Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 3 sur 240

Niger : la ministre Élisabeth Shérif accélère la réforme des programmes scolaires et des manuels de mathématiques

Au Niger, la réforme du système éducatif poursuit sa trajectoire. Ce vendredi matin, la ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues, Dr Élisabeth Shérif, s’est rendue dans deux institutions clés du secteur afin de suivre de près les travaux engagés pour moderniser les programmes d’enseignement et renforcer les outils pédagogiques destinés aux élèves.

Ministère de l’Education Nationale Officiel
© Ministère de l’Education Nationale Officiel

Une visite au cœur de la refonte des programmes

Première étape de cette tournée : l’Institut de Formation et d’Appui à l’Éducation Non Formelle (IFAENF), où se déroule une importante réflexion sur l’évolution des contenus pédagogiques. Sur place, la ministre a rencontré les experts et techniciens mobilisés au sein du comité chargé de repenser les programmes d’enseignement.

Le dispositif repose sur trois groupes de travail distincts : l’un dédié au préscolaire et au primaire, un autre au secondaire, et un troisième consacré à l’alphabétisation et à l’éducation non formelle. Chaque équipe avance selon un calendrier précis, établi à partir d’une feuille de route commune visant à adapter l’enseignement aux défis éducatifs actuels du pays.

Au fil des échanges, la ministre a tenu à saluer l’engagement des spécialistes mobilisés pour cette mission stratégique. Elle a également encouragé les différents sous-comités à maintenir le rythme afin de proposer des programmes plus cohérents avec les réalités sociales et pédagogiques du Niger.

Ministère de l’Education Nationale Officiel
© Ministère de l’Education Nationale Officiel

L’éducation non formelle, un levier stratégique

Parmi les chantiers prioritaires évoqués lors de la visite, celui de l’éducation non formelle a retenu une attention particulière. Ce dispositif concerne notamment les enfants qui, pour diverses raisons, se retrouvent en dehors du circuit scolaire classique.

Pour Dr Élisabeth Shérif, l’enjeu est désormais d’imaginer des mécanismes plus efficaces pour permettre à ces apprenants de rejoindre plus facilement le système éducatif traditionnel. Autrement dit, renforcer les passerelles entre les structures d’apprentissage alternatives et l’école formelle.

Dans un pays confronté à des défis importants en matière de scolarisation et d’alphabétisation, cette orientation apparaît comme un levier essentiel pour élargir l’accès à l’éducation.

Ministère de l’Education Nationale Officiel
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Cap sur l’amélioration des outils pédagogiques

La seconde étape de la visite ministérielle s’est déroulée à l’Institut national de documentation, de recherche et d’animation pédagogique (INDRAP). Cette institution abrite actuellement les travaux d’un comité chargé de concevoir de nouveaux manuels de mathématiques destinés aux élèves des classes de cours d’initiation et de cours préparatoire.

Entourée de plusieurs cadres de son ministère, la ministre a assisté à une présentation détaillée de l’état d’avancement du projet. Les membres du comité ont également remis officiellement le rapport de leurs travaux, étape importante dans le processus d’élaboration de ces supports pédagogiques.

Ces futurs manuels doivent permettre d’améliorer l’apprentissage des bases mathématiques dès les premières années de scolarité, un objectif crucial pour renforcer les compétences fondamentales des élèves.

Ministère de l’Education Nationale Officiel
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Une réforme inscrite dans une vision nationale

Cette série de visites s’inscrit dans la feuille de route confiée à la ministre par les autorités nigériennes. L’ambition affichée est claire : renforcer la qualité de l’éducation tout en adaptant les programmes et les méthodes d’enseignement aux besoins du pays.

À moyen et long terme, les autorités espèrent que ces réformes contribueront à améliorer les performances scolaires et à réduire les inégalités d’accès au savoir.

