septembre 2026, au terme d’un programme d’élevage engagé il y a près de deux ans à Kellé, dans le département de Gouré.

Les huit spécimens relâchés, âgés de 18 à 30 mois, avaient été transférés à Gadabedji sous forme d’autruchons de deux mois. De fait, le projet, alors accueilli avec scepticisme par une partie de l’opinion, a mobilisé les agents des Eaux et forêts pendant près de deux ans, jusqu’à ce que les oiseaux atteignent l’âge de la reproduction.

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Une première nationale, sous surveillance rapprochée

L’espèce avait disparu du milieu naturel nigérien depuis le début des années 2000, victime du braconnage et de l’instabilité dans le nord du pays. C’est pourquoi cette relâche constitue le premier aboutissement concret d’un programme de restauration lancé conjointement par l’État nigérien et Sahara Conservation sur plusieurs sites d’élevage.

La cérémonie a réuni des cadres de la direction des Eaux et forêts, le gouverneur de la région de Maradi, le préfet de Bermo, l’administrateur délégué de la commune de Gadabedji, ainsi que les chefs coutumiers du département de Bermo et le chef de canton du Koutous. Le général Mahamadou Ousseini, pionnier de l’élevage et de la conservation de l’autruche au Niger, comptait également parmi les invités.

Les intervenants ont appelé les populations riveraines de la réserve à s’investir dans la protection et le suivi de ces oiseaux désormais en liberté, condition jugée déterminante pour la réussite à long terme du programme.

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Deux ans de soins quotidiens à Gadabedji

Entre le transfert des autruchons de Kellé et la relâche de ce mardi, les agents des Eaux et forêts basés à Gadabedji se sont relayés jour et nuit pour nourrir, abreuver et surveiller les jeunes oiseaux, quelles que soient les conditions climatiques. Par ailleurs, le suivi vétérinaire et logistique de la colonie a mobilisé une équipe restreinte sur le terrain pendant près de deux ans.

Maimounatou Ibrahim, surnommée sur place « la maman des autruches », a encadré l’ensemble de cette phase d’élevage jusqu’à la relâche des oiseaux.

Le programme national de restauration de l’autruche

  • Espèce : autruche à cou rouge (Struthio camelus camelus), disparue du milieu naturel nigérien depuis les années 2000.

  • Sites d’élevage : Kellé (Zinder), aux côtés d’autres centres associés au programme national de conservation.

  • Partenaires : ministère de l’Environnement du Niger et ONG Sahara Conservation.

  • Étape franchie : première relâche en milieu naturel, dans la réserve de biosphère de Gadabedji.

Un modèle pour de futures réintroductions

Les autorités et les responsables de Sahara Conservation présentent déjà cette opération comme une référence pour de prochains relâchés, au Niger comme dans d’autres pays sahéliens confrontés au même défi de restauration de la faune sauvage. En définitive, le suivi des huit autruches dans leur nouvel habitat déterminera la suite du calendrier de réintroduction.

Niger : Le CCR s’engage activement dans la mobilisation générale

L’appareil d’État nigérien verrouille sa stratégie de défense nationale. Le Conseil consultatif de la refondation (CCR) a formellement intégré le dispositif opérationnel de mobilisation ce jeudi 3 septembre à Niamey, lors d’une séance de travail décisive avec la commission chargée de cet effort national.

Un alignement institutionnel sous mandat militaire

Sous la direction du Dr Mamoudou Harouna Djingarey, le bureau du CCR a défini son champ d’action avec les responsables de la commission. Ainsi, le gouvernement resserre les rangs : cette rencontre exécute les directives strictes du décret du 27 février 2026 émis par la présidence et le ministère de la Défense. Ce cadre légal impose une synchronisation totale entre les structures étatiques pour préparer et encadrer la mobilisation générale. De ce fait, l’institution consultative quitte le terrain de la théorie pour s’ancrer dans la mécanique de l’effort de guerre, transformant la volonté politique en mécanismes de défense concrets.

Conseil Consultatif de la Refondation CCR
© Conseil Consultatif de la Refondation CCR
Structurer l’effort patriotique civil

L’intervention de la commission devant le CCR dépasse la simple présentation protocolaire. En effet, elle assigne un rôle précis à l’organe consultatif dans cette architecture sécuritaire. Le CCR endosse la responsabilité de canaliser les forces vives de la nation et d’organiser le soutien populaire indispensable à la sauvegarde des intérêts nigériens.

