Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 15 sur 226

Niger : La Police se professionnalise face aux flux migratoires mixtes

Niamey, 8 décembre 2025 – Face à l’explosion des flux migratoires mixtes qui traversent le Niger, la Police nationale monte en compétence. Ce lundi matin, l’École nationale de Police et de la Formation permanente (ENP/FP) a accueilli l’ouverture d’un atelier de cinq jours dédié à la protection des personnes en déplacement forcé.

Un partenariat crucial pour la protection des déplacés

 

Fruit d’un partenariat entre le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), l’ONG canadienne CIAUD et les autorités nigériennes, cette session est la troisième du genre. Une cinquantaine d’officiers et d’agents venus de Niamey, Dosso et Tillabéri suivent un programme intensif axé sur le terrain : identification des besoins de protection le long des corridors migratoires, accueil digne des personnes vulnérables, lutte contre la traite et l’exploitation, ainsi que la coordination avec les acteurs humanitaires.

Le représentant du HCR a rappelé la réalité brutale des routes sahéliennes : « Aujourd’hui, un même convoi peut transporter à la fois des travailleurs économiques, des demandeurs d’asile fuyant la guerre, des victimes de réseaux criminels ou des mineurs non accompagnés. » « Savoir faire la différence, c’est parfois sauver une vie. »

Niger : la Police nationale se forme à la protection des personnes en déplacement forcé. Un défi d'humanité et de sécurité face à l'explosion des flux migratoires mixtes sur les routes sahéliennes.
© Niger : la Police nationale se forme à la protection des personnes en déplacement forcé. Un défi d'humanité et de sécurité face à l'explosion des flux migratoires mixtes sur les routes sahéliennes.

Le double défi pour la Police : fermeté et humanité

 

Par conséquent, le directeur général adjoint de la Police nationale a insisté sur la nécessité d’une « police à la fois ferme sur la sécurité des frontières et profondément humaine ». Il a salué l’intégration progressive de ces modules dans les formations initiale et continue des forces de l’ordre, une première dans la sous-région.

De plus, parmi les thèmes abordés figurent le cadre légal national et international de la protection, les techniques d’entretien avec des personnes traumatisées, la détection des victimes de traite, mais aussi l’éthique et la déontologie en situation de crise humanitaire.

À l’issue de la formation, les participants devront organiser des sessions de restitution dans leurs unités respectives, afin que ces nouvelles pratiques irriguent l’ensemble du dispositif policier nigérien.

Dans un pays qui reste l’un des principaux carrefours migratoires d’Afrique de l’Ouest malgré l’insécurité grandissante, cet atelier marque une étape supplémentaire dans la professionnalisation d’une police confrontée à des défis à la fois sécuritaires et profondément humains.

Ouattara s’installe dans son quatrième mandat

Abidjan, 8 décembre 2025 – La Côte d’Ivoire a scellé aujourd’hui son entrée dans une nouvelle ère, celle de la continuité. À 83 ans, et au terme d’une élection vivement contestée, le président Alassane Ouattara a prêté serment pour un nouveau mandat devant un parterre de chefs d’État africains réunis au Palais du Plateau. Ce rituel, marqué par un déploiement sécuritaire massif et une solennité impeccable, réaffirme l’autorité d’un leader qui cumule désormais près de quinze années au pouvoir. Si la cérémonie célèbre la stabilité économique retrouvée, elle relance aussi les questions fondamentales sur l’avenir démocratique de la nation et le délicat défi de la transmission générationnelle promis dans son discours. Le pays a les yeux rivés sur un quinquennat où les réussites économiques devront cohabiter avec une polarisation politique persistante.

 

Le processus électoral : une victoire confirmée dans un contexte tendu

 

L’ascension d’Alassane Ouattara vers ce nouveau quinquennat, qualifié de « quatrième mandat » par ses détracteurs, s’ancre dans un scrutin présidentiel tenu le 25 octobre 2025. L’opposition, largement réprimée, avait appelé à un boycott massif, ce qui a maintenu le taux de participation à un faible 50,10 %. Le chef de l’État sortant a ainsi récolté 89,77 % des suffrages exprimés, une domination entérinée le 4 novembre par le Conseil constitutionnel, malgré la contestation.

Ce scrutin a été marqué par de lourdes controverses. L’opposition a dénoncé non seulement des irrégularités, mais aussi l’exclusion de candidats clés, comme l’ancien président Laurent Gbagbo et Tidiane Tiam. Plus grave, les semaines précédant le vote ont été émaillées de manifestations et d’un boycott actif, entraînant l’emprisonnement de plusieurs leaders et militants de l’opposition. Bien que les observateurs internationaux – notamment l’Union africaine (UA) et la CEDEAO – aient salué un processus globalement pacifique, la répression des voix dissidentes alimente les accusations de « dérive autoritaire » et interroge sérieusement la maturité démocratique post-crise de la Côte d’Ivoire.

