juillet 2026 - Page 11 sur 11 - Journal du Niger

Niger : Le gouvernement sécurise les routes face à la saison des pluies

Face à la saison des pluies, le gouvernement nigérien accélère les préparatifs pour limiter les dégâts sur les infrastructures routières. En visite au Centre de Perfectionnement des Travaux Publics (CPTP) et au Laboratoire National des Travaux Publics et du Bâtiment (LNTP/B), le Colonel Major Salissou Mahaman Salissou a appelé les agents à une mobilisation totale afin de garantir la sécurité des usagers et la continuité du réseau routier. 

Niamey, 2 juillet 2026 – À l’approche des fortes précipitations, le gouvernement nigérien intensifie sa stratégie de prévention contre les dégradations des infrastructures routières. Le ministre de l’Équipement et des Infrastructures, le Colonel Major Salissou Mahaman Salissou, a effectué, ce jeudi 2 juillet, une visite au Centre de Perfectionnement des Travaux Publics (CPTP) et au Laboratoire National des Travaux Publics et du Bâtiment (LNTP/B), deux structures techniques placées au cœur du dispositif de gestion de la saison hivernale.

Cette tournée s’inscrit dans une démarche de mobilisation de l’ensemble des services relevant du ministère afin d’assurer une réponse rapide, coordonnée et efficace face aux risques que les intempéries font peser sur le réseau routier national.

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures

Une mobilisation préventive avant les fortes précipitations

Au cours de ses échanges avec les agents des deux institutions, le ministre a salué leur engagement et rappelé l’importance de leur mission dans un contexte où les infrastructures sont soumises à de fortes contraintes. Il les a invités à maintenir un haut niveau de disponibilité et de professionnalisme pour accompagner les actions engagées par les autorités en faveur de la protection des routes et de la sécurité des usagers.

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures

Le CPTP et le LNTP/B, deux piliers du dispositif national

Le CPTP joue un rôle déterminant dans le renforcement des compétences des professionnels des travaux publics, tandis que le LNTP/B apporte son expertise en matière de contrôle de la qualité des matériaux, d’évaluation des ouvrages et d’assistance technique. Deux missions complémentaires qui constituent un levier essentiel pour améliorer la résilience des infrastructures face aux aléas climatiques.

À travers cette visite de terrain, le ministère entend également renforcer la coordination entre ses différentes structures opérationnelles afin de limiter les impacts des pluies sur la circulation et d’assurer la continuité du trafic sur les principaux axes du pays.

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures

En somme, cette mobilisation traduit la volonté des autorités nigériennes d’anticiper les conséquences de la saison des pluies en privilégiant une approche préventive. L’objectif affiché est de préserver la praticabilité, la sécurité et la durabilité du réseau routier national, tout en garantissant de meilleures conditions de déplacement aux populations.

La CPI appelle les pays de l’AES à renoncer à leur retrait du Statut de Rome

Face à la volonté affichée du Burkina Faso, du Mali et du Niger de quitter le Statut de Rome, la Cour pénale internationale multiplie les appels à la retenue. Dans une déclaration officielle, la présidence de l’Assemblée des États parties invite les trois pays de l’Alliance des États du Sahel à reconsidérer leur décision, tout en rappelant que certaines obligations juridiques subsistent malgré un éventuel retrait.

LA Haye, 1ᵉʳ juillet 2026 – La Cour pénale internationale (CPI) cherche à éviter une nouvelle rupture avec plusieurs États africains. Dans une déclaration rendue publique, la présidence de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome a exhorté le Burkina Faso, le Mali et le Niger à renoncer à leur projet de retrait de la juridiction internationale.

Le texte, signé par la présidente de l’Assemblée, Päivi Kaukoranta, ainsi que par les vice-présidents Margareta Kassangana et Michael Kanu, exprime les inquiétudes de l’organe de gouvernance de la CPI face aux démarches entreprises par les trois membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Selon la présidence, un retrait des trois pays constituerait un revers pour les efforts internationaux visant à lutter contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves et affaiblirait le cadre multilatéral de la justice pénale internationale.