En validant cette feuille de route conjointe, les deux entités fusionnent ainsi l’agenda politique de refondation nationale avec l’urgence sécuritaire, garantissant que chaque institution civile participe activement à la riposte globale du pays.

Le Conseil consultatif de la refondation s’impose désormais comme un maillon décisif de la défense nationale. En articulant la mobilisation civile avec l’agenda militaire, il transforme la refondation politique en instrument de résilience sécuritaire. Cette intégration consacre l’idée que la stabilité du Niger repose autant sur la discipline institutionnelle que sur l’engagement patriotique des citoyens.

Médias au Niger : l’ONC et le gouvernement contre la désinformation

Le ministère de la Communication et l’Observatoire national de la communication ont convoqué les patrons de presse publics et privés, cinq jours après des évènements sécuritaires majeurs, afin d’exiger un resserrement des pratiques journalistiques face à la désinformation en ligne.

Le gouvernement nigérien a ainsi haussé le ton face à la presse. Réunis à Niamey, le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies de l’information, Adji Ali Salatou, et le président de l’ONC, Ibrahim Manzo Diallo, ont mis en garde les responsables de médias publics et privés contre les dérives éthiques constatées dans la couverture des évènements des 28 et 29 août 2026.

La rencontre s’inscrit dans un calendrier resserré. Elle intervient dès le lendemain des faits et fait suite à un monitoring éditorial mené par l’ONC du 28 août au 1ᵉʳ septembre. Ce travail de veille a révélé quatre constats : un pic inhabituel de production informationnelle, des effets tangibles du vide d’information sur certains créneaux, des divergences marquées dans la qualification des faits d’un média à l’autre, ainsi qu’un rôle accru des réseaux sociaux, à la fois moteur de diffusion rapide et vecteur de rumeurs.

Ministère de Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information
© Ministère de Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information
Un rappel à l’éthique, pas une mise sous tutelle

Le ministre Salatou a ciblé directement certaines pratiques professionnelles jugées incompatibles avec la déontologie journalistique, les qualifiant de risque pour la stabilité du pays en pleine crise sécuritaire. Son intervention s’est voulue moins punitive que corrective : il s’agissait de recentrer les rédactions sur les fondamentaux du métier plutôt que de dicter un contenu.

Le président de l’ONC a précisé les limites du mandat de son institution. Il a affirmé que le régulateur n’a vocation ni à imposer une version unique des faits, ni à freiner le travail d’enquête, d’interrogation et d’analyse des journalistes. Selon Ibrahim Manzo Diallo, le régulateur veut une information fiable, vérifiée et équilibrée, et non un récit imposé aux rédactions.

Ministère de Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information
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Désinformation : six réflexes exigés des rédactions nigériennes

Diallo a détaillé une feuille de route en six points, destinée à s’appliquer immédiatement dans les salles de rédaction, publiques comme privées :

  • Vérifier et recouper systématiquement une information avant sa publication.

  • Préciser le degré de certitude de chaque information diffusée.

  • Renoncer à la course au scoop lorsqu’elle compromet la fiabilité.

  • Authentifier systématiquement images et vidéos avant diffusion.

  • Redoubler de prudence dans le traitement des informations sensibles.

  • Mettre en place des protocoles internes de gestion de crise.

Ces recommandations ne s’arrêtent pas aux rédactions. Le président de l’ONC a également adressé des préconisations aux pouvoirs publics, sans en détailler la teneur publiquement, avant de conclure sur un appel à la responsabilité partagée : autorités, régulateur et professionnels des médias engagés ensemble dans la fiabilité de l’information.

Ministère de Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information
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Désinformation : six réflexes exigés des rédactions nigériennes

  • Période couverte : du 28 août au 1ᵉʳ septembre 2026, soit les cinq jours suivant les évènements.

  • Volume : une intensité informationnelle jugée exceptionnelle sur l’ensemble des supports suivis.

  • Cohérence éditoriale : des écarts significatifs dans la qualification des faits selon les rédactions.

  • Réseaux sociaux : identifiés comme accélérateurs simultanés de l’information vérifiée et de la désinformation.