Dans un contexte où l’éducation est de plus en plus considérée comme un pilier du développement, la réussite de ces chantiers de réforme pourrait jouer un rôle déterminant dans la formation des générations futures et dans la transformation du système éducatif nigérien.

Niger : la mosquée de Hawandawaki équipée de tapis de prière grâce à un don

Dans le département de Tessaoua, au sud du Niger, un geste discret mais lourd de sens vient rappeler la force de la solidarité locale. À Hawandawaki, petite localité rurale, la mosquée de vendredi – lieu central de rassemblement spirituel – vient d’être dotée de nouveaux tapis de prière, grâce à une contribution privée qui marque une étape symbolique dans la rénovation de l’édifice.

 

Une mobilisation communautaire qui porte ses fruits

L’histoire remonte à l’année dernière. À l’époque, le comité chargé du suivi des travaux de réhabilitation de la mosquée avait lancé un appel à la générosité des fidèles et des bienfaiteurs afin d’équiper l’édifice en tapis de prière. L’objectif était simple : offrir aux croyants un cadre digne pour accomplir la prière collective du vendredi, moment clé de la vie religieuse musulmane.

Plusieurs mois plus tard, cet appel a finalement trouvé un écho. En ce mois de Ramadan, période de spiritualité intense et de générosité accrue dans le monde musulman, un donateur a répondu présent. Le bienfaiteur, connu sous le nom d’Aghali Gaddo, alias Babanguida, a pris l’initiative de fournir les tapis nécessaires à l’équipement de la mosquée.

Un geste salué par la communauté locale, qui y voit l’aboutissement d’un effort collectif engagé depuis plusieurs mois.

 

Un symbole fort en plein mois de Ramadan

Le timing de cette contribution n’est pas anodin. Le mois de Ramadan est traditionnellement associé aux œuvres caritatives et aux initiatives de solidarité. Pour les habitants de Hawandawaki, l’arrivée des tapis de prière à cette période renforce la dimension spirituelle de l’événement.

Au-delà du simple équipement matériel, cette initiative témoigne aussi d’un attachement profond à la préservation des lieux de culte et à la transmission des valeurs religieuses et communautaires.

 

Au-delà d’un don, une dynamique locale à consolider

Dans de nombreuses localités rurales du Niger, l’entretien et la modernisation des infrastructures religieuses reposent largement sur les contributions volontaires des fidèles et de la diaspora. La situation de Hawandawaki illustre cette réalité : sans mobilisation locale, ces projets avancent rarement.

Pour les responsables communautaires, ce geste pourrait ainsi servir de déclencheur pour d’autres initiatives. L’espoir est désormais de poursuivre les efforts afin d’améliorer davantage les infrastructures du village et de renforcer la cohésion sociale autour des projets collectifs.

 

Une inspiration pour d’autres communautés

À Hawandawaki, l’équipement de la mosquée dépasse donc le cadre d’un simple don matériel. Il s’inscrit dans une dynamique de solidarité et de responsabilité communautaire.

À l’avenir, ce type d’initiative pourrait inspirer d’autres villages de la région de Tessaoua, où les besoins restent nombreux, tant pour les infrastructures religieuses que pour les équipements sociaux. Dans un contexte où les ressources publiques demeurent limitées, la mobilisation citoyenne apparaît de plus en plus comme un levier essentiel de développement local.

 

Niamey prépare son futur cimetière waqf à Bourbourkabé

À Niamey, la question des infrastructures funéraires devient un enjeu urbain majeur. Face à la croissance démographique rapide de la capitale nigérienne et à la saturation progressive de certains sites d’inhumation, les autorités misent désormais sur une approche structurée et durable.

C’est dans cette perspective que la Haute Autorité du Waqf a organisé, ce jeudi 5 mars 2026, une visite officielle du site destiné à accueillir le futur cimetière Waqf de Bourbourkabé. Cette mission a réuni plusieurs responsables gouvernementaux, dont le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat Abdoul Kadri Amadou Daouda, ainsi que le ministre et porte-parole du gouvernement Soumana Boubacar.

