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Niger : Le Ministre Adji Ali Salatou échange avec les radio-clubs sur la communication locale

          Le Ministre de la Communication a reçu, ce 20 avril, les responsables de l’Association des Radio-Clubs du Niger (ARCN). Dans un pays où l’oralité reste reine, ces structures de dialogue communautaire deviennent ainsi des alliées stratégiques pour la transition nigérienne.

 

Au Niger, si le numérique gagne du terrain, la radio demeure néanmoins le média de masse par excellence, le lien indéfectible entre l’État et ses territoires les plus reculés. C’est donc fort de ce constat que le Ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Adji Ali Salatou, a ouvert les portes de son cabinet à une délégation de l’ARCN, conduite par son président, Soumana Soumaye Boubacar.

Ministère de Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information
© Ministère de Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information

Un héritage au service de la citoyenneté

En effet, bien plus que de simples cercles d’auditeurs, les radio-clubs nigériens — ou « clubs d’écoute » — constituent un maillon essentiel de la démocratie locale. Leur mission consiste à transformer l’information reçue par les ondes en débats communautaires. Ainsi, en encourageant une « citoyenneté responsable », l’ARCN favorise l’éveil des consciences sur des sujets cruciaux tels que la santé, l’agriculture ou la sécurité.

Par ailleurs, cette première prise de contact a permis à Soumana Soumaye Boubacar de dresser un état des lieux sans fard : si la vision et l’ancrage de l’association sont solides, les défis techniques et financiers restent de taille pour couvrir l’immensité du territoire nigérien.

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Le pari des langues nationales

Pour le ministre Adji Ali Salatou, cette rencontre s’inscrit donc dans une feuille de route claire : revaloriser les productions en langues nationales. À l’heure où les autorités nigériennes cherchent à s’émanciper des narratifs extérieurs, les radio-clubs apparaissent dès lors comme des vecteurs de souveraineté informationnelle.

De plus, le ministre a adressé ses vifs encouragements à l’ARCN pour son travail sur le changement social et comportemental. Pour le gouvernement, ces initiatives locales apportent en effet des « solutions innovantes » aux problèmes des communautés en facilitant un dialogue participatif là où les grands médias institutionnels peinent parfois à pénétrer.

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Un pont entre tradition et technologie

Enfin, en intégrant ces clubs d’écoute dans la réflexion globale sur les nouvelles technologies de l’information, le département d’Adji Ali Salatou tente une synthèse : marier la force de l’oralité traditionnelle aux enjeux de la communication moderne. Ce chantier prioritaire pour Niamey apparaît ainsi comme le socle d’une résilience nationale renforcée.

Niger-Algérie : Le projet de la nouvelle Maison de la Presse entre dans sa phase active

                          L’engagement diplomatique se traduit désormais par des actes concrets sur le sol nigérien. Le mercredi 15 avril 2026, le Ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, M. Adji Ali Salatou, accompagné de l’Ambassadeur de la République Algérienne Démocratique et Populaire, S.E. Ahmed Saadi, s’est rendu au cœur de la capitale dans une démarche de suivi des engagements issus des accords bilatéraux récemment conclus entre les deux pays.

En effet, les deux personnalités ont inspecté le site retenu pour l’édification de la future Maison de la Presse. Ce terrain, d’une superficie d’environ un hectare, est situé au sein des installations de la Télévision nationale, un emplacement stratégique dédié au développement des infrastructures médiatiques.

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Les fruits d’une dynamique bilatérale renforcée

Ce projet d’envergure ne naît pas du hasard. Il s’inscrit dans le cadre d’une vingtaine d’accords bilatéraux récemment conclus entre les deux nations. Il constitue d’ailleurs l’un des premiers projets visibles issus de cette coopération renforcée, traduisant une volonté commune de passer rapidement des engagements aux réalisations concrètes.

Plus précisément, cette initiative fait suite à la visite officielle effectuée à Alger en février dernier par le Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani. Par la suite, la Commission Mixte Nigéro-Algérienne, tenue à Niamey en mars 2026, a permis de consolider ces bases.

Le lancement de ce chantier immobilier témoigne ainsi de la volonté des deux gouvernements de transformer rapidement les orientations politiques en infrastructures tangibles pour le bénéfice des professionnels de la communication.

