Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 69 sur 262

Céréales : le Niger verrouille ses greniers pour préserver l’assiette nationale

Dans un contexte de refondation nationale et de tensions alimentaires croissantes, le ministre Abdoulaye Seydou réaffirme l’interdiction d’exporter six céréales clés. Face aux spéculations et à l’inflation, le gouvernement mise sur la souveraineté alimentaire comme rempart vital.

 

Niamey, 4 octobre 2025 – Dans un pays où la faim n’est jamais loin et où les spéculateurs guettent les moindres failles, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a planté le décor sans ambages : l’exportation de riz paddy, riz blanchi, sorgho, mil, niébé et maïs reste interdite. L’objectif n’est pas de brider les commerçants, mais bien de blinder les marchés locaux contre la pénurie et l’inflation galopante.

Lors d’une rencontre tendue mais constructive avec le Syndicat National des Importateurs et Exportateurs de Céréales (SNIEC), jeudi dernier au cabinet ministériel, le message est clair : la souveraineté alimentaire prime sur les profits immédiats. Une mesure qui, un an après son décret, divise les acteurs économiques mais unit le gouvernement autour d’une urgence vitale – surtout en cette ère de « refondation » nationale sous le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.

nterdiction exportation céréales Niger souveraineté alimentaire octobre 2025 : le gouvernement renforce sa stratégie pour protéger les marchés locaux et lutter contre la cherté de la vie.
© nterdiction exportation céréales Niger souveraineté alimentaire octobre 2025 : le gouvernement renforce sa stratégie pour protéger les marchés locaux et lutter contre la cherté de la vie.

Interdiction exportation des céréales : une mesure choc, une clarification salvatrice

 

L’arrêté nᵒ 0104 MCI/SG/DGC/DCI/LCVC du 16 octobre 2024 n’est pas une lubie passagère : il interdit fermement l’export de ces six céréales essentielles, à l’exception des pays de la Confédération des États du Sahel (CES). « Ce n’est pas pour tuer le commerce, mais pour protéger le marché intérieur et assurer la disponibilité des denrées à des prix abordables pour les populations« , a tonné le ministre Seydou, face à une salle comble d’importateurs et exportateurs inquiets. Ces acteurs, piliers de l’économie nigérienne, murmuraient depuis des mois sur les rumeurs de levée de l’interdiction, craignant pour leurs carnets de commandes et leurs routes commerciales vers l’Afrique de l’Ouest.

Toutefois, le Ministre n’a pas mâché ses mots. Priorité absolue : les Nigériens. « L’État ne lésinera pas sur les moyens pour protéger les populations et garantir la sécurité alimentaire, face aux manœuvres des ennemis internes et externes qui cherchent à déstabiliser le pays par la pénurie et la cherté de la vie« , a-t-il lancé, évoquant des tensions sociales larvées qui pourraient exploser. Des sanctions lourdes pendent au nez des contrevenants : saisie des cargaisons, confiscation des véhicules de transport, et poursuites judiciaires sans pitié.

« Les agents assermentés du ministère et les forces de défense et de sécurité sont instruits pour veiller au respect strict de cet arrêté« , a ajouté M. Seydou, appelant au « patriotisme et à la compréhension » des commerçants. Une solidarité nationale est essentielle, martèle-t-il, afin de traverser cette phase de refondation qui vise un Niger « véritablement indépendant et prospère ».

 

Les enjeux de l’interdiction exportation des céréales : assurer la stabilité par l’assiette

 

Rappelons le contexte : le Niger, géant sahélien aux sols arides et aux récoltes capricieuses, importe déjà 80 % de son riz et lutte contre une inflation alimentaire qui a bondi de 15 % en 2024, selon les chiffres de la Banque mondiale. L’interdiction, adoptée en pleine crise post-coup d’État, répond à un calcul froid : empêcher la ruée vers les marchés étrangers qui viderait les greniers nationaux. C’est ce qui s’est produit en 2023 avec le sorgho et le mil, exportés en masse vers le Nigeria voisin au plus fort de la sécheresse. Le résultat ? Des prix qui se sont envolés à Niamey et Zinder, touchant d’abord les plus vulnérables – femmes rurales, familles urbaines à petit budget.

Le ministre Seydou a disséqué l’esprit de la mesure : non une barrière protectionniste aveugle, mais un bouclier contre la spéculation. « La priorité du gouvernement reste et demeure les populations« , a-t-il réitéré, invitant autorités locales, chefs traditionnels et citoyens à une « mise en œuvre vigoureuse ». C’est un appel à la vigilance collective, dans un pays où la sécurité alimentaire rime aussi avec stabilité politique.

Une réponse unie du syndicat : « Union sacrée pour la Patrie »

 

De l’autre côté de la table, le président du SNIEC n’a pas fait la fine bouche. « Nous nous réjouissons de cette démarche du ministre et des échanges francs qui ont levé toutes les équivoques« , a-t-il déclaré, saluant une session « constructive ». Mieux encore, il a promis une mobilisation totale. « Nous rassurons le ministre de notre disponibilité à partager, informer et sensibiliser nos militants, au nom de la Patrie, pour un mouvement d’ensemble et une union sacrée autour de cette mesure. » L’objectif partagé est de lutter contre la cherté de la vie et de promouvoir la souveraineté alimentaire, en ligne avec la vision du président Tiani.

Pour les observateurs, cette rencontre est un test pour la refondation en cours : pourra-t-elle transformer une mesure impopulaire chez certains en levier de croissance inclusive ? Des assouplissements pour les exportateurs vers la CES sont déjà en vue, mais le cap reste ferme. En attendant, sur les marchés de Niamey, le mil se vend encore à prix d’or – un rappel que la faim ne négocie pas.

