Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 6 sur 307

Agriculture au Niger : Rendements en hausse à Saguia et suivi à Niamey

NIAMEY, 15 octobre 2026 — Dans le prolongement des inspections menées à Agadez et à Tahoua, le gouvernement nigérien intensifie son programme d’évaluation de la campagne agro-pastorale. Une délégation ministérielle conduite par le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le colonel Bilaly Elhadj Gambobo, aux côtés du gouverneur de la région de Niamey, le général de division Assoumane Abdou Harouna, a inspecté les infrastructures et les exploitations du 5ᵉ arrondissement communal.

Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
© Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
Modernisation irréversible des périmètres aménagés à Saguia

L’intervention stratégique de l’Office national d’aménagement hydro-agricole (ONAHA) sur le site de Saguia-Amont concrétise la restructuration du secteur. Les travaux de réhabilitation ont porté la surface effectivement exploitée de 80 à 102 hectares, faisant passer le rendement moyen de 4,9 à 7,9 tonnes par hectare. Cette modernisation technique réduit les coûts énergétiques d’exploitation tout en améliorant la rentabilité des producteurs locaux.

Par ailleurs, la délégation a examiné les parcelles de démonstration consacrées aux nouvelles formules de fertilisation, ainsi que la station de pompage équipée d’infrastructures réhabilitées.

Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
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Diversification des cultures et défis fonciers urbains

Le bilan s’avère prometteur dans le hameau de Lougal (Saguia Recasement), où les parcelles associent la culture céréalière du mil à celle de la spéculation légumière du niébé. Les cultures horticoles, notamment le moringa, l’aubergine et le concombre, affichent également une dynamique de production soutenue.

Cependant, la pression anthropique menace directement ces espaces. En effet, l’ensablement des sols et la spéculation foncière illégale freinent l’expansion agricole. Face à la dégradation des bassins versants (koris), le ministre de l’Agriculture préconise l’élaboration urgente d’un schéma directeur consensuel afin de réguler l’aménagement du territoire.

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Innovation fourragère et soutien direct aux exploitants

Pour soutenir l’élevage, l’exécutif mise sur l’innovation biologique à travers la visite d’une exploitation privée de cinq hectares dédiée au Maralfalfa, une plante fourragère à haute valeur nutritionnelle.

À cette occasion, le colonel Bilaly Elhadj Gambobo a ordonné la mise en place d’un mécanisme institutionnel de collecte et de redistribution des boutures afin de favoriser l’adoption de cette culture par les éleveurs. Parallèlement, le gouvernement s’engage à renforcer l’appui-conseil aux agriculteurs par la fourniture prioritaire d’engrais, de semences certifiées et d’ouvrages d’exhaure, notamment des forages.

Audit opérationnel des services techniques déconcentrés

La mission s’est achevée par une inspection des directions régionales de l’Élevage, de l’Agriculture, du Génie rural, de l’ONAHA et de la Centrale d’approvisionnement en intrants et matériels agricoles (CAIMA).

À cette occasion, les responsables administratifs ont dressé un état des lieux des principales contraintes structurelles auxquelles leurs services sont confrontés. Ils ont notamment évoqué la pénurie de moyens logistiques, le sous-effectif en personnel qualifié, l’insuffisance des dotations de fonctionnement et la dégradation des infrastructures publiques. L’exécutif a ainsi pris acte de ces blocages institutionnels en vue de réajuster la planification budgétaire du secteur.

Niger : Abdourahamane Tiani reçoit les ambassadeurs de 6 pays partenaires

NIAMEY, 15 octobre 2026 — Le palais présidentiel a servi de cadre, ce jeudi 15 octobre 2026, au déploiement officiel de six représentants diplomatiques de haut rang. Le chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a reçu successivement les lettres de créance accréditant ces diplomates en qualité d’ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires auprès de la République du Niger.

Cette accréditation consacre officiellement la prise de fonction de chaque chef de mission. En remettant cet acte officiel émis par leurs États respectifs, les ambassadeurs acquièrent ainsi la plénitude de leurs prérogatives juridiques pour représenter leurs nations et engager des discussions officielles avec l’exécutif nigérien.

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Une empreinte géographique pluricontinentale

La cérémonie a réuni des diplomates issus d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Europe. Les délégations représentent la République fédérale du Nigeria, le Royaume d’Arabie saoudite, la République du Ghana, la République islamique du Pakistan, l’État de Palestine ainsi que le Royaume de Norvège. Cet éventail témoigne de la diversité des axes de coopération extérieure entretenus par Niamey.