 

Une cérémonie d’investiture : Solennité et faste diplomatique 

 

La journée a débuté aux premières heures par un renforcement sécuritaire massif autour du Palais présidentiel, avec des barrages routiers et des hélicoptères survolant le skyline abidjanais. À 10 h précises (GMT), la cérémonie s’est ouverte dans la grande salle des actes du palais. Devant les neuf juges du Conseil constitutionnel, Alassane Ouattara, vêtu d’un costume sombre impeccable, a posé la main gauche sur la Constitution de 2016 et levé la droite pour prononcer le serment solennel :

« Devant le peuple souverain de Côte d’Ivoire, je jure solennellement et sur l’honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, d’incarner l’unité nationale et de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l’intérêt supérieur de la Nation, » a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le Conseil constitutionnel a fait suivre ce rituel de la remise du Grand Collier de l’Ordre National, distinction suprême.

 

Une constellation de leaders africains à l’investiture de Ouattara

 

L’événement a réuni une constellation de figures continentales et mondiales, transformant l’investiture en un sommet informel sur la gouvernance ouest-africaine. Au total, une dizaine de présidents ont convergé vers Abidjan, dont Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), ainsi que Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau) et John Dramani Mahama (Ghana), l’ancien Président Issoufou Mahamadou, président de la Fondation FIM. Le vice-président nigérian Kashim Shettima et le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Touray, étaient également présents, soulignant l’importance régionale.

Sur le plan international, la présence de Jacob Helberg, secrétaire d’État américain aux Affaires économiques, a marqué un temps fort. Représentant l’administration Trump, il a symbolisé l’engagement des États-Unis pour une « prospérité économique via les technologies clés et la sécurité partagée ». Des émissaires de l’Union européenne, de la Chine et du Japon ont complété ce tableau diplomatique. Pendant ce temps, les abords du palais ont aussi accueilli des milliers de supporters du RHDP, avec des chants traditionnels et des danses qui ont rythmé l’arrivée des invités, diffusées sur des écrans géants dans les quartiers populaires.

 

Discours et vision du quinquennat de Ouattara

 

Immédiatement après le serment, Alassane Ouattara s’est adressé à la nation lors d’un discours d’une quarantaine de minutes, retransmis en direct par la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) et les chaînes privées. Prenant un ton humble et visionnaire, il a d’abord exprimé « sa profonde gratitude envers les électeurs », qualifiant ce choix de « victoire de la démocratie, de la paix et de la stabilité ».

Les axes majeurs de son intervention ont dessiné les contours d’un mandat placé sous le signe de  » l’audace, de l’innovation et de la transmission générationnelle. » Ouattara a insisté sur la nécessité de consolider les acquis précédents : modernisation des infrastructures, réforme économique (visant à diversifier les revenus au-delà du cacao, qui représente 40 % des exportations), et amélioration du cadre de vie (promettant l’accès à l’eau potable pour 90 % de la population d’ici 2030). Il a également promis une accélération des réformes sociales, avec un focus crucial sur l’emploi des jeunes, une catégorie qui représente 60 % de la population.

 

Transmission, Sécurité et Avenir

 

Le passage le plus poignant a été consacré à la « transmission générationnelle », qualifiée d’acte de responsabilité et de maturité politique ». Le président a annoncé la formation d’une « élite intègre, compétente et attachée à l’intérêt général », via des programmes de mentorat et de leadership, dissipant par là les spéculations sur une retraite imminente. « Ce mandat est celui de préparer l’avenir, en élevant une génération prête à porter la Côte d’Ivoire émergente, » a-t-il martelé.

Sur le plan sécuritaire, face aux menaces jihadistes aux frontières nord et aux tensions ethniques résiduelles, Ouattara s’est engagé à renforcer la cohésion nationale : « Je resterai le président de tous les Ivoiriens, sans distinction, au service exclusif de l’intérêt général ». Il a appelé à l’unité face aux défis régionaux, évoquant la coopération avec la CEDEAO pour contrer l’instabilité sahélienne. En conclusion, il a lancé un appel vibrant : « Rien n’est impossible pour un peuple uni. Avec humilité et sens du devoir, nous forgerons une Côte d’Ivoire stable et ambitieuse. » Ce discours a été perçu comme un « nouveau pacte avec la nation », selon le Premier ministre sortant, Robert Beugré Mambé.

 

Un mandat sous tension : la contestation au regard des 6 % de croissance

 

Ce quatrième mandat s’inscrit dans une Côte d’Ivoire qui a connu une trajectoire économique remarquable depuis 2011. Sous Alassane Ouattara, le PIB a triplé, passant de 25 milliards de dollars à près de 80 milliards en 2025, porté par les investissements massifs dans l’énergie (barrages hydroélectriques) et les télécoms. Avec une croissance annuelle avoisinant les 6 %, Abidjan s’est clairement imposée comme un hub ouest-africain attractif pour les capitaux étrangers.

