Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 138 sur 283

Niamey : une visite ministérielle pour raviver l’éclat de l’école nigérienne

Éducation au Niger : la Ministre Dr Shérif enflamme la flamme du patriotisme à Niamey !

Niamey, 19 mai 2025 – Sous le ciel limpide de la capitale nigérienne, une brise d’espoir a caressé ce lundi matin les murs du Complexe Scolaire Privé Manou Diatta, où la ministre de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales, Dr Elisabeth Shérif, a présidé une cérémonie vibrante de patriotisme. Accompagnée de ses collaborateurs, elle a assisté à la montée des couleurs avant de poursuivre son périple à l’école primaire AFN, deux établissements phares de Niamey. Par ailleurs, cette visite, inscrite dans le programme ambitieux « Une semaine, une école », n’est pas un simple passage protocolaire : elle incarne une volonté farouche de redonner à l’éducation nigérienne son lustre d’antan, en célébrant ses artisans et en semant les germes d’un avenir souverain.

 La ministre nigérienne de l'Éducation, Dr Elisabeth Shérif, a visité des écoles à Niamey pour galvaniser le patriotisme et l'excellence, réaffirmant l'engagement du gouvernement à refonder le système éducatif pour un Niger souverain et prospère.
© La ministre nigérienne de l'Éducation, Dr Elisabeth Shérif, a visité des écoles à Niamey pour galvaniser le patriotisme et l'excellence, réaffirmant l'engagement du gouvernement à refonder le système éducatif pour un Niger souverain et prospère.
Hommage à l’excellence : Manou Diatta, phare de l’éducation nigérienne

Au Complexe Scolaire Privé Manou Diatta, où 1 133 élèves évoluent dans 38 salles de classe, du jardin d’enfants au collège, l’atmosphère était empreinte de solennité et d’enthousiasme. La montée des couleurs, exécutée avec ferveur par les élèves, a donné le ton patriotique de la journée.

Par la suite, Dr Elisabeth Shérif, dans un élan de gratitude, a rendu un hommage vibrant à la fondatrice, Mme Salifou Eugénie Diatta, une pionnière dont la quête d’excellence a façonné un établissement modèle. « Votre rigueur et votre discipline sont une boussole pour notre système éducatif », a-t-elle déclaré, exhortant les enseignants à partager leur « alchimie du succès » avec d’autres écoles du pays.

En plus, le directeur général, M. Mamane Lawali, a souligné l’honneur inédit de cette visite, la toute première d’une personnalité de ce rang en 25 ans d’existence de l’établissement. « Votre présence, Mme la Ministre, est un phare pour nos élèves et un gage de votre engagement indéfectible envers la jeunesse nigérienne », a-t-il affirmé, célébrant les efforts du Dr Shérif pour moderniser et redynamiser l’éducation nigérienne. Une élève, porte-parole de ses camarades, a capturé l’élan collectif avec ces mots percutants : « Nous, la jeunesse, jurons de bâtir un Niger de science et de civisme, pour notre souveraineté retrouvée. » Ce vœu, prononcé avec une conviction juvénile, a résonné comme un écho puissant des aspirations nationales.

L’école AFN, symbole d’inclusion : la Ministre Shérif au chevet des démunis

La visite ministérielle s’est prolongée ensuite à l’école primaire AFN, un bastion historique de l’éducation inclusive, créé dans les années 1980 pour soutenir les familles démunies, avec un accent particulier sur la scolarisation des filles. La directrice, Mme Alhasane Aïssata, a accueilli la ministre avec chaleur, soulignant l’importance de cette première visite gouvernementale dans cet établissement. « Votre engagement redonne espoir à nos élèves et à leurs familles », a-t-elle affirmé, offrant un présent symbolique en signe de reconnaissance sincère.

Dans le même esprit, Mme Mounkaila Aïssata Karidjo, présidente de l’Association des Femmes Nigériennes, a saisi l’occasion pour plaider en faveur d’une transformation de l’école AFN en un complexe secondaire, un projet qui pourrait amplifier considérablement son impact social et éducatif. « Nos filles méritent des opportunités à la hauteur de leur potentiel illimité », a-t-elle insisté, touchant le cœur de l’assistance par son plaidoyer.

« Une Semaine, Une École » : La Croisade Ministérielle pour l’Éducation Nationale

Par ailleurs, cette double visite s’inscrit dans une entreprise plus vaste, celle du programme emblématique « Une semaine, une école », lancé par Dr Shérif pour inspecter personnellement les conditions d’apprentissage et insuffler un esprit patriotique dans chaque recoin du système éducatif.

Depuis sa nomination en 2023, la ministre, forte de plus de 288 rencontres avec les acteurs éducatifs à travers le pays, a instauré une dynamique de dialogue et de résilience, saluée par une accalmie inédite dans le secteur pour l’année scolaire 2023-2024. Ses tournées régulières, de Diffa à Dosso, témoignent d’une volonté inébranlable de moderniser les infrastructures éducatives et de promouvoir une éducation inclusive, en parfaite phase avec les priorités du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP).

Le Niger, où 52 % de la population a moins de 15 ans, fait face à des défis colossaux : mariages précoces, grossesses adolescentes et crises humanitaires récurrentes. Pourtant, des initiatives novatrices comme les internats pour filles rurales, soutenus conjointement par le gouvernement et des partenaires de développement comme le PNUD, tracent un chemin prometteur vers l’équité des genres en matière d’éducation. À Manou Diatta et AFN, les performances académiques remarquables, avec des taux de réussite au CFEPD (Certificat de Fin d’Études du Premier Degré) dépassant les 60 %, incarnent concrètement cet élan de progrès.

L’éducation, pilier d’une nation souveraine : un Leg pour l’avenir du Niger

En somme, dans les cours ensoleillées de Niamey, où les drapeaux flottent fièrement et les voix enfantines chantent l’hymne national avec ferveur, la visite du Dr Shérif n’est pas qu’un simple symbole ; c’est un véritable serment. En honorant des figures inspirantes comme Mme Diatta et en soutenant des bastions de l’éducation comme AFN, elle pose les jalons solides d’un système éducatif qui ne se contente pas de survivre dans l’adversité, mais qui est appelé à prospérer. Ainsi, à l’heure où le Niger aspire à sa refondation nationale, chaque salle de classe visitée, chaque élève encouragé devient une pierre précieuse dans l’édifice d’une nation souveraine, savante, unie et tournée vers un avenir prometteur.

Agadez : au cœur des routes migratoires, L’Humanité à la loupe

Agadez : une visite d’ampleur pour humaniser le sort des migrants

Agadez, 19 mai 2025 – Dans la ville ocre d’Agadez, carrefour millénaire des routes sahariennes, une délégation d’envergure a franchi ce dimanche les portes du centre de transit pour migrants, portée par une ambition commune : évaluer, améliorer, humaniser. Conduite par le gouverneur de la région, Magagi Maman Dada, et rehaussée par la présence du Sultan de l’Aïr, Oumarou Ibrahim Oumarou, du maire Aboubacar Touraoua, ainsi que de représentants de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’UNICEF, cette visite conjointe a jeté une lumière crue sur les conditions de vie des migrants. Dans une région où le sable raconte des siècles de passages, cette initiative marque un engagement renouvelé pour une prise en charge digne face aux défis d’un flux migratoire complexe.

Solidarité au désert : les agences Unies pour un accueil digne

Sous le ciel implacable du désert, le centre de transit d’Agadez, géré par l’OIM, est bien plus qu’un point de passage : c’est un refuge temporaire pour des milliers de migrants, souvent épuisés par des périples semés de dangers. Originaires de pays comme le Sénégal, le Nigeria ou la Guinée, beaucoup ont été refoulés d’Algérie ou de Libye, confrontés à des marches forcées dans le désert ou à des conditions inhumaines. Ainsi, la délégation, en pénétrant dans ce lieu où s’entremêlent espoirs brisés et résilience, a cherché à évaluer les besoins urgents : accès à l’eau potable, soins médicaux essentiels, abris décents et protection des plus vulnérables, notamment les enfants et les femmes.

