Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 136 sur 283

Niamey : une alliance renforcée pour les déplacés sous l’égide du HCR

Urgence humanitaire au Niger : le HCR et Niamey unissent leurs forces face aux crises

Dans la chaleur vibrante de Niamey, capitale du Niger, une série de rencontres d’une portée stratégique s’est tenue ce 26 mai 2025, marquant un jalon dans l’engagement humanitaire en faveur des populations déracinées. Abdouraouf Gnon-Kond, directeur du Bureau régional du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a présidé des échanges cruciaux avec le Ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, et le Ministre délégué aux Finances, Boubacar Hama Beidi. Ces discussions, suivies d’une réunion avec les partenaires techniques et financiers du HCR, ont réaffirmé une volonté commune : celle de tisser un filet de solidarité robuste pour les déplacés forcés et les communautés qui les accueillent, dans un pays devenu un carrefour des crises sahéliennes.

Le HCR et le gouvernement nigérien ont réaffirmé à Niamey leur engagement à renforcer la solidarité et l'aide aux 700 000 personnes
© Le HCR et le gouvernement nigérien ont réaffirmé à Niamey leur engagement à renforcer la solidarité et l'aide aux 700 000 personnes
Niger, terre d’accueil : une coopération cruciale pour les vulnérables

Au cœur de ces pourparlers, l’urgence d’une réponse coordonnée face à l’ampleur des déplacements forcés au Niger. Avec plus de 700 000 personnes déracinées, dont 380 000 réfugiés et demandeurs d’asile, principalement en provenance du Mali, du Nigeria et du Burkina Faso, le Niger se trouve à l’épicentre des turbulences régionales. Les violences perpétrées par des groupes armés non étatiques, conjuguées aux aléas climatiques comme les inondations et les sécheresses, ont exacerbé les besoins humanitaires, mettant sous pression les communautés d’accueil. Lors de ces échanges, le HCR a réitéré son engagement à travailler main dans la main avec les autorités nigériennes pour fournir une assistance holistique, axée sur la protection, l’éducation et l’autonomisation économique.

L’entrevue avec les Ministres a permis de poser les bases d’une collaboration renforcée, notamment dans le cadre du Nexus humanitaire-développement-paix, une approche intégrée visant à conjuguer aide d’urgence et solutions durables. « Le Niger, malgré ses défis, incarne une hospitalité exemplaire envers les réfugiés », a déclaré Gnon-Kond, saluant la politique d’accueil du pays, qui héberge des milliers de personnes dans des zones comme Tillabéry et Diffa, malgré un contexte sécuritaire volatil. Les discussions ont également abordé le financement des programmes humanitaires, un point névralgique alors que le plan de réponse humanitaire 2025 pour le Niger, chiffré à 673 millions de dollars, reste sous-financé à hauteur de 70 %.

Le HCR et le gouvernement nigérien ont réaffirmé à Niamey leur engagement à renforcer la solidarité et l'aide aux 700 000 personnes
© Le HCR et le gouvernement nigérien ont réaffirmé à Niamey leur engagement à renforcer la solidarité et l'aide aux 700 000 personnes
Un front uni face à la crise : les partenaires du HCR se mobilisent

La journée s’est prolongée par une rencontre avec les partenaires techniques et financiers du HCR, parmi lesquels des représentants de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), de l’ambassade d’Allemagne et d’Enabel, l’agence belge de développement. Ces échanges ont permis de renouveler l’engagement collectif à soutenir les initiatives de résilience, telles que les programmes d’accès à l’eau potable, à l’éducation et aux opportunités économiques pour les réfugiés et leurs hôtes. L’accent a été mis sur la nécessité d’un soutien accru pour pallier les lacunes financières, car la région du Sahel fait face à une crise humanitaire sans précédent, avec 4,3 millions de personnes déplacées à l’échelle régionale.

Un dernier temps fort a réuni Gnon-Kond avec l’équipe des Nations Unies au Niger, incarnant l’esprit du « One UN ». Cette rencontre a permis d’explorer les défis spécifiques à chaque agence – de l’UNICEF à l’OIM – tout en célébrant une synergie qui amplifie l’impact des interventions. « L’unité est notre force », a souligné Kond, plaidant pour une coordination renforcée afin d’optimiser les ressources dans un contexte où chaque dollar compte.

Au-delà des turbulences : le Niger, modèle de résilience et d’engagement

Ces réunions, bien plus qu’un exercice diplomatique, traduisent une ambition : faire du Niger un modèle de résilience face aux crises. Depuis le coup d’État de juillet 2023, le pays navigue dans un environnement complexe, marqué par des tensions géopolitiques et un recentrage des alliances internationales. La fin des partenariats militaires avec la France et les États-Unis, conjuguée à un rapprochement avec la Russie, n’a pas entravé les opérations du HCR, qui continue de collaborer étroitement avec le gouvernement pour protéger les plus vulnérables. À Hamdallaye, près de Niamey, le Mécanisme de transit d’urgence (ETM) illustre cet engagement, offrant un refuge temporaire à des centaines de demandeurs d’asile en attente de réinstallation vers des pays comme la Finlande.

En somme, Niamey a envoyé un message clair aujourd’hui : face aux tempêtes du Sahel, l’union des acteurs humanitaires, gouvernementaux et internationaux reste une boussole fiable. Alors que les besoins croissent, ces rencontres appellent à une mobilisation globale pour que les déplacés et leurs communautés d’accueil ne soient pas relégués aux marges de l’histoire, mais placés au cœur d’un avenir solidaire.

