Face au recul des financements internationaux, les acteurs de l’éducation réunis à Zinder défendent une nouvelle approche : faire des collectivités, des parents, de la diaspora et du secteur privé les premiers investisseurs de l’école nigérienne.
L’avenir de l’école nigérienne ne dépendra plus uniquement des bailleurs internationaux. À Zinder, ce message a résonné comme un appel à l’action lors du lancement de la Semaine mondiale d’action pour l’éducation (SMAE 2026). Cette année, la campagne internationale met l’accent sur une question devenue centrale : comment financer durablement l’éducation en mobilisant d’abord les ressources locales ?
Réunis dans la salle de l’ancien Conseil régional, responsables administratifs, autorités coutumières, acteurs de l’éducation, représentants des collectivités locales et organisations de la société civile ont partagé une même conviction : la pérennité du système éducatif nigérien passe désormais par une implication plus forte des communautés.
La réflexion intervient dans un contexte marqué par la multiplication des crises internationales. Les conflits armés, les effets du changement climatique, la diminution progressive de l’aide extérieure et les risques de privatisation de certains services publics fragilisent les systèmes éducatifs dans plusieurs pays.
Pour les participants, ces mutations imposent un changement de paradigme. Il devient indispensable de développer des mécanismes de financement capables de résister aux aléas de la conjoncture internationale.
Le président de la Coalition ASO-EPT Niger, Illiass Alhousseini, a rappelé que l’Objectif de développement durable n°4, qui vise une éducation inclusive et de qualité pour tous à l’horizon 2030, restera hors de portée sans une mobilisation rapide des ressources nationales et locales.
Il a également salué l’orientation des autorités nigériennes, qui privilégient désormais un financement accru de l’éducation sur les ressources propres de l’État dans le cadre de la politique de refondation.
Zinder veut transformer ses bons résultats en modèle durable
Si la conférence a insisté sur les défis financiers, elle s’est également appuyée sur des résultats jugés encourageants. Lors des derniers examens scolaires, la région de Zinder a enregistré 73,42 % de réussite au CFEPD et 56 % au BEPC. Pour les responsables éducatifs, ces performances démontrent qu’une coopération efficace entre l’État, les collectivités territoriales, les communautés et les établissements scolaires peut produire des résultats concrets. L’enjeu consiste désormais à préserver cette dynamique en consolidant les mécanismes locaux de financement.
Les communes appelées à devenir les premiers partenaires de l’école
Au cœur des échanges figuraient les Fédérations communales des Comités de gestion décentralisés des établissements scolaires (FCC-CGDES). Ces structures de proximité sont appelées à jouer un rôle de premier plan dans la mobilisation des ressources destinées aux écoles.
Les participants ont notamment plaidé pour une implication accrue des communes dans les investissements éducatifs, un recours plus systématique aux budgets participatifs, ainsi qu’un accompagnement renforcé des élus locaux afin que les questions éducatives occupent une place prioritaire dans les politiques communales.
Diaspora, entreprises et parents : un nouveau pacte de financement
Au-delà des financements publics, la conférence a dessiné les contours d’un modèle plus participatif. Les organisateurs souhaitent encourager la création de partenariats entre les établissements scolaires, les entreprises locales, les associations, les ressortissants vivant à l’étranger et les communautés elles-mêmes.
Parmi les pistes évoquées figurent les contributions volontaires de la diaspora, l’appui du secteur privé, les initiatives communautaires de solidarité ainsi qu’une implication plus active des parents d’élèves dans la vie financière des écoles.
L’objectif est également de renforcer le contrôle citoyen sur la mobilisation et l’utilisation des ressources afin d’améliorer la transparence dans la gestion des budgets scolaires.
À travers cette 24ᵉ édition de la Semaine mondiale d’action pour l’éducation, ASO-EPT Niger entend aller au-delà d’une simple campagne de sensibilisation.
Les participants sont appelés à maîtriser les mécanismes d’élaboration des budgets scolaires prévus par la législation nigérienne, mais surtout à devenir des relais dans leurs communes pour promouvoir un financement plus participatif de l’éducation.
Soutenue par le Partenariat mondial pour l’éducation, Oxfam et Save the Children International, l’initiative ambitionne de faire émerger une culture de responsabilité partagée autour de l’école.
À Zinder, le message est désormais clair : l’avenir de l’éducation ne se construira pas uniquement dans les ministères ou grâce aux partenaires extérieurs. Il dépendra aussi de la capacité des collectivités, des familles, des entreprises et des citoyens à faire de l’école une priorité commune.
Réunis en forum régional, des centaines de jeunes ont fait de la paix, du leadership et de l’engagement citoyen les piliers d’un nouveau pacte pour le Damagaram. Entre interpellation des autorités et appels à l’action, la jeunesse entend désormais peser sur l’avenir de sa région.
