août 2026 - Page 2 sur 8 - Journal du Niger

Tiani reçoit les présidents des parlements de l’AES

NIAMEY, 25 août 2026 — Le président nigérien Abdourahamane Tiani a reçu mardi à Niamey les présidents des institutions parlementaires du Burkina Faso et du Mali, au lendemain de la clôture des premières Sessions confédérales des Parlements de l’Alliance des États du Sahel (AES).

La rencontre, qui s’est tenue en présence du Dr Mamoudou Harouna Djingarey, président du Conseil consultatif de la Refondation, du Dr Soumana Boubacar, ministre, directeur de Cabinet du président de la République et porte‑parole du gouvernement, ainsi que de l’ambassadeur Adani Illo, conseiller chargé des questions stratégiques et diplomatiques du président de la République, a porté sur les conclusions des travaux conduits du 24 au 25 août dans la capitale nigérienne.

 

Le Dr Ousmane Bougouma, président de l’Assemblée législative du peuple du Faso, et le général de corps d’armée Malick Diaw, président du Conseil national de transition du Mali, ont présenté au chef de l’État nigérien les principales avancées enregistrées au cours de la session parlementaire confédérale.

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Les institutions parlementaires de l’AES prennent forme

Au cœur des échanges figure la consolidation du dispositif institutionnel de la Confédération. Ousmane Bougouma a mis en avant l’installation des députés confédéraux, l’adoption du règlement intérieur ainsi que la création de trois commissions permanentes consacrées à la Défense et à la Sécurité, à la Diplomatie et au Développement.

 

Ces décisions donnent désormais au Parlement confédéral des organes de travail clairement définis. Elles constituent, selon les responsables parlementaires, une étape majeure dans la structuration de l’AES et dans le fonctionnement de ses nouvelles institutions.

 

La réunion de Niamey intervient ainsi dans une phase de mise en place concrète des mécanismes de gouvernance de la Confédération, après les différentes étapes engagées par les trois États pour renforcer leur intégration politique et institutionnelle.

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Tiani appelle à une approche « soudée » et pragmatique

Face aux parlementaires, le président Abdourahamane Tiani a insisté sur la nécessité de préserver l’unité entre les institutions des trois pays. Le chef de l’État leur a demandé de rester « soudés » et « pragmatiques » afin de faire de l’AES « un espace de sécurité, de développement et de bonheur pour nos populations ».

 

Ce message place les attentes des citoyens au centre du processus d’intégration. La sécurité, le développement et l’amélioration des conditions de vie constituent désormais les principaux critères à partir desquels les populations pourront mesurer les résultats de la Confédération.

 

Prenant la parole au nom de ses collègues, Ousmane Bougouma a, pour sa part, décrit l’AES comme « une marche irréversible vers l’horizon du bonheur de nos populations ». Cette déclaration traduit la volonté affichée par les responsables parlementaires de poursuivre le processus d’intégration engagé entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

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En conclusion, la rencontre de Niamey confirme la volonté des autorités de l’Alliance des États du Sahel de donner une assise parlementaire solide à la Confédération. Elle traduit l’engagement des institutions à poursuivre la mise en place des mécanismes de gouvernance, conformément aux orientations arrêtées par les chefs d’État et dans le respect des attentes des populations.

Dan Issa : MAZUMAWA prépare le démarrage de ses activités aurifères

DAN ISSA, 25 août 2026 — Le projet aurifère porté par la société MAZUMAWA franchit une nouvelle étape dans la commune de Dan Issa. Une équipe technique de l’entreprise a rencontré ce mardi l’administrateur délégué, le CGP Aboubacar Moussa, pour présenter l’état d’avancement de sa mission préparatoire et préparer le lancement des travaux sur le terrain.

 

Conduite par Salou Idrissa, responsable de procédé de MAZUMAWA, la délégation comprenait plusieurs techniciens ainsi que Moubarak Mahaman Laouali, agent de liaison de la société. Les experts ont notamment exposé les prochaines opérations prévues dans la commune et fait le point sur les travaux préparatoires liés au site aurifère.

