Niger-Elevage Archives - Journal du Niger

Niger : Journée mondiale du lait 2026 à Niamey

Niamey, 1ᵉʳ juin 2026 – Au Niger, le lait ne se résume pas à un simple produit de consommation. Il représente un patrimoine culturel, un levier économique et un enjeu stratégique pour l’avenir du pays. C’est autour de cette conviction que les autorités nigériennes ont célébré, ce lundi 1ᵉʳ juin, la Journée mondiale du lait, une occasion saisie pour mettre en lumière les potentialités de la filière laitière locale et réaffirmer les ambitions nationales en matière de souveraineté alimentaire.

La cérémonie officielle a été présidée par le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Mahaman Elh Ousmane, en présence de plusieurs personnalités de premier plan, notamment les ministres du Commerce et de l’Industrie, de la Population et de la Promotion de la Femme, la présidente du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP), le gouverneur de la région de Niamey ainsi que de nombreux acteurs du secteur agro-pastoral.

Mahaman Elh Ousmane
© Mahaman Elh Ousmane

Un thème au cœur des enjeux de développement

Placée sous le thème « Lait local équitable, vecteur de changement », cette édition 2026 a servi de cadre de réflexion sur les défis et les perspectives d’une filière considérée comme l’une des plus prometteuses du monde rural nigérien.

Dans son intervention, le ministre Mahaman Elh Ousmane a souligné que cette journée dépasse largement le cadre d’une simple célébration internationale. Selon lui, elle constitue un moment privilégié pour sensibiliser l’opinion publique à l’importance du lait local, à ses qualités nutritionnelles ainsi qu’à sa contribution au développement économique national.

« Le lait n’est pas seulement un produit économique. Il est un symbole de paix, de confiance et de continuité. Il relie les générations, les territoires et les communautés », a déclaré le ministre devant une assistance composée de producteurs, de transformateurs, d’éleveurs et de partenaires techniques.

Mahaman Elh Ousmane
© Mahaman Elh Ousmane

Faire du lait un pilier de la souveraineté alimentaire

Au-delà de son rôle social et culturel, la filière laitière est désormais perçue comme un secteur stratégique capable de soutenir la croissance économique et de créer des milliers d’emplois. Le ministre a ainsi réaffirmé la volonté du gouvernement de faire du lait un pilier de la souveraineté alimentaire du Niger.

Pour atteindre cet objectif, les autorités entendent renforcer les synergies entre les politiques d’élevage, la sécurité alimentaire, l’aménagement pastoral, l’industrialisation locale et l’entrepreneuriat rural. Une approche intégrée jugée indispensable pour valoriser pleinement le potentiel de la production nationale.

Mahaman Elh Ousmane
© Mahaman Elh Ousmane

Les acteurs de la filière face aux défis de la transformation

La présidente de l’Interprofession lait, Mme Diori Maimouna Malè, a pour sa part mis en avant les nombreux atouts de la chaîne de valeur du lait local. Elle a toutefois insisté sur les défis persistants liés à la transformation, à la commercialisation, à l’accompagnement des producteurs et à la mobilisation des consommateurs en faveur des produits locaux.

La célébration a également permis aux invités de découvrir le dynamisme du secteur à travers une exposition de produits dérivés du lait, notamment des yaourts, des fromages et d’autres spécialités transformées localement. Cette visite des stands a illustré les efforts entrepris par les acteurs de la filière pour accroître la valeur ajoutée des productions nationales.

Mahaman Elh Ousmane
© Mahaman Elh Ousmane

Des pistes de réflexion pour renforcer la filière

Plusieurs panels ont enfin rythmé cette journée de réflexion. Les échanges ont porté sur l’alimentation du bétail et la résilience de la production laitière face aux crises pastorales, ainsi que sur les politiques commerciales et fiscales susceptibles de renforcer la compétitivité de la chaîne de valeur du lait local.

À travers cette célébration, le Niger affiche clairement son ambition : transformer la filière laitière en un véritable moteur de développement économique, d’inclusion sociale et de résilience alimentaire au bénéfice des populations.

Tchimoumounene : Lancement du premier Festival de dromadaire

Le désert d’Ingall a vibré, ce vendredi 23 janvier 2026, au rythme de la première édition du Festival du dromadaire. Cet événement, officiellement lancé par le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le Colonel Mahaman Elhadji Ousmane, marque ainsi une étape majeure dans la valorisation du patrimoine pastoral nigérien, pilier essentiel de l’économie nomade.

Placée sous le haut patronage du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), la cérémonie d’ouverture a également enregistré la présence du gouverneur de la région d’Agadez, le Général Ibra Boulama Issa. À cette occasion, une importante délégation de cadres civils et militaires a escorté le ministre, soulignant d’emblée l’importance stratégique accordée à ce rendez-vous pastoral.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Un million de francs pour la patrie

Au-delà de la célébration culturelle, le festival s’est également imposé comme une véritable tribune d’expression patriotique. En effet, en marge de l’ouverture officielle, la communauté Ichirifane de Bab-Salam, située dans la commune rurale d’Ingall, a tenu à manifester son soutien à la transition en cours.

