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Niger : lancement du Groupe Niger‑Industrie‑Développement

Face aux capitaux étrangers et aux vieilles dépendances marchandes, le gouvernement nigérien et les barons du secteur privé viennent de sceller un pacte inédit à la Chambre de Commerce. En lançant le « Groupe Niger-Industrie-Développement », l’État ne propose plus un simple guichet d’aides ou un catalogue de vœux pieux, mais la création d’une véritable holding de souveraineté carburant au capital privé local.

 

Mercredi 12 août 2026, dans la grande salle de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Niger (CCIN), le climat dépassait le cadre feutré des réunions d’affaires ordinaires. Autour du ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, se trouvaient les figures majeures du patronat venues des huit régions du pays. L’objectif est d’opérer une rupture doctrinale majeure dans la politique industrielle de la nation.

Pendant des décennies, le modèle s’articulait autour d’une quête d’investissements directs étrangers (IDE) souvent asymétriques, où le pays cédait la gestion de ses ressources contre de simples redevances. L’équation posée par Niamey s’inverse désormais : l’indépendance politique n’a pas de sens sans la maîtrise directe des capitaux et des outils de production.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie
L’anatomie du dispositif : verrouiller la chaîne de valeur

Présenté dans ses détails techniques par la Direction générale du Développement industriel, le « Groupe Niger‑Industrie‑Développement » s’éloigne de la rhétorique bureaucratique pour adopter les codes du capital‑risque et du capital‑investissement. Le programme repose sur quatre leviers opérationnels.

D’abord, un fonds d’investissement local, alimenté par des souscriptions concertées du patronat national, doit permettre de financer directement des unités industrielles lourdes sans recourir à un endettement toxique. Ensuite, un co‑investissement stratégique prévoit des prises de participation au capital aux côtés des investisseurs étrangers, afin de conserver le contrôle des décisions tactiques et de verrouiller la valeur ajoutée sur le sol national.

Par ailleurs, des zones économiques spéciales seront aménagées sous forme de parcs industriels régionaux clés en main, avec l’objectif de décentraliser l’outil industriel et de générer des emplois durables pour la jeunesse. Enfin, la doctrine « Made in Niger » vise à structurer les filières locales et à substituer progressivement les importations, réduisant ainsi la dépendance aux marchés extérieurs tout en stimulant la consommation interne.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie
Le pari du capital national

Derrière le vocabulaire de la refondation économique, le dispositif esquissé par le ministère s’attaque à une faiblesse structurelle : l’insuffisance du capital national engagé dans les secteurs stratégiques. En associant directement l’État et le patronat local au capital des projets clés, ce partenariat reconfiguré entend inverser le rapport de force face aux multinationales, freiner la fuite des bénéfices et imposer un véritable transfert technologique.

Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a appelé les opérateurs économiques à mettre en commun leurs capacités. Le Groupe doit, selon les orientations présentées, permettre de rassembler les capitaux, les compétences et les réseaux d’affaires autour de projets considérés comme prioritaires pour le pays.

L’ambition ne consiste donc pas uniquement à créer une nouvelle structure. Elle est de construire un outil financier et industriel capable de prendre des participations dans des entreprises, y compris aux côtés d’investisseurs étrangers.  Cette disposition introduit un enjeu déterminant : conserver une part de la décision économique au niveau national lorsque des capitaux extérieurs interviennent dans des secteurs jugés stratégiques.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie
Quatre piliers pour passer du discours à l’outil

La présentation technique du projet a permis de préciser ses principaux contours autour de quatre grands volets : la vision et les missions du Groupe, sa composition et les modalités de participation, son champ d’intervention, ainsi que sa gouvernance et la mobilisation de ses ressources. Cette architecture doit encore être traduite dans des mécanismes opérationnels.

La rencontre du 12 août constitue ainsi davantage un point de départ qu’un aboutissement. Le ministère et les opérateurs économiques doivent désormais définir les règles de fonctionnement, les modalités de souscription et les secteurs dans lesquels le futur dispositif interviendra en priorité.