À Zinder, le débat ne se limite pas aux discours de circonstance. Depuis ce mercredi 22 juillet et jusqu’à demain 23 juillet 2026, des centaines de jeunes venus des différents départements de la région ont choisi de mettre sur la table les défis qui freinent leur avenir, mais aussi les solutions qu’ils souhaitent porter. Organisé par le Mouvement des Jeunes pour la Paix et le Développement (MOJEPAD) en collaboration avec la Direction régionale de la Population, le Forum régional de la jeunesse du Damagaram a placé les jeunes au centre d’une réflexion ambitieuse sur la paix, la cohésion sociale et le développement.
Loin d’un simple rassemblement institutionnel, cette rencontre s’est imposée comme un espace de dialogue où les préoccupations liées à l’emploi, à l’éducation, aux violences sociales et à la gouvernance ont occupé le devant de la scène.
Faire de la jeunesse le premier rempart contre les crises
Dans une région marquée par sa diversité culturelle et sa position stratégique, les organisateurs ont voulu rappeler que la stabilité ne relève pas uniquement de l’action des pouvoirs publics.
Représentant le gouverneur de Zinder, le secrétaire général adjoint de la région, Mourtala Ibrahim, a insisté sur la responsabilité qui incombe aux jeunes dans la préservation de la paix.
Selon lui, la cohésion sociale se construit quotidiennement grâce à l’engagement des citoyens, particulièrement celui de la jeunesse, appelée à devenir un acteur majeur de la prévention des conflits et de la consolidation du vivre-ensemble.
Il a également rappelé les priorités défendues par les autorités nigériennes en faveur des jeunes, notamment le développement de la formation professionnelle, le soutien aux activités génératrices de revenus, l’accompagnement des start-up ainsi que la lutte contre les fléaux qui fragilisent la jeunesse, parmi lesquels la consommation de drogues, la déscolarisation et les violences basées sur le genre.
Les partenaires alertent sur les urgences sociales
Les partenaires techniques présents ont, eux aussi, recentré les échanges sur les réalités auxquelles fait face la région.
Le représentant de CARE Niger a estimé qu’aucune politique de paix durable ne pouvait réussir sans une implication active des jeunes. Il a réaffirmé la disponibilité de son organisation à soutenir les initiatives favorisant la justice sociale, le dialogue et le respect des droits humains.
Du côté de Save the Children, le message s’est voulu plus alarmant. L’organisation a rappelé que Zinder demeure l’une des régions les plus exposées aux mariages précoces et à la traite des enfants. Les jeunes participants ont ainsi été invités à devenir des relais de sensibilisation au sein de leurs communautés afin de lutter contre ces pratiques qui compromettent l’avenir de milliers d’enfants.
Le MOJEPAD veut une jeunesse qui influence les décisions
Les responsables du MOJEPAD ont profité du forum pour défendre une vision plus ambitieuse du rôle de la jeunesse dans la société nigérienne.
Pour eux, les jeunes ne doivent plus être considérés comme de simples bénéficiaires des politiques publiques, mais comme des partenaires capables de proposer des solutions et d’accompagner les transformations du pays.
Ils ont insisté sur l’importance de la formation, du leadership et de l’engagement citoyen, estimant qu’une jeunesse bien préparée constitue un puissant moteur de développement économique et social.
Un plaidoyer pour plus d’équité dans l’accès aux emplois publics
Au-delà des questions de paix et de cohésion sociale, le forum a également servi de tribune pour porter plusieurs revendications.
Le président national du MOJEPAD a notamment appelé les autorités à renforcer la transparence dans l’organisation des concours de la fonction publique, particulièrement dans les secteurs des Finances et du Pétrole.
À travers cette demande, le mouvement plaide pour une sélection fondée exclusivement sur les compétences et le mérite, estimant que la confiance des jeunes envers les institutions passe aussi par l’équité des procédures de recrutement.
L’administrateur délégué du quatrième arrondissement communal de Zinder, Mai Boukar Abdoubacar, a rappelé que la jeunesse représente un levier essentiel pour construire un développement durable.
À l’issue des deux jours de travaux qui s’achèveront demain 23 juillet, les discussions du forum devraient déboucher sur une série de recommandations destinées aux autorités publiques et aux partenaires de développement. Parmi les priorités figurent le renforcement des centres d’écoute, l’intensification des campagnes de sensibilisation ainsi que la multiplication des cadres de dialogue entre les différentes communautés.
En plaçant les jeunes au cœur de ces engagements, le Forum régional de la jeunesse du Damagaram affiche une ambition de faire de Zinder un laboratoire de paix, de solidarité et de leadership citoyen, où la jeunesse ne subit plus les défis de son époque, mais participe pleinement à leur résolution.