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Un engagement ferme des deux Chefs d’État

Au cours de cette visite, le Ministre et le diplomate algérien ont exprimé leur satisfaction quant à la célérité du processus. C’est pourquoi ils ont tenu à saluer l’engagement ferme des deux Chefs d’État pour la réussite de ce partenariat, tout en mettant en avant la convergence de vues entre le Niger et l’Algérie sur les priorités de développement du secteur des médias.

De ce fait, la construction de cette Maison de la Presse symbolise non seulement la solidité des liens fraternels entre le Niger et l’Algérie, mais aussi une ambition commune de moderniser les outils d’information au Niger. Les deux parties se sont réjouies de voir que les décisions prises au plus haut niveau trouvent aujourd’hui un écho direct sur le terrain.

 

Un nouveau souffle pour la presse nigérienne

En conclusion, la concrétisation de ce projet marquera un tournant pour le monde des médias. En offrant un cadre structuré et moderne aux professionnels de l’information, le Niger et l’Algérie posent une pierre angulaire pour la liberté et la professionnalisation du secteur.

Désormais, les regards sont tournés vers le démarrage effectif des travaux de ce bâtiment qui promet d’être le nouveau centre névralgique de l’information à Niamey.

Communication de défense : Niamey arme ses médias

Niamey franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de souveraineté. Vendredi 10 avril 2026, le ministre de la Communication, M. Adji Ali Salatou, a réuni l’ensemble des forces médiatiques du pays : des télévisions aux radios, de la presse écrite aux plateformes digitales, sans oublier les blogueurs et influenceurs. Désormais, l’objectif est de transformer chaque micro, chaque plume et chaque smartphone en un rempart contre la manipulation externe.

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Un nouveau paradigme : la « Communication de Défense » 

Tout d’abord, le ministre a tenu à saluer le professionnalisme des journalistes et blogueurs nigériens. Cependant, il a immédiatement souligné l’urgence de la situation. Dans un contexte de guerre informationnelle, la communication n’est plus un simple canal d’information, mais une véritable arme utilisée par des acteurs internes et externes pour désinformer et saper la refondation du pays.

Face à cette menace, le gouvernement appelle à une prise de conscience citoyenne : qu’on soit influenceur ou journaliste de carrière, l’identité de patriote doit primer sur la fonction. La Charte de la Refondation rappelle, à cet égard, l’exigence d’une conduite responsable au service de la nation. En ligne de mire : préserver la cohésion nationale, mise à l’épreuve par des tentatives de déstabilisation qui fragilisent les fondements mêmes de la refondation.

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L’engagement de la presse malgré les défis 

En réponse à cet appel, les participants ont unanimement salué l’initiative et réaffirmé leur soutien aux autorités. Mais ils ont également profité de cette tribune pour exposer leurs réalités quotidiennes :

  • La précarité économique : travailler pour la nation exige des moyens de subsistance dignes.
  • La formation : le besoin crucial de renforcer les compétences via l’ONC et l’ESSCOM.
  • La souveraineté linguistique : un plaidoyer fort pour l’usage accru des langues nationales afin de toucher toutes les couches de la population.

Ils ont insisté sur le contraste entre leur engagement patriotique et les conditions précaires dans lesquelles ils exercent.

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Vers une « brigade de veille numérique » 

Par ailleurs, cette rencontre ne s’est pas limitée aux discours. Elle a débouché sur des actes concrets pour structurer le paysage médiatique :

  • L’harmonisation éditoriale : une volonté d’aligner la production médiatique sur les orientations de la Charte de la Refondation.
  • La surveillance numérique : mise en place imminente d’une brigade de veille numérique dotée des ressources nécessaires pour contrer la désinformation en temps réel.
  • Le renforcement de la production nationale : engagement renouvelé à soutenir la mobilisation générale par une presse plus structurée et proactive.

Si la presse nigérienne accepte de former ce « bouclier médiatique », elle attend en retour un soutien structurel de l’État. La bataille de l’opinion se joue désormais sur les ondes, les pages et les écrans — et Niamey entend bien la gagner.

Niger : l’Université Abdou Moumouni lance sa radio sur 88.7 FM

À l’ère du numérique et de la communication instantanée, les universités africaines cherchent de nouveaux moyens pour diffuser le savoir au-delà des salles de cours. À Niamey, l’Université Abdou Moumouni franchit une nouvelle étape en lançant sa propre station radio, un projet qui ambitionne de rapprocher la recherche scientifique, la culture et la société.