Madarounfa ville
© Madarounfa ville

Une étape concrète vers le démarrage des travaux

 

Cette mission intervient alors que les attentes autour du projet restent fortes dans la population locale. La présence des techniciens chargés des opérations de terrain traduit la volonté de MAZUMAWA de passer progressivement de la phase préparatoire à l’exécution concrète de ses activités minières.

 

Pour la commune de Dan Issa, l’enjeu dépasse le seul secteur extractif. Le projet nourrit également des attentes en matière d’emploi, notamment chez les jeunes, qui espèrent bénéficier des opportunités économiques liées à l’exploitation du potentiel aurifère local.

 

L’accélération du calendrier doit aussi permettre à MAZUMAWA de respecter ses engagements auprès du ministère des Mines. À travers ce projet, l’entreprise entend contribuer aux objectifs économiques assignés au secteur minier, tout en renforçant les perspectives d’insertion professionnelle dans la commune et, plus largement, au Niger.

Madarounfa ville
© Madarounfa ville

Un projet associé aux ambitions économiques nationales

 

Le dossier MAZUMAWA bénéficie par ailleurs d’une attention au plus haut niveau de l’État. Lors de son déplacement dans la région de Maradi à l’occasion de la Journée nationale de l’arbre, le président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani, avait évoqué les attentes suscitées par cette société aurifère, présentée comme un levier potentiel de souveraineté économique et de création d’emplois pour les Nigériens.

 

Dans ce contexte, le démarrage effectif des travaux prend une dimension plus large. La mise en activité du site pourrait renforcer la participation du secteur minier aux efforts de développement économique et offrir de nouvelles perspectives aux populations directement concernées.

 

À l’issue de la rencontre, l’administrateur délégué de Dan Issa s’est félicité de la démarche de MAZUMAWA. Aboubacar Moussa a salué la visite de la délégation et réaffirmé la disponibilité de l’administration communale à accompagner l’entreprise dans la mise en œuvre du projet.

 

Pour la commune, cette coopération doit permettre de concilier les ambitions minières de l’État, les intérêts de l’entreprise et les attentes des populations locales.

Tahoua : plus de 5 000 têtes de bétail saisies, 142 personnes interpellées

Une patrouille a intercepté, avant l’aube, un convoi massif d’animaux traversant la périphérie de Tahoua d’ouest en est. Le Conseil régional de sécurité a ordonné une saisie provisoire, tandis que le gouverneur appelle désormais les éventuelles victimes de vol de bétail à se manifester.

 

Dans la nuit du 22 au 23 août 2026, une patrouille des Forces de défense et de sécurité a intercepté un convoi de plus de 5 000 têtes de bétail progressant vers la périphérie est de Tahoua. Alertés vers 3 heures du matin par un renseignement signalant ce mouvement inhabituel en provenance de l’ouest, les militaires ont interpellé cent quarante-deux personnes qui conduisaient les animaux et ont saisi l’ensemble du troupeau à titre provisoire.

 

Les services compétents ont aussitôt ouvert une enquête afin d’établir l’origine des bêtes, conformément à la législation nigérienne et aux engagements internationaux souscrits par le pays en matière de lutte contre le vol de bétail transfrontalier.

Gouvernorat de Tahoua
© Gouvernorat de Tahoua
Un troupeau de plus de cinq mille têtes

Le décompte réalisé par les services compétents établit la composition suivante du cheptel intercepté :

Catégorie Effectif
Bovins 2 055
Ovins 3 085
Asins (ânes) 16
Caprins 15
Total 5 171

Gouvernorat de Tahoua
© Gouvernorat de Tahoua
Saisie provisoire et appel à témoins

Face à ce mouvement jugé inhabituel, tant par sa provenance que par sa destination supposée, le Conseil régional de sécurité de Tahoua a décidé, en coordination avec les autorités traditionnelles et municipales, de placer le troupeau sous saisie provisoire le temps des investigations.

