Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 158 sur 283

Le Niger s’engage dans l’ère du numérique : un atelier pour maîtriser les rouages des transactions électroniques

Tillaberi, 11 mars 2025 – Ce mardi, la bourgade de Bangoula, nichée dans la région de Tillabéri, s’est muée en un carrefour d’apprentissage et de réflexion. Sous la houlette de M. Raliou Sidi Mohamed, ministre de la Communication, des Postes et de l’Économie Numérique, s’est ouverte une session formative d’une durée de cinq jours, dédiée à l’approfondissement des arcanes des transactions électroniques. L’événement, aussi savant que pragmatique, ambitionne d’éclairer les participants sur les méandres du commerce en ligne, des contrats dématérialisés, de la publicité numérique et de l’administration électronique, autant de piliers d’une modernité galopante.

Une révolution discrète mais puissante

Par ailleurs, dans son allocution inaugurale, le ministre a peint un tableau saisissant : l’irruption des technologies de l’information et de la communication (TIC) a bouleversé les pratiques commerciales à l’échelle planétaire. « Les échanges numériques, a-t-il souligné avec une pointe de lyrisme, ont enfanté des perspectives inédites, où la création de richesse s’entrelace aux promesses du commerce électronique. » Là où jadis le papier scellait les accords, le virtuel impose désormais ses codes, exigeant une refonte des cadres traditionnels. Le ministre a insisté : cette mutation, loin d’être anodine, appelle une vigilance accrue pour encadrer ces nouveaux usages et préserver les droits des acteurs impliqués.

Transactions électroniques : un arsenal juridique taillé sur mesure

Au cœur de cette démarche, le Niger, sous l’impulsion du général de brigade Abdourahamane Tiani, chef de l’État, s’est doté d’un édifice législatif audacieux. La loi du 30 avril 2019, couplée à son décret d’application promulgué le 15 novembre 2024, forme une charpente robuste pour sécuriser les transactions électroniques. « Ces textes, a explicité M. Raliou Sidi Mohamed, ne se contentent pas de régir ; ils tracent une voie vers la dématérialisation des démarches administratives tout en insufflant confiance dans les échanges en ligne. » Transparence, responsabilité et protection : tels sont les maîtres-mots d’une législation qui responsabilise aussi bien les hébergeurs que les fournisseurs d’accès ou les opérateurs télécoms, chacun selon son rôle dans cette mosaïque numérique.

L’Autorité de certification : un garde-fou essentiel

En outre, L’atelier ne se limite pas à un survol théorique. Il plonge les participants dans les rouages de l’Autorité de Certification Électronique (ANCE), garante de la fiabilité des signatures électroniques et des prestataires de confiance. « Comprendre son rôle, c’est saisir une clé de voûte de la sécurité numérique », a martelé le ministre, soucieux de doter les acteurs de l’e-commerce d’une boussole juridique. Pendant cinq jours, les échanges promettent également d’être denses : des subtilités des contrats électroniques aux exigences de la publicité en ligne, chaque facette sera scrutée avec soin.

Une ambition partagée

En plus, le gouverneur de Tillabéri, le lieutenant-colonel Maïna Boukar, n’a pas caché son enthousiasme. « Ce projet, porté par le ministère et l’Agence Nationale pour la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSI), avec le concours de la Banque Mondiale, est une pierre angulaire pour l’avenir de nos populations », a-t-il déclaré. Dans une région où les défis abondent, cette initiative se veut un levier de progrès, une passerelle vers une économie plus inclusive et connectée.

Un pas vers la souveraineté numérique

Au terme de cette première journée, une certitude émerge : le Niger ne se contente pas de suivre la vague numérique, il aspire à en dompter les courants. Cet atelier, plus qu’une simple formation, incarne une volonté farouche de s’approprier les outils du XXIe siècle. En posant les jalons d’un écosystème numérique sécurisé et prospère, le pays s’offre une chance de transformer les promesses du virtuel en réalités tangibles. Reste aux participants à faire de ces cinq jours un tremplin pour que Bangoula devienne une date gravée dans l’histoire de la modernité nigérienne.

 

Sécurité transfrontalière : une réunion technique à Dosso

Dosso, 11 mars 2025 – Sous l’égide d’un ciel nigérien aux teintes dorées, la ville de Dosso s’est muée en ce jour en un carrefour d’espoir et de concertation. En effet, une réunion technique d’envergure y a réuni des acteurs clés du projet transfrontalier d’appui au renforcement de la sécurité communautaire, à la gestion et à la prévention des conflits liés à la transhumance et à la gestion des ressources naturelles entre le Bénin et le Niger. Par ailleurs, orchestrée en présence du Gouverneur de la région et des services techniques des deux nations, cette rencontre a cristallisé une ambition commune : tisser des liens durables pour juguler les dissensions et préserver un équilibre fragile dans cette zone frontalière.

Une frontière, des défis partagés

En plus, la région de Dosso, jouxtant le nord du Bénin sur une frange de 115 kilomètres, est un théâtre où s’entrelacent les destinées d’agriculteurs et d’éleveurs, de communautés liées par la terre, mais parfois divisées par son usage. Cependant, L’explosion démographique, la raréfaction des pâturages, l’érosion des sols et la pression croissante sur les ressources naturelles ont attisé des rivalités ancestrales, souvent exacerbées par la transhumance transfrontalière. À cela s’ajoute une ombre plus sombre : la menace de groupes extrémistes qui, tapis dans les confins du parc W, à la croisée du Niger, du Bénin et du Burkina Faso, amplifient l’instabilité. Face à ce tableau complexe, le projet, porté par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et financé par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, se dresse comme un rempart d’espérance.