Inaugurée le 31 mars 2026 par le ministre de l’Enseignement supérieur, la radio universitaire, qui émet sur 88.7 FM, se veut bien plus qu’un simple média institutionnel. Elle se présente comme un pont entre l’université et la cité, entre le savoir académique et le grand public.

Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche
© Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche

Faire circuler le savoir au-delà du campus

Dans de nombreuses universités africaines, les travaux scientifiques, les recherches et les initiatives étudiantes restent souvent confinés aux amphithéâtres ou aux laboratoires. Avec cette radio, l’université de Niamey entend changer cette réalité en rendant le savoir accessible au plus grand nombre.

L’objectif est clair : vulgariser la science, expliquer les recherches universitaires dans un langage accessible et valoriser les initiatives étudiantes. Autrement dit, transformer l’université en un espace ouvert sur la société, où la connaissance ne reste pas enfermée dans les salles de cours.

Ainsi, la radio universitaire ne sera pas uniquement un média d’information interne. Elle servira également de plateforme culturelle, éducative et citoyenne, avec des émissions sur la culture nigérienne, les sciences, l’éducation, la vie étudiante et les débats de société.

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Un outil pédagogique pour former les futurs journalistes

Au-delà de la diffusion du savoir, cette radio jouera aussi un rôle pédagogique. Elle servira de laboratoire de formation pour les étudiants en journalisme, en communication et en sciences sociales. Les étudiants pourront y apprendre les métiers de la radio, de la production de contenus, de l’animation d’émissions et de la communication institutionnelle.

En effet, cette initiative s’inscrit dans une logique de formation pratique, de plus en plus encouragée dans les universités africaines, où l’acquisition de compétences professionnelles devient aussi importante que la formation théorique.

La radio sera animée par un comité éditorial composé d’enseignants-chercheurs, de techniciens et d’animateurs, garantissant ainsi la qualité scientifique et pédagogique des programmes.

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Un média universitaire ouvert sur la société

La radio universitaire donnera la parole aux étudiants, aux enseignants, aux chercheurs, mais aussi aux acteurs culturels et aux citoyens. Elle prévoit également des partenariats avec des radios locales et internationales afin d’élargir son audience et sa visibilité.

Lors de la cérémonie de lancement, le ministre de l’Enseignement supérieur, Mamadou Saidou, a insisté sur l’importance du respect de l’éthique et de la déontologie journalistique, rappelant que ce média universitaire doit être un espace d’expression responsable et de diffusion du savoir.

 

Une université plus proche de la population

Avec cette radio, l’Université Abdou Moumouni cherche à renforcer sa visibilité, mais surtout à jouer pleinement son rôle dans la société. L’université ne se limite plus à former des étudiants ; elle devient également un acteur de l’information, de la culture et du débat public.

En définitive, ce projet illustre une évolution importante de l’enseignement supérieur en Afrique : les universités ne veulent plus être seulement des lieux d’apprentissage, mais aussi des espaces de diffusion du savoir, de dialogue social et de construction citoyenne.

Accès aux médias publics au Niger : syndicats et ONC relancent le débat

À Niamey, la question de l’accès équitable aux médias publics refait surface. Ce mardi 17 mars 2026, dans une salle de réunion, l’Observatoire National de la Communication (ONC) a accueilli une délégation de la Coalition des Centrales Syndicales du Niger (CCSN). Une rencontre à forte portée symbolique, mais surtout révélatrice de tensions persistantes autour de la visibilité médiatique des acteurs sociaux.

 

Une visite de courtoisie aux allures de plaidoyer

Officiellement, il s’agissait d’une visite de félicitations adressée à Ibrahim Manzo Diallo, récemment nommé à la tête de l’ONC. Mais derrière les mots protocolaires, le message des syndicats était clair : l’accès aux médias publics reste un défi concret.

Face au président de l’institution, entouré de ses proches collaborateurs et de la direction de la communication, les représentants syndicaux ont exprimé leurs préoccupations. En ligne de mire : la difficulté à faire couvrir leurs activités, souvent reléguées au second plan dans l’agenda médiatique national.