C’est à ce stade que l’ambition politique devra affronter les contraintes économiques : capacité de mobilisation des capitaux, gouvernance, sélection des projets, rentabilité des investissements et transparence dans la gestion.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie
Horizon 2036 : L’épreuve du terrain

Avec le « Groupe Niger-Industrie-Développement », Niamey tente un pari audacieux : substituer à l’initiative isolée et au capital étranger une doctrine d’investissement collectif, pilier de la vision « Niger 2036 ».

Mais la crédibilité de ce projet ne se jouera pas dans la métrique des salons ministériels ni dans l’écho des déclarations d’intention. Elle se vérifiera lorsque ces fonds financeront des usines concrètes, que les produits locaux s’imposeront sur le marché et que les maillons manquants de l’économie nationale seront verrouillés sur place.

L’urgence est désormais opérationnelle : transformer le concept d’un capitalisme nigérien en un moteur industriel capable d’ancrer durablement la valeur ajoutée au pays.

Le Niger se dote d’un nouvel outil de production grâce à la Turquie

Niamey, 18 décembre 2024Dans un contexte de diversification économique et de renforcement de la sécurité alimentaire au Niger, l’Agence turque de coopération et de coordination (TIKA) vient d’apporter une contribution significative. En partenariat avec l’Association des femmes manufacturières de Nayaba, elle a inauguré un atelier régional d’emballage et de production, offrant ainsi aux femmes productrices nigérianes de nouveaux outils pour développer leurs activités.

atelier régional d'emballage et de production
© atelier régional d'emballage et de production
Ce nouvel espace de production, aménagé dans un hangar de 200 mètres carrés, est équipé de machines de pointe pour le traitement des produits agricoles : décorticage, broyage, extraction d’huile, séchage, torréfaction, étiquetage… Les femmes pourront ainsi transformer leurs produits plus rapidement et dans de meilleures conditions d’hygiène, améliorant ainsi leur qualité et leur attractivité sur le marché.

atelier régional d'emballage et de production
© atelier régional d'emballage et de production
Atelier régional d’emballage et de production : un projet porteur d’espoir pour l’économie locale

Au-delà de l’équipement, cet atelier est un tremplin pour la véritable autonomisation économique des femmes. En leur permettant de valoriser leurs produits, il contribue à renforcer leur pouvoir d’achat et à améliorer leurs conditions de vie.

Rabi Arzika, présidente de l’Association des femmes manufacturières de Nayaba, s’est réjouie de cette initiative : «Grâce à TIKA, notre capacité de production a été multipliée. » « Nous pouvons désormais offrir des produits de meilleure qualité à nos clients. »

Un partenariat fructueux entre la Turquie et le Niger

Ce projet est un nouvel exemple de coopération fructueuse entre la Turquie et le Niger. En soutenant l’entrepreneuriat féminin et en développant les capacités locales, la TIKA contribue à renforcer les liens entre les deux pays et à favoriser le développement durable du Niger.

Les enjeux de l’initiative

Cet atelier régional d’emballage et de production contribuera à la sécurité alimentaire au Niger en améliorant la transformation et la conservation des produits agricoles, ce qui réduit les pertes post-récolte. En offrant aux femmes productrices les moyens de développer leurs activités, il les autonomise économiquement et socialement. De plus, en stimulant l’activité économique locale et en créant des emplois, il favorise le développement durable du Niger.

atelier régional d'emballage et de production
© atelier régional d'emballage et de production
En somme, L’inauguration de cet atelier marque une étape importante dans l’autonomisation des femmes productrices au Niger. Ce projet, fruit d’une coopération fructueuse entre la Turquie et le Niger, est un modèle à suivre. En dotant les femmes de moyens modernes de production, il leur permettra de développer leurs activités et de contribuer aussi au développement économique du pays. C’est le début d’une nouvelle ère, où les produits « Made in Niger » par des femmes gagneront en visibilité et en reconnaissance. Pour pérenniser ces initiatives, il est essentiel de poursuivre les efforts en matière de formation, de financement et de promotion des produits locaux.