À Dosso, une réunion technique cruciale entre le Bénin et le Niger a jeté les bases d'une collaboration renforcée pour la sécurité
© À Dosso, une réunion technique cruciale entre le Bénin et le Niger a jeté les bases d'une collaboration renforcée pour la sécurité
Une assise technique pour des solutions pérennes

D’ailleurs, réunis dans une ambiance empreinte de solennité, les délégués du Bénin et du Niger, sous la houlette du Gouverneur de Dosso, ont scruté les rouages de ce projet lancé officiellement à Cotonou en mai 2023. Les discussions, d’une richesse rare, ont porté sur des axes cruciaux : renforcer la collaboration entre communautés transfrontalières, impliquer les jeunes et les femmes dans des dynamiques socio-économiques inclusives et promouvoir une gestion équitable des ressources naturelles.

En plus, les services techniques, armés de données et d’expertise, ont esquissé des pistes concrètes : améliorer les revenus des populations via des activités agro-sylvo-pastorales, réduire les heurts liés à la transhumance et ériger des mécanismes de prévention des conflits où la voix des femmes et des jeunes résonne avec force.

Le gouverneur, figure tutélaire de cette assise, a salué l’élan collectif, soulignant combien la paix dans cette région ne saurait se bâtir sans une entente entre les frontières. Les échanges technique , ponctués de propositions audacieuses, ont révélé une volonté farouche de dépasser les simples palliatifs pour s’attaquer aux racines profondes des tensions.

Un horizon de résilience et de cohésion

Ce rendez-vous de Dosso n’est pas un épiphénomène : il s’inscrit dans une trame plus vaste, celle d’une Afrique de l’Ouest résolue à transformer ses fragilités en forces. En misant sur la concertation multi-acteurs (autorités locales, leaders coutumiers, forces de sécurité et citoyens), le projet ambitionne d’impacter directement 2 250 bénéficiaires, dont 40 % de jeunes et 40 % de femmes, et d’irradier indirectement 20 000 âmes. Derrière ces chiffres, c’est une mosaïque humaine qui aspire à vivre en harmonie avec une nature parfois rétive, mais toujours généreuse lorsqu’on la respecte.

 

Sécurité et dynamique économique : la reconfiguration du marché de Koulelé

Dans un climat de vigilance exacerbée, les autorités préfectorales de N’Gourti, en étroite synergie avec les Forces de Défense et de Sécurité, ont entrepris, hier, une opération de délocalisation méthodique visant à transférer un marché informel établi en marge du site pétrolier de Koulelé vers le chef-lieu du département. Cette initiative, loin d’être une mesure coercitive, s’inscrit dans une stratégie préventive élaborée pour écarter les risques inhérents à une proximité trop étroite avec des infrastructures énergétiques d’importance capitale.

Relocalisation du marché informel de Koulelé :une décision stratégiquement justifiée

La migration de ce marché non autorisé repose sur des considérations de sécurité d’une acuité rare. Des responsables, tels que le Capitaine Issoufou Koraou, ont souligné que la présence d’activités commerciales en décalage avec les normes de sécurité exposait à des dangers multiples. En effet, l’implantation initiale, située à moins d’un kilomètre des installations pétrolières, exposait tant les commerçants que les infrastructures à des périls inédits, notamment en termes de risques d’incendie, d’explosion et d’exploitation malveillante. À cet égard, l’opération n’est qu’une réponse logique à une problématique à la fois technique et sécuritaire, réaffirmant l’impérieuse nécessité d’isoler les zones sensibles.

Réponse aux rumeurs et affirmation d’un processus concerté

Si certains réseaux sociaux avaient laissé entrevoir une expulsion brutale, l’administration locale, par la voix assurée du Préfet, a fermement réfuté ces allégations. Ce mouvement de relogement a été conduit dans un cadre rigoureusement organisé, où la coordination entre les autorités administratives et les forces de sécurité a permis une transition apaisée des commerçants vers un emplacement mieux contrôlé. Cette orchestration minutieuse démontre qu’une gestion éclairée peut à la fois préserver l’activité économique et sécuriser les sites industriels critiques.

Le champ pétrolier de Koulelé : un joyau stratégiquement protégé

Situé dans la région désertique de Diffa, le champ pétrolier de Koulelé demeure un pilier de l’économie nigérienne. Sa préservation requiert non seulement une surveillance continue, mais aussi l’élimination de toute source de dérèglement susceptible de compromettre ses opérations. En outre, la présence d’un marché illégal à proximité favorise des pratiques déviantes, telles que la circulation irrégulière de véhicules étrangers et la manipulation hasardeuse de substances inflammables, amplifiant ainsi les risques sécuritaires. La décision de délocaliser ce marché apparaît donc comme une démarche inéluctable pour garantir la pérennité et la sécurité de ce secteur stratégique.

Vers un équilibre subtil entre sécurité et développement

En somme, l’opération de relogement, menée avec une rigueur exemplaire, illustre la volonté des autorités de conjuguer développement économique et impératif sécuritaire. En éloignant les activités commerciales non réglementées des infrastructures pétrolières, les décideurs instaurent un équilibre judicieux entre progrès économique et sauvegarde des biens vitaux. Ce repositionnement, véritable leçon en matière de gestion territoriale et de prévention des risques, ouvre la voie à une stabilisation qui promet de renforcer la résilience régionale et d’optimiser l’exploitation des ressources énergétiques du Niger.