Pourtant, les ombres persistent. L’opposition conteste vivement la légalité de ce nouveau quinquennat, le qualifiant d’« anticonstitutionnel » en raison de la réforme de 2016 qui a ouvert la voie à ces mandats supplémentaires. L’exclusion de figures politiques majeures, comme Tidiane Thiam, alimente les griefs d’exclusion et de dérive. Sur les réseaux sociaux, des voix dissidentes dénoncent une « polarisation accrue », signalant des risques de tensions post-électorales qui menacent d’éroder le consensus national.

 

Le défi de l’après-2030 : Ouattara consolide son legs

 

La prestation de serment du 8 décembre 2025 réaffirme l’image d’une Côte d’Ivoire en pleine ascension économique, mais elle consacre également l’héritage politique controversé d’Alassane Ouattara. Le nouveau quinquennat s’ouvre sur un paradoxe : les acquis économiques sont solides, mais le tissu démocratique reste fragilisé par l’exclusion de l’opposition et la question non résolue de la succession.

L’épreuve de la stabilité, désormais, ne résidera plus dans la croissance du PIB, mais dans la capacité du régime à gérer le débat politique sans user de la répression. Pour la région ouest-africaine, le maintien de Ouattara au pouvoir symbolise un ancrage contre l’instabilité sahélienne, tout en ravivant la méfiance envers les révisions constitutionnelles qui perpétuent les élites. Finalement, ce serment est un message à deux faces : celui de la continuité assurée pour les investisseurs, et celui de lincertitude politique pour les Ivoiriens.

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Inter – Côme, 6 décembre

 

Sous la houlette de Cristian Chivu, qui a succédé à Simone Inzaghi, l’Inter est resté un prétendant au Scudetto en affichant un football de qualité. Cependant, les Nerazzurri sont souvent malchanceux face aux équipes du top 7 de la Serie A. Ils ont concédé leurs deux défaites contre la Juventus (3-4), Naples (1-3) et l’AC Milan (0-1), et n’ont engrangé qu’un seul succès, face à la Roma (1-0).

 

Como n’a concédé que 7 buts en championnat (la Roma en a encaissé autant, un meilleur bilan que chez les autres équipes) et affrontera la meilleure attaque du championnat (l’Inter, 28 buts). Le gardien Jean Butez est habitué aux lourdes charges : les adversaires des Lariani ont porté leur indicateur xG jusqu’à 15,05. Grâce à une série de 11 matchs sans revers, Como se positionne à la 5ᵉ place et ambitionne de se qualifier au moins pour les coupes d’Europe. Cependant, en avant, le collectif dépend trop de Nico Paz, auteur de 5 réalisations et 5 assists.

 

Cotes : V1 – 1,586, X – 4,4, V2 – 6,34

 

Betis – FC Barcelone, 6 décembre

 

La saison dernière, le Betis était la seule équipe de Liga à ne pas s’incliner face au FC Barcelone (2-2 à domicile, 1-1 à l’extérieur). Le manager le plus expérimenté, Manuel Pellegrini, même sans Isco, blessé, obtient de bons résultats en championnat et en Ligue Europa. Cucho Hernández, Antony, Fornals et Abde Ezzalzouli, formé à La Masia, sont prêts à mettre à l’épreuve la défense blaugrana. Le Betis disposera de six jours pour se remettre après son triomphe dans le derby sévillan (2-0), disputé sous une chaleur intense.

 

Le FC Barcelone, partenaire officiel de 1xBet, a réagi à sa déroute lors du Clasico par cinq victoires consécutives et a repris la tête de la Liga. Rafinha et Pedri, suffisamment remis, ont ajouté un renfort supplémentaire. Cependant, le 2 décembre, lors du match contre l’Atlético (3-1), Olmo est sorti sur blessure et a rejoint Gavi, ter Stegen, Araujo et Fermín López à l’infirmerie. Les options de rotation du Barça sont limitées dans un calendrier chargé.

 

Cotes : V1 – 4,27, X – 4,32, V2 – 1,82

 

Naples – Juventus, 7 décembre

 

Antonio Conte prouve que ses cinq Scudettos soulevés avec trois équipes différentes ne sont pas le fruit du hasard. Lorsque Lukaku, De Bruyne, Anguissa, Gilmore et Meret étaient simultanément blessés, l’entraîneur a opté pour un système en 3-4-3 et a enchaîné deux victoires serrées en Serie A contre l’Atalanta (3-1) et la Roma (1-0). En fin de compte, Naples ne cède la première place à l’AC Milan que grâce à des statistiques supplémentaires. Il est à noter que Conte n’a jamais affronté Spalletti, mais face à la Juventus après son départ des Bianconeri, il a disputé six matchs : deux victoires et trois défaites.

 

Luciano Spalletti retourne dans la ville qui a été menée par lui au sacre il y a deux ans. Sous les commandes du coach de 66 ans, la Juventus est invaincue (4 victoires et 3 nuls toutes compétitions confondues) et tentera de mettre fin à sa série de 6 échecs consécutifs à Naples.