Et vous, lecteur ? Dans un Niger en pleine mue, où chaque grain compte, cette interdiction est-elle un rempart ou un frein ? Une chose est sûre : l’assiette des Nigériens n’est pas négociable. Le gouvernement l’a dit : la solidarité, ou c’est le risque.

Niamey : saisie record 51,7 kilos de cocaïne à Gaya

À Gaya, près de la frontière béninoise, les forces nigériennes ont intercepté 51,7 kilos de cocaïne pure. Une opération stratégique qui révèle un réseau international lié au trafic de drogue et au financement du terrorisme dans le Sahel.

 

Niamey, 3 octobre 2025 – Une opération d’envergure menée par l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) a permis, le 29 septembre dernier, la saisie de 51,7 kilos de cocaïne pure, conditionnée en 47 briques, pour une valeur estimée à plus de 2,5 milliards de francs CFA. Par ailleurs, les forces de l’ordre ont interpellé trois suspects, confisqué des véhicules de luxe et, plus alarmant encore, examinent un lien présumé avec le financement du terrorisme. Ce coup de filet à Gaya, près de la frontière béninoise, révèle l’ampleur d’un réseau international qui menaçait la stabilité sahélienne. Une victoire pour les forces nigériennes, mais aussi un rappel brutal des menaces persistantes dans la sous-région.

L’OCRTIS saisit 51,7 kilos de cocaïne à Gaya, pour plus de 2,5 milliards FCFA. Trois suspects arrêtés, des biens confisqués, et des liens présumés avec le terrorisme examinés. Une victoire sécuritaire pour le Niger.
© L’OCRTIS saisit 51,7 kilos de cocaïne à Gaya, pour plus de 2,5 milliards FCFA. Trois suspects arrêtés, des biens confisqués, et des liens présumés avec le terrorisme examinés. Une victoire sécuritaire pour le Niger.

Une interception millimétrée grâce à un renseignement fiable

 

Tout a commencé par un renseignement précis : une Toyota Highlander, équipée d’un GPS pour tracer son parcours, filait depuis Accra, au Ghana, vers Niamey, avec pour destination finale Agadez, avant de remonter vers le Maghreb. Les agents de l’antenne OCRTIS de Gaya, appuyés par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), ont donc tendu l’embuscade. La fouille du véhicule a révélé la cargaison : 47 briques de cocaïne, astucieusement cachées sous la carrosserie. « C’est une opération qui a mis en échec un trafic international d’une ampleur considérable », souligne un communiqué officiel de l’OCRTIS, qui met en lumière la sophistication du réseau.

Les forces de l’ordre ont arrêté sur-le-champ le conducteur, un Nigérien d’une trentaine d’années et ancien employé de sociétés de transport à Niamey. Recruté par un cartel opérant dans toute la sous-région, ce dernier a avoué avoir servi de « mulet » pour ce convoi. À Niamey, deux complices sont tombés dans la nasse : les perquisitions à leurs domiciles ont permis la saisie de quatre maisons de standing, de véhicules haut de gamme et d’actes de cession immobilière. L’OCRTIS identifie actuellement une école et d’autres biens. « Plusieurs autres individus sont activement recherchés à Niamey, Agadez, au Ghana et au Mali », précise l’OCRTIS, soulignant l’étendue transfrontalière de l’organisation.

 

Du Ghana au Sahara : l’itinéraire de la cocaïne au cœur du Sahel

 

Ce trafic n’est pas un fait isolé. Les premiers éléments de l’enquête brossent le portrait d’une filière bien huilée : le réseau achemine la cocaïne, en provenance d’Amérique du Sud via les ports ghanéens, et la reconditionne à Niamey avant de l’envoyer vers Agadez, plaque tournante du désert. De là, elle file vers le Nord, alimentant potentiellement les marchés maghrébins et européens.

Mais le volet le plus alarmant concerne les soupçons de liens avec le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent. Le dossier, transféré au Pôle Judiciaire Spécialisé en matière de Lutte contre le Terrorisme et la Criminalité Transnationale Organisée à Niamey, pourrait révéler des connexions avec des groupes armés sahéliens.

Pour les experts, cette saisie – évaluée à 2 585 000 000 FCFA sur le marché noir – illustre la vulnérabilité du Sahel, corridor naturel pour les flux illicites. « La drogue finance non seulement les cartels, mais aussi les insurrections », avertit un analyste en sécurité régionale, qui voit dans cette opération un frein à l’escalade des menaces sécuritaires. Avec une valeur marchande équivalente à des millions de doses de rue, cette cargaison aurait pu inonder les villes nigériennes et au-delà, exacerbant ainsi addictions et instabilité sociale.

Une détermination inflexible, un appel à la vigilance collective

 

L’OCRTIS ne ménage pas ses efforts : cette interception s’inscrit dans une série d’opérations qui ont permis de confisquer des tonnes de stupéfiants ces dernières années. « Nous combattons sans relâche le trafic de stupéfiants, démantelons les réseaux criminels et contribuons à la lutte contre le financement du terrorisme », martèle le communiqué, saluant la collaboration étroite avec les FDS et les autorités judiciaires.

Cependant, la bataille est loin d’être gagnée. Face à ces réseaux protéiformes, l’OCRTIS lance un appel solennel : « Nous appelons à la vigilance et à la collaboration des populations, car la sécurité et la stabilité de notre pays demeurent une responsabilité commune. » Dans un Niger déjà éprouvé par les conflits et la pauvreté, cette saisie n’est pas qu’une statistique : c’est un bouclier pour les familles, un rempart contre le chaos.

Reste à voir si les poursuites judiciaires aboutiront à un démantèlement total – et si les voisins, du Ghana au Mali, emboîteront le pas pour verrouiller ces routes maudites.