Tragédie à Touba : 6 âmes emportées dans un effondrement mortel 

Touba endeuillée : une tragédie immobilière révèle les fragilités d’un essor urbain

Dans la cité sainte de Touba, cœur spirituel du Sénégal, une catastrophe a frappé au crépuscule du 25 mai 2025, laissant la communauté sous le choc. Un immeuble de trois étages, en pleine construction dans le quartier animé de Garage Darou, s’est effondré avec une violence soudaine, emportant dans ses décombres la vie de six âmes et blessant plusieurs autres. Ce drame, loin d’être un simple accident, met tragiquement en lumière les failles béantes d’un secteur de la construction en proie à l’improvisation, dans une ville où l’urbanisation galopante se heurte à des normes trop souvent négligées.

L'effondrement tragique d'un immeuble à Touba, au Sénégal, expose les graves lacunes des normes de construction,
© L'effondrement tragique d'un immeuble à Touba, au Sénégal, expose les graves lacunes des normes de construction,
Touba sous les décombres : le récit glaçant d’une tragédie annoncée

Vers 15 heures, alors que le soleil dardait ses rayons sur la ville, le bâtiment, encore en phase de réhabilitation, s’est affaissé dans un grondement terrifiant, engloutissant ouvriers et passants sous un amas de béton et de ferraille. En effet, les témoignages des rescapés dépeignent une scène d’horreur : des cris étouffés, une poussière suffocante, et l’angoisse d’un bilan qui s’alourdit d’heure en heure. Les secours, mobilisés avec une promptitude remarquable, ont vu converger sapeurs-pompiers, équipes de la Croix-Rouge et forces de l’ordre dans une course contre-la-montre pour extraire les victimes. Parmi elles, des maçons, des plombiers et des électriciens, figures modestes d’un chantier qui promettait de donner un nouveau visage à ce coin de Touba.

Non-respect des normes : le préfet de Mbacké dénonce un scandale permanent

Le préfet de Mbacké, Khadim Hann, dépêché sur les lieux, a pointé du doigt une cause aussi banale que révoltante : le non-respect des normes élémentaires de construction. « Ce n’était pas un édifice vétuste, mais une structure neuve, en plein chantier », a-t-il déploré, soulignant l’absence de rigueur dans l’exécution des travaux. Cette révélation, loin de surprendre, ravive un débat lancinant au Sénégal, où les effondrements d’immeubles se succèdent avec une régularité tragique. Ainsi, l’urgence d’une régulation plus stricte est palpable.

Fièvre immobilière à Touba : quand la croissance sacrifie la sécurité.

Touba, bastion du mouridisme et deuxième ville du pays, connaît une expansion fulgurante. Les immeubles y poussent comme des herbes folles, portés par une ferveur religieuse et un dynamisme économique. Cependant, ce développement, aussi prospère soit-il, semble fragilisé par une course effrénée au profit, où la qualité cède trop souvent le pas à la hâte. En d’autres termes, matériaux médiocres, absence de permis de construire, contrôles laxistes : le cocktail est explosif. À Garage Darou, comme dans d’autres quartiers, les chantiers fleurissent sans toujours respecter les plans ou les standards de sécurité, exposant ouvriers et riverains à des risques inacceptables.

Promesses non tenues : l’appel du président face à une réalité têtue

Le président de la République, dans une récente allocution, avait pourtant martelé la nécessité d’une réforme drastique du secteur du bâtiment. Ses injonctions, relayées par le gouvernement, semblaient promettre un sursaut. Mais hélas, sur le terrain, la réalité reste têtue. En effet, les vérifications, lorsqu’elles existent, sont superficielles et les entrepreneurs peu scrupuleux continuent de prospérer dans l’ombre d’une administration débordée.

Au-delà du deuil, Touba exige des comptes et un changement radical

La tragédie de Touba n’est pas qu’un fait divers ; elle est le miroir d’un système à la dérive. Les familles des victimes, plongées dans le deuil, pleurent des pères, des frères, des fils, dont le seul tort fut de travailler pour bâtir l’avenir de leur ville. Les blessés, pris en charge dans les hôpitaux Cheikh Ahmadoul Khadim et Matlaboul Fawzaini, luttent pour leur survie, tandis que la communauté tout entière s’interroge : combien de drames faudra-t-il encore pour que les leçons soient tirées ?

Les autorités locales, sous la supervision du préfet, ont promis une enquête approfondie pour établir les responsabilités. Des sanctions sont évoquées, mais elles ne suffiront pas à apaiser la colère sourde des habitants. Sur les réseaux sociaux, les voix s’élèvent, dénonçant une « gestion chaotique » et un « mépris pour la vie humaine ». Certains pointent du doigt l’absence de contrôles préalables, tandis que d’autres appellent à une mobilisation collective pour exiger des normes strictes et des inspections rigoureuses.

Reconstruire sur des bases solides : l’urgence d’un nouveau départ pour Touba

Ce drame, aussi douloureux soit-il, pourrait devenir un catalyseur. Touba, ville de foi et de résilience, a les moyens de se relever, à condition que les pouvoirs publics, les entrepreneurs et la société civile unissent leurs efforts. Par conséquent, renforcer les régulations, former des ingénieurs compétents, sensibiliser les populations : autant de chantiers à ouvrir pour que la ville sainte ne soit plus le théâtre de telles tragédies.