Au-delà de la dimension symbolique, cette visite marque une étape importante dans la concrétisation d’un projet présenté comme stratégique pour l’organisation future de la capitale.

Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat NE
© Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat NE

Désengorger les cimetières existants

Depuis plusieurs années, le principal cimetière musulman de Yantala fait face à une pression croissante liée à l’augmentation de la population urbaine. Les autorités cherchent donc des solutions pour anticiper les besoins des prochaines décennies.

Le projet de cimetière Waqf de Bourbourkabé, qui s’étend sur plus de 52 hectares, vise précisément à répondre à cette problématique. L’espace devrait offrir un cadre d’inhumation plus vaste, mieux organisé et conforme aux normes d’aménagement modernes, tout en respectant les prescriptions religieuses.

Selon les responsables du projet, cette infrastructure permettra non seulement de désengorger les sites existants, mais aussi d’offrir aux familles un lieu digne et structuré pour les sépultures.

Un modèle inspiré du waqf islamique

Le projet repose sur le principe du waqf, un mécanisme de bienfaisance dans la tradition islamique consistant à consacrer un bien au service de la communauté. Ce modèle est régulièrement utilisé dans plusieurs pays musulmans pour financer des projets sociaux, éducatifs ou religieux.

Au Niger, la Haute Autorité du Waqf, dirigée par Mahamadou Bello Waziri, assurera la gestion du futur cimetière. L’institution entend garantir un fonctionnement conforme aux principes de la charia, tout en intégrant les exigences modernes d’aménagement urbain.

 

Fait notable : le terrain destiné à accueillir l’infrastructure a été offert gracieusement par un bienfaiteur. Un geste présenté par les autorités comme un acte de solidarité qui illustre l’esprit même du waqf.

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© Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat NE

Urbanisme et spiritualité : un enjeu pour la capitale

La présence du ministre de l’Urbanisme lors de la visite traduit l’importance accordée par l’État à la planification de nouvelles infrastructures publiques, y compris celles liées aux rites funéraires.

Dans une capitale en pleine expansion, la question de l’organisation des espaces — logements, routes, équipements publics et lieux d’inhumation — devient centrale. Le futur cimetière de Bourbourkabé s’inscrit ainsi dans une vision plus large de structuration urbaine.

Les autorités ont également insisté sur la nécessité de sensibiliser la population afin d’encourager les contributions communautaires à ce projet, qui se veut à la fois social, spirituel et urbain.

Une initiative portée par les autorités de la transition

Ce projet s’inscrit dans la dynamique de transformation engagée par les autorités nigériennes depuis l’arrivée au pouvoir du président Abdourahamane Tiani. L’objectif affiché est de développer des infrastructures capables d’accompagner la croissance du pays tout en répondant aux besoins quotidiens des citoyens.

À Niamey, où la pression démographique ne cesse d’augmenter, l’aménagement d’un cimetière moderne apparaît désormais comme une priorité autant sociale qu’urbanistique.

Finalement, si le projet aboutit comme prévu, le cimetière Waqf de Bourbourkabé deviendra un modèle d’infrastructure communautaire combinant solidarité, foi et planification urbaine.

Niamey : Le pari de la solidarité pour stabiliser le panier de la ménagère

À l’arrondissement communal 5, le coup d’envoi d’une opération d’envergure a été donné ce matin. Entre impératifs de cohésion sociale et de lutte contre l’inflation, les autorités municipales de Niamey déploient les grands moyens pour soulager le quotidien des populations.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

Une réponse concrète face à la vie chère

Dans un contexte où les marchés subissent les contraintes de la conjoncture internationale, la capitale nigérienne choisit l’offensive sociale. Sous l’impulsion des orientations nationales, l’Administrateur Délégué de la Ville de Niamey, le Colonel Boubacar Soumana Garanké, a supervisé personnellement le lancement d’une distribution stratégique de denrées de base.