Le président Maduro reçoit le ministre nigérien Bakary

Le ministre nigérien Yaou Sangaré Bakary a été reçu par le président Nicolás Maduro pour une audience marquant vingt ans de relations diplomatiques. C’est pourquoi cette rencontre stratégique réaffirme l’alliance Sud-Sud et ouvre de nouvelles perspectives de coopération dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture et du développement territorial.

Caracas, 2 octobre 2025 – Mercredi après-midi, le palais présidentiel vénézuélien a accueilli une délégation nigérienne pour une audience au sommet. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’étranger, Yaou Sangaré Bakary, s’est entretenu avec le président Nicolás Maduro. Au cœur de ces échanges se trouvaient les voies de renforcement de la coopération bilatérale entre le Niger et le Venezuela, à l’occasion des vingt ans de relations diplomatiques nouées en 2005.

Une rencontre qualifiée de « productive »

 

Le chef de l’État vénézuélien a qualifié la réunion de « productive », indiquant qu’elle avait permis d’explorer des plans communs de développement dans des zones stratégiques, tant au Venezuela qu’en « Mère Afrique ».

À l’issue de l’audience, le président Maduro a partagé ses impressions : il a souligné que les discussions portaient sur la manière de « renforcer l’union qui changera le monde », réaffirmant ainsi cette voie comme étant essentielle pour l’avenir.

 

Séquence diplomatique et engagements précédents

 

Par ailleurs, avant l’audience présidentielle, la délégation du Niger a effectué plusieurs visites importantes.

Auparavant, le ministre nigérien avait accompli des gestes symboliques, notamment une cérémonie devant le monument de Simón Bolívar, réaffirmant l’alliance de fraternité héritée d’Hugo Chávez et consolidée sous Maduro.

Le ministre des Affaires étrangères vénézuélien, Yván Gil, avait salué cet engagement lors d’un échange préalable, confirmant que l’objectif de la réunion était de « fortalecer los lazos diplomáticos y la cooperación estratégica » (renforcer les liens diplomatiques et la coopération stratégique), tout en commémorant ces deux décennies de partenariat Sud-Sud.

De son côté, la vice-présidente exécutive, Delcy Rodríguez, avait tenu une session de travail avec la délégation. Ils y ont passé en revue les projets en cours et ont examiné les perspectives futures dans des domaines clés tels que l’énergie et l’agriculture.

Coopération Niger Venezuela diplomatie Sud-Sud : Yaou Sangaré Bakary reçu par Nicolás Maduro pour renforcer les partenariats bilatéraux et célébrer 20 ans d’amitié.
© Coopération Niger Venezuela diplomatie Sud-Sud : Yaou Sangaré Bakary reçu par Nicolás Maduro pour renforcer les partenariats bilatéraux et célébrer 20 ans d’amitié.

Un nouveau chapitre Sud-Sud

 

Ces discussions, posées et orientées vers l’avenir, confirment aussi une complémentarité naturelle entre les deux nations, ce qui offre une alternative aux alliances occidentales.

Pour le Niger, en conséquence, cette visite renforce un axe diplomatique essentiel dans un contexte régional mouvant. Pour le président Maduro, elle constitue un levier pour cette « union qui changera le monde ». Une audience après l’autre, cette collaboration fraternelle ouvre un nouveau chapitre.

une alliance stratégique pour l’avenir

En somme , cette visite officielle marque un tournant dans les relations Niger–Venezuela. À travers des audiences de haut niveau et des projets concrets, les deux pays réaffirment leur volonté de bâtir une union diplomatique fondée sur la coopération, la souveraineté et le développement partagé.

Niger–Venezuela : 20 ans de diplomatie Sud-Sud célébrés à Caracas

Diplomatie Sud-Sud : À l’occasion des vingt ans de relations diplomatiques, le ministre nigérien Yaou Sangaré Bakary a entamé une visite officielle au Venezuela dans le but de consolider les liens bilatéraux.

Caracas, 2 octobre 2025 – Lundi 29 septembre, sous un soleil timide, l’arrivée de l’avion présidentiel à l’aéroport de Maiquetía a marqué le début d’une visite diplomatique visant à renforcer une amitié de longue date. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur du Niger, Yaou Sangaré Bakary, a été accueilli par le vice-ministre pour l’Afrique, Yuri Pimentel. Ces premiers échanges ont donné le ton d’une séquence diplomatique qui célèbre vingt ans de relations fondées sur le respect mutuel et les principes de l’intégration Sud-Sud.

Un hommage symbolique et historique

 

Dès le lendemain, la délégation nigérienne a participé à une cérémonie solennelle devant le monument du Libérateur Simón Bolívar. Ce geste symbolique a réaffirmé l’alliance de fraternité entre les deux nations. Le Commandant Hugo Chávez a initié leurs relations en 2005, et le président Nicolás Maduro les a consolidées. De plus, la coopération privilégie des projets pratiques au service des peuples.

Diplomatie Sud-Sud  : Coopération entre le  Niger et Venezuela, Yaou Sangaré Bakary en visite officielle à Caracas pour renforcer les partenariats bilatéraux et célébrer 20 ans d’amitié.
© Diplomatie Sud-Sud : Coopération entre le Niger et Venezuela, Yaou Sangaré Bakary en visite officielle à Caracas pour renforcer les partenariats bilatéraux et célébrer 20 ans d’amitié.

Des discussions stratégiques en énergie et agriculture

 

Par la suite, le programme a inclus une série d’audiences de haut niveau. Le ministre Sangaré Bakary s’est notamment entretenu avec son homologue vénézuélien, Yván Gil, lequel a souligné l’importance de cette rencontre :

« Au nom du président Nicolás Maduro, nous souhaitons chaleureusement la bienvenue à Son Excellence M. Yaou Sangaré Bakary. Cette rencontre illustre la solidité de notre coopération et notre volonté de la renforcer davantage. »

Grâce à ces échanges, les ministres ont pu saluer l’engagement réciproque dans des domaines variés, allant de l’énergie à l’agriculture.