Les diplomates accrédités sont Betso Maimunah Ibrahim, pour le Nigeria ; Ahmed Bin Omar Al Muhaily, pour l’Arabie saoudite ; Isaac Joshua Essilfie, pour le Ghana ; et Muhammad Irfan Tarar, pour le Pakistan. Ces quatre chefs de mission ont leur résidence à Niamey. Hassan F. M. Albalawi, ambassadeur de l’État de Palestine, réside à Bamako, au Mali, tandis que Knut Langeland, ambassadeur du Royaume de Norvège, réside à Dakar, au Sénégal.

À cette occasion, le chef de l’État a formulé des vœux de réussite à l’endroit des diplomates, tout en réaffirmant la volonté des autorités nigériennes de privilégier un dialogue constructif. L’exécutif entend ainsi consolider des partenariats stratégiques mutuellement avantageux dans les domaines de la sécurité, de l’économie et du développement.

La poursuite des engagements stratégiques nigériens

En somme, cette série de réceptions officielles traduit la volonté de la République du Niger de préserver ses canaux de communication diplomatique et de renforcer sa présence sur la scène internationale. Par ailleurs, l’accréditation simultanée de ces représentants marque une nouvelle étape dans les relations entre Niamey et ses partenaires extérieurs.

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Niger : Le concours d’accès à l’ENA lancé pour les douaniers à Niamey

L’École nationale d’administration (ENA) de Niamey a servi de cadre, ce jeudi matin, au lancement des épreuves professionnelles du second niveau destinées aux cadres intermédiaires des douanes nigériennes. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le colonel Saidou Dakao Maidaji, directeur général adjoint des douanes du Niger, en présence des membres du comité d’organisation.

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Le renforcement des capacités au cœur des réformes publiques

La souveraineté économique d’une nation repose sur la qualification de ses agents régaliens. En organisant ce concours promotionnel, la Direction générale des douanes réaffirme ainsi sa volonté de perfectionner le commandement opérationnel. En effet, l’accès au niveau supérieur de l’ENA garantit l’acquisition d’expertises avancées en fiscalité, en droit douanier et en gestion des flux transfrontaliers, consolidant ainsi l’efficacité des administrations publiques.

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L’élévation hiérarchique des officiers de terrain

Près de cent contrôleurs des douanes, arborant le grade de sous-lieutenant, participent aussi  à cette session d’octobre. Pour ces professionnels aguerris par l’expérience du terrain, l’obtention de cette certification représente un tremplin indispensable vers des responsabilités d’encadrement supérieur. L’institution valorise ainsi le mérite individuel tout en structurant l’avancement des carrières militaires et douanières.

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L’impartialité garantie par un contrôle tripartite

Afin d’assurer la rigueur et l’équité des évaluations, une commission mixte supervise l’ensemble du processus rédactionnel et logistique. Cette structure réunit des représentants du ministère de tutelle, des spécialistes de l’ENA ainsi que des hauts responsables de la régie douanière. Cette gouvernance partagée renforce la transparence du concours et garantit l’intégrité des résultats.

À l’issue de cette étape, cette promotion d’officiers rejoindra les bancs académiques de l’ENA pour suivre un cursus intensif. Ainsi, en investissant stratégiquement dans le capital humain, l’État nigérien prépare ses cadres à relever les défis de la régulation commerciale et de la lutte contre la fraude. Il érige, par la même occasion, la compétence technique en pilier du développement national.

Niamey accueille quatre nouveaux ambassadeurs, du Ghana à la Norvège

NIAMEY, 14 octobre 2026 — Quatre diplomates venus d’Afrique de l’Ouest, du Golfe, du Proche-Orient et d’Europe du Nord viennent d’entamer leur mission au Niger. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur les a reçus dans son cabinet pour examiner les copies figurées de leurs lettres de créance, première formalité avant leur entrée officielle en fonction.

Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
© Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
Deux ambassadeurs installés à Niamey

Le Ghanéen Isaac Joshua Essilfie et le Saoudien Ahmed Bin Omar Al Muhaily résideront dans la capitale nigérienne. Accra et Riyad disposeront ainsi d’une représentation de plein exercice, au plus près des institutions et des acteurs économiques du pays. Pour le Ghana, voisin de la sous-région, cette présence prolonge des échanges de longue date en Afrique de l’Ouest.