En ce jour de deuil, Touba pleure ses enfants perdus. Mais au-delà des larmes, c’est un sursaut collectif qui s’impose. Car bâtir une ville, c’est d’abord garantir la sécurité de ceux qui la font vivre.

Bamako : Assimi Goïta orchestre l’unité de l’AES face à la CEDEAO

Une diplomatie unifiée : l’AES face à la CEDEAO sous l’égide d’Assimi Goïta

Bamako, 23 mai 2025 — Dans l’antre solennelle du palais de Koulouba, à Bamako, le Général d’Armée Assimi Goïta, président de la Transition malienne et chef de la Confédération des États du Sahel (AES), a présidé, ce vendredi 23 mai 2025, une audience décisive. Entouré des ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et du Niger, il a orchestré une démarche visant à sceller une position commune face à la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette rencontre, loin d’être un simple conciliabule, marque une étape cruciale dans la redéfinition des relations entre l’AES et l’organisation sous-régionale, dans un contexte dans lequel les trois nations sahéliennes affirment leur souveraineté avec une détermination sans faille.

L’harmonie stratégique de l’AES : négocier avec dignité et responsabilité

Conduite par Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, la délégation comprenait Karamoko Jean Marie Traoré du Burkina Faso, Bakary Yaou Sangaré du Niger et l’ambassadrice burkinabè Julienne Dembelé/Sanon. Ce cénacle de haut vol avait pour dessein de transmettre au président Goïta les fruits des premiers pourparlers tenus à Bamako avec la CEDEAO. « Notre ambition était de forger une posture confédérale unie, un rempart pour des négociations empreintes de dignité et de responsabilité », a déclaré Traoré à l’issue de l’audience, soulignant l’importance d’une approche collective face aux tentatives initiales de la CEDEAO de négocier séparément avec chaque pays.

Ces discussions inaugurales, amorcées dans la capitale malienne, ont permis de poser les jalons d’un dialogue structuré. En effet, les ministres ont défini un cadre méthodique, où chaque chapitre des négociations sera abordé avec rigueur, dans le respect mutuel des intérêts des peuples. Ce premier échange, salué par les deux parties, a consacré un principe cardinal : placer les populations au cœur des pourparlers, un écho aux vœux des chefs d’État de l’AES, qui insistent sur une intégration régionale au service des citoyens.

Rupture assumée, dialogue prudent : L’AES trace sa propre voie

L’AES, née le 16 septembre 2023 à la suite du coup d’État au Niger et officialisée en confédération le 6 juillet 2024 à Niamey, incarne une réponse aux tensions avec la CEDEAO, exacerbées par les sanctions de 2022 et la menace d’une intervention militaire au Niger. Le retrait des trois pays, effectif depuis le 29 janvier 2025, a marqué un tournant, symbolisé par l’adoption d’un passeport commun et l’annonce d’une banque d’investissement régionale. Pourtant, loin de s’isoler, l’AES, sous la houlette d’Assimi Goïta, tend une main prudente vers le dialogue, mais à ses conditions. « Nous ne regardons pas en arrière, mais avançons comme une entité unie », a martelé Traoré, réaffirmant la volonté de préserver les acquis de l’intégration régionale tout en défendant la souveraineté des nations sahéliennes.

La rencontre de Bamako s’inscrit dans la continuité des efforts de l’AES pour consolider ses piliers – défense, diplomatie et développement. Les avancées sécuritaires, avec la création d’une force unifiée de 5 000 hommes pour contrer le terrorisme, et les projets économiques, comme la future monnaie commune, témoignent d’une ambition de bâtir une alternative crédible à la CEDEAO, jugée par les dirigeants de l’AES comme trop influencée par des puissances extérieures.

Le leadership visionnaire d’Assimi Goïta : un nouveau chapitre pour le Sahel

Assimi Goïta, figure centrale de cette dynamique, a prodigué des orientations claires pour les prochaines étapes. Son leadership, salué par les ministres, s’appuie sur une vision d’unité et de progrès, où la solidarité entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger prime sur les divergences passées avec la CEDEAO. Les documents adoptés lors de la réunion ministérielle des 22 et 23 février 2025, enrichis par cette audience, serviront de boussole pour des négociations futures, avec un comité de pilotage ministériel et des équipes pluridisciplinaires chargées de défendre les intérêts de l’AES.

Ce dialogue naissant, bien que marqué par des défiances historiques, ouvre une brèche pour une coopération repensée. L’AES, en affirmant son unité, ne ferme pas la porte à une collaboration avec la CEDEAO, mais exige un partenariat d’égal à égal, loin des sanctions perçues comme punitives. En définitive, à Bamako, sous l’égide d’Assimi Goïta, un message résonne : le Sahel, fort de sa cohésion, est prêt à écrire un nouveau chapitre de son histoire régionale, où la voix de ses peuples guide chaque pas.

Niamey : l’école Alliance offre une classe équipée au FSSP !