Diplomatie Sud-Sud  : Coopération entre le  Niger et Venezuela, Yaou Sangaré Bakary en visite officielle à Caracas pour renforcer les partenariats bilatéraux et célébrer 20 ans d’amitié.
© Diplomatie Sud-Sud : Coopération entre le Niger et Venezuela, Yaou Sangaré Bakary en visite officielle à Caracas pour renforcer les partenariats bilatéraux et célébrer 20 ans d’amitié.

La complémentarité Sud-Sud

 

En outre, la vice-présidente exécutive, Delcy Rodríguez, a reçu la délégation pour une réunion de travail. Les deux parties ont passé en revue les projets en cours et exploré des perspectives de collaboration élargies, tout en ciblant le bénéfice direct des populations.

Dans un contexte où les défis globaux appellent à des partenariats solides, il apparaît que ces échanges soulignent une complémentarité naturelle entre le Sahel et l’Amérique latine. Cette visite, qui coïncide avec la commémoration des vingt ans de relations diplomatiques, scelle ainsi une unité et une fraternité qui transcendent les distances.

Un dialogue Sud-Sud renouvelé

 

En conclusion, à l’heure où le monde cherche des alliances durables, le Niger et le Venezuela réaffirment leur fraternité diplomatique. Cette visite officielle, ponctuée d’audiences stratégiques, ouvre un nouveau chapitre de coopération pragmatique entre deux régions complémentaires, posant ainsi les bases d’un dialogue renouvelé.

Diplomatie : Chine et Cuba renforcent leurs liens avec le Niger

Le ministre Mohamed Toumba a reçu en audience les nouveaux ambassadeurs de la Chine et de Cuba accrédités au Niger, venus pour esquisser des partenariats stratégiques en matière d’agriculture, d’infrastructures, de santé et d’éducation.

Niamey, 2 octobre 2025 – Ce jeudi matin, les couloirs du cabinet ministériel nigérien ont été le théâtre d’un acte diplomatique fort. Le Général de Division Mohamed Toumba, ministre d’État, de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du Territoire, a accueilli les nouveaux ambassadeurs accrédités au Niger : Lyu Guijun (Chine) et José Julian Cala Sagué (Cuba).

Arrivés ces derniers mois, les deux Excellences ont franchi la porte non pas pour une simple visite protocolaire, mais pour sceller les bases d’une coopération renforcée. Leur poignée de main ferme symbolise l’ouverture du Niger à des partenariats stratégiques avec la Chine et Cuba.

La Chine mise sur le développement urbain et agricole

Depuis sa prise de fonction le 2 septembre, l’ambassadeur chinois, S.E. Lyu Guijun multiplie les gestes symboliques. Il a notamment visité la ville de Niamey le 24 septembre pour réaffirmer l’engagement de Pékin envers le développement urbain et économique local.

Ces échanges avec le ministre Toumba confirment cette nouvelle dynamique : la coopération chinoise, traditionnellement axée sur le pétrole, s’étend désormais à des domaines cruciaux tels que l’agriculture et les infrastructures. Cette nouvelle orientation est dans la lignée du soutien chinois exprimé en juin à Changsha, où la Chine avait déjà mis l’accent sur une « coopération gagnant-gagnant » incluant la formation et les échanges techniques.

Parallèlement, Cuba renforce son soutien en santé et éducation.

Dans la même dynamique de diversification, la rencontre a également mis en lumière le partenariat historique avec Cuba. S.E. José Julian Cala Sagué, accrédité en mai, a consolidé les liens forgés depuis des décennies.

Accompagné d’une délégation, l’ambassadeur cubain a discuté avec le ministre des pistes de collaboration dans les secteurs où La Havane est reconnue mondialement : la santé et l’éducation. Ces discussions confirment un potentiel d’appui mutuel fort, d’autant plus que les récentes visites du Centre Thomas Sankara à l’ambassade cubaine soulignent l’intérêt croissant pour les échanges culturels et panafricains entre les deux nations.

Coopération diplomatie Chine, Cuba, Niger : les nouveaux ambassadeurs rencontrent le ministre Toumba pour renforcer les partenariats bilatéraux en développement, santé et éducation.
© Coopération diplomatie Chine, Cuba, Niger : les nouveaux ambassadeurs rencontrent le ministre Toumba pour renforcer les partenariats bilatéraux en développement, santé et éducation.
Coopération diplomatie Chine, Cuba, Niger : les nouveaux ambassadeurs rencontrent le ministre Toumba pour renforcer les partenariats bilatéraux en développement, santé et éducation.
© Coopération diplomatie Chine, Cuba, Niger : les nouveaux ambassadeurs rencontrent le ministre Toumba pour renforcer les partenariats bilatéraux en développement, santé et éducation.

Vers une diplomatie pragmatique et souveraine

Dans un contexte régional en mutation, ces partenariats bilatéraux offrent au Niger des leviers concrets pour son développement. Le ministre Toumba a salué l’approche constructive des deux délégations, en soulignant aussi  l’importance d’une diplomatie tournée vers les résultats.

Des alliances pour bâtir l’avenir

En conclusion, au fil des audiences, le Niger affirme sa volonté de diversifier ses partenariats et de renforcer sa souveraineté. Ces gestes diplomatiques, loin d’être anodins, préparent le terrain à des accords tangibles dans les mois à venir. Il s’agit donc d’une coopération bilatérale qui s’ancre dans la stabilité, le progrès et l’ouverture.

Énergie : la BAD injecte 144 millions de dollars au Niger

Le Premier ministre Lamine Zeine et le président du Groupe BAD, Sidi Ould Tah, ont signé un accord de financement de 144,27 millions de dollars pour booster l’accès à l’énergie et la compétitivité du secteur privé. En effet, c’est une étape décisive pour électrifier les zones rurales et attirer les investissements.