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Deux diplomates basés à l’étranger

Les deux autres ambassadeurs travailleront depuis un pays tiers. Le Palestinien Hassan F. M. Albalawi s’installera à Bamako, au Mali, tandis que le Norvégien Knut Langeland opérera depuis Dakar, au Sénégal. Ce choix de résidence est courant : de nombreux États couvrent plusieurs capitales régionales depuis une seule mission, afin de limiter leurs coûts et d’optimiser leurs moyens.

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Un signal de continuité diplomatique

Au-delà du rituel, ces quatre accréditations montrent que des partenaires aux profils très différents continuent d’investir dans la relation avec Niamey. Les autorités y voient ainsi la preuve d’un dialogue maintenu et d’une volonté de consolider la coopération, tant bilatérale que multilatérale.

Les nouveaux ambassadeurs doivent désormais accomplir les étapes restantes de leur accréditation avant d’exercer pleinement leurs fonctions. Leurs priorités, qu’il s’agisse du commerce, de la sécurité, de l’aide au développement ou de la coordination politique, se préciseront au fil de leurs premières rencontres avec les responsables nigériens.

Zinder : la rénovation de l’arène Langa-Langa s’accélère

À Zinder, la rénovation de l’arène de lutte traditionnelle Langa-Langa avance, mais le calendrier impose la vitesse. Lors d’une visite du chantier, ce mercredi 14 octobre 2026, le gouverneur de la région a exigé une accélération des travaux afin de livrer l’infrastructure avant les compétitions prévues à la mi-décembre.

Le capitaine Abdou, du Génie militaire et responsable du chantier, a annoncé un taux d’exécution physique de 18%, contre 25% de consommation des délais. Cet écart traduit un retard qu’il faudra combler rapidement pour respecter l’échéance sportive et culturelle.

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Une modernisation attendue

Le projet ne se limite pas à une remise en état superficielle. Les équipes construisent une nouvelle tribune principale, rénovent une tribune secondaire et érigent un bloc administratif. Elles réalisent également une salle technique et des sanitaires.

Ces équipements visent à améliorer les conditions d’accueil des lutteurs, des spectateurs et des organisateurs. Ils doivent aussi doter l’arène d’une organisation plus fonctionnelle lors des grandes compétitions, qui attirent un public nombreux dans la région.

La lutte traditionnelle occupe une place centrale dans le patrimoine culturel de Zinder. Sa modernisation dépasse donc la simple question sportive : elle touche à l’identité locale, à l’économie des événements et à l’image d’une ville qui entend préserver ses traditions tout en offrant des infrastructures dignes de ce nom.

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Le financement, principal défi

Le Génie militaire poursuit actuellement les travaux sur fonds propres. Cette situation permet de maintenir l’activité sur le site, mais elle ne garantit pas à elle seule l’achèvement rapide du projet.

Le capitaine Abdou a annoncé des démarches imminentes pour mobiliser un financement estimé à plus de 600 millions de FCFA. Cette enveloppe devra soutenir l’accélération du chantier et permettre la réalisation des équipements restants.

La capacité des autorités à réunir ces ressources déterminera en grande partie le respect du calendrier. Sans financement suffisant, le retard constaté risque de s’accentuer et de compromettre la livraison avant décembre.

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Une échéance qui presse

Le gouverneur de Zinder a placé la mi-décembre 2026 au centre des priorités. Les compétitions de lutte traditionnelle constituent une échéance concrète, qui transforme le chantier en un test de gestion publique et de coordination.

L’enjeu consiste désormais à aligner trois impératifs : accélérer les travaux, sécuriser le financement et préserver la qualité des infrastructures. Les responsables du projet devront éviter un achèvement précipité qui sacrifierait la solidité ou le confort des installations.

Pour les habitants de Zinder, l’arène Langa-Langa représente bien plus qu’un chantier. Sa rénovation doit permettre à la ville d’accueillir ses compétitions dans de meilleures conditions et de reaffirmer le rôle de la lutte traditionnelle dans la vie culturelle et sociale de la région.

