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Niger : l’Autorité de régulation des transports (ARST) en difficulté

Le Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou a reçu en audience le 28 septembre, une délégation du Conseil national de régulation du secteur des transports. Conduite par la présidente, Baaré Aoua, elle y a exposé les difficultés qui paralysent son fonctionnement.

 

 

D’après le rapport d’activités 2020 du Conseil national de régulation du secteur des transports (CNRST), l’Autorité de régulation des transports (ARST) en difficultés. Il s’agit de difficultés « liées à l’insuffisance des ressources humaines, matérielles et financières d’une part, et d’autre part à la collaboration avec les ministères sectoriels ».

L’ARST a bénéficié d’une subvention initiale réduite en raison de la pandémie de la Covid-19.

Dans ses missions, l’ARST est chargée de veiller à l’application stricte des textes législatifs et réglementaires ; de protéger les intérêts de l’Etat, des utilisateurs et des opérateurs ; de promouvoir le développement des sous-secteurs régulés et la coordination inter et intra-modale …

Pour le CNRST, il devient impérieux « d’accompagner les institutions nouvellement créées avec des ressources conséquentes afin qu’elles puissent accomplir dans l’efficience et l’efficacité les nobles missions qui leur sont confiées ». Le chef du gouvernement nigérien a déclaré avoir noté « toutes les revendications et les imperfections que le CNRST a constatées à leur démarrage ».

Créée par la loi n°2019-16 du 24 mai 2019, l’ARST est une entité administrative, juridiquement distincte et fonctionnellement indépendante. Au Niger, elle est chargée de réguler les sous-secteurs routier, ferroviaire, maritime et fluvial.

Aménagements de la voirie et des équipements en moyens de transport prévus à Niamey

(Agence Nigérienne de Presse)_  Les autorités envisagent de résorber le déficit criard des transports publics à Niamey en élaborant un schéma directeur de mobilité urbaine prévoyant des aménagements de la voirie et des équipements en moyens de transport, a appris l’ANP auprès du ministère des transports.

Le président du conseil national de facilitation du transport au Niger et directeur national des transports,  Dan Issa Samaila  explique que  « la problématique du transport urbain à Niamey nécessite une rencontre entre les principaux acteurs à savoir l’Etat, les municipalités et les transporteurs  pour la mise en place d’un schéma directeur de la ville. La mise en place d’un cadre institutionnel s’impose pour faciliter la mobilité urbaine à Niamey, estime-t-on.

Selon les données de l’INS, la population de la capitale  s’est multiplié par 43 entre 1960 et 2017 passant de 30.000 habitants à 2.477 000  et au plan spatial, l’emprise de la ville est passée de 820 hectares en 1960 à 40 .000 hectares  en  2017, cette croissance intensifie les problèmes de  déplacement, note le directeur des transports.

La réalisation d’un schéma directeur pour la mobilité de la population urbaine de Niamey  en mettant en place des parkings de stationnement des véhicules venant de la périphérie car les usagers auront des bus qui les transporteront au centre ville pour vaquer à  leur occupation.
L’Etat fera des économies sur son budget d’entretien de ces véhicules et la prise en charge des employés, fait-il valoir.
« le transport des étudiants pourrait être  confié à des privés qui offriront toutes les  commodités répondant aux exigences du moment à savoir la disponibilité de la connexion à l’internet à bord des bus confortables et climatisés  mais l’opérateur privé pourra conserver le même tarif des frais du transport  tel que celui appliqué par l’Etat » , précise le directeur national des transports.

« la ville sera moins polluée avec la constitution de plusieurs têtes de taxi ; l’utilisation de véhicules personnelles sera réduite et  les propriétaires feront plus d’économie car aujourd’hui le citadin consacre beaucoup  d’argent à son budget de transport »,  argumente le président du conseil national de facilitation du transport.

La création des voies à sens unique  permettra également aux usagers d’emprunter des bus qui circuleront sur un itinéraire bien défini avec des escales et des horaires bien déterminés,  estime M Dan Issa Samaila « ce qui fera un gain considérable  de temps. Car l’offre de transport ne répond pas quantitativement et qualitativement à la demande. »

Assuré depuis 1996  par la société des transports urbains de Niamey (Sotruni) avec 19 bus à sa création, cette société ne compte aujourd’hui que 5 bus opérationnels .Ce qui caractérise le mauvais service offert aux usagers et le coût élevé du service rendu aux usagers par la Sotruni .
les recettes  du transport urbain couvrant à peine 50 % des charges et ce déficit est en croissance , selon le directeur national des transports .
Cette situation a conduit à l’émergence des artisans transporteurs  assurant le transport urbain et périurbain.

La Sotruni n’assurant qu’une faible partie du service public de transport à Niamey, «  ces services sont assurés par les minibus ou des taxis suburbains et surtout les taxis collectifs exploités par des  artisans et des entreprises privées  et ne  satisfont pas les besoins de la clientèle » , fait observer le directeur national des transports .