 

Tout citoyen nigérien s’estimant victime d’un vol ou d’un enlèvement de bétail est invité à se rapprocher des services compétents en vue d’une éventuelle parade d’identification.” – Gouverneur de la région de Tahoua


Le gouverneur invite par ailleurs la population à faire preuve de bonne foi envers les éventuelles victimes qui se présenteraient. Le Conseil régional de sécurité affirme avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour garantir la transparence de l’opération, conformément aux directives des plus hautes autorités du pays.

À savoir : l’enquête en cours devra déterminer si le troupeau provient d’un vol organisé, avant toute restitution éventuelle aux propriétaires identifiés lors de la parade d’identification.

Gouvernorat de Tahoua
© Gouvernorat de Tahoua

Hommage aux forces déployées

Le gouverneur de Tahoua a également saisi cette occasion pour adresser, au nom des plus hautes autorités, ses félicitations aux Forces de défense et de sécurité pour leurs efforts continus en faveur de la protection des personnes et des biens dans la région.

Finalement, cette affaire de Tahoua met en lumière les défis persistants liés au vol transfrontalier de bétail. Reste désormais à savoir si cette opération révélera un réseau organisé ou s’il s’agit d’un mouvement isolé. Quoi qu’il en soit, l’issue de l’enquête déterminera non seulement le sort des animaux interceptés, mais aussi la capacité des institutions locales à renforcer la confiance des populations dans la protection de leurs biens.

Niamey installe les trois piliers du Parlement confédéral de l’AES

Après l’adoption de leur règlement intérieur, les 45 députés confédéraux du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont créé, ce mardi, les commissions Défense-Sécurité, Diplomatie et Développement appelées à structurer durablement les travaux de l’institution.

 

Le Parlement confédéral de l’Alliance des États du Sahel (AES) a franchi, ce mardi 25 août 2026 à Niamey, une nouvelle étape de sa mise en place institutionnelle. Réunis en séance plénière sous la présidence de Dr Ousmane Bougouma, président des sessions confédérales, les députés confédéraux ont d’abord validé le texte fondateur régissant leur fonctionnement avant de se doter de trois organes de travail permanents.

 

La séance s’est ouverte par l’examen de l’avant-projet de règlement intérieur des sessions confédérales, adopté dans son intégralité après discussion. Ce texte fixe désormais les règles d’organisation et de fonctionnement de l’institution, conformément à la charte du Liptako-Gourma et au traité instituant la Confédération. Par ailleurs , une suspension de séance a suivi son adoption, avant la reprise des travaux consacrée à la mise en place des commissions.

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© CCR

Trois commissions pour incarner les « 3D »

À la reprise des débats, l’assemblée a procédé à la constitution de trois commissions de travail, reflet direct de la doctrine d’action de la Confédération, résumée par ses dirigeants sous l’appellation des « trois D » : Défense, Diplomatie, Développement.

 

  1. Pilier sécuritaire : Commission Défense et Sécurité
  2. Pilier politique : Commission Diplomatie
  3. Pilier économique : Commission Développement

Cette architecture tripartite reprend, au niveau parlementaire, l’organisation déjà retenue au sein des commissions nationales de l’AES, chacune placée sous l’autorité d’un président et de vice-présidents chargés d’un pilier. Elle vise ainsi à répartir le contrôle et l’examen des politiques confédérales entre les trois axes jugés prioritaires par les chefs d’État de l’Alliance depuis la création du traité en 2024.

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Un dispositif présidé à trois

Les travaux se sont déroulés en présence des deux vice-présidents des sessions confédérales : le général d’armée Malick Diaw, président du Conseil national de transition du Mali, et Dr Mamoudou Harouna Djingarey, président du Conseil consultatif de la refondation du Niger. Leur présence aux côtés de Dr Bougouma symbolise l’équilibre institutionnel voulu entre les trois États membres, chacun représenté par quinze députés confédéraux, soit un total de quarante-cinq parlementaires.