Une odyssée diplomatique au cœur du Sahel : John Dramani Mahama tisse des liens d’espérance

En ce début de mars 2025, le président ghanéen John Dramani Mahama a entrepris une pérégrination aussi audacieuse qu’inédite à travers les terres arides et vibrantes de la Confédération des États de l’Alliance du Sahel (AES). Cette visite de travail et d’amitié, amorcée le 8 mars à Bamako, capitale du Mali, et poursuivie le lendemain à Niamey au Niger, s’inscrit dans une volonté farouche de réconcilier les âmes divisées de l’Afrique de l’Ouest. Avec une dernière étape prévue à Ouagadougou, au Burkina Faso, le chef d’État ghanéen porte sur ses épaules une mission aussi délicate que lumineuse : rebâtir des ponts là où les fractures ont creusé leurs sillons.

En mars 2025, le président ghanéen John Dramani Mahama parcourt l’AES (Mali, Niger, Burkina Faso) pour tisser des liens d’amitié et réconcilier une Afrique de l’Ouest fracturée, entre diplomatie pragmatique et rêve panafricain.
© En mars 2025, le président ghanéen John Dramani Mahama parcourt l’AES (Mali, Niger, Burkina Faso) pour tisser des liens d’amitié et réconcilier une Afrique de l’Ouest fracturée, entre diplomatie pragmatique et rêve panafricain.

 John Dramani Mahama  : un périple aux accents de fraternité

Dès son arrivée à Bamako, sous un ciel où le soleil semblait saluer son audace, Mahama a été accueilli par le général Assimi Goïta, président de la transition malienne, dans une atmosphère empreinte de solennité africaine. Les échanges, tenus dans l’enceinte majestueuse du palais de Koulouba, ont dévoilé une ambition limpide : raffermir les liens bilatéraux entre le Ghana et le Mali, deux nations unies par une histoire commune et des aspirations partagées. Le président ghanéen, dans un verbe aussi posé que pénétrant, a évoqué le rôle crucial de la diaspora malienne au Ghana, ces fils et filles aux doubles racines qui irriguent les économies des deux pays. Il a également plaidé pour une relance de la commission mixte de coopération, un outil endormi depuis trop longtemps, propre à dynamiser les échanges commerciaux et culturels.

Le lendemain, à Niamey, c’est le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), qui a ouvert les portes de la capitale nigérienne à cet hôte de marque. Là encore, les discussions ont oscillé entre pragmatisme et vision, abordant des enjeux aussi concrets que la libre circulation des biens et des personnes, et aussi vastes que la lutte contre l’hydre terroriste qui gangrène le Sahel. Mahama, fort de son expérience passée à la tête de la CEDEAO, a martelé une idée-force : l’AES, cette entité née de la rupture avec l’organisation régionale, est une « réalité irrévocable » qu’il faut désormais apprivoiser et non rejeter.

John Dramani Mahama : une médiation au service de l’unité ouest-africaine

Au-delà des enjeux bilatéraux, cette tournée s’érige en une quête de conciliation entre l’AES – regroupant Mali, Niger et Burkina Faso – et la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Depuis le départ fracassant des trois pays de cette dernière en janvier 2024, consécutif à des coups d’État et à des divergences profondes, une brèche béante s’est ouverte dans le tissu régional. Mahama, investi d’une autorité morale reconnue et d’une légitimité renforcée par son retour au pouvoir en janvier 2025, s’est donné pour dessein de panser cette plaie. « Le manque de confiance doit être corrigé pour qu’un respect mutuel s’épanouisse », a-t-il déclaré à Bamako, insistant sur la nécessité de relations dignes entre les deux blocs.

Cette entreprise n’est pas exempte de défis. Les tensions entre la CEDEAO et l’AES, exacerbées par les menaces d’intervention militaire et les accusations d’ingérence extérieure, notamment sous l’ère de l’ex-président ghanéen Nana Akufo-Addo, ont laissé des cicatrices tenaces. Pourtant, Mahama, tel un alchimiste des relations humaines, mise sur la fraternité ouest-africaine comme levier. « Nous sommes condamnés à vivre ensemble », a-t-il rappelé, soulignant que les peuples, au-delà des querelles institutionnelles, restent liés par des chaînes invisibles d’histoire et de destin.

Une vision ancrée dans l’héritage panafricain

Cette visite n’est pas qu’un ballet diplomatique ; elle est aussi un hommage vibrant au passé commun des nations africaines. À Bamako, Mahama a marqué une pause émouvante devant la statue de Kwame Nkrumah, père de l’indépendance ghanéenne et apôtre du panafricanisme, érigée au cœur de la ville. Ce geste, simple, mais chargé de symboles, rappelle les idéaux qui unissent le Ghana et le Sahel, bien au-delà des contingences politiques actuelles. Accompagné d’une délégation de haut rang, incluant le ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa et l’envoyé spécial pour le Sahel, le colonel Larry Gbevlo-Lartey, le président ghanéen incarne une continuité dans l’élan unificateur de ses prédécesseurs.