Il ne s’agit pas d’une simple transaction commerciale, mais d’un mécanisme de régulation. En proposant des céréales et du sucre à des tarifs préférentiels, l’administration urbaine poursuit un double objectif : garantir la sécurité alimentaire des foyers les plus fragiles et freiner la spéculation sauvage qui pénalise souvent les consommateurs en milieu.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

La résilience comme boussole politique

Au-delà de l’aspect logistique, cette initiative porte une charge symbolique forte. Alors que le Niger traverse une phase de transition exigeante, la stabilité sociale repose en grande partie sur l’accès à l’alimentation. Le Colonel Garanké, lors de son intervention, a souligné que cette opération s’inscrit dans une vision de « résilience collective ».

« Cette action reflète la volonté des plus hautes autorités de rester au plus près des préoccupations citoyennes », glisse un observateur de la vie municipale.

En effet, pour le pouvoir en place, le maintien du pouvoir d’achat est devenu un levier indispensable pour consolider le pacte de confiance avec les administrés. En facilitant l’accès aux produits de première nécessité, la Ville de Niamey transforme la solidarité en un acte de gouvernance quotidienne.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

Un dispositif sous surveillance

Pour que l’impact soit réel, la distribution devra relever un défi de taille : la transparence. Afin d’éviter les détournements de stocks vers les circuits marchands classiques, l’Arrondissement 5 et les autres points de vente mettront en place un suivi rigoureux.

En somme, cette campagne de vente à prix modéré n’est pas qu’une mesure d’urgence ; elle est le reflet d’une stratégie de défense sociale visant à protéger les Nigériens des soubresauts de l’économie mondiale.

Niger : la police alerte sur une nouvelle escroquerie en ligne liée à de fausses offres d’emploi

Les autorités nigériennes tirent la sonnette d’alarme face à une recrudescence d’arnaques numériques visant les internautes. La Police nationale du Niger, par l’intermédiaire de sa Direction de la Police Judiciaire et de la Division chargée de la lutte contre la cybercriminalité, alerte sur un système frauduleux de plus en plus répandu sur les réseaux sociaux.

Selon les services de sécurité, ces escroqueries reposent sur la diffusion de faux liens promettant des opportunités d’emploi ou des gains rapides. Une stratégie bien rodée qui vise principalement les utilisateurs de plateformes populaires telles que Facebook, WhatsApp, Instagram, TikTok ou encore Telegram.

Des fausses offres d’emploi pour attirer les victimes

D’après la police judiciaire, les fraudeurs attirent d’abord leurs cibles avec des annonces d’activités simples et rémunérées, comme le visionnage de vidéos ou l’exécution de petites tâches en ligne. Les internautes sont alors invités à cliquer sur un lien qui les redirige vers des groupes privés, souvent hébergés sur des messageries instantanées.

Ces plateformes frauduleuses utilisent différentes appellations pour paraître crédibles. Parmi les noms signalés figurent notamment GREEN MENTOR, X-PLEX CORPORATION, CRYPTO GLOBAL, CENTER CORPORATION, SIX SWISS EXCHANGE LTD, SHEIN, SE, TCD ou encore TBWA.

Une stratégie de manipulation progressive

Le mécanisme repose sur une technique classique d’escroquerie : instaurer d’abord la confiance. Les fraudeurs encouragent les victimes à investir de petites sommes dans des opérations prétendument rentables.

Dans certains cas, les premiers montants sont effectivement remboursés, accompagnés de faux bénéfices. Ce procédé vise à convaincre les victimes de poursuivre l’expérience et d’engager des sommes plus importantes.

Ensuite, les escrocs invitent les internautes à rejoindre un supposé « groupe VIP », où ils doivent réaliser plusieurs tâches et investir davantage pour accéder à des gains plus élevés.

