Bamako, 11 décembre 2025 – Sous un soleil éclatant, le Palais de Koulouba a vécu le jeudi une cérémonie hautement symbolique : le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, a officiellement inauguré deux places publiques rebaptisées « Mali Cɛbaw » (les Grands Hommes du Mali) et « Mali Kɛlɛmasaw » (les Chefs de guerre du Mali).
« Mali Cɛbaw » et « Mali Kɛlɛmasaw » : rupture avec le passé colonial
L’ancienne « Place des Explorateurs » et l’ex-« Place des Gouverneurs du Soudan français » appartiennent désormais au passé. Devant un parterre comprenant le Premier ministre Abdoulaye Maïga, le chef du gouvernement nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine (en visite officielle), l’ambassadeur du Burkina Faso et plusieurs membres du gouvernement, le Chef de l’État a procédé au dévoilement des nouvelles stèles en présence d’une foule nombreuse et de griots reprenant les épopées des héros célébrés.
Ces deux espaces, situés au cœur du quartier administratif historique, rendront désormais hommage aux grandes figures précoloniales, résistantes et fondatrices de la nation malienne, jusque-là éclipsées par les dénominations héritées de l’époque coloniale.
« Mali Cɛbaw » et « Mali Kɛlɛmasaw » : un acte de refondation symbolique
Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a replacé l’événement dans son contexte politique :
« Comme le disait le grand griot Banzoumana Sissoko : “Maliba kera an ta ye” (le Grand Mali est redevenu nôtre). Aujourd’hui, donc, nous réparons une injustice historique. Ces places ne célèbreront plus ceux qui nous ont colonisés, mais ceux qui nous ont défendus et construits. »
Le changement de nom s’appuie sur le décret n°2025-0117/PT-RM du 21 février 2025 qui a officiellement acté la nouvelle identité de plusieurs espaces publics à travers le pays. Koulouba n’est que la première étape d’un vaste programme de « refondation symbolique » voulu par la Transition.
Figures historiques gravées dans le marbre
À titre d’exemple, les futures plaques et statues mettront à l’honneur, pour la Place Mali Cɛbaw, des personnalités telles que Soundiata Keïta, Firhoun Ag Alinsar, Babemba Traoré ou encore Samory Touré ; la Place Mali Kɛlɛmasaw célébrera quant à elle les grands chefs militaires de la résistance anticoloniale.
La cérémonie s’est achevée par une parade des forces armées et une prestation des griots qui ont, pendant près de trente minutes, rappelé les hauts faits des ancêtres sous les applaudissements nourris de la foule.
Avec cette double inauguration, le régime de la Transition marque une nouvelle fois sa volonté de rompre définitivement avec les symboles du passé colonial et d’offrir à la jeunesse malienne des « repères de dignité et de fierté », selon les mots du ministre Mamou Daffé.
Bamako, 11 décembre 2025 – C’est fait. le jeudi après-midi au Palais de Koulouba, le Président de la Confédération des États du Sahel, le Colonel Assimi Goïta, a reçu les trois ministres des Finances de l’Alliance qui lui ont remis, symboliquement, les statuts fraîchement signés de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES).
Autour de la table se trouvaient le Malien Alousséni Sanou, le Burkinabè Aboubakar Nacanabo et le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine. Les trois hommes ont bouclé, dès ce matin, la dernière ligne droite technique d’un chantier lancé il y a plus d’un an.
« Nous venons de signer les statuts de la banque. C’est l’acte de naissance officiel de la BCID-AES », a déclaré le Dr Nacanabo, porte-parole de la délégation, à la sortie de l’audience présidentielle. Il a précisé les avancées concrètes : « Le capital social est validé, une première tranche déjà libérée par les trois États, et le mécanisme de prélèvement confédéral est acté pour l’alimenter durablement. »
Un outil au service de la souveraineté et du peuple
Concrètement, la BCID-AES deviendra le bras armé financier des trois pays pour financer, sans tutelle extérieure, les ambitieux projets qui changent la vie : routes transfrontalières, désenclavement des zones rurales, interconnexions électriques, sécurité alimentaire, agro-industrie et énergie.
De plus, elle accompagnera également des entreprises privées dès lors que l’un des États membres parrainera leurs projets et les inscrira dans les priorités nationales.
« Les orientations du Président Goïta sont claires : des projets à fort impact populaire, qui renforcent notre souveraineté et qui profitent directement aux 90 millions de citoyens de l’AES », a résumé le ministre burkinabè.