Une pression médiatique accrue dans un contexte sécuritaire tendu

Cette convocation collective des patrons de presse survient dans un Niger déjà marqué par une actualité sécuritaire dense depuis le début de l’année, entre coup d’etat manqué ,  attaques visant des infrastructures stratégiques ainsi que la vigilance renforcée aux frontières. Dans ce climat, le gouvernement présente la fiabilité de l’information comme un enjeu de sécurité nationale à part entière, au même titre que la réponse militaire ou diplomatique aux menaces.

Reste à savoir comment les rédactions nigériennes, publiques et privées, traduiront concrètement ces six engagements dans leur pratique quotidienne, et quel suivi l’ONC réservera à leur application dans les prochaines semaines.

Niamey : grand meeting de soutien au CNSP après la tentative de mutinerie

NIAMEY, 2 septembre 2026 — Quatre jours après les événements sécuritaires qui ont secoué la capitale nigérienne, les Forces vives de la Nation ont réuni mercredi des représentants de la société civile et plusieurs responsables publics à la Place de la Concertation à Niamey. Le rassemblement visait à afficher un soutien au Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et au processus de refondation conduit par le général d’armée Abdourahamane Tiani. 

Une mobilisation organisée après les événements du 28 août

Le meeting intervient dans un contexte particulièrement tendu. Dans la nuit du 28 au 29 août, des soldats mutins ont attaqué plusieurs sites stratégiques de Niamey, notamment la base aérienne 101 et des installations liées au pouvoir. Les forces restées loyales aux autorités ont ensuite repris le contrôle des principaux points affectés par les affrontements. 

Face à cette crise, les Forces vives avaient appelé dès le 30 août à des mobilisations pacifiques afin de condamner ce qu’elles qualifient de tentative de déstabilisation et de soutenir les Forces de défense et de sécurité. Elles avaient précisément annoncé la tenue d’un meeting à la Place de la Concertation pour le 2 septembre. 

Les autorités et la société civile réunies

La rencontre de mercredi a rassemblé des membres du CNSP et du gouvernement, ainsi que le président du Conseil consultatif de la Refondation, Mamoudou Harouna Djingarey. Le gouverneur de la région de Niamey, l’administrateur délégué de la ville et plusieurs responsables de l’administration territoriale figuraient également parmi les participants. 

Des représentants de la société civile ont pris part à cette mobilisation, aux côtés de différents acteurs sociaux. La présence de ces composantes devait donner au rassemblement une portée nationale et traduire, selon les organisateurs, un front commun autour de la stabilité du pays.

Le pouvoir cherche à afficher une base de soutien

Au-delà de la condamnation des récents troubles, le rassemblement constitue un signal politique adressé aux responsables du CNSP. Les organisateurs ont réaffirmé leur soutien aux institutions issues de la transition et au processus de refondation engagé depuis l’arrivée au pouvoir des militaires en juillet 2023. 

Cette démonstration intervient toutefois dans un environnement marqué par des tensions internes croissantes. Les affrontements du 29 août ont révélé des divisions au sein de l’appareil sécuritaire, alors que le Niger reste confronté à la pression persistante des groupes jihadistes dans plusieurs régions du pays. Reuters rapporte notamment que la mutinerie a mis en évidence le mécontentement d’une partie des militaires engagés sur les fronts contre les groupes armés. 

Un message axé sur la cohésion nationale

Les Forces vives ont placé la paix, la cohésion sociale, la souveraineté et la défense des intérêts du Niger au centre de leur démarche. Elles avaient également appelé la population à conserver son calme, à poursuivre normalement ses activités et à rester vigilante face aux rumeurs et à la désinformation. 

À Niamey, le meeting du 2 septembre cherche donc à transformer une période de crise sécuritaire en démonstration de solidarité politique autour du CNSP. Reste désormais pour les autorités à consolider ce soutien affiché tout en répondant aux défis sécuritaires et aux tensions internes révélés par les événements de la fin août.

Niger : marche massive à Agadez en soutien au CNSP et aux FDS

Agadez, 2 septembre 2026 — La ville d’Agadez a servi de théâtre à une démonstration de force politique ce mercredi 2 septembre. En effet, des milliers de manifestants ont défilé pour réaffirmer l’autorité du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) à la suite des incidents survenus fin août à Niamey. En orchestrant cette mobilisation massive dans le nord du Niger, le régime militaire consolide sa légitimité populaire et adresse, par la même occasion, un message de fermeté face aux défis sécuritaires qui secouent la capitale.