Une chute qui résonne comme un appel

Alors que les dunes du Sahel se teintent des lueurs crépusculaires, l’épopée de John Dramani Mahama dans l’AES s’achève sur une note d’espérance ténue, mais tangible. Chaque poignée de main, chaque mot prononcé dans ces palais gorgés d’histoire, est une pierre jetée dans le vaste fleuve de la réconciliation. Et si, dans le tumulte des vents sahéliens, une nouvelle aurore se dessinait pour l’Afrique de l’Ouest ? Une aurore avec laquelle les frontières s’effaceraient devant la force d’un peuple uni, où les tambours de la discorde céderaient la place à une symphonie d’avenir. Mahama, en messager infatigable, nous invite à y croire  et, peut-être, à le bâtir.

Tahoua : le consulat économique en quête d’harmonie socio-productiviste 

Tahoua, 10 mars 2025 — Sous les auspices d’un ciel sahélien immaculé, le Gouverneur Colonel-Major Oumarou Tawayé a orchestré ce lundi l’inauguration solennelle de l’assemblée générale de la circonscription consulaire de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Tahoua. Une synergie rare entre pouvoirs publics et acteurs économiques, cristallisée dans un amphithéâtre dans lequel se mêlaient ambitions stratégiques et pragmatisme entrepreneurial.

Tahoua 2025 : Le Gouverneur Tawayé scelle une synergie économico-institutionnelle. Budgétisation, défis socio-économiques et civisme fiscal
© Tahoua 2025 : Le Gouverneur Tawayé scelle une synergie économico-institutionnelle. Budgétisation, défis socio-économiques et civisme fiscal
Architectonique d’une assemblée consulaire : entre devoir mémoriel et prospective 

Instituée en 2016 par un arrêté statutaire, la CCI de Tahoua incarne, selon les termes du Gouverneur, un « phare institutionnel » voué à l’édification d’un écosystème économique cohésif. En effet, les travaux de cette session, qualifiés de « conclave socio-productiviste », se sont articulés autour d’un triptyque cardinal : l’autopsie comptable de l’année 2024, la projection budgétaire pour 2025 et l’exégèse collective des défis socio-économiques régionaux.

Par ailleurs, dans une allocution où se mêlaient rigueur militaire et finesse diplomatique, Oumarou Tawayé a exalté la « symbiose consulaire » des opérateurs économiques locaux. « Voir des négociants du BTP, des maîtres-caravaniers du transport et des artisans du commerce, tous unis dans un même élan délibératif, c’est là l’essence même de notre résilience collective », a-t-il déclaré, soulignant leur rôle de « colonne vertébrale » dans l’approvisionnement des ménages en denrées vitales, via le corridor logistique national.

Civisme fiscal et patriotisme économique : un serment 

D’ailleurs, le Gouverneur n’a pas occulté l’« ethos civique » des entrepreneurs locaux, dont les contributions spontanées aux appels patriotiques et le respect scrupuleux des obligations fiscales « tissent la toile d’une nation solidaire ». Une allusion transparente aux récentes mobilisations pour la défense nationale, où le secteur privé s’est érigé en bastion financier.

Bihamdi Bachir, Secrétaire général de la chambre consulaire, a quant à lui dépeint cette assemblée comme un « laboratoire de doléances structurées ». Selon lui, les 51 consulaires volontaires issus de l’arène économique œuvrent à « désenchevêtrer les nœuds gordiens » entravant les secteurs du BTP, des transports et des services. « Chaque recommandation est un sédiment juridique destiné à féconder l’action étatique », a-t-il précisé, rappelant le caractère annuel et statutaire de ces assises.

Des vœux à l’action, l’alchimie d’un dialogue continu

En prélude aux débats, Elhadj Na-Allah Abouba, président de la chambre consulaire, avait planté le décor par un discours d’ouverture teinté d’optimisme ritualisé. Ses vœux de « travaux fructifères » résonnaient comme un appel à transformer les paroles en chantiers tangibles.

 Tahoua, ou l’art de la concertation comme pilier de l’édifice national

Si les assemblées consulaires s’apparentent souvent à des rites administratifs, celle de Tahoua transcende le protocolaire pour incarner une agora moderne. Dans une région où l’aridité climatique côtoie une fertilité économique insoupçonnée, la capacité des acteurs à aligner leurs boussoles vers un horizon commun dessine une cartographie de l’espoir.

Le Gouverneur Tawayé l’a souligné avec éloquence : l’enjeu n’est pas seulement de « ravitailler les étals », mais de « cultiver un terreau dans lequel le commerce germe en symbiose avec le bien commun ». Une leçon de réalisme concerté, où chaque impôt payé, chaque cargaison acheminée et chaque doléance formulée deviennent les maillons d’une chaîne socio-économique indissoluble.

Ainsi, Tahoua écrit, par ses assises consulaires, un chapitre où l’intérêt particulier et l’ambition collective ne s’affrontent plus, mais se fondent en un alliage précieux, celui d’une nation qui commerce, mais ne se vend pas.

Le Niger à l’aube d’une métamorphose : remise du rapport des assises nationales au général Tiani

Niamey, le 10 mars 2025 – En ce jour mémorable, le palais présidentiel de la capitale nigérienne s’est paré d’une aura solennelle pour accueillir un événement d’une portée cardinale. Le général de brigade Abdourahamane Tiani, président du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) et chef de l’État, a reçu des mains de Dr Mamoudou Harouna, chef de canton de Sinder et président de la Commission nationale, le rapport final des assises nationales. Ce document, né d’un labeur opiniâtre et d’une vision audacieuse, marque un jalon décisif dans la quête d’un Niger renouvelé.