 

Le règlement intérieur adopté ce mardi pourra être appliqué dès la session ordinaire des parlements de l’AES, prévue du 26 au 29 août à Niamey, a indiqué Dr Ousmane Bougouma. Selon le Dr Ousmane Bougouma, président des sessions confédérales des Parlements de l’AES

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Une conférence des présidents pour clore la journée

Une fois les commissions installées, les députés ont enchaîné avec la tenue de la Conférence des présidents des Parlements de la Confédération, instance de coordination entre les chefs des délégations nationales appelée à organiser la suite des travaux. La journée s’est achevée sur le discours de clôture de Dr Ousmane Bougouma, qui préside par ailleurs l’Assemblée législative de transition du Burkina Faso.

 

Le président des sessions confédérales a saisi l’occasion pour remercier les chefs d’État de l’Alliance — le général d’armée Abdourahamane Tiani, le général d’armée Assimi Goïta et le capitaine Ibrahim Traoré — pour avoir permis la tenue de cette session inaugurale. Les députés confédéraux doivent désormais poursuivre leurs travaux dans le cadre de la session ordinaire, qui s’ouvre jeudi et se prolongera jusqu’au 29 août.

L’Alliance des États du Sahel ouvre son Parlement à Niamey

NIAMEY, 24 août 2026 — La Confédération des États du Sahel a officiellement ouvert à Niamey une nouvelle séquence de son processus d’intégration. Les sessions confédérales des Parlements de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont débuté ce lundi 24 août dans la capitale nigérienne, avec la participation de représentants des trois États membres : le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

L’événement marque l’entrée en activité d’un nouvel organe destiné à accompagner la construction institutionnelle de l’espace confédéral. Le Parlement compte 45 députés, soit 15 représentants par État, appelés à examiner les grandes questions communes et à formuler des avis sur les orientations de la Confédération.

Le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine a présidé à l’ouverture des travaux. Pour Niamey, cette étape doit permettre de donner une dimension politique et institutionnelle plus structurée à une alliance jusque-là fortement dominée par les enjeux de défense et de sécurité.

Ali Mahamane Lamine Zeine
© Ali Mahamane Lamine Zeine

De la coopération sécuritaire à une architecture institutionnelle

La création de cette instance parlementaire traduit une nouvelle étape dans l’évolution des projets de l’AES. Près de trois ans après la naissance de l’alliance entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, devenue Confédération le 6 juillet 2024, les trois pays cherchent désormais à élargir leur coopération. Si la défense demeure un axe central, les gouvernements veulent aussi coordonner davantage leurs politiques diplomatiques, économiques, financières et sociales.

Le Parlement confédéral s’inscrit pleinement dans cette dynamique. À Niamey, cette ambition prend une nouvelle dimension : les gouvernements ne sont plus les seuls à porter le processus d’intégration. Les parlementaires des trois pays disposent désormais d’un cadre institutionnel pour débattre des enjeux communs et formuler des positions au niveau confédéral. Pour Ali Mahamane Lamine Zeine, cette construction repose sur une vision de souveraineté partagée et sur la volonté de coordonner les politiques des trois États dans plusieurs secteurs stratégiques.

45 représentants, mais pas encore un Parlement supranational

Le nouveau dispositif mérite toutefois une précision importante. Il ne s’agit pas encore d’un Parlement supranational doté du pouvoir de voter des lois directement applicables dans les trois pays.

Les 45 députés confédéraux doivent principalement délibérer sur les sujets intéressant la Confédération et émettre des avis et des recommandations. Le protocole encadrant leurs travaux prévoit également des échanges avec les organes exécutifs de l’AES.

Cette architecture donne donc à l’instance une fonction davantage consultative et de coordination qu’un pouvoir législatif classique. La portée politique des travaux dépendra, en pratique, de la manière dont les institutions exécutives de la Confédération intégreront leurs recommandations.

Ali Mahamane Lamine Zeine
© Ali Mahamane Lamine Zeine
Niamey fixe les premières règles du jeu

L’ouverture de cette journée  lance une séquence de travail qui doit se poursuivre jusqu’au 29 août. Les deux premières journées sont consacrées à l’installation des députés. À partir du 26 août, les parlementaires doivent notamment examiner le règlement intérieur, mettre en place les commissions et autres organes, préciser les mécanismes de décision et établir leur programme de travail.