Une alliance stratégique entre l’armée et les pouvoirs coutumiers

La composition du cortège, parti du rond‑point de la Concorde pour s’achever à la place de la République, souligne une manœuvre politique hautement coordonnée. La présence en première ligne du gouverneur de la région, le général de division Ibra Boulama Issa, aux côtés du Sultan de l’Aïr, illustre aussi la convergence des pouvoirs administratifs, militaires et traditionnels. En plus, l’intégration des oulémas, de la société civile et des acteurs économiques locaux dans cette marche démontre la capacité de l’appareil d’État à structurer un front institutionnel monolithique en soutien aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS).

La riposte régionale aux tensions de la capitale

Le déclencheur de ce rassemblement réside dans les événements des 28 et 29 août à Niamey. En activant rapidement ses bastions régionaux, le gouvernement de transition utilise l’espace public pour neutraliser toute perception de fragilité au sommet de l’État. Ainsi, Agadez, carrefour géographique stratégique du pays, devient la caisse de résonance d’une rhétorique axée sur la résilience nationale. Cette démarche vise à prouver que les secousses politiques ou sécuritaires de la capitale n’entament en rien le contrôle territorial du régime.

Le monopole du récit de la souveraineté

À travers cette mobilisation, l’exécutif verrouille son récit de légitimation. En associant le soutien au CNSP à la sauvegarde même de l’intégrité de la République, les autorités transforment l’adhésion au pouvoir en place en un impératif patriotique. L’image d’une région de l’Aïr totalement acquise à la cause militaire permet au gouvernement de projeter une stabilité inébranlable et, par conséquent, de prévenir toute velléité de contestation interne dans un pays sous haute surveillance.

Niger : l’allaitement maternel progresse, l’État vise 60 % d’ici 2030

Niamey, 2 septembre 2026Le Niger enregistre une progression sensible de ses taux d’allaitement exclusif, mais le chemin vers les standards internationaux exige une restructuration profonde des habitudes sociales et professionnelles. En passant de 21,8 % en 2022 à 34,1 % en 2025, la prévalence nationale démontre l’efficacité des premières campagnes de sensibilisation. 

Toutefois, ce chiffre reste largement inférieur au seuil de 50 % fixé par l’Assemblée Mondiale de la Santé, forçant le gouvernement de transition à faire de la nutrition infantile un axe prioritaire de sa politique de santé publique, avec l’ambition d’atteindre la barre des 60 % d’ici 2030.

Ministère de la Santé et de l'Hygiène Publique
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Une urgence sanitaire face aux pratiques traditionnelles

Le principal frein à l’allaitement exclusif durant les six premiers mois de la vie réside dans l’administration précoce d’eau ou de liquides alternatifs aux nourrissons. Cette habitude, encore largement répandue, neutralise les bénéfices immunitaires du lait maternel et expose les enfants à des risques accrus de malnutrition, de maladies diarrhéiques et de pneumonies. 

Parallèlement, le recul de l’allaitement prolongé jusqu’à deux ans, retombé à 36,7 %, oblige le ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique à réviser sa stratégie d’intervention. Face à ces vulnérabilités, l’État promeut le lait maternel comme un vaccin primaire, universel et gratuit.

L’environnement professionnel et communautaire en première ligne

Pour combler ce retard, la stratégie gouvernementale dépasse le strict cadre hospitalier. L’initiative des « Structures de Santé Amies des Bébés » garantit la mise au sein immédiate après l’accouchement, mais le relais doit impérativement être pris par la société civile et les employeurs. 

Les autorités exigent désormais l’application stricte du code du travail, garantissant un congé de maternité de quatorze semaines payé à 100 % ainsi qu’une heure d’allaitement quotidienne. Sur le terrain, l’implication des leaders locaux et le déploiement des écoles des maris visent à transformer la nutrition infantile en une responsabilité familiale et collective partagée.

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L’allaitement comme pilier de la refondation étatique

Portée par le ministre de la Santé, le médecin colonel‑major Garba Hakimi, cette mobilisation s’inscrit dans les directives du Programme de la Refondation de la République (2025‑2029). Sous l’impulsion du général Abdourahamane Tiani, la protection de la petite enfance cesse d’être un programme sanitaire périphérique pour devenir un pilier du développement humain, essentiel à la résilience démographique et économique du Niger.