Les prochaines étapes prévoient la nomination rapide des organes de gouvernance (président, directeur général, conseil d’administration), puis la levée de ressources additionnelles sur les marchés régionaux et internationaux, mais selon les conditions définies par l’Alliance elle-même.
BCID-AES : un symbole fort d’indépendance
La signature des statuts le même jour que l’inauguration des places « Mali Cɛbaw » et « Mali Kɛlɛmasaw » n’a rien d’un hasard : dans la même journée, l’AES célèbre à la fois la reconquête de sa mémoire historique et la mise en place des instruments concrets de son indépendance économique. Pour les trois ministres, la boucle est bouclée. La BCID-AES devrait être opérationnelle dès le premier semestre 2026.
En somme, ce rendez-vous à Koulouba marque donc la fin d’une longue phase de planification et le début d’une nouvelle ère financière pour le Sahel. En donnant officiellement vie à la BCID-AES, l’Alliance des États du Sahel ne fait pas qu’ajouter une ligne à son organigramme : elle concrétise ainsi sa promesse de s’émanciper des circuits traditionnels et d’assurer elle-même le financement de son développement. Ce « bras armé financier » est désormais prêt à passer à l’offensive économique, faisant de la souveraineté non plus un simple slogan, mais une réalité institutionnelle tangible pour ses 90 millions de citoyens.
Niamey, 11 décembre 2025 –Le Premier ministre du Niger, Ali Mahaman Lamine Zeine, a reçu ce mercredi dans son cabinet les ministres chargés des Mines, de l’Énergie et du Pétrole des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Burkina Faso, Niger – ainsi que leurs homologues du Tchad et du Togo, venus en qualité d’observateurs.
Ces délégations participent depuis le 10 décembre à une réunion confédérale de trois jours consacrée à la mise en œuvre concrète des grands axes stratégiques de l’AES dans les secteurs énergétique, minier et pétrolier.
« Nous transformons aujourd’hui nos décisions politiques en projets tangibles qui garantiront à nos populations un accès durable à l’énergie et une meilleure valorisation de nos ressources », a déclaré le chef du gouvernement nigérien à l’issue des travaux.
Au terme des discussions, les ministres ont validé et signé plusieurs textes de référence. En particulier, ces documents portent sur l’harmonisation des cadres réglementaires miniers, la création de mécanismes communs de négociation avec les investisseurs étrangers, des projets d’interconnexion électrique régionale et une stratégie partagée pour le développement des hydrocarbures.
Ali Mahaman Lamine Zeine a rendu un hommage appuyé aux trois chefs d’État de l’AES – le général Assimi Goïta (président en exercice de la Confédération), le capitaine Ibrahim Traoré et le général Abdourahamane Tiani – dont « la vision commune a donné naissance à une organisation fondée sur la souveraineté et la maîtrise totale de nos ressources ».
L’AES : portes ouvertes à d’autres partenaires africains
Le Premier ministre a salué la présence remarquée des délégations tchadienne et togolaise comme un signal fort. « L’AES n’est pas un club fermé », a-t-il insisté. « Nous accueillons avec joie tous les États africains qui souhaitent coopérer sur la base de la solidarité et du respect mutuel des souverainetés. »
En outre, avec plus de 180 millions d’habitants, majoritairement jeunes, l’espace AES (et ses partenaires potentiels) représente un marché et une force de travail considérables. Les projets validés cette semaine – centrales solaires interconnectées, raffinerie modulaire régionale, fonds souverain minier confédéral – visent précisément à transformer ces atouts démographiques en emplois et en richesse interne.
Le Premier ministre a conclu en félicitant tout particulièrement la ministre nigérienne des Mines et de l’Énergie pour son rôle déterminant dans l’organisation et la réussite de cette rencontre, ainsi que l’ensemble des experts qui ont produit en trois jours des documents « immédiatement opérationnels ».
En somme, à l’heure où l’AES accélère la création de ses propres instruments financiers et commerciaux, cette réunion de Niamey apparaît comme une nouvelle démonstration de la volonté des trois pays de passer rapidement de la parole aux actes dans la reconquête de leur souveraineté économique.