Les débats doivent également porter sur la coordination des politiques et le rapprochement progressif des législations dans des domaines d’intérêt commun. La libre circulation, le commerce, les transports, les investissements ou encore les questions de sécurité figurent parmi les sujets susceptibles de donner une portée concrète à cette coopération parlementaire.

La présidence de cette première session revient au Burkinabè Ousmane Bougouma, président de l’Assemblée législative du Peuple du Burkina Faso, conformément à la présidence tournante de l’espace confédéral.

Une institution attendue sur le terrain des résultats

L’installation des députés ouvre une nouvelle phase, mais elle place aussi l’AES devant une exigence de résultats. Depuis sa création, la Confédération a multiplié les annonces et les mécanismes communs dans les secteurs de la défense, de l’économie et de la communication.

Dans son intervention, Ali Mahamane Lamine Zeine a notamment rappelé la mise en place d’une force unifiée annoncée autour de 5 000 hommes, la création de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), ainsi que le développement d’outils médiatiques communs comme AES TV, une radio confédérale et une agence d’information en préparation à Niamey.

Mais la nouvelle institution sera surtout jugée sur sa capacité à faire remonter les préoccupations des citoyens et à transformer les discussions interparlementaires en propositions suivies d’effets.

Ali Mahamane Lamine Zeine
© Ali Mahamane Lamine Zeine
Le Togo présent à Niamey, un signal en faveur du dialogue régional

La session inaugurale ne se limite pas aux États membres de l’AES. Le Togo prend part ce 24 août à Niamey à l’ouverture des sessions confédérales des Parlements de l’AES. La délégation togolaise est conduite par Komi Sélom Klassou. Cette présence donne une dimension régionale supplémentaire à l’événement. Elle traduit, selon les éléments communiqués par la partie togolaise, la volonté de Lomé de préserver le dialogue régional et de renforcer les passerelles en Afrique de l’Ouest.

Le choix du Togo de participer à cette séquence institutionnelle intervient alors que les relations entre les différents ensembles régionaux ouest-africains évoluent rapidement. La présence togolaise peut ainsi être lue comme une démarche visant à maintenir des canaux de discussion malgré les recompositions politiques et institutionnelles qui traversent la sous-région.

Pour Lomé, le maintien du dialogue reste un enjeu important pour préserver les échanges économiques, diplomatiques et humains entre les différents espaces ouest-africains.

Le véritable test commence maintenant

La session de Niamey marque bien plus qu’une cérémonie institutionnelle. Elle cherche à inscrire la construction de l’AES dans la durée en lui donnant un relais parlementaire. Le défi consistera désormais à permettre à ces 45 parlementaires — tous issus des trois États — de devenir un véritable cadre de coordination, capable de dépasser les déclarations politiques pour agir sur les questions qui touchent directement les populations.

Pour l’AES, l’enjeu ne sera plus seulement de bâtir des institutions communes, mais de prouver qu’elles peuvent produire des réponses concrètes. La Confédération devra ainsi démontrer que ses nouvelles structures améliorent réellement la coopération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, tout en offrant des solutions visibles aux préoccupations des citoyens.

La participation du Togo ajoute un signal particulier : celui d’un espace ouest‑africain qui cherche à maintenir le dialogue malgré les recompositions en cours. À Niamey, l’AES entame donc une phase décisive où la solidité de ses institutions sera jugée à l’aune de leur capacité à produire des résultats tangibles.

Drame à Conakry : 30 morts dans l’effondrement de la décharge de Dar-es-Salam

CONAKRY, 24 août 2026 — Un effondrement survenu dans la nuit de samedi à dimanche sur la décharge de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, a provoqué un lourd bilan humain. Les autorités guinéennes recensent provisoirement 30 morts, six blessés graves et 16 blessés légers, après de fortes pluies enregistrées dans la nuit.

Le drame s’est produit vers 2 heures du matin, alors que les fortes précipitations fragilisaient le site. L’effondrement a entraîné la destruction de plusieurs habitations et pris au piège des personnes qui se trouvaient dans le secteur.