Le général Tiani a reçu ce lundi  à Niamey le rapport des assises nationales, porteur de résolutions audacieuses pour une refondation du Niger
© Le général Tiani a reçu ce lundi à Niamey le rapport des assises nationales, porteur de résolutions audacieuses pour une refondation du Niger
Les assises nationales, orchestrées à Niamey du 15 au 20 février 2025 sous l’égide des orientations éclairées du général Tiani, ont réuni les forces vives de la nation pour un exercice d’introspection collective. Pendant dix-huit jours consécutifs, la Commission nationale a ciselé ce rapport, véritable creuset où se mêlent les résolutions des commissions thématiques, un avant-projet de charte pour la refondation et trois décisions d’une audace rare. Ces dernières, tels des flambeaux dans l’obscurité, éclairent la voie d’une transformation profonde : l’élévation du président du CNSP au rang de général d’armée, la détermination d’un horizon minimal de cinq ans pour la refondation – extensible selon les vicissitudes sécuritaires et les ambitions de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) –, et l’abolition des partis politiques, accompagnée de la promesse d’une charte inédite pour en redessiner les cadres.

Le général Tiani a reçu ce lundi  à Niamey le rapport des assises nationales, porteur de résolutions audacieuses pour une refondation du Niger
© Le général Tiani a reçu ce lundi à Niamey le rapport des assises nationales, porteur de résolutions audacieuses pour une refondation du Niger
Rapport des assises nationales : des résolutions qui sculptent l’avenir

Ce rapport n’est pas une simple compilation de vœux pieux ; il s’érige en manifeste d’une volonté inébranlable de réinventer les assises de la gouvernance nigérienne. L’ascension du général Tiani au grade de général d’armée consacre son rôle de phare dans une période de tumulte, tandis que la durée quinquennale de la refondation, flexible comme une liane dans le vent, traduit une pragmatique adaptabilité aux défis du moment. Mais c’est la dissolution des partis politiques qui, tel un coup de ciseau dans le marbre, suscite l’étonnement et promet de remodeler le paysage politique, souvent jugé comme un théâtre d’ombres et de querelles stériles.

Ce choix, radical, mais réfléchi, s’inscrit dans une logique de purification : effacer les vestiges d’un système essoufflé pour faire germer une gouvernance plus cohérente, en phase avec les exigences d’un pays aux prises avec l’hydre de l’insécurité et les impératifs d’un développement souverain. Le rapport, dans son essence, se veut le socle d’une nouvelle ère, où la stabilité et l’unité nationale prévalent sur les ambitions fractionnées.

Une nation en quête de son souffle

La remise de ce document au général Tiani, ce lundi, ne se réduit pas à un acte protocolaire ; elle symbolise un engagement solennel envers un peuple qui aspire à se redresser. Les recommandations qu’il renferme, forgées dans le creuset des assises, dessinent un chemin ardu, mais exaltant. La refondation, avec ses cinq années initiales, s’annonce comme une odyssée où chaque étape exigera courage et clairvoyance, sous le regard vigilant de l’AES, dont les ambitions régionales résonnent en écho avec celles du Niger.

Le général Tiani a reçu ce lundi  à Niamey le rapport des assises nationales, porteur de résolutions audacieuses pour une refondation du Niger
© Le général Tiani a reçu ce lundi à Niamey le rapport des assises nationales, porteur de résolutions audacieuses pour une refondation du Niger

En somme, ce rapport, plus qu’un parchemin administratif, est une offrande à la postérité, un pacte scellé entre un peuple et son destin. Dans les mains du général Tiani, il devient une torche allumée au sommet d’une dune, un appel à gravir les cimes escarpées de l’histoire. Et si le Niger, tel un phénix aux ailes de sable, s’élançait enfin vers un ciel dégagé, porté par la foi indomptable de ceux qui osent rêver l’impossible ?

Diffa: une révolution numérique s’éveille au lycée Idriss Alaoma

Diffa, 8mars 2025 – Le lycée Idriss Alaoma de Diffa s’est mué en un théâtre d’espérance hier, où le secrétaire général de la région, M. Attahirou Mahamadou Maidouka, a présidé une remise hors du commun. En effet, dans une atmosphère empreinte de ferveur, 581 tablettes numériques, flanquées de pochettes et de powerbanks, ont été confiées aux mains de 42 coaches et 539 enseignants triés sur le volet. Acquis grâce au Projet Niger-LIRE, financé par l’Association Internationale de Développement (IDA) de la Banque mondiale, ce matériel n’est pas un simple don ; il incarne une passerelle vers un renouveau éducatif, un outil pour faire jaillir la lumière du savoir dans les salles de classe de cette région éprouvée.

Des tablettes, vectrices d’un enseignement réinventé

Par ailleurs, ces dispositifs sont des clés ouvrant les portes d’un univers pédagogique inédit. Destinées à enrichir les pratiques des enseignants, elles offrent un accès à des contenus numériques soigneusement élaborés et permettent une formation à distance, défiant ainsi les barrières de l’isolement. De plus, selon M. Zacko Souley, directeur régional de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement professionnel et de la promotion des langues nationales, ces outils sont un levain essentiel pour faire fermenter la qualité des apprentissages. À Diffa, où les défis sécuritaires et climatiques ternissaient souvent les horizons scolaires, cette initiative sème les graines d’une transformation durable, portée par des enseignants désormais armés de technologie.