Dakar, 11 décembre 2025 – Près de trente mois après le coup d’État du 26 juillet 2023, un « Collectif international pour la libération de Mohamed Bazoum », regroupant des défenseurs des droits humains et des personnalités politiques, vient d’adresser une lettre ouverte très ferme aux plus hautes instances internationales : le Secrétaire général de l’ONU António Guterres, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président de la Commission de l’Union africaine Mahamoud Ali Youssouf et le président de la CEDEAO Omar Alieu Touray.
Une détention qualifiée d’arbitraire
Dans ce texte rendu public ce jeudi, le collectif qualifie de « détention arbitraire » et de « séquestration » la situation du président démocratiquement élu Mohamed Bazoum et de son épouse Khadija, toujours retenus dans la résidence présidentielle de Niamey sous contrôle des militaires du CNSP (Conseil national pour la sauvegarde de la patrie).
En effet, les signataires soulignent qu’« aucun chef d’accusation recevable, aucune procédure légale valable et aucune garantie procédurale minimalement conforme aux standards internationaux n’ont été présentés à ce jour ».
D’ailleurs, pour appuyer leur démarche, ils rappellent que :
La Cour de justice de la CEDEAO a ordonné en décembre 2023 la libération immédiate du couple présidentiel ;
Le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a conclu en février 2025 que cette détention est arbitraire et a exigé leur remise en liberté sans délai.
Alertes sur les conditions de séquestration de Mohamed Bazoum
De plus, le collectif alerte sur des « conditions de détention préoccupantes » : isolement prolongé, accès restreint aux soins médicaux, absence d’évaluation médicale indépendante et restrictions sévères des contacts avec l’extérieur. Ces traitements sont susceptibles de relever des « traitements inhumains ou dégradants », selon les standards onusiens.
Au-delà du sort individuel de Mohamed Bazoum, la lettre met en garde contre un « recul majeur des normes démocratiques » dans le Sahel et dénonce le risque d’une « banalisation de la violence d’État » si la communauté internationale reste passive.
Les exigences du Collectif
Par conséquent, les auteurs exigent des institutions internationales :
Une condamnation publique, ferme et coordonnée des quatre institutions ;
Des démarches diplomatiques de haut niveau ;
Le cas échéant, des mesures ciblées contre les responsables de cette détention ;
Un accès humanitaire et médical immédiat et indépendant au président Bazoum et à son épouse ;
Le refus de toute légitimation internationale d’une transition politique tant que le président élu reste privé de liberté.
« L’Histoire jugera la capacité de la communauté internationale à défendre le droit lorsqu’il est bafoué de manière aussi manifeste », concluent les signataires, qui présentent leur démarche comme une défense des principes universels et non comme un soutien partisan.
Pour l’instant, ni le palais présidentiel de Niamey ni les autorités de l’Alliance des États du Sahel (AES) n’ont réagi à cette nouvelle sortie. Mohamed Bazoum, 65 ans, reste à ce jour le seul président ouest-africain déchu depuis 2020 à être toujours détenu physiquement par les auteurs du putsch.
Bamako, 11 décembre 2025 – En provenance de Niamey, le Premier ministre du Niger, Ali Mahaman Lamine Zeine, également ministre de l’Économie et des Finances, a atterri ce jeudi matin sur le tarmac de l’aéroport international Président Modibo Keïta de Bamako-Sénou. À sa descente d’avion, il a été reçu avec les honneurs par son homologue malien, le général de division Abdoulaye Maïga, chef du gouvernement de transition.
L’accueil a revêtu une forte dimension symbolique. En effet, outre plusieurs ministres maliens, une importante délégation de la communauté nigérienne établie au Mali s’était massée le long du tapis rouge, agitant les drapeaux des deux pays frères. La fanfare des Forces armées maliennes et une garde d’honneur ont salué l’arrivée du haut dignitaire, soulignant la profondeur des relations entre Bamako et Niamey au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), aux côtés du Burkina Faso.
Au cœur des discussions : la Banque confédérale
Cette visite s’inscrit dans le cadre de la réunion des ministres des Finances de la Communauté des États du Sahel (AES), qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger. L’ordre du jour principal porte sur l’opérationnalisation de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), un établissement financier propre à l’organisation régionale que les chefs d’État ont décidé de créer lors de leur dernier sommet.
Conçue comme le bras armé financier de la jeune Alliance, cette banque aura pour vocation première de mobiliser des ressources internes et, surtout, de financer les grands projets d’infrastructures transfrontaliers, les programmes agricoles, énergétiques et industriels des trois pays membres. L’objectif affiché est clair : réduire la dépendance vis-à-vis des financements extérieurs souvent assortis de conditionnalités politiques, et poser les bases d’une intégration économique véritablement souveraine.