 

Cotes : V1 – 2,446, X – 3,15, V2 – 3,455

 

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Niger : Visites surprises de la ministre contre l’absentéisme scolaire

Niamey, 5 décembre 2025 – Ce vendredi 5 décembre 2025, en début de matinée, la ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues, Dr Élisabeth Shérif, a multiplié les déplacements sans prévenir dans plusieurs établissements scolaires et services déconcentrés de la capitale nigérienne.

Objectif affiché : vérifier sur le terrain la réalité de la cérémonie hebdomadaire du salut aux couleurs et, plus largement, s’assurer que les cadres et agents de l’Éducation sont bien à leur poste à l’heure prévue.

Un périmètre large pour un message ferme

 

De l’école Mission Irkoy Gombo au lycée de Tondibia (CEG Tondibia), en passant par les inspections de l’enseignement préscolaire et primaire de Niamey 1, 8, 14, 21 et 25, ainsi que l’inspection de l’enseignement secondaire général de Niamey 1, la ministre a parcouru un large périmètre de la ville. À chaque étape, le même message ferme : la ponctualité et la présence effective ne sont pas négociables.

La ministre nigérienne de l'Éducation, Dr Shérif, multiplie les visites surprises dans les écoles de Niamey. Objectif : vérifier l'assiduité et lutter contre l'absentéisme pour la refondation éducative.
© La ministre nigérienne de l'Éducation, Dr Shérif, multiplie les visites surprises dans les écoles de Niamey. Objectif : vérifier l'assiduité et lutter contre l'absentéisme pour la refondation éducative.
La ministre nigérienne de l'Éducation, Dr Shérif, multiplie les visites surprises dans les écoles de Niamey. Objectif : vérifier l'assiduité et lutter contre l'absentéisme pour la refondation éducative.
© La ministre nigérienne de l'Éducation, Dr Shérif, multiplie les visites surprises dans les écoles de Niamey. Objectif : vérifier l'assiduité et lutter contre l'absentéisme pour la refondation éducative.

L’assiduité, levier de la Refondation éducative

 

« L’assiduité est la première condition pour redonner à l’école nigérienne sa dignité », a-t-elle répété devant les directeurs, inspecteurs et enseignants croisés sur son passage.

De ce fait, le Dr Shérif a clairement relié ces exigences au projet de refondation du système éducatif lancé depuis la prise de pouvoir du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) sous l’autorité du chef de l’État, le général Abdourahamane Tiani.

Ces visites surprises, qui se multiplient ces dernières semaines, traduisent une volonté manifeste du département de l’Éducation de mettre fin aux habitudes de retard et d’absentéisme chronique qui gangrènent encore certains services. Elles interviennent aussi dans un contexte où les autorités insistent sur la discipline comme levier principal de la renaissance du système scolaire nigérien.

Niger : le Dr Koroney quitte l’ANAQ-SUP pour diriger l’ESCEP

Niamey, 5 décembre 2025 – Mardi 2 décembre, l’auditorium de l’Agence Nationale d’Assurance Qualité de l’Enseignement Supérieur (ANAQ-SUP) a pris des allures de fête discrète mais chaleureuse. L’institution a tenu à marquer d’une pierre blanche le départ de l’un de ses piliers : le Dr Abdoul Salam Koroney, tout juste nommé directeur général de l’École Supérieure des Communications Électroniques et de la Poste (ESCEP-Niger).

L'ANAQ-SUP honore le Dr Abdoul Salam Koroney, nommé DG de l'ESCEP-Niger. Son départ souligne la rigueur et le "combat quotidien" pour la qualité de l'enseignement supérieur au Niger.
© L'ANAQ-SUP honore le Dr Abdoul Salam Koroney, nommé DG de l'ESCEP-Niger. Son départ souligne la rigueur et le "combat quotidien" pour la qualité de l'enseignement supérieur au Niger.

ANAQ-SUP : un bâtisseur de normes pédagogiques

 

Devant l’ensemble du personnel réuni pour l’occasion, le directeur général de l’ANAQ-SUP, le Pr Boureima Amadou, a remis au partant une distinction honorifique symbolique. Un geste qui n’a rien de protocolaire : il récompense des années de travail acharné à la tête de la direction des normes pédagogiques, de la planification et du suivi des programmes.

« Le Dr Koroney n’a jamais compté ses heures », a déclaré le Pr Amadou. « Quand il fallait défendre la rigueur académique, harmoniser les curricula ou suivre des centaines de programmes d’accréditation, il était toujours le premier arrivé et le dernier parti. En conséquence, son départ est une perte pour nous, mais une chance immense pour l’ESCEP et pour tout le secteur de l’enseignement supérieur technique. »

La qualité, un « combat quotidien »

 

Dans la salle, les applaudissements ont été longs. Beaucoup se souvenaient encore des nuits blanches passées ensemble lors des premières vagues d’évaluation des universités privées, ou de la patience dont il avait fait preuve pour faire adopter les nouveaux référentiels qualité dans un contexte parfois houleux.