Un élan magnanime pour l’avenir du Niger : une classe offerte à l’école Rouga de Boukoki

Niamey, 23 mai 2025 — Ce vendredi 23 mai, sous le ciel éclatant de Niamey, l’école Rouga de Boukoki s’est parée d’un nouvel éclat avec la remise solennelle d’une classe équipée, don gracieux de l’école Alliance au Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP). D’une valeur de 6,2 millions de FCFA, cet espace, fruit de la générosité conjuguée des élèves, parents et encadreurs, a été réceptionné par Mme Brah Réki Djermakoye, présidente du FSSP, dans une atmosphère empreinte de ferveur patriotique.

L’éducation, pilier de la nation : le don de l’École Alliance salué

Mme Farah Ayoub Zadeh, fondatrice de l’école Alliance, a exprimé avec une éloquence vibrante la portée de cet acte. « Quelle félicité de voir ces âmes unies s’atteler à la cause des enfants nigériens, car l’éducation est le socle d’une nation florissante », a-t-elle proclamé. Au-delà de sa matérialité, cette classe incarne une ambition sublime : un sanctuaire où les jeunes esprits s’initieront à l’art, à la science et à la responsabilité civique. « Que ces murs accueillent des bâtisseurs d’avenir, des serviteurs de leur communauté, dont le savoir rayonnera jusqu’aux confins du monde », a-t-elle ajouté, esquissant ainsi un horizon d’espoir et d’excellence.

Un acte patriotique : le FSSP magnifie la générosité de l’École Alliance

Mme Djermakoye, dans une allocution empreinte de gratitude, a magnifié ce geste comme un parangon de patriotisme. « Votre exemple illumine la voie pour tous les Nigériens », a-t-elle déclaré, saluant ainsi  l’adhésion de l’école Alliance aux valeurs de la refondation nationale. En effet, ce don s’inscrit dans la mission du FSSP, institué le 11 octobre 2023 pour galvaniser les ressources en soutien aux Forces de défense et de sécurité dans leur lutte contre le terrorisme, tout en consolidant les fondements d’un Niger résilient.

Un symbole d’unité et d’espérance : l’école Rouga, phare de l’avenir nigérien

Cette initiative, par son souffle altruiste, transcende l’offrande matérielle pour devenir un symbole d’unité et d’espérance. Dès lors, à Boukoki, l’école Rouga s’érige désormais en phare, éclairant le chemin d’un avenir où l’éducation forge des citoyens éclairés, prêts à porter haut les couleurs d’une nation solidaire et ambitieuse.

La Tanzanie dévoile un pont géant : le lac Victoria connecté par le « John Magufuli » !

Un ouvrage d’envergure sur le lac Victoria : la Tanzanie s’apprête à inaugurer le pont John Magufuli

Dar es Salaam, 23 mai 2025 — Dans un élan de prouesse infrastructurelle, la Tanzanie s’apprête à dévoiler, le 19 juin 2025, une réalisation d’exception : le pont John Magufuli, joyau architectural s’élevant au-dessus des eaux majestueuses du lac Victoria. D’un coût de 260 millions de dollars, cet édifice, le plus long d’Afrique de l’Est avec ses 3,2 kilomètres, incarne l’ambition d’un pays résolu à façonner son avenir par la maîtrise de ses ressources et la hardiesse de ses projets.

Un pont, un tremplin : accélérateur d’échanges régionaux et miniers

Ce pont, reliant les localités de Kigongo et Busisi, n’est pas qu’un exploit technique ; il est un catalyseur d’intégration régionale. En effet, en tissant des liens fluides avec le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda et la République démocratique du Congo, il promet de dynamiser les échanges commerciaux et de galvaniser le secteur minier, pilier économique de la région. Jadis tributaires de ferrys capricieux, les voyageurs et les marchandises franchiront désormais le lac en quelques minutes, un gain de temps qui augure une prospérité accrue pour le corridor est-africain.

Symbole d’autonomie : la Tanzanie bâtit sans financements extérieurs

Abdallah Ulega, ministre des Travaux publics, n’a pas manqué de souligner la portée symbolique de cet ouvrage, érigé sans recours à des financements extérieurs. « Le pont John Magufuli témoigne de notre aptitude à orchestrer des projets d’envergure par nos propres moyens », a-t-il proclamé, faisant écho à la vision d’autonomie portée par le regretté président dont le pont porte le nom. Par conséquent, en s’inscrivant dans la Tanzanian Development Vision 2025, cette infrastructure, fruit du savoir-faire de la China Civil Engineering Construction Corporation, consacre la Tanzanie comme un acteur incontournable de la modernité régionale.

L’Afrique de l’Est redessinée : un futur de connexion et de prospérité

En somme, à l’aube de son inauguration par la présidente Samia Suluhu Hassan, ce pont, véritable trait d’union entre les nations du lac Victoria, s’érige en étendard d’un avenir dans lequel l’audace et la coopération redessinent les contours de l’Afrique de l’Est.

Le Premier Ministre nigérien renforce l’axe Niamey-Bamako !

Une visite d’éclat à Bamako : le Premier ministre nigérien tisse des liens indéfectibles avec le Mali

Bamako, 23 mai 2025 — Sous un firmament éclaboussé de lumière, l’avion de commandement du Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, s’est posé avec prestance, ce vendredi, sur le tarmac de l’Aéroport International Président Modibo Keïta-Sénou à Bamako. Accueilli avec une chaleur empreinte de solennité par son homologue malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga, flanqué de dignitaires du gouvernement, le chef du gouvernement nigérien, également ministre de l’Économie et des Finances, inaugure une visite officielle destinée à raffermir les liens séculaires entre deux nations sœurs.