C’est le début d’une nouvelle ère pour la région de l’Ader et tout le nord du Niger. Ce mercredi 22 juillet 2026, le Ministre de l’Équipement et des Infrastructures, le Colonel-Major Salissou Mahaman Salissou, a donné le coup d’envoi officiel des travaux de réhabilitation de la Route nationale n° 29(RN29). Longtemps détérioré, cet axe vital de 115 kilomètres s’apprête à faire peau neuve pour dynamiser l’économie locale.
Attendu depuis des années par les transporteurs, les commerçants et les riverains, le chantier de la RN29 est désormais une réalité. En procédant au lancement officiel des travaux à Tsernaoua, le gouvernement concrétise un engagement majeur pris au plus haut sommet de l’État pour désenclaver les régions de l’intérieur.
Cet axe reliant Tsernaoua à Tahoua souffrait d’une dégradation avancée qui freinait considérablement les échanges commerciaux et compliquait les déplacements quotidiens. Avec le démarrage effectif des travaux, la promesse faite par le chef de l’État aux populations locales se transforme désormais en actes concrets.
Une chaussée moderne et un fort impact communautaire
Le projet va bien au-delà d’un simple colmatage. Il s’agit d’une modernisation complète de la voie : la future route sera dotée d’une chaussée neuve en béton bitumineux sur une plateforme de 10 mètres de large, garantissant ainsi la sécurité, la fluidité et la durabilité du trafic.
Par ailleurs, le projet intègre un important volet social, conçu pour transformer le quotidien des villages riverains. Tout au long du tracé, des investissements connexes seront déployés, notamment :
le forage de nouveaux points d’eau potable ;
la construction et la rénovation d’écoles ;
l’aménagement de centres de santé et de latrines publiques ;
le traitement de pistes rurales afin de relier les hameaux isolés.
Patriotisme, emploi local et préservation du patrimoine public
Porteur du message du Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, et du Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, le Ministre de l’Équipement a tenu à féliciter les populations de Tahoua pour leur résilience et leur patriotisme.
Dans son discours, le Colonel-Major Salissou Mahaman Salissou a insisté sur deux points cruciaux pour la réussite du chantier. D’une part, il a invité les entreprises exécutantes à recruter massivement de la main-d’œuvre locale afin que les jeunes du terroir profitent directement des retombées économiques des travaux. D’autre part, il a appelé les citoyens à faire preuve de civisme en protégeant cette infrastructure stratégique contre toute dégradation.
En redonnant son éclat à la RN29, le Niger franchit une étape déterminante dans la modernisation de son réseau routier national. Cette infrastructure rénovée constituera un véritable poumon économique pour la région de l’Ader, en facilitant le transport des marchandises, l’accès aux services sociaux de base et le désenclavement durable de tout le nord du pays.
Finalement cette réhabilitation de la RN29 ne se limite pas à un chantier routier : elle incarne la volonté du Niger de faire de ses infrastructures un moteur de développement et de cohésion nationale.
La Confédération africaine de football a validé la déclaration d’intérêt conjointe du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour organiser la Coupe d’Afrique des nations 2032. Une première étape symbolique pour les trois pays de l’AES, qui devront désormais convaincre sur le terrain des infrastructures et de la sécurité.
C’est à New York, loin des stades sahéliens, que s’est jouée, le samedi 18 juillet, une partie de l’avenir footballistique du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Réunis avec le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, les présidents des trois fédérations — le colonel Oumarou Sawadogo, Mahamadou Cissé et Issaka Adamou — ont obtenu la confirmation que leur déclaration d’intérêt commune pour l’organisation de la CAN 2032 était désormais enregistrée. L’information a été rendue publique le 20 juillet par la Fédération nigérienne de football (FENIFOOT), avant d’être reprise dans toute la région.
Une formalité, pas encore une victoire
Sur le plan réglementaire, l’étape franchie reste limitée. Conformément à l’article 7.3 du règlement des candidatures de la CAF, les fédérations membres des trois pays de l’Alliance des États du Sahel sont désormais considérées comme ayant satisfait à l’exigence du dépôt d’une déclaration d’intérêt, un préalable administratif qui leur permet de rester dans la course, sans préjuger de l’attribution finale. Selon la Fédération nigérienne de football, cette validation permet simplement au dossier de poursuivre le processus officiel d’attribution des droits d’organisation.
Pourquoi la CAF a-t-elle ouvert trois éditions d’un coup ?
Début juillet 2026, la CAF a lancé simultanément l’appel à candidatures pour les CAN 2028, 2032 et 2036, invitant ses 54 associations membres à se positionner. Par cette démarche, l’instance continentale souhaite planifier à long terme sa compétition phare et laisser aux fédérations le temps de bâtir des dossiers solides.