Le gouverneur, figure d’autorité respectée, a insisté sur l’importance d’une collaboration étroite entre les autorités locales et les agences onusiennes. « Agadez a toujours été une terre d’accueil, mais nous devons garantir que cet accueil soit à la hauteur de notre humanité », a-t-il déclaré, selon des sources proches de la visite. Le Sultan, gardien des traditions touarègues, a quant à lui appelé à préserver l’hospitalité légendaire de la région, tout en plaidant pour des solutions durables face à une migration amplifiée par la levée de la loi anti-migration de 2015 en novembre 2023.

Une délégation de haut niveau a visité le centre de transit d'Agadez pour évaluer et améliorer les conditions des migrants,
© Une délégation de haut niveau a visité le centre de transit d'Agadez pour évaluer et améliorer les conditions des migrants,
Agadez : entre accusations et aide humanitaire, les chiffres d’une crise persistante

La visite intervient dans un contexte parfois tendu. Des témoignages récents, relayés sur les réseaux sociaux, font état de conditions difficiles au centre humanitaire géré par l’UNHCR, où des réfugiés, notamment soudanais, dénoncent des violations de leurs droits et des retards dans les processus d’asile. Certains, installés depuis des mois, expriment leur désespoir face à l’incertitude de leur sort. « Agadez n’est pas un lieu sûr pour nous », confie un réfugié dans un message poignant, réclamant une vie digne. Cependant, ces voix, bien que minoritaires au regard du nombre total de migrants assistés, rappellent l’urgence de renforcer la transparence et l’efficacité des mécanismes de protection.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2016 et 2023, l’OIM a assisté plus de 103 000 migrants à Agadez, offrant abris, nourriture et aide au retour volontaire. Pourtant, les refoulements massifs depuis l’Algérie – environ 500 migrants par mois, souvent abandonnés dans le désert – continuent de mettre à rude épreuve les capacités du centre. L’UNICEF, de son côté, intensifie ses efforts pour les enfants non accompagnés, avec des programmes éducatifs et des espaces sécurisés, tandis que le PAM fournit des rations vitales dans un contexte de crise alimentaire régionale aggravée.

Carrefour d’Humanité et de Défis : l’équilibre fragile d’Agadez

Cette visite conjointe, saluée comme un symbole d’unité, s’inscrit dans une histoire complexe. Agadez, « porte du désert » et site UNESCO, a prospéré pendant des siècles grâce au commerce caravanier et à la migration. Depuis la chute de Kadhafi en 2011, elle est devenue un nœud migratoire majeur, attirant des dizaines de milliers de personnes chaque année. La levée de la loi de 2015, qui avait criminalisé le transport de migrants, a ravivé l’économie locale, mais a aussi accru les risques : réseaux de passeurs, attaques armées et routes désertiques plus périlleuses.

Les autorités, conscientes de ces enjeux multiples, cherchent un équilibre délicat. Le maire, Aboubacar Touraoua, a souligné l’impact économique positif des migrants, tout en appelant à des investissements urgents pour les infrastructures sanitaires et scolaires, souvent dépassées par l’afflux. Le gouverneur, face à une région où l’insécurité liée aux groupes armés persiste, a plaidé pour un renforcement des patrouilles frontalières, tout en insistant sur le respect des droits fondamentaux des migrants, conformément aux engagements du Niger auprès de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles.

Un avenir plus humain se dessine : L’Espoir dans le désert

Cette visite n’est pas un point final, mais un jalon significatif. Les agences onusiennes, en synergie avec le gouvernement nigérien, envisagent des mesures concrètes : extension des capacités d’accueil, amélioration de l’accès à la justice pour les victimes de traite et programmes de réintégration pour les rapatriés volontaires. L’UNHCR, interpellé par les critiques, a promis un dialogue accru avec les réfugiés pour répondre à leurs préoccupations et renforcer la confiance. « Notre mission est de protéger, mais aussi d’écouter attentivement les besoins de ceux que nous servons », a assuré un représentant, déterminé à restaurer la confiance.

Dans les ruelles d’Agadez, où le vent charrie des récits de départs et de retours, cette visite résonne comme un appel à l’action collective. Pour les migrants, pris entre l’élan de leurs rêves et la rudesse implacable du désert, elle est une lueur d’espoir : celle d’un monde dans lequel la dignité n’est pas une promesse vaine, mais une réalité tangible. Ainsi, à Agadez, carrefour d’humanités, l’avenir se conjugue au présent, dans l’engagement d’une communauté unie pour ne laisser personne au bord du chemin, quelles que soient les épreuves.

Niamey : une rencontre au sommet pour un Niger résilient

Niger : rencontre au sommet à Niamey, L’ONU réaffirme son soutien vital !

Niamey, 19 mai 2025 – Dans la lumière tamisée du cabinet du Premier Ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine, une poignée de main a scellé ce lundi matin un moment clé pour l’avenir du Niger. Face à lui, Leonard Santos Simão, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Représentant spécial du Secrétaire général, accompagné de Djanabou Mahondé, Coordinatrice résidente du Système des Nations Unies au Niger, est venu réaffirmer un partenariat vital. Cette visite, placée sous le signe de l’accompagnement politique, économique, social et sécuritaire, a permis de saluer les progrès d’un pays en pleine transformation tout en posant un regard lucide sur les défis qui jalonnent son chemin. À l’heure où Niamey aspire à consolider sa résilience, cet échange marque une étape significative dans une coopération internationale empreinte d’espoir et d’ambition.

Un dialogue franc face aux enjeux : progrès salués, obstacles abordés

Au cœur de cette rencontre, l’objectif était clair : évaluer les avancées du Niger et renforcer les leviers de son développement durable. Leonard Santos Simão, dont la présence traduit l’engagement onusien envers le Sahel, n’a pas tari d’éloges sur les progrès nigériens. « Nous sommes impressionnés par la qualité des rapports avec le Niger et par son alignement sur une vision stratégique de développement », a-t-il déclaré à la presse, louant les efforts du gouvernement sous la houlette du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP). En effet, des réformes économiques aux initiatives sociales, en passant par la lutte contre l’insécurité, le Niger, malgré un contexte régional tendu, affiche une détermination saluée par ses partenaires.

Cependant, les discussions ont également porté sur les obstacles persistants. Avec une économie fragilisée par les sanctions post-coup d’État et une insécurité chronique dans les régions de Tillabéri et Diffa, le pays fait face à des défis colossaux. Pourtant, la présence de Simão, aux côtés de Djanabou Mahondé, experte reconnue dans la coordination des efforts humanitaires, témoigne d’une volonté onusienne de rester aux côtés du Niger et de le soutenir pleinement. « Nous sommes là pour aider à surmonter les difficultés, en parfaite harmonie avec les priorités nationales », a insisté le diplomate, mettant en avant des programmes cruciaux comme le Plan de soutien des Nations Unies, qui mobilise des fonds pour l’éducation, la santé et la sécurité alimentaire.

Le Niger, acteur déterminé : reconquérir la confiance internationale

Malgré de rudes épreuves et une économie déjà vulnérable. Le Niger , sous l’impulsion de Zeine, économiste chevronné et ancien Ministre des Finances, le pays a amorcé des réformes audacieuses : diversification des partenaires commerciaux, renforcement de l’agriculture via des projets d’irrigation ambitieux et relance des investissements dans les infrastructures vitales.