Une invitation à poursuivre le dialogue

Au-delà de cet appel, la présidence de l’Assemblée privilégie une approche diplomatique. Elle encourage les autorités du Burkina Faso, du Mali et du Niger à poursuivre les échanges au sein des instances prévues par le Statut de Rome plutôt qu’à rompre avec le système institué par le traité.

Le communiqué rappelle également un principe juridique essentiel : le retrait du Statut de Rome ne met pas automatiquement fin aux obligations contractées pendant la période où un État était partie au traité. Les engagements liés aux procédures déjà engagées ou aux obligations nées avant l’entrée en vigueur du retrait demeurent applicables conformément aux dispositions du Statut.

Un nouvel épisode des tensions entre l’AES et les institutions internationales

Cette prise de position intervient dans un contexte de redéfinition des relations entre les États de l’AES et plusieurs organisations internationales. Depuis leur rapprochement politique et sécuritaire, le Burkina Faso, le Mali et le Niger revendiquent une autonomie accrue dans la conduite de leurs politiques de défense, de sécurité et de coopération internationale.

Le projet de retrait du Statut de Rome s’inscrit dans cette dynamique plus large de réaffirmation de la souveraineté des trois pays, qui contestent régulièrement le fonctionnement de certaines institutions multilatérales.

Pour la CPI, l’enjeu dépasse désormais le seul cadre juridique. Il s’agit aussi de préserver le dialogue avec trois États confrontés à des défis sécuritaires majeurs, tout en maintenant les mécanismes de coopération indispensables à la lutte contre les crimes internationaux.

L’évolution de ce dossier dépendra désormais de la position définitive que prendront les gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger, ainsi que des échanges qui pourraient encore intervenir entre les parties avant l’échéance prévue par les procédures de retrait.

Sahel : la Banque mondiale confie un portefeuille de 15 milliards de dollars à Nicola Pontara

À l’heure où le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad affrontent simultanément des défis sécuritaires, économiques et climatiques, la Banque mondiale renouvelle son dispositif régional. En nommant Nicola Pontara à la tête de sa division Sahel, l’institution mise sur un spécialiste des États fragiles pour piloter près de 15 milliards de dollars d’engagements.

La Banque mondiale ouvre une nouvelle séquence de son action au Sahel. Elle a annoncé, ce mercredi 1ᵉʳ juillet 2026, la nomination de l’économiste italien Nicola Pontara au poste de directeur de division pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad.

Basé à Bamako, il aura la responsabilité de superviser un portefeuille d’environ 15 milliards de dollars destiné à accompagner les politiques de développement dans ces quatre pays confrontés à des crises sécuritaires persistantes, aux effets du changement climatique et à de fortes pressions sur l’emploi.

Par ailleurs, Nicola Pontara sera chargé de conduire le dialogue stratégique avec les gouvernements, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé ainsi que les organisations de la société civile. L’objectif affiché consiste à renforcer la coordination des interventions de la Banque mondiale autour des nouvelles priorités nationales.

L’emploi au cœur de la stratégie

À travers cette nomination, la Banque mondiale réaffirme sa volonté de faire de la création d’emplois le principal moteur de son action dans la région. L’institution entend soutenir des investissements dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la connectivité numérique et le développement du capital humain afin de favoriser une croissance plus inclusive.

Cette démarche s’aligne sur les nouveaux Cadres de partenariat pays, qui serviront de boussole pour orienter l’enveloppe financière de l’institution au cours des prochaines années. Ces programmes ambitionnent également d’améliorer la résilience des économies sahéliennes face aux chocs climatiques et aux fragilités structurelles.

Un spécialiste des États fragiles

Le choix de Nicola Pontara reflète le profil recherché par l’institution. Entré à la Banque mondiale en 2000 dans le cadre du programme Young Professionals, il a exercé des responsabilités en Afrique, en Amérique latine, en Asie et en Europe.

Spécialiste des États affectés par les conflits, il a notamment dirigé le bureau de la Banque mondiale au Soudan du Sud et contribué à la création du Centre sur les conflits, la sécurité et le développement de Nairobi. Son parcours l’a également conduit à occuper des fonctions de direction en Bolivie, au Laos et en Serbie.