 

Médias publics : entre réglementation et réalités du terrain

Dans sa réponse, le président de l’ONC a rappelé le cadre juridique qui régit l’accès aux médias d’État. Il s’est appuyé notamment sur un texte de référence adopté en 2013, qui fixe les règles du jeu pour les citoyens, les organisations et les partis politiques.

Cependant, au-delà de cette base réglementaire, une question demeure : ces dispositions sont-elles réellement appliquées de manière équitable ?

Car sur le terrain, les syndicats dénoncent une visibilité inégale, voire insuffisante, de leurs actions. Une situation qui pose la problématique plus large de l’équilibre de traitement entre les différents acteurs de la vie publique.

 

Transparence et équité : des engagements attendus

Face à ces préoccupations, l’ONC se veut rassurant. Son président a réaffirmé la volonté de l’institution de garantir un accès juste et transparent aux médias publics, en conformité avec ses missions de régulation.

Un engagement qui, pour les organisations syndicales, devra désormais se traduire en actes concrets. Car au-delà des déclarations, c’est bien la pratique quotidienne des médias publics qui est scrutée.

 

Un dialogue qui en appelle d’autres

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique d’ouverture affichée par l’ONC. En multipliant les échanges avec les acteurs sociaux, l’institution cherche à renforcer la confiance et à apaiser les frustrations.

Mais une interrogation persiste : ce dialogue suffira-t-il à corriger les déséquilibres dénoncés ?

Dans un contexte où l’information reste un levier de pouvoir et d’influence, l’accès aux médias publics ne relève pas seulement d’un droit administratif. Il constitue un enjeu démocratique majeur.

Niger : Formation à Tahoua pour contrer la désinformation

Tahoua, 10 décembre 2025 – Dans la salle de conférence de l’Hôtel de Ville de Tahoua, le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Adji Ali Salatou, a lancé ce mercredi un atelier de cinq jours destiné aux responsables communication de tous les ministères et institutions de la République. Objectif affiché : transformer ces cadres en « garants de la vérité institutionnelle » et bâtir une parole gouvernementale unifiée, cohérente et offensive face aux « récits falsifiés » qui circulent sur le pays.

 

Bâtir le récit national face à la guerre de l’information

 

Placé sous le thème de l’appui au Programme de Résilience pour la Sauvegarde de la Patrie (PRSP), l’atelier veut briser les silos entre départements ministériels. Trop souvent, chaque institution communique dans son coin, ce qui affaiblit le message global de l’État.

« Nous devons porter ensemble un récit national fort », a martelé le ministre Salatou, appelant à mettre en avant les progrès concrets réalisés en matière de sécurité, santé, éducation, sécurité alimentaire et réduction des vulnérabilités.

Le ministre n’a pas caché la gravité du contexte : « Depuis que le Niger a choisi la voie de la souveraineté, nous faisons face à une guerre informationnelle acharnée ». Réseaux sociaux, sites étrangers, voix hostiles : les canaux de désinformation sont légion et donnent, selon lui, une image « déformée, fragmentée et souvent pessimiste » du pays.

Pour preuve de la réalité qu’il veut voir valorisée, il a cité le taux de croissance de 8,8 % enregistré en 2024 – le plus élevé de l’UEMOA – porté notamment par les nouveaux projets pétroliers et gaziers.

Maîtriser le numérique et la communication de crise

 

L’atelier, financé par l’UNICEF, se concentrera sur la communication digitale, les bonnes pratiques sur les réseaux sociaux, la gestion de crise et la production de contenus crédibles et rapides.

« À l’ère où l’information circule à la vitesse de la lumière, maîtriser les outils numériques n’est plus une option, mais une nécessité stratégique », a insisté Adji Ali Salatou.

 

Le Gouverneur et l’UNICEF saluent l’initiative

 

Le Gouverneur de Tahoua, Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa, a salué la tenue de la formation dans sa région : « La communication est au début et à la fin de tout processus de développement. C’est elle qui permet d’expliquer à nos compatriotes ce qu’est la Refondation et ses exigences. »

De son côté, le Dr Adamou Hainikoye, chef du bureau zonal UNICEF à Tahoua, a rappelé le partenariat historique entre l’agence onusienne et le Niger, en particulier pour la défense des droits de l’enfance et la lutte contre la désinformation qui affecte les politiques sociales. « Une politique ne vaut que si elle est connue et comprise. Les communicateurs institutionnels sont les premiers ambassadeurs de ces droits », a-t-il déclaré.