Le Dr Koroney, visiblement ému mais fidèle à sa sobriété habituelle, a simplement remercié ses anciens collègues : « L’ANAQ-SUP m’a appris que la qualité n’est pas un slogan, mais un combat quotidien. Je pars avec le sentiment du devoir accompli, mais surtout avec la conviction que cette maison est entre de très bonnes mains. »

Un pot amical a clôturé la cérémonie. Entre deux coupes de jus de bissap, plusieurs cadres confiaient déjà qu’ils espéraient voir le nouveau DG de l’ESCEP maintenir le même niveau d’exigence qui avait marqué son passage à l’ANAQ-SUP.

Preuve que, dans le petit monde de l’enseignement supérieur nigérien, on peut changer de poste sans jamais changer de réputation : celle d’un bâtisseur discret mais implacable de la qualité académique.

Tahoua : 50 kg de cannabis saisis en plein centre-ville

Tahoua, 4 décembre 2025 – L’antenne régionale de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) vient de frapper fort. En effet, mardi 2 décembre, ses agents ont mis la main sur plus de 50 kilogrammes de résine de cannabis répartis en 57 briques, lors d’une opération rondement menée en plein cœur de Tahoua. La marchandise, présentée ce jeudi matin au Gouverneur de région, le Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa, représente l’une des plus importantes saisies réalisées cette année dans le centre du pays.

Saisie de 50 kg de cannabis : Le déroulement de l’opération antidrogue

 

Tout a commencé par un simple tuyau anonyme : une grosse quantité de drogue venait d’entrer dans la ville. Sans attendre, les hommes de l’OCRTIS n’ont pas traîné. Postés discrètement, ils ont interpellé un premier suspect nigérien au quartier Koweït avec 20 briques déjà prêtes à la revente.

Par la suite, les perquisitions qui ont suivi, dans le quartier Bilbis, ont permis de découvrir le reste du stock savamment camouflé au milieu de bottes de tiges de mil : 37 briques supplémentaires. Bilan : trois individus en garde à vue, une moto et deux téléphones saisis, et surtout 50,57 kg de cannabis hors d’état de nuire.

 

Un réseau transfrontalier démantelé

 

Selon les premiers éléments de l’enquête, le réseau démantelé fonctionnait comme une véritable entreprise transfrontalière. La drogue provenait de trois pays voisins, transitait par des camions de marchandises via Konni, avant d’être écoulée localement ou réexpédiée vers le Maghreb. Un circuit bien rodé que les trafiquants pensaient à l’abri des radars.

« Cette opération montre que nos forces sont vigilantes et efficaces », a déclaré le Gouverneur Souleymane Amadou Moussa lors de la présentation officielle de la saisie dans les locaux de la Police nationale. « Mais elle rappelle aussi que le trafic de drogue n’est pas qu’une affaire de santé publique : c’est une source de financement directe pour la criminalité organisée et les groupes terroristes qui sévissent dans notre région. »

Tahoua : L'OCRTIS intercepte plus de 50 kg de cannabis et démantèle un réseau transfrontalier. Le Gouverneur rappelle le lien entre le trafic et le terrorisme dans la région.
© Tahoua : L'OCRTIS intercepte plus de 50 kg de cannabis et démantèle un réseau transfrontalier. Le Gouverneur rappelle le lien entre le trafic et le terrorisme dans la région.

L’appel crucial à la vigilance citoyenne

 

Le Gouverneur a insisté sur un point crucial : sans la collaboration active de la population, de telles prises seraient beaucoup plus rares. « Aux habitants de Tahoua et des villages environnants : continuez à nous alerter. Un coup de fil anonyme peut aussi  sauver des vies et protéger toute une région », a-t-il lancé.

Cette saisie s’inscrit dans une série impressionnante d’opérations menées ces derniers mois par l’OCRTIS à Tahoua, preuve que la pression ne faiblit pas sur les réseaux. En conclusion, pour les autorités, chaque kilogramme intercepté est un message clair envoyé aux trafiquants : la route du Nord n’est plus une passoire.

À l’heure où le Sahel fait face à une criminalité de plus en plus sophistiquée, Tahoua montre qu’elle refuse de baisser la garde. Et tant que la population jouera le jeu de la vigilance, les trafiquants auront de plus en plus de mal à passer entre les mailles du filet.

Sécurité : le Niger explore de nouvelles coopérations avec l’Iran

Niamey, 4 décembre 2025 – Ce matin, dans les salons du ministère de l’Intérieur, le Général de Division Mohamed Toumba, Ministre d’État chargé de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, a reçu l’ambassadeur de la République islamique d’Iran au Niger, Son Excellence Ali Tiztak, à la tête d’une délégation de haut niveau.

 

Le Niger et l’Iran :  un agenda opérationnel pour le renforcement de la sécurité

 

Au-delà des politesses d’usage, l’entretien a rapidement pris une tournure opérationnelle : les deux parties ont passé en revue les moyens concrets de faire monter d’un cran la coopération bilatérale, avec un accent très net sur le renforcement de la sécurité nationale du Niger.