Abidjan, 2 octobre 2025 – Le Niger a franchi un cap stratégique mercredi midi, au siège de la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan. Le président du Groupe BAD, Sidi Ould Tah, et le Premier ministre nigérien, Lamine Zeine, ont officialisé la signature d’un accord de financement majeur.

L’accord porte sur une somme de 144,27 millions de dollars (environ 89 milliards de FCFA), octroyée via le Fonds africain de développement (FAD), la fenêtre concessionnelle de l’institution. Ce financement est considéré comme crucial : il vise à booster l’accès à l’énergie et à doper la compétitivité du secteur privé au Niger. Ce soutien est d’autant plus vital que le pays cherche activement à combler son important déficit d’électrification rurale.

Accord entre la BAD et  le Niger pour l’énergie et le  secteur privé: 144 millions de dollars pour doubler l’accès à l’électricité, soutenir les PME et accélérer la transition énergétique.
© Accord entre la BAD et le Niger pour l’énergie et le secteur privé: 144 millions de dollars pour doubler l’accès à l’électricité, soutenir les PME et accélérer la transition énergétique.

Objectifs : électrification et compétitivité

 

Cette signature concrétise l’approbation du Programme d’appui à la gouvernance et à la compétitivité du secteur énergétique (phase 1), décidée le 29 juillet dernier. Ce prêt, octroyé à des conditions concessionnelles, vise à renforcer la législation énergétique, à combler le déficit d’approvisionnement et à améliorer la gestion financière du secteur, notamment en boostant la collecte des recettes. Par ailleurs, le programme a fixé des objectifs chiffrés et ambitieux : porter le taux d’accès à l’électricité de 20 % à 40 % d’ici 2026, et ajouter 100 mégawatts de capacité solaire, via des projets pilotes dans les régions sous-desservies.

 

Le Pacte énergétique stratégique du Niger

 

Au cœur de l’initiative se trouve le Pacte énergétique stratégique du Niger, adopté par décret, qui cadre l’attraction de 527 millions de dollars d’investissements privés d’ici 2030. Ces fonds soutiendront des réformes structurelles visant à attirer les opérateurs étrangers et locaux, favorisant ainsi une croissance inclusive dans un pays où l’énergie reste un frein majeur au développement économique. « C’est un levier pour transformer le paysage énergétique nigérien », a souligné un responsable de la BAD lors des échanges préparatoires, tout en insistant sur l’impact attendu sur les PME et l’emploi rural.

Un partenariat renforcé avec la BAD

 

Pour le Niger, cette enveloppe s’inscrit dans une série de partenariats avec la BAD, laquelle a déjà appuyé des infrastructures clés telles que les centrales solaires de l’Agadez. Lamine Zeine, de passage à Abidjan pour ces négociations, a salué l’engagement de l’institution panafricaine, tandis que Sidi Ould Tah a réaffirmé la priorité accordée au privé comme moteur de transformation.

Ainsi, au fil de ces accords, le Niger trace une voie pragmatique vers une diversification économique, un paraphe après l’autre.

 

Accord entre la BAD et  le Niger : une impulsion pour l’autonomie énergétique

 

En conclusion, avec ce financement, le Niger trace une voie pragmatique vers une diversification économique durable. C’est pourquoi, en misant sur l’énergie solaire, les réformes et les PME, le pays espère bâtir un modèle résilient, inclusif et compétitif. Un paraphe après l’autre, l’autonomie énergétique devient un objectif tangible.

 

 

Africa Facts Summit 2025 à Dakar : une riposte collective contre la désinformation

 

L’Africa Facts Summit 2025 réunit plus de 200 acteurs de l’information à Dakar pour contrer la désinformation en Afrique francophone. Panels, ateliers et stratégies EMI rythment ce rendez-vous continental, où journalistes, chercheurs et fact-checkeurs posent les jalons d’une riposte collective face aux récits toxiques.

 

Dakar, 2 octobre 2025 – Ce matin, sous les baies vitrées d’un hôtel du centre-ville, des murmures animés emplissent la salle de conférence tandis que des carnets s’ouvrent et des laptops s’allument. L’Africa Facts Summit 2025, quatrième édition de ce rendez-vous continental, a ouvert ses portes hier à Dakar pour deux jours d’échanges intenses. Plus de 200 journalistes, fact-checkeurs, chercheurs et acteurs civils se pressent ici, dans la capitale sénégalaise, pour la première fois dans un pays francophone, dans le but de contrer la désinformation qui mine les sociétés africaines.

Des partenariats stratégiques pour des solutions locales

 

Organisé par Africa Check en partenariat avec des acteurs comme l’Union européenne, la GIZ et Code for Africa, ce sommet vise à partager les meilleures pratiques de vérification des faits, à renforcer la coopération entre médias du continent et à élaborer des stratégies d’éducation aux médias et à l’information (EMI) adaptées aux contextes locaux.

Au menu : panels, ateliers et même les Fact-Checking Awards, pour récompenser les efforts en première ligne. Puisque les élections à venir – au Sénégal, au Burkina Faso ou ailleurs – se jouent aussi sur le terrain informationnel, ces discussions touchent au cœur des enjeux : sécurité, cohésion sociale et stabilité démocratique.

À ce titre, Fakt, initiative ouest-africaine de fact-checking, est fièrement représentée par Badal Fohmoh, venu porter la voix de son organisation et échanger sur des solutions concrètes pour sensibiliser les jeunes et défendre une presse libre.

Désinformation et santé mentale : un enjeu sous-estimé

 

Parmi les premières interventions, le Dr Hemes Nkwa de YOHEDA a mis en lumière un aspect souvent sous-estimé : l’impact de la désinformation sur la santé mentale.

« Les fake news et rumeurs alimentent la peur, la confusion, l’anxiété sociale et une perte de confiance entre communautés et institutions », a-t-elle averti.