Par ailleurs, la rencontre avec les représentants onusiens s’inscrit dans une série d’échanges diplomatiques intensifs visant à repositionner le Niger sur la scène internationale. Après des visites en Russie, en Iran et au Maroc, Zeine multiplie les efforts pour tisser de nouveaux partenariats tout en maintenant des canaux ouverts avec les institutions multilatérales traditionnelles. La Banque Mondiale, reçue trois jours plus tôt à Niamey, a également salué les avancées notables dans le développement humain, signe que le Niger regagne peu à peu la confiance des bailleurs de fonds.

Coopération concrète : L’ONU au chevet des réalités nigériennes

L’engagement des Nations unies au Niger ne se limite pas à des déclarations d’intention ; il se traduit par des actions concrètes sur le terrain. Avec un budget humanitaire de 600 millions de dollars pour 2025, l’ONU soutient des projets vitaux : construction d’écoles dans les zones rurales isolées, distribution de kits alimentaires d’urgence à 1,2 million de personnes déplacées, et formation des forces de sécurité pour contrer efficacement les menaces djihadistes grandissantes. Djanabou Mahondé, figure clé de cette coordination, a insisté sur l’importance d’aligner ces efforts sur les priorités spécifiques du gouvernement, notamment le Plan de développement économique et social (PDES) 2022-2026, qui vise à réduire la pauvreté et à renforcer la résilience climatique du pays.

Cependant, les défis, toutefois, restent immenses et complexes. Avec 4,3 millions de personnes en besoin d’assistance humanitaire, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), et une insécurité qui entrave gravement l’accès aux terres agricoles et aux marchés, le Niger doit jongler en permanence entre l’urgence humanitaire et une vision à long terme. La réunion de ce lundi a permis d’esquisser des pistes prometteuses : intensification des programmes de formation professionnelle pour les jeunes, soutien accru aux coopératives agricoles locales et un plaidoyer continu pour une levée progressive et conditionnelle des sanctions régionales.

Un horizon d’espoir dans un Sahel tourmenté : Le Niger avance

À Niamey, où le fleuve Niger coule paresseusement sous un ciel d’azur, cette visite onusienne résonne comme une bouffée d’optimisme. Pour Ali Mahamane Lamine Zeine, cet échange est une validation des efforts inlassables d’un gouvernement décidé à redonner espoir et dignité à ses 26 millions d’habitants. Pour Leonard Santos Simão et Djanabou Mahondé, c’est une occasion de réaffirmer que le Niger n’est pas seul face à ses épreuves. Dans un Sahel secoué par les crises et les défis sécuritaires, cette coopération, tissée de pragmatisme et de solidarité, éclaire un chemin vers la stabilité et le développement durable.

Alors que les échos de cette rencontre se dissipent dans les ruelles animées de la capitale, une certitude demeure : le Niger, porté par une vision audacieuse et des partenaires internationaux engagés, s’écrit un avenir où les défis ne sont pas des murs infranchissables, mais des tremplins vers un progrès résilient et durable.

Un pacte énergétique scelle l’avenir du Niger et du Mali à Niamey

AES : Un accord énergétique majeur scelle l’union entre le Niger et le Mali

Niamey, 16 mai 2025 – Dans l’enceinte solennelle du cabinet du Premier Ministre nigérien, une page décisive de la coopération sahélienne s’est écrite ce vendredi matin. Ali Mahaman Lamine Zeine, Premier Ministre et Ministre de l’Économie et des Finances du Niger, a accueilli avec une poignée de main chaleureuse et ferme une importante délégation malienne emmenée par Moussa Alassane Diallo, Ministre de l’Industrie et du Commerce du Mali. À l’ordre du jour de cette rencontre bilatérale : un ambitieux partenariat énergétique visant à garantir un approvisionnement stable et sécurisé en produits pétroliers pour les régions septentrionales du Mali, souvent asphyxiées par leur isolement géographique et les contraintes sécuritaires.

Cette rencontre de haut niveau, tenue sous les auspices de l’Alliance des États du Sahel (AES), illustre ainsi une volonté farouche et concrète de tisser des liens économiques solides et stratégiques entre ces nations voisines, unies par des défis communs et une vision partagée de souveraineté régionale.

La route du pétrole pour le Nord du Mali : les détails d’un accord vital

Dès le mercredi 14 mai, les discussions techniques avaient pris racine à Niamey. Pendant deux jours, des concertations marathon ont réuni, sous la houlette des ministres nigériens du Pétrole, Dr Sahabi Oumarou, et du Commerce, Abdoulaye Saidou, des experts de la Société nigérienne de pétrole (SONIDEP) et des opérateurs économiques maliens concernés. L’objectif principal de ces échanges approfondis ? Ériger un mécanisme robuste, fiable et durable d’approvisionnement en hydrocarbures, avec une date d’échéance fixée au 31 décembre 2025 pour sa mise en œuvre.

« Nous avons trouvé un terrain d’entente solide sur les volumes à fournir et les tarifs applicables, jetant ainsi les bases d’un contrat formel et pérenne », a révélé M. Diallo à la presse à l’issue de la rencontre, le ton empreint d’optimisme et de satisfaction. Ce dispositif stratégique, qui s’étendra sur les années 2026, 2027 et 2028, ambitionne clairement de conjurer les pénuries récurrentes et handicapantes qui paralysent fréquemment l’économie malienne, notamment dans ses confins nordiques, les plus difficiles d’accès.

Le Mali, pays enclavé et vaste, souffre en effet d’une dépendance chronique aux routes et aux infrastructures de transport de ses voisins pour satisfaire ses besoins énergétiques vitaux. Le Niger, fort de son oléoduc Agadem-Cotonou, opérationnel depuis novembre 2023 et représentant une infrastructure majeure pour le pays, se mue désormais en partenaire stratégique régional pour Bamako.

Si cette infrastructure vise principalement l’exportation de pétrole brut vers les marchés internationaux via le port de Cotonou, des voies terrestres dédiées pourraient bientôt acheminer le pétrole raffiné nigérien vers Bamako et les régions maliennes, renforçant ainsi la sécurité énergétique de l’ensemble de la zone.

Au-delà du pétrole : vers une intégration économique approfondie de l’AES

Mais l’ambition de l’AES ne s’arrête pas aux seuls barils de pétrole ou aux contrats d’approvisionnement. Lors de cet échange bilatéral, qui s’est conclu sur une note très positive, M. Diallo a esquissé un dessein bien plus vaste : une intégration économique approfondie et accélérée au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). « Nous œuvrons activement à intensifier les échanges commerciaux entre nos pays, à façonner un marché régional stable et dynamique, et à fluidifier durablement la circulation des biens et des personnes à l’intérieur de l’AES », a-t-il déclaré, soulignant ainsi l’aspiration commune à un développement durable, inclusif et endogène pour les peuples sahéliens.

Cette nouvelle dynamique s’inscrit naturellement dans le sillage des décisions audacieuses prises par les chefs d’État de l’AES – Niger, Mali et Burkina Faso –, qui, depuis leur retrait de la CEDEAO en janvier 2025, misent résolument sur une solidarité régionale renforcée et une coopération poussée pour défier les vents contraires et les pressions extérieures.

Présent à cette audience symboliquement forte, le Premier ministre Zeine, figure clé de la transition nigérienne depuis le coup d’État de juillet 2023, incarne parfaitement cette quête de souveraineté et d’intégration régionale. En présence des ministres Oumarou et Saidou, il a réaffirmé l’engagement total et le soutien du Niger à ses « frères maliens », un message de solidarité relayé avec gravité lors d’une allocution télévisée prévue pour informer la nation.