 

Niger : les ministres sur le terrain après l’éruption à Agadem

Près de trois semaines après l’éruption du puits Goumeri W-8, dans la région de Diffa, le gouvernement nigérien renforce sa présence sur le terrain. Ce mercredi 14 octobre 2026, les ministres du Pétrole et de l’Environnement ont rejoint le bloc pétrolier d’Agadem avec leurs équipes techniques et des experts algériens pour évaluer les dégâts et coordonner les mesures destinées à sécuriser les installations. Cette visite intervient alors que les équipes poursuivent leurs efforts pour contenir le pétrole brut et réduire les conséquences environnementales de l’incident.

Une mission gouvernementale au cœur des opérations

Le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, conduit cette mission aux côtés de son homologue de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le colonel Abdoulaye Maizama. Le gouverneur de Diffa, le général de division Ibrahim Bagadoma, ainsi que des autorités locales du Manga participent également à ce déplacement.

La présence conjointe des responsables des secteurs pétrolier et environnemental traduit la nécessité de traiter simultanément les risques industriels et les éventuelles conséquences sur les milieux naturels. Les autorités doivent notamment apprécier l’état de la plateforme endommagée, examiner les dispositifs de confinement et vérifier l’application des mesures de sécurité.

Cette démarche s’inscrit dans le prolongement des actions engagées depuis le 25 septembre, date à laquelle le puits Goumeri W-8, exploité par CNPC Niger Petroleum S.A., a connu une éruption marquée par des projections de pétrole brut et de gaz.

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L’expertise algérienne sollicitée pour maîtriser l’incident

Pour renforcer les capacités d’intervention, le gouvernement a fait appel à des spécialistes de Sonatrach, la compagnie nationale algérienne des hydrocarbures. Leur mission consiste à apporter un appui technique aux équipes mobilisées et à contribuer à l’identification des solutions permettant de reprendre durablement le contrôle du puits.

Selon le ministère du Pétrole, le déplacement doit également marquer le déploiement coordonné des équipes techniques et la mise en œuvre des mesures conservatoires. Celles-ci visent à sécuriser la plateforme dégradée, à maîtriser les écoulements de pétrole et à limiter les répercussions sur les sols et les ressources environnantes.

L’intervention exige une évaluation précise des installations, notamment parce que les puits Goumeri W-3 et W-4 se trouvent sur la même plateforme. Leur intégrité constitue donc un enjeu supplémentaire pour les opérations de sécurisation.

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Le risque environnemental reste sous surveillance

Dans son communiqué du 12 octobre, le ministère avait indiqué que les écoulements étaient circonscrits, alors que l’éruption se poursuivait à une intensité moindre. Cette évolution ne signifiait pas pour autant la fin de l’incident. Les opérations doivent donc se poursuivre jusqu’à la sécurisation complète du site et à l’arrêt de l’éruption. En parallèle, les autorités entendent limiter la dispersion des hydrocarbures et préserver les installations voisines.

Les résultats de cette mission permettront de mieux apprécier l’ampleur des dégâts et les mesures encore nécessaires. À ce stade, le gouvernement n’a annoncé aucune date définitive pour la fin des opérations. La priorité reste la maîtrise du puits Goumeri W-8, la protection de l’environnement et la réduction des risques pour les travailleurs comme pour les populations riveraines.

Niger-Chine : Niamey somme ses partenaires pétroliers de rapatrier 3 000 milliards de FCFA

NIAMEY, 14 octobre 2026 – Le gouvernement nigérien met en demeure les compagnies pétrolières chinoises. Il leur réclame le rapatriement de recettes d’exportation évaluées à 3 000 milliards de francs CFA et leur accorde 45 jours pour se mettre en règle. Cette échéance place la coopération énergétique entre les deux pays face à un test de crédibilité.

 Une réforme présentée comme un tournant

Le 18 mai 2026, les autorités annonçaient la révision des contrats pétroliers conclus avec la Chine. Elles promettaient alors un meilleur ancrage local, un encadrement renforcé des opérateurs et une répartition plus équitable de la valeur du brut. Or, cinq mois plus tard, Niamey dresse un constat sévère : la CNPC aurait maintenu hors du circuit bancaire national l’essentiel de ses revenus d’exportation, placés dans des établissements situés notamment à Paris et à Hong Kong.

 Un manque à gagner pour le Trésor

Selon les chiffres du gouvernement, cette pratique prive l’État d’environ 17,4 milliards de francs CFA. Le montant pèse d’autant plus que le pays consacre une large part de ses ressources à la sécurité du territoire ainsi qu’au soutien des ménages éprouvés par la cherté de la vie. En effet, chaque franc qui ne transite pas par les banques locales réduit la capacité d’action de l’administration.