L’atelier, qui rassemble une cinquantaine de participants venus de tout le pays, se poursuivra jusqu’au 14 décembre. À l’issue, chaque ministère et institution devra repartir avec un plan d’action concret pour aligner sa communication sur le récit national voulu par le pouvoir en place.

Dans un Niger qui affirme de plus en plus sa souveraineté médiatique, cette formation marque une étape supplémentaire dans la volonté du gouvernement de transition de reprendre la main sur son image, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières.

 

Niger : trois journalistes placés sous mandat de dépôt, l’ANLC dénonce une répression ciblée

 

À Niamey, l’arrestation de six professionnels des médias, dont trois placés sous mandat de dépôt à Kollo, suscite une vive réaction de l’Association nigérienne de lutte contre la corruption (ANLC). Transparency International dénonce une atteinte grave à la liberté de la presse et appelle à leur libération immédiate.

 

 

Niamey, 5 novembre 2025 — Un vent de répression souffle sur les rédactions nigériennes. Ce mercredi 5 novembre, l’Association nigérienne de lutte contre la corruption (ANLC), antenne locale de Transparency International, a publié un communiqué virulent pour dénoncer l’incarcération de trois figures du journalisme national : Ibro Chaibou, Youssouf Seriba et Oumarou Kané. Placés sous mandat de dépôt le 3 novembre à la maison d’arrêt de Kollo, après un interrogatoire musclé par la police judiciaire, ces journalistes incarnent, selon l’organisation, une « violation criante » des engagements internationaux du Niger en matière de liberté d’expression.

Une rafle qui inquiète l’ANLC

 

L’affaire remonte au 1ᵉʳ novembre, lorsque six professionnels des médias ont été interpellés à Niamey lors d’une opération matinale. Parmi eux : Moussa Kaka, doyen respecté de la Radio Télévision du Niger (RTS), Souleymane Brah de Voix du Peuple, Abdoul Aziz de la RTS, ainsi qu’un chauffeur de la chaîne publique. Bien que les autorités évoquent officiellement un « trouble à l’ordre public », les observateurs dénoncent officieusement une tentative de museler l’information dans un pays encore fragilisé par les tensions post-transition.

Par conséquent, pour l’ANLC, ce coup de filet ne relève pas de l’anecdote : il s’agit au contraire d’une « agression sérieuse » contre le droit fondamental à l’expression libre, pilier de toute démocratie en construction.

« Ces arrestations arbitraires bafouent les conventions signées par Niamey, de la Déclaration universelle des droits de l’homme à la Charte africaine », tonne le communiqué, qui interpelle directement le pouvoir en place. De plus, l’organisation va plus loin, qualifiant ces actes de harcèlement systématique, destiné à étouffer les enquêtes critiques sur la gouvernance et la corruption endémique.

 

L’ANLC fustige l’emprisonnement de journalistes à Kollo et alerte sur les dérives contre la liberté d’expression au Niger. Transparency International appelle à une mobilisation internationale.
© L’ANLC fustige l’emprisonnement de journalistes à Kollo et alerte sur les dérives contre la liberté d’expression au Niger. Transparency International appelle à une mobilisation internationale.

L’ANLC, des voix étouffées, une presse en alerte

 

En effet, dans les couloirs feutrés de la presse nigérienne, l’indignation monte.

« Ces collègues ne faisaient que leur métier : informer sans fard sur les réalités du terrain », confie un journaliste sous couvert d’anonymat, par crainte de représailles.

À une heure de Niamey, la prison de Kollo enferme désormais trois journalistes — Chaibou (RTS), Seriba (Échos du Niger), Kané (Le Hérisson) — pour avoir couvert des sujets jugés sensibles : flux migratoires, sécurité nationale, et le dernier point de presse du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP). La liberté d’informer, elle, reste à huis clos.

Transparency International, par la voix de son chapitre local, lance un ultimatum sans détour : « Libérez-les sur-le-champ ! » Et pour l’avenir, un appel solennel aux autorités : mettre fin à la traque des journalistes.

« Le Niger ne peut bâtir son renouveau sur le silence imposé ; car la transparence est le seul antidote à la défiance populaire », martèle le communiqué, qui exhorte également la communauté internationale — de l’Union africaine à l’ONU — à intervenir.