Toutefois, si la CAF n’a pas encore fixé de date pour la décision finale concernant l’édition 2032, elle devra encore examiner la faisabilité technique du projet sahélien. Cette évaluation portera notamment sur l’état des infrastructures sportives, hôtelières et de transport des trois pays candidats.
Un précédent est-africain qui rassure
La formule d’une coorganisation à trois n’est pas une nouveauté pour la CAF : le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie doivent déjà accueillir conjointement l’édition 2027, un précédent qui pourrait servir de référence lors de l’examen du dossier sahélien. Ce format tripartite permettrait au trio Burkina Faso–Mali–Niger de mutualiser les infrastructures existantes plutôt que de supporter seul le poids d’une organisation répondant aux standards internationaux.
Le président de la CAF a salué une initiative fondée sur une vision de coopération régionale, tout en rappelant les procédures à respecter, selon un communiqué de la FENIFOOT publié le 20 juillet 2026.
Le football, autre terrain de la diplomatie de l’AES
La démarche s’inscrit dans un contexte plus large. Depuis leur rupture avec la CEDEAO, les trois régimes militaires au pouvoir à Ouagadougou, Bamako et Niamey multiplient les initiatives communes pour affirmer l’existence d’un bloc sahélien autonome, de la monnaie à la diplomatie. Une candidature sportive conjointe, si elle aboutissait, offrirait à l’Alliance des États du Sahel une vitrine internationale rare, à un moment où la région reste marquée par une insécurité persistante. L’Union africaine a d’ailleurs condamné, cette semaine, de nouvelles attaques meurtrières au Niger et au Mali, survenues les 17 et 18 juillet.
C’est précisément sur le terrain de la sécurité, mais aussi sur celui des infrastructures sportives, des capacités d’hébergement et des réseaux de transport, que la CAF jugera, dans les prochains mois, la solidité du dossier sahélien.
Ce qu’il faut en retenir
En obtenant ce feu vert le 18 juillet, les candidats n’ont franchi qu’une étape préliminaire : la validation d’une déclaration d’intérêt, premier pas administratif d’un processus encore long dont le calendrier 2032 reste à définir. » Elle ne préjuge ni de la faisabilité technique du dossier — infrastructures, hébergement et sécurité —, ni de son issue face à d’éventuels autres candidats.
Les fédérations du Burkina Faso, du Mali et du Niger affirment vouloir poursuivre, en lien avec leurs gouvernements respectifs, la préparation d’un dossier technique conforme au cahier des charges de la CAF. La suite se jouera moins à New York que sur la capacité concrète des trois pays à répondre, dans la durée, aux exigences d’infrastructures, d’organisation et de sécurité qu’impose l’accueil d’une compétition continentale.
La CAN 2032 pourrait devenir bien plus qu’un tournoi : un révélateur de la capacité du Sahel à transformer son unité politique en une vitrine internationale.
Ce jour, le Ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire a accordé une audience de haut niveau à une importante délégation sud-africaine. Au menu des échanges : l’élargissement d’une coopération bilatérale prometteuse.
Niamey, 22 juillet 2026 —La diplomatie sécuritaire bat son plein dans la capitale nigérienne. Le ministre d’État a reçu une délégation venue du pays de Nelson Mandela, conduite par un poids lourd de l’appareil sécuritaire sud‑africain : Kubyane Jeffrey Thokoane, patron de l’Agence de la sécurité d’État.
Si la présence de cette délégation à Niamey s’inscrivait d’abord dans le cadre d’une visite de travail et de la présentation des civilités d’usage au Ministre d’État, les discussions ont rapidement pris une dimension hautement stratégique. Loin d’être une simple rencontre protocolaire, ce tête-à-tête a ainsi servi de tremplin pour explorer de nouvelles perspectives de partenariat.
Les deux parties ont, en effet, mis à profit cette audience pour étudier les voies et moyens d’élargir la coopération entre le Niger et l’Afrique du Sud. Dans un contexte sous-régional et continental où les défis sécuritaires exigent des réponses mutualisées, ce rapprochement entre Niamey et Pretoria résonne comme une volonté d’affirmer un axe de coopération Sud-Sud solide et décomplexé.
L’arrivée du premier responsable du renseignement sud-africain dans les locaux du ministère de l’Intérieur nigérien n’a rien d’anodin. Elle illustre la dynamique d’ouverture du Niger vers des partenaires africains influents, capables d’accompagner le pays dans la consolidation de sa souveraineté sécuritaire et institutionnelle.
Cette rencontre pose ainsi les jalons d’une collaboration qui pourrait s’étendre au-delà des échanges d’informations institutionnelles, ouvrant la voie à une nouvelle ère de coopération entre les deux nations.
en somme, ce rapprochement sécuritaire entre le Niger et l’Afrique du Sud envoie un signal fort : l’Afrique choisit de bâtir ses propres réponses face aux menaces régionales.