De ce fait, à l’approche d’élections cruciales, ce « climat informationnel toxique » risque d’exacerber les tensions et de peser sur le bien-être collectif. Son appel est clair : il faut intégrer fact-checking, EMI et santé publique pour des sociétés plus résilientes.

Africa Facts Summit 2025 Dakar fact-checking Afrique francophone : journalistes, experts et institutions unissent leurs forces contre la désinformation et pour une presse libre.
© Africa Facts Summit 2025 Dakar fact-checking Afrique francophone : journalistes, experts et institutions unissent leurs forces contre la désinformation et pour une presse libre.

Africa Facts Summit 2025 à Dakar : une réponse institutionnelle en construction

 

De son côté, Habibou Dia, directeur de la communication au ministère sénégalais de la Communication, a proposé une stratégie structurée. Il a insisté sur la fiabilité de l’information via un fact-checking renforcé, des partenariats internationaux et des cellules de vérification dans chaque rédaction. En plus,  Il a demandé d’ accorder la priorité aux jeunes et aux publics vulnérables hors circuit scolaire, tout en garantissant liberté d’expression et accès à l’information.

« Rapprochons le fact-checking et l’EMI des citoyens, sur toutes les plateformes où ils s’informent », a-t-il lancé, soulignant un défi collectif pour l’avenir.

Africa Facts Summit 2025 Dakar fact-checking Afrique francophone : journalistes, experts et institutions unissent leurs forces contre la désinformation et pour une presse libre.
© Africa Facts Summit 2025 Dakar fact-checking Afrique francophone : journalistes, experts et institutions unissent leurs forces contre la désinformation et pour une presse libre.

Liberté de la presse : un fil rouge sous tension

 

Au fil des débats, un fil rouge émerge : la liberté de la presse sous pression en Afrique de l’Ouest. Des journalistes arrêtés ou intimidés au nom de la « sécurité nationale » ou de la « lutte contre les fake news » instillent un climat de peur, ce qui favorise l’autocensure et prive les citoyens d’un débat pluraliste.

« Défendre les journalistes, c’est protéger le droit de chacun à une information libre, laquelle est essentielle à la démocratie », résume un participant.

En somme, pour les Africains, le fact-checking n’est pas un luxe, mais une nécessité pour les jeunes, les médias et les démocraties.

Alors que le sommet entre dans sa seconde et dernière journée, ces échanges posent les bases d’actions concrètes. Un pas de plus vers un continent mieux armé contre les récits toxiques, une vérification à la fois.

 

Africa Facts Summit 2025 à Dakar : une riposte collective en marche

 

En conclusion, à Dakar, l’Africa Facts Summit 2025 trace une voie claire : celle d’un continent qui s’organise pour contrer la désinformation, protéger ses médias et renforcer la démocratie. Une vérification à la fois, les acteurs africains bâtissent un écosystème informationnel plus juste, plus fiable et plus résilient.

Gen Z 212 : la jeunesse marocaine secoue les rues

Ce qui n’était qu’un fil de discussion sur Discord est devenu un mouvement national. En effet, le collectif Gen Z 212, né en ligne le 18 septembre, mobilise des milliers de jeunes dans les rues du Maroc pour dénoncer les inégalités et les dysfonctionnements des services publics.

 

Rabat, 2 octobre 2025 – Mercredi midi, sur les places ombragées de Rabat, un groupe de jeunes, smartphones en main, scande des slogans rythmés par des tambours improvisés. Ce qui a commencé comme un fil de discussion sur Discord s’est mué en manifestations dans une dizaine de villes : Casablanca, Agadir, Marrakech.

Le collectif Gen Z 212 – un clin d’œil au code téléphonique du Maroc – rassemble des milliers de voix, dans le but de réclamer des réformes concrètes : éducation, santé, transparence. Ainsi, entre tambours improvisés et slogans viraux, une génération connectée impose sa voix dans l’espace public.

Manifestations Gen Z 212 Maroc : des milliers de jeunes réclament des réformes sur l’éducation, la santé et la gouvernance. Tensions, mobilisation et espoir.
© Manifestations Gen Z 212 Maroc : des milliers de jeunes réclament des réformes sur l’éducation, la santé et la gouvernance. Tensions, mobilisation et espoir.

De Discord aux rues : naissance d’un mouvement

 

Avec plus de 100 000 membres sur son serveur Discord, et des relais sur TikTok et Telegram, le mouvement a émergé d’une frustration palpable : un chômage des jeunes flirtant avec les 35-39 %, des hôpitaux sous-équipés et des écoles délaissées, tandis que des fonds massifs sont alloués aux stades de la Coupe du monde 2030.

De plus, la mort de huit femmes dans un hôpital mal approvisionné à Agadir a cristallisé la colère. Ce drame, perçu comme le symbole d’une négligence systémique, a transformé la frustration numérique en mobilisation physique. Par conséquent, les cortèges réclament des « hôpitaux, pas de stades », et une gouvernance transparente.

Gen Z 212 :  des rassemblements sous tension

 

Depuis le 27 septembre, les manifestations ont gagné Casablanca, Marrakech, Agadir et d’autres villes. Toutefois, initialement pacifiques, elles ont dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, ce qui a conduit à des véhicules incendiés et des bâtiments publics vandalisés. Le bilan est lourd : au moins deux morts – dont un à Lqliaa près d’Agadir, où la police a ouvert le feu en invoquant la légitime défense –, plus de 400 arrestations et 280 blessés, majoritairement des agents. Néanmoins, les manifestants, âgés de 18 à 22 ans pour la plupart, insistent sur leur engagement non violent, accusant des infiltrés de semer le chaos pour discréditer le mouvement.