Remise de 581 tablettes numériques aux enseignants de Diffa hier, une étape clé du Projet Niger-LIRE pour transformer l’éducation
© Remise de 581 tablettes numériques aux enseignants de Diffa hier, une étape clé du Projet Niger-LIRE pour transformer l’éducation
Niger-LIRE : une ambition au service de l’avenir

En outre, Ari Arimi, coordinateur régional du Projet Niger-LIRE, a éclairé les esprits sur les desseins de ce programme ambitieux. Soutenu par l’Unité Régionale d’Appui Technique (URAT), il ne se contente pas de distribuer des tablettes ; il vise à tisser un réseau d’innovation éducative à travers le Niger, avec un accent particulier sur cinq régions : Diffa, Maradi, Tahoua, Tillabéry et Zinder. En dotant plus de 2 millions d’élèves et 50 000 enseignants d’outils modernes d’ici à 2027, Niger-LIRE ambitionne de redresser une école nigérienne où, selon les statistiques internationales, les compétences en lecture et en calcul peinent à s’élever. À Diffa, cette remise de 581 tablettes n’est qu’une étape dans une odyssée plus vaste, celle d’une éducation rénovée par le numérique.

Une reconnaissance et un appel à l’engagement

D’ailleurs, dans son allocution, M. Mahamadou Attahirou Maidouka n’a pas manqué de saluer l’ardeur des acteurs du projet, louant leur dévouement à faire éclore un système éducatif plus robuste. « Ces tablettes traduisent la vision des plus hautes autorités : moderniser l’éducation, élever les esprits par la technologie », a-t-il proclamé, la voix teintée d’un optimisme mesuré. Il a convié les enseignants et les éducateurs à saisir cette opportunité, à faire de ces outils des alliés quotidiens pour façonner des leçons vivantes et captivantes. Car, dans cette région marquée par les stigmates de l’insécurité, avec près de 968 000 déplacés et réfugiés selon l’UNHCR en juillet 2024, chaque avancée éducative est une victoire sur l’adversité.

Des tablettes : une lueur qui invite à rêver plus loin.

Alors que les derniers échos de la cérémonie s’évanouissaient sous le ciel de Diffa, une vérité s’est imposée, aussi douce qu’un murmure du vent : ces tablettes ne sont pas qu’un présent matériel, elles sont une invitation à réimaginer l’école. Dans leurs reflets scintillants se dessine un Niger qui, pas à pas, se hisse à l’avant-garde d’une révolution numérique éducative.

Et si la route est encore longue, semée d’incertitudes et de défis, la journée du vendredi restera comme un jalon, un instant où la technologie a prêté serment de servir le savoir. Sous les regards des élèves qui, demain, en récolteront les fruits, une question flotte, légère et pleine de promesses : jusqu’où cette flamme digitale portera-t-elle les rêves d’une nation en quête d’éveil ?

Niger : le Huttongo, un hymne vibrant à l’âme peule

Dans l’immensité du Sahel nigérien, où le sable dialogue avec le ciel, s’élève chaque année une symphonie pastorale aussi ancienne que les vents qui la portent : le Huttongo. En effet, cette fête, joyau culturel des éleveurs peuls, transcende le simple rassemblement pour devenir une ode éclatante à leur identité. Par ailleurs, hommes, femmes et enfants, parés de leurs plus beaux atours, convergent avec leurs troupeaux (vaches aux cornes altières, moutons aux flancs luisants) pour défiler dans une procession où la fierté se mêle à la grâce. Sous les regards curieux des visiteurs et le souffle attentif de la nature, ce rituel célèbre un peuple dont la vie pulse au rythme des pâturages et des saisons.

Le Huttongo, fête vibrante des éleveurs peuls au Niger, où traditions, troupeaux et soirées culturelles célèbrent une identité résiliente
© Le Huttongo, fête vibrante des éleveurs peuls au Niger, où traditions, troupeaux et soirées culturelles célèbrent une identité résiliente
Le Huttongo : une vitrine des savoirs et des splendeurs

En plus, le Huttongo n’est pas qu’un cortège ; c’est une exposition vivante des traditions peules, un écrin où se dévoilent des trésors d’ingéniosité. Les habits, tissés de fils aux teintes éclatantes, dansent sous le soleil, tandis que les cases, ornées de motifs délicats, témoignent d’un art domestique raffiné. Les calebasses, sculptées avec une précision presque sacrée, s’érigent en symboles d’un quotidien dans lequel l’utile se pare de beauté. À mesure que le jour s’étire, les soirées culturelles prennent le relais : chants gutturaux, poèmes murmurés et danses cadencées résonnent, tissant une toile sonore où s’entrelacent mémoire et modernité. C’est un tableau sur lequel chaque geste, chaque note, raconte une histoire – celle d’un peuple nomade qui, loin de s’égarer, trouve son ancrage dans ses racines.