Le Niger élargit son horizon diplomatique pour servir ses ambitions économiques. Trois ans après la réorientation de sa politique extérieure consécutive aux événements du 26 juillet 2023, Niamey poursuit sa stratégie de diversification de ses partenaires. La visite officielle du ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, au Sultanat d’Oman à ne relève pas seulement de la diplomatie : elle traduit la volonté du Niger d’attirer des investissements, d’ouvrir de nouveaux débouchés et de bâtir des alliances économiques en dehors de ses partenaires traditionnels.
Du 19 au 21 juillet 2026, la capitale omanaise a accueilli une délégation nigérienne composée de cadres du ministère des Affaires étrangères, du directeur général de l’Agence nationale pour la promotion des investissements privés et des projets stratégiques (ANPIPS), ainsi que de représentants des secteurs de l’agriculture, de l’élevage, des mines et du pétrole.
Ce déplacement illustre la mutation de la politique étrangère nigérienne : la diplomatie devient un levier de prospection économique, où les enjeux commerciaux et financiers occupent désormais une place centrale.
Transformer le dialogue politique en partenariats concrets
Face aux autorités omanaises, les discussions ont rapidement dépassé le cadre protocolaire. Les entretiens entre le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, et son homologue, Sayyid Badr Al‑Busaidi, ont été complétés par plusieurs séances de travail avec les dirigeants de l’autorité omanaise chargée de l’investissement et des institutions économiques du Sultanat.
L’objectif est clair : transformer la relation diplomatique en un partenariat économique concret. Pour Niamey, il s’agit de convaincre Oman de regarder vers le Niger comme une terre d’opportunités et de mobiliser des capitaux stratégiques autour de secteurs prioritaires : l’agriculture, l’élevage, l’exploitation minière et pétrolière, ainsi que le commerce.
En présentant ces opportunités d’investissements productifs, le Niger entend valoriser davantage ses ressources naturelles et faire du soutien financier omanais un levier majeur de la transformation de son économie nationale.
L’atout omanais : capitaux, expertise et neutralité
Le Sultanat d’Oman, reconnu pour sa neutralité au Moyen‑Orient, dispose d’importantes capacités financières et d’une solide expertise dans les domaines portuaire, logistique, énergétique, agricole et minier. En se tournant vers Mascate, Niamey cible un acteur discret mais influent du Golfe, capable de diversifier ses investissements et de renforcer sa présence en Afrique.
Pour le Niger, confronté à la nécessité de financer ses infrastructures et de créer des emplois, cette convergence d’intérêts ouvre la perspective de partenariats susceptibles d’accélérer la transformation économique et la valorisation des filières stratégiques.
Cap sur la souveraineté et la diversification des alliances
Cette mission s’inscrit dans la stratégie engagée par les autorités nigériennes après juillet 2023 : multiplier les partenariats internationaux afin de réduire la dépendance à un nombre limité d’alliés économiques et renforcer la capacité du pays à financer ses priorités nationales.
Elle répond également à une logique de souveraineté économique : attirer des investisseurs provenant d’horizons variés permet de diversifier les sources de financement et de limiter les risques liés à une concentration des partenariats.
Les deux pays ont identifié plusieurs domaines susceptibles de structurer leur future coopération : l’agriculture et l’élevage, pour renforcer la sécurité alimentaire ; les mines et le pétrole, pour valoriser les ressources naturelles ; enfin, les investissements privés et le commerce, pour soutenir la transformation économique du Niger.
Cette première visite officielle d’un ministre nigérien au Sultanat d’Oman marque un tournant dans les relations entre Niamey et Mascate. Les deux États affichent désormais leur volonté de bâtir une coopération fondée sur des projets concrets, des investissements ciblés et un suivi institutionnel.
Pour le Niger, cette ouverture vers le Golfe confirme une évolution profonde de sa politique étrangère : la diplomatie n’est plus seulement un instrument de représentation. Elle devient un outil de conquête économique, destiné à attirer les capitaux, les financements, les technologies et les expertises susceptibles d’accélérer son développement dans des secteurs stratégiques. Elle illustre la volonté de Niamey d’élargir son réseau de partenaires économiques à des puissances émergentes disposant de capacités d’investissement importantes.
Si les projets évoqués à Mascate se concrétisent, cette mission pourrait constituer un tournant dans la diplomatie économique nigérienne, en faisant d’Oman un nouveau partenaire de référence pour les investissements et la transformation structurelle de l’économie du pays.
Le passeport nigérien entre dans une nouvelle ère. Avec le lancement opérationnel du passeport biométrique de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Niger modernise son principal document de voyage et adopte un système conçu pour répondre aux standards internationaux de sécurité. Plus qu’un simple changement de couverture, cette réforme introduit cinq catégories de passeports, une technologie biométrique avancée et une harmonisation avec le Burkina Faso et le Mali.