Selon des sources proches du dossier, les discussions ont porté sur plusieurs axes stratégiques :

  • Échanges d’expertise et formation des forces nigériennes dans des domaines sensibles (renseignement, lutte anti-drones, cybersécurité) ;
  • Possibilité de livraisons de matériels de surveillance et de défense adaptés au contexte sahélien ;
  • Partage d’expérience iranienne en matière de sécurisation des vastes zones désertiques et de protection des frontières poreuses.

Une diversification stratégique des alliances

 

« Le Niger fait face à des menaces multiples et sophistiquées. Nous ne nous interdisons aucun partenariat utile dès lors qu’il sert la protection de nos populations et la souveraineté de notre pays », a sobrement commenté un proche collaborateur du ministre à la sortie de la rencontre.

Côté iranien, l’ambassadeur Tiztak a réaffirmé la disponibilité de Téhéran à accompagner Niamey « dans tous les domaines où notre expérience peut être bénéfique », soulignant que la sécurité du Niger est aussi celle de la région tout entière. En effet, l’Iran est notamment réputé pour son expertise en matière de technologie de drones et de résilience militaire face aux pressions extérieures.

 

Le nouveau pragmatisme nigérien

 

Cette visite intervient dans un contexte où le Niger, après la rupture avec certains partenaires occidentaux traditionnels, multiplie les coopérations « Sud-Sud » et diversifie ses alliances sécuritaires. C’est ainsi que la Russie, la Turquie et désormais l’Iran figurent parmi les nouveaux acteurs avec lesquels Niamey construit des relations pragmatiques, centrées sur l’efficacité et la rapidité de réponse.

En somme , les deux délégations se sont séparées avec la promesse de « concrétiser très rapidement » les pistes évoquées. Pour les Nigériens qui vivent au quotidien la menace terroriste dans le Tillabéri, le Diffa ou l’Agadez, cette nouvelle ouverture vers Téhéran est avant tout perçue comme un message clair : l’État est prêt à frapper à toutes les portes pour ramener la paix sur son sol. Par conséquent, quand il s’agit de protéger le pays, il n’y a plus de tabou.

Niger : Niamey s’engage pour une ville avec « 0 violence »

Niamey, 4 décembre 2025 – Ce matin, sous un ciel clair et devant une Place de la Mairie noire de monde, la capitale nigérienne a franchi un cap décisif dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. En effet, devant plusieurs centaines de personnes – élus locaux, leaders religieux, chauffeurs de taxi, associations, partenaires internationaux –, l’Administrateur Délégué de la Ville de Niamey, le Colonel Boubacar Soumana Garanké (première autorité exécutive de la ville), a officiellement donné le coup d’envoi de la campagne « Je m’engage pour une ville avec 0 violence ».

 0 violence! : une mobilisation mondiale pour 16 jours d’activisme

 

Portée par ONU Femmes et la municipalité de Niamey, cette initiative ouvre les 16 jours d’activisme mondial contre les violences basées sur le genre. Ainsi, pendant plus de deux semaines, la ville entière va se transformer en vaste espace de mobilisation : messages dans les taxis, spots radio, théâtres de rue, causeries dans les quartiers, formations pour les forces de l’ordre et les leaders communautaires. L’objectif est clair : faire de Niamey une référence en matière de sécurité pour les femmes et les filles.

« Aujourd’hui, nous ne lançons pas seulement une campagne, nous lançons un contrat moral entre tous les habitants de cette ville », a déclaré le Colonel Garanké. « Une femme qui se déplace dans la rue, une fille qui se rend à l’école ou au marché doit se sentir en sécurité partout et à tout moment. C’est notre devoir collectif.»

Niamey lance la campagne « 0 violence » contre les violences faites aux femmes, portée par l'ONU Femmes et la municipalité. Un serment collectif pour une ville plus sûre.
© Niamey lance la campagne « 0 violence » contre les violences faites aux femmes, portée par l'ONU Femmes et la municipalité. Un serment collectif pour une ville plus sûre.
Niamey lance la campagne « 0 violence » contre les violences faites aux femmes, portée par l'ONU Femmes et la municipalité. Un serment collectif pour une ville plus sûre.
© Niamey lance la campagne « 0 violence » contre les violences faites aux femmes, portée par l'ONU Femmes et la municipalité. Un serment collectif pour une ville plus sûre.

Le rôle clé d’ONU Femmes et du Royaume d’Espagne

 

À ses côtés, la Représentante d’ONU Femmes au Niger a salué l’engagement fort de la municipalité et des partenaires, notamment le Royaume d’Espagne qui finance une partie importante des actions. « Les violences ne sont pas une fatalité. Elles ont des causes, elles ont des auteurs, et elles ont des solutions. Et ces solutions passent par chacun de nous », a-t-elle insisté.

Parmi les gestes forts de la matinée : la remise symbolique de centaines d’autocollants et de gilets « Je m’engage pour une ville avec 0 violence » aux chauffeurs de taxi de la Direction des Transports Urbains. Ces derniers, qui sillonnent Niamey du matin au soir, deviennent ainsi les premiers ambassadeurs mobiles de la campagne. « Nous voyons trop de choses dans nos voitures. Désormais, quand une femme ou une fille est en danger, on saura quoi faire et vers qui l’orienter », témoigne Ibrahim, taximan depuis quinze ans.