Un miroir de la résilience peule

Organisée dans des localités comme Gangui ou Dosso, selon les années, cette fête tire son essence d’une gratitude profonde envers la nature, qui, après les rigueurs de la saison sèche, rend aux troupeaux leur vigueur. Les Peuls, ou Fulani, peuple transfrontalier répandu du Sénégal au Tchad, y expriment une résilience forgée par des siècles de migrations et d’adaptations. Si le Huttongo n’a pas la renommée internationale du Guéréwol, son cousin plus médiatisé, il n’en demeure pas moins un pilier culturel, un moment où les éleveurs, souvent éclipsés par les tumultes urbains, revendiquent leur place dans le récit national. Les chevaux, parfois conviés à la fête, galopent dans des joutes équestres, ajoutant une touche de panache à cette célébration de l’abondance retrouvée.

Le Huttongo, fête vibrante des éleveurs peuls au Niger, où traditions, troupeaux et soirées culturelles célèbrent une identité résiliente
© Le Huttongo, fête vibrante des éleveurs peuls au Niger, où traditions, troupeaux et soirées culturelles célèbrent une identité résiliente
Le Huttongo : une communion au-delà des frontières

La présence d’enfants rieurs, de femmes aux parures éclatantes et d’hommes guidant leurs bêtes avec une dignité silencieuse confère au Huttongo une dimension universelle. Ici, point de barrières : les générations se croisent, les rôles s’effacent, et la communauté se soude dans une harmonie palpable. Les visiteurs, qu’ils soient nigériens ou étrangers, y découvrent une culture qui, bien que façonnée par l’isolement des steppes, s’ouvre avec générosité. Les soirées, illuminées par des feux de camp et rythmées par des mélopées, invitent à une méditation sur le lien indéfectible entre l’homme et son environnement – un lien que les Peuls, dépositaires d’un mode de vie pastoral, portent comme un étendard.

Une porte vers l’infini des possibles

Et lorsque le dernier écho des tambours s’évanouit dans la nuit sahélienne, le Huttongo ne s’achève pas vraiment. Il demeure en suspens, comme une respiration retenue, une promesse que la prochaine saison ramènera ses couleurs, ses rires et ses chants. Dans un Niger où les défis modernes (sécheresses, urbanisation, insécurité) tissent un quotidien complexe, cette fête offre un refuge, un rappel que la culture peut être une boussole.

Qui sait ce que l’avenir réserve à ces éleveurs, à leurs troupeaux, à leurs traditions ? Sous les étoiles qui veillent sur Kantché ou Gangui, une question flotte, légère et ouverte : le Huttongo restera-t-il un écho du passé, ou deviendra-t-il le prélude d’un renouveau peul, porté par ceux qui, demain, en écriront les prochains couplets ?

Niger-Cuba : une page diplomatique s’ouvre sous le ciel de Niamey

Niamey, 8 mars 2025 – Le ministère des Affaires étrangères à Niamey a connu une atmosphère empreinte de solennité subtile jeudi dernier, accueillant un instant tout aussi discret que marquant. En effet, Son Excellence Monsieur Bakary Yaou Sangaré, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, a reçu les copies figurées des lettres de créance de Son Excellence Monsieur José Julian Cala Sagué, nouvel ambassadeur de la République de Cuba au Niger. Cette cérémonie, rituel inaugural des relations diplomatiques, a scellé l’arrivée d’un émissaire dont la mission s’annonce comme un pont entre deux nations aux trajectoires singulières, unies par une volonté de dialogue au-delà des océans.

Un envoyé cubain au cœur du Sahel

José Julian Cala Sagué, dont le nom résonne encore peu dans les couloirs nigériens, apporte avec lui l’héritage d’une île caraïbe dont l’histoire est tissée de résilience et d’audace. Si son parcours précis reste discret – la diplomatie cubaine cultivant une certaine sobriété –, son arrivée coïncide avec un regain d’intérêt entre La Havane et Niamey. Par ailleurs, depuis l’année dernière, sous la houlette du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), le Niger redéfinit ses alliances, et Cuba, fidèle à sa tradition de solidarité avec les pays du Sud, s’inscrit dans cette dynamique. La présence de cadres du ministère lors de cette remise témoigne de l’importance accordée à ce jalon, prélude à une coopération dont les contours se dessineront bientôt.

Remise des lettres de créance de l’ambassadeur cubain José Julian Cala Sagué au ministre nigérien Bakary Yaou Sangaré
© Remise des lettres de créance de l’ambassadeur cubain José Julian Cala Sagué au ministre nigérien Bakary Yaou Sangaré
Niger-Cuba : une amitié aux racines profondes

D’ailleurs, les liens entre le Niger et Cuba ne datent pas d’hier. Dès les années 1970, sous le régime de Seyni Kountché, des médecins cubains ont foulé le sol nigérien, apportant leur expertise dans des villages où les soins étaient un luxe. Cet élan s’est poursuivi, notamment lors du Sommet du Groupe des 77 et de la Chine à La Havane en septembre 2023, où Bakary Yaou Sangaré, alors fraîchement nommé ministre, avait réitéré la solidarité de Niamey envers Cuba face à l’embargo américain. Aujourd’hui, cette relation s’étoffe : santé, éducation, agriculture – des secteurs où l’île excelle – pourraient nourrir un partenariat renforcé, alors que le Niger, confronté aux défis du Sahel, cherche des alliés fiables et désintéressés.

Un ministre au carrefour des ambitions

Bakary Yaou Sangaré, incarne une vision de souveraineté affirmée. Ancien ambassadeur à Cuba de 2021 à 2023, il connaît les subtilités de cette nation insulaire, un atout précieux pour accueillir Cala Sagué. Sa présence à cette cérémonie, entourée de ses collaborateurs, souligne une volonté de tisser des liens stratégiques, loin des tumultes qui agitent la région. L’Alliance des États du Sahel (AES), qu’il promeut avec ferveur, pourrait même trouver à Cuba un écho idéologique, les deux partageant une méfiance envers les ingérences extérieures et une foi en l’autonomie des peuples.