Les entreprises invoqueraient des dérogations inscrites dans leurs contrats pour écarter la réglementation de l’UEMOA sur le rapatriement des devises. Toutefois, les autorités nigériennes rejettent cette interprétation et estiment que ces clauses ne dispensent pas les opérateurs de respecter les règles communautaires.

 Sept manquements recensés

Les griefs dépassent toutefois le seul terrain financier. Le gouvernement en recense sept. Il reproche notamment aux opérateurs d’avoir refusé des audits de leurs ressources humaines, d’avoir freiné l’accès des Nigériens aux postes qualifiés et d’avoir laissé planer le doute sur la certification des réserves. Ces dossiers touchent au cœur du contenu local, un engagement que la révision de mai entendait précisément consolider.

Quarante-cinq jours pour régulariser

Le Comité de négociation a notifié son ultimatum à la CNPC, à Wapco et à la Soraz. Ce délai doit leur permettre de corriger les écarts constatés et de ramener les fonds concernés dans le système bancaire nigérien. À l’issue de ce terme, l’exécutif devra choisir entre la poursuite des discussions et l’adoption de sanctions.

Pour Niamey, l’enjeu consiste désormais à prouver que le cadre révisé produit des effets concrets. Un nouvel arrangement négocié à huis clos, sans retour effectif des capitaux, fragiliserait le message de souveraineté économique porté depuis mai. À l’inverse, un règlement rapide et transparent renforcerait la confiance entre les deux parties. Les prochaines semaines diront donc si le partenariat sino-nigérien parvient à concilier les intérêts commerciaux des opérateurs et les exigences d’un État qui entend maîtriser ses ressources.

Niger : expertise algérienne mobilisée à Agadem

Le gouvernement nigérien intensifie sa réponse à l’incident survenu sur le bloc pétrolier d’Agadem. Ce mardi 13 octobre 2026, le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, a réuni en urgence ses collaborateurs et des experts algériens afin d’examiner la situation du puits Goumeri W-8. Les échanges doivent aider les autorités à comprendre le déroulement de l’événement, à évaluer ses conséquences et à déterminer les moyens techniques nécessaires pour mettre fin à l’éruption.

Cette réunion intervient au lendemain d’un communiqué ministériel faisant état d’une situation seulement partiellement contenue. Le ministre prévoit également de se rendre personnellement sur le site dans les prochains jours.

Une éruption dont les effets persistent

L’incident s’est produit le 25 septembre 2026 au puits Goumeri W-8, exploité par CNPC Niger Petroleum S.A. Selon le ministère, le pétrole brut et le gaz ont jailli à plus de dix mètres de hauteur et ont fortement endommagé la plateforme.

Au 12 octobre, les équipes avaient contenu une partie de la situation, sans reprendre totalement le contrôle du puits. La plateforme accueille aussi les puits Goumeri W-3 et W-4, dont les dégradations constatées pourraient compromettre l’intégrité. Les équipes doivent donc contenir l’incident initial tout en préservant la sécurité des installations voisines.

Les autorités n’ont signalé aucun décès à ce stade. Toutefois, les équipes médicales ont hospitalisé et pris en charge deux employés exposés au cours de la première journée. La situation technique demeure préoccupante tant que l’éruption n’a pas cessé.

Ministère du Pétrole
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L’expertise algérienne attendue sur les causes

La réunion convoquée par Hamadou Tini vise à préciser les circonstances de l’éruption et à déterminer les solutions les plus adaptées. Les spécialistes algériens doivent contribuer à l’analyse technique, tandis que les équipes nigériennes suivent l’évolution de la situation sur place. À ce stade, les informations disponibles ne permettent pas d’établir avec certitude l’origine de l’incident.

Dans son communiqué du 12 octobre, le ministère indique que les premières constatations conduisent à écarter la piste criminelle ou terroriste. Cette indication ne remplace toutefois pas les conclusions de l’enquête indépendante annoncée par les autorités. Les investigations devront établir les circonstances précises de l’événement et, le cas échéant, les responsabilités engagées.

Le recours à une expertise extérieure doit permettre aux autorités de disposer d’éléments techniques fiables avant de retenir les mesures appropriées, sans tirer de conclusion prématurée sur les causes.