Parallèlement aux travaux techniques, les deux Premiers ministres devraient également aborder des questions bilatérales d’intérêt commun. Ils discuteront notamment de la fluidification des échanges commerciaux le long de l’axe Niamey-Bamako et de la coordination renforcée des efforts sécuritaires dans la zone des trois frontières.
BCID-AES : un test décisif pour l’indépendance économique
Cette étape malienne du Premier ministre Zeine illustre, une nouvelle fois, la volonté affichée par les autorités de transition des trois pays de l’AES de concrétiser rapidement les instruments de leur indépendance économique. C’est pourquoi les observateurs scruteront de près la mise en service effective de la BCID-AES, attendue dans les prochains mois, car elle constituera un test décisif de la capacité du bloc à transformer ses ambitions en réalisations tangibles.
Ainsi, en recevant son homologue nigérien avec une chaleur aussi marquée, le Mali réaffirme son engagement total dans la construction de cet espace sahelien autonome. Un message clair adressé autant aux partenaires régionaux qu’à la communauté internationale : l’AES entend désormais financer elle-même son développement et affirmer sa pleine souveraineté économique.
Niamey, 10 décembre 2025 – Le Niger donne le coup d’envoi d’un événement historique. Du 16 au 20 décembre prochain, Niamey accueillera la toute première Foire commerciale de la Confédération des États du Sahel (AES), rassemblant le Burkina Faso, le Mali et le Niger autour d’un même mot d’ordre : « Produire, transformer et consommer local pour une souveraineté économique dans l’espace AES ».
Une vitrine pour l’intégration économique du Sahel
Mardi 9 décembre, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a présenté l’événement devant la presse, entouré du président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Niger (CCIN), Moussa Sidi, ainsi que des ambassadeurs du Burkina Faso et du Mali à Niamey.
« Cette foire n’est pas une simple exposition, mais le premier pas concret vers la création de chaînes de valeur régionales et la réduction de notre dépendance aux importations », a déclaré le ministre. Il a insisté sur l’urgence de promouvoir le « Consommons local AES » et de transformer les matières premières sur place plutôt que de les exporter brutes (notamment dans l’agro-alimentaire et l’artisanat).
Dans sa prise de parole, le président Moussa Sidi a, quant à lui, rappelé la pleine mobilisation du secteur privé nigérien : “Nous voyons déjà cette foire comme le socle des futures zones franches et du marché commun de l’Alliance.” »
En plus des trois membres fondateurs de l’AES, cinq nations ont été conviées : le Togo, le Tchad, le Ghana, le Sénégal et le Maroc. Cette ouverture calculée vise à montrer que l’intégration économique du Sahel ne se fera pas en vase clos, mais avec des partenaires partageant la même vision de coopération Sud-Sud.
foire AES : un appel à la mobilisation populaire
Au terme de la conférence, le ministre Abdoulaye Seydou a lancé un appel direct au peuple nigérien : « J’invite les habitants de Niamey, les visiteurs, les frères burkinabè et maliens, ainsi que tous les partenaires sincères de l’AES à faire de cette foire un succès populaire. C’est ensemble que nous bâtirons notre souveraineté économique. »
Pendant cinq jours, le Parc des Expositions de Niamey deviendra le cœur battant d’une nouvelle ambition régionale : prouver que le Sahel peut produire, transformer et consommer ses propres richesses. Un rendez-vous à ne pas manquer pour tous ceux qui croient à l’émergence d’un bloc économique autonome au cœur du continent.
Tahoua, 10 décembre 2025 – Dans la salle de conférence de l’Hôtel de Ville de Tahoua, le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Adji Ali Salatou, a lancé ce mercredi un atelier de cinq jours destiné aux responsables communication de tous les ministères et institutions de la République. Objectif affiché : transformer ces cadres en « garants de la vérité institutionnelle » et bâtir une parole gouvernementale unifiée, cohérente et offensive face aux « récits falsifiés » qui circulent sur le pays.
Bâtir le récit national face à la guerre de l’information
Placé sous le thème de l’appui au Programme de Résilience pour la Sauvegarde de la Patrie (PRSP), l’atelier veut briser les silos entre départements ministériels. Trop souvent, chaque institution communique dans son coin, ce qui affaiblit le message global de l’État.