Niamey lance la campagne « 0 violence » contre les violences faites aux femmes, portée par l'ONU Femmes et la municipalité. Un serment collectif pour une ville plus sûre.
© Niamey lance la campagne « 0 violence » contre les violences faites aux femmes, portée par l'ONU Femmes et la municipalité. Un serment collectif pour une ville plus sûre.

Les leaders religieux en première ligne

 

Chefs coutumiers et religieux présents ont également pris la parole pour rappeler que la protection des femmes est inscrite dans les valeurs nigériennes et islamiques. « Une société qui laisse ses femmes et ses filles dans la peur n’est pas une société forte », a lancé l’un d’eux, sous les applaudissements.

Concrètement, les 16 jours vont voir se multiplier :

  • Des patrouilles mixtes dans les quartiers sensibles ;
  • Des numéros verts renforcés et des centres d’écoute gratuits ;
  • Des formations pour les agents municipaux sur l’accueil des victimes ;
  • Des grandes marches et des concerts pour dire non à la violence.

« Nous ne voulons plus entendre parler de « c’est la culture » ou « c’est comme ça ». La violence n’a jamais fait partie de notre culture. La dignité, oui », a conclu le Colonel Garanké, avant d’inviter chaque habitant à signer également l’engagement géant installé sur la place.

 

 0 violence ! : le serment collectif pour une ville plus sûre

 

À la fin de la cérémonie, des centaines de mains – hommes, femmes, jeunes, vieux – se sont levées pour prêter serment : « Je m’engage pour une Niamey où aucune femme, aucune fille n’aura plus jamais peur. »

En somme, Niamey vient de poser la première pierre d’une ville plus sûre. d’ailleurs, les 16 prochains jours diront si ce serment collectif deviendra réalité. Mais une chose est sûre : le silence autour des violences est terminé.

Tchad invité d’honneur au Festival de l’Aïr 2025 : Agadez en fête

Agadez, 4 décembre 2025 – La ville aux mille coupoles vibre déjà au rythme des tambours et des chants touaregs. À 24 heures du lancement officiel de la 17ᵉ édition du Festival de l’Aïr, prévu ce vendredi 5 décembre à Iférouane, cœur battant de l’Aïr, la région toute entière est en effervescence. Et pour cause : une impressionnante délégation gouvernementale nigérienne, accompagnée du ministre tchadien du Tourisme et d’une foule de personnalités, a posé ses valises sous un soleil éclatant et une ambiance résolument festive.

Un accueil protocolaire et massif à l’aéroport

 

Dès l’atterrissage à l’aéroport international Mano Dayak, l’ambiance était électrique. La ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Mme Aghaichata Guichene Atta, entourée de plusieurs de ses collègues – dont les ministres du Pétrole, de la Communication, de l’Agriculture et de l’Élevage, de la Refondation, de la Culture et de la Modernisation sociale – a été accueillie avec tous les honneurs par le gouverneur de la région, le général de division Ibra Boulama Issa.

Par ailleurs, le directeur général de l’Agence pour la modernisation des villes, celui des Impôts, ainsi que de nombreux cadres civils et militaires ont donné à cette arrivée des allures de grande célébration nationale.

La 17ᵉ édition du Festival de l'Aïr lance les festivités à Iférouane. Le Niger accueille une délégation massive, dont le Tchad, invité d'honneur, dans une ambiance chaleureuse.
© La 17ᵉ édition du Festival de l'Aïr lance les festivités à Iférouane. Le Niger accueille une délégation massive, dont le Tchad, invité d'honneur, dans une ambiance chaleureuse.
La 17ᵉ édition du Festival de l'Aïr lance les festivités à Iférouane. Le Niger accueille une délégation massive, dont le Tchad, invité d'honneur, dans une ambiance chaleureuse.
© La 17ᵉ édition du Festival de l'Aïr lance les festivités à Iférouane. Le Niger accueille une délégation massive, dont le Tchad, invité d'honneur, dans une ambiance chaleureuse.

 Festival de l’Aïr: le Tchad, invité d’honneur, porté en triomphe

 

Mais le moment le plus chaleureux de la journée restera sans conteste l’accueil réservé au ministre tchadien du Tourisme, M. Abakar Rozzi Teguil. À peine sorti de l’avion, il a été littéralement porté en triomphe par la communauté tchadienne d’Agadez, venue en masse agiter drapeaux et foulards aux couleurs des deux pays frères. Cris de joie, youyous, accolades interminables : l’image était forte et émouvante.

« C’est plus qu’une visite officielle, c’est une grande fête de famille », a confié un membre de la diaspora tchadienne, les larmes aux yeux.

La 17ᵉ édition du Festival de l'Aïr lance les festivités à Iférouane. Le Niger accueille une délégation massive, dont le Tchad, invité d'honneur, dans une ambiance chaleureuse.
© La 17ᵉ édition du Festival de l'Aïr lance les festivités à Iférouane. Le Niger accueille une délégation massive, dont le Tchad, invité d'honneur, dans une ambiance chaleureuse.