Ainsi, par la voix de son ambassadeur, Ahmed Achel Mohamed, cette communauté a remis au gouverneur une contribution d’un million de francs CFA. Cette somme est destinée au Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP). Ce geste fort traduit, par conséquent, l’adhésion des populations pastorales aux idéaux de souveraineté et de refondation nationale prônés par les autorités de Niamey.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Entre spiritualité et développement

Par ailleurs, les autorités ont mis en lumière la place centrale du dromadaire, surnommé le « vaisseau du désert », considéré aujourd’hui comme un atout stratégique pour la sécurité alimentaire et l’adaptation aux changements climatiques. Toutefois, à Tchimoumounene, la dimension technique de l’élevage s’est harmonieusement conjuguée à une profonde ferveur spirituelle.

À cet effet, le Colonel Mahaman Elhadji Ousmane et le Général Ibra Boulama Issa ont assisté à une séance solennelle de lecture du Saint Coran. Les participants ont prononcé des invocations en faveur de la nation, implorant la paix, la sécurité et la prospérité pour le Niger.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Enfin, la cérémonie s’est déroulée en présence du conseiller du Premier ministre ainsi que des autorités coutumières d’Ingall, véritables gardiennes des traditions de l’Azawak. Dès lors, pour les autorités de transition, ce festival dépasse le cadre d’une simple réjouissance. Il s’impose plutôt comme un outil de cohésion sociale, mais aussi comme un levier de rayonnement pour une région d’Agadez redevenue, une fois encore, le carrefour de la résilience saharienne.

Tillabéri : Éleveurs et pasteurs s’unissent pour une paix durable

Tillabéri, 13 novembre 2024 – Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et les tensions liées à l’accès aux ressources, les éleveurs et pasteurs de la région de Tillabéri ont fait preuve d’une remarquable initiative. En effet, réunis par le Réseau Billital Maroobè (RBM) et le Réseau des organisations des éleveurs et des pasteurs de l’Afrique (AREN), ils ont participé à un atelier de deux jours visant à promouvoir le dialogue intercommunautaire et à inaugurer un système d’alerte innovant pour la mobilité pastorale.

Les éleveurs et pasteurs de Tillabéri s'unissent pour instaurer la paix et mettre en place un système d'alerte pour une mobilité pastorale
© Les éleveurs et pasteurs de Tillabéri s'unissent pour instaurer la paix et mettre en place un système d'alerte pour une mobilité pastorale
Un système d’alerte pour une mobilité pastorale sécurisée

Par ailleurs, la naissance de cette initiative découle de la nécessité de relever les défis grandissants auxquels font face les éleveurs et pasteurs de la région, en particulier en ce qui concerne la sécurité et la gestion. L’atelier a débuté hier et a immédiatement connu une mobilisation exceptionnelle d’éleveurs et de pasteurs locaux. Cette participation active souligne l’importance et la nécessité pressante de s’attaquer aux problèmes qui touchent les communautés en difficulté.

L’un des points forts de cet atelier a été la mise en place d’un système d’alerte innovant destiné à faciliter la mobilité pastorale. Ce dispositif, fruit d’une réflexion collective, permettra d’anticiper les mouvements de troupeaux, de prévenir aussi les conflits liés à l’accès aux points d’eau et aux pâturages, et de favoriser une meilleure coordination entre les communautés.

L’atelier s’est également concentré sur l’importance de la communication et de l’échange d’informations en temps réel, éléments clés pour le succès de la mobilité pastorale et la prévention des conflits.

Les éleveurs et pasteurs de Tillabéri s'unissent pour instaurer la paix et mettre en place un système d'alerte pour une mobilité pastorale
© Les éleveurs et pasteurs de Tillabéri s'unissent pour instaurer la paix et mettre en place un système d'alerte pour une mobilité pastorale
Dialogue et partage d’expériences pour une meilleure formation des éleveurs et des pasteurs.

Au cours de ces deux jours, les participants ont eu l’opportunité de partager leurs expériences, leurs préoccupations et leurs attentes. En outre, des experts en médiation et en gestion de conflits ont animé des séances de formation pour renforcer les capacités des acteurs locaux à prévenir et à résoudre les conflits de manière pacifique. Cette démarche s’inscrit dans une logique de renforcement du dialogue intercommunautaire et de promotion d’une culture de paix.

Cette initiative, portée par les éleveurs et pasteurs eux-mêmes, témoigne de leur volonté de contribuer à la stabilité de leur région. Elle est saluée par les autorités locales et les organisations de la société civile qui y voient un signe d’espoir pour l’avenir.

Bref, si cet atelier marque une étape importante, le chemin vers une paix durable reste long et semé d’embûches. Les défis liés à l’insécurité, aux changements climatiques et à la pression sur les ressources naturelles sont nombreux. Cependant, l’engagement des éleveurs et des pasteurs à collaborer pour un environnement plus sécurisé et plus prospère souligne l’importance de la collaboration et du dialogue constant afin d’atteindre ces objectifs nobles.