Solidarité et espoir énergétique: un signal fort de l’AES face à l’adversité

En guise d’épilogue de cette visite jugée très fructueuse, M. Diallo a tenu à saluer chaleureusement l’hospitalité et l’engagement nigériens. « Je rends grâce au général Abdourahamane Tchiani, président du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie et au Premier ministre Zeine pour avoir rendu possible cette visite de deux jours à Niamey, riche en discussions et en promesses concrètes », a-t-il confié à la presse, le regard clairement tourné vers un avenir de coopération fructueuse et mutuellement bénéfique entre les deux pays.

Ce rendez-vous stratégique, qui a mobilisé les plus hautes sphères des deux gouvernements, résonne donc comme un signal fort envoyé à la sous-région et au monde : dans un Sahel tourmenté par les crises et l’insécurité, l’union et la solidarité font la force et ouvrent de nouvelles perspectives.

À Niamey, où les espoirs d’une énergie fiable et continue vacillent encore trop souvent au gré des coupures et des délestages, cet accord bilatéral suscite une véritable lueur d’optimisme parmi la population. Si les mots et les engagements pris se traduisent rapidement en actes concrets sur le terrain, les 25 millions de Nigériens et Maliens pourraient bientôt entrevoir des jours plus prospères, portés par une alliance régionale qui refuse de plier face à l’adversité et choisit la voie de la coopération énergétique endogène pour son développement.

Nouakchott : L’ex-président Aziz face à une condamnation historique de 15 ans

Verdict historique en Mauritanie : L’ex-président Aziz condamné à 15 ans de prison pour corruption

Nouakchott, 16 mai 2025 — Dans une salle d’audience tendue de la capitale mauritanienne, un verdict retentissant a scellé le destin de Mohamed Ould Abdel Aziz, ancien président de la Mauritanie. Le 14 mai dernier, la Cour d’appel de Nouakchott a prononcé une peine de 15 ans de prison ferme et une amende de 3 millions de dollars à l’encontre de l’ex-homme fort du pays, reconnu coupable d’abus de pouvoir, d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent. Cette sentence, qui alourdit considérablement les cinq ans infligés en première instance le 4 décembre 2023, marque ainsi un tournant majeur dans l’histoire judiciaire d’une nation où la lutte contre la corruption prend désormais un visage inédit et public.

De la présidence à la prison : au cœur du système de corruption présumé à Nouakchott

À 68 ans, celui qui a dirigé la Mauritanie d’une main de fer de 2008 à 2019, après avoir orchestré un coup d’État sans effusion de sang en 2008, incarne désormais la disgrâce. Les enquêteurs estiment qu’Aziz aurait amassé une fortune colossale de plus de 70 millions de dollars durant son règne, via un réseau sophistiqué de sociétés écrans et de comptes offshore, souvent lié à des contrats publics et des transactions immobilières douteuses. Lors de l’audience du 14 mai, retransmise partiellement par des médias locaux, le procureur Sidi Mohamed Ould Di Ould Moulay a dépeint un système où « la présidence s’est muée en outil de chantage contre les investisseurs étrangers et nationaux ».

L’opération judiciaire d’envergure, entamée dès août 2020 par une commission d’enquête parlementaire, a mis au jour de vastes malversations touchant notamment les revenus pétroliers, la vente de biens publics stratégiques et les activités d’une firme chinoise de pêche ayant bénéficié de faveurs. Aziz, apparu impassible à l’annonce du verdict, voit également ses actifs mal acquis confisqués et ses droits civiques révoqués pour l’avenir. Son gendre, impliqué dans l’affaire pour trafic d’influence, écope quant à lui de deux ans de prison, tandis que six autres hauts responsables de son régime ont été blanchis dans ce procès.

Un procès sous haute tension à Nouakchott : entre règlement de comptes et espoir de justice

Ce jugement en appel, fruit d’un long et complexe marathon judiciaire débuté en première instance en janvier 2023 et conclu après un appel déposé en avril 2025, divise profondément l’opinion publique mauritanienne et internationale. Pour les avocats d’Aziz, comme Maître Mohameden Ichidou, la sentence reflète clairement « une instrumentalisation de la justice par l’exécutif » dans ce qu’ils qualifient de simples règlements de comptes politiques avec l’actuel président, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Jadis alliés et proches collaborateurs, les deux hommes se sont brouillés après la passation de pouvoir en 2019, première transition pacifique de l’histoire récente dans un pays pourtant coutumier des coups d’État militaires. Aziz, qui ambitionnait secrètement de reprendre les rênes du parti au pouvoir, l’Union pour la République, a vu ses aspirations politiques brisées par cette enquête et ce procès.

En face, Brahim Ebety, avocat de l’État partie civile, salue au contraire une décision courageuse qui « établit sans ambiguïté la culpabilité d’un président ayant sciemment pillé les ressources nationales au détriment de son peuple ».

Dans un pays classé 130ᵉ sur 180 au Corruption Perceptions Index 2022 et où plus de 60 % de la population vit encore sous le seuil de pauvreté selon les données de l’ONU, ce procès résonne donc comme un espoir de justice et de reddition de comptes, mais aussi comme un miroir cruel des inégalités socio-économiques persistantes.

Une onde de choc au-delà des frontières : quel avenir pour la Mauritanie ?

Ce verdict sévère, rare pour un ancien chef d’État africain jugé pour corruption et non pour crimes de sang ou politiques, attire inévitablement les regards bien au-delà des frontières mauritaniennes. La dissolution ordonnée de la fondation Errahma, dirigée par le fils d’Aziz, et la saisie spectaculaire de 41 milliards d’ouguiyas (soit environ 100 millions de dollars) d’actifs, dont plus de la moitié lui est directement attribuée, renforcent considérablement la portée symbolique de l’affaire en matière de lutte contre les biens mal acquis.

L’équipe de défense d’Aziz, qui a déjà annoncé son intention de saisir la Cour suprême pour épuiser tous les recours possibles, dénonce par ailleurs des conditions de détention jugées « inhumaines » pour l’ancien président, incarcéré depuis janvier 2023.

Alors que Nouakchott s’éveille en ce matin du 16 mai, l’écho de ce jugement historique résonne encore dans les ruelles sablonneuses de la médina comme dans les salons feutrés du pouvoir et des affaires. Pour beaucoup de Mauritaniens, ce verdict incarne enfin une justice qui ose défier les puissants et mettre fin à l’impunité, mais pour d’autres, il reflète avant tout les luttes fratricides et impitoyables au sein d’une élite politique et économique.

Dans ce pays potentiellement riche en minerais et en gisements de gaz offshore, où une jeunesse désabusée rêve souvent d’Europe face à un avenir national incertain, l’affaire Aziz pose désormais une question lancinante et essentielle : la Mauritanie saura-t-elle véritablement transformer ce précédent judiciaire en un rempart solide et durable contre la corruption à tous les niveaux ? L’histoire, comme le vaste désert qui couvre le pays, attend patientement son verdict final.

Niamey : les syndicats du Niger haussent le ton pour une justice sociale

Niger : coup de semonce social contre le CNSP, les syndicats réclament dialogue et inclusion

Niamey, 16 mai 2025 – Dans un Niger en quête de renouveau sous la houlette du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), les centrales syndicales – ATN, CDTN, CTN et ITN – ont conjointement sonné l’alarme. Le 15 mai dernier, ces organisations représentant une part significative des travailleurs nigériens ont officiellement sollicité une audience urgente auprès du général Abdourahamane Tchiani, président du CNSP, afin d’aborder une série de revendications sociales brûlantes. En outre, dans une déclaration publique, elles dénoncent également avec force leur exclusion notable du Conseil Consultatif de la Refondation (CCR), un organe pourtant censé incarner l’inclusivité et la représentativité de toutes les forces vives de la nation. Ce cri du cœur, porté par des milliers de travailleurs à travers le pays, résonne ainsi comme un appel pressant à redessiner les contours d’un État plus équitable et plus juste.