Réactions gouvernementales et promesses de réformes

 

Sous pression, le gouvernement promet des discussions ainsi que des réformes. Cependant, le ministère de l’Intérieur, par la voix de son porte-parole Rachid El Jalfi, évoque des « transgressions aux mesures de sécurité » pour justifier les interventions. Sur X, les voix du collectif réaffirment leur engagement non violent : « Nous ne sommes pas des fauteurs de troubles, mais une génération d’éveil et de responsabilité. »

Manifestations Gen Z 212 Maroc : des milliers de jeunes réclament des réformes sur l’éducation, la santé et la gouvernance. Tensions, mobilisation et espoir.
© Manifestations Gen Z 212 Maroc : des milliers de jeunes réclament des réformes sur l’éducation, la santé et la gouvernance. Tensions, mobilisation et espoir.

Une jeunesse connectée face à l’immobilisme

 

Ce soulèvement s’inscrit également dans une dynamique mondiale portée par la Gen Z. Numérique, structurée et déterminée, cette jeunesse marocaine refuse l’attentisme. À Discord, les débats continuent ; dans les rues, l’appel à un Maroc plus juste résonne, un slogan à la fois.

 

Gen Z 212 : une génération connectée, une démocratie en mouvement

 

En définitive, le soulèvement du collectif Gen Z 212 ne se résume pas à une mobilisation ponctuelle : il incarne une rupture générationnelle, portée par des jeunes qui refusent le silence face aux inégalités. En d’autres termes, en investissant les rues comme les plateformes numériques, cette jeunesse marocaine redéfinit les codes de l’engagement citoyen.

À travers leurs slogans, leurs revendications et leur organisation décentralisée, les membres du mouvement posent une question essentielle : quelle place accorder à une génération qui veut construire, et non subir, l’avenir de son pays ?

 

Java-Est : Une course contre la montre pour les élèves piégés

Suite à un séisme de magnitude 6,5, les secouristes indonésiens fouillent les ruines d’une école islamique effondrée. Alors que des dizaines d’élèves sont encore piégés, la fenêtre critique de sauvetage se referme. Ce drame met en lumière la vulnérabilité des infrastructures urbaines face à une série de secousses qui ébranlent Java-Est.

 

Sidoarjo, 2 octobre 2025 – Mercredi matin, sous un ciel chargé de poussière, des équipes de secouristes creusent méthodiquement les décombres d’un bâtiment effondré, leurs pelles raclant le béton encore tiède. À Sidoarjo, dans la province de Java-Est, un séisme de magnitude 6,5 survenu mardi a aggravé une situation déjà tendue à cause d’une série de tremblements de terre dans les dernières 24 heures.

Au moins six personnes ont perdu la vie dans l’effondrement partiel d’une école islamique en construction, et ce, tandis que des dizaines d’élèves restent piégés sous les ruines, ce qui signifie que la fenêtre critique de 72 heures pour les sauvetages s’amenuise.

Une série sismique meurtrière frappe Java-Est

 

L’épicentre du principal choc, survenu en début d’après-midi, se situait au large de la côte est de Java, près de l’île touristique de Bali. De plus, une activité sismique accrue a précédé ce séisme : un tremblement de magnitude 6,0 a secoué la région plus tôt dans la journée, et les autorités avaient déjà signalé une secousse de 5,7 le 25 septembre. Au total, ces événements ont endommagé des habitations, des infrastructures et des bâtiments publics, blessant au moins trois personnes et semant la panique parmi les populations locales.

Séisme Sidoarjo Java-Est école islamique : au moins six morts, des élèves piégés, les secours s’activent face à l’urgence humanitaire.
© Séisme Sidoarjo Java-Est école islamique : au moins six morts, des élèves piégés, les secours s’activent face à l’urgence humanitaire.

Une école islamique effondrée à Sidoarjo

 

À Sidoarjo, l’Al-Khoziny Islamic Boarding School s’est partiellement écroulée au moment où des étudiants se rassemblaient pour les prières de l’après-midi, piégeant potentiellement des dizaines d’entre eux.

Les efforts de secours, menés par des équipes locales et soutenus par l’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB), se heurtent à des obstacles : en effet, le séisme de 6,5 a compacté davantage les débris, rendant les fouilles plus ardues. Cinq survivants ont été extraits des ruines jusqu’à présent, mais les autorités estiment que le bilan pourrait s’alourdir.

Séisme Sidoarjo Java-Est école islamique : au moins six morts, des élèves piégés, les secours s’activent face à l’urgence humanitaire.
© Séisme Sidoarjo Java-Est école islamique : au moins six morts, des élèves piégés, les secours s’activent face à l’urgence humanitaire.
Séisme Sidoarjo Java-Est école islamique : au moins six morts, des élèves piégés, les secours s’activent face à l’urgence humanitaire.
© Séisme Sidoarjo Java-Est école islamique : au moins six morts, des élèves piégés, les secours s’activent face à l’urgence humanitaire.

Des dégâts matériels étendus

 

La « Ceinture de feu du Pacifique » expose régulièrement l’Indonésie à une forte activité sismique, qui a déjà touché plus de 160 villes ces dernières années ; pourtant, cette série de secousses révèle encore la vulnérabilité persistante des structures urbaines.

En conséquence, au-delà des pertes humaines immédiates, les dégâts matériels s’étendent : des maisons fissurées à Java-Est, des routes endommagées et des interruptions d’électricité locales. Le gouvernement indonésien a mobilisé des ressources pour évaluer l’ampleur des impacts, tandis que des organismes comme GDACS ont émis des alertes vertes, indiquant un risque humanitaire modéré pour l’instant. Les secouristes, épuisés mais déterminés, poursuivent leurs opérations, un survivant à la fois, dans le but de battre la montre contre les heures critiques.