L’AES au cœur des échanges : coopération économique et sécuritaire en renfort

Ce périple, loin d’être une simple formalité diplomatique, s’inscrit dans la trame d’une coopération renforcée entre Niamey et Bamako, unies au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Par ailleurs, l’objectif, murmuré dans les cénacles diplomatiques, est d’approfondir les synergies économiques et sécuritaires, dans un contexte où la région aspire à une stabilité durable et à une prospérité partagée. À cet égard, les récents accords signés le 16 mai 2025, garantissant un approvisionnement stable en hydrocarbures pour les régions nord du Mali, témoignent de cette dynamique, portée par une vision commune de souveraineté et d’intégration régionale.

Le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine est en visite officielle à Bamako pour renforcer la coopération économique
© Le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine est en visite officielle à Bamako pour renforcer la coopération économique
Un Sahel uni : quand fraternité rime avec marché commun et développement ?

Ali Mahaman Lamine Zeine, figure technocratique au parcours auréolé de rigueur, s’emploie à consolider l’axe Niamey-Bamako, jalon essentiel de l’AES. Sa rencontre avec le Général Maïga, et potentiellement avec le président de la Transition, Assimi Goïta, promet des échanges fructueux, où la fraternité se conjugue à l’ambition d’un marché commun propice au développement. En somme, cette visite, parée d’une symbolique forte, incarne l’élan d’un Sahel uni, déterminé à écrire son destin sous le sceau de la solidarité et de l’autodétermination.

Maradi : L’UNICEF arme le Niger contre les inondations !

Maradi : l’UNICEF dote la région d’un bouclier humanitaire face aux inondations

Maradi, 22 mai 2025 — Sous un ciel chargé de promesses et d’appréhensions, la région de Maradi, dans le sud du Niger, a reçu un élan de solidarité salvateur. En effet, ce jeudi, l’UNICEF a remis au Contrôleur Général de Police Mamane Issoufou, gouverneur de la région, 1 000 kits de biens non alimentaires (FNI) et 45 tentes, qui ont été réceptionnés avec solennité. Cette dotation, réceptionnée au cœur de la ville, vise à armer les autorités locales contre les caprices des pluies diluviennes, dans une région encore marquée par le souvenir dévastateur des inondations de 2024, qui ont fauché 149 vies et réduit en poussière plus de 33 000 foyers.

Prévention catastrophe : L’UNICEF agit en 24 heures !

L’initiative, portée par le Dr Cyriaque Sabtafo, chef du bureau UNICEF pour les zones Maradi-Zinder, incarne une ambition claire : doter Maradi d’une capacité d’intervention éclair face aux désastres. « Notre but est de permettre une réponse dans les 24 heures, sans engluer les sinistrés dans des méandres administratifs », a-t-il déclaré, soulignant l’urgence d’une action immédiate pour des populations vulnérables. Ces kits FNI, comprenant couvertures, ustensiles de cuisine, jerrycans et produits d’hygiène, ainsi que les tentes robustes, constituent un rempart contre les aléas climatiques, dans une région où 331 843 personnes, dont 39 666 ménages, ont été frappées par les crues de l’an passé.

Maradi : la résilience face aux fléaux climatiques 

Par ailleurs,  Maradi, carrefour commercial à la frontière nigériane, a payé un tribut lourd aux inondations de 2024, avec 15 000 hectares de cultures engloutis et des pertes massives de bétail, aggravant l’insécurité alimentaire pour 21,5 millions de Nigériens vivant dans une pauvreté multidimensionnelle. Face à ce fléau, l’UNICEF, partenaire de longue date, intensifie son soutien. Depuis 2022, l’organisation a distribué près de 12 600 kits FNI à travers le Niger, dont une part significative à Maradi, où des familles comme celle d’Ousmane Saleh, un vendeur de thé de Mayahi, ont retrouvé un semblant de dignité après avoir tout perdu. Le gouverneur Issoufou, saluant cet appui, a réaffirmé son engagement à une gestion rigoureuse : « Ces dons iront directement aux sinistrés, avec la transparence et le professionnalisme requis. »

Saison des pluies : alerte rouge à Maradi, le gouverneur exhorte à l’évacuation !

À l’approche de la saison des pluies, le gouverneur a lancé un cri d’alarme aux habitants des zones inondables, les exhortant à quitter ces terres à risque. « La prévention est notre meilleure arme », a-t-il martelé, s’appuyant sur les leçons tirées lors de l’atelier régional de mars 2025, où les autorités ont  aussi dressé un plan de contingence pour anticiper les crues. Ce don de l’UNICEF, complémentaire aux efforts nationaux – tels que les 1,9 milliard de FCFA investis par le PIDUREM pour des ouvrages de drainage à Maradi – renforce la résilience d’une région déterminée à ne plus plier sous les eaux.

UNICEF et Niger : une solidarité essentielle pour l’avenir 

Cette cérémonie, sobre, mais empreinte d’espoir, illustre la synergie entre l’UNICEF, le ministère de l’Action humanitaire et les autorités locales, dans un pays où 2,6 millions de personnes, dont 1,5 million d’enfants, nécessitent une aide urgente en 2025. Le Dr Sabtafo a salué la réactivité du Niger, notant que cette dotation répond à une demande expresse des autorités pour des interventions plus agiles. De plus, sur les réseaux sociaux, les habitants de Maradi ont exprimé leur gratitude, voyant dans ces kits un gage de protection pour les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants, qui représentent 67 760 des victimes de 2024.