Urgence sociale : Le cahier de doléances brûlant des travailleurs nigériens

Les syndicats, représentant des dizaines de milliers de fonctionnaires et de travailleurs du secteur privé, placent ainsi des dossiers cruciaux sur la table des négociations qu’ils appellent de leurs vœux. Au cœur de leurs préoccupations principales figurent l’élaboration et la mise en place d’un régime indemnitaire juste et équitable pour l’ensemble des agents de l’État, le paiement rapide des arriérés liés aux avancements et reclassements de carrière accumulés, et l’instauration d’une indemnité spéciale spécifique pour les départs à la retraite afin de garantir une fin de carrière digne.

Ils exigent également un recrutement massif et urgent dans la fonction publique pour pallier les manques criants, la fin de la contractualisation précaire qui fragilise les travailleurs, une revalorisation significative du point indiciaire et du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) face à l’inflation galopante, ainsi que l’adoption sans délai du décret d’application tant attendu du Statut Général de la Fonction Publique.

Ces revendications, formulées avec clarté lors d’une réunion des centrales à Niamey, reflètent indéniablement les frustrations profondes et légitimes d’une main-d’œuvre confrontée quotidiennement à l’inflation, à la stagnation des salaires et à la précarité. « Les travailleurs sont le socle et le moteur de la nation. » « Ignorer leurs droits, c’est fragiliser dangereusement les bases de la refondation que nous appelons de nos vœux », a martelé un représentant de la CDTN, dans une interview accordée au média L’Enquêteur Niger le 15 mai. Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023, qui a porté le CNSP au pouvoir, les syndicats espéraient en effet un dialogue social renforcé et constructif, mais les avancées concrètes en la matière tardent malheureusement.

Exclu de la Refondation : L’affront qui ne passe pas chez les syndicats

Un grief majeur et symboliquement fort alimente particulièrement la colère syndicale : l’absence totale de représentation des centrales syndicales dans le Conseil Consultatif de la Refondation (CCR), cet organe créé en septembre 2023 pour guider et orienter la transition post-coup d’État. Ce cadre, pourtant destiné à rassembler l’ensemble des partis politiques, de la société civile organisée et des forces vives de la nation, exclut purement et simplement les centrales syndicales, une omission perçue à juste titre comme un affront majeur et inacceptable par les organisations de travailleurs.

« Comment prétend-on bâtir une refondation nationale véritablement inclusive sans associer les voix et l’expertise des travailleurs, qui constituent la majorité de la population active ? » s’indigne un communiqué conjoint cinglant publié par les centrales le 15 mai. Les syndicats, forts de leur héritage militant et de leur rôle historique – notamment à travers l’Union des Syndicats des Travailleurs du Niger (USTN), célébrée pour ses 60 ans d’existence en 2020 – exigent désormais un siège légitime au sein du CCR afin de pouvoir peser sur les réformes en cours et à venir.

Cette exclusion actuelle contraste vivement avec l’histoire riche et le rôle central du syndicalisme nigérien, qui, dès les années 1940, a joué un rôle clé et déterminant dans la lutte pour la décolonisation et l’émancipation nationale. L’Union Générale des Travailleurs d’Afrique Noire (UGTAN), fondée en 1957, avait à l’époque fédéré les aspirations profondes à l’autonomie et à la justice sociale. Aujourd’hui, les centrales ATN, CDTN, CTN et ITN revendiquent légitimement cet héritage historique et cette légitimité pour réclamer leur place légitime et active dans la construction du Niger de demain.

Dialogue sous haute tension : Le CNSP face aux revendications et à l’attente d’une réponse

L’audience demandée officiellement au général Tchiani, dont la réponse est attendue d’ici au 20 mai selon des sources proches du CNSP, pourrait effectivement marquer un tournant décisif dans le dialogue social du pays. Cependant, les syndicats, qui représentent tout de même 70 % des fonctionnaires selon des estimations récentes datant de 2024, déplorent déjà un dialogue en pointillés, insuffisant et peu constructif depuis l’arrivée du CNSP au pouvoir.

À Niamey, où les marchés bouillonnent d’activité et les taxis klaxonnent dans un trafic incessant, les travailleurs attendent désormais des réponses claires et des actions concrètes. La mobilisation syndicale actuelle ne traduit pas seulement un ras-le-bol face aux difficultés économiques, mais aussi un profond espoir : celui d’un Niger où le labeur de chacun est reconnu et justement récompensé. Si le CNSP accepte enfin l’audience et s’engage dans de véritables négociations, cela pourrait contribuer à apaiser les tensions sociales latentes. Dans le cas contraire, les centrales, rompues aux luttes historiques et déterminées, pourraient durcir leur ton et envisager des actions plus directes.

Dans ce pays d’environ 26 millions d’âmes, où une jeunesse nombreuse aspire légitimement à un avenir stable, prospère et juste, les syndicats rappellent avec force une vérité intemporelle : il ne peut y avoir de véritable refondation de la nation sans justice sociale pour l’ensemble des citoyens.

À l’heure où le Niger cherche laborieusement sa voie vers la stabilité et le développement, l’écoute attentive et sincère des travailleurs pourrait bien être la clé d’une transition réussie et apaisée. Niamey retient son souffle, et l’histoire, comme toujours dans les moments charnières, observe attentivement l’évolution de la situation.

Wuhan 2025 : L’Intelligence Artificielle redessine le futur de l’éducation mondiale

Wuhan, épicentre de l’éducation réinventée : la Conférence mondiale 2025 dessine l’avenir numérique

Wuhan, 16 mai 2025 – Sous les voûtes modernes et imposantes du Centre international des congrès de Wuhan, la World Digital Education Conference 2025 a déployé ses ambitions dès le 14 mai, réunissant un parterre impressionnant de 600 experts et visionnaires venus des quatre coins du globe. Co-orchestrée par le ministère chinois de l’Éducation, le Secrétariat de la Commission nationale pour l’UNESCO et les autorités de la province du Hubei, cette rencontre internationale majeure, qui s’achève ce vendredi 16 mai, s’est donnée pour mission cruciale d’esquisser les contours d’une éducation profondément transformée par l’intelligence artificielle (IA). Sous le thème central « Développement et transformation de l’éducation à l’ère de l’intelligence artificielle », l’événement a vibré au rythme de débats audacieux, d’échanges fructueux et de visions résolument prospectives.

La World Digital Education Conference 2025 à Wuhan a réuni 600 experts mondiaux pour débattre de l'impact de l'Intelligence Artificielle
© La World Digital Education Conference 2025 à Wuhan a réuni 600 experts mondiaux pour débattre de l'impact de l'Intelligence Artificielle
Un sommet mondial pour repenser l’éducation face à l’IA

L’inauguration officielle, présidée par le Vice-Premier Ministre chinois Ding Xuexiang, a véritablement donné le ton des travaux. Dans un discours inaugural marquant, il a appelé avec force à une « éducation numérique plus équitable, plus intelligente et accessible à tous », soulignant ainsi l’urgence d’accélérer l’application concrète du Pacte numérique mondial des Nations unies à l’échelle planétaire. Plus de 600 participants – incluant des Ministres de l’Éducation, des recteurs d’universités prestigieuses, des pédagogues innovants, des représentants d’organisations internationales clés comme l’UNESCO et l’OCDE, et des innovateurs technologiques de pointe – ont convergé vers Wuhan précisément pour explorer comment l’IA, le big data et l’apprentissage automatique (machine learning) peuvent redéfinir en profondeur les paradigmes éducatifs traditionnels.