Mais une fois les montants conséquents versés, le scénario change. Les escrocs invoquent alors un prétendu système technique ou un blocage informatique empêchant le remboursement des fonds. Pour récupérer leur argent, les escrocs poussent les victimes à effectuer un nouveau paiement censé débloquer la situation.

Des fonds blanchis via les cryptomonnaies

Les services spécialisés ont mené des investigations qui ont indiqué que les escrocs convertissent rapidement l’argent détourné en cryptomonnaies, notamment via des plateformes électroniques ou des services financiers non reconnus par les autorités.

Cette technique complique le suivi des transactions et facilite le blanchiment des fonds.

Autre élément préoccupant : certains réseaux recrutent à distance des Nigériens pour acheter des cartes SIM. Ils utilisent ensuite ces numéros pour créer de faux comptes sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes de transfert d’argent, afin de réceptionner les fonds frauduleux ou de rassurer les victimes.

Un appel à la vigilance des internautes

Face à cette situation, la Direction générale de la Police nationale rappelle que toute participation au blanchiment d’argent provenant d’escroqueries constitue une infraction punie par la loi nigérienne.

Les autorités invitent donc les internautes à faire preuve d’une vigilance accrue, notamment face aux offres d’emploi ou d’investissement diffusées sur internet.

Les autorités encouragent également les citoyens à signaler systématiquement les pages, comptes ou individus impliqués dans ces pratiques frauduleuses.

En cas de doute ou pour toute alerte, la police recommande de contacter ses services via les numéros verts 17 ou 8383.

Niger : Le pointage biométrique entre en vigueur à la Fonction Publique

Le Niger franchit une étape décisive dans la modernisation de son appareil étatique. En effet, depuis le mercredi 4 mars 2026, le Ministère de la Fonction Publique, du Travail et de l’Emploi a lancé une vaste opération de collecte de données biométriques pour ses agents. Derrière cette mesure technique se cache une volonté politique de fer : instaurer une culture de la performance et de la présence.

Ministère de La Fonction Publique, du Travail Et de L'Emploi
© Ministère de La Fonction Publique, du Travail Et de L'Emploi

La fin de l’absentéisme ?

C’est un secret de polichinelle dans les couloirs des administrations africaines : la gestion du temps de travail reste un défi majeur. À Niamey, le ministre de tutelle semble avoir décidé de prendre le taureau par les cornes. Ainsi à travers une note d’information officielle, le ministre a informé le personnel du démarrage effectif de l’enrôlement des empreintes numériques.

Ce système de pointage biométrique, qui concerne l’intégralité des agents sans exception, vise à automatiser le contrôle des présences. En effet, en remplaçant les registres manuels — souvent sujets à prudence — par la technologie numérique, l’État nigérien cherche à optimiser son capital humain.

Ministère de La Fonction Publique, du Travail Et de L'Emploi
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Un calendrier serré pour une mutation profonde

Par ailleurs, l’opération, débutée en milieu de semaine, monte en puissance dès ce jeudi 5 mars 2026. Dès 08 h 00, les directions centrales et les unités rattachées mobilisent tous leurs services. L’administration ne se contente pas de suggérer ; elle exige aussi une mise en conformité rapide.

« Il s’agit d’une exigence à laquelle chaque agent doit se plier dans les plus brefs délais », précise-t-on au sein du ministère.

L’accent est mis sur trois piliers fondamentaux :

  1. La disponibilité des cadres pour la collecte des données.
  2. La ponctualité, désormais scrutée par l’œil incorruptible du capteur biométrique.
  3. La transparence, pour assurer une équité de traitement entre les agents.

Ministère de La Fonction Publique, du Travail Et de L'Emploi
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Les enjeux d’une réforme à double tranchant

Si cette mesure est appréciée par ceux qui prônent une administration plus rigoureuse, elle ne manquera pas également de susciter des interrogations dans les rangs des syndicats et des fonctionnaires. Néanmoins, pour les partenaires au développement et les observateurs de la vie publique nigérienne, ce dispositif est un gage de crédibilité.