 

Une affaire qui pourrait faire basculer l’opinion

 

Par ailleurs, à Niamey, l’affaire fait déjà bruisser les réseaux sociaux. En conséquence, les syndicats de journalistes préparent une marche, et les esprits s’échauffent. Dans un Sahel en quête de vérité, le sort de ces six hommes — et d’un chauffeur pris dans la tourmente — pourrait bien sceller le crédit moral d’un régime en quête de légitimité.

Toutefois, reste à savoir si les geôles de Kollo s’ouvriront avant que le doute ne devienne fracture. Le sablier tourne, mais la plume nigérienne refuse de plier.

Diffa : les radios locales deviennent des armes de paix et d’unité

Diffa : les ondes de la paix s’élèvent dans le Sahel grâce à une formation visionnaire du PNUD

Niger, 12 juin 2025 — Dans l’écrin aride de Diffa, où les vents du Sahel fredonnent des récits de résilience, un souffle d’espoir a enveloppé les communes de Bosso, Kablewa et N’Guigmi ce 12 juin 2025. Sous l’égide du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et du Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix (UNPBF), vingt-quatre voix vibrantes – journalistes et animateurs de huit radios communautaires, dont dix femmes – se sont réunies pour une formation d’exception. En effet, ce cénacle, dédié à l’art de produire des émissions radiophoniques porteuses de paix et de cohésion sociale, s’érige en un phare d’espérance dans une région éprouvée par les tumultes de l’insécurité et les cicatrices de la division. À travers ces ondes, Diffa ambitionne de tisser un manteau d’unité, où chaque mot, chaque émission, devient un fil d’or dans la trame d’un avenir pacifié.

Radio et Paix : les ondes, nouveaux vecteurs de cohésion 

Au cœur de cette région frontalière, où la crise de Boko Haram a jeté plus de 300 000 déplacés et réfugiés dans l’incertitude, les radios communautaires – telles Radio Mangari ou Radio Sahara – incarnent bien plus qu’un simple moyen de communication. Elles sont les battements du pouls social, des agora modernes où s’entrelacent les aspirations des Kanouri, Haoussa, Toubous et Peuls. Par ailleurs, la formation, financée à hauteur de 3 millions de dollars par le Fonds pour la Consolidation de la Paix, s’inscrit dans le projet REGARDS (Renforcement de l’Engagement Communautaire pour la Gestion Alerte des Risques de Déstabilisation), lancé en 2022 avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Son ambition est  d’outiller ces artisans des ondes pour qu’ils deviennent des hérauts de la réconciliation, capables de conjurer la haine et de raviver la confiance entre les communautés et les Forces de Défense et de Sécurité (FDS).

Durant cinq jours, sous la houlette d’experts du PNUD et de formateurs locaux, les participants ont exploré des arcanes aussi cruciaux que la conception de messages éthiques, l’éthique journalistique et l’usage des langues vernaculaires pour toucher les cœurs ruraux. Des mises en situation, des ateliers de production radiophonique et des dialogues avec des leaders communautaires ont permis d’affûter leurs talents. « Les radios sont des ponts jetés entre les âmes », a déclaré Dr Nicole Kouassi, Représentante Résidente du PNUD au Niger, lors de l’ouverture, soulignant leur rôle fondamental dans la diffusion de valeurs d’inclusion et de tolérance, en écho à l’Objectif de Développement Durable 16 des Nations Unies.

Diffa : des ondes pour guérir les blessures d’une décennie de crise

Diffa, avec ses 825 000 habitants, dont un quart sont des déplacés, porte les stigmates d’une décennie de violences. Les attaques de groupes armés, conjuguées à la désertification et à la raréfaction des ressources, ont exacerbé les tensions intercommunautaires. Pourtant, dans ce creuset de défis, les initiatives comme celle du PNUD sèment des germes de renouveau. En 2024, un projet similaire avait permis à 20 animateurs de produire 150 émissions sur la coexistence pacifique, touchant 500 000 auditeurs dans la région. Cette nouvelle formation, enrichie par des outils numériques comme des kits d’enregistrement mobiles, vise à amplifier cet impact, en ciblant particulièrement les femmes et les jeunes, piliers de la résilience communautaire.