Un document de voyage repensé pour l’ère numérique
Après la carte nationale d’identité biométrique, le passeport devient à son tour un document entièrement numérisé. En effet, cette évolution marque une rupture avec les anciens titres de voyage et s’inscrit dans une stratégie de modernisation des services d’identification.
Le nouveau passeport biométrique repose sur l’enregistrement des données personnelles et biométriques de son titulaire. L’objectif est double : sécuriser davantage l’identité des voyageurs et faciliter les contrôles aux frontières grâce à des informations plus fiables et difficilement falsifiables.
Le lancement officiel du dispositif a été symbolisé le 16 juillet 2026 par l’enrôlement du premier demandeur, le président de la République, Abdourahamane Tiani, une étape qui marque le démarrage effectif des délivrances.
Cinq passeports pour cinq usages bien définis
L’une des principales innovations du dispositif réside dans la diversification des titres délivrés. Le nouveau système prévoit cinq catégories de passeports, chacune destinée à un usage précis :
Le passeport ordinaire : destiné aux citoyens nigériens effectuant des voyages privés, touristiques, professionnels ou familiaux, il constitue le document le plus largement délivré.
Le passeport de service : réservé aux agents de l’État accomplissant des missions officielles, il permet d’encadrer les déplacements réalisés dans le cadre des fonctions publiques.
Le passeport diplomatique : attribué aux diplomates ainsi qu’aux hautes autorités de l’État, il facilite les déplacements liés aux activités diplomatiques et aux représentations officielles du Niger à l’étranger.
Le passeport spécial Hadj : pensé pour les fidèles musulmans accomplissant le pèlerinage à La Mecque, ce document répond aux besoins spécifiques de l’organisation du Hadj et de la gestion des flux de pèlerins.
Le passeport pour réfugiés : destiné aux personnes bénéficiant du statut de réfugié, ce titre leur permet de voyager dans le respect des conventions internationales auxquelles le Niger est partie.
Cette segmentation vise ainsi à mieux adapter les documents aux différents profils de voyageurs tout en simplifiant leur gestion administrative.
Une sécurité renforcée contre la fraude documentaire
Présenté comme un document de très haute sécurité, le nouveau passeport nigérien intègre des données biométriques et des éléments électroniques de pointe pour contrer efficacement la fraude, la contrefaçon et l’usurpation d’identité. Mis en œuvre par la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) de la Police nationale, en collaboration avec la société Al Itsal Aljadid et son partenaire local Hasdi, ce projet répond aux exigences internationales les plus strictes en matière de contrôle aux frontières.
Cette montée en gamme garantit non seulement une authentification plus fiable des voyageurs, mais vise également à restaurer et renforcer la crédibilité du document auprès des autorités étrangères.
Un passeport commun aux pays de l’AES
L’initiative dépasse le seul cadre nigérien. Lancé en août 2025, le passeport biométrique traduit une volonté d’intégration régionale. Le Niger, le Burkina Faso et le Mali ont engagé un processus d’harmonisation de leurs documents d’identité et de voyage dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’objectif est de disposer de passeports répondant aux mêmes normes de sécurité et présentant une identité visuelle commune.
Par ailleurs, cette uniformisation constitue l’un des volets de la coopération engagée entre les trois pays pour renforcer leur intégration administrative et leur souveraineté numérique, tout en affirmant leur souveraineté dans la gestion des documents officiels.
Une réforme qui modernise les services aux citoyens
Avec le lancement du passeport biométrique AES, le Niger poursuit la modernisation de son administration numérique. Après la carte nationale d’identité biométrique, cette réforme devrait aussi permettre une gestion plus efficace des demandes, une meilleure traçabilité des titres délivrés et une sécurisation renforcée des données des citoyens.
Avec cette nouvelle génération de passeports, le Niger ne change pas seulement de document de voyage : il se dote aussi d’un outil qui conjugue sécurité, modernisation administrative et intégration régionale, tout en accompagnant la construction d’un espace administratif commun avec les autres pays de l’Alliance des États du Sahel, dans un contexte où la fiabilité des titres d’identité est devenue un enjeu majeur des échanges internationaux.
Près de cinq cents entreprises nigériennes, des banques, des cabinets d’avocats et de notaires, ainsi que des experts-comptables, se sont retrouvés ce mardi autour d’un atelier lancé par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine. Objectif : donner corps à une ordonnance fraîchement adoptée qui doit désormais encadrer la part nigérienne dans la chaîne de valeur pétrolière.