Alors que les premières gouttes de l’hivernage menacent, Maradi se dresse, armée de ces outils humanitaires, prête à défier les flots. Ce don, bien plus qu’un geste, est un serment : celui d’une région qui, soutenue par ses partenaires, refuse de céder à l’adversité et trace la voie d’un avenir résilient.

 

Niger-Libye : le mystère de la rencontre Haftar-Zeine à Niamey !

Niamey : une rencontre discrète entre le Niger et la Libye scelle un rapprochement stratégique

Niamey, 22 mai 2025 — Sous le ciel ocre de la capitale nigérienne, une entrevue empreinte de mystère s’est déroulée ce jeudi dans les bureaux du Premier ministre Mahamane Ali Lamine Zeine. À la tête d’une délégation libyenne, le lieutenant-général Saddam Haftar, fils du puissant maréchal Khalifa Haftar, commandant de l’Armée nationale libyenne (ANL), a franchi les portes du cabinet ministériel pour une visite de travail aux enjeux aussi stratégiques qu’opaques. Accueilli en présence de figures clés du gouvernement nigérien, dont le Ministre de l’Intérieur Mohamed Toumba, le Ministre du Pétrole Sahabi Oumarou et le Ministre de l’Agriculture Elhaji Ousmane Mahamane, cet échange marque un jalon dans les relations entre Niamey et Benghazi, dans un Sahel dans lequel les alliances se redessinent à pas feutrés.

Une alliance stratégique sous le sceau du secret 

L’absence de déclarations officielles à l’issue de la rencontre, loin d’être anodine, reflète la sensibilité des discussions entre le Niger et l’Est libyen, fief de Khalifa Haftar. Selon des sources proches du dossier, cette visite s’inscrit dans une volonté de consolider les liens entre les deux nations voisines partageant une frontière poreuse de 342 kilomètres, théâtre de flux migratoires et de trafics illicites. Le Niger, membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Mali et le Burkina Faso, cherche à diversifier ses partenariats depuis son retrait de la CEDEAO en janvier 2025. De son côté, la Libye, morcelée entre le gouvernement de Tripoli et les forces de Haftar à l’Est, voit en Niamey un allié potentiel pour stabiliser une région minée par l’insécurité et les rivalités géopolitiques.

Sécurité, énergie : les enjeux cachés de la rencontre 

Si le silence des officiels alimente les spéculations, les priorités probables de cette rencontre se dessinent à la lumière des défis communs. La sécurité, au cœur des préoccupations, domine l’agenda : le Niger, confronté aux assauts du JNIM et de l’État islamique au Grand Sahara, partage avec la Libye l’urgence de contrer les groupes armés qui exploitent les frontières sahéliennes. Par ailleurs, la coopération énergétique, autre axe stratégique, pourrait également avoir été abordée. Le Niger, riche en uranium et en pétrole – avec une production de 20 000 barils par jour en 2024 – et la Libye, puissance pétrolière malgré son instabilité, partagent un intérêt pour des partenariats hors des circuits occidentaux, notamment avec la Russie, qui renforce son influence dans les deux pays.

Niger : une diplomatie audacieuse pour l’autonomie 

Mahamane Ali Lamine Zeine, économiste aguerri et Premier ministre depuis août 2023, multiplie les initiatives pour contrer l’isolement du Niger de la scène internationale. La présence de Saddam Haftar, figure montante de l’ANL et successeur présumé de son père, suggère une volonté de l’Est libyen de s’ancrer dans le Sahel, région convoitée par des puissances étrangères. Ce rapprochement pourrait également viser à sécuriser les routes commerciales, cruciales pour le Niger, dont 80 % des exportations dépendent des ports voisins.

Une rencontre secrète entre le Premier ministre nigérien Mahamane Ali Lamine Zeine et Saddam Haftar de Libye à Niamey soulève des questions
© Une rencontre secrète entre le Premier ministre nigérien Mahamane Ali Lamine Zeine et Saddam Haftar de Libye à Niamey soulève des questions
Niger
et Libye : un avenir incertain, mais riche de promesses 

L’absence de communication officielle, loin d’être un vide, révèle une prudence stratégique. Cette rencontre à Niamey suggère que le Niger explore des voies parallèles pour asseoir sa souveraineté. De plus, l’entente pourrait inclure des accords sur la lutte contre le trafic d’armes et de drogue, fléaux qui gangrènent la frontière nigéro-libyenne.

En somme, dans l’enceinte feutrée du cabinet de Zeine, Niamey et Benghazi ont esquissé un pas vers une coopération pragmatique, dans un Sahel où chaque alliance est un pari sur l’avenir. Ce dialogue, discret, mais lourd de promesses, pourrait redessiner les contours d’une région en quête de stabilité.