Nicola Pontara, économiste de formation et titulaire d’un doctorat de la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’Université de Londres, a également publié plusieurs travaux consacrés à la pauvreté, à la gestion des ressources naturelles et aux politiques de développement.

En prenant ses fonctions à Bamako, il hérite d’une mission stratégique : accompagner quatre pays dont les besoins de financement demeurent considérables, dans un contexte où les partenaires internationaux cherchent à concilier soutien au développement, création d’emplois et renforcement de la résilience face aux crises multiples qui traversent le Sahel.

Niger :  Abdoulaye Seydou défend son bilan et assume une ligne de rupture

Invité de l’émission « Grand Entretien », le ministre du Commerce et de l’Industrie a défendu les réformes engagées depuis son arrivée au gouvernement. Un exercice qui met en lumière la trajectoire singulière d’un ancien leader de la société civile devenu l’un des principaux artisans de la politique économique de la transition.

Niamey, 1ᵉʳ juillet 2026 – Il y a encore quelques années, Abdoulaye Seydou occupait les tribunes des mouvements citoyens. Aujourd’hui, c’est depuis les bancs du gouvernement qu’il expose sa vision des réformes économiques. Invité, mardi 30 juin, de l’émission Grand Entretien, le ministre du Commerce et de l’Industrie a présenté les principales mesures mises en œuvre depuis sa nomination, dans un contexte où les autorités de transition font de la souveraineté économique l’un des piliers de leur action.

L’exercice revêt une portée particulière tant le parcours de l’intéressé tranche avec celui de nombreux responsables gouvernementaux. Figure du militantisme estudiantin à l’Université Abdou Moumouni, Abdoulaye Seydou s’est ensuite imposé comme un acteur de la contestation politique avant de fonder, en août 2022, le Mouvement M62, devenu l’une des principales plateformes de mobilisation contre la présence militaire étrangère au Niger et contre la gouvernance du régime précédent.

Son engagement lui avait notamment valu une condamnation à neuf mois d’emprisonnement prononcée en avril 2023 par le Tribunal de grande instance hors classe de Niamey, une décision que ses soutiens avaient alors dénoncée comme politiquement motivée.

Une feuille de route axée sur la souveraineté économique

Depuis son entrée au gouvernement, Abdoulaye Seydou s’est vu confier un portefeuille stratégique au cœur des priorités affichées par les autorités de transition. Lors de son intervention télévisée, il a défendu un ensemble de réformes qu’il présente comme les fondements d’une transformation durable du secteur commercial et industriel.

Parmi les mesures mises en avant figurent l’adoption de plusieurs textes législatifs destinés à réorganiser le secteur, les restrictions sur certaines importations de produits alimentaires disponibles localement, la suspension temporaire des exportations de bétail à l’approche de la Tabaski afin de préserver l’approvisionnement du marché national, ainsi que des actions visant à mieux encadrer les prix de produits de grande consommation tels que le ciment ou le gaz domestique.

Le ministre a également évoqué les efforts engagés pour améliorer la qualité de la production boulangère et soutenir le développement industriel, autant de chantiers que le gouvernement présente comme des leviers de souveraineté économique.

D’un discours militant à l’exercice du pouvoir

Au-delà du contenu des réformes, cette intervention marque une évolution dans le parcours d’Abdoulaye Seydou. Ancien acteur de la contestation, il est désormais confronté à l’épreuve de la gestion publique, où les résultats attendus se mesurent moins aux discours qu’à leur impact sur le quotidien des populations.

Cette transition illustre plus largement la mutation d’une partie des figures issues de la société civile nigérienne, passées de la dénonciation des politiques publiques à leur mise en œuvre.

À travers cette prise de parole, le ministre a cherché à démontrer que les ambitions affichées par les autorités de transition peuvent se traduire par des réformes concrètes. Reste désormais à savoir si ces mesures produiront, à moyen terme, les effets attendus sur le pouvoir d’achat, la compétitivité de l’économie et le développement du tissu industriel nigérien.