Les radios communautaires, fortes d’un réseau de 200 stations à travers le Niger, irriguent les zones reculées où la télévision et l’internet demeurent des chimères. À Bosso, où les pêcheurs luttent pour leur survie au bord du lac Tchad, ou à N’Guigmi, carrefour des nomades, ces ondes portent des messages de pardon et d’unité. Les animatrices, telle Aïssatou Mahamadou de Radio Kablewa, ont partagé leur détermination à contrer les discours de division, inspirées par des modèles comme Radio Ndarason Internationale, qui, depuis le Tchad, promeut activement la paix dans le bassin du lac Tchad.

Une Symphonie de Paix pour le Sahel : l’effort conjoint du PNUD et des communautés

Cette formation, loin d’être un épiphénomène isolé, s’inscrit dans une constellation d’efforts pour pacifier le Sahel. En avril 2025, la mairie de N’Guigmi avait mobilisé 1 560 personnes pour des assemblées prônant la tolérance, tandis qu’un forum régional des jeunes à Diffa, en 2022, avait galvanisé la jeunesse pour la cohésion sociale. Le PNUD, actif au Niger depuis 1977, conjugue ces initiatives avec des programmes comme le PIDAGRES-JeF, qui soutient l’agrobusiness pour les femmes et les jeunes, réduisant ainsi les vulnérabilités économiques propices aux conflits.

À Diffa, 24 journalistes et animateurs de radios communautaires sont formés par le PNUD pour créer des émissions de paix, transformant les ondes en outils de cohésion sociale et de résilience dans une région sahélienne marquée par l'insécurité.
© À Diffa, 24 journalistes et animateurs de radios communautaires sont formés par le PNUD pour créer des émissions de paix, transformant les ondes en outils de cohésion sociale et de résilience dans une région sahélienne marquée par l'insécurité.
Diffa : l’espoir résonne sur les ondes pour un Sahel réconcilié 

En somme, cette journée à  Diffa n’a pas seulement vu naître des animateurs mieux armés ; elle a assisté à l’éclosion d’une vision dans laquelle les ondes radiophoniques, tels des affluents, irriguent les terres desséchées par la discorde. Ces vingt-quatre voix, portées par la ténacité des femmes et la ferveur des hommes, s’élèvent désormais comme une symphonie d’espoir. Dans les ruelles de Bosso, les campements de Kablewa et les marchés de N’Guigmi, leurs émissions murmureront bientôt des appels à l’unité, tissant, émission après émission, le rêve d’un Sahel réconcilié, où la paix n’est plus une utopie, mais une réalité forgée par les cœurs et les voix.

Levée de la suspension de Canal3 TV et de la carte de presse de son rédacteur en chef

Niamey, le 20 janvier 2025 – Un revirement de situation dans le paysage médiatique nigérien : le Ministre de la Communication, des Postes et de l’Économie numérique, M. Mohamed Raliou, a annoncé ce lundi la levée des sanctions qui frappaient la chaîne de télévision privée Canal3 TV et son rédacteur en chef, Seini Amadou.

En effet , cette décision intervient seulement quelques jours après l’annonce de la suspension de la chaîne pour un mois et du retrait de la carte de presse de son rédacteur en chef pour trois mois. Cette sanction initiale avait été prise suite à la diffusion d’un reportage classant les membres du gouvernement en fonction de leurs performances dans l’exécution de leurs missions. Ce reportage avait manifestement suscité une réaction du ministère, aboutissant aux mesures de suspension.

Cependant, cette sanction a provoqué une vague de réactions au sein des organisations socioprofessionnelles des médias du Niger. Ces dernières ont interprété diversement la décision du Ministre de la Communication, ce qui a vraisemblablement conduit à un réexamen de la situation. Face à ces réactions et à une possible incompréhension, le Ministre a donc décidé de lever les sanctions, permettant ainsi à Canal3 TV de reprendre sa diffusion et à Seini Amadou de retrouver sa carte de presse.

En somme, cette affaire met en lumière la tension qui existe entre le pouvoir politique et les médias, ainsi que le rôle important des organisations professionnelles dans la défense de la liberté de la presse. En levant rapidement les sanctions, les autorités manifestent une volonté d’apaisement et reconnaissent l’importance du débat public et de la liberté d’expression. Il reste à voir quelles seront les conséquences à long terme de cet événement sur les relations entre les médias et le gouvernement au Niger.