A suivre …

Ex-officiel ukrainien abattu à Madrid 

Madrid : l’assassinat d’Andriy Portnov, ombre d’une guerre clandestine

Madrid, 22 mai 2025 — Dans la lumière matinale du quartier huppé de Pozuelo de Alarcón, un drame brutal a déchiré la quiétude d’une journée ordinaire. Andriy Portnov, ancien haut fonctionnaire ukrainien et proche du président déchu Viktor Ianoukovitch, a été froidement abattu mercredi à 9 h 15, devant l’American School de Madrid, alors qu’il venait de déposer ses deux filles. Âgé de 52 ans, cet homme controversé, accusé de trahison et de collusion avec la Russie, a succombé à cinq balles, dont une fatale, logée dans la nuque, à bout portant. Ce meurtre, exécuté avec une précision glaçante, ravive les spectres d’une guerre secrète entre l’Ukraine et la Russie, dont les échos résonnent désormais sur le sol européen.

Meurtre choquant : l’horreur sous les yeux d’enfants innocents !

L’attaque, survenue à quelques mètres des grilles de l’école, a semé l’effroi parmi les parents et les élèves. Selon des témoins oculaires, un ou deux assaillants, l’un décrit comme un homme élancé vêtu d’un survêtement bleu, ont surgi alors que Portnov s’apprêtait à monter dans sa Mercedes noire. Cinq détonations ont retenti, trois atteignant la victime au torse et à l’abdomen, avant qu’un tireur ne s’approche pour porter le coup de grâce à la tête, selon des sources policières. Les agresseurs ont ensuite fui à pied vers un bois adjacent, certains rapports évoquant même un complice à moto. Malgré l’intervention rapide des services d’urgence SUMMA 112, Portnov était déjà sans vie à leur arrivée, laissant une scène de chaos sous le regard médusé des passants.

Portnov : un passé sombre, traître ou victime ?

Portnov, juriste de formation et ancien député, a marqué l’histoire ukrainienne par son rôle de conseiller influent auprès de Ianoukovitch de 2010 à 2014. Architecte des « lois dictatoriales » visant à réprimer les manifestations pro-européennes de l’Euromaïdan, il s’est attiré l’ire des patriotes ukrainiens. Exilé en Russie après la chute de son mentor en 2014, puis en Autriche, il est revenu en Ukraine en 2019 sous la présidence de Volodymyr Zelensky, avant de fuir à nouveau en 2022, défiant l’interdiction de quitter le pays imposée aux hommes en âge de combattre. Sanctionné par les États-Unis en 2021 pour corruption judiciaire sous le Magnitsky Act, Portnov était accusé d’avoir manipulé le système juridique ukrainien par des pots-de-vin, une réputation de « marionnettiste des tribunaux » qui lui a valu des inimitiés tenaces. En décembre 2024, une pétition citoyenne réclamait des sanctions ukrainiennes contre lui, l’accusant de menacer des journalistes d’investigation.

Madrid, Échiquier d’une Guerre Invisible : le Conflit ukrainien s’exporte !

Ce meurtre ne constitue pas un incident isolé ; il s’inscrit dans une série de violences qui affectent le sol espagnol en raison du conflit russo-ukrainien. De nombreuses communautés russes et ukrainiennes y résident et subissent les répercussions de cette tension. Par exemple, en février 2024, des tueurs russes ont abattu Maxim Kuzminov, un pilote russe déserteur, près d’Alicante. De même, en 2022, des lettres piégées visaient l’ambassade d’Ukraine à Madrid, blessant un employé. Si Kiev nie toute implication dans des assassinats ciblés, des sources de renseignement citées par The Guardian évoquent une « guerre de l’ombre » entre les services ukrainiens et russes, qui pourrait perdurer même en cas de cessez-le-feu.

Enquête sous Tension : Madrid Face au Mystère Portnov !

La police espagnole, déployant drones et hélicoptères, traque les suspects dans les environs de Casa de Campo, mais aucune arrestation n’a été signalée à ce jour. Les hypothèses abondent : règlement de comptes mafieux, vengeance politique ou opération commanditée par un service secret. « Ce crime porte la marque d’un acte prémédité », a confié un officier, tandis que l’absence de commentaire des autorités ukrainiennes alimente les spéculations. Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre célébration – certains Ukrainiens qualifiant Portnov de « traître » – et inquiétude face à cette violence exportée.

Alors que Pozuelo de Alarcón retrouve un calme précaire, l’assassinat de Portnov projette une lumière crue sur les cicatrices d’un conflit qui transcende les frontières. Madrid, ville d’accueil, devient malgré elle un échiquier sur lequel se jouent les rancunes d’une guerre lointaine, laissant une question en suspens : jusqu’où s’étendra cette spirale de vengeance ?

 

À Bamako, l’AES tend la main à la CEDEAO !

Bamako, théâtre d’un dialogue historique : l’AES et la CEDEAO à la croisée des chemins

Bamako, 22 mai 2025 — Sous le ciel ardent de la capitale malienne, un chapitre inédit de l’histoire ouest-africaine s’est écrit ce jeudi. Pour la première fois, la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), unie par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a tendu la main à la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) lors d’une réunion ministérielle cruciale à Bamako. Orchestrée sous l’égide du Premier ministre malien Abdoulaye Maïga, cette rencontre, où se sont côtoyés les chefs de la diplomatie des trois nations sahéliennes et le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, marque un tournant décisif dans un divorce régional jusqu’alors jugé irrévocable. Dans un contexte de tensions géopolitiques et d’insécurité galopante, ce dialogue, fragile, mais audacieux, porte un immense espoir d’une coexistence apaisée.