Les secours engagés dans une course contre le temps

Dès les premières heures, les services de l’État ont déployé des équipes sur le site. Les opérations combinent recherche d’éventuels survivants, extraction des victimes et dégagement des corps.

Les Forces de défense et de sécurité, les services médicaux, la Croix-Rouge, les autorités administratives et locales ainsi que des habitants participent aux opérations. Les équipes poursuivent leurs recherches afin de déterminer si d’autres personnes restent ensevelies.

Cette mobilisation traduit l’urgence de la situation. Dans un secteur frappé par des pluies intenses, chaque intervention doit à la fois accélérer les recherches et limiter les risques pour les secouristes et les riverains.

Le gouvernement au chevet des victimes

Le Premier ministre et chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, s’est rendu sur place pour évaluer la situation et suivre directement le dispositif de secours. Au nom du président Mamadi Doumbouya et du gouvernement, il a présenté ses condoléances aux familles touchées et exprimé sa solidarité aux victimes.

Les autorités ont également organisé la prise en charge médicale des blessés. Le CHU de Donka accueille notamment les personnes nécessitant des soins, tandis que les services publics coordonnent l’assistance aux familles affectées.

Un drame qui pose la question de la sécurité des zones exposées

Par ailleurs, l’effondrement de Dar-es-Salam remet au premier plan les risques auxquels restent confrontées les populations installées à proximité de sites particulièrement vulnérables aux intempéries.

Les fortes pluies peuvent rapidement aggraver l’instabilité des terrains et transformer certains espaces en zones à risque élevé. Le drame souligne ainsi la nécessité d’une surveillance renforcée des secteurs exposés, d’une meilleure anticipation des épisodes pluviométriques et d’une capacité de secours immédiatement opérationnelle.

Pour l’heure, les opérations se poursuivent sur le terrain. Le gouvernement appelle les habitants à rester calmes, à faire preuve de solidarité et à respecter strictement les instructions des services de secours et des autorités. Le bilan communiqué dimanche reste provisoire et pourrait évoluer au fur et à mesure de la progression des recherches.

Niger : 18 gendarmes tués lors d’une attaque armée à Tessa

TESSA, 24 août 2026 — Des combattants lourdement armés ont abattu dix-huit gendarmes nigériens lors d’un raid diurne mené vendredi contre un avant-poste militaire de la commune de Tessa, dans la région de Dosso. Cet assaut constitue ainsi l’une des offensives les plus sanglantes jamais dirigées contre les forces de sécurité dans ce secteur.

Profitant d’une nette supériorité tactique et numérique, les assaillants ont rapidement submergé les éléments de la Gendarmerie nationale. Ils ont ensuite entièrement saccagé l’installation militaire, avant de cibler le secteur civil, où ils ont vandalisé deux agences de transfert de fonds. Par ailleurs, des vidéos filmées par des résidents documentent l’ampleur immédiate des destructions au sein du camp de base.

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Au moins trois soldats ont survécu à l’assaut. Les autorités régionales ont rapatrié les corps et organisé les funérailles des militaires tombés au combat dès le lendemain, samedi, dans la ville de Dosso. Face à l’onde de choc provoquée par ce massacre, l’administration locale a donc ordonné l’annulation immédiate de l’ensemble des rassemblements culturels et des compétitions sportives prévus dans la région.

À l’heure actuelle, aucune organisation n’a formellement revendiqué l’attaque. Le gouvernement de Niamey n’a publié aucun communiqué officiel. Toutefois, la zone abrite les opérations du groupe terroriste Lakurawas, que les sources sécuritaires locales désignent dès lors comme le principal suspect de cette offensive.

En définitive, l’attaque de Tessa illustre la vulnérabilité persistante des forces de sécurité nigériennes face à des groupes armés organisés et déterminés. Elle rappelle, par ailleurs, l’urgence d’un renforcement des dispositifs de défense et d’une coopération accrue avec les partenaires régionaux afin de contenir une menace qui continue de déstabiliser le Sahel.