Les nombreuses sessions thématiques, rythmées par des interventions de haut vol et des présentations de recherche, ont abordé des enjeux cruciaux pour l’avenir de l’apprentissage : l’avenir des plateformes d’apprentissage numérique, la réduction de la fracture numérique persistante qui marginalise encore 258 millions d’enfants privés d’éducation, selon des chiffres alarmants de l’UNESCO, et l’intégration éthique et responsable de l’IA dans les salles de classe du monde entier. Un moment fort de la conférence fut sans conteste l’exposition des réalisations en éducation numérique, ouverte dès le 14 mai, où des innovations fascinantes comme des poissons robotisés propulsés par l’IA et des applications interactives immersives ont captivé les visiteurs, illustrant de manière concrète le mariage fertile entre technologie de pointe et pédagogie renouvelée.

L’IA : Alliée ou menace pour l’enseignant ? Le débat de Wuhan

Le Ministre chinois de l’Éducation, Huai Jinpeng, a particulièrement capté l’attention de l’audience lors de son allocution remarquée. « L’humanité traverse actuellement une révolution sans précédent où l’IA redessine fondamentalement les contours de l’apprentissage », a-t-il déclaré avec conviction, tout en insistant néanmoins sur la nécessité d’un équilibre délicat et réfléchi dans son intégration. « L’IA doit impérativement être un levier puissant pour les enseignants, jamais leur simple succédané ou leur remplaçant », a-t-il martelé.

Ses mots forts ont résonné longuement dans les nombreux panels de discussion, où experts et éducateurs du monde entier ont débattu avec passion des promesses immenses, mais aussi des périls potentiels de l’automatisation croissante dans le domaine éducatif. Les discussions ont ainsi mis en lumière des outils prometteurs comme les tuteurs intelligents, capables de personnaliser l’apprentissage à grande échelle, mais également les risques inhérents de biais algorithmiques, d’une dépendance excessive à la technologie et d’une possible déshumanisation de la relation pédagogique.

Un atelier très animé, organisé par l’Université de Wuhan le 15 mai, a spécifiquement exploré la refonte des systèmes d’enseignement supérieur via l’intégration de l’IA, avec un accent particulier mis sur la formation continue et initiale des enseignants. « Les éducateurs doivent être formés pour maîtriser ces nouveaux outils technologiques, tout en conservant et en cultivant une pensée critique essentielle chez leurs élèves », a plaidé notamment une professeure de l’Université normale de Pékin, partenaire d’un projet de recherche ambitieux avec l’IIPE-UNESCO (Institut international de planification de l’éducation) lancé en janvier 2025. Ce projet, qui analyse en profondeur l’intégration de l’IA dans la planification éducative, a grandement nourri les échanges sur l’évolution nécessaire des compétences numériques et pédagogiques des enseignants à l’ère de l’IA.

La World Digital Education Conference 2025 à Wuhan a réuni 600 experts mondiaux pour débattre de l'impact de l'Intelligence Artificielle
© La World Digital Education Conference 2025 à Wuhan a réuni 600 experts mondiaux pour débattre de l'impact de l'Intelligence Artificielle
Réduire la fracture numérique : L’impératif d’une éducation IA inclusive

La conférence n’a bien évidemment pas éludé les défis majeurs liés à l’équité dans l’accès à l’éducation numérique et à l’IA. Simona-Mirela Miculescu, présidente de la 42ᵉ Conférence générale de l’UNESCO, a fermement rappelé que « l’éducation numérique doit absolument inclure les plus vulnérables : les filles, les personnes handicapées et les communautés marginalisées ou vivant dans des zones reculées ». Des rapports percutants présentés par la délégation chinoise ont révélé des avancées encourageantes dans la coopération internationale, notamment via le développement et la mise à disposition de plateformes d’apprentissage ouvertes et accessibles. Pourtant, l’ensemble des participants ont unanimement reconnu que les infrastructures numériques restent désespérément inégales à travers le monde, particulièrement en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, ce qui constitue un frein majeur à l’équité éducative.

Après Wuhan : tracer la feuille de route de l’éducation IA mondiale

Alors que la conférence touche à sa fin en cette journée du 16 mai, la ville de Wuhan se positionne indéniablement comme un phare de l’innovation éducative numérique sur la scène mondiale. Les engagements forts pris lors de cet événement – à savoir renforcer la coopération internationale, investir massivement dans la formation des enseignants aux outils numériques et à l’IA, et promouvoir une gouvernance éthique et transparente de l’IA dans l’éducation – résonnent fortement comme une feuille de route claire et ambitieuse pour les années à venir. L’exposition, qui continue d’attirer curieux et professionnels, témoigne quant à elle de l’élan considérable et de l’enthousiasme suscités par cet événement de portée mondiale.

Dans un monde dans lequel la technologie galope à un rythme effréné, la World Digital Education Conférence 2025 rappelle avec force une vérité essentielle et intemporelle : l’éducation, même entièrement drapée de circuits, d’algorithmes sophistiqués et de données massives, demeure fondamentalement une entreprise profondément humaine, centrée sur l’interaction et la relation.

À Wuhan, ces trois jours intenses de réflexion et d’échanges ont semé les graines d’un avenir où l’IA, guidée par les principes d’éthique, d’inclusion et d’équité, pourrait bien devenir la meilleure alliée des apprenants comme des enseignants, en ouvrant la voie à de nouvelles formes d’apprentissage et d’enseignement. La balle, désormais, est clairement dans le camp des décideurs mondiaux pour traduire ces visions et ces engagements en actions concrètes qui bénéficieront à tous.

Tillabéry : l’espoir d’une génération entrepreneuse évalué par le Niger et le PNUD

Niger : À Tillabéry, le PNUD et la jeunesse nigérienne façonnent l’avenir de l’entrepreneuriat

Ce 15 mai 2025, la ville de Tillabéry, nichée au cœur d’une région éprouvée par l’insécurité et les défis climatiques, s’est animée d’une ambition nouvelle. Une mission de la Direction Générale de l’Entrepreneuriat des Jeunes (DGEJ), soutenue par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) Niger, a investi la capitale régionale pour évaluer les structures d’appui à l’entrepreneuriat des jeunes. Cette initiative a marqué une étape décisive : une visite au gouverneur de Tillabéry, Ibrahim Tidjani Katiella, suivie d’un atelier de collecte de données à l’Hôtel Tarka. Dans un Niger où les jeunes de 15 à 35 ans représentent plus du tiers de la population, cette mission incarne un pari audacieux : transformer le potentiel de la jeunesse en moteur de croissance inclusive et durable.

Au Niger, une mission DGEJ-PNUD évalue l'écosystème de l'entrepreneuriat jeune à Tillabéry, visant à transformer le potentiel de la jeunesse
© Au Niger, une mission DGEJ-PNUD évalue l'écosystème de l'entrepreneuriat jeune à Tillabéry, visant à transformer le potentiel de la jeunesse
Sur le terrain : une mission concrète au service de la jeunesse de Tillabéry

Concrètement, la délégation, conduite par le directeur général de la DGEJ, M. Issifi Sadou Ibrahim, a débuté sa journée par une audience au gouvernorat de Tillabéry. Le gouverneur Katiella, connu pour son engagement envers le développement local, a salué l’initiative, soulignant l’urgence de soutenir les jeunes entrepreneurs dans une région où 28 % des 15-24 ans sont sans emploi, selon l’Organisation Internationale du Travail. Dans ce contexte difficile, Tillabéry, qui abrite 1,2 million d’habitants et fait face à des attaques récurrentes de groupes armés dans les zones frontalières, voit dans l’entrepreneuriat un levier de stabilisation et de cohésion sociale.