 

L’appel à l’action des Médias nigériens face à la crise climatique

Dans une allocution solennelle, le Ministre de la Communication du Niger, M. Sidi Mohamed Raliou, a invité avec insistance les acteurs médiatiques du pays à s’impliquer résolument dans la lutte contre les bouleversements climatiques qui frappent le Niger et la planète entière.

Une journée dédiée à la liberté des Médias

En anticipation de la 31ème commémoration de la Journée Internationale de la Liberté de la Presse, prévue pour le 3 mai, M. Raliou a exprimé cet appel le jeudi 2 mai 2024, soulignant l’importance cruciale de cette journée dans le contexte actuel.

En effet, Le thème de l’édition 2024, “La presse au service de la planète : le journalisme face à la crise environnementale”, met en exergue la mission vitale des médias dans la sensibilisation et la réponse à la crise écologique mondiale, a affirmé le ministre, en mettant l’accent sur les conséquences dramatiques des changements climatiques.

Par ailleurs,  M. Raliou a rappelé que la liberté de la presse est un droit humain essentiel, ancré dans les valeurs du Niger et reconnu par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.

Un appel à la réflexion et à l’action

Le ministre a également exhorté les professionnels des médias à utiliser cette journée pour engager des discussions approfondies et constructives sur la liberté d’expression et le rôle du journalisme au Niger, particulièrement face aux défis climatiques et leurs répercussions humaines.

Pour assurer un exercice serein du journalisme, le département de M. Raliou s’engage à continuer le renforcement des capacités des journalistes et à réformer le cadre légal de la profession, afin de maximiser la contribution des médias à la construction nationale.  Le ministre a souligné que le combat pour le développement et le bien-être des citoyens dans la dignité est primordial dans le contexte actuel.

En somme, instituée par l’ONU en 1993 et coordonnée par l’UNESCO, cette journée vise à promouvoir un paysage médiatique indépendant et diversifié, à rappeler aux États leurs engagements envers la liberté de la presse, et à soutenir les journalistes confrontés à des entraves dans l’exercice de leur métier.Le Ministre Raliou a conclu en soulignant que la célébration au Niger se fera en harmonie avec le reste du monde, mais dans un cadre spécifique, marqué par des défis sans précédent.

 

Mise en place du CAP-Médias-Niger

Niger, le 16 avril 2024 – Dans une déclaration de presse rendue publique aujourd’hui, les professionnels des médias nigériens ont annoncé la création du Cadre d’Actions des Professionnels des Médias du Niger (CAP-Médias-Niger). Cette initiative vise à améliorer les conditions de travail des médias dans un contexte de sauvegarde de la patrie.

Objectif et Contexte: Promouvoir la Liberté de la Presse

En effet, le CAP-Médias-Niger, fruit d’une large concertation entre les professionnels des médias publics et privés du Niger, a pour objectif de soutenir les autorités du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) dans leur lutte pour la souveraineté nationale. Face aux défis actuels, les médias nigériens s’engagent à plaider en faveur de l’amélioration des conditions de travail auxquelles ils font face.

Dans un contexte de refondation et de sauvegarde de la patrie, le CAP-Médias-Niger s’engage à promouvoir la liberté de la presse. Cette synergie entreprendra également des actions de plaidoyer et de lobbying pour répondre aux attentes légitimes des professionnels des médias. Parmi les priorités figurent la relance du processus de signature de la convention collective de la presse, la mise en œuvre de la loi sur la publicité, le rehaussement de la subvention allouée aux médias publics, ainsi que le recrutement de tous les agents contractuels au sein des médias publics.

Soutien aux Actions Patriotiques du CNSP grâce au CAP-Médias-Niger 

Le CAP-Médias-Niger apporte son soutien aux actions patriotiques menées par le CNSP, actuellement aux commandes de l’État. De plus, il approuve et encourage la mise en place de l’Alliance des États du Sahel (AES), une initiative essentielle pour la stabilité et la sécurité régionales.

En conclusion, le Cadre d’Actions des Professionnels des Médias du Niger appelle l’ensemble des journalistes et les organisations socioprofessionnelles des médias à se joindre à eux pour l’atteinte de leurs nobles objectifs. Dans cette période cruciale, l’unité et la mobilisation de tous sont essentielles pour préserver la souveraineté et l’intégrité de la nation nigérienne.