Une réunion ministérielle historique à Bamako marque un premier pas vers la réconciliation entre l'AES (Mali, Burkina Faso, Niger) et la CEDEAO, ouvrant la voie à une nouvelle ère de coopération ouest-africaine.
© Une réunion ministérielle historique à Bamako marque un premier pas vers la réconciliation entre l'AES (Mali, Burkina Faso, Niger) et la CEDEAO, ouvrant la voie à une nouvelle ère de coopération ouest-africaine.
L’AES et la CEDEAO : le pari de la réconciliation s’ouvre !

Née le 16 septembre 2023 comme un rempart défensif face aux menaces d’intervention militaire de la CEDEAO après le coup d’État au Niger, l’AES s’est muée en une confédération ambitieuse, scellée le 6 juillet 2024 à Niamey. Dirigée par des autorités militaires – Assimi Goïta au Mali, Ibrahim Traoré au Burkina Faso et Abdourahamane Tiani au Niger –, elle a rompu avec la CEDEAO le 29 janvier 2025, dénonçant une organisation « sous influence étrangère » et éloignée des idéaux panafricains. Cependant, ce 22 mai, Bamako a vibré d’un esprit de conciliation. « Nous privilégions l’intérêt supérieur de nos peuples », a déclaré Abdoulaye Diop, Ministre malien des Affaires étrangères, soulignant une volonté de coopération sans renier la souveraineté de l’AES. Les discussions, axées sur la sécurité, la libre circulation et le commerce, ont esquissé les contours d’une relation future, néanmoins sans pour autant effacer les divergences passées.

Une réunion ministérielle historique à Bamako marque un premier pas vers la réconciliation entre l'AES (Mali, Burkina Faso, Niger) et la CEDEAO, ouvrant la voie à une nouvelle ère de coopération ouest-africaine.
© Une réunion ministérielle historique à Bamako marque un premier pas vers la réconciliation entre l'AES (Mali, Burkina Faso, Niger) et la CEDEAO, ouvrant la voie à une nouvelle ère de coopération ouest-africaine.
Schisme régional : quels impacts pour l’Afrique de l’Ouest ?

La rupture entre l’AES et la CEDEAO, actée après des sanctions sévères imposées aux trois pays post-putschs, a fragilisé l’intégration régionale. En effet, avec 2,7 millions de km² et 70 millions d’habitants, l’AES représente une amputation significative pour la CEDEAO, qui perd près de la moitié de son territoire. L’introduction d’un passeport commun, d’un drapeau et d’une politique culturelle partagée par l’AES, ainsi que l’annonce d’une monnaie propre, le « Sahel », témoignent d’une quête affirmée d’autonomie. Toutefois, des défis subsistent : le refus de certains pays, comme le Sénégal, de reconnaître le passeport de l’AES et l’enclavement des trois nations, dépendantes des ports voisins pour leurs exportations, notamment de l’uranium nigérien, vital pour l’Union européenne.

CEDEAO : la stratégie de la médiation face au temps 

La CEDEAO, consciente des risques de « désintégration régionale » évoqués par Omar Alieu Touray, mise sur la médiation de figures influentes comme le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son homologue togolais Faure Gnassingbé. Faye, dont le discours souverainiste résonne avec celui de l’AES, a plaidé pour une CEDEAO réformée, capable de répondre aux aspirations populaires. À Bamako, les Ministres ont exploré des mécanismes pour préserver la libre circulation des biens et des personnes, un acquis menacé par le retrait de l’AES. « Nos peuples, liés par l’histoire et la fraternité, ne sauraient être divisés par des frontières artificielles », a insisté un délégué burkinabè, reflétant l’esprit de la déclaration de l’AES du 14 décembre 2024, qui garantit l’accès sans visa aux citoyens de la CEDEAO.

Une réunion ministérielle historique à Bamako marque un premier pas vers la réconciliation entre l'AES (Mali, Burkina Faso, Niger) et la CEDEAO, ouvrant la voie à une nouvelle ère de coopération ouest-africaine.
© Une réunion ministérielle historique à Bamako marque un premier pas vers la réconciliation entre l'AES (Mali, Burkina Faso, Niger) et la CEDEAO, ouvrant la voie à une nouvelle ère de coopération ouest-africaine.
Dialogue AES-CEDEAO : incertitudes et promesses pour l’avenir

Ce dialogue, salué comme un « signal d’espoir » par des observateurs ouest-africains, ne masque pas les écueils à surmonter. En particulier, la lutte contre les groupes jihadistes qui exige une coordination régionale que l’AES et la CEDEAO peinent encore à harmoniser. De plus, les ambitions économiques de l’AES, notamment dans l’énergie et l’agriculture, pourraient séduire d’autres nations, comme le Tchad, mais risquent d’isoler les trois pays si les ponts avec la CEDEAO s’effondrent.

En cette journée historique, Bamako a incarné un carrefour où l’Afrique de l’Ouest, déchirée par ses ambitions et ses blessures, a esquissé un pas audacieux vers la réconciliation. Si l’avenir reste nimbé d’incertitudes, ce premier dialogue entre l’AES et la CEDEAO, porté par une volonté de pragmatisme, pourrait redessiner une région unie non par des traités, mais par la résilience inébranlable de ses peuples.

A suivre…