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Niger : création de l’Agence nationale des Parcs et Réserves

NIAMEY, 21 août 2026 — Le Niger réorganise la gouvernance de ses espaces naturels protégés. Le Conseil des ministres a adopté, vendredi 21 août 2026, les textes portant création et statuts de l’Agence nationale des Parcs et Réserves (ANPR), chargée de renforcer la gestion de ces territoires.

 

Cette réforme intervient dans un contexte où les aires protégées occupent une place considérable dans le patrimoine foncier et environnemental du pays. Elles s’étendent sur 20,87 millions d’hectares, soit 16,47 % du territoire national.

 

Une structure dédiée à la gestion des espaces protégés

 

Avec la mise en place de l’ANPR, les autorités veulent disposer d’un outil institutionnel spécifiquement consacré à la conservation et à la gestion des parcs et réserves.

 

La nouvelle agence devrait permettre de mieux coordonner les actions publiques dans ces espaces, tout en renforçant le suivi des activités liées à leur protection et à leur valorisation.

 

Un enjeu qui dépasse la conservation

 

La création de l’ANPR donne aussi au Niger l’occasion de mieux concilier protection de la biodiversité et développement local. L’étendue des aires protégées représente en effet un enjeu important pour les communautés qui vivent à proximité de ces zones.

 

Une gestion plus structurée peut contribuer à préserver les écosystèmes, à lutter contre la dégradation des habitats naturels et à favoriser une exploitation durable des ressources autorisées.

 

Une réforme appelée à produire des résultats

 

L’adoption des textes par le Conseil des ministres constitue la première étape de cette nouvelle architecture institutionnelle. Le véritable enjeu résidera désormais dans la capacité de l’ANPR à traduire son mandat en actions concrètes sur le terrain.

 

Avec plus de 20 millions d’hectares concernés, l’agence devra notamment relever le défi de la surveillance, de la conservation et de la coordination des interventions sur des espaces particulièrement vastes.

 

La création de l’ANPR marque ainsi la volonté de Niamey de renforcer la gouvernance de son patrimoine naturel et de donner une structure dédiée à la protection de ses aires protégées.

Niger : deux permis d’uranium attribués à TSUMCO SA et MAMICO

NIAMEY, 21 août 2026 — Le Niger accélère la reprise en main de son secteur uranifère. Le gouvernement a attribué, ce vendredi 21 août 2026, deux permis de grande exploitation d’uranium à des entreprises nationales, dans la région d’Agadez.

Cette décision marque une nouvelle étape dans la réorganisation de l’industrie minière nigérienne. Des opérateurs étrangers, notamment Orano et GoviEx, exploitaient auparavant ces deux périmètres.

Deux anciens périmètres changent de mains

La société TSUMCO SA obtient le permis baptisé « In Azaoua », correspondant à un ancien périmètre exploité par la SOMAÏR, filiale historiquement liée au groupe français Orano.

De son côté, MAMICO prend le contrôle de « Madaouela I », un périmètre qui avait rejoint le domaine public nigérien en 2024 après le retrait du permis précédemment détenu par la société canadienne GoviEx.

À travers ces nouvelles attributions, les autorités nigériennes confient donc à des acteurs nationaux la responsabilité de développer deux ressources stratégiques situées dans une région au cœur de l’activité minière du pays.

MAMICO mise sur l’emploi et les recettes publiques

Le projet porté par MAMICO prévoit un investissement financier immédiat pour l’État. L’entreprise devra notamment s’acquitter d’une redevance initiale de 10 millions de dollars.

Le projet affiche également une ambition sociale importante avec la création annoncée de 1 000 emplois. Ces perspectives pourraient renforcer l’activité économique locale dans la région d’Agadez, à condition que le développement du projet se traduise effectivement par des retombées durables pour les populations.

Un choix stratégique pour Niamey

Au-delà de la simple attribution de permis, cette décision illustre la volonté du Niger de donner davantage de responsabilités aux entreprises nationales dans l’exploitation de ses ressources naturelles.