« Nous devons porter ensemble un récit national fort », a martelé le ministre Salatou, appelant à mettre en avant les progrès concrets réalisés en matière de sécurité, santé, éducation, sécurité alimentaire et réduction des vulnérabilités.
Le ministre n’a pas caché la gravité du contexte : « Depuis que le Niger a choisi la voie de la souveraineté, nous faisons face à une guerre informationnelle acharnée ». Réseaux sociaux, sites étrangers, voix hostiles : les canaux de désinformation sont légion et donnent, selon lui, une image « déformée, fragmentée et souvent pessimiste » du pays.
Pour preuve de la réalité qu’il veut voir valorisée, il a cité le taux de croissance de 8,8 % enregistré en 2024 – le plus élevé de l’UEMOA – porté notamment par les nouveaux projets pétroliers et gaziers.
Maîtriser le numérique et la communication de crise
L’atelier, financé par l’UNICEF, se concentrera sur la communication digitale, les bonnes pratiques sur les réseaux sociaux, la gestion de crise et la production de contenus crédibles et rapides.
« À l’ère où l’information circule à la vitesse de la lumière, maîtriser les outils numériques n’est plus une option, mais une nécessité stratégique », a insisté Adji Ali Salatou.
Le Gouverneur et l’UNICEF saluent l’initiative
Le Gouverneur de Tahoua, Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa, a salué la tenue de la formation dans sa région : « La communication est au début et à la fin de tout processus de développement. C’est elle qui permet d’expliquer à nos compatriotes ce qu’est la Refondation et ses exigences. »
De son côté, le Dr Adamou Hainikoye, chef du bureau zonal UNICEF à Tahoua, a rappelé le partenariat historique entre l’agence onusienne et le Niger, en particulier pour la défense des droits de l’enfance et la lutte contre la désinformation qui affecte les politiques sociales. « Une politique ne vaut que si elle est connue et comprise. Les communicateurs institutionnels sont les premiers ambassadeurs de ces droits », a-t-il déclaré.
L’atelier, qui rassemble une cinquantaine de participants venus de tout le pays, se poursuivra jusqu’au 14 décembre. À l’issue, chaque ministère et institution devra repartir avec un plan d’action concret pour aligner sa communication sur le récit national voulu par le pouvoir en place.
Dans un Niger qui affirme de plus en plus sa souveraineté médiatique, cette formation marque une étape supplémentaire dans la volonté du gouvernement de transition de reprendre la main sur son image, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières.
Niamey, 9 décembre 2025 –Ces derniers mois, la capitale nigérienne a été le théâtre d’une vague d’agressions à main armée, de vols spectaculaires et même d’homicides, créant un climat de peur chez les habitants. Face à cette montée de l’insécurité, la Direction de la Police Judiciaire (DPJ) a mené une série d’opérations qui ont abouti, en quelques semaines, à la neutralisation de quatre bandes organisées responsables de nombreux faits graves.
Réseau n°1 : Les « chasseurs de retraits bancaires »
Une douzaine d’individus, âgés de 25 à 53 ans, formaient le noyau dur de ce groupe particulièrement structuré. On y trouvait un ressortissant étranger, une jeune femme toujours recherchée, plusieurs anciens membres des forces de défense et de sécurité radiés pour fautes graves, ainsi que des informateurs et receleurs.
Leur spécialité : repérer les personnes venant d’effectuer d’importants retraits dans les banques ou détenant du liquide à domicile. Une fois la cible identifiée, deux motos (quatre hommes au total) prenaient en filature la victime jusqu’à un endroit propice pour l’attaque, souvent en pleine circulation, sous la menace d’un pistolet automatique. En outre, en cas d’échec sur la voie publique, la bande n’hésitait pas à cambrioler le domicile ou les bureaux de la victime pour atteindre le coffre-fort.
Parmi les faits les plus marquants qui leur sont imputés :
9 avril 2025, quartier Nouveau Marché : vol de 3 millions FCFA à une femme juste après son passage à la banque.
2 juillet 2025, quartier Maison Économique : 20 millions DE FCFA arrachés à un automobiliste après un tir en l’air.
21 octobre 2025, quartier Any Koira : un homme abattu en pleine rue d’une balle dans la poitrine pour 15 millions FCFA.