Coopération Belgique‑Niger : Prévot visite Issaka Gazobi

En visite dans un Sahel où les canaux diplomatiques restent en large partie coupés, le vice‑premier ministre belge Maxime Prévot a choisi la maternité Issaka Gazobi pour montrer ce que la coopération technique peut encore accomplir, quand la politique, elle, patine.

NIAMEY, 2 septembre 2026 — Ce n’est pas un palais présidentiel que le chef de la diplomatie belge a choisi de visiter en dernière étape de son passage à Niamey, mais une salle de consultation. Vendredi 28 août 2026, Maxime Prévot, Vice‑Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, s’est rendu à la maternité Issaka Gazobi, référence hospitalière de la capitale nigérienne, pour y observer une séance de téléconsultation en conditions réelles.

Ce geste s’inscrit dans un contexte diplomatique tendu. Le déplacement de M. Prévot au Niger, après une étape à Ouagadougou la veille auprès du président burkinabè Ibrahim Traoré, intervenait alors que la plupart des ambassades européennes ont quitté le pays depuis le coup d’État de 2023 et que les relations avec l’Alliance des États du Sahel restent marquées par la méfiance. Reçu dans la matinée par le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, le ministre belge a plaidé pour la reprise d’un dialogue avec Niamey et les capitales de l’AES, avant de conclure sa journée sur ce terrain plus technique que politique : celui de la coopération sanitaire.

Enabel au Niger
© Enabel au Niger
Une consultation à distance, symbole d’un système en mutation

Sur place, la démonstration visait à rendre tangible un chantier resté largement invisible du grand public : la numérisation progressive du système de santé nigérien. La télémédecine, désormais expérimentée dans plusieurs formations sanitaires du pays, permet à des professionnels de santé isolés de solliciter l’avis d’un spécialiste basé ailleurs, sans faire déplacer le patient. Pour une maternité de référence comme Issaka Gazobi, confrontée à une affluence chronique ainsi qu’à une pénurie de personnel spécialisé, l’enjeu dépasse la simple démonstration technologique : il s’agit de désengorger les services et de sécuriser des prises en charge parfois vitales.

« Le ministre belge a dit vouloir retrouver, avec le Niger, le chemin d’un dialogue renouvelé », a déclaré Maxime Prévot à l’issue de son audience avec le premier ministre nigérien.

Enabel au Niger
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PASS Sutura, une digitalisation à l’échelle de dix formations sanitaires

La séance observée par le ministre s’inscrit dans le projet PASS Sutura, piloté par l’agence belge de développement Enabel en partenariat avec le ministère nigérien de la Santé publique. En fait, le programme, lancé en mars 2022 et pilier de la coopération bilatérale Niger‑Belgique pour la période 2022‑2026, cible dix hôpitaux et centres de santé répartis dans les localités de Gaya, Gothèye, Dosso, Boboye et Dioundiou. Son ambition dépasse la seule télémédecine : dossiers patients dématérialisés, système d’information hospitalier partagé, maintenance biomédicale assistée par ordinateur — autant d’outils censés fiabiliser une chaîne de soins encore fragile dans ces zones rurales.

Le projet mobilise un financement de 14,5 millions d’euros apportés par la Belgique, complété par un cofinancement néerlandais de 3,2 millions d’euros orienté notamment vers la santé reproductive. Dans un pays où près de la moitié de la population reste sans couverture sociale en santé, PASS Sutura affiche un objectif net : rapprocher l’expertise médicale des populations les plus reculées, plutôt que de continuer à concentrer les compétences spécialisées dans la seule capitale.

Enabel au Niger
© Enabel au Niger
Qu’est‑ce qu’Enabel ?

Enabel est l’agence belge de développement, chargée de mettre en œuvre la coopération gouvernementale de la Belgique dans une trentaine de pays partenaires. Au Niger, elle intervient depuis plusieurs années dans le secteur de la santé, aux côtés du ministère nigérien de la Santé publique, avec un accent porté sur la digitalisation des services et le renforcement des infrastructures sanitaires locales.