En automatisant le suivi, le ministère espère non seulement réduire les pertes de productivité, mais aussi, à terme, assainir le fichier de la solde. Une étape indispensable pour un Niger qui aspire à une gouvernance exemplaire au cœur du Sahel.

Macky Sall candidat à l’ONU : Le lobbying commence à Paris

C’est une partie d’échecs qui se joue entre les bords de la Seine et les couloirs du palais de verre de New York. Officiellement désigné par l’Union africaine pour briguer le poste de Secrétaire général des Nations Unies, l’ex-président sénégalais Macky Sall a posé ses valises à Paris le 4 mars 2026. Entre quête de soutiens occidentaux et vents contraires à Dakar, le chemin vers la succession d’António Guterres s’annonce semé d’embûches.

 

Le « parrainage » discret d’Emmanuel Macron

Pour Macky Sall, Paris n’est pas qu’une escale, c’est un pivot. Sa rencontre prévue ce 5 mars avec Emmanuel Macron revêt une importance capitale. En plus, le président français, qui avait déjà encouragé le Sénégalais à quitter le pouvoir en 2024 plutôt que de s’obstiner vers un troisième mandat, voit d’un bon œil cette ambition internationale.

Cependant, la France joue la prudence. Si l’Élysée apprécie le profil de l’ancien chef d’État, aucune position officielle ne sera prise avant avril, date de la clôture des candidatures. Néanmoins, l’amitié entre les deux hommes est un secret de polichinelle, forgé lors de multiples dîners privés où le destin mondial de l’enfant de Fatick était déjà au menu.

 

Une équipe de choc et un obstacle « latino »

Dans l’ombre, Macky Sall ne chôme pas. Il s’appuie sur son fidèle sherpa, Oumar Demba Ba, diplomate chevronné qui a décliné les avances du nouveau pouvoir sénégalais pour rester fidèle à son ancien patron. Ensemble, ils tentent de briser la règle (informelle mais tenace) de la rotation régionale.

En effet, le tour devrait logiquement revenir à l’Amérique latine. Face au candidat africain, des poids lourds se préparent également :

  • Michelle Bachelet, l’ancienne présidente chilienne à la stature internationale incontestée.
  • Rafael Grossi, l’Argentin à la tête de l’AIEA, qui sera lui aussi à Paris le 10 mars prochain.

 

Le paradoxe de Dakar : l’ombre de Sonko

Mais le défi le plus complexe pour Macky Sall ne se trouve peut-être pas à New York, mais bien chez lui, au Sénégal. Pour réussir son pari, un candidat à l’ONU doit normalement bénéficier du portage diplomatique de son pays d’origine. Ou, à Dakar, le climat est glacial.

Si le président Bassirou Diomaye Faye hésite, le Premier ministre Ousmane Sonko ne cache pas son hostilité. Entre le scandale de la « dette cachée » et les blessures du passé, l’actuel exécutif rechigne à offrir ce tapis rouge à celui qu’ils ont combattu pendant une décennie. D’ailleurs, plusieurs dirigeants africains, dont le Burundais Évariste Ndayishimiye, tentent actuellement une médiation de la dernière chance pour convaincre Dakar de ne pas saborder la candidature du continent.

Niger : le ministre Bakary Yaou Sangaré reçoit le nouveau représentant de l’UNFPA

Dans un contexte où les enjeux démographiques et sociaux occupent une place centrale dans les politiques publiques, le Niger et le système des Nations unies entendent maintenir un dialogue étroit. C’est dans cet esprit que le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a reçu en audience le nouveau représentant résident du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), Saturnin Epié, venu présenter ses lettres de représentation.

Par ailleurs, cette rencontre marque l’ouverture officielle de la mission du diplomate onusien au Niger.

Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
© Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE

Une coopération au cœur des priorités nationales

Au cours des échanges, le chef de la diplomatie nigérienne a mis en avant la solidité des liens entre Niamey et l’UNFPA. L’agence onusienne intervient notamment dans les domaines liés à la population, à la santé reproductive, à la planification familiale, ainsi qu’à l’autonomisation des femmes et à la promotion de la jeunesse.

Dans un pays où la dynamique démographique constitue à la fois un défi et une opportunité, ces axes de coopération occupent une place stratégique. Le Niger, dont la population est majoritairement jeune, mise sur des politiques publiques capables de transformer cette réalité en levier de développement.

Une mission placée sous le signe de la continuité

De son côté, Saturnin Epié a réaffirmé l’engagement de l’UNFPA à soutenir les autorités nigériennes dans la mise en œuvre de leurs priorités. L’organisation entend poursuivre son accompagnement technique et institutionnel, en cohérence avec les orientations gouvernementales.

Ce positionnement s’inscrit dans la continuité des programmes déjà en cours, notamment en matière d’accès aux services de santé reproductive, de lutte contre les violences basées sur le genre et de renforcement des capacités des jeunes.

Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
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Diplomatie et développement : un tandem indissociable

Cette audience illustre également le rôle croissant de la diplomatie dans la mobilisation de partenariats au service du développement. Dans un environnement régional marqué par des défis sécuritaires et socio-économiques, la coordination avec les agences spécialisées des Nations unies apparaît comme un levier essentiel.

En réaffirmant leur volonté commune de consolider ce partenariat, les deux responsables ont envoyé un signal clair : la coopération entre le Niger et l’UNFPA demeure ainsi un pilier important pour améliorer les conditions de vie des populations.

Ainsi, au-delà de la dimension symbolique, cette rencontre ouvre une nouvelle étape dans un partenariat appelé à se renforcer au fil des priorités nationales.

Tahoua : deux réseaux de trafic de drogue démantelés, plus de 75 000 comprimés saisis

 

 

 

 

La lutte contre les stupéfiants a connu un nouveau tournant dans la région de Tahoua. L’antenne régionale de l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) annonce avoir démantelé, entre le 24 et le 26 février 2026, deux réseaux spécialisés dans le trafic international de drogues dites « à haut risque ».

Au total, cinq personnes ont été interpellées, dont un ressortissant nigérian. Une opération qui met en lumière l’ampleur des circuits transfrontaliers alimentant plusieurs localités nigériennes.

Des circuits bien structurés entre le Niger et le Nigeria

Selon les premiers éléments de l’enquête, le premier réseau opérait entre Illela, à la frontière nigéro-nigériane, et la ville de Sokoto, au Nigeria. Les trafiquants disposaient de points de relais à Lawey Birni, Malbaza et Moudjia, afin d’acheminer les produits vers Taza, Afala, Tahoua et Tabalak.

Le second groupe, plus mobile, utilisait les compagnies de transport de voyageurs sur l’axe Niamey–Sargagi–Loga–Agadez. Les stupéfiants étaient dissimulés dans des sachets soigneusement placés dans les porte-bagages des bus. L’un des suspects aurait même caché une partie de la marchandise dans ses vêtements pour échapper aux contrôles.

Ces méthodes illustrent l’ingéniosité croissante des trafiquants, qui exploitent les flux routiers pour contourner la surveillance.

(OCRTIS
© (OCRTIS

Une saisie de grande ampleur

Les forces de l’ordre ont mis la main sur une cargaison importante composée de :

  • 49 000 comprimés de Diazépam D5 ;
  • 25 000 comprimés de Benzehol (Exol) ;
  • 1 797 comprimés de Tramadol dosés à 225 mg et 250 mg ;
  • 12 boules de cannabis de type Amnesia, pour un poids total de 10,450 kilogrammes.

En outre, deux motocyclettes utilisées pour le transport ont été immobilisées et plusieurs téléphones portables saisis pour les besoins de l’enquête.