Nuit du 29 au 30 septembre 2025 : cambriolage des bureaux de la mairie de Hamdallaye avec la complicité du planton.
Par ailleurs, deux ex-militaires radiés de ce même réseau menaient des opérations parallèles : revêtus d’un treillis, armés du pistolet automatique de la bande, ils se faisaient passer pour des agents de la brigade antidrogue, faisaient irruption chez des trafiquants présumés, les rackettaient ou saisissaient leur marchandise avant de disparaître.
Réseau nᵒ 2 : la filière Niger-Nigeria de vol de véhicules
Trois hommes, dont un basé au Nigeria, sont à l’origine d’une série de vols de 4×4 et pick-up à Niamey. Le chef de bande, un Nigérien de 47 ans, a reconnu les faits. Les véhicules étaient acheminés par la route Tibiri – Doutchi – Batchaka – Arougoungou – Sokoto – Kano.
Quatre voitures ont été identifiées :
Toyota Cygnus et Toyota Hilux volés en août 2025 à la cité Olani.
Toyota RAV4 blanche volée quartier Banifandou.
Un second Hilux, quartier Dubaï, intercepté par la police à la barrière de Birni N’Gaouré.
Réseau nᵒ 3 : Séquestration et homicide d’une jeune femme
Le 27 novembre 2025, des passants découvrent le corps sans vie d’une femme à 100 mètres des jardins du quartier Bossey Bangou/Koira Tégui, avec sa pièce d’identité et son téléphone portable posés non loin.
Au même moment, les enquêteurs recherchaient activement une adolescente de 18 ans portée disparue après l’enlèvement signalé par ses parents. Par la suite, dans la nuit du 4 au 5 décembre 2025, grâce aux indications précises d’une amie de la victime, les policiers effectuent une descente dans un ghetto du quartier Koira Tégui. Ainsi, ils interpelleront sur place quatre jeunes hommes âgés de 19 à 25 ans.
Confrontés aux preuves, les suspects reconnaissent immédiatement avoir séquestré l’adolescente disparue et admettent aussi que la femme retrouvée morte le 27 novembre avait aussi séjourné dans ce même ghetto avant que les auteurs ne la tuent. L’enquête se poursuit activement afin d’établir les circonstances précises du meurtre.
Par ailleurs, le 14 novembre 2025, des passants découvrent un second corps sans vie : celui d’une femme de 35 ans, mère de quatre enfants, abandonné au cimetière chrétien de Koira Tégui, à seulement 150 mètres de son domicile.
Le mari, absent de Niamey ce jour-là, avait tenté de joindre son épouse dans la soirée du 13 novembre. Un homme avait décroché et lui avait lancé froidement : « Ta femme ? On l’a tuée. Dis-nous où tu habites, on vient te la déposer », avant de raccrocher.
Grâce au bornage du téléphone de la victime, les enquêteurs ont rapidement identifié son nouveau détenteur, un charlatan du quartier. Cependant, ce dernier a indiqué l’avoir reçu d’un individu surnommé « Furios », déjà connu des services. « Furios » a à son tour désigné le frère du charlatan. C’est ainsi que les trois hommes ont été interpellés. Lors de la reconstitution, le mari a formellement reconnu la voix de « Furios » comme celle qui l’avait menacé au téléphone. Les agents présenteront les trois suspects prochainement au parquet.
La Police Judiciaire : un appel à la vigilance citoyenne
À travers ces quatre coups de filet successifs, la Direction de la Police Judiciaire démontre sa capacité à démanteler des réseaux criminels organisés et particulièrement dangereux. Les enquêteurs soulignent toutefois que la lutte contre l’insécurité reste un défi quotidien et appellent la population à rester vigilante.
Finalement, la Police Judiciaire a mis à disposition un numéro vert pour que le public puisse signaler immédiatement tout comportement ou mouvement suspect : le 8383 ou le 17, disponibles 24 heures sur 24.
Niamey, 9 décembre 2025 – Le général Mohamed Toumba, ministre d’État à l’Intérieur, à la Sécurité publique et à l’Administration du territoire du Niger, a reçu ce mardi en fin de matinée le chargé d’affaires par intérim de l’ambassade du Maroc, M. Jaafar Debbarh.
L’entretien, qui s’est déroulé au ministère de l’Intérieur, a permis aux deux hommes de passer en revue l’ensemble des volets de la coopération bilatérale entre Niamey et Rabat, avec une attention particulière portée à sa relance après plusieurs années de relative discrétion.