Radiographie de l’appui : l’atelier clé pour accélérer l’entrepreneuriat jeune

Après l’audience, l’atelier, lancé dans la salle de conférence de l’Hôtel Tarka, a réuni 40 participants, dont des responsables de la Maison de l’Entreprise, du Centre Incubateur des Petites et Moyennes Entreprises (CIPMEN) et du Réseau des Structures d’Accompagnement à l’Entrepreneuriat au Niger (RESAEN). Au cours de cet atelier, pendant trois heures, les échanges ont porté sur l’évaluation des mécanismes d’appui : accès au financement, formations et accompagnement des startups. « Nous voulons identifier les forces et les failles pour mieux outiller nos jeunes », a déclaré Issifi Sadou dans un communiqué du ministère de l’Entrepreneariet des Jeunes. Ces informations précieuses alimenteront une stratégie nationale, en lien avec le Cadre Stratégique de Promotion de l’Entrepreneuriat des Jeunes adopté en 2019.

Le PNUD, architecte du succès : financements et programmes qui changent la donne

Dans cette dynamique, il est essentiel de souligner que le PNUD joue un rôle clé dans cette mission. Avec un budget de 15 millions de dollars alloué à l’emploi des jeunes pour 2022-2026, l’organisation soutient des programmes comme Inspire Jeunes et Agri Innovation Challenge, en partenariat avec le CIPMEN. Par exemple, lors de la Semaine Mondiale de l’Entrepreneuriat, le 18 novembre 2024 à Niamey, 10 jeunes entrepreneurs, dont 4 de Tillabéry, ont été primés pour leurs projets dans l’agriculture et le recyclage, recevant des subventions allant de 2 à 10 millions de FCFA.

Le défi du financement à Tillabéry : trouver les clés pour libérer le potentiel

Cependant, à Tillabéry, où 65 % de la population vit de l’agriculture, selon la Banque mondiale, les jeunes entrepreneurs peinent à obtenir des financements, un obstacle majeur identifié lors du forum PNUD. Face à ce constat, la mission a examiné des solutions comme les microcrédits via des institutions locales et des formations en gestion d’entreprise, déjà dispensées à 500 jeunes en 2024 dans la région, selon le rapport annuel du PNUD.

Entre fragilité et potentiel : l’entrepreneuriat, levier d’espoir et de résilience

Dans ce contexte, malgré ces difficultés, Tillabéry, avec ses 5 000 déplacés internes en 2025, selon le HCR, est une région stratégique, mais fragile. C’est pourquoi les projets du PNUD, comme le Programme de Développement de l’Agrobusiness pour la Résilience Socio-Économique (PIDAGRES-JeF), visent à intégrer les jeunes dans des filières porteuses comme le maraîchage et l’élevage. Des exemples concrets ont été partagés, comme le témoignage d’Aïssa, 24 ans, qui, grâce à une formation du CIPMEN en 2024, a lancé une micro-entreprise de transformation de mil à Téra, générant 300 000 FCFA de revenus mensuels.

Un appel fort du gouverneur : vers un fonds régional pour booster l’entrepreneuriat

Fort de ces constats, le gouverneur a appelé à intensifier ces efforts, proposant un fonds régional pour les startups, une idée qui sera soumise au ministère lors d’une restitution prévue le 20 mai 2025 à Niamey. Il a d’ailleurs souligné : « Tillabéry a un potentiel immense, mais il faut des outils adaptés », a-t-il insisté.

Un acte de foi : la jeunesse nigérienne, moteur de l’avenir du pays

Pour conclure, en quittant Tillabéry, la délégation emportait avec elle des données précieuses et un élan renouvelé. Cette mission, plus qu’une évaluation, est un acte de foi en la jeunesse nigérienne. C’est ainsi qu’en plaçant l’entrepreneuriat au cœur de sa stratégie, le Niger, avec le soutien du PNUD, transforme les défis en opportunités. Alors que les conclusions de l’atelier nourriront des politiques nationales, Tillabéry se rêve déjà en terre d’innovation, où chaque jeune peut bâtir son avenir. Un espoir partagé : dans les rues poussiéreuses de la ville, un murmure d’espoir résonne : celui d’une génération prête à écrire l’histoire économique du pays.

Niger : 124 tonnes de Gaz Butane pour illuminer les soins de santé à Niamey, Agadez et au-delà

Niger : une bouffée d’oxygène pour la santé grâce à une collaboration ONU-Gouvernement

Ce 15 mai, une lueur d’espoir a brillé dans les régions les plus reculées du Niger. Lors d’une cérémonie sobre, mais empreinte de détermination à Niamey, le bureau de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) au Niger, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et le ministère de la Santé Publique ont officialisé la livraison de 124 tonnes de gaz butane à des structures sanitaires publiques. Cette dotation, ciblant les régions de Niamey, Agadez, Diffa, Maradi et Tahoua, promet de transformer l’accès aux soins pour des milliers de Nigériens, qu’ils soient résidents ou déplacés. Dans un pays où les crises humanitaires et climatiques mettent le système de santé à rude épreuve, cette initiative, saluée dans un post de OMS Niger, incarne une collaboration exemplaire pour un avenir plus résilient.

Une réponse vitale : comment le gaz butane va révolutionner les soins dans 45 structures.

En effet, la livraison, réceptionnée le 14 mai dans l’entrepôt central du ministère de la Santé à Niamey, vise à combler un déficit énergétique critique dans 45 hôpitaux et centres de santé. Ce gaz est crucial, car il est essentiel pour alimenter les maternités, les cuisines hospitalières, les unités de réanimation et les systèmes de stérilisation, garantissant ainsi des services ininterrompus pendant deux ans dans certaines structures, selon le Dr Mahaman Moustapha, coordinateur de l’OMS Niger. Dans ce contexte, particulièrement dans des régions comme Diffa, qui accueille 280 000 déplacés internes et réfugiés en 2025 selon le HCR, et Agadez, carrefour migratoire, ces équipements sont vitaux pour répondre à une demande croissante.

Niger, gaz butane : face aux multiples crises, chaque geste compte pour la santé

Ces besoins s’inscrivent dans le contexte dans lequel le Niger, où 4,8 millions de personnes nécessitent une aide humanitaire en 2025, selon l’OCHA, fait face à des défis colossaux : insécurité dans le bassin du Lac Tchad, inondations saisonnières et sécheresses. Pour illustrer, à Maradi, par exemple, l’hôpital régional a vu ses admissions en maternité augmenter de 20 % en 2024, selon le ministère de la Santé. Ainsi, le gaz butane permettra de maintenir des conditions d’hygiène optimales et de sauver des vies, notamment lors d’accouchements à risque, qui représentent 30 % des cas dans les zones rurales.

1,2 milliard FCFA : Le Prix de la Synergie ONU-Gouvernement pour la Santé

Pour répondre à ces besoins, l’initiative est financée à hauteur de 1,2 milliard de FCFA par le HCR et l’OMS, illustrant une synergie remarquable. C’est ainsi que le HCR, qui gère 12 camps de réfugiés à Diffa et Tahoua, a priorisé l’intégration des déplacés dans les systèmes de santé locaux, évitant la création de structures parallèles. « Cette approche renforce la résilience des communautés hôtes et des réfugiés », a déclaré Alessandra Morelli, représentante du HCR au Niger, lors de la cérémonie retransmise par la télévision nationale. De son côté, le ministère, sous la direction du Dr Idi Illiassou Maïnassara, a coordonné la distribution, assurant une répartition équitable entre les cinq régions.

Expertise et formation : le rôle crucial de l’OMS pour la pérennité de l’initiative

L’OMS, quant à elle, a fourni une expertise technique pour équiper les unités de stérilisation et former 150 agents de santé à l’utilisation du gaz butane, un programme lancé le 10 mai à Tahoua. Elle s’inscrit dans la continuité d’actions antérieures, comme la campagne de vaccination contre la méningite menée du 13 au 19 mai dans Dogondoutchi et Zinder, soutenue par l’OMS et l’UNICEF.