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Des opérations menées jour et nuit

Sur le terrain, des équipes spécialisées travaillent en continu pour sécuriser la plateforme, contenir le pétrole déversé et reprendre le contrôle du puits. Le ministère précise que les hydrocarbures sont retenus à l’aide de digues, de tranchées et de bassins. Les quantités récupérées sont ensuite acheminées vers la station de traitement de Goumeri.

Les opérations s’accompagnent de mesures strictes de sécurité : l’accès au périmètre est limité, la présence de gaz fait l’objet d’une surveillance permanente et les équipes appliquent des mesures de prévention contre tout départ de feu. Ces précautions visent à protéger les travailleurs, les installations et l’environnement.

Une mission permanente du ministère est présente sur le site depuis les premières heures de l’incident. Elle suit les opérations et transmet quotidiennement un compte rendu aux autorités, afin de leur permettre de surveiller l’évolution de la situation pendant les travaux de sécurisation et de récupération du pétrole.

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La priorité aux puits voisins et à l’environnement

La plateforme endommagée concentre plusieurs préoccupations. Outre l’arrêt définitif de l’éruption, les équipes doivent préserver l’intégrité des puits voisins et limiter les dommages environnementaux. La réponse ne peut donc se limiter à contenir le pétrole déjà déversé tant que le puits continue de rejeter des hydrocarbures.

Les autorités demandent aux populations riveraines de respecter strictement le périmètre de sécurité établi autour du site. Selon le communiqué, l’incident reste circonscrit à la plateforme concernée.

Le ministère n’a pas annoncé de date pour la fin des opérations. La maîtrise complète de l’éruption dépendra de l’évolution technique du puits et des solutions retenues après les évaluations en cours.

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Une enquête pour établir les responsabilités

Parallèlement aux interventions sur le terrain, le gouvernement a pris des mesures conservatoires et de contrôle à l’égard de l’opérateur. Il a également mis en place une enquête indépendante avec l’appui de l’expertise algérienne. Le ministère affirme que toutes les responsabilités seront établies et assumées et que l’intégralité des dommages sera prise en charge conformément aux textes en vigueur.

La prochaine visite de Hamadou Tini à Agadem doit lui permettre de constater la situation sur place et de suivre les opérations. Elle intervient alors que les conclusions techniques et l’enquête doivent encore préciser les causes de l’éruption et les suites à donner.

Le ministère s’engage enfin à informer régulièrement l’opinion publique de l’évolution du dossier. Pour l’heure, l’urgence demeure opérationnelle : sécuriser la zone, protéger les puits voisins, réduire les effets sur l’environnement et parvenir à l’arrêt définitif de l’éruption du puits Goumeri W-8.

Agadez reçoit quatre groupes électrogènes face aux délestages

Les équipements sont arrivés. Lundi 12 octobre, quatre groupes électrogènes ont atteint Agadez, métropole du nord du Niger, où les coupures de courant rythment le quotidien depuis plusieurs jours. Les autorités régionales ont tenu à le constater sur place.

Le secrétaire général du gouvernorat, Souleymane Seidou Boulhassan, s’est rendu sur le site de réception. L’administrateur délégué de la commune urbaine, ainsi que plusieurs responsables civils et militaires, l’accompagnaient. Ensemble, ils ont examiné les machines, attendues avec impatience par la population.

Mairie d'Agadez
© Mairie d'Agadez
Une annonce suivie d’effets

Le gouverneur, le général de division Ibra Boulama Issa, avait d’abord évoqué ces équipements en dressant le bilan de sa troisième année à la tête de la région. Le ministre de l’Énergie, le colonel Alzouma Seini, a ensuite détaillé le dispositif lors d’un déplacement du 7 au 8 octobre, puis d’un point de presse le 9. Chaque unité développe 3 MVA, soit 12 MVA au total.

Mairie d'Agadez
© Mairie d'Agadez
Un soulagement partiel face au déficit

Selon le ministre, la ville consomme environ 16 MW, un niveau que la production actuelle n’atteint pas. Les nouveaux groupes réduiront donc l’écart, sans toutefois le résorber à eux seuls : la puissance apparente, exprimée en MVA, ne se traduit pas intégralement en mégawatts utilisables.

Les délestages frappent en effet les commerces, les ménages, les services publics et certaines installations vitales, notamment celles qui alimentent le réseau d’eau. Les habitants ont toutefois supporté ces désagréments avec patience.