Selon des sources proches du dossier, les discussions ont surtout tourné autour du renforcement des échanges dans deux secteurs jugés prioritaires : la sécurité intérieure et la formation professionnelle des cadres nigériens.
Le Niger, confronté à la menace terroriste persistante dans la région des trois frontières et à la nécessité de moderniser ses forces de sécurité, voit dans l’expérience marocaine (notamment en matière de lutte antiterroriste, de renseignement et de police de proximité) un partenariat stratégique.
Rabat, de son côté, cherche à consolider son retour diplomatique et économique en Afrique subsaharienne, particulièrement auprès des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Le Maroc et l’AES : consolider le partenariat
À l’issue de la rencontre, plusieurs observateurs estiment qu’elle préfigure la signature prochaine d’accords concrets, notamment pour la formation de policiers et de gendarmes nigériens au Maroc et pour des échanges d’expertise sur la gestion des crises sécuritaires.
Finalement, ce rapprochement Niamey-Rabat s’inscrit dans une dynamique plus large de diversification des partenariats du Niger depuis la prise de pouvoir du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). Cette dynamique est marquée par un éloignement progressif des partenaires occidentaux traditionnels et une ouverture renforcée vers le Maghreb, la Russie et la Turquie.
Ouagadougou, 9 décembre 2025 – Ce qui aurait dû rester un banal incident technique se transforme en crise diplomatique ouverte entre le Nigeria et l’Alliance des États du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger). En fait, le lundi 8 décembre, un Hercules C-130 de l’armée de l’air nigériane, parti de Lagos à destination du Portugal avec onze militaires à bord, a atterri d’urgence à l’aéroport de Bobo-Dioulasso, dans l’ouest du Burkina Faso.
La version des deux parties
Abuja parle d’une urgence vitale
Côté Nigeria, la version officielle d’Abuja est claire : l’équipage a détecté une avarie peu après le décollage et a choisi l’aérodrome le plus proche pour préserver la sécurité des personnes. Les autorités nigérianes parlent d’un « accueil courtois » par les Burkinabè et remercient même Ouagadougou pour son assistance.
La version de l’AES : provocation caractérisée
Selon plusieurs sources militaires à Ouagadougou, des chasseurs burkinabè ont intercepté l’avion en vol et l’ont contraint d’atterrir. En conséquence, les autorités de l’AES ont immédiatement placé les onze militaires nigérians en détention, ont confisqué leurs téléphones. De plus, ils contrôlent minutieusement l’accès à l’engin.
« Il ne s’agit pas d’un problème technique mais d’une provocation caractérisée », a tonné hier soir un haut responsable de l’état-major burkinabè, rappelant qu’« aucun contact radio n’a été établi avant l’intrusion et que l’avion a ignoré les sommations ».
Hercules C-130 : un incident sur fond de tensions accrues
Le timing alimente les soupçons : en effet, l’incident survient moins de 48 heures après l’intervention éclair des forces spéciales nigérianes au Bénin pour déjouer un coup d’État, opération perçue dans les capitales de l’AES comme une démonstration de force d’Abuja, soutenue par des puissances occidentales, pour contenir l’influence grandissante des trois pays du Sahel.
Ce mardi matin, le ministère burkinabè des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur du Nigeria à Ouagadougou pour exiger des « explications immédiates » et le « retrait sans délai » de tout appareil militaire étranger présent sur le sol national sans accord préalable. De son côté, Abuja maintient que l’atterrissage relevait d’une « urgence vitale » et demande la libération immédiate de son équipage et de son avion.
Entre les deux récits, la méfiance est totale. Dans un contexte régional déjà électrique, cette intrusion aérienne non autorisée, qu’elle soit accidentelle ou calculée, risque de devenir le détonateur d’une nouvelle escalade entre le géant nigérian et les dirigeants de l’AES, bien décidées à faire respecter leur souveraineté, coûte que coûte.
L’enjeu n’est plus seulement la sécurité d’un avion, mais la crédibilité de chaque bloc. Les prochaines 48 heures, marquées par les tentatives de négociation d’urgence et les pressions sous-régionales, détermineront si cet incident reste un différend diplomatique réglable ou s’il confirme la fracture irréversible de l’Afrique de l’Ouest. Le Sahel, par cet acte de fermeté, rappelle qu’il ne tolérera plus aucune ingérence.