Tahoua : Une nouvelle ère s’ouvre pour l’industrie nigérienne

Tahoua, 26 novembre 2024 – Un nouveau chapitre s’écrit pour l’industrie nigérienne. Hier, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Seydou Asman, a inauguré une usine de fabrication de fer à béton, un projet ambitieux porté par la société Niger Steel Group Company Ltd. Située au cœur de la cimenterie du Département d’Illéla, dans la Région de Tahoua (600 km au nord-est du Niger), cette unité de production marque en effet un tournant décisif dans la stratégie de développement économique du Niger.

Un investissement porteur d’espoir

D’un coût de 2 milliards de francs CFA, cette usine, d’une capacité de production de 20 000 tonnes par an, est une véritable bouée de sauvetage pour l’économie locale. En créant 120 emplois, elle contribue également à réduire le chômage et à améliorer le niveau de vie des populations.

En outre, pour le Ministre Seydou Asman, cette inauguration est un symbole fort de la volonté du gouvernement de promouvoir l’industrialisation du pays. « Cette réalisation s’inscrit pleinement dans les orientations stratégiques définies par le général de Brigade Abdourahamane Tiani, Président du CNSP et le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine qui ont toujours soutenu l’idée d’un Niger résilient, compétitif et autosuffisant », a-t-il déclaré.

Un écosystème industriel en plein essor

La nouvelle usine de fer à béton s’intègre parfaitement dans un écosystème industriel en plein développement. Elle bénéficie de la proximité de la cimenterie de Badaguichiri, une unité de production de 3000 tonnes de ciment par jour, inaugurée en 2023. Ainsi, cette synergie permet d’optimiser les coûts de production et de garantir une supply chain efficace.

Un enjeu de souveraineté

Par ailleurs, lors de l’inauguration, le Ministre chargé de l’État a déclaré qu’en dehors des avantages accordés à la société Niger Steel Group par le code des investissements, l’État a pris un arrêté en date du 21 novembre 2024 interdisant l’exportation de la ferraille.

En interdisant l’exportation de la ferraille, le gouvernement a voulu sécuriser l’approvisionnement de cette matière première essentielle pour l’usine. Cette décision témoigne aussi de la volonté politique de soutenir les industries locales et de réduire la dépendance aux importations.

Les bénéfices de l’industrie pour l’économie nationale

Les retombées de cette nouvelle usine sont multiples :

  • Réduction des coûts de construction : la production locale de fer à béton permettra de réduire les coûts des projets de construction, tant pour les particuliers que pour les entreprises.
  • Développement des infrastructures : l’accès à des matériaux de construction de qualité à des prix compétitifs favorisera le développement des infrastructures routières, scolaires, sanitaires, etc.
  • Création d’emplois directs et indirects : l’usine et ses fournisseurs génèrent de nombreux emplois, stimulant ainsi l’activité économique locale.
  • Renforcement de la balance commerciale : la réduction des importations de fer à béton contribuera à améliorer la balance commerciale du Niger.

Un modèle à suivre

Le succès de ce projet est appelé à inspirer d’autres initiatives similaires. Le gouvernement nigérien entend poursuivre sa politique de soutien à l’industrialisation, en mettant l’accent sur les ressources locales et en créant un environnement favorable à l’investissement.

En conclusion, l’inauguration de l’usine de fabrication de fer à béton de Badaguichiri marque une étape importante dans le processus de transformation économique du Niger. Elle témoigne de la volonté du gouvernement de diversifier l’économie, de créer des emplois et de réduire la dépendance aux importations. Ce projet est en plus un modèle à suivre pour d’autres pays africains qui souhaitent se développer de manière durable et inclusive.