L’affluence, à elle seule, dit l’enjeu. Dès les premières heures de la matinée, les allées du Centre international de conférences Mahatma Gandhi ne désemplissaient plus. Près de cinq cents entreprises locales avaient répondu à l’appel, aux côtés des professions identifiées comme parties prenantes du contenu local : banques, cabinets d’avocats, études notariales et cabinets d’experts-comptables. Un parterre à la mesure de l’ambition affichée : faire du secteur pétrolier un levier tangible pour le tissu économique national.
C’est le Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine, qui a donné le coup d’envoi de cet atelier de mise en relation et d’opérationnalisation du contenu local, conçu comme un espace de dialogue direct entre l’État, les opérateurs pétroliers et les entreprises nigériennes appelées à s’insérer davantage dans leur chaîne de valeur.
Hydrocarbures : une nouvelle ordonnance pour renforcer le contenu local
Le contenu local désigne la part d’activités, d’emplois et de valeur ajoutée que le secteur pétrolier doit réserver aux entreprises et aux compétences nationales. Une première ordonnance, datée d’août 2024, avait posé un socle commun aux mines et aux hydrocarbures. Jeudi dernier, en Conseil des ministres, le gouvernement a adopté une nouvelle ordonnance spécifique aux hydrocarbures, offrant un cadre juridique et institutionnel propre au secteur et devant désormais servir de référence à l’ensemble des relations entre les acteurs.
Après les allocutions d’ouverture, place a été faite à un panel qualifié par les organisateurs de « ministériel », réunissant les départements du Pétrole, des Finances, du Commerce, de la Formation professionnelle et de la Justice. Cette configuration interministérielle traduit la nature transversale du chantier : le contenu local touche à la fois à la fiscalité, à la formation des compétences, à la réglementation commerciale et à la sécurité juridique des contrats.
Les échanges ont permis de mesurer le niveau de compréhension des entreprises face à cette politique. Il en est ressorti un constat partagé : le contenu local n’est pas une nouveauté dans la pratique des affaires nigériennes, mais c’est la première fois qu’il bénéficie d’un encadrement juridique aussi structuré, avec des textes de loi appelés à en fixer les règles du jeu. La démarche existait déjà dans les faits ; elle dispose désormais d’un cadre légal appelé à guider les relations entre tous les acteurs du secteur.
Le calendrier n’a rien d’un hasard. L’ordonnance relative au contenu local dans le domaine des hydrocarbures, adoptée jeudi dernier en Conseil des ministres, vient tout juste d’offrir la base légale sur laquelle repose désormais l’ensemble de la démarche présentée à Niamey. Le texte doit permettre de mieux définir les catégories d’activités réservées ou à privilégier pour les opérateurs nationaux, tout en fixant des indicateurs de suivi de sa mise en œuvre.
Pour les autorités, l’enjeu dépasse la seule filière pétrolière : il s’agit de consolider une chaîne de compétences nationales — juridiques, financières et comptables — capables d’accompagner durablement les opérateurs internationaux présents sur le territoire nigérien.
Niamey donne le coup d’envoi d’une vaste consultation diplomatique voulue par les Nations Unies. En recevant, lundi, l’Envoyée du Secrétaire général de l’ONU, Sahle-Work Zewde, le président nigérien, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a placé le Niger au centre d’une mission appelée à redéfinir l’action du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS). Une tournée qui doit conduire l’ancienne présidente éthiopienne dans les pays de la CEDEAO comme dans ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Le Niger est le premier pays visité dans le cadre de la revue du mandat de l’UNOWAS, une mission confiée à Sahle-Work Zewde par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Reçue en audience par le chef de l’État nigérien, l’ancienne présidente de l’Éthiopie est venue présenter les contours d’un exercice qui vise à mesurer l’efficacité de l’action de ce bureau régional dans un contexte marqué par de profondes recompositions politiques et sécuritaires en Afrique de l’Ouest.
L’objectif est d’évaluer la manière dont l’UNOWAS remplit ses missions de prévention des conflits, de médiation, de bons offices et de coopération avec les États de la région.
Une consultation élargie aux États de la CEDEAO et de l’AES
Au-delà des échanges avec les autorités nigériennes, la mission prévoit une série de consultations dans l’ensemble des pays concernés. La mission sollicitera les gouvernements, les partis politiques et les organisations de la société civile afin de recueillir leurs appréciations sur le rôle joué par l’UNOWAS et sur les attentes pour les années à venir.
Ces contributions alimenteront un rapport qui sera présenté au Conseil de sécurité des Nations Unies. Les conclusions de cette évaluation pourraient orienter l’évolution du mandat de l’institution et ses priorités dans une région confrontée à des défis sécuritaires, politiques et humanitaires persistants.
Lors de son entretien avec le président Abdourahamane Tiani, Sahle-Work Zewde a rappelé que ses relations avec le Niger remontent à plus de trois décennies. Elle avait participé en 1993 à une mission d’observation électorale de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) dans le pays.