Enabel au Niger
© Enabel au Niger
Une coopération technique qui cherche à survivre à la crise politique

En somme, la visite illustre une ligne assumée par Bruxelles depuis la rupture des relations diplomatiques classiques avec plusieurs capitales sahéliennes : maintenir une présence européenne par le biais de projets de terrain, même quand les canaux politiques restent gelés. Quelques heures après le départ de la délégation belge de Niamey, des tirs ont été entendus près de l’aéroport de la capitale, rappel brutal de la fragilité sécuritaire dans laquelle s’inscrit ce type de coopération.

Reste que, pour Enabel comme pour le ministère nigérien de la Santé, la digitalisation engagée à travers PASS Sutura est présentée comme l’un des rares chantiers structurants à avoir continué d’avancer, indépendamment des turbulences diplomatiques.

Disparition du journaliste Moussa Kaka et interpellation de Kalla Moutari à Niamey

NIAMEY, 2 septembre 2026 — Deux affaires distinctes alimentent les inquiétudes dans le paysage politique et médiatique nigérien. Depuis le lundi 31 août, le journaliste Moussa Kaka, directeur général du groupe Saraounia et correspondant de Radio France Internationale (RFI), reste sans nouvelles après avoir quitté son lieu de travail à Niamey. Vingt‑quatre heures plus tard, l’ancien ministre de la Défense Kalla Moutari a été interpellé à Dakoro, dans la région de Maradi. Les circonstances précises de ces deux événements restent encore inconnues.

Moussa Kaka ne donne plus signe de vie.

La disparition du journaliste remonte à la soirée du 31 août. D’après plusieurs sources concordantes, Moussa Kaka a quitté son bureau vers 19 heures pour rejoindre son domicile dans la capitale. Il n’a toutefois jamais atteint sa destination et demeure depuis injoignable. Sa famille, qui ne dispose d’aucune information sur sa localisation, a signalé son absence à ses collaborateurs.

Certains témoignages évoquent une possible interception du journaliste sur le trajet, tandis que d’autres informations font état de la disparition de son véhicule. Ces éléments restent cependant non vérifiés par une source officielle et ne permettent pas, à ce stade, d’établir les circonstances exactes de sa disparition.

Figure connue du journalisme nigérien, Moussa Kaka dirige aujourd’hui le groupe Saraounia et travaille comme correspondant de RFI. Son parcours professionnel comporte déjà plusieurs épisodes de tensions avec les autorités : en 2007, il avait été arrêté et détenu pendant plusieurs mois en raison de ses contacts avec la rébellion touarègue.

Une nouvelle interpellation dans la région de Maradi

Le dossier de Kalla Moutari s’est ajouté à cette séquence le mardi 1ᵉʳ septembre. Des hommes armés ont arrêté l’ancien député et ancien ministre de la Défense nationale vers 15 heures à Dakoro, selon des sources proches de son entourage. Les autorités n’ont pas rendu publique sa destination après l’interpellation et n’ont pas expliqué les raisons de cette mesure.

À ce stade, aucune autorité nigérienne n’a confirmé publiquement l’arrestation ni précisé dans quel cadre juridique ou sécuritaire elle a été menée. Cette absence d’explications officielles soulève plusieurs interrogations sur le statut de l’ancien ministre et sur les suites que l’on pourrait donner à son dossier.

Kalla Moutari avait occupé le portefeuille de la Défense nationale de 2016 à 2019 sous la présidence de Mahamadou Issoufou. Il a également exercé comme ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

Deux dossiers qui interviennent dans un climat déjà tendu

Le rapprochement temporel entre les deux affaires intervient alors que Niamey vient de connaître des événements sécuritaires les 28 et 29 août. Pour autant, aucun élément public ne permet actuellement d’établir un lien entre la disparition de Moussa Kaka, l’interpellation de Kalla Moutari et ces événements.

La prudence reste donc de mise. Les informations concernant les deux hommes reposent pour l’instant essentiellement sur des sources proches de leurs entourages et sur des témoignages relayés par plusieurs médias. Aucune communication officielle n’est venue confirmer leurs situations respectives.

La liberté de la presse de nouveau sous tension

La disparition de Moussa Kaka intervient quelques jours seulement après la libération d’Ibro Chaibou, rédacteur en chef de Saraounia TV, détenu pendant près de dix mois avant de recouvrer la liberté le 28 août. Les autorités avaient également libéré deux autres journalistes nigériens en juillet, après plusieurs mois de détention dans la même affaire.