Malgré les défis, la santé reste une priorité d’espoir au Niger

Néanmoins, au Niger, malgré de nombreux bouleversements, le système de santé reste une priorité, avec un budget de 10 % du PIB en 2025, selon la Banque mondiale. Il est à noter que les régions ciblées – Niamey, Agadez, Diffa, Maradi et Tahoua – concentrent 60 % des 1,1 million de déplacés internes et de réfugiés, selon le HCR. Dans ces zones, par exemple, le centre de santé de Sayam Forage, qui dessert 15 000 personnes, dépend du gaz pour stériliser les équipements, une nécessité accrue par les épidémies de choléra signalées en 2024.

Au-delà du don : une promesse de résilience et d’espoir pour tous les Nigériens

En somme, les 124 tonnes de gaz butane ne sont pas qu’un don matériel : elles sont un symbole de solidarité et de résilience. Concrètement, à Maradi, une sage-femme pourra accueillir une mère en toute sécurité ; à Agadez, un chirurgien stérilisera ses instruments avec assurance. Cette initiative, fruit d’une collaboration entre le HCR, l’OMS et le Niger, pave la voie à un système de santé plus robuste, où chaque patient, qu’il soit résident ou déplacé, trouve sa place. Ce faisant, alors que les camions de distribution s’élancent vers Diffa et Tahoua, le Niger écrit une page d’espoir, prouvant que, même dans l’adversité, l’union fait la force.

Niger-PAM : une alliance résolue pour transformer l’agriculture et forger la résilience

Niamey : Le Niger et le PAM s’engagent pour une agriculture durable et la résilience face à la faim

Niamey, 14 mai 2025 — Aujourd’hui, Niamey a été le théâtre d’un échange porteur d’espoir et de pragmatisme. Dans les salons feutrés de la Primature, Ali Mahaman Zeine, Premier ministre et ministre de l’Économie et des Finances, a accueilli une délégation du Programme Alimentaire Mondial (PAM), conduite par Stanlake Samkange, directeur des partenariats multilatéraux et des programmes pays. Cette rencontre, loin d’être un simple rituel diplomatique, a marqué un tournant décisif dans la coopération entre le Niger et le PAM, avec un objectif clair : transcender l’aide humanitaire d’urgence pour bâtir des solutions durables, ancrées dans l’agriculture et la résilience des communautés. Dans un pays où la faim et les chocs climatiques pèsent lourd, cette ambition résonne comme une promesse de renouveau.

Au-delà de l’urgence : la nouvelle vision du PAM pour un Niger résilient

Quelle est cette nouvelle vision ? Stanlake Samkange, avec une conviction palpable, a précisément dévoilé la nouvelle feuille de route du PAM pour le Niger. « Nous ne pouvons pas nous contenter d’une aide humanitaire perpétuelle », a-t-il déclaré, plaidant pour une réorientation stratégique claire vers des initiatives à long terme. Le PAM, plus grande agence mondiale de lutte contre la faim, entend désormais accompagner le Niger dans ses objectifs de développement, en misant sur deux leviers majeurs : l’augmentation de la production agricole et le renforcement de la résilience des communautés face aux crises récurrentes. Cette vision s’aligne d’ailleurs parfaitement avec le Plan de Soutien à la Sauvegarde de la Patrie (PRSP) du gouvernement nigérien, qui, selon la Banque mondiale, devrait être adopté en 2025 pour stimuler la croissance économique.

Le Niger, où 80 % de la population dépend de l’agriculture pour survivre, selon la Banque mondiale, fait face à des défis colossaux : sécheresses récurrentes, dégradation des sols et insécurité alimentaire chronique. En 2025, l’ONU estime que 4,8 millions de Nigériens, soit 18,31 % de la population, nécessiteront une aide humanitaire, avec 2,2 millions confrontés à une insécurité alimentaire sévère entre juin et août. Face à cette réalité, le PAM propose une approche novatrice, axée sur la restauration des terres, le développement d’infrastructures agricoles et l’accès à des techniques modernes, comme l’irrigation à petite échelle, déjà expérimentée avec succès via le Niger Irrigation Project financé par le Fonds d’Investissement Climatique.

Des projets concrets pour l’avenir : investir dans l’agriculture durable et la résilience

La rencontre a précisément mis en lumière des projets concrets pour incarner cette vision. Le PAM, qui a distribué 64 000 tonnes de vivres à 1,9 million de personnes au Niger en 2024, selon son rapport annuel, souhaite désormais investir résolument dans des initiatives structurelles. À titre d’exemple, la restauration des terres, par des techniques comme les demi-lunes et les zai, a permis de régénérer 91 000 hectares dans le cadre du partenariat avec le Millennium Challenge Corporation (MCC). Ces efforts, combinés à des formations sur l’agriculture climato-intelligente, visent à doubler la productivité des petits agriculteurs d’ici à 2030, en écho aux Objectifs de Développement Durable.

Le développement d’infrastructures, comme les systèmes d’irrigation solaire testés dans la région de Dosso avec le soutien de l’UNOPS, est une autre priorité majeure. Ces technologies, qui ont boosté les rendements de 30 % dans certaines communes, réduisent la dépendance à la pluie et renforcent la sécurité alimentaire. Samkange a également évoqué la collaboration avec des organisations locales, comme l’Initiative 3N (« Les Nigériens Nourrissent les Nigériens »), pour promouvoir des filières agricoles résilientes, telles que le niébé, les petits ruminants et la volaille, qui emploient des milliers de femmes et de jeunes.

Dans un contexte complexe : défis nationaux et volonté d’autosuffisance

Cette annonce intervient dans un Niger en pleine transition. Depuis le coup d’État de juillet 2023, le pays, désormais membre de l’Alliance des États du Sahel avec le Mali et le Burkina Faso, cherche à affirmer sa souveraineté économique. Malgré une croissance projetée à 7,4 % en 2025, portée par l’exploitation pétrolière et une agriculture résiliente, l’insécurité dans les régions de Tillabéri et Diffa, où vivent près d’un million de déplacés, complique les efforts. Dans ce contexte complexe, le PAM qui opère dans ces zones via des corridors humanitaires, s’appuie sur des partenariats solides avec l’UNICEF et des ONG locales, comme dans le projet de résilience à Diffa (2020-2023), qui a renforcé l’accès à l’éducation et à l’eau potable pour 10 000 ménages.

Le Premier ministre Zeine, salué pour son pragmatisme économique, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à collaborer étroitement avec le PAM. Lors d’une audience similaire en janvier 2024, il avait félicité l’organisation pour son soutien, notamment via des distributions alimentaires d’urgence. Cette fois, l’accent mis résolument sur la durabilité reflète une volonté commune de sortir durablement du cycle de l’assistance pour bâtir une autosuffisance alimentaire pérenne. Cette volonté commune de bâtir une autosuffisance alimentaire est manifeste.

Un avenir cultivé : L’alliance PAM-Niger pour un développement durable

En somme, la rencontre de cette journée entre Zeine et Samkange n’est pas qu’un échange protocolaire : c’est un engagement ferme pour transformer le Niger. En plaçant l’agriculture et la résilience au cœur de leur partenariat, le PAM et le gouvernement nigérien dessinent un avenir dans lequel les champs reverdissent, où les communautés prospèrent et où la faim recule de manière significative. Alors que les discussions se prolongent à Niamey, un message résonne : le Niger, porté par la détermination de ses leaders et le soutien de ses partenaires, est prêt à relever le défi d’un développement durable et autonome. Que cette alliance soit le ferment d’une nation plus forte, où chaque Nigérien peut cultiver, non seulement la terre, mais aussi ses rêves.