Mairie d'Agadez
© Mairie d'Agadez
Vers une solution durable à l’énergie

Le gouvernement mise sur trois projets structurants : l’achèvement d’une centrale hybride de 25 MW, le renforcement de la SONICHAR et la construction d’une ligne d’interconnexion reliant SORAZ, Agadez et Tchirozérine. Ces ouvrages doivent apporter une réponse durable, là où les groupes électrogènes offrent un soulagement d’urgence.

Reste l’étape décisive : installer les machines et les raccorder au réseau. Les informations disponibles ne mentionnent toutefois aucun calendrier précis. Tant que les groupes ne tournent pas, les Agadéziens continuent de composer avec des soirées dans le noir. C’est désormais sur ce raccordement que les autorités seront jugées.

Niger : le Commerce prépare un budget 2027 sous rigueur

NIAMEY, 13 octobre 2026 — Face aux urgences de la reconstruction économique et aux défis de l’indépendance financière, le gouvernement accélère le pas. Reconversion industrielle, discipline budgétaire accrue et valorisation du commerce national figurent désormais au cœur de la nouvelle stratégie d’État. Ce mardi, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a réuni l’état-major de son département afin de poser les jalons financiers du budget 2027, un exercice clé destiné à ancrer la souveraineté économique du pays.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
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Redéfinir les priorités budgétaires dans un cadre de rigueur

Cette neuvième réunion de cabinet, qui a rassemblé les secrétaires généraux, les conseillers techniques et l’ensemble des directeurs centraux du ministère, marque une étape déterminante dans la préparation de la future loi de finances. Loin des arbitrages comptables, les travaux ont visé à restructurer en profondeur la dépense publique. L’objectif affiché par la hiérarchie ministérielle consiste ainsi à canaliser chaque franc CFA vers des projets capables d’engendrer des retombées concrètes pour le tissu productif local.

Dans un contexte continental marqué par la volatilité des marchés et la nécessité de renforcer la résilience nationale, le ministère entend rompre avec la dispersion des moyens. La nouvelle ligne directrice impose donc de filtrer rigoureusement les projets : seules les activités démontrant une efficacité maximale et un fort potentiel de croissance bénéficieront de crédits stratégiques.

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L’industrie et le commerce, piliers de la refondation nationale

La feuille de route examinée lors de cette session s’inscrit directement dans la vision globale impulsée par le gouvernement de la Refondation. Pour l’exécutif, la redynamisation des capacités industrielles et la modernisation des réseaux commerciaux ne se limitent plus à des variables économiques, mais constituent le socle même de la souveraineté nigérienne.

En stimulant la transformation locale des matières premières et en fluidifiant les circuits d’échanges internes et régionaux, les autorités cherchent à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations extérieures. Abdoulaye Seydou a par ailleurs insisté sur la responsabilité centrale de ses cadres dans la mise en œuvre de cette transition. Le développement industriel doit désormais servir de moteur à la création d’emplois durables, tout en offrant aux entreprises locales des perspectives de développement à forte valeur ajoutée.

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Culture de performance et mobilisation des capitaux

Pour concrétiser ces ambitions sans alourdir les finances publiques, le ministère table sur un changement radical de culture managériale. La rigueur budgétaire exigée s’accompagne ainsi d’une quête d’efficience opérationnelle fondée sur l’évaluation systématique des résultats. Chaque direction devra justifier ses allocations par des indicateurs de performance précis et mesurables.

Parallèlement à cette discipline interne, l’État intensifie ses démarches pour attirer les investissements privés et dynamiser le partenariat international. Les responsables ministériels comptent en effet structurer des projets bancables capables de séduire les bailleurs de fonds et le secteur privé, créant ainsi un effet de levier financier crucial. Cette synergie entre capital public, investissement privé et soutien institutionnel vise à bâtir un écosystème commercial robuste.

Une trajectoire tracée vers la transformation structurelle

En verrouillant ainsi la programmation annuelle de ses dépenses pour 2027, le ministère du Commerce et de l’Industrie envoie un signal clair aux acteurs économiques nationaux et internationaux. L’élaboration en amont de cette loi de finances montre en effet la volonté des autorités de piloter l’économie par l’anticipation et la méthode.

Alors que le Niger s’engage dans cette phase de restructuration profonde, l’adoption de ce plan d’action budgétaire pose les bases d’une croissance autonome. La rigueur affichée ce mardi à Niamey ne constitue donc pas une fin en soi, mais le préalable indispensable à la transformation durable de l’économie nigérienne.