Cette succession d’affaires ravive ainsi les inquiétudes autour des conditions d’exercice du journalisme au Niger. Dans l’immédiat, la priorité demeure toutefois de déterminer où se trouve Moussa Kaka et, concernant Kalla Moutari, d’obtenir des autorités une confirmation de son interpellation ainsi que les motifs de cette mesure.

Tant que les autorités n’établissent pas officiellement ces éléments, toute interprétation sur les raisons de ces deux affaires resterait prématurée.

Niger : Le ministère du Commerce prépare son budget 2027-2029

NIAMEY, 1ᵉʳ septembre 2026 — Le ministère du Commerce et de l’Industrie a consacré sa neuvième réunion interne de cabinet au suivi des engagements pris par ses structures sous tutelle et à la préparation des prochaines échéances budgétaires. Présidée ce mardi par le ministre Abdoulaye Seydou, la rencontre vise à resserrer le pilotage administratif autour des priorités du secteur commercial et industriel.

Instituées comme un cadre régulier de coordination, ces réunions permettent au département ministériel de confronter les objectifs fixés aux résultats enregistrés, mais aussi d’identifier les points nécessitant des mesures correctives.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
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Le respect des engagements au centre du suivi

Les travaux ont d’abord porté sur l’état d’exécution des engagements confiés aux différentes structures relevant du ministère. L’objectif consiste à vérifier l’avancement des missions et leur capacité à répondre aux besoins exprimés par les citoyens et les opérateurs économiques.

Cette démarche place le suivi de l’action administrative au cœur du dispositif de gestion du ministère. Elle doit également permettre de détecter plus rapidement les retards, de préciser les responsabilités et de renforcer la coordination entre les services.

Pour le secteur privé, l’enjeu est concret : l’efficacité des administrations chargées du commerce et de l’industrie conditionne notamment la qualité de l’accompagnement des entreprises, la régulation des activités économiques et la mise en œuvre des mesures publiques.

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2027-2029 : le ministère prépare déjà sa trajectoire financière

La réunion a également fait le point sur la collecte des informations nécessaires à l’élaboration des documents programmatiques et budgétaires couvrant la période 2027-2029.

Cette étape doit permettre au ministère de mieux articuler ses priorités, ses besoins financiers et les résultats attendus sur plusieurs exercices. En structurant dès maintenant cette programmation, le département entend disposer d’une trajectoire plus lisible pour orienter ses ressources vers les actions jugées prioritaires.

L’enjeu dépasse ainsi la préparation technique du budget. Une programmation cohérente doit permettre d’anticiper les besoins du secteur, de hiérarchiser les interventions et de rapprocher les moyens disponibles des objectifs fixés en matière de développement commercial et industriel.

« Rigueur » et célérité exigées dans l’exécution

Au cours de la réunion, le ministre Abdoulaye Seydou a insisté sur trois exigences : la rigueur, la célérité et le travail collectif. Il a appelé les responsables concernés à transformer les orientations arrêtées en résultats directement perceptibles par les citoyens et les acteurs économiques.

Cette exigence de résultats s’inscrit dans une logique de gestion davantage orientée vers la performance. Elle suppose que les décisions prises au niveau central soient rapidement traduites dans le fonctionnement quotidien des structures placées sous tutelle.

Le point consacré aux divers a ensuite permis d’aborder les autres dossiers liés au fonctionnement et aux priorités du département.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie
Une réunion mensuelle comme outil de pilotage

Avec cette neuvième session, le ministère maintient un mécanisme mensuel de revue interne. Le dispositif offre à l’administration un cadre pour mesurer régulièrement l’avancement des dossiers, anticiper les échéances et ajuster les actions lorsque cela s’avère nécessaire.

Dans un environnement économique où le commerce et l’industrie jouent un rôle déterminant dans l’approvisionnement du marché, l’activité des entreprises et la création de valeur, cette régularité du pilotage vise à renforcer l’efficacité de l’action publique.

À travers cette démarche, le ministère du Commerce et de l’Industrie cherche à consolider une administration plus structurée, capable d’anticiper ses besoins et de traduire ses orientations en mesures opérationnelles au bénéfice des consommateurs, des entreprises et de l’économie nigérienne.