Un enjeu sécuritaire et sanitaire

Au-delà de la dimension criminelle, la prolifération de ces substances représente un défi de santé publique. Le Tramadol et certains psychotropes sont régulièrement détournés de leur usage médical pour alimenter des marchés parallèles.

La région de Tahoua, carrefour stratégique entre le sud et le nord du pays, constitue un point sensible dans la cartographie du trafic. La porosité des frontières et la mobilité accrue des personnes facilitent les circuits illicites.

(OCRTIS
© (OCRTIS

Appel à la vigilance citoyenne

Face à cette réalité, l’OCRTIS invite la population à renforcer la collaboration avec les forces de sécurité. Les autorités rappellent que les signalements anonymes peuvent contribuer à prévenir l’implantation durable de réseaux criminels.

La récente opération démontre, selon les responsables sécuritaires, la capacité des services à infiltrer et démanteler des filières organisées. Toutefois, la bataille contre le trafic de stupéfiants reste un combat de longue haleine.

Dans un contexte régional marqué par divers défis sécuritaires, la maîtrise des flux illicites demeure un enjeu central pour la stabilité et la protection des communautés.

Niger : Saisie de 598 kg de drogue à Zinder

Sous les apparences inoffensives de sacs de farine de manioc se cachait une cargaison de près de 600 kg de cannabis. Ce 4 mars 2026, au poste stratégique de Gamdou, les douaniers nigériens ont intercepté un véhicule de luxe transportant une marchandise illicite record. Une saisie qui lève le voile sur les nouvelles routes de la drogue dans le Damagaram.

Les douanes de Gamdou
© Les douanes de Gamdou

L’illusion du « Yayi Zahi »

Tout commence par un banal Land Cruiser V8. Un véhicule rutilant, immatriculé à l’étranger, qui tente de franchir le poste de contrôle de Gamdou, dans la région de Zinder. À son bord, 12 sacs de gari, ce produit de grande consommation que les locaux appellent familièrement « yayi zahi ».

Cependant, le flair des agents de la Direction Générale des Douanes ne s’est pas laissé abuser par l’odeur du manioc. En procédant à une fouille systématique, les douaniers découvrent le pot aux roses : 598 boules de chanvre indien soigneusement dissimulées, représentant un poids total de 598 kilogrammes.

 

Le renseignement, nerf de la guerre sécuritaire

Cette opération n’est pas le fruit du hasard. Selon des sources proches du dossier, elle résulte d’une exploitation méticuleuse de renseignements préalablement collectés. Dans une zone où les flux transfrontaliers sont permanents, la capacité des services nigériens à transformer l’information en action opérationnelle devient un atout majeur.

« Cette saisie démontre que nos couloirs ne sont plus des zones de libre passage pour les trafics illicites », confie une source sécuritaire régionale.

Au-delà de l’aspect spectaculaire, cette prise soulève aussi une question de fond : Zinder est-elle en train de devenir un hub de redistribution pour le cannabis vers d’autres pays du Sahel ? Par ailleurs, l’utilisation d’un véhicule de forte puissance suggère en tout cas une organisation logistique structurée et des moyens financiers importants derrière ce convoi.

Les douanes de Gamdou
© Les douanes de Gamdou

Une vigilance accrue aux frontières

Cet exploit des douanes nigériennes intervient dans un contexte de renforcement de la surveillance du territoire. En interceptant cette drogue, les autorités ne font pas que lutter contre un délit douanier ; elles s’attaquent aussi à l’un des moteurs financiers potentiels de l’instabilité régionale.

Le Bureau des Douanes de Gamdou marque ainsi des points précieux dans une guerre de l’ombre où chaque kilo saisi est une petite victoire pour la santé publique et la sécurité nationale. Mais alors que les saisies se multiplient, les réseaux de trafiquants changeront-ils de stratégie ou de couverture ?