L’uranium constitue depuis plusieurs décennies un secteur majeur de l’économie minière nigérienne. En confiant désormais certains périmètres à des sociétés nationales, le gouvernement cherche à accroître la maîtrise du pays sur la chaîne de valeur et à mieux capter les revenus générés par ses ressources.

Le défi sera désormais de transformer ces permis en projets miniers opérationnels, capables de mobiliser des investissements, de créer des emplois et de générer des recettes publiques tout en répondant aux exigences environnementales et aux intérêts des communautés locales.

Le Niger réclame un partenariat médiatique fondé sur le transfert de compétences

À la tribune du 7ᵉ Forum sino‑africain des médias, l’Observatoire national de la communication a présenté la « bataille informationnelle » que se livrent le Niger, le Burkina Faso et le Mali comme un enjeu central de la relation avec Pékin.

PÉKIN, 20 août 2026 — Le Niger a demandé jeudi à la Chine d’ancrer sa coopération médiatique avec l’Afrique dans un véritable transfert de compétences technologiques, plutôt que dans la seule fourniture d’équipements, à l’ouverture du 7ᵉ Forum sur la coopération des médias sino‑africains.

Ibrahim Manzo Diallo, président de l’Observatoire national de la communication (ONC), a porté cette position devant des responsables de l’audiovisuel chinois et africain réunis du 19 au 21 août au Centre des conférences de Pékin. Il était accompagné de Mariama Boubacar Oumarou, membre de l’institution. Par ailleurs, l’événement, organisé par l’Administration nationale de la radio et de la télévision de Chine, la municipalité de Pékin et l’Union africaine de radiodiffusion, s’inscrit dans le prolongement du sommet du Forum sur la coopération sino‑africaine (FOCAC) de 2024.

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Une « bataille informationnelle » au Sahel

Diallo a présenté le Niger, le Burkina Faso et le Mali comme parties prenantes d’une bataille informationnelle qui déborde, selon lui, sur une bataille des perceptions et des récits. Il a insisté sur le fait que la souveraineté informationnelle qu’il défend n’équivaut ni à une fermeture ni à un isolement, mais consiste dans le droit des peuples sahéliens à présenter eux‑mêmes leur réalité.

« Raconter l’Afrique depuis l’Afrique » — ambition résumée par Ibrahim Manzo Diallo, président de l’ONC.

Pour y parvenir, le responsable nigérien a évoqué la production d’une information crédible, la professionnalisation des rédactions, la formation des journalistes et une présence renforcée des médias africains dans l’espace numérique international.

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IA, cybersécurité et deepfakes

Diallo a appelé la coopération sino‑africaine à dépasser la simple acquisition de matériel audiovisuel. Ainsi, il a cité l’intelligence artificielle, les plateformes numériques, la télévision ultra‑haute définition, le cloud, la cybersécurité et la détection des deepfakes comme des priorités communes aux régulateurs des deux continents. Il a demandé que ces échanges intègrent formation, recherche conjointe et appropriation locale des outils.

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La jeunesse, moteur plutôt qu’audience

Le président de l’ONC a présenté la jeunesse africaine comme le moteur de la transformation numérique du continent, plutôt que comme sa simple utilisatrice. Dans cette optique, il a identifié quatre compétences à développer : comprendre le numérique, créer grâce au numérique, entreprendre grâce au numérique et s’y protéger — un axe qu’il relie à la lutte contre la désinformation générée par l’intelligence artificielle.

Contexte

Fondé en 2012, le Forum sur la coopération des médias sino‑africains se réunit tous les deux ans. Cette année, sa 7ᵉ édition rassemble plusieurs délégations ouest‑africaines, dont celles du Niger et du Burkina Faso, dans un contexte de rapprochement affiché entre Pékin et les pays de la Confédération des États du Sahel.

Le message du Niger résonne comme une exigence stratégique : bâtir une coopération médiatique fondée sur le transfert de savoirs et la souveraineté des récits. Pékin et les États sahéliens sont sommés de transformer l’échange technologique en levier d’indépendance narrative, afin que l’Afrique raconte enfin son histoire avec ses propres voix.