Niger-Cuba : une lueur dans l’immense désert

En somme, cette remise de lettres, si protocolaire soit-elle, n’est pas un simple acte administratif ; elle est une graine semée dans un sol aride, un murmure d’espoir dans un Niger en quête de nouveaux horizons. Que deviendra cette entente naissante entre le Sahel et les Caraïbes ? Nul ne le sait encore. Mais dans l’échange de regards entre Sangaré et Cala Sagué, dans le frôlement de ces documents symboliques, s’esquisse une possibilité : celle d’un avenir où les distances s’effacent, où les mains tendues, d’un continent à l’autre, écrivent ensemble une histoire encore à inventer.

Niger-Algérie : une alliance énergétique scellée dans le sable de Gorou Banda

Niamey,  8 février 2025 – Sous le ciel brûlant de Niamey jeudi dernier, un chapitre inédit de la coopération nigéro-algérienne s’est écrit dans l’enceinte de Gorou Banda, site emblématique des ambitions énergétiques du Niger. Là, des ingénieurs de la Société Nationale d’Électricité du Niger (NIGELEC) et de la Compagnie Algérienne de l’Électricité et du Gaz (SONELGAZ) ont convergé pour poser les jalons techniques d’un projet audacieux : l’intégration de deux turbines à gaz d’une capacité totale de 40 mégawatts, offertes par l’Algérie. Ce don, fruit d’un mémorandum d’entente signé en janvier 2025, s’érige en un geste de solidarité tangible, répondant aux appels pressants d’un Niger en quête de souffle énergétique.

Gorou Banda, carrefour d’une renaissance électrique

Par ailleurs, perché à une douzaine de kilomètres de la capitale, Gorou Banda n’est pas un lieu anodin. Déjà hôte d’une centrale thermique au diesel de 100 MW inaugurée en 2017 et d’une ferme solaire de 50 MW mise en service en 2023, ce site se mue en un pivot stratégique pour l’électrification du pays. Les deux turbines promises par SONELGAZ – des unités robustes capables de fonctionner au gaz naturel ou au diesel – viendront enrichir cette mosaïque énergétique, offrant ainsi une réponse immédiate aux pénuries qui entravent les foyers et les industries nigériennes. Lors de cette réunion, les experts des deux nations ont scruté les plans, évalué les réseaux et esquissé les contours d’une intégration harmonieuse, dans un ballet technique où chaque détail compte.

Lors de La réunion à Gorou Banda, les ingénieurs nigériens et algériens planifient l’intégration de turbines à gaz offertes par l’Algérie,
© Lors de La réunion à Gorou Banda, les ingénieurs nigériens et algériens planifient l’intégration de turbines à gaz offertes par l’Algérie,
Une main tendue au cœur du Sahel 

Ce projet s’inscrit dans un élan plus vaste, celui d’une Algérie déterminée à affermir son rôle de partenaire privilégié dans un Sahel en proie à l’instabilité. Avec une population dont seuls 19,5 % avaient accès à l’électricité en 2022, selon la Banque mondiale, le Niger fait face à une crise énergétique chronique, aggravée par sa dépendance aux importations nigérianes et par les coûts prohibitifs du diesel. L’initiative algérienne, intégralement financée par SONELGAZ, ne se limite pas à un don matériel : elle s’accompagne d’un transfert de savoir-faire, les ingénieurs algériens partageant leur expertise avec leurs homologues nigériens pour garantir la pérennité de l’installation. Ainsi, ce n’est pas seulement de l’énergie qui circule entre les deux pays, mais un courant de fraternité.

Une coopération aux racines profondes

Les liens entre Alger et Niamey trouvent ici une nouvelle incarnation. Si l’accord énergétique de janvier 2025 a surpris par sa rapidité, il s’ancre dans une histoire de dialogues discrets et d’intérêts communs, amplifiés par la nécessité de contrer les défis régionaux. L’Algérie, forte de ses réserves gazières , 4,5 trillions de mètres cubes, soit la dixième place mondiale et de son savoir-faire industriel, voit dans ce partenariat une opportunité de rayonner au-delà de ses frontières. Pour le Niger, sous la gouvernance du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie , cette aide s’aligne avec une volonté de diversification énergétique, alors que des projets comme le gazoduc transsaharien avec l’Algérie et le Nigeria restent en gestation.

Gorou Banda : vers un horizon illuminé

En somme, alors que les turbines promises s’apprêtent à rugir dans le silence de Gorou Banda, elles portent en elles plus qu’une simple capacité électrique : elles incarnent une espérance, celle d’un Niger moins tributaire des ombres de la nuit. Pourtant, dans ce tableau d’optimisme, des questions demeurent suspendues, telles des grains de sable dans le vent. Quand les machines tourneront-elles à plein régime ? Les promesses d’aujourd’hui survivront-elles aux aléas politiques et logistiques de demain ? Sous le regard attentif des ingénieurs, un rêve prend forme, fragile, mais tenace. Et dans ce désert où chaque lueur est une victoire, l’avenir s’écrit peut-être déjà entre les lignes d’un horizon qui, pour une fois, refuse de s’éteindre.