 

Un drame qui interroge la résilience urbaine

 

En conclusion, ce séisme à Sidoarjo rappelle la fragilité des infrastructures face aux catastrophes naturelles. Alors même que les secouristes poursuivent leur mission avec acharnement, la tragédie soulève des questions sur la sécurité des bâtiments en zone sismique et la préparation des collectivités face à l’urgence.

 

Leadership féminin : le Bénin inspire les élues du Sahel

Une délégation d’élues venues du Sénégal et des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) a rejoint le Caucus des femmes parlementaires du Bénin pour une séance de travail stratégique. L’objectif est double : premièrement, partager les avancées béninoises en matière de représentativité féminine et, deuxièmement, poser les bases d’une synergie régionale pour renforcer le pouvoir politique des femmes.

 

Porto-Novo, 2 octobre 2025 – Mardi après-midi, dans la salle polyvalente Antoine Kolawolé Idji du Palais des Gouverneurs, les chaises se sont remplies progressivement d’un cercle de femmes déterminées. Une délégation d’élues venues du Sénégal et des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Niger, Mali, Burkina Faso – a rejoint les membres du Caucus des femmes parlementaires du Bénin pour une séance de travail.

Organisée par le Gorée Institute et l’Institut pour la Gouvernance Démocratique (IGD), cette rencontre s’inscrit ainsi dans un voyage d’études visant à explorer les voies pour une meilleure représentativité féminine dans les instances de décision.

Rencontre Caucus femmes parlementaires Bénin AES : des élues du Sahel saluent les avancées du Bénin et explorent les leviers du leadership féminin en Afrique de l’Ouest.
© Rencontre Caucus femmes parlementaires Bénin AES : des élues du Sahel saluent les avancées du Bénin et explorent les leviers du leadership féminin en Afrique de l’Ouest.

Le Caucus béninois en vitrine régionale

 

À l’invitation de l’honorable Djamilatou Sabi Mohamed, présidente du Caucus, les visiteuses ont découvert l’expérience béninoise en matière de plaidoyer. Tout d’abord, l’honorable a remercié le président de l’Assemblée nationale, Louis Gbèhounou Vlavonou, pour son soutien. Puis, elle a retracé la genèse du Caucus. Depuis sa création en 2023, cette plateforme a mené des actions concrètes : plaidoyers, sensibilisations et lobbyings pour accroître la présence des femmes dans les sphères électives et décisionnelles, avec le soutien de partenaires comme l’IGD.

« L’immense contribution des partenaires, tels que l’IGD, a été essentielle pour atteindre nos objectifs », a-t-elle souligné, en insistant sur le rôle clé de ces soutiens techniques et financiers.

Leadership féminin : une progression saluée par les délégations

 

Or, ce qui retient particulièrement l’attention des déléguées, c’est ce bond qualitatif au Bénin : de la législature précédente à aujourd’hui, où 29 femmes siègent à l’Assemblée. Une progression qui, pour elles, mérite d’être décortiquée et adaptée à leurs contextes respectifs.

Le séjour, prévu pour une semaine, promet un programme dense : panels d’échanges, tables rondes et discussions thématiques sur le leadership et la gouvernance, avec notamment un focus sur le renforcement du pouvoir politique des femmes en zones fragiles. Telle est l’ambition qu’a détaillée le Dr Aziz Chabi Imorou, Directeur de l’IGD, en présentant l’agenda comme un espace pour des retours croisés et concrets.

Rencontre Caucus femmes parlementaires Bénin AES : des élues du Sahel saluent les avancées du Bénin et explorent les leviers du leadership féminin en Afrique de l’Ouest.
© Rencontre Caucus femmes parlementaires Bénin AES : des élues du Sahel saluent les avancées du Bénin et explorent les leviers du leadership féminin en Afrique de l’Ouest.

Leadership féminin : vers une synergie régionale pour la gouvernance

 

Doudou Dia, Directeur du Gorée Institute, a salué l’accueil et la portée de l’initiative : « Que l’expérience béninoise fasse école dans la région, afin de créer une synergie citoyenne des femmes au service de la gouvernance, de la paix et de la stabilité ouest-africaine. »

Mme Diago Ndiaye, au nom de sa délégation, a exprimé sa gratitude pour ces échanges fructueux, insistant :

« L’expérience béninoise doit non seulement être saluée, mais aussi répliquée. »

Rencontre Caucus femmes parlementaires Bénin AES : des élues du Sahel saluent les avancées du Bénin et explorent les leviers du leadership féminin en Afrique de l’Ouest.
© Rencontre Caucus femmes parlementaires Bénin AES : des élues du Sahel saluent les avancées du Bénin et explorent les leviers du leadership féminin en Afrique de l’Ouest.

Semer les graines d’un leadership féminin régional

 

Autour de la table, aux côtés de Djamilatou Sabi Mohamed, figuraient les députées Glawdys Tossou, Natacha Kpotchan, Sofiath Schanou Arouna, Denise Dègbédji et Gniré Fatouma Tony. Ces parlementaires béninoises ont partagé leurs parcours et stratégies. C’est ainsi que ces premiers dialogues posent les bases d’une collaboration régionale, où les avancées locales pourraient inspirer des réformes plus larges. Une semaine d’immersion qui, au fil des discussions, pourrait bien semer les graines d’un leadership féminin plus fort en Afrique de l’Ouest.

 

Un levier collectif pour transformer la gouvernance

 

Cette rencontre entre élues du Bénin, du Sénégal et des pays de l’AES dépasse le cadre d’un simple échange institutionnel. En réalité, elle incarne une dynamique de co-construction, où les expériences locales nourrissent une ambition régionale : celle d’une gouvernance plus inclusive, portée par des femmes engagées et stratèges. Par conséquent, en tissant des liens durables, ce voyage d’études ouvre la voie à une solidarité parlementaire féminine capable d’influencer les réformes, de renforcer la paix et de faire émerger une nouvelle génération de leadership en Afrique de l’Ouest.