Symbole d’une amitié sahélienne

 

Pour cette édition 2025, le Tchad est l’invité d’honneur du Festival de l’Aïr, et par conséquent, les autorités des deux pays n’ont pas lésiné sur les symboles d’amitié.

« Cette présence massive de nos frères tchadiens est la plus belle preuve que le Niger et le Tchad partagent bien plus qu’une frontière : ils partagent un cœur », a déclaré la ministre Aghaichata Guichene Atta, tout sourire, avant de rejoindre le cortège officiel sous les applaudissements.

Dès demain à Iférouane, le grand rendez-vous culturel du Nord-Niger promet d’être mémorable : courses de chameaux, concerts sous les étoiles, défilés de mode touareg, expositions d’artisanat, et en plus cette année, une forte coloration tchadienne avec des troupes artistiques venues spécialement de N’Djamena et du Lac Tchad. Les organisateurs parlent déjà d’une édition « historique » qui pourrait aussi  battre tous les records d’affluence.

 Festival de l’Aïr: le désert s’apprête à danser

 

Ce soir, Agadez s’illumine déjà. D’ailleurs, les ruelles du vieux quartier résonnent de guitares et de Tende (musique touarègue traditionnelle), les hôtels affichent complet, et les familles préparent les plus beaux habits pour accueillir les visiteurs. Finalement, demain, le désert va danser. Et quand le Niger et le Tchad dansent ensemble, c’est tout le Sahel qui sourit. Rendez-vous à Iférouane : la fête ne fait que commencer !

AES-Iran : Téhéran invite l’Alliance à un partenariat en décembre

Ouagadougou, 27 novembre 2025 – En parallèle des travaux préparatoires du deuxième sommet de la Confédération des États du Sahel (AES), le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a reçu mercredi en fin d’après-midi un hôte discret mais hautement stratégique : le Dr Khosravinejad Akba, envoyé spécial du chef de la diplomatie iranienne.

L’entretien, qui s’est tenu à huis clos dans les salons du ministère burkinabè des Affaires étrangères, a duré près d’une heure. Selon plusieurs sources diplomatiques, les deux hommes ont passé en revue les axes de coopération bilatérale Niger-Iran, avant d’élargir la discussion à un partenariat plus ambitieux entre Téhéran et l’ensemble de l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger).

Une invitation officielle pour décembre

 

Le point d’orgue de la rencontre fut la remise par l’émissaire iranien d’une lettre d’invitation formelle adressée aux trois ministres des Affaires étrangères de l’AES. Ils sont conviés à une réunion de haut niveau à Téhéran au mois de décembre 2025, dont l’objectif est d’« approfondir les perspectives de coopération » entre la jeune confédération sahélienne et la République islamique.

Si les détails du programme restent confidentiels, des diplomates évoquent déjà plusieurs domaines prioritaires : énergie (nucléaire civil et solaire), défense et sécurité, agriculture irriguée, formation technique, ainsi que coopération bancaire. Cette dernière est cruciale, car elle permettrait de contourner les sanctions occidentales qui pèsent à la fois sur l’Iran et sur les trois pays de l’AES.

 

AES-Iran :  une coopération basée sur le « souverainisme partagé »

 

Depuis leur retrait brutal de la CEDEAO et leur rupture avec la France, le Burkina, le Mali et le Niger multiplient les partenaires non occidentaux. La Russie, la Turquie et la Chine ont ouvert la voie. Par conséquent, l’Iran – qui cultive des relations discrètes avec Niamey – voit dans l’AES une opportunité de sortir de son isolement régional.

« Téhéran propose une coopération sans ingérence politique ni conditionnalité, ce qui correspond exactement au discours souverainiste des trois capitales », commente un analyste. De plus, pour l’Iran, « c’est une porte d’entrée supplémentaire en Afrique de l’Ouest, loin des radars américains et européens ».

Ouagadougou : Le ministre nigérien Bakary Y. Sangaré reçoit l'envoyé spécial iranien. L'Iran invite l'AES à Téhéran pour développer une coopération.
© Ouagadougou : Le ministre nigérien Bakary Y. Sangaré reçoit l'envoyé spécial iranien. L'Iran invite l'AES à Téhéran pour développer une coopération.

AES-Iran : prochain round à Téhéran

 

La visite éclair de l’envoyé spécial iranien à Ouagadougou, juste après la réunion tripartite AES, n’a rien d’un hasard. Elle marque la première étape publique d’un rapprochement qui pourrait, dès le mois prochain, déboucher sur des accords concrets.

En acceptant l’invitation, les trois ministres AES s’apprêtent à franchir un nouveau cap dans leur politique d’ouverture tous azimuts. Après Moscou et Pékin, c’est désormais Téhéran qui tend la main. Ainsi, dans le Sahel en pleine recomposition géopolitique, chaque poignée de main compte.