Elle a également salué les évolutions qu’elle dit avoir constatées depuis cette période, tout en soulignant l’importance d’un dialogue permanent entre les Nations Unies et les États de la région.
Le Niger réaffirme sa disponibilité
À l’issue de la rencontre, le président Abdourahamane Tiani a pris acte des objectifs de la mission et a assuré de la disponibilité des autorités nigériennes à contribuer pleinement au processus de revue du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.
L’audience s’est déroulée en présence de membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), du ministre directeur de cabinet du président et porte-parole du gouvernement, Dr Soumana Boubacar, ainsi que du conseiller chargé des questions stratégiques et diplomatiques.
Une évaluation déterminante pour l’action de l’ONU
Face à une Afrique de l’Ouest traversée par de profonds bouleversements géopolitiques, l’ONU joue la carte de l’inclusivité. En choisissant d’ouvrir cette mission stratégique à Niamey, les Nations Unies envoient un message fort : l’avenir et la réussite de l’UNOWAS passeront inévitablement par une écoute attentive de tous les acteurs, de la CEDEAO jusqu’à l’AES. La délicate refonte diplomatique est désormais lancée.
Le Niger veut peser dans la réflexion sur l’avenir de la présence des Nations unies en Afrique de l’Ouest et au Sahel. À Niamey, le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine a reçu, ce lundi 20 juillet, Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie et cheffe de la mission chargée de la Revue stratégique indépendante (RSI) de l’UNOWAS. Une rencontre qui intervient dans un contexte où les équilibres sécuritaires et diplomatiques de la région connaissent de profondes mutations.
Alors que le Sahel traverse une période de recomposition politique et sécuritaire, le Niger entend faire valoir son analyse sur l’évolution des mécanismes internationaux d’accompagnement de la région. C’est dans cette dynamique que le Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine, a accordé une audience à Sahle-Work Zewde, experte indépendante mandatée par les Nations unies pour conduire la Revue stratégique indépendante (RSI) du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS). La rencontre s’est tenue au cabinet du chef du gouvernement à Niamey, dans le cadre d’une série de consultations menées auprès des autorités nationales et des principales institutions du pays.
Évaluer l’action de l’UNOWAS face aux nouveaux défis du Sahel
Au cœur des échanges figurait l’évaluation du mandat de l’UNOWAS, dont les missions couvrent la prévention des conflits, la diplomatie préventive, la consolidation de la paix et l’accompagnement des États d’Afrique de l’Ouest et du Sahel.
La mission conduite par Sahle-Work Zewde a pour objectif de recueillir les appréciations des États membres afin de formuler des recommandations sur l’adaptation du Bureau régional aux réalités actuelles. Pour les Nations unies, cette revue intervient dans un contexte marqué par l’évolution des menaces sécuritaires, les crises humanitaires, les transitions politiques et les nouveaux défis liés au développement durable.
Le Niger affirme sa lecture des enjeux régionaux
À travers cette audience, les autorités nigériennes ont apporté leur contribution à une réflexion qui dépasse les frontières nationales. Depuis plusieurs mois, Niamey défend une approche fondée sur le respect de la souveraineté des États, la recherche de solutions adaptées aux réalités locales ainsi que le renforcement des mécanismes régionaux de coopération.
La mission de la RSI conduit des consultations pour intégrer ces différentes perceptions dans les conclusions qu’elle soumettra au Secrétaire général des Nations unies. À l’issue de l’entretien, les deux parties n’ont fait aucune déclaration à la presse, les deux parties privilégiant la confidentialité des échanges dans cette phase de consultation.
Par ailleurs, cette revue stratégique pourrait influencer la manière dont les Nations unies accompagneront les pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel dans les prochaines années. L’évolution des crises sécuritaires, les défis humanitaires, les questions de gouvernance et les nouvelles priorités de développement imposent en effet une adaptation constante des instruments de coopération internationale.
Pour le Niger, confronté comme plusieurs États sahéliens à des défis multidimensionnels, cette réflexion représente une opportunité de faire entendre sa vision d’un partenariat davantage fondé sur l’écoute, le respect des choix souverains et l’efficacité des actions sur le terrain.
Les conclusions de la RSI seront particulièrement attendues. Elles pourraient aussi ouvrir une nouvelle phase dans les relations entre les Nations unies et les États de la région, en redéfinissant les priorités de l’UNOWAS face aux mutations profondes que connaissent aujourd’hui l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Pour le Niger, l’enjeu dépasse la seule réforme d’une institution : il s’agit de contribuer à bâtir un cadre de coopération plus adapté aux défis de demain, capable de soutenir durablement la paix, la